Hello my dears ! Merci beaucoup encore pour toutes vos réactions, j'étais un peu anxieuse que la version de l'histoire que j'avais créée ne vous plaise pas, mais apparemment ça va elle en a convaincu la plupart ^^
Encore un merci à Kensdo, Artemis972 ( tu as toujours les mots qu'il faut pour me faire sourire ! ), EvilSwanMills, Griffon10 & tous les autres anonymes que j'aimerais bien nommer mais ...
PllandOncer, pour Regina, elle ne sait pas encore ;)
Solheim welcome aboard ! :)
Bref, voilà la suite ! Bonne lecture ! xx
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Chapitre 4
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- Le capitaine crochet ?
- Killian Jones, il faut aller au port pour le voir.
- Peter Pan ?
- Un psychopathe, il est enfermé dans l'aile psychiatrique de l'hôpital.
- Cruella ?
- Elle tient un magasin de vêtements.
- La petite sirène ?
- Avocate.
- Avocate ? Je l'aurais plutôt imaginée biologiste marine ou quelque chose du genre ..
- Elle est passionnée par les lois des humains.
- ... Ursula ?
- Elle tient un cabaret à côté des quais. Maman n'a jamais voulu que j'y aille.
- Je peux comprendre.
L'enfant était venu la chercher dans sa chambre d'hôtel une fois de plus et ils avaient passé la matinée à parler dans le restaurant sous l'œil attentif de Ruby. A onze heures il avait soudain décidé qu'il était temps pour lui de retrouver sa mère et elle était en train de le ramener à pieds vers la mairie.
- Qu'est-ce qu'il y a dans les sous-sols de la bibliothèque ?
- Maléfique.
- Vous la gardez prisonnière ?
- Pas vraiment. Elle est surtout prisonnière de sa forme de dragon.
- De d... Dragon ?!
- Ouais.
- Qui crache du feu et tout ?
- Ouais.
- Ok ...
Un instant elle ralentit son pas pour réfléchir à une autre question sur la longue liste qu'elle avait notée la veille.
- Ruby m'a dit que les gens de la ville ne pouvaient pas partir ?
- Un sort bloque la sortie, seuls ceux qui ont de la magie peuvent sortir.
- Sidney Glass est un sorcier ?!
Elle eut le droit à un haussement de sourcil qu'il avait certainement appris à copier sur sa mère et réalisa qu'elle venait de commettre une erreur.
- Comment tu sais qu'il peut sortir ?
- Il était d'accord pour venir avec moi signer les papiers chez mon patron. A New York.
Bien rattrapé, pensa-t-elle en gardant une expression tranquille.
- Ah ... Tu n'as pas deviné qui était Sidney ?
- Nan ?
- Le génie. Le génie que la Reine avait emprisonné dans un miroir.
Si elle n'y avait pas immédiatement pensé, maintenant elle ne pouvait s'empêcher de penser que le rôle lui allait à la perfection.
Le crissement de ses pieds sur le gravier la firent s'arrêter net sur le parvis de la mairie qu'ils venaient d'atteindre.
- Je vais te laisser là gamin.
- Trop tard.
- Trop tard quoi ?
- Elle t'a vue.
La jeune femme suivit le mouvement du menton qu'il venait d'avoir vers les étages et croisa un regard de glace au travers d'une immense fenêtre qu'elle se rappelait avoir vu dans le bureau du Maire.
Un instant elle décida d'affronter les yeux d'ébène avant de se rappeler à qui exactement ils appartenaient. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale pour aller une fois de plus se loger entre ses jambes et elle préféra rapporter son attention sur l'enfant.
- Je ne sais pas trop à quoi riment nos rendez-vous gamin, mais je t'aime bien.
- À sauver la ville.
- Dont je suis apparemment prisonnière …
- Tu peux partir quand tu veux tant que tu reviens …
- Ta mère me l'a interdit. Qu'est-ce qu'il m'arriverait si je désobéissais ?
- Je vais arranger ça, ma mère ne me refuse rien.
Elle eut un sourire en le voyant porter deux doigts à sa tempe en guise de salut et finit par se détourner, sentant toujours un regard brûler sa nuque.
Sous la porte de sa chambre d'hôtel elle trouva une enveloppe contenant le formulaire qu'elle avait donné à Sidney Glass et ne put s'empêcher de sourire devant la cupidité de l'homme.
Du génie, dut-elle se reprendre.
Cet homme était un génie.
Un instant elle regarda suspicieusement le grand miroir qui ornait le coin salon de sa chambre et se demanda s'il pouvait s'infiltrer au travers de tout objet de glace. Ou si c'était ainsi que Regina Mills avait le don d'omniscience.
Elle rédigea rapidement une lettre qu'elle déposerait dans la boite au lettre du journal, inutile de devoir arranger un nouvel entretien avec le rédacteur en chef, elle lui donnerait son argent dans quelques jours quand l'opération semblerait plus crédible.
Elle passa le reste de sa journée dans sa chambre, remerciant tous les dieux que Ted ait bien voulu lui donner une clef lui permettant d'accéder sur internet pour passer son temps.
Elle avait beau insister pour rester dans la ville même avant de s'être vue interdire de la quitter, elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle devait faire.
C'était Regina Mills qui l'avait attirée ici. Elle n'était pas venue pour découvrir une ville pleine de phénomène paranormaux à révéler au monde entier dans l'espoir de gagner un peu d'argent.
Elle était loin d'avoir besoin d'argent avec tout celui que lui avait rapportées ses nombreuses missions auprès de gang douteux de New York à ses débuts et elle ne savait pas trop comment prendre les mots de l'enfant.
Il pensait qu'elle était là pour briser cette malédiction. Ok, il serait dur de nier l'existence de la magie, et peut être même de la véracité de l'histoire qu'il lui avait conté. Non, après tout elle avait vu les archives du journal, les photos qui attestaient que personne n'avait pris une ride en une vingtaine d'année.
Mais quel était son rôle dans tout ce bazar ?
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Le lendemain elle fut à nouveau réveillée par un appel masqué qu'elle réussit à décrocher cette fois.
- 'Mouais ?
- Emma ?
Et merde, juste celui qu'elle n'aurait pas voulu prendre.
- Oui Walsh ?
- Emma ! Comment vas-tu ?
Le policier qu'elle avait rencontré dans une de ses dernières missions passait la plupart de son temps sous couverture et elle avait eu le malheur de bien vouloir accepter de sortir avec lui à deux reprises, encouragée par un Ted qui n'en pouvait plus de la voir seule ces derniers temps.
- Bien. Je suis en vacances.
- Emma Swan en vacances ?! Où ça ?
- Tu connais pas. Tu as besoin de quelque chose ?
- Tu me manques.
La jeune femme leva les yeux au ciel, décidant par la même de se dégager de la couette qui lui tenait trop chaud.
- Ecoute Walsh, toi et moi ça peut pas marcher.
Elle connaissait son discours par cœur, elle l'avait déjà débité des dizaines, vingtaine de fois à toutes ces histoires auxquelles elle ne voulait aucun lendemain.
- J'ai énormément de travail et tu sais à quel point j'aime mon boulot, il passe avant tout, j'ai pas envie de me lancer dans quoi que ce soit.
- Je suis très pris moi aussi, ça me dérange pas d'essayer de concorder nos agendas.
- Moi ça me dérange.
- Ah … Tu as rencontré quelqu'un d'autre c'est ça ?
- N… Oui ! s'exaspéra-t-elle finalement.
- Le mec des stups qui te tournait autour ?
Elle ne put s'empêcher de taper une main contre son front et d'adresser un regard désespéré à son reflet en sous vêtements qu'elle contemplait.
- Non, Walsh, c'est une femme et tu ne la connais pas.
- Une femme ?!
- Ouais, fais pas l'innocent. Je te laisse Walsh, je dois faire du sport.
- Quan….
Elle n'entendit pas la fin de la phrase, la ligne déjà coupée et le téléphone envoyé dans la couette roulée en boule sur son lit.
Une main parcourut son estomac et elle grimaça, sentant déjà le poids qu'elle avait pris en quelques jours de relâchement.
La jeune femme sélectionna rapidement sa tenue de sport habituelle, le legging gris orné d'une immense virgule aux motifs tropicaux assortis à sa brassière et ses chaussures. Elle s'empara de son baladeur et de son casque sans fil avant d'attacher ses cheveux indisciplinés en une queue de cheval.
Devant l'hôtel elle croisa deux hommes en costard qui la dévisagèrent des pieds à la tête mais n'y prêta pas attention.
C'était à New York qu'elle avait commencé à courir tous les matins au réveil, jusqu'à ne plus sentir ses mollets et avoir l'impression que ses jambes la portaient sans son commandement. Là bas personne ne faisait attention à quelqu'un dans sa tenue, les sportifs du dimanche et ceux qui courraient au quotidien étaient monnaie courante.
Ici à en croire certains regards qu'elle croisa, ce n'était pas le cas.
Elle fronça plusieurs fois les sourcils en remarquant des passants habillés sur leur trente et un, mais la musique dans ses oreilles l'empêcha d'y prêter plus d'attention que ça.
Ses jambes la conduisirent au travers de la ville sur des routes plus étroites et dans la forêt, ravie d'y trouver un terrain plus dur à arpenter et qui dut la forcer à arrêter sa course devant les vestiges d'un puits en pierre.
Son téléphone affichait déjà 5 kilomètres courus.
Elle s'autorisa une pause, coupant la voix de Jessie J pour écouter le bruit ambiant de la forêt. Le chant des oiseaux et celui d'un ruisseau qui ne devait pas être très loin.
Sa jambe posée sur le cercle de pierre pour l'aider à quelques étirements délogea une pièce de l'ensemble qui alla tomber dans le tunnel qui s'efforçait dans la terre.
La blonde retira aussitôt sa jambe, écoutant l'écho de la chute contre les murs jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un murmure. Un frisson déchira sa colonne vertébrale et elle réalisa que toute la forêt semblait s'être tue.
- Merde.
Brièvement elle eut la vision d'un être de feu sorti des entrailles de la terre et lancé à sa poursuite mais chassa la scène du seigneur des anneaux d'un mouvement d'épaule.
Pourtant la seconde d'après un échos plus fort de la pierre qui venait certainement de s'écraser au sol arriva jusqu'à elle, faisant naître une irrépressible envie de fuir.
Ses jambes semblèrent comprendre le message avant elle et sans réajuster son casque qui bondissait à chaque enjambée autour de son cou, elle reprit sa course à une allure beaucoup plus soutenue.
Celle des gens poursuivis.
Son allure de ne diminua que quand elle aperçut les premières traces de civilisation sur la route goudronnée qui menait aux premières villas de Storybrook.
Elle choisit de bifurquer du chemin qu'elle avait pris à l'allée, s'intéressant à une partie de la ville qu'elle n'avait pas encore explorée.
Le port était étonnement rempli de bateaux, bien que certains d'entre eux sortent sans difficulté du lot.
Sur l'un d'eux elle croisa le regard bleu d'un homme qui la dévisagea sans honte aucune, et elle ne put s'empêcher d'étouffer un rire quand il leva un crochet en signe de salut.
Kilian Jones.
Elle se rappela que Ruby avait mentionné son nom dans la liste de prétendants de Regina Mills, mais s'autorisa à lui adresser un sourire.
L'instant d'après son allure fut considérablement altérée par un rassemblement qui attira sa curiosité.
Certainement la raison pour laquelle elle avait vu tant de gens habillés en tenue du dimanche.
Une inauguration devina-t-elle.
- Emma !
Son nom crié par une voix qu'elle commençait à associer avec celle d'une amie reporta son attention sur la jolie brune qui lui faisait un signe de la main.
D'une foulée plus tranquille elle s'approcha de la serveuse en robe noire et talons aiguilles.
- Qu'est-ce que s'il se passe ?
- L'ouverture d'un restaurant. Qu'est-ce que t'es bien foutue dis donc !
- P…Pardon ?
- Oh fais pas ta mijaurée !
- Pas du tout. J'ai juste pas l'habitude que ce soit aussi spontané.
- Dis moi, la prochaine fois on ira courir ensemble, si tu tiens le rythme.
Son clin d'œil joueur la fit froncer les sourcils et elle se demanda quel tour elle pouvait bien lui préparer.
- Tu restes ?
- Tu rigoles ? Tu m'as vue ?
- Plutôt deux fois qu'une oui !
- Nan arrête de déconner, sérieusement, vous êtes tous … Enfin .. Je suis pas vraiment en tenue pour. Je suis …
- En sueur.
La voix manqua faire tourner ses yeux dans sa tête et elle remarqua un éclat amusé dans les yeux de Ruby.
- Exactement Madame le Maire. Je détesterais gâcher cet … évènement.
La jeune femme prit son courage à deux mains pour se retourner, espérant ne pas se retrouver nez à nez avec une Regina Mills en tenue assez élégante pour la mettre sans dessus dessous.
Etrangement, la femme n'avait pas jugé bon de mettre une robe, un simple chemisier en soie beige coincé par la ceinture brillante d'une jupe noire montant sur ses hanches suffit à la déstabiliser. La blonde nota avec amusement presque l'exacte teinte de la veste d'un bleu profond s'accordant avec les talons aiguilles qui prolongeaient les jambes interminables.
Elle avait envie de la kidnapper et de l'attacher à un lit pour quelques heures. Ou jours.
L'intéressée n'avait toujours pas répondu, l'examinant apparemment avec le même intérêt qu'elle et elle dut se concentrer pour ne pas rougir.
- Regina ! Oh …
La voix amicale la tira de sa rêverie pour découvrir une blonde en robe bleue s'approcher et la dévisager brièvement avant de reporter son attention sur le Maire.
- Regina, on t'attend.
- Qu'ils attendent.
La réponse avait le ton d'un congé et la nouvelle arrivée sembla le comprendre. La chasseuse de prime la vit échanger un regard intrigué avec Ruby qui n'était toujours pas très loin derrière elle.
- Mon fils a attiré mon attention sur vous.
La voix avait baissé d'un registre et elle dut se forcer à répéter ce qu'elle venait d'entendre pour en comprendre le sens.
- Vraiment ?
Elle manqua émettre un son digne d'une souris prise entre les griffes d'un félin quand deux doigts soulevèrent son menton pour dévier son regard vers les yeux d'ébènes. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle l'avait gardé fixé sur les lèvres laquées d'une teinte qui semblait éclaircir celle qu'elle avait naturellement.
- Oui. Nous aurons besoin d'en discuter.
- De quoi ? trouva-t-elle le courage de demander.
- De mon fils et de son … désir de vous voir. Si vous êtes en mesure de résister à nouvel entretien avec moi bien sûr.
- Pourquoi ne le serais-je pas ? demanda-t-elle en faisant un pas en arrière pour échapper à l'emprise de la sorcière qui ne semblait pas avoir besoin de magie pour l'ensorceler.
Le regard d'ébène l'évalua une nouvelle fois des pieds à la tête, s'arrêtant sur son estomac laissé à l'air libre, le téléphone attaché à son bras et le casque argenté autour de son cou.
Elle aurait voulu pouvoir éviter les yeux qui cherchèrent les siens la seconde d'après, sachant pertinemment que ses pupilles étaient certainement plus dilatées qu'elles ne devraient l'être.
- À vous de me le dire.
La voix basse presque rauque provoqua un frisson qu'elle eut du mal à contenir, agitant une jambe pour cacher son inconfort quand la chaleur envahit son bas ventre, le désir contractant ses muscles manquant la faire gronder.
- Quand votre agenda vous le permettra Madame le Maire, proposa-t-elle. Je suis désolée, je dois rentrer prendre une douche.
Un sourcil s'arqua et elle crut même desceller de l'amusement passer sur le visage maquillé à la perfection de la brune.
- Faites donc.
Elle eut le droit à un sourire diplomatique qu'elle rendit du mieux qu'elle put avant de se tourner vers Ruby pour lui faire signe qu'elles se verraient plus tard.
- Et Miss Swan ?
La voix la fit stopper le pas de course qu'elle avait repris pour rentrer à l'hôtel.
- Vous devriez consulter … Pour ce problème avec vos yeux. Je ne suis pas entièrement sûre que ce soit normal et j'exige que les membres de ma police soit en forme à tout niveau.
Son masque de politicienne était fermement en place, mais Emma aurait juré que la femme était en train de rire intérieurement. Elle ne croyait pas un mot de ce qu'elle disait. Elle manqua lui dire qu'elle était la bien venue pour tester tous ses niveaux d'endurance mais ravala le commentaire.
- Vos désirs sont des ordres, trouva-t-elle.
Une fois de plus elle préféra mettre fin à la discussion plutôt que d'affronter une réplique qui ne manquerait certainement pas de la déstabiliser.
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Emma rejoignit sa chambre d'hôtel aussi vite que si elle avait été poursuivie par le diable en personne.
Regina Mills, se corrigea-t-elle mentalement.
Mais la brûlure des muscles de ses mollets ne fit rien pour diminuer celle que la femme avait fait naitre entre ses jambes.
La jeune femme se déshabilla, semant l'intégralité de ses vêtements sur le chemin qui la mena à la salle de bain dans laquelle elle rentra immédiatement sous la douche.
L'eau froide qui coula dans un premier temps la fit crier de surprise avant de la faire trembler, contrastant drastiquement avec sa peau échauffée par l'exercice et l'épreuve qu'elle venait de vivre.
Progressivement l'eau atteignit une température plus agréable et elle fut capable de rester sous le jet assez longtemps pour détremper ses cheveux que le sport avait emmêlés.
Le gel douche fournit par l'hôtel contrastait avec l'odeur qu'elle avait l'habitude de porter et elle se répéta une énième fois qu'il faudrait qu'elle mette les pieds dans un magasin pour acheter ses produits habituels.
Et chez une esthéticienne, pensa-t-elle en passant une main savonneuse entre ses jambes.
Elle dut serrer les dents, le simple contact semblant réveiller l'envie que la brune y avait implanté depuis plusieurs jours. Son front alla percuter les fausses pierres qui ornaient le mur de la douche, mais la douleur fut masquée par le plaisir presque trop intense qui parcourut son corps.
Elle avait l'impression de ne pas avoir fait ça depuis des mois, d'accord ça faisait un petit moment comparé aux fréquentes aventures qu'elle pouvait avoir dans les grandes villes, mais elle ne put s'empêcher de constater que la simple idée du Maire avait véritablement le don de la bouleverser.
Elle n'eut même pas besoin de rentrer en elle pour sentir l'orgasme commencer à la faire trembler.
Elle aurait put se cacher derrière l'excuse de la fatigue et du sport qui avait éreinté ses muscles, mais elle avait appris depuis longtemps à ne pas se mentir.
Non, Regina Mills et elle seule était la cause de ce qui était en train de se passer. Elle n'osait pas imaginer la façon dont elle se ridiculiserait si jamais elle avait la chance d'approcher un jour la brune de cette façon. Elle ne tiendrait pas cinq minutes.
Ses ongles courts griffèrent le mur en pierre brièvement pour lui éviter d'être trop bruyante, mais finit par céder, incapable de retenir le nom qui franchit la barrière de ses lèvres quand elle atteignit l'orgasme.
Elle émit un tout autre bruit lorsque ses jambes finirent par se dérober sous son poids, ses pieds patinant un instant sur la surface mouillée avant qu'elle ne tombe de tout son long.
- Putain …
À en juger par le type de douleur qui lacérait le bas de son dos, elle ne s'était rien cassé à part peut être le cosys. Ca aurait pu être pire.
La jeune femme resta de longue secondes immobiles, la respiration encore saccadée, ses muscles toujours douloureux fouettés par le jet d'eau chaude qui coulait du plafond.
Le bruit lointain de coups frappés à la porte d'entrée de sa chambre finit par la faire sortir de sa léthargie, manquant crier quand elle dut se relever pour de bon, se rinçant une dernière fois avant d'envelopper l'épaisse serviette de l'hôtel autour de son corps.
Ça n'avait pas intérêt d'être Regina.
Surtout pas Regina, pensa-t-elle.
- Emma ?!
Elle eut le temps de pousser un soupir de soulagement avant d'ouvrir la porte.
- Salut Ruby. Déjà rentrée ?
- Oui, j'étais dans le hall quand j'ai entendu le bruit …
- Quel bruit ?
- Celui que t'as fait en t'éclatant dans la douche. Ça va ?
- Comment tu sais ça ?
- J'ai une bonne ouïe. Et ça m'est déjà arrivé.
- J'ai l'impression d'avoir la colonne vertébrale en morceaux.
- C'est qu'une impression. Viens, je t'emmène voir quelqu'un.
- Qui ça ?
- Quelqu'un qui va te remettre d'aplomb en deux temps trois mouvements.
Un sorcier ? ne put-elle s'empêcher de se demander. Mais elle n'était pas sûre de pouvoir parler de ce qu'elle savait à la serveuse. Il faudrait qu'elle demande à Henry. Le gamin était sympa, mais elle ne tiendrait pas si elle devait garder le secret pour elle.
Elle avait besoin d'une conversation entre adultes.
Habillée à la va vite d'un jean et d'un pull noir assorti à des bottines que lui avait apportées Ted, elle suivit Ruby dans la rue jusqu'à un immeuble auquel elle n'avait jusque là prêté aucune attention.
- Le psy est au premier étage et Nova au deuxième.
- Nova ?
Le nom ne lui rappelait aucun personnage de contes de fées.
- Oui. C'est une amie. Mais elle ne sort pas sans son mari, c'est assez … difficile pour faire des soirées entre filles.
- J'imagine. Et qu'est-ce qu'elle peut faire pour moi ?
- Fais moi confiance.
La blonde ne répondit pas, concentrée sur l'ascension des escaliers qui menaçait de lui arracher un cri à chaque marche.
Elle entendit d'abord la voix haut perchée de la jeune femme avant de constater que le qualificatif aurait très bien put s'appliquer à sa posture. La haute silhouette de la brune aux formes élancées semblait flotter à quelques centimètres du sol.
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- Qui est Nova ? demanda-t-elle à l'enfant dès qu'elle le vit à la sortie de l'école ce jour là.
- Bonjour Emma Swan. Tu as besoin de travailler sur ta politesse.
- Bonjour Majesté.
- Altesse. Mais tu peux appeler ma mère Majesté, c'est elle qui a le trône, je ne suis que son fils.
- Je pense pas qu'elle serait très fan.
- Je pense que si. Elle ne laisse pas grand monde l'appeler par son prénom.
- J'ai cru voir quand j'ai tenté oui.
- J'ai essayé de lui parler, mais elle n'a pas l'air d'être très coopérative.
- Pourquoi ?
- Pour que tu quittes la ville.
- C'est pas … C'est pas urgent, t'inquiète pas. Et puis je l'ai vu ce matin elle m'a dit qu'elle comptait me parler, t'as du la convaincre un minimum ... Et cette Nova alors ?
- La femme de Grincheux.
- Grincheux ? s'offusqua-t-elle presque.
Elle essayait d'imaginer le couple qu'un nain au caractère bourru et la jeune femme aux airs aériens pouvait former.
- C'était une fée.
Ahah ! Elle n'avait pas perdu tout son flair.
- Etait ? releva-t-elle tout de même.
- Ses choix de vies n'ont pas plu à la fée bleue. Mais elle est heureuse maintenant.
- En tout cas elle m'a remis le dos en place. Je vais avoir un bleu, mais plus mal du tout !
- Tu t'es blessée ?
- J'ai chuté, dans la douche. C'était vraiment pas héroïque. J'ai des questions pour toi.
- Vas-y.
- Est-ce que je peux faire confiance à Ruby ? C'est la personne avec laquelle j'ai le plus parlé ici et j'aurais voulu savoir si tu étais d'accord pour que je lui parle de ce que tu m'as révélé. Où est-ce qu'elle ira le dire à ta mère ?
- Tu peux faire confiance à Ruby, son espèce est très loyale.
- Son espèce ?
Il se contenta d'un sourire énigmatique et quand il fut clair qu'il ne répondrait pas aujourd'hui, Emma préféra passer à l'une des questions suivantes.
- Qu'est-il arrivé au Prince Charmant ?
Elle grimaça en entendant les mots sortir de sa bouche. Elle avait du mal à croire que c'était elle qui était en train de les prononcer. Peut-être avait-elle été enfermée dans un asile psychiatrique après l'épisode de la banque, peut-être planait-elle depuis …
- Snow a du sacrifier une part de lui pour lancer la malédiction.
- Quelle part ?
- Je ne sais pas. Mais il n'est jamais revenu à lui. Depuis elle vit dans une forme de déni. C'est l'ombre d'elle même.
- Et il n'y a que ta mère qui peut lui redonner un peu de flegme, n'est-ce pas ? se rappela-t-elle une des premières choses qu'on lui avait dit quand elle était arrivée ici.
À l'époque elle s'était demandée comment Regina et Mary Margarett avait pu être ennemies …
- Comment est-ce que ça se fait qu'il y ait des … adaptations de vos histoires ?
- Il existe des voyageurs qui peuvent traverser l'espace temps. Certains en ont fait leur fortune.
- Les frères Grimm ? Walt Disney ?
- Si c'est comme ça qu'ils se sont fait appeler, oui, peut-être …
Elle sentit l'enfant ralentir le pas et admira la maison dont il s'approchait. Si elle avait encore eu des doutes sur son appartenances, la voiture noire de sport garée dans un box qui était resté ouvert donnait largement l'identité de la propriétaire de la bâtisse.
- C'est une très belle maison.
- C'est la plus belle, répondit-il avec un ton chargé de fierté qu'elle lui avait déjà entendu adopter quand il parlait de sa mère.
- Je n'en doute pas. Je … Qu'est-ce qu'il y a ?
Il avait froncé les sourcils d'une façon trop suspicieuse pour qu'elle continue à parler. Elle suivit son regard, essayant de déterminer ce qui avait pu alerter son attention dans la direction du garage et par réflexe sa main droite se porta à son arme.
- Maman ne laisse jamais le garage ouvert.
- Elle devait être en retard, répondit-elle du tac-o-tac soulagée que ce ne soit que cela.
- Jamais, insista-t-il pourtant la seconde d'après.
- Ok.
Cette fois elle sortit directement l'arme de son étui.
- Tu veux que j'aille vérifier ?
- Non.
Il fit deux pas vers la maison et elle manqua l'arrêter quand elle le vit s'immobiliser avant de porter ses mains autour de sa bouche.
- REGINA MILLS.
- Wow ! Gamin calme toi, tu vas …
La porte d'entrée s'ouvrit immédiatement, révélant l'intéressée toujours en tailleurs, un air fatigué sur le visage.
- Qu'est-ce qu'il se passe Henry ?
Ses yeux sombres étaient entièrement fixés sur son fils, comme s'il était le centre de son univers et elle réalisa que c'était certainement le cas.
- Tu vois, elle était juste fatiguée Henry. Tout va bien.
La brune ne croisa pas son regard, mais elle le vit refléter un éclat dangereux quand il se posa brièvement sur l'arme qu'elle tenait toujours à la main. Elle la raccrocha immédiatement à sa hanche en attendant de voir ce qui allait se passer.
Elle observa presque gênée l'enfant se jeter dans les bras de sa mère qui se plia presque en deux pour l'accueillir dans ses bras juchée sur ses talons aiguilles.
- Tu n'avais pas fermé le garage.
- Je suis désolée Henry, je suis rentrée précipitamment, j'étais fatiguée.
- Tu es malade ?
- Non, pas exactement.
- Tu es tombée toi aussi ? Emma est tombée...
- Je vais très bien mon amour, je suis désolée de t'avoir fait peur. Pourquoi n'es-tu pas avec Graham ?
- Je lui ai dit que tu étais d'accord pour qu'Emma me raccompagne.
- Je n'ai jamais dit ça.
L'enfant fit un pas en arrière pour affronter le regard de sa mère et elle dut avouer qu'il avait du cran.
- Je sais, répondit-il finalement.
La femme poussa un soupir avant de se relever et ce fut à son tour de faire face à l'air agacé qu'elle portait sur le visage.
Aucune d'entre elles ne parla, la brune poussa simplement son fils d'un geste de la main vers l'entrée de la maison.
- Je suis d…
- Non.
- Ok … Euh …
La chasseuse de prime se permit d'admirer quelques secondes de plus la silhouette qui se tenait droite sur le haut des marches qui menait à son foyer. Une Reine, oui. Qui tentait désespérément de lire ses pensées à en croire la concentration peinte sur ses traits.
Elle était magnifique ne put-elle s'empêcher de penser.
Ce fut la réalisation qu'elle était passée à deux doigts de le dire à voix haute qui la fit se mettre en mouvement.
- Bonne soirée Madame le Maire, opta-t-elle pour.
Elle n'obtint pas de réponse avant de s'être retournée et fut à moitié soulagée de sentir la plaisanterie lacer les prochains mots.
- Il y a des tapis anti dérapant dans le rayon salle de bain du super marché central.
Evidemment … Evidemment elle savait. Elle décida de ne pas se retourner, sentant déjà le feu bruler ses joues. Parce qu'il était probable qu'elle sache plus que ça. Et il allait sérieusement qu'elle travaille sur son contrôle de soi. Emma Swan n'était pas quelqu'un qui se laissait intimider par qui que ce soit. Si elle voulait cette femme, elle allait devoir la mériter, la gagner comme un grand prix et ce n'était certainement pas en restant comme ça.
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Elle trouva Ruby au restaurant et attendit qu'elle ait fini son service en mangeant d'un air distrait.
Elle réfléchissait déjà à la façon dont elle allait pouvoir aborder le sujet. Elle avait déjà réussi à s'assurer qu'elle ne serait que toutes les deux et la brune avait paru ravie, lui proposant un endroit qui allait lui « vendre du rêve ».
Finalement les mots sortirent bien plus facilement qu'elle ne l'aurait cru. Elles avaient fait une halte dans sa chambre d'hôtel pour récupérer une veste et Emma s'était retrouvée sur le toit de l'immeuble où elle trouva un jardin auquel elle ne s'était absolument pas attendue.
Dans un coin elle rit aux éclats en voyant des plans de cannabis cacher des transats et une table basse.
- C'est superbe.
Contrairement aux grandes villes bien trop éclairées, ici le ciel était d'un noir profond et si elle avait été aussi callée qu'elle aurait aimé l'être sur le sujet, elle aurait pu reconnaître les constellations qui brillaient au dessus d'elles.
- De quoi est-ce que tu veux me parler Emma ?
- Henry Mills. Il m'a raconté, se lança-t-elle.
- Raconté quoi ?
- Votre histoire.
Il y eut un instant de silence pendant lequel elle sembla en pleine réflexion.
- Je vois … C'est pour ça que tu es toujours en vie.
- Toujours en vie ?
- Regina n'accepte pas les étrangers. Elle sait que tu es au courant ?
- Non.
- Elle doit sentir que tu es spéciale.
- Henry dit que sa … magie n'a pas d'effet sur moi.
- Tu ne saurais pas si elle te lançait un sort, mais c'est vrai que je l'ai vu essayer au restaurant le premier jour, quand tu étais avec Sidney, ça n'a pas marché.
- Elle sait ce que je fais en permanence, c'est pas un sort ça ?
- Non, c'est sa ville, sa magie, quand elle y est tout passe par elle.
- Tout ?
- Oui.
- Ok.
- Pourquoi ?
- Tu veux pas savoir.
Sa réponse provoqua un rire.
- Elle n'avait pas l'air bien quand je l'ai vue ce soir. Elle était malade ce matin ?
- Non … Non pas que je sache, mais elle est partie précipitamment … Je crois qu'elle était énervée, j'ai pas eu le temps de voir.
Elle ne répondit pas et son regard s'était déjà perdu dans le ciel étoilé quand elle l'entendit reprendre.
- Henry pense donc que tu es la personne censée briser la malédiction ?
- Je … crois.
- Il a un plan ?
- Il y travaille, je crois …
- Et toi ? Comment est-ce que tu vis ça ?
- Relativement bien non ?
Un sourcil brun s'arqua et la serveuse lui tendit une bouteille de bière.
- Je suis un peu … perdue, avoua-t-elle. C'est pour ça que je te parle non ?
- Tu peux me faire confiance.
- Je sais. J'ai demandé à Henry, mais … je savais.
- Tant mieux.
- Et toi ? Est-ce que tu me fais confiance ?
- Je fais confiance en Regina. Je t'aime bien, mais je sais que si tu représentes la moindre menace pour notre sécurité, elle n'hésitera pas à la neutraliser.
Ça avait le mérite d'être clair …
- Ok.
- Je veux pas te paniquer.
- Non non c'est bon t'inquiète. Je sais qu'elle est dangereuse.
- Non, tu ne sais pas.
Elle avait envie de continuer à dire le contraire, mais elle n'était pas prête à lui dire qu'elle était venue ici à la poursuite du Maire depuis leur première rencontre à Boston.
- Tu ne l'as jamais vue défendre Henry, entendit-elle murmuré plus bas.
- Non …
Elle frissonna en pensant à ce que la femme serait certainement prête à faire pour ce qui avait le plus de valeur à ses yeux, si une simple offense avait valu aux braqueurs ce qu'il s'était passé dans la banque.
- Je … J'ai …
- Oui ?
- Craqué sur elle, un peu, avoua-t-elle avec l'impression d'être une collégienne.
- Un peu ?!
- Quoi ?!
- Oh arrête t'es totalement folle dès qu'elle rentre dans une pièce !
- T'es sérieuse ? ça se voit autant que ça ?
- Moi je le vois. Mais je vois beaucoup de choses.
- Et qu'est-ce que je devrais faire ? Est-ce que …
- Oui.
- Oui ?
- Oui je crois que tu devrais tenter ta chance. Ne te laisse pas intimider. Et puis ça ne l'intéresserait pas …
- Ok …
Elles restèrent un long moment silencieuse avant que la serveuse ne reprenne.
- Tu sais, s'il y a quelque chose par lequel tu devrais commencer, ce serait Snow.
- Snow ?
- Briser sa malédiction.
- Parce qu'en plus tu crois qu'il va falloir que je brise la malédiction pour chacun des habitants ?!
- Non. Pour chacun de ceux qui ont lancé le sort Emma. C'est comme ça que ça marche.
- Et comment ça se brise une malédiction à part avec un « baiser d'amour véritable » ?
- C'est toi l'élue.
- La sauveuse, corrigea-t-elle par réflexe.
- La sauveuse ?
- Henry Mills aime bien.
- Sa mère aimerait moins.
- Comment est-ce qu'elle réagirait si elle apprenait ce que son fils pense de moi ?
- Elle aurait peur. Regina a peur du changement, elle en est terrifiée. Et quand elle est terrifiée, elle est dangereuse, tu t'en doutes …
Quand ne l'était-elle pas ?
.
..
.
Même lorsqu'elle parlait tranquillement à une table avec Sidney, elle avait l'air dangereuse, songea-t-elle en l'observant converser avec lui au dessus d'un fichier qui avait l'air rempli de chiffres.
- Vas-y, entendit-elle Ruby lui conseiller depuis le comptoir contre lequel elle était appuyée.
Elle ne répondit pas, se contentant de s'imprégner les yeux de l'image de la femme qu'elle voyait pour la première fois en pantalon. C'était injuste que des vêtements puissent faire autant de ravages.
- Peureuse …
Elle gronda une dernière fois en direction de la serveuse avant de se lancer.
- Monsieur Glass ! Bonjour.
Comme à son habitude il ne lui adressa qu'un vague signe de la tête tandis que la brune levait les yeux pour la gratifier d'un « Miss Swan » presque ennuyé.
- J'ai vu avec mon patron, j'ai votre argent.
Elle lut la surprise sur leurs visages qui se fondit en un masque d'impassibilité presque aussitôt. Ils avaient été entrainé à la même école.
- Je prendrai un rendez-vous avec votre secrétaire pour…
- Inutile. Dites-moi quand est-ce que vous êtes libre dans la journée.
- Onze heures ?
- Je serai à mon bureau.
- Je n'en doute pas. Madame le Maire ?
L'intéressée prit le temps d'avaler deux gorgées de café et de reposer sa tasse avant de lui répondre.
- Oui ?
- Vous serez ravie de savoir que j'ai prévu de consulter un médecin, je vous apporterai son rapport sur votre bureau dès que je l'aurais.
- Un médecin ?
- Pour mes yeux. Ce n'est pas ce que vous vouliez que je fasse ? Pour le poste au commissariat ?
Son regard s'égara quelques secondes sur le journaliste en face d'elle avant de plonger dans celui de la chasseuse de prime.
- Vous songez à vous faire soigner ?
- Je suis sûre qu'il existe des traitements.
- Commencez par des douches … Froides, cette fois.
Elle sentit son estomac se tordre quand la brune se mordit la lèvre pour retenir ce qui semblait être un sourire.
- Faites attention, ça recommence.
Elle trouva le courage de lui adresser un clin d'œil avant de se cacher derrière une paire de lunettes de soleil qu'elle avait sorti de la boîte à gants de sa voiture. Son cœur battait à tout rompre quand elle se pencha vers elle pour s'emparer de la note qui trainait sur la table coincée dans un cendrier.
- C'est pour moi, murmura-t-elle près de son oreille.
Elle en aurait presque dansé de joie quand elle se redressa pour constater qu'elle n'était pas la seule à avoir des problèmes de pupilles. Elle l'entendit clairement inspirer comme à après un long moment passé à arrêter sa respiration et fit un pas un arrière avant de perdre tout courage, notant avec appréhension un éclat de quelque chose qui ressemblait dangereusement à de l'électricité dans le creux de la paume de Regina Mills.
- Bonne journée Madame le Maire. Monsieur Glass, à toute à l'heure.
Elle envoya la note à Ruby qui la rattrapa au vol et manqua rire quand elle leva un pouce en signe de victoire. Elle sortit du restaurant à pas mesurés malgré son envie de courir.
Elle pouvait sentir un regard brûlant sur elle et ne put s'empêcher de se retourner une dernière fois pour le croiser fermement fixé sur elle avant de s'engouffrer dans sa Coccinelle jaune qu'elle avait garée devant l'établissement.
Elle n'avait pas fait plus d'un kilomètre quand la voiture s'arrêta en crachotant de la fumée.
Au moins ce n'était pas arrivé devant le restaurant sous son regard.
- Je peux vous aider ?
Elle n'avait pas l'habitude que les gens s'arrêtent aussi facilement, mais elle dut reconnaître que le Shérif tombait à point.
- Si vous avez un moteur ?
- Non, pas sur moi … Mais j'ai une voiture de rechange, je peux vous la prêter, je n'utilise que celle de travail de toute manière.
- Oui, pourquoi pas …
- Alors, on va être partenaires j'ai entendu ?
Le terme ne lui plaisait pas mais elle se contenta d'acquiescer d'un hochement de tête en souriant.
- Ça me fait plaisir. J'ai pas beaucoup de … d'amis ni de distractions ici.
- Je serais ni ton amie ni une distraction mec, je suis là pour travailler.
- Oui, pardon.
Son air contrit manqua la faire s'excuser mais son téléphone sonna et elle l'observa s'éloigner pour répondre.
Elle se demandait si il se rappelait de son autre vie. Celle de chasseur au cœur arraché par une méchante Reine.
- Comptez sur moi, entendit-elle avant qu'il ne raccroche.
Elle le regarda revenir sur ses pas pour observer sa voiture.
- C'était notre patronne.
Il allait vite en besogne décidément.
- C'est pas encore ma patronne.
Il n'avait pas l'air de prendre en compte sa réponse, plongé dans l'examen des pièces qui fumaient toujours.
- Et qu'est-ce qu'elle voulait ? ne put-elle s'empêcher de demander.
- Que je garde Henry. Elle part jusqu'à demain.
- Elle part de la ville ?
- Oui, ça lui arrive.
- Seule ?
Elle l'observa rougir avec étonnement.
- Oui, apparemment.
Elle mit du temps avant de se rappeler des paroles que Ruby avait eu dans l'une de leurs premières conversations à propos de Regina et de ses petites escapades en dehors de la ville.
Ses dents s'entrechoquèrent et elle dut fermer les poings, surprise par la colère qui l'envahit soudain.
- Ça va ?
- Très bien. Ton offre tient toujours ?
- Oui ya pas de souci, je t'amène les clefs !
- Non, l'autre offre.
- L'autre ?
- Tu veux être mon ami ?
Ces derniers temps elle avait tendance à sortir des phrases qu'elle n'avait pas prononcé depuis presque vingt ans.
- Oh ! Oui, bien sûr !
Le sourire qu'il lui lança en lui tendant la main fut contagieux et elle s'étonna même à penser qu'elle avait peut être eu tort à son sujet.
La vieille Alfa Roméo de collection qui lui confia ne fit qu'ajouter des points à son score. Il n'y avait que dans un petit village comme celui ci qu'on pouvait prêter à une inconnue une voiture qui valait des dizaines de milliers de billets sans assurance aucune.
À onze heures pile elle était devant l'immeuble qui abritait les bureaux du journal, mallette en main et bien décidée à obtenir quelque chose en retour de sa l'homme que l'argent amadouerait.
Elle sourit intérieurement quand elle fut accueillie avec une chaleurosité qui avait manqué à leur précédent entretien.
- Comme promis, annonça-t-elle en posant l'objet sur le bureau en bois noir.
- Je dois encore signer quelque chose.
- Non, les frais vous sont offerts, mais j'aimerais bien un service …
Ses mains tendues au dessus de la mallette qu'il s'apprêtait à prendre s'immobilisèrent.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il les yeux plissés.
- Mon badge de Shérif.
- Je n'ai pas le pouvoir de faire ça.
- Oh voyons, nous savons tous les deux que si … Madame le Maire a toutes les intentions de me confier le poste mais j'ai entendu dire qu'elle ne serait pas là de quelques jours …
Son reniflement de dédain laissa entendre qu'il était au courant et visiblement pas satisfait de ce voyage. Elle le voyait très bien réclamer un droit de propriété sur la femme qui semblait être proche de lui. Mais bien qu'il en ait aucun droit, aujourd'hui elle ne pouvait pas se permettre de s'en moquer. Regina Mills avait provoqué la même réaction sur elle et elle ne la « connaissait » que depuis deux semaines.
- Ça lui apprendra à quitter la ville pour des fantaisies, insista-t-elle.
Elle vit à l'éclat qui brilla dans ses yeux que c'était les bons mots et ne put s'empêcher de sourire quand il s'engagea d'un signe de la tête.
