Hello my dears ! Tout d'abord un immense merci à tous ceux qui me lisent, je sais que je me répète mais j'ai déjà plus de commentaires sur cette fic que sur les 15 chapitres de ma précédente, vous avez pas idée de ce que ça fait plaisir :D À toutes celles qui me traitent de cruelle : Comment est-ce que je vous tiendrais en haleine sinon hein ?!

Pielle, si tu as l'intention de m'enlever, sache qu'il faudra au moins des Cookies Michel & Augustin pour que j'écrive à temps plein sinon je risque de me venger en glissant Robin des Bois dans l'histoire & ce serait dommage xD

Morgane, ne t'inquiète pas, tous les chapitres sont écrits en résumé, il me reste plus qu'à développer, mais yaura une suite & fin ;)

W ( ou Waty maintenant que tu fais partie des notres ) je te remercie énormément & j'espère que la suite continuera à te plaire autant, pour le côté beta je ne sais pas non plus comment ça marche et si c'est une bonne idée vu le rythme auquel je "travaille" déjà ^^

Brefff, tant que je peux encore tous vous citer ( on sait jamais peut être qu'un jour yen aura trop xD ) Mes serial commentatrices(/teurs?) Artemis972, PilandOncer, Lilith McFeden, EvilSwanMills, Raphi5930, Floralys20, ZoZen ( des chapitre plus longs ça risque d'être compliqué ^^ ), Swan33, DrodroV, Grat, OoO-RED-OoO, Serena, Loulouche, Slopopina & les Guest ... Je vous aime ! :D

Vous l'attendiez ?! Le voici le voilà ! ^^ Bonne lecture !

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Chapitre 8

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- Tu as toujours besoin de mes talents Swan ... Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Regina Mills.

- Quoi Regina Mills ?

- Prends des notes ! Regina Mills, la trentaine, brune, yeux foncés, type ... hispanique, un mètre soixante cinq à tout casser.

- ... Ouais ?

- Attends.

Elle laissa tomber son téléphone sur ses genoux pour pouvoir garder une main sur le volant et s'emparer du blouson en cuir qu'elle avait jeté sur la banquette arrière. Elle arrivait en vue de la frontière de la ville et si la route continuait un long moment avant d'atteindre une première bifurcation, elle aurait aimé ne pas perdre de temps à se tromper de direction.

- Numéro de carte bleue, annonça-t-elle à voix un peu plus forte pour couvrir la distance qui la séparait de son Iphone.

Elle feuilleta un moment le carnet qui ne la quittait jamais avant de tomber sur les chiffres qu'elle avait fait griffonner à Ruby la semaine dernière. Elle lut la série deux fois à voix haute avant de jeter le petit cahier derrière elle et de récupérer son téléphone.

- C'est bon ?

- Oui, je vais chercher ça.

- Non Ted, je veux les infos pour hier.

- Je bosse déjà sur un fichier bancaire Emma ...

- J'ai le coffre plein de cartons de vins, de quoi ouvrir une boutique, tu vas pas faire chier hein ?

- Tu viens ici ?

- Je sais pas ... Ouais.

En attendant Boston lui semblait une bonne idée. Après tout c'était la seule ville où elle savait que Regina mettait les pieds en dehors de Storybrook.

- J'attends hein !

- Deux secondes.

Elle acquiesça d'un signe de la tête, consciente qu'il ne pourrait pas la voir et tourna sur sa droite pour suivre un panneau qui la menait vers la ville où elle avait travaillé les dernières années.

- Elle a passé un péage en direction de Boston, l'entendit-elle dire à quelques mètres de son haut parleur.

- Je suis trop forte. Je coupe. Appelle si elle prend une chambre quelque part avec sa carte, fouille tout. Je veux savoir où elle est avant midi.

- Oui chef.

- C'est ce que je voulais entendre. Bosse, je passerai te voir dans la semaine et j'ai quelque chose à faire à New York.

Elle ne l'écouta pas prendre congé, le téléphone déjà envoyé sur le siège passager, elle avait de la route à faire jusqu'à la grande ville. Il menaçait de neiger quand elle arriva à Boston, se rendant compte trop tard qu'elle n'avait pas les clefs de son appartement et qu'il lui faudrait forcer sa propre porte si elle comptait y pénétrer.

La sonnerie de son téléphone dérangea le calme relatif de la cage d'escalier et elle s'en empara avec hâte.

- Ouais.

- Ta meuf vient de payer une chambre au Carlton.

- A côté du théâtre où j'avais arrêté l'ingénieur du son ?

- C'est ça.

- Merci, je te contacte dans la semaine.

La serrure de son appartement céda au moment même où l'un de ses voisins choisit de partir promener un gros Pitbull auquel elle n'avait jamais trouvé une tête très rassurante. Elle le salua d'un bref signe de la tête avant de rentrer dans son refuge.

Il fallait qu'elle récupère des papiers si elle voulait pouvoir passer au travers des mailles de la sécurité d'un hôtel cinq étoiles. Elle jeta un coup d'œil rapide à la pile de courrier qui encombrait le sol de son entrée, n'en ouvrant aucun avant de se diriger vers son salon où elle mit en route la machine à expresso. Elle en méritait bien un après les longues heures de route qu'elle venait de faire.

Le ronron de sa cafetière l'accompagna jusque dans sa chambre où elle changea de tenue, se décidant pour un tailleur pantalon noir accompagné d'une chemise beige pour aller avec son faux badge de la police des douanes. Elle fit l'effort d'enfiler une paire de talons, grimaçant déjà quand elle dut rejoindre la pièce principale pour avaler le liquide brûlant.

Sur une table à l'entrée elle s'empara des clefs de la voiture qu'elle réservait à ce genre d'interventions, sortant la grosse berline noire de son garage pour se diriger vers le Carlton. Elle avait l'impression de reprendre du service après des mois passés à l'ombre ...

A l'hôtel elle confia la Chrysler à un voiturier avec un vague sourire, indiquant qu'il n'y aurait aucun bagage supplémentaire.

- Madame bonjour.

- Bonjour. Emma Swan, CBP, Police des douanes et protection des frontières. Une femme a pris une chambre ici dans la matinée. Brune, type hispanique.

Elle n'en dit pas plus, ignorant si elle avait réservé sous son vrai nom mais persuadée que l'homme s'en souviendrait. Regina Mills n'était pas le genre de personne qu'on pouvait oublier.

- J'appelle mon responsable.

- Je suis pressée.

- Il sera là dans une minute.

Elle ne l'écouta pas appeler son supérieur, observant le hall dans lequel des clients discutaient jusqu'à ce qu'une toux discrète dans son dos l'informe que quelqu'un était arrivé.

- Bonjour. Emma Swan, se représenta-t-elle en montrant son badge.

- Bonjour inspecteur. Que pouvons-nous faire ?

- Je cherche une femme, brune, cheveux courts, yeux foncés, taille moyenne, type hyspanique. J'ai besoin de son numéro de chambre et d'un pass pour y rentrer.

Elle le vit balayer les alentours d'un regard curieux avant de répondre.

- Elle est dangereuse ?

- Contentez-vous de me donner ce que j'ai demandé.

- Je remarquais juste que vous êtes seule ...

- Je suis tout ce qu'il y a de plus accompagné, mais il est hors de question qu'elle se rende compte de quelque chose. Numéro de chambre ?

Elle soutint son regard d'acier un moment avant qu'il ne reporte son attention sur l'écran d'ordinateur.

- C'est une suite avec vue sur le Parc. Numéro 1022. La porte indique qu'elle est partie il y a moins d'une heure.

- Avec sa voiture ?

- Non.

- Très bien, je vais attendre.

Elle s'empara de la carte qu'il lui tendait et fit demi tour pour rentrer dans le salon vitré qu'elle avait remarqué en entrant. La chasseuse dégaina son téléphone pour faire semblant de passer un coup de téléphone et s'installa à une table où elle déballa le seul contenu de sa mallette : son ordinateur portable sur lequel elle allait semble-t-il devoir passer un bon moment.

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Elle ne fut pas étonnée de sentir son dos se tendre un peu plus d'une heure plus tard, relevant immédiatement la tête de son jeu de solitaire pour voir entrer la brune suivie de près par quelqu'un qui semblait tenter de lui parler.

Elle choisit d'attendre avant de se lever, observant la façon dont ses cheveux volèrent lorsqu'elle se retourna précipitamment, l'autre manquant la percuter de plein fouet. Elle plissa les yeux pour arriver à lire quelque chose sur ses lèvres pincées en un rictus de mécontentement. Quelque chose comme " débrouillez-vous " avant que le Maire lui plaque une liasse de billets contre la poitrine, se dégageant immédiatement pour regagner l'ascenseur.

La jeune inconnue resta quelques secondes interdite debout en plein milieu du hall avant de tourner les talons, Emma en profitant pour se lever et atteindre l'endroit qu'elle venait de quitter lorsqu'elle franchit les portes, la voyant s'engouffrer dans un taxi qui l'attendait devant l'hôtel.

Son regard croisa celui du groom par dessus le comptoir de l'accueil et elle prit la direction de l'ascenseur. Il n'y eut aucun arrêt pendant la montée des dix étages où elle eut largement le temps de penser à ce qu'elle était en train de faire.

Pourquoi était-elle là ? La colère qui l'avait animée en partant de Storybrook s'était dissipée et si elle était toujours guidée par l'envie de confronter la femme, elle n'était plus très sûre de la façon dont elle devait le faire.

Machinalement, elle s'avança jusqu'à la double porte en bois clair pour y glisser le pass qu'on lui avait fourni en bas. La suite se déverrouilla d'un bruit discret et ses premiers pas à l'intérieur furent accueillis par un silence relatif. Elle dut tendre l'oreille pour entendre l'échos de la voix basse. Après tout elle avait vu sur les prospectus que ces suites atteignaient les cent mètres carrés. Il y avait de quoi la perdre.

- ... Peu de courage dans votre vie ! s'exclama la voix de Regina pas très loin d'elle.

Elle était visiblement au téléphone et qui que ce soit à l'autre bout de la ligne était apparemment en train de l'exaspérer.

- Et bien trouvez le moyen de communiquer Sidney !

La voix s'était rapprochée et elle se figea quand elle vit apparaître la silhouette en robe grise.

- J'ai besoin de l'information ce soir, dernier carat !

Leurs regards se croisèrent et un instant le visage hâlé refléta de la surprise avant de se muer en quelque chose de plus léger, éclipsant le mécontentement qui avait ridé ses traits jusque là. La chasseuse de prime se sentit détaillée des pieds à la tête, l'autre ayant même l'audace de lui demander d'un signe de la main de faire le tour d'elle même. Elle ne s'exécuta pas et la brune comprenant qu'elle ne comptait pas le faire se décida de l'inspecter elle même en la contournant.

- Mettez Belle à contribution, je me fiche des détails.

Elle entendit la femme raccrocher au nez du rédacteur en chef visiblement en train d'essayer de la convaincre de quelque chose.

- Quel grave accident a-t-il pu vous arriver pour que vous vous réveilliez avec une certaine notion du style Miss Swan ?

- Je me suis habillée pour l'occasion.

- Quelle occasion ?

- A votre avis ?

- Vous êtes venue terminer ce que nous avions entamé hier ? Parce que je ne suis pas sûre de vouloir payer les frais de nettoyage quand il faudra qu'on enlève le sang de la moquette ...

- Je ne suis plus vierge.

- Vraiment Miss Swan ? Étonnant de la part de quelqu'un d'aussi ...

- D'aussi ?

- ... Distingué que vous.

Elle ne répondit pas et leurs regards s'affrontèrent encore quelques secondes avant que la brune ne se détourne pour aller s'emparer d'une carafe remplie d'un liquide ambré et remplir deux verres.

- Pourquoi êtes vous réellement là ? reprit-elle en lui en tendant un.

- Parce que je ne voulais pas que quelqu'un d'autre termine ce que j'avais commencé.

La jeune femme avala la moitié de son verre, intriguée après coup par le gout qu'elle lui trouva.

- Whisky au miel, sembla expliquer son interlocutrice qui n'avait pas l'air d'avoir apprécié à en juger par la grimace qu'elle fit avant de reposer son verre sur le buffet.

- J'ai connu mieux.

Elle ne répondit pas, laissant Emma sur place pour sortir sur un balcon par l'une des immenses baies vitrées. Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'elle ne se décide à la rejoindre.

- Vous avez faim ? l'étonna-t-elle.

- Pas vraiment.

Pour être honnête quelque chose nouait même son ventre depuis qu'elle était rentrée dans la suite. La veille Regina avait tenté de l'assassiner froidement et aujourd'hui elle venait de lui courir après à des centaines de kilomètres par peur qu'elle ne s'envoie en l'air avec quelqu'un d'autre. Quel genre de sort lui avait-elle lancé ?

- Comment avez-vous fait pour rentrer ?

- Je me suis faite passer pour un agent de police des frontières.

- Vous avez beaucoup de ressources, n'est-ce pas ?

- Oui, choisit-elle de répondre.

Quelque part dans la suite un téléphone sonna et la brune s'excusa d'un vague sourire avant d'aller le récupérer. Elle n'écouta pas la conversation, remarquant à peine la magnifique vue qu'offrait la terrasse fermée sur la cime des arbres du parc qui s'étendait devant l'hôtel avant que ne reprenne la forêt d'immeubles.

Elle émit un son étranglé quand une main glissa le long de son dos pour s'arrêter dans le creux de ses reins.

- Je dois partir, annonça la voix trop près d'elle. Vous pouvez rester ici, commandez quelque chose, faites vous couler un bain, occupez-vous ...

- Je préfère vous accompagner.

- M'accompagner ?

- Quel inspecteur serais-je si je vous laissais partir non accompagnée ?

Elle fut tournée sans ménagement, croisant le regard de la mère d'Henry à quelques centimètres du sien.

- Vous m'avez fait passer pour une criminelle ?

- Coups et blessures sur un agent public, vous savez ce que ça vous fait risquer ? Hier vous m'av...

Regina ne la laissa pas finir et elle la vit lever les yeux au ciel un instant avant que les siens ne se ferment tout seuls au contact de ses lèvres. Bien qu'elle ne lui laisse pas une once de décision, le baiser fut différent, moins violent que la dernière fois, laissant la place au désir plus qu'à la colère et Emma sentit ses muscles se liquéfier, son corps entier appuyé contre la baie vitrée, les bras enroulés autour de la nuque de l'autre.

Un genou se faufila entre ses jambes, déstabilisant encore plus son équilibre précaire et elle gémit à la sensation des mains de la brune glissant le long de son corps avant de s'accrocher à ses hanches pour les ramener fermement contre elle.

- Regina ...

Le nom ressemblait plus à une supplique qu'autre chose et elle s'en voulut en constatant le sourire satisfait qui étira les lèvres laquées.

- Je suis sûre que nous aurons tout le temps de continuer cette petite conversation plus tard Miss Swan. Suivez-moi.

Elle prit quelque secondes pour reprendre sa respiration, pliée en deux comme si elle venait de courir un marathon. À l'autre bout de la suite elle entendit la porte d'entrée claquer et le bruit fut suffisant pour la mettre en mouvement, s'élançant à travers le grand espace sur ses talons hauts.

Elle la rattrapa juste à temps pour s'engouffrer dans ascenseur en même temps qu'elle.

- Où est-ce qu'on va ?

- Laissez-vous conduire.

- C'est pas dans mes habitudes.

- Je les chamboulerai.

Elle ne répondit pas, observant le profil parfait de la femme qui se tenait droite au centre de la cabine dans sa robe grise et ses talons hauts et sourit quand elle la vit se mordre la lèvre.

- Tâchez de ne pas me distraire, l'entendit-elle ordonner avant de sortir dans le hall.

La jeune femme croisa le regard du groom, laissant le masque de son personnage figer ses traits. Elle n'avait rien à leur justifier, mais aucune envie d'attirer l'attention sur elle.

Elle suivit la brune qui s'empara des clefs de voiture que tenait un membre du personnel pour se diriger elle même vers le parking et démarrer la Mercedes. Emma dut faire semblant de ne pas être impressionnée, détournant le regard pour ne pas avoir à subir l'assaut de la vision de la femme en train de conduire.

Elles restèrent silencieuses durant tout le trajet jusqu'à ce que la musique classique ne soit remplacée par le signal d'un appel qu'elle décrocha.

- Sidney j'espère que vous appelez avec la réponse que j'attends.

- Elle a épelé le nom " Zohra "

- Épelé ... Le nom Zohra, sembla-t-elle répéter pensive.

- Oui, Belle et moi av...

- Je ne suis pas seule, coupa-t-elle.

- Oh ... D'accord.

Emma ne put s'empêcher de grimacer à la jalousie qui avait transpiré du simple mot qu'il avait daigné répondre.

- Zohra, répéta une fois de plus la femme. J'espère pour vous que ce sera suffisant.

La conversation fut coupée d'un bouton et elle n'eut pas le temps de poser une question, la main de la brune se déplaçant du volant à sa cuisse, la griffure de ses ongles légèrement atténuée par le tissu qui la recouvrait.

- Emma, écoutez-moi attentivement.

- Vous avez toute mon attention.

- Je n'en doute pas. Nous allons rendre visite à quelqu'un qui me doit quelque chose. Quoi que je dise, jouez le jeu.

- Ok, assura-t-elle sans l'ombre d'une hésitation.

Les ongles manucurés firent un nouveau passage sur sa cuisse avant qu'elle ne se retire pour se garer dans la ruelle où elles étaient arrivées. Une partie de Boston qu'Emma connaissait bien et elle espéra un instant que personne ne l'y reconnaîtrait.

La jeune femme suivit docilement la brune pendant quelques mètres avant qu'elle n'entre dans ce qui avait l'air d'une librairie au premier abord. Elles ne s'arrêtèrent pas dans la boutique, continuant jusqu'à une porte dérobée qui donnait sur une salle où elle trouvèrent une femme assise derrière un bureau.

- Qu'est-ce qu'il te faut encore Regina ?

- Toujours la même chose.

- Je t'ai déjà dit que je ne l'avais pas. Qui est-ce ?

- Quelqu'un de très utile.

La chasseuse de prime se sentit détaillée des pieds à la tête par des yeux verts comme elle n'en avait jamais vus.

- Voilà un bien étrange spécimen.

- Un étrange spécimen qui a su trouver Zohra pour moi.

Quelque chose de sombre passa sur le visage de l'inconnue et elle sut que Sidney avait excellé dans sa mission.

- Comment ?

- Je suis pleine de ressources, assura-t-elle pour la deuxième fois de la journée.

Elle vit l'éclat de la lame avant de comprendre ce qu'il se passait, réagissant par réflexe lorsqu'elle s'interposa entre Regina et l'autre grimaçant à l'effort que durent faire ses muscles encore endoloris par la veille pour détourner le coup qui allait être porté.

- Je t'ai dit qu'elle était très utile.

- Et pleine de ressources, rajouta Emma en plaquant d'avantage le visage de la femme contre le bureau.

Une vague de désir vint s'ajouter à l'adrénaline qui faisait battre son cœur à vive allure quand la brune vint se coller à elle pour observer leur adversaire.

- Le livre Melissandre. Immédiatement ou mon amie ici présente se fera une joie de tordre le coup de Zohra.

- Comment l'avez vous retrouvée ?!

- Le livre, préféra rappeler Emma avant qu'un autre mensonge soit prononcé.

Elle avait toujours évité d'en dire lorsqu'elle était sous couverture. Elle savait d'expérience que la moindre discordance pouvait faire tomber tout un plan.

- Dans mon coffre derrière le tableau.

Elle ne la quitta pas des yeux tandis que le Maire de Storybrook se rendait à l'endroit indiqué.

- Le code ?

Elle compléta la demande faite à voix basse par la femme par une ferme pression de son poing sans pouvoir retenir un sourire quand la suite de chiffres fut donnée à contre cœur. La brune ne chercha pas bien longtemps, s'emparant immédiatement d'un livre qu'elle cala sous son bras.

- Merci, lâcha-t-elle sur un ton chantant.

Emma prit le remerciement pour une permission de lâcher celle qui semblait être la propriétaire des lieux, prenant le chemin de la sortie en même temps que sa compagne de crime.

- Qu'est-ce qu'il y a dans ce livre ? demanda-t-elle une fois qu'elles furent dans la voiture.

- Je ne pense pas que ça vous regarde Miss Swan.

- Oh allez, je viens de vous aider à le récupérer.

- Non.

Le ton semblait sans appel et elle comprit qu'elle n'obtiendrai pas de réponse. Après tout les choses se passaient relativement bien jusque là, elle avait même l'agréable impression qu'en dehors de sa ville le Maire avait moins d'animosité envers elle.

- Qu'est-ce qu'il va se passer maintenant ? demanda-t-elle tout de même au bout d'un moment à rouler.

- à vous de me le dire Miss Swan..

- Nous rentrons à l'hôtel ? Hasarda-t-elle.

Le profil de Regina se fendit d'un sourire en coin, creusant un peu plus la cicatrice qui l'y fascinait.

- On est bien loin de vos menaces de mort, hein ?

Elle aurait voulu se frapper, inverser la courbe du temps et s'empêcher de dire ce qui venait d'effacer le sourire de la brune, le transformant en un rictus de quelque chose qui ressemblait trop à de la colère.

L'intéressée ne répondit pas, laissant filer le trajet dans un silence de plomb, la chasseuse de prime se maudissant en regardant défiler les voitures derrière la vitre fumée.

Le coupé s'arrêta soudain et elle réalisa avec stupeur qu'elles étaient déjà arrivées à l'hôtel, quelqu'un s'approchant de la Mercedes que le Maire était en train de fuir.

La scène lui rappela vaguement celle dont elle avait été témoin quelques heures plus tôt depuis le salon de l'hôtel lorsque Regina avait ignoré la femme qui la suivait.

La blonde réussit tout de même à la rattraper à quelques mètres de l'ascenseur, la retournant vers elle d'un coup tiré sur son bras.

- Lâchez moi.

Elles avaient toute l'attention des grooms et de la sécurité.

- Ne faisons pas une scène.

- Ils m'importent peu.

- Ok.

Sa réponse suffit à déstabiliser la brune, lui laissant le temps d'ouvrir les portes de l'ascenseur avant de l'y pousser, les deux mains emprisonnées dans son dos.

- Miss Swan...

Cette fois il y avait clairement une menace dans la voix basse qui raisonna dans l'espace confiné. Elle la lâcha immédiatement, de toute manière elle avait déjà prouvé son point devant le personnel. Elle n'attendit même pas que les portes se soient entièrement refermées avant de fondre sur elle.

Les protestations concernant une éventuelle caméra moururent quand elle la plaqua un peu plus contre la paroi de la cabine, ravie de la voir répondre immédiatement à son baiser, les longues jambes entourant presque aussitôt sa taille. Et c'était encore mieux que la veille.

Elle avait glissé sa main sous la robe grise pour leur assurer un meilleur équilibre quand le bip de l'ascenseur les fit sursauter et s'éloigner précipitamment. Quelque chose éclata en elle quand elle croisa la lueur amusée qui brillait au fond des yeux d'ébènes, quelque chose qui ressemblait étrangement à un mélange de joie et d'affection et elle préféra ne pas s'y attarder pour s'emparer de la main de la brune et la guider dans le couloir vide vers la porte de sa chambre.

Ce fut elle qui l'ouvrit, Regina apparemment trop occupée à défaire à l'aveugle la ceinture du tailleur qu'elle portait. Le battant en bois massif fut refermé d'un coup de talon et elle ne fut pas étonnée de se voir à son tour plaquée contre la première surface disponible. Il n'avait pas fallut longtemps à la sorcière pour continuer à accepter de se laisser faire.

La jeune femme sentit son pantalon être baissé sans ménagement, une main creusant le décolleté de son chemisier d'un geste vif avant de remonter dans ses cheveux pour la forcer à offrir son cou. Elle eut à peine le temps de lâcher les lèvres pulpeuses avant de les sentir brièvement dans le creux de son épaule, aussitôt remplacée par des dents qui manquèrent la faire glisser le long du mur.

- Regina ...

Elle réalisa que son ton ressemblait une fois de plus à une supplique plus qu'à autre chose mais ne prit pas le temps de s'en vouloir, inversant les rôles, un sourire aux lèvres quand elle entendit les veines protestations de Regina qu'elle souleva à bout de bras pour la bloquer entre ses hanches et le mur.

- Si je me rappelle bien, hier soir ça ressemblait plus à ça ...

- Vous avez votre arme ?

Il y avait de la moquerie dans la voix rendue grave par le même désir qui avait assombri les yeux qui la fixaient avec une attention dévorante.

- Pas besoin, choisit-elle de répondre.

Elle assura à nouveau sa prise avant de tirer sur le morceau de tissu qu'elle sentait sous ses doigts, souriant au bruit de déchirure qu'elle entendit.

- Miss Swan ! Ces sous vêtements valent certainement plus que votre paie.

- Je vous crois.

Elle n'attendit pas qu'elle lui réponde, ignorant la brûlure qui était en train de se réveiller dans ses bras en souvenir de leur dispute de la veille et fit l'effort de la soulever complètement dans ses bras, détachant brièvement ses lèvres des siennes pour vérifier où elle allait.

- Le salon.

- Non, je vous veux dans un lit.

Elle ne prêta pas attention à son grondement de frustration, les guidant toutes les deux vers la pièce qu'elle avait vaguement aperçue quelques heures plus tôt. Elle s'arrêta juste devant le lit pour croiser le regard assombri de Regina qui haussa un sourcil avant que son expression ne se transforme une fois de plus en surprise quand elle la lâcha. Elle profita de la chute pour garder le tissu de la robe grise entre ses mains, ravie de voir la brune suivre le mouvement et s'en débarrasser complètement avant de la jeter sur un fauteuil matelassé.

Son regard parcourut rapidement le corps hâlé de la sorcière, n'y détectant aucun tatouage ni cicatrice avant de fondre sur elle. Elle avait besoin de la sentir contre elle même si la pièce semblait soudain avoir pris une vingtaine de degrés, le besoin d'assouvir l'envie qu'elle avait eu depuis la première fois qu'elle l'avait vue. Et plus que d'apaiser le désir qui brûlait son corps, elle tremblait presque d'anticipation à l'idée de pouvoir enfin la toucher.

- Regina ?

Leurs regards s'entrechoquèrent l'espace d'une fraction de seconde, suffisante à ce qu'Emma perde tout contrôle et la jette sur la couverture blanc cassé de l'immense lit. Elle n'eut même pas à la rejoindre, la brune s'arquant déjà pour pouvoir passer deux bras autour de son cou et emprisonner une nouvelle fois ses lèvres. D'une main elle fit sauter la fermeture du soutien gorge pour dévoiler ses seins.

D'un geste brusque qui coupa le souffle à son amante elle la renversa totalement sur le lit, abandonnant à regret ses lèvres dont le laquage avait disparu pour s'attaquer à son cou et tracer un chemin vers le bas de son corps à coups de langue.

- Regina ? répéta-t-elle.

- Oui !

La réponse contenait juste assez d'exaspération et de désir pour lui faire comprendre qu'elle lui accordait toutes les permissions nécessaires. Elle n'attendit pas de recroiser son regard pour s'en assurer, convaincue par le cri qu'elle poussa lorsque sa langue rentra en contact avec son sexe détrempé qu'elle était certaine de ce qu'elle venait de lui autoriser.

Elle n'entra pas directement en elle, prenant le temps de se délecter de ce dont elle avait rêvé depuis des jours et elles gémirent toutes les deux quand elle se permit d'y mêler ses dents, la faisant s'arquer à l'en déstabiliser.

- Miss Swan ...

Cette fois son nom avait été grondé en un avertissement et elle obtempéra aussitôt sans qu'elle ait eu besoin d'être plus claire. Si elle avait été un homme elle n'aurait certainement pas tenu plus longtemps pensa-t-elle quand elle entendit son nom crié au moment où elle la pénétra de deux doigts. La jeune femme se perdit quelques secondes dans le spectacle qui s'offrait à elle. Cheveux en pagaille, yeux ténébreux, le souffle coupé, Regina Mills était une vision. Une Reine, oui.

Elle commença de lents vas et viens, ignorant la brûlure des bleus qu'elle portait sur les bras à chaque coups qu'elle s'appliquait à donner avec force, ravie des sons qu'il était évident que son amante tentait de retenir. Elle sentit des ongles manucurés passer dans ses cheveux et la maintenir brièvement où elle était avant que la main ne descende un peu plus pour entourer son poignet.

Le simple geste brisa ses dernières résolutions, son rythme s'accélérant avant que ses doigts ne se recourbent, faisant bondir le corps de la brune qu'elle maintint d'un bras passé autour de ses hanches jusqu'à ce qu'elle retombe sur le matelas avec un cri étranglé.

Elle retint un sourire quand elle l'entendit pousser un soupir lorsqu'elle se retira lentement d'elle, remontant un chemin à coup de baisers jusqu'à ses seins avant de la prendre dans ses bras. Elle aurait aimé pouvoir se déshabiller, mais elle savait pertinemment que Regina voudrait se réserver ce doit et pour l'instant elle n'avait pas envie de le lui accorder.

- Regina ?

La jeune femme attendit que le regard vague finisse par se focaliser sur le sien, de la curiosité laissant place à la confusion. Elle ne la laissa pas poser sa question, étouffant le premier souffle en un baiser qui lui fut immédiatement rendu, leurs langues se rencontrant avant que les dents ne mordent.

Deux bras vinrent l'emprisonner contre elle et elle choisit le moment pour renfoncer trois doigts en elle, presque désarçonnée de sa position quand le corps se cambra en un cri qui ressemblait à son prénom. Un sourire se dessina sur ses lèvres, vite effacé par celles de Regina lorsqu'elle se ruèrent sur les siennes pour étouffer ses gémissements. Cette fois elle ne prit pas la peine de prendre son temps et de l'amener au bord de l'orgasme avant de l'y précipiter. Cette fois elle voulait la voir se briser, voir disparaître le masque d'assurance parfaite qu'elle portait trop souvent.

A l'autre bout de la suite elle entendit à peine le bruit de la sonnerie de la porte d'entrée qui la fit tout de même hésiter, héritant d'un regard meurtrier de la part de la brune.

- N'y pensez pas.

La voix enrouée presque rauque la fit instantanément oublier l'interruption, enfouissant son visage dans le creux de l'épaule du Maire dont elle se détacha avant de succomber à l'envie qu'elle avait de la marquer. Sa main libre remonta jusqu'à la nuque de son amante, emprisonnant quelques mèches de soie pour la forcer à tourner le visage vers elle. Elle observa les iris sombres et l'éclat presque de surprise qu'ils prirent quand elle accéléra encore son rythme, étouffant immédiatement ses cris d'un baiser.

Cette fois, les jambes musclées vinrent s'enrouler autour des siennes et elle sourit dans leur baiser en la sentant aller à la rencontre de chaque coup de hanches qu'elle donnait.

Ce fut elle qui cria néanmoins quand la brune mordit ses lèvres jusqu'au sang avant de retomber sur le matelas.

- Hey ! Vous m'avez faite saigner ...

Elle n'obtint qu'un soupir d'exaspération pour toute réponse avant d'être violemment agrippée et jetée sur le lit, immédiatement surplombée par la sorcière.

- Vous parlez bien trop ...

Par affront, elle ne daigna pas répondre, continuant à fixer la femme au dessus d'elle. Elles froncèrent toutes deux les sourcils quand la sonnerie de la porte d'entrée sonna pour la deuxième fois.

- Qu'est-ce que vous faites ? s'indigna-t-elle presque quand elle se leva.

- C'est pas évident ?

- Non non non, vous n'allez pas ouvrir la porte comme ça ?!

- Dit-elle ...

Elle dut se lever précipitamment pour la pousser dans un angle avant d'ouvrir elle même la porte.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle à l'homme en costard.

- Madame M...

- N'est pas disponible, coupa-t-elle. Qu'est-ce que vous lui voulez ?

- Une confirmation pour le repas du soir au salon numéro deux ?

- Non. Montez un repas, pour deux.

- Bien Madame.

- Huit heures, pas avant.

- C'est noté Madame. Bonne fin d'après midi, n'hés...

- Je sais.

Elle ferma la porte sur lui pour se retourner vers le Maire qui la regardait avec un intérêt amusé.

- Un repas pour deux Miss Swan ? Vous êtes présomptueuse vous ne trouvez pas ?

- C'est vous qui m'avez offert à manger toute à l'heure.

- Et vous n'aurez faim qu'à huit heures ?

- Je voulais vous laisser du temps ...

- Pour ?

La jeune femme détailla le sourcil qui s'était arqué en un semblant de surprise presque parfait avant de descendre le long du corps qui était appuyé contre le mur de l'entrée. Elle qui avait osé changer de haut devant elle, devait reconnaître que la brune avait encore moins de honte qu'elle. Et n'avait aucune raison d'en éprouver d'ailleurs.

L'intéressée tendit un bras pour combler la distance qui les séparait et posa un doigt sur le chemisier qu'elle portait toujours, bloquant sa respiration quelque part dans sa cage thoracique.

- Pour que vous me rendiez la pareille ? proposa-t-elle en se rappelant de la question.

La réponse provoqua un rire qui lui manqua la contaminer, faisant naître un étrange mélange de joie et d'excitation dans le creux de son ventre et la confortant une fois de plus dans l'idée que Regina Mills incarnait ses pires peurs.

Elle n'eut pas l'occasion d'y réfléchir plus longtemps, toute pensée cohérente quittant son esprit à l'instant même où la main commença à défaire les boutons de son chemisier avec une précision redoutable. Comme un aimant elle la suivit lorsqu'elle recula jusque dans la salle principale où elle s'arrêta le temps de la débarrasser de son haut avant de faire tomber son pantalon d'un geste de la main.

La brune recula encore de quelques pas pour la laisser enjamber le vêtement à terre. Contrairement à elle, Emma portait encore ses talons et malgré leur différence de taille encore plus remarquable que d'habitude, c'était toujours la mère d'Henry qui semblait au contrôle.

Elle ne fut pas renversée sur le lit comme elle l'avait elle même fait, mais plutôt attirée entre les jambes de la femme qui s'était assise sur le rebord du matelas. Les yeux d'ébènes s'accrochèrent aux siens en un ordre silencieux et docilement elle se retint de siller quand une main se faufila sous son soutien gorge pour s'emparer d'un sein et en faire rouler la pointe entre deux doigts.

Son corps se cambra imperceptiblement mais assez pour que l'autre main de la brune n'aille se caler dans le creux de ses hanches avant de faire le tour de sa taille pour effleurer son ventre musclé. Elle se demanda combien de temps elle allait pouvoir tenir, elle qui avait rêvé de ça depuis des semaines, il y avait de très fortes probabilités pour qu'elle ne tienne pas plus de quelques minutes.

- Pas tant que je ne vous n'y autorise pas, ordonna l'autre qui avait semble-t-il réussi à lire dans ses pensées après maintes tentatives ratées.

Elle hocha une nouvelle fois la tête avant de la rabattre en un gémissement quand deux doigts la pénétrèrent sans ménagement avant de se figer.

- Regardez-moi.

Elle reporta son attention sur les iris presque aussi sombres que leurs pupilles et dut prendre appuis sur l'une de ses épaules pour ne pas que la gravité ait raison d'elle quand les mouvements reprirent. Quelque chose était en train de se briser en elle, les muscles de son ventre se tendant et elle n'était pas sûre de pouvoir obéir à la volonté de la brune.

Comme si elle sentait exactement ce qui allait se passer, l'intéressée se retira soudain d'elle et elle lut dans son regard levé vers elle un mélange de compassion et d'amusement qu'elle eut du mal à comprendre. Sa pensée n'eut pas le temps de se développer avant qu'elle ne se trouve jeté sur le lit comme elle l'avait fait peu de temps auparavant à son amante.

Apparemment elle n'avait pas les mêmes scrupules qu'elle lorsqu'il s'agissait de la marquer ou non pensa-t-elle à en juger par la vive douleur qu'elle ressentit au dessus de sa clavicule.

La jeune femme se mordit la lèvre, avalant un nouveau gémissement et un flux de sang qui coulait probablement de la blessure qu'elle lui avait faite un peu plus tôt. Ses bras tremblant allèrent encercler le corps svelte qui la surplombait et elle frissonna en sentant leurs sexes entrer en contact.

- Regina, j'ai b...

- C'est moi qui décide de ce dont vous avez besoin.

Pourtant l'instant d'après l'intéressée se dégagea de quelques centimètres suffisant pour glisser à nouveau une main entre ses jambes. Cette fois elle ne fut pas lente, ses vas et viens frappant contre elle sans merci au point qu'elle savait très bien qu'elle en aurait mal le lendemain. D'ailleurs elle en avait déjà mal à l'instant, la douleur mêlée à un plaisir qui la retournait de l'intérieur jusqu'à lui en donner le vertige.

Sa vision se troubla et elle fut surprise de sentir des larmes couler sur ses joues, immédiatement séchées par la langue de Regina dont la voix rauque brisa quelque chose au plus profond d'elle lorsqu'elle parla dans le creux de son oreille avant de la mordiller.

- Maintenant, Em-ma.

Elle eut à peine le temps de tourner la tête pour se réfugier à l'abris d'un oreiller, refusant de la laisser entendre la violence de l'orgasme qui la submergea. Ce fut son corps qui la trahit, ses ongles courts labourant brièvement les hanches de son amante avant de s'agripper à la couverture, ses jambes emprisonnant la femme déjà plaquée contre elle.

Elle entendit vaguement sa colonne vertébrale craquer, signe qu'elle devait certainement s'être arquée en un angle dangereux, mais la douleur ne vint pas, éclipsée par le plaisir qui la secoua jusqu'à ce qu'elle ne tombe à la renverse sur le lit de l'hôtel.

Elle n'entendait plus rien, comme ces soldats dont l'ouïe vient d'accuser le coup d'une grenade lancée à moins de quelques mètres d'eux, mais peu à peu le bruit ambiant de la chambre, celui du frigo qui ronronnait dans un coin recommença à faire vibrer ses tympans.

- Est-ce que vous comptiez me tuer ?

- Pas nécessairement.

Pas nécessairement ?! C'était pas le genre de réponse à laquelle elle s'était attendue.

- Vous êtes ...

- Oui ? sembla-t-elle s'impatienter au bout d'un moment qu'elle avait passé à chercher ses mots.

- ... Incroyable.

- Merci.

- Non, c'est pas ...

- Non ? Ce n'était pas "incroyable" ?

- Non ... Si. Enfin, c'est pas ce que je voulais dire.

Elle eut le droit à un léger sourire avant que la brune ne se lève pour aller chercher une bouteille d'eau dans le frigo du coin cuisine. Elle observa fascinée le mouvement de sa gorge lorsqu'elle avala de grandes gorgées avant de croiser son regard amusé juste avant qu'elle ne lui lance la bouteille.

- Buvez.

- Pourquoi ?

- Parce que vous avez commandé le diner pour huit heures Miss Swan et que je ne voudrais pas que vous mourriez déshydratée.

- De quoi est-ce que vous voudriez que je meure ? demanda-t-elle en ouvrant la bouteille à son tour.

- De plaisir dans un premier temps, ensuite nous verrons.

Une nouvelle vague de désir enflamma son ventre et elle manqua avaler de travers lorsque des mains fraiches retracèrent sa colonne vertébrale.

- Tâchez de ne pas vous étouffer non plus.

.

..

.

Une sonnerie de téléphone qui ne lui appartenait pas la réveilla presque en douceur avant qu'elle ne se fige en se rendant compte d'où elle était. À moitié enroulée dans des draps qui faisaient bien piètre figure de chauffage à l'inverse du corps brûlant qu'elle avait collé et enroulé autour du sien. Dans ses bras la femme s'étira légèrement avant de s'emparer du mobile qui continuait à sonner.

- Oui ?

Elles étaient encore tellement proches qu'elle fut capable d'entendre l'intégralité de la conversation.

- Maman ?! ça va ?

- Bien sûr que ça va mon ange et toi ?

- Oui oui, j'ai passé la soirée avec Graham, j'ai essayé de t'appeler mais tu n'as pas répondu.

- Je suis désolée Henry, j'avais laissé mon téléphone à l'hotel et ...

- Tu mens.

- J'étais avec quelqu'un, sembla-t-elle se décider.

- Avec Emma ?

L'intéressée sentit le frisson qui parcourut le dos de la brune et n'osa pas bouger lorsqu'elle la sentit parcourir d'une main la cuisse qu'elle avait enroulée autour des siennes.

- Oui, finit-elle par répondre.

- D'accord. Quand est-ce que tu reviens ?

- Au plus vite.

- Est-ce que tu as trouvé ton sort ?

- Oui mon chéri.

- Emma t'a aidé ? Vous travaillez ensemble ? Est-ce qu'elle sait pour nous ?

La série de question fit sourire la chasseuse de prime. Le gamin savait parfaitement jouer la comédie.

- Oui et non. On verra ça Henry s'il te plaît, je dois y aller.

- D'accord. A ce soir alors !

- Certainement.

- Maman ?

- Oui ?

- Fais attention à toi.

- Fais attention à toi Henry. Je t'aime.

- Moi aussi 'Man.

Regina resta un long moment silencieuse après avoir raccroché, visiblement perdue dans ses pensées. Que pouvait-il bien se passer dans sa tête ? Elle ne se souvenait même plus de combien de fois elles avaient fait l'amour hier soir avant de sombrer dans un demi sommeil. Visiblement elles avaient fini par s'endormir et heureusement parce qu'elle aurait eu horreur de se faire jeter de la suite en plein milieu de la nuit et certainement incapable de marcher droit.

- Bonjour, osa-t-elle au bout d'un moment.

- Miss Swan, vous serait-il possible de me libérer ? J'ai besoin d'utiliser la salle de bain.

- D'utiliser la salle de bains ? se moqua-t-elle en obéissant tout de même.

Elle n'était peut être pas aussi agréable qu'elle aurait pu l'espérer après la nuit qu'elles avaient passé mais elle s'était même attendu à pire. La mère d'Henry ne lui jeta même pas un regard avant d'aller s'enfermer dans la pièce contiguë. Emma resta un long moment immobile à écouter l'eau y couler de la douche italienne qu'elle avait aperçue la veille, luttant pour ne pas la rejoindre. Elle ne savait même pas si sa présence serait la bien venue et de toute manière son corps n'était certainement pas en mesure de supporter ne serait-ce que la proximité de l'autre. Elle se décida à se lever une fois que le bruit d'eau se fut arrêté, partant à la recherche des différents vêtements qu'elles avaient éparpillés dans la pièce.

- Regina, euh ... Vous voulez déjeuner ?

La porte s'ouvrit sur le visage neutre de la brune à quelques centimètres du sien et elle manqua lui sauter dessus à nouveau. Si elle avait pensé que passer la nuit à coucher avec elle diminuerait sa libido, c'était râpé.

- Allez-y sans moi, je vous rejoindrai.

- D'accord ... Ok, je ... Je m'habille et j'y vais.

Elle n'eut le droit qu'à des yeux levés au ciel pour tout réponse avant que la porte ne se referme à nouveau. Elle trouva son téléphone dans la poche de son pantalon de tailleur et composa de tête un numéro en renfilant ses escarpins devant un miroir histoire de s'assurer qu'elle serait un minimum présentable lorsqu'elle sortirait de la pièce. Ses premiers pas lui arrachèrent une grimace d'inconfort. Pas parce qu'elle avait mal aux pieds mais parce que son équilibre sur des talons hauts étaient encore plus précaire avec la désagréable impression qui lui restait de la nuit dernière entre les jambes.

- Oui ?

- Ted ? Toujours d'attaque ? Tu es à l'appartement aujourd'hui ?

- Comme tous les autres jours.

- Parfait, attends toi à de la visite.

- Aucun service à me demander ?

- Si, mais il faut que je te vois.

- Ça m'aurait étonné ...

- Fais pas ton rabat-joie. Je t'appelle pour te tenir au courant.

Elle ne l'écouta pas accepter sa proposition, saluant un groom à l'accueil avant de se diriger vers la grande salle où des panneaux indiquaient qu'un petit déjeuner était servi jusqu'à onze heures. Elle ne poussa pas le vice jusqu'à charger un deuxième plateau pour la brune, après tout elle n'avait aucune certitude qu'elle la rejoindrait.

La chasseuse de prime manqua s'étouffer avec un morceau de toast quand elle la vit pourtant sortir de l'ascenseur dans un pantalon en cuir noir et chemisier vert assorti aux escarpins qu'elle portait. Son regard s'arrêta brièvement sur les boutons laissés ouverts et le décolleté mis en valeur par le collier de perles noires. Elle était magnifique et la vision seule suffit à ranimer le feu qui l'avait brûlée ces derniers temps. Et son désir devait être évident à en juger par le sourire satisfait qu'elle arborait en venant s'asseoir à sa table.

- Pour quel genre de lieutenant allez-vous passer ?

- Vous croyez sérieusement que quelqu'un peut penser à moi quand vous vous baladez comme ça dans la même pièce ?

- Comme ça comment ? interrogea-t-elle en s'emparant d'une fourchette pour piquer un mini toast aux myrtilles.

Elle allait vraiment mal si elle trouvait même ce simple geste érotique.

- Habillée sans l'être.

La formulation la fit sourire, mais elle ne répondit pas d'un long moment.

- Vous êtes prête Miss Swan ?

- Prête à quoi ?

- A partir. Est-ce qu'il vous faut une tenue de rechange ?

- Non, non, je vais passer dans mon appartement et je dois aller rendre visite à un am...

- C'est hors de question.

- Pardon ?

- Vous rentrez avec moi. Je vous avais interdit de sortir de ma ville, ne croyez pas une seconde que ce que nous avons fait hier vous autorise des libertés.

- M'autorise des libertés ? Vous êtes pas sérieuse Regina !

- Je suis tout à fait sérieuse. Vous rentrez avec moi.

Le ton était sans appel, celui des gens qui ont l'habitude d'être obéis au doigt et à l'œil et qui savent mettre assez d'autorité dans un simple mot pour faire plier l'échine de n'importe qui. Mais elle n'était pas le genre de personne à se soumettre à l'autorité, même quand celle ci marchait sur des Prada de douze centimètres de hauteur.

- Je crois qu'on s'est mal comprises Regina, je ne vais pas rentrer.

- Ne soyez pas ridicule, vous m'avez poursuivie jusqu'ici parce que vous croyiez que j'allais m'envoyer en l'air avec quelqu'un d'autre ...

- Et ce n'est pas ce que vous alliez faire ?

- J'avais des préoccupations plus urgentes, sembla-t-elle répondre à côté. Mais maintenant que le problème est réglé je ne compte pas vous laisser vous enfuir.

- Je m'enfuis pas Regina, je vais revenir dès que j'aurai fini ce que je dois faire.

- En tant que Maire de Storybrook et votre employeur, Miss Swan, j'ai le devoir de vous informer que vous êtes dans l'illégalité la plus totale ...

- Non, en fait j'ai le droit de m'absenter pour des raisons personnelles qui en valent la peine.

- Miss Swan, vos droits s'arrêtent là où commence ma parole.

- Mes ...

Elle était abasourdie. Comment osait-elle lui dire ça en face à face en tapant presque du poing sur la table. Comment espérait-elle que quelqu'un réagisse à de telles menaces ? Leurs regards s'affrontèrent quelques secondes en un duel qui fit à nouveau briller quelque chose qui ressemblait à de la rage au fond des perles d'ébènes avant qu'elle ne se décide à se lever.

- Où allez-vous ?

Elle ne répondit pas, jetant deux billets de vingt sur la table à laquelle elle s'était assise avant de se diriger vers l'accueil où elle exigea les clefs de sa voiture. Elle ignora les talons qui claquèrent derrière elle jusque dans le parking sous terrain.

- Miss Swan ne croyez pas que quelques caméras m'arrêteront ...

Elle allait répondre quand une main à la poigne d'acier la retourna pour la faire tituber vers un coupé Audi. Elle fut à nouveau envahie par la chaleur de la proximité du corps de la brune.

- Et ne croyez pas que les menaces de Gold ont un quelconque effet sur moi.

- Je ne lui ai pas demandé de vous menacer.

- Que lui avez-vous demandé ?

Il y avait quelque chose en plus dans le ton de sa voix. Une furie mal contrôlée et elle comprit que l'homme était allé la voir. Après tout, il lui avait bien assuré qu'il s'occuperait de la faire sortir de la ville. Il avait certainement du essayer de faire pression sur le Maire, d'où ses nerfs à vif.

- Rien du tout ! C'est lui qui m'a demandé quelque chose.

- Quoi donc ?

- Je n'aime pas les interrogatoires et je n'ai pas à répondre à vos questions.

- Bien au contraire, vous répondez devant moi comme n'importe qui.

- Allez vous faire voir Madame le Maire, je suis une femme libre, personne n'a le droit d'exiger quoi que ce soit de moi.

L'intéressée choisit visiblement de ne pas répondre, préférant la faire taire d'un baiser qui déchira les maigres résolutions qu'elle avait pu vouloir lui opposer. Deux mains la soulevèrent sur le capot de la voiture de sport avant de forcer ses jambes à entourer sa taille.

- Les caméras, rappela-t-elle quand elle réussit à s'extirper de la prise qu'elle avait sur son menton.

- N'ai-je pas dit qu'elles ne m'arrêteraient pas ?

- Moi si.

Le regard sombre la fixa quelques secondes avec intensité et l'air de vouloir déterminer si le combat valait la peine d'être mené avant qu'elle ne détourne la tête pour chercher les caméras, les sourcils légèrement froncés. Elle profita de la diversion pour admirer son profil, à nouveau submergée par ce qu'elle ressentait pour elle.

Elle allait parler quand elle l'entendit pousser un soupir de résignation semblait-il, le regard d'aigle se reposant sur elle avec son éclat dangereux. L'espace d'un instant elle put y discerner quelque chose d'autre, une lueur de couleur qu'elle masqua d'un battement de paupières.

- Montez dans ma chambre.

- Non, je dois y aller.

- Ne soyez pas ridicule.

- Regina je ne veux pas me disputer avec vous ...

- Vous disputer avec moi ?

Un sourcil s'était arqué et comme pour prouver son étonnement, la brune la ramena par le tissu de son chemisier à quelques centimètres d'elle, brisant instantanément sa respiration.

- Vous ne voulez que ça Miss Swan, ça vous excite probablement ...

- Non !

- Non ?

- N ... Enfin peut-être, mais ce n'est pas pour ça que j'insiste. Je dois vraiment y aller.

- Vous n'avez pas ma permission.

- Je n'ai pas besoin de votre permission.

La réponse lui valut un éclat de rire qui sembla cascader sur l'intégralité de ses vertèbres avant de se loger quelque part dans ses reins en une nouvelle brûlure. Quand elle parla la voix était basse, presque rauque.

- Vous avez tort Miss Swan, maintenant vous aurez besoin de moi pour vous lever le matin, pour décider quelle tenue mettre, quand et où sortir, avec qui et comment occuper vos nuits, votre vie tourne autour de moi.

Elle ne put s'empêcher de penser que la tirade avait quelque chose de terriblement prétentieux, mais comme pour tout ce qu'elle faisait, la brune semblait sûre de ce qu'elle avançait et au fond d'elle elle savait pertinemment que ce qu'elles avaient fait la veille n'avait rien changé. Sa vie a changé d'axe à l'instant même où elle avait posé les yeux sur elle pour la première fois à la banque.

- Mesdames ?

Elle ne chercha pas à trouver la source de l'appel, certainement un voiturier intrigué par ce qu'il voyait ou quelqu'un qui chercherait à les déloger du capot de la voiture.

- Est-ce que c'est compris Miss Swan ?

- Excusez-moi, Mesdames, cette voiture ...

- Un instant.

L'ordre raisonna dans le silence relatif du garage et elle n'eut pas besoin de le voir pour être persuadée que l'homme s'était arrêté pour lui obéir.

- Regina, ne nous donnons pas en sp...

Elle fut à nouveau coupée par des lèvres exigeantes qui étouffèrent son gémissement lorsqu'une main se faufila entre leur deux corps pour épouser la forme d'un sein avant de descendre entre ses jambes. Elle sentit distinctement deux doigt doigts appuyer sur le tissu de son bas de tailleur et eu l'envie folle qu'elle puisse déchirer la pantalon et la sentir en elle. Regina se rapprocha d'elle, collant leurs corps et ses lèvres la libérèrent, pour aller effleurer son oreille.

- A compter de maintenant vous êtes ma propriété Miss Swan.

Elle préféra mettre sur le compte de sa magie le cri étranglé qu'elle poussa en se cambrant, refusant d'accepter le fait que ses simples mots aient pu provoquer un orgasme. Comme la première fois, si la sensation était presque transcendante, elle la laissa terriblement frustrée, une honte nouvelle la forçant à enfouir son visage dans le cou de la sorcière lorsqu'elle se rappela de la présence de l'étranger.

- Je m'en occupe, sembla-t-elle répondre à sa pensée.

Elle dut retenir un nouveau gémissement quand elle s'éloigna d'elle, ses jambes tremblantes retombant contre la carrosserie claire de l'Audi. La chasseuse de prime observa la brune avancer vers le voiturier, le claquement de ses talons raisonnant dans l'immense parking. Même sa façon de marcher transpirait l'autorité et quelque chose qui ressemblait étrangement à de la peur la fit frissonner.

Emma fronça les sourcils pour essayer de déterminer ce qui était en train de se dérouler à une dizaine de mètres d'elle et une douleur dans le creux de sa main lui rappela soudain la présence des clefs de sa Chrysler. Et la réalité vint soudain la gifler avec plus de force que Regina n'avait pu le faire deux jours auparavant à Storybrook.

Elle s'était embarquée dans une histoire qui l'avait prise aux tripes et si elle avait obtenu ce qui lui tenait le plus à cœur depuis des semaines, elle réalisait aujourd'hui que les conséquences n'étaient pas du tout les mêmes que celles qu'elle avait pu imaginer.

A commencer par le fait que le Maire semblait considérer qu'elle avait fait d'elle sa propriété. Une notion à laquelle elle avait toujours été allergique venant de la part de n'importe qui.

Avant même de se rendre compte de ce qu'elle faisait, son corps s'était déjà mis en mouvement, titubant jusqu'à la portière de la berline qu'elle démarra au quart de tour. Elle ne jeta même pas un coup d'oeil à son rétroviseur par peur d'y croiser le regard meurtrier de la brune.

- Merde, merde, merde et merde, pesta-t-elle en sortant du complexe pour s'engouffrer dans la circulation.

Il fallait qu'elle passe à son appartement se changer, prendre une douche froide et se débarrasser de l'odeur qui hantait encore son corps, qu'elle pense à autre chose qu'à cette femme en espérant qu'elle ne se lance pas elle même à sa poursuite.

Son téléphone vibra quelque part dans sa poche avant que la notification n'apparaisse sur l'écran de contrôle de sa voiture.

" Demain soir dernier délai ".

Si au fond d'elle elle savait qu'elle venait de gagner un combat et que cette menace n'était qu'une tentative de sa part pour garder le contrôle de la situation, elle ne put empêcher l'appréhension qui la gagna. Regina n'avait pas eu besoin de préciser de quoi elle parlait, le message était parfaitement clair et malgré elle, la jeune femme appuya sur la pédale d'accélération. Il n'y avait pas de mal à se presser, au pire des cas elle disposerait d'un peu plus de temps pour réfléchir à l'ouragan sur talons aiguilles dans lequel sa vie semblait avoir été aspirée ces dernières semaines.