Hello my dears !
Merci à tous ceux que j'ai laissé sans voix, PllandOncer ton commentaire sans mot m'a fait rire mais je sais pas si c'était positif ou non au final ? ^^ Loulouche, Slopopina, Artemis972 , alays 59, Grat, Morgane, je suis contente d'avoir été à la hauteur de vos attentes, Griffon10 , OoO-RED-OoO, Raphi5930, , EvilSwanMills & mes guests ... Un immense merci :D
Tous les chapitres ne se ressembleront pas et yaura pas du M de partout mais maintenant que c'est fait, je dois vous avouer qu'elles auront un peu de mal à rester loin l'une de l'autre ... En attendant, voilà la suite qui est surtout là pour faire avancer la "vraie" histoire ;)
.
..
.
Chapitre 9
.
..
.
La douche ne réussit même pas à calmer ses nerfs à fleur de peau, retrouvant peu à peu les habitudes de son appartement dont la musique fit vibrer les murs pendant toute la durée de son passage.
Dehors, ce fut le bourdon d'une grande ville qui l'accompagna durant son trajet et elle se rendit compte avec choc qu'elle s'était habituée au calme relatif de Storybrook avec plaisir. Elle gara l'alfa roméo sur sa place habituelle, saluant un commerçant qu'elle allait systématiquement voir à minuit lorsqu'elle était coincée au bureau avec une petite faim et commença son déballage.
Personne ne lui proposa de l'aide pour déménager la dizaine de cartons de vins que contenaient le coffre jusque dans l'ascenseur de l'immeuble et elle ne put s'empêcher de sourire en pensant qu'à Storybrook, plusieurs personnes se seraient déjà arrêtées. Pas qu'elle en ait besoin, pensa-t-elle en attachant son pull autour de sa taille pour rester en débardeur malgré le ciel chargé de nuages de neiges.
- Ted ?
Son appel raisonna dans l'appartement uniquement peuplé de meubles fonctionnels et d'ordinateurs à ne plus savoir quoi en faire. Par réflexe elle tapa sur la vitre de l'aquarium tropical qu'ils avaient installés il y a deux ans, faisant s'agiter les poissons multicolores avant de se diriger vers la salle principale.
A sa place habituelle et écouteurs enfoncés dans les oreilles, son acolyte ne l'avait même pas entendue entrer. Elle en profita pour se faufiler derrière lui et l'attraper par les épaules, éclatant de rire quand il poussa un cri apeuré.
- Putain, t'aurais pu me faire avoir une crise cardiaque !
- Dis moi, heureusement que personne est après nous hein ? T'avais même pas capté que j'étais rentrée !
- Il y a des radars à reconnaissance faciale à l'entrée, tout le quartier aurait été dérangé par notre alarme si tu avais été un intrus.
La jeune femme leva les mains en signe de reddition, après tout c'était elle qui avait approuvé ce système de sécurité. Elle accepta une rapide embrassade avant de se re diriger vers la porte d'entrée.
- Tes cadeaux t'attendent dans l'ascenseur.
- Mes cadeaux ?
Elle ne répondit pas, s'arrêtant à la table sur laquelle était posée une pile de courrier qu'elle tria d'un air désabusé. Son associé passa devant elle et elle sourit en l'entendant s'exclamer quand il découvrit les cartons.
- Tout ça ?!
- Je l'avais promis n'est-ce pas ? répondit-elle en forçant la voix pour couvrir la distance qui les séparait.
Elle l'observa un moment en train de déballer l'ensemble des cartons pour poser une à une les bouteilles sur la plus grande table de leur appartement.
- Et qu'est-ce que je dois faire avec ça ?
- De la pub, répondit-elle honnêtement. Contacte nos amis qui ont des restaurants, des chambres d'hôtes, hôtels, ceux qui font de l'événementiel ... Je veux que ce domaine soit connu.
- C'est celui de ta meuf ?
Le terme manqua la faire grincer des dents et quelque chose au niveau de sa poitrine se resserra lorsqu'elle se laissa aller à penser quelques secondes à la femme en question.
- L'appelle pas comme ça. Et non, c'est pour une amie.
- Ok. Et qu'est-ce qu'on y gagne ?
- Rien, je t'ai dit que tu aurais une augmentation et si ça marche on mettra en place un système d'approvisionnement et je suis sûre que tu pourras te servir à l'œil.
Cette fois il ne trouva rien à redire, hochant simplement la tête en signe d'approbation. Ils passèrent la matinée ensemble en un semblant de normalité, revenant à un passé où elle n'avait pas connaissance de l'existence de Regina Mills ni d'une quelconque malédiction qu'elle serait censée briser.
Le midi ils firent l'effort de sortir manger dans un restaurant où elle recroisa des habitués et ils eurent le temps de parler affaire pendant plus d'une heure avant que son téléphone ne sonne. C'était un numéro inconnu mais elle reconnut l'indicatif qu'elle avait vu sur celui du commissariat où elle travaillait désormais.
- Emma Swan, décrocha-t-elle.
- Où est-ce que tu es ?
La voix d'Henry était chargée d'une déception qui lui retourna l'estomac, la forçant à se lever de table pour aller faire quelques pas devant l'établissement sous le regard inquiet de son associé.
- Je suis à Boston Henry.
- Tu n'es pas rentrée avec Maman.
- Je n'étais pas partie avec elle.
- Mais vous vous êtes vues non ? Ce matin elle m'a dit que ...
- Oui, coupa-t-elle. Mais j'ai des choses à faire ici.
- Tu vas revenir n'est-ce pas ? tu n'as pas le droit de nous abandonner ...
- Je te promets que je vais revenir.
- Quand ?
- D'ici la fin de la semaine.
- Maman a dit demain.
- Elle est à côté de toi ?
- Non, elle est directement allée dans le mausolée.
C'était la deuxième fois qu'elle en entendait parler et la blonde se refit la remarque qu'elle devrait certainement aller y jeter un coup d'œil plus tôt que tard.
- Elle a récupéré un livre à une femme ici. Melissandre.
- C'est une sorcière qui a été exilée de la forêt enchantée il y a longtemps. Elle avait un sort que maman voulait.
- Quel sort ?
- Quelque chose en lien avec Maléfique je crois, elle n'a rien dit de plus.
- Et Zohra, ça te dit quelque chose ?
- Non, répondit-il après quelques secondes de réflexion. Est-ce que tu avances de ton côté ?
- Je dois aller rencontrer quelqu'un pour Gold.
- Ok.
- Retourne à ce que tu devrais être en train de faire gamin, je dois finir de manger.
- D'accord Emma. N'hésite pas à m'appeler si tu as besoin de quoi que ce soit.
- De quoi est-ce que je pourrais avoir besoin de ta part Henry ?
- De ma mère. Si je le lui demande elle te sortira de n'importe quelle situation.
- Ça devrait aller mon grand. Bonne fin de journée.
Elle raccrocha, rejoignant son ami à table en se rendant compte qu'à l'instant même où elle avait cessé d'entendre sa voix, quelque chose s'était noué en elle. Ce n'était pas forcément qu'il lui manquait déjà, pas lui en particulier en tout cas. Non, c'était un ensemble de choses. Storybrook lui manquait. Graham lui manquait. Ruby aussi. Et Regina. Elle ne savait pas comment mais les dernières semaines qu'elle avait passées dans la petite ville avait suffit pour qu'elle s'en sente déracinée au bout de quelques heures seulement passées à Boston.
.
..
.
Elle oublia momentanément le vide qui s'était creusé dans son estomac quand elle reprit le volant de sa berline, préférée à l'alfa roméo dont elle ne voulait pas abuser pour conduire jusqu'à New York. Elle avait toujours aimé conduire y compris sur les grandes autoroutes qui s'étalaient à perte de vue et lui donnaient envie de faire chauffer les quatre cent chevaux de sa voiture, mais dès qu'elle regagna la circulation intense de la grande ville, quelque chose d'oppressant refit apparition dans sa cage thoracique.
Elle s'arrêta pour un café, attentive à ne pas faire tomber la moindre goutte du liquide brûlant sur les fauteuils en cuir et continua à suivre son gps lorsqu'elle atteignit une zone qu'elle ne connaissait pas. Les ruelles se succédèrent jusqu'à ce que la voix robotisée lui annonce qu'elle était arrivée à destination.
La jeune femme se pencha sur son volant à trois branches pour apercevoir l'immeuble au pied duquel elle venait de se garer. Un vieux bâtiment dont les appartements devaient avoir de hauts plafonds. Son regard tomba à nouveau sur le morceau de papier qui contenait les indications de Gold.
- A nous deux Monsieur Fire, s'entendit-elle dire à voix haute en sortant de la Chrysler.
Sur le tableau des sonneries elle sourit en voyant le nom écrit sur une étiquette qui avait souffert des intempéries, mais son doigt s'arrêta quelques millimètres au dessus du bouton.
Qui était-il ? Et si Gold l'avait envoyé dans les griffes d'un autre sorcier ? Quelqu'un dont la magie pourrait la désintégrer en claquement de doigt. Avant qu'elle ait eu fini son raisonnement, une bourrasque de vent la fit frissonner, son doigt allant s'écraser sur la sonnette. Elle attendit quelques secondes avant de réitérer son geste.
A plusieurs reprises.
Et jusqu'à ce qu'une voix ne grésille dans l'interphone.
- Il est pas là.
- Excusez-moi, je suis de la police, je peux vous montrer mon badge si vous voulez, j'ai besoin de parler à Monsieur Fire.
La femme ne répondit pas d'un long moment et elle était sur le point de partir lorsque la porte d'entrée de l'immeuble s'ouvrit sur une ménagère d'une quarantaine d'année en jean et tee shirt d'un groupe de rock. Elle ne fut pas invitée à rentrer dans le hall et préféra tendre le badge qu'elle avait emporté avec elle.
- Bonjour, je m'appelle Emma Swan, police de New York, j'ai des questions à poser à Monsieur Fire.
- Il n'est pas là, répéta-t-elle sans la faire entrer.
- Est-ce que vous savez où est-ce que je peux le trouver ou s'il va rentrer ?
- Non.
- Ok ...
Elle n'aurait pas aimé l'avoir en tant que voisine.
- Est-ce que vous pouvez me laisser rentrer dans l'immeuble pour que je demande aux autres s'ils ont des informations ?
- Ya personne d'autre pour le moment.
- Bon ... Je vais attendre alors. Merci.
La porte lui fut refermée au nez sans un mot de plus et elle dut se retenir d'écraser ses doigts sur toutes les sonnettes rien que pour la voir s'énerver. Au lieu de ça elle regagna calmement sa voiture pour la garer dans une rue un peu plus éloignée et alla surveiller l'immeuble depuis le balcon d'une chambre d'un hôtel proche et qui lui donnait un angle de vue plus ou moins acceptable.
Mais alors qu'elle s'était habituée à la solitude depuis son plus jeune âge, son estomac se noua encore au bout de quelques heures passées à l'extérieur. Le soir elle sortit brièvement pour acheter quelque chose à manger et demander des nouvelles à Ted de ce qu'elle lui avait demandé de faire.
Comme d'habitude, son associé s'était surpassé, trouvant deux partenaires qui seraient intéressés, il travaillait même sur un site internet quand elle l'appela.
Armée d'un épais blouson en cuir, bonnet en laine et d'un immense gobelet de chocolat chaud elle se prépara à veiller encore un peu sur le balcon. Le chocolat réchauffa immédiatement son estomac sans pour autant faire passer le nœud dans lequel il s'était retrouvé depuis qu'elle avait quitté le Carlton le matin même.
Sans même s'en rendre compte elle déverrouilla le téléphone qu'elle faisait tourner dans sa main droite depuis quelques minutes et lança l'appel.
Les battements de son coeur manquèrent couvrir la tonalité. Elle était sur le point de raccrocher quand la voix la figea.
- Bonsoir.
Pas de " Allo " ni de " Que me voulez-vous Miss Swan " ou encore de réplique cinglante sur son absence, pourtant le simple mot la fit sourire et elle sut qu'elle était foutue.
- Je vous dérange ?
- Presque systématiquement, répondit la brune.
- Presque ça veut dire que j'ai quelques chances, non ?
- Que se passe-t-il Miss Swan ? sembla-t-elle préférer répondre à côté.
Elle ne pouvait décidément pas lui dire qu'elle avait simplement eu envie d'entendre sa voix à défaut de l'avoir à ses côtés. C'était hors de question.
- Je m'ennuie.
- Et vous avez donc décidé d'ennuyer quelqu'un d'autre ?
- C'est ça. Comment va Henry ?
Il y eut une pause à l'autre bout de la ligne, comme si la question la surprenait réellement et elle réalisa avec un sourire que c'était certainement le cas.
- Il est au lit avec un livre.
- Et vous ?
- Avec vous.
- Dans votre lit ?
- Et quoi ? Vous comptez me demander comment je suis habillée ?
- Vous n'êtes pas habillée, hasarda-t-elle.
- N'espérez pas de réponse.
- L'espoir fait vivre non ?
- Non.
Quelque chose sans son ton la fit serrer les dents dans un accès de colère contre elle même. Elle semblait avoir le don de trouver les mots qu'il ne fallait pas employer.
- Bonne soirée Miss...
- Non ! coupa-t-elle.
- Non ?
- Je suis désolée si j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas.
- Je n'accepte pas les excuses.
- Je sais. Je tenais à les présenter quand même.
Elle ne répondit rien et leur silence s'éternisa quelques secondes durant lesquelles elle ne put s'empêcher de constater que le nœud dans son estomac s'était volatilisé. Pourtant ce fut elle qui le brisa à regret.
- Je ne vous "ennuie" pas plus Regina. Passez une bonne fin de soirée.
- Oui.
Son téléphone signala la fin de l'appel d'une légère vibration qui tendit tous les muscles de son visage en une grimace de déception. Qui finissait ses appels d'un simple " Oui " ? L'avait-elle mise en colère ou y avait-il une chance qu'elle ait un tant soit peu apprécié leur maigre conversation ?
Elle n'en avait aucune idée et arrivait au bout de son immense gobelet de chocolat. Il était temps de dormir.
.
..
.
Elle se réveilla avec une crampe et sortit à regret du lit. L'hôtel n'avait pas de double vitrage et la chaleur de la couverture ne la suivit pas jusque dans la salle de bains ou elle voulait prendre une douche.
En serviette devant le miroir elle caressa du bout d'un doigt le bleu qui s'était formé au dessus de sa clavicule, le souvenir de la douleur qu'avait provoqué les dents de Regina diffusant une vague de chaleur bienvenue dans tout le reste de son corps.
Elle chassa immédiatement toute pensée pouvant la relier à la brune et s'habilla d'un rechange chaud qu'elle avait emporté dans un petit sac de voyage avant de descendre à la terrasse couverte de l'hôtel pour prendre un petit déjeuner que son estomac réclamait.
Il avait neigé dans la nuit et elle s'amusa un long moment à voir les gens glisser par endroits sur des plaques de verglas que les employés de la ville n'avaient pas encore salées. Malgré tous ses efforts elle se demanda brièvement s'il avait neigé à Storybrook aussi mais dut se lever précipitamment en voyant un jeune homme sortir de l'immeuble qu'elle observait depuis la veille.
- Hey !
Sans un regard derrière elle s'était élancée à la poursuite de l'inconnu, en espérant que ce soit l'individu qu'elle recherchait.
Il s'arrêta dès qu'il comprit qu'elle lui courrait après et Emma n'aima pas la façon qu'il eut de la détailler de la tête aux pieds avec un sourire en coin.
- Bonjour, Police de New York. Je cherche Monsieur Fire.
- Oui ?
- C'est vous ?
- Non. C'est un ami, il me prête son appartement. Qu'est-ce qu'il a fait ?
- Rien, une fille un peu perturbée qui prétend l'avoir vu la suivre, mais j'ai besoin de lui parler.
- Sûrement une de ses étudiantes ...
- Sûrement, feignit-elle d'être d'accord. Est-ce que vous savez où est-ce que je peux le trouver ?
- A l'Université certainement ou quelque part sur le campus.
- Okay. Merci beaucoup.
Il lui sourit encore d'une façon qui ne lui plut pas et elle se rendit compte qu'elle aurait du demander une photo à Gold. Si ça se trouve elle venait de laisser s'échapper l'homme qu'elle cherchait.
En attendant elle devait se diriger vers l'Université de New York où il était semble-t-il professeur. De quoi ? Défenses contre les forces de mal ? pensa-t-elle avec un sourire.
- Métaphysique, lut-elle à côté de son nom sur l'une des brochures de l'université qu'un élève lui distribua à l'entrée du grand parvis recouvert de neige.
Elle avait la tête d'une étudiante en devenir ? Sérieux ?!
Il n'y avait personne pour la renseigner à l'accueil et l'espace d'un instant elle se félicita d'avoir arrêté ses études avant d'avoir besoin de courir après les fantômes des membres de l'administration d'une quelconque académie. Par dépit, elle préféra se rabattre sur les étudiants qu'elle croisa et si les premières tentatives furent veines, elle finit par trouver deux jeunes filles qui eurent l'air ravies de parler.
- Il enseigne la Métaphysique.
- Oui, je sais lire.
- Vous allez suivre son cours ?
- Non, je suis de la police, vous savez où est-ce que je peux le trouver ?
- Oh, vous avez besoin de lui pour une enquête ?! s'exclamèrent-elles presque à l'unisson.
- Oui, répondit-elle en tentant de ne pas lever les yeux au ciel.
L'homme devait être sacrément canon ou charismatique pour avoir de telles groupies.
- Et donc ? Où est-ce que je peux le trouver ?
- Oh il est en voyage scolaire avec le groupe des beaux arts !
Donc c'était foutu pour le voir avant le soir même. Avant qu'elle ne doive rentrer à Storybrook pour ne pas affronter la furie de son Maire.
À moins qu'elle ne lui désobéisse.
- Quand est-ce qu'il rentre ?
- Aucune idée. Vous voulez qu'on vous guide jusqu'à son bureau ? Vous pourrez peut-être lui laisser un mot ?
- Ouais, répondit-elle sans conviction.
Par dépit elle glissa sa carte de Shérif de Storybrook dans la boîte aux lettres du professeur avec un mot et son numéro de téléphone avant de reprendre le chemin de sa voiture qu'elle conduisit jusqu'à Boston en début de soirée.
Ted l'attendait à l'appartement, lui offrant une clef usb avec l'air de lui donner un sac rempli de diamants.
- T'as piraté les codes nucléaires ?
- Non. C'est ce qu'il faut pour ton amie. Quand est-ce que je pourrais venir ?
- Euh ... Je te tiendrai au courant.
Elle le vit froncer les sourcils, mais ne préféra pas relever de peur de s'embarquer dans une conversation surréaliste. Finalement elle céda à la tentation d'un rapide repas avec lui, retrouvant avec plaisir un restaurant où ils étaient habitués.
A minuit le téléphone posé sur la table fit vibrer son verre de vin et elle sentit une vague de chaleur la submerger en constatant que Regina avait veillé en attendant son retour. Et même si le " Ne jouez pas avec le feu Miss Swan " la fit frisonner, l'alcool dans son sang la fit faire tout le contraire.
" Regardez-moi " tapa-t-elle avec rapidité sur son clavier numérique.
Elle dut blanchir quand la réponse arriva à en juger par la main inquiète qui se posa sur son avant bras.
- Emma ? ça va ?
- Ouais. Je suis un peu fatiguée avec toute cette route et le rosé a du me monter un peu à la tête.
- Tu veux que je te ramène à l'appartement ?
Son regard tomba sur le message qu'elle venait de lire, le " C'est ce que je fais " qui venait de nouer son estomac. C'était une sorcière et pas n'importe laquelle. La Méchante Reine du conte de Blanche Neige, capable d'espionner quiconque au travers d'un miroir. La jeune femme n'osa pas relever la tête en quête d'un miroir. Elle savait que le restaurant en était plein et il était inutile qu'elle vérifie si la femme était réellement dans la pièce. Si tel était le cas elle l'aurait senti à la minute même où elle aurait pas passé la porte.
- Oui, finit-elle par accepter.
Elle s'interdisait de la craindre. De toute manière tout le monde n'avait de cesse de lui répéter que le jour où ce serait le cas elle la perdrait. il fallait bien qu'elle se rebelle. Elle serra la main encore posée sur son bras et se leva pour payer l'addition.
.
..
.
Storybrook aussi était recouvert d'une fine couche de neige quand elle y arriva en début d'après midi, garant l'alfa directement devant le magasin de Gold.
- Miss Swan, vous voir seule me désole.
- Je suis désolée, je l'ai trouvé mais il était en déplacement.
- En déplacement ? s'étonna le sorcier.
- Oui, en voyage scolaire.
- Il est étudiant ?
- Non. Professeur. Professeur de métaphysique apparemment.
Une lueur amusée passa dans les yeux sombres et elle ne put s'empêcher de lui trouver quelque chose de plus humain que d'habitude.
- Je lui ai laissé un mot. Dans sa boite aux lettres. Avec un numéro et ma carte de Shérif. Est-ce que ... Est-ce que c'était la bonne chose à faire ? demanda-t-elle soudain moins sûre d'elle.
- Oui, répondit-il simplement. C'est quelqu'un d'intelligent. Ce sera suffisant. Je vous remercie.
- De rien. C'est euh ... mon rôle je suppose.
- Votre destin, oui.
- Et ce que vous m'aviez promis en échange de ce que j'ai fait ? Rappela-t-elle.
- Chaque chose en son temps Miss Swan... Quand il sera au village et que je l'aurais vu de mes propres yeux, vous l'aurez. Je tiens toujours mes promesses.
Quelques secondes s'écoulèrent pendant lesquelles rien ne se passa, l'homme la détaillant avec un intérêt amusé tandis qu'elle cherchait à fuir son regard.
- Ok. Je vais y aller, je dois passer au bureau.
Il ne répondit que d'un de ses sourires énigmatiques et sa voix ne retentit que lorsqu'elle eut atteint le pas de la porte.
- Miss Swan ?
- Oui ?
- Tâchez de rester chez vous ce soir.
- Pourquoi ?
Il allait visiblement répondre quand quelque chose ébranla le sol. Différent d'un tremblement de terre, l'écho de quelque chose d'extrêmement lourd qui semblait s'être effondré à des kilomètres de là. Un instant ses yeux s'accrochèrent à ceux du sorcier dans lesquels elle vit passer une lueur rouge qui la fit froncer les sourcils.
- Qu'est-ce que c'était ?
Son front se rida de stupeur quand il leva la tête pour renifler l'air comme un animal l'aurait fait.
- Regina qui s'amuse avec son nouveau livre de sorts, finit-il par établir.
- Comment est-ce que vous savez ça ?
- Les utilisateurs de magie sont très sensibles à celle des autres. Les grands sorciers ont une signature unique, comme un ... Parfum. Je peux vous assurer que je reconnaîtrais celle du Maire n'importe où.
Quelque chose comme de la jalousie serra sa gorge quelques secondes avant qu'elle ne se décide à parler.
- Et le livre ?
- Je savais qu'elle cherchait un sort que nous n'avions pas. Bonne journée Miss Swan, sembla-t-il la congédier.
- Attendez ! Pourquoi est-ce que je ne dois pas sortir ce soir ?
- Oh je ne pense pas que ce soit à moi de vous le dire. Mais ne le faites pas, c'est tout.
Cette fois elle acquiesça, prenant au sérieux son avertissement avant de sortir de la boutique où elle ne se sentait définitivement plus à l'aise depuis son dernier passage de nuit.
Le commissariat fut son prochain arrêt, récupérant Graham qui ne s'était apparemment par encore arrêté pour manger et profita de l'occasion pour satisfaire aux suppliques que son estomac lançait depuis le milieu de la matinée. Au restaurant elle fut servie par une inconnue.
- Où est Ruby ? demanda-t-elle à son compagnon.
Comme s'il n'avait pas remarqué son absence, il balaya la pièce du regard avant de se retourner vers elle.
- Aucune idée.
Ils mangèrent en silence, brièvement interrompus par Snow qui paraissait assez en forme pour leur faire la conversation durant quelques minutes, surtout à propos d'un couple d'oiseau qu'elle avait recueilli et qu'elle espérait pouvoir conserver tout l'hiver pour les aider à surmonter le froid de la saison.
- Comment va David ? osa-t-elle demander au bout d'un moment.
Elle eut le droit à un sourire et une vague d'espoir la submergea à l'idée qu'il se soit peut être passé quelque chose.
- Toujours pareil, répondit-elle pourtant.
Elle eut du mal à cacher sa déception derrière un mug de chocolat chaud dont elle manqua renverser la moitié en remarquant la silhouette qui s'approchait de la porte du restaurant. Elle n'eut pourtant pas le droit à un simple regard de la part de la brune qui s'arrêta au comptoir quelques secondes pour échanger deux mots avec la nouvelle serveuse avant qu'elle ne disparaisse dans les cuisines pour aller y chercher sa patronne.
Elles eurent une brève conversation avant que Granny ne tende personnellement à Regina un café et retourne dans la salle réservée à la préparation des plats. La jeune femme garda les yeux fixés sur le Maire jusqu'à ce qu'elle sente visiblement son insistance et finisse par se retourner, lui accordant un regard impassible par dessus son épaule.
Elle eut envie de lui parler, voire même de lui demande si tout allait bien, mais le désintérêt supérieur qui irradiait de tout son corps la mit en colère plus qu'autre chose. Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir, choquée de voir un réel sourire étirer les lèvres laquées quand elle remarqua finalement la présence de Graham à ses côtés et lui accorda un véritable salut.
La porte du restaurant se referma sur la silhouette enroulée dans un manteau Burberry apparemment trop long pour dévoiler la robe qu'elle portait en dessous et un agacement profond remplaça la colère qu'elle avait sentit.
- Où est-ce que tu vas ? demanda la voix de Graham derrière elle quand elle se leva.
- Prendre l'air.
Ce n'était pas un mensonge, elle n'allait pas courir derrière la mère d'Henry, elle avait réellement besoin de prendre l'air. Si Storybrook avait paru cruellement lui manquer quand elle avait été à Boston et New York, il semblait l'étouffer à présent. Elle serra les poings au fond de son blouson au col en fourrure, grimaçant quand un de ses ongles rencontra la surface dure de la clef usb que Ted lui avait confiée.
Avec un nouveau sourire elle sortit brièvement les mains de ses poches pour remonter la fermeture éclair avant de prendre à pieds le chemin de la boutique où elle voulait aller. Elle manqua percuter de plein fouet la personne à laquelle elle pensait au coin d'une rue.
- Oh pardon !
- Pas de mal, je voulais justement vous voir. La boutique est fermée ?
- Non ... Enfin, oui. Aurore m'a appelé pour que j'aille donner un coup de main dans le vignoble.
- Ya un problème ?
Pour toute réponse la jeune femme désigna les alentours d'un geste de la main et elle comprit en rencontrant les vastes étendues blanches qu'étaient devenus les trottoirs et jardins.
- Oh, la neige ! Il y a eu des dégâts ?
- Non, il en faut plus pour abîmer des pieds de vignes, cette année on a eu quelques problèmes et le buttage est un peu sorti de nos tête.
- Le quoi ?
Sa question dessina un sourire sur les lèvres de la jeune femme.
- Le buttage, répéta-t-elle avec lenteur comme à un enfant. On remonte la terre autour du pieds pour le protéger des basses températures. Il faut faire vite du coup Aurore m'a demandé de mettre la main à la patte !
- Vous avez besoin d'aide ?
Elle n'obtint qu'un signe de la tête en guise de réponse et choisit de la suivre vers la voiture rouge où elle se dirigeait.
- Mustang ? interrogea-t-elle.
- Modèle de mille-neuf cent soixante-quinze oui. Elle est pas très pratique l'hiver, le froid rentre dans l'habitacle à cause du toit mais je l'adore.
La jeune femme se glissa sur le siège passager en daim beige, faisant tinter du bout des doigts trois pointes de cristaux clairs attachés au rétroviseur et attendit que l'autre portière ait claqué pour continuer la conversation.
- J'étais à Boston ces deux derniers jours.
- Je sais. Toute la ville sait.
- Vraiment ? Ok ... Euh ... J'ai vu mon ami pour lequel j'avais pris toutes ces bouteilles, vous vous rappelez ?
- Très bien oui.
Un souvenir de leur dernière rencontre lui revint et ses yeux s'écarquillèrent d'inquiétude.
- Oh merde. Comment ça va ? Vous ne vous êtes pas trop fait mal la dernière fois ?
- Non, ne vous inquiétez pas pour moi, je suis plutôt résistante.
- Je suis désolée que vous ayez dû subir ça à cause de ma présence.
- Vous me parliez de votre ami ? préféra-t-elle visiblement changer de sujet.
- Oui. J'ai pu obtenir ce que je voulais, j'ai une surprise pour vous.
- Ah oui ?
Un instant elle détourna son regard vairon de la route pour les fixer sur elle et Emma ne put s'empêcher de sourire à la joie évidente qui venait de l'illuminer. Elle ne briserait peut-être pas la malédiction d'un seul coup, mais si en chemin elle pouvait rendre quelques personnes heureuses, le métier de Sauveuse en valait la , elle se lança dans une explication de tout ce qu'avait entreprit Ted pour lui permettre d'étendre le champ de ses ventes, le site internet qu'il avait créé et qu'elle lui promis de lui montrer dès qu'elles rentreraient en passant par la bibliothèque et les restaurants qui avaient bien voulu de ses vins. À en croire l'aura de joie qui ne la quitta plus du reste du trajet, la chasseuse de prime avait l'impression de l'avoir rendue millionnaire quand elle pensait juste pouvoir la faire sortir de l'ennui évident dans lequel elle croupissait derrière le comptoir de sa boutique.
- On est arrivées, annonça-t-elle finalement.
Elles étaient presque à la frontière de la ville, devant un immense mas qui s'étendait dans la profondeur sur de longs entrepôts. Autour d'elles, des rangées de vignes avaient été plantées à perte de vue et elle pouvait déjà voir une bonne dizaine de personnes s'affairant autour des pieds qu'il fallait visiblement recouvrir de terre.
La jeune femme se laissa guider jusqu'à une zone où personne n'était encore passé, outils en main et s'appliqua à reproduire les gestes que la brune connaissait visiblement par coeur. Elle obtint une simple approbation d'un signe de la tête quand elle eut finit son premier pied.
Elle ne compta pas le temps qui avait passé, sachant uniquement qu'à un moment donné elle avait perdu son blouson pour ne rester qu'en pull, l'exercice compensant les basses températures. Le bruit d'un moteur la fit se relever et elle fronça les sourcils en se demandant si la Mercedes repartait déjà vers l'extérieur de la ville, n'osant pas s'attarder sur le soulagement qu'elle ressentit en constatant qu'elle s'arrêtait auprès de l'entrée où Aurore était en train de donner des ordres à tout le monde.
Emma observa le Maire s'extraire de son coupé sport, sa silhouette toujours drapée dans son manteau s'immobilisant aux côtés de la propriétaire des lieux. Elles échangèrent quelques mots et de là où elle était la blonde put remarquer le soulagement évident d'Aurore qui sembla donner un ordre à un homme de petite taille qui avait écouté la conversation.
Elle allait retourner à son travail quand Regina se tourna vers elle, consciente du poids de son regard. Elle sembla la jauger quelques secondes avant de diriger son attention vers quelque chose à quelques mètres d'elle. Quelqu'un réalisa-t-elle. Hope. Elle sentit ses poings se fermer dans l'attente d'une quelconque réaction qui ne vint pas. La brune finit tout simplement par leur tourner le dos pour parler à son interlocutrice.
- Hope !
Le petit homme qu'elle avait vu de loin approchait et elle eut la certitude que c'était un des sept nains sans pour autant deviner lequel il serait.
- Oui Doc ?
- On arrête tout, Regina a dit qu'elle s'en occupait.
- Oh, super ! Emma, vous venez ? Ça nous laisse plus de temps pour que vous me montriez ce site.
- Vous pouvez me tutoyer hein, répondit-elle en la suivant vers l'espace où on leur avait donné leurs outils et les horribles bottes en plastique qui avaient au moins sauvé les siennes d'un désastre de boue.
- J'y réfléchirai, sembla-t-elle plaisanter.
- Je vous rends un énorme service, vous pourriez m'en rendre un.
- En te tutoyant ?
- Je te remercie, répondit-elle simplement.
Sa réponse provoqua un rire cristallin qui la fit sourire, aussitôt coupée dans son élan quand elle remarqua Regina à quelques mètres d'elles. Hope aussi semblait l'avoir vue à en croire la façon qu'elle eut de s'emparer de ses chaussures pour se changer ailleurs.
- Je t'attends dans la voiture ! prévint-elle tout de même avant de filer.
- Ok !
Elle fit semblant de ne pas remarquer le regard rivé sur elle tandis qu'elle renfilait ses bottes noires, mais fut contrainte de l'affronter quand elle se releva, incapable de s'occuper à autre chose une seconde de plus.
- Bonjour Regina. Est-ce que ... Vous avez besoin de quelque chose ?
- Que faites-vous ici ?
- J'aidais Aurore, avec la neige les pi...
- Non, coupa la brune. Qu'est-ce que vous faites avec elle ? Pourquoi vous a-t-elle emmenée ?
La chasseuse de prime sentit une vague de chaleur lui réchauffer le ventre à l'idée qu'elle puisse être jalouse.
- Je l'ai croisée dans la rue, elle partait aider, je me suis proposée, choisit-elle de répondre.
- Je vois ...
Elle eut un sourire en décidant que ce qu'elle voyait peint sur le visage parfait de la mère d'Henry était bel et bien de la jalousie. Elle ignora la froide façade de la brune pour s'approcher d'elle jusqu'à sentir la douceur de son manteau frôler sa peau.
- Ne soyez pas jalouse Regina ...
- Je ne...
Elle coupa son refus d'un baiser auquel Regina ne mit pas plus d'une seconde à répondre, s'emparant du col de son blouson pour les rapprocher, lui refusant le droit de respirer lorsqu'elle essaya de s'éloigner de quelque centimètres. Ses dents mordirent sa lèvre inférieure, rouvrant sans vergogne la plaie qu'elle y avait faite deux jours auparavant et Emma sentit se corps se liquéfier en entendant le gémissement que le gout de son sang sembla provoquer.
- Regina ...
- Je sais, vous devez y aller et j'ai du travail, expliqua-t-elle à sa place.
- Euh ... Oui.
- Miss Swan ?
- Oui ?
- Faites attention à vos fréquentations.
C'était un avertissement sans réelle menace. Elle se doutait que la sorcière n'aurait pas hésité une seconde à lui interdire de fréquenter quelqu'un et elle ne put s'empêcher de sourire au fait qu'elle ne l'avait pas fait malgré son animosité évidente envers Hope. De leur entrevue elle retenait surtout que la punition qu'elle avait pensé mériter à cause de son retard n'avait pas encore été évoquée.
La jeune femme regagna la mustang, étonnée par l'attention avec laquelle elle fut regardée.
- Quoi ?
- Tu as embrassé Regina...
- Oula... C'est pas ce que...
- Je crois ? Coupa la brune avec un large sourire.
- Voilà. Et c'est très mal poli d'espionner les gens comme ça !
Elle pensait qu'elle allait répliquer ou tenter de se justifier mais elle n'eut droit qu'à un simple sourire alors qu'elle démarrait la voiture.
- Tu es l'élue, annonça-t-elle alors avec l'air de s'en vouloir de ne pas l'avoir vu plus tôt. Et je ne t'ai pas espionnée, tu ne portais pas de rouge à lèvres toute à l'heure.
La jeune femme s'empressa de rabattre le pare soleil pour pouvoir effacer la marque qu'elle portait en plus du sang qui commençait à coaguler sur sa lèvre inférieure.
- L'élue ? Interrogea-t-elle finalement.
- Oui, mais ça tu le sais déjà non ?
- Et toi qui es-tu ? Préféra-t-elle demander.
- Je ne suis plus rien, Regina m'a déchue de ce que j'étais.
- Elle te déteste hein ? Pourquoi ?
- C'est une longue histoire...
- Je suis prête.
La chasseuse de primes l'écouta raconter comment elle était née au sein d'une communauté d'êtres dotés de pouvoir uniques, comment elle avait longtemps pensé qu'elle n'en avait aucun avant de se rendre compte que beaucoup s'adressaient à elle en dernier recours, quand dans des situations les plus désespérées ils se tournaient vers la seule chose qui les retenait encore: le maigre espoir d'un miracle.
Et comme ça elle avait comprit, elle représentait l'espoir. Pendant des dizaines d'années elle avait aidé des centaines de personnes et un jour elle était tombée sur une petite fille qui n'avait qu'elle sur qui compter.
- Attends attends,l'interrompit-elle. T'es une fée ?! Et quel âge t'as si t'as rencontré Regina quand elle était gamine ?!
- C'est pas poli de demander son âge à une femme comme ça Emma. Et oui, j'étais une fée.
- T'as fait un coup tordu à Regina et elle s'est vengée ?
- Elle a arrêté de me parler quand elle n'a pas réussi à ramener Daniel a la vie.
- Daniel ? Demanda-t-elle en essayant de se rappeler de ce que Henry avait pu lui raconter.
- Son amour de jeunesse que sa mère à tué sous ses yeux pour qu'elle puisse épouser le roi.
Un frisson la parcourut, pas étonnant que la femme qu'elle connaissait aujourd'hui soit devenue une psychopathe avec le passé qu'elle avait eu.
- Quand Henry est arrivé dans sa vie, j'étais là et elle me tolérait et puis il a fallu jeter la malédiction...
La brune eut une grimace certainement en se souvenant de ce qu'il s'était passé à ce moment là.
- Et alors ? Pressa-t-elle.
- Alors j'ai failli mourir, répondit-elle simplement.
- C'est toi qu'elle à sacrifié ?! Son espoir ? S'écria-t-elle.
La jeune femme eut un rire aigre qui ne lui allait pas.
- Non. Elle voulait ne tuer, vraiment, elle était dans une colère noire, elle m'a parlé pour la première fois depuis des années parce qu'elle avait besoin que lui ramène quelqu'un... J'étais... Heureuse pour elle quelque part, je pensais... Je pensais qu'elle avait besoin d'un nouveau départ et... Et elle lui a à peine parlé, elle nous a amené dans une grande salle et tout le monde était là, ils ont lancé la malédiction et... Elle lui a broyé le cœur devant moi. Et puis elle m'a arraché les ailes en déclarant que personne n'avait besoin de quelqu'un d'aussi inutile que moi...
Emma n'avait pas tout compris et n'était pas certaine de pouvoir tirer quelque chose de plus de la conductrice dont les yeux s'étaient remplis de larmes.
- Je suis désolée, se contenta-t-elle de répondre en posant brièvement une main sur son avant bras.
- Moi aussi.
- Cette personne, à qui elle a broyé le cœur, c'était qui ?
- Je ne peux pas le dire.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Je suis désolée Emma, si elle découvre ce que je t'ai déjà dit je risque gros. Tu finiras par le savoir.
- Gold doit me donner un exemplaire de la malédiction.
- Alors tout ira bien.
La voiture s'arrêta et elle fronça les sourcils en constatant qu'elles étaient déjà arrivées devant la bibliothèque. Elle avait envie de s'enfermer dans sa chambre et de réfléchir à tout ce qu'elle venait d'apprendre, mais elle devait d'abord montrer l'oeuvre de Ted à la jeune femme. Si elle ne pouvait pas briser la malédiction tout de suite, elle pourrait au moins changer certaines choses en attendant.
.
..
.
La fin d'après midi était passée en un battement de cils et Hope avait du rentrer à contre cœur chez elle. Elle avait brièvement été tentée de lui proposer un repas ensemble ou d'aller boire un verre dans un bar mais les paroles de Gold lui revinrent en tête. Si elle avait bien envie de l'entendre raconter tout ce qu'elle était prête à dévoiler sur la forêt enchantée, ses premières entrevues avec Regina et sa vie quand elle était arrivée à Storybrook avant d'être recueillie par Aurore qui avait bien voulu l'employer dans la boutique où elle avait fini par mourir d'ennui.
La chasseuse de primes s'arrêta au restaurant, fronçant les sourcils quand elle fut à nouveau servie par la serveuse qu'elle ne connaissait pas et retourna sans un mot dans sa chambre d'hôtel. Il faudrait vraiment qu'elle pense à lui demander son numéro.
Elle s'installa sur le balcon, mangeant assez vite pour que son gratin de pâtes ne refroidisse pas avant qu'elle ait pu le finir, observant la rue déserte comme si tout le monde avait suivi le même conseil qu'elle.
Ses pensées dérivèrent vers ce qu'elle avait semble-t-il apprit dans la journée. Si Regina avait bel et bien tué quelqu'un pour lancer la malédiction comment allait-elle s'y prendre pour lui rendre ce qu'elle avait perdu ? Qui cela pouvait-il être ? Elle avait hâte de tenir entre les mains ce que lui avait promis Gold et pouvoir enfin accomplir ce qu'elle était censée faire.
Elle eut un sourire en pensant à ce qu'elle venait de se dire. Elle qui avait toujours vécu dans l'indépendance totale et uniquement pour elle, se prenait maintenant à rêver d'une destinée où la vie de centaines de personnes reposaient sur ses épaules. Pour être honnête elle avait commencé à le faire uniquement pour le plaisir de chasser Regina, mais aujourd'hui ...
Elle fit un bond, manquant renverser l'assiette qui tenait toujours en équilibre sur ses genoux en voyant la bête marcher dans la rue. Précautionneusement, elle déposa l'objet sur le sol du balcon et se pencha d'avantage au dessus de la rambarde sans pouvoir s'empêcher de penser qu'elle observait la raison même pour laquelle Gold lui avait conseillé de ne pas sortir. La raison pour laquelle personne semblait être de sortie ce soir là.
Un loup, décida-t-elle. Un immense loup au pelage noir se baladait dans la ville en reniflant les voitures et les haies devant lesquels il passait. Elle se rappela brièvement avoir vu Graham poser à côté d'une créature semblable et se demanda si le coin en était peuplé. C'était peut-être un animal que la malédiction avait ramené de la forêt enchantée ?
Son coeur s'emballa en voyant l'animal se dresser sur ses pattes arrières et elle dut se retenir de jurer quand il poussa un hurlement. Derrière une voiture quelque chose attira son regard et elle se demanda si elle ne venait pas d'assister à un cri de ralliement. Seule la bête lui faisait déjà peur, mais accompagnée.
- Putain, laissa-t-elle échapper en reconnaissant la silhouette accroupie derrière une vieille ford.
Elle n'écouta pas la voix de la raison qui lui criait de rester immobile, s'élançant au travers de sa chambre d'hôtel avant d'atteindre les escaliers qu'elle descendit quatre à quatre. Elle se força à être discret au dernier moment lorsqu'elle dut ouvrir la porte de l'établissement et se faufiler dans la rue.
- Henry !
Sa voix avait été assez forte pour qu'il l'entende et elle poussa un soupir quand elle vit la panique peindre ses traits. À force d'échapper à sa mère, le gamin finirait par se faire tuer ... Et malgré les signes qu'elle lui faisait, le fils du Maire refusait obstinément de sortir de son point d'observation depuis la voiture, lui faisant même signe de rentrer. Résignée, elle jeta un dernier coup d'œil à la bête qui s'était immobilisée à une dizaine de mètres avant de se lancer au pas de course pour le rejoindre.
- Henry, qu'est-ce que tu fous ?! Si ta ...
- Non non Emma, tu dois rentrer, maintenant !
- Tu rentres avec moi ! Il est hors de question que je te ... Oh putain !
En parlant elle avait tenté de jeter un coup d'œil par dessus le capot de la voiture pour prévoir leur retour, pour finir par croiser le regard jaune de la créature.
- Elle t'a vue ?!
- Comment ça elle m'a vue gamin ? J'étais tranquillement dans ma chambre quand je t'ai vu suivre un putain de loup de deux mètres de long !
- Elle connait mon odeur ! insista-t-il.
Ils crièrent à l'unisson quand quelque chose percuta la Ford derrière laquelle ils avaient trouvés abris. Emma s'empara de l'arme qui était encore accrochée à sa ceinture, retirant immédiatement la sécurité avant de pousser l'enfant devant elle en se levant.
- Cours !
Il ne se fit pas prier, ne lui accordant même pas un regard quand elle s'arrêta de le suivre pour faire face à la bête et tirer quand elle constata qu'elle les coursait. Un chargeur entier y passa, ralentissant à peine la bête et ce fut le moment qu'elle choisit pour se rappeler de l'existence de loups garous. Parce que s'ils existaient, elle était pratiquement certaine qu'elle venait d'en rencontrer un spécimen.
N'entendant plus que son cœur battre à la chamade dans ses tympans, la jeune femme rejoignit finalement le garçon qui s'était arrêté en plein milieu de la rue, incapable de savoir ce qu'elle lui cria avant de le plaquer à terre, les bras entourant son corps du mieux qu'elle put.
La jeune femme se prépara à l'impact, à la douleur, mais rien ne vint mis à part quelque chose dans son dos, un picotement qu'elle ressentait habituellement pour de toutes autres raisons que la présence d'un loup à quelques centimètres d'elle.
- Un pas de plus et je t'éviscère Red.
La voix la fit pousser un soupir de soulagement qui la fit presque avoir honte lorsqu'elle croisa le regard attentif de l'enfant qu'elle avait tenté de protéger. Lentement, elle lâcha prise pour se retourner et faire face à la silhouette sur talons aiguilles qui se dressait entre eux et la bête.
Le loup émit un grondement que son immense cage thoracique fit rouler et raisonner dans toute la rue et un instant elle ne put s'empêcher d'admirer la femme qui lui faisait face sans sourciller semblait-il. Ce ne fut qu'à ce moment là qu'elle remarqua l'étrange halo de lumière qui semblait entourer Regina Mills. Des lames. Une dizaine de lames se tenaient suspendues dans les airs autour d'elle, reflétant la lueur de la pleine lune et toutes sans exception braquées sur la bête, sans doute prêtes à fondre au moindre mouvement. Des lames en argent, aurait-elle pu parier.
- Rejoins la forêt.
La créature ne sembla pas vouloir suivre le conseil qu'elle lui donnait, approchant encore et Emma avala difficilement sa salive en constatant que les deux cercles jaunes étaient toujours fixés sur elle.
- Tu la connais Red, elle s'appelle Emma Swan et par pitié, éloigne-toi avant que je ne regrette d'avoir du te tuer sous les yeux de mon fils.
Elle sentit la main de l'intéressé se faufiler dans la sienne et la serra sans se faire prier, certainement aussi apeurée qu'il ne l'était. La bête gronda encore et elle ne put s'empêcher de crier quand elle sembla se décider à fondre sur elle, qu'importait qu'elle doive passer par dessus la sorcière. Le loup fut immobilisé en plein vol, les lames tombant à terre, Regina préférant visiblement se débarrasser de lui en l'envoyant à quelques mètres de là, rouler sur lui même. L'attaque ne suffit pas à le désarçonner, constata-t-elle quand il revint à la charge et cette fois la brune n'avait pas l'air d'avoir envie de faire durer le combat.
Du feu jaillit du creux de sa main, fondant directement sur la créature qui hurla de douleur, son cri déchirant le calme relatif de la nuit quand des lassots de flammes vinrent dompter son corps pour la plaquer à terre
- Couchée Red !
Cette fois l'ordre claqua comme un fouet qui se fit visiblement ressentir à en croire le cri qu'elle poussa.
- Maman, non ! Emma lui a tiré dessus.
L'intéressée n'accorda même pas un regard à son fils et la chasseuse de prime se demanda quelle serait sa punition à lui pour avoir quitté le domicile familial par un tel soir. Fascinée, elle observa la brune avancer vers la bête pour s'accroupir devant elle en ignorant ses grondements menaçants. Une main fut passée dans le pelage noir et la jeune femme éprouva un soulagement qu'elle ne s'expliqua pas en constatant que la magie de la sorcière pouvait tout aussi bien guérir que tuer. Elle frissonna en entendant le bruit métallique des balles qui s'extrairent de la peau pour retomber sur le bitume.
Et un mouvement de main plus tard la bête n'était plus là, disparaissant fans un nuage de fumée violette. Elle allait interroger Henry sur ce qu'il venait de se passer quand Regina se retourna pour leur faire face.
- Toujours là où il ne faut pas, n'est-ce pas Miss Swan ?
- Non maman, elle a cru qu'elle allait m'attaquer, elle a voulu me sauver la vie ! La défendit l'enfant.
- Ça n'a plus d'importance maintenant Henry...
- Non...
Emma fronça les sourcils. Il y avait une nouvelle panique dans la voix du gamin qu'elle n'aimait pas du tout.
- Je suis désolée Henry...
- Non ! Efface sa mémoire !
- Ma magie n'a aucun effet sur elle, sembla-t-elle avouer à contre cœur.
- Je t'en prie maman, pour moi.
La jeune femme sentit un frisson la parcourir en réalisant de quoi le gamin tenter de raisonner sa mère. Il essayait de la convaincre de ne pas la tuer.
- J'étais déjà au courant ! S'écria-t-elle en la voyant faire un pas de plus dans sa direction.
La sorcière se figea, sa démarche toujours parfaite manquant dévier de sa trajectoire sous l'effet de la surprise. La brune finit par se tourner brièvement vers son fils, arquant un sourcil en guise de question à laquelle l'intéressé répondit par un signe de la tête avant de disparaître en un nuage de fumée violette.
- Qu'est-ce que vous lui avez fait ?! Il n'y était pour rien !
- Taisez-vous Miss Swan. Je l'ai envoyé dans son lit, où il devrait être depuis un bon moment. Expliquez-vous.
- Ici ?
- Ici et maintenant avant que je ne me débarrasse de vous une bonne fois pour toutes.
Elle savait qu'elle ne pourrait plus mentir, mais quelque chose lui disait que si elle racontait la vérité, elle n'aurait pas le temps de finir son histoire avant de mourir dans d'atroces souffrances.
- Quand je suis arrivée ici pour Monsieur Glass... Il s'est passé des choses bizarres, improvisa-t-elle. J'ai vu Monsieur Gold faire des choses étranges et dans la bibliothèque j'ai vu des archives de la ville qui dataient de plus de vingt ans et ... Personne n'avait changé.
Sa voix mourut quelque part dans sa gorge quand le Maire finit de se rapprocher d'elle pour la contourner telle une proie.
- Continuez, encouragea-t-elle pourtant à voix basse.
Ce n'était pas la même voix que d'habitude, ni celle qu'elle avait eu la chance d'entendre dans la chambre d'hôtel à Boston, c'était la voix de quelqu'un de dangereux. De l'inconnue qu'elle avait vu froidement assassiner un braqueur dans une banque.
- J'ai... Euh... J'ai parlé à Ruby et à votre fils et ils ont fini par me raconter des choses sur... Sur la forêt enchantée et une malédiction... Et Belle... Belle m'a montré ce qui se cache dans les sous-sols de la bibliothèque.
Sa phrase se finit en un cri presque apeuré quand elle fut tournée sur elle même pour affronter le regard d'ébène où brillait une lueur violette qu'elle ne tentait plus de cacher.
- Tout le monde vous fait atrocement confiance ici Miss Swan...
- Parce qu'ils ont vu que vous me tolériez, Madame le Maire.
- Majesté, corrigea-t-elle et Emma crut qu'elle allait défaillir.
Confrontée à la puissance qui émanait de chaque cellule de son corps, elle avait l'impression de se retrouver dans la banque quelques semaines auparavant, complètement liquéfiée de désir pour une meurtrière psychopathe.
- Majesté. Je suis désolée de ne pas avoir trouvé les mots plus tôt pour vous mettre au courant, mais je ne vous veux aucun mal, je n'ai parlé de vous à personne.
- Pourquoi êtes vous là dans ce cas ?
- Pour vous, fut-elle complètement honnête.
Son front se rida de surprise et elle l'observa réfléchir à route allure à quelques centimètres d'elle.
- Gold sait que vous êtes au courant ?
- Oui.
- Quel service vous a-t-il demandé ?
- Je devais chercher quelqu'un pour lui.
La réponse la fit étouffer un rire.
- Un homme ?
- Oui, Monsieur Fire.
- Et vous ne l'avez pas trouvé, finit-elle à sa place.
- Pas vraiment.
- Évidemment. Il n'a toujours pas compris...
- Compris quoi ?
- Ça ne vous regarde pas Miss Swan.
Le ton glacial était revenu pour la faire frissonner et une main se posa sur son pull, au dessus de son coeur.
- Vous saviez donc quand nous nous sommes battues ?
- Oui.
- Vous n'avez pas peur de moi...
Ce n'était pas une question mais une simple déduction qui semblait la laisser perplexe.
- Le risque en valait la peine.
- Vous n'avez pas idée de ce dont je suis capable.
Elle ne répondit pas par peur de se trahir.
- Qu'est-ce qui vous a pris de tirer sur Ruby ?
- Elle allait attaquer votre... Ruby ? Ruby est un loup garou ? J'ai tiré sur Ruby ?!
Sa détresse sembla amuser la sorcière qui eut un sourire.
- Sous cette forme elle n'a pas reconnu votre odeur, elle vous a pris pour une menace. D'autant plus si près de mon fils...
- Je suis désolée. Je croyais... Bien faire.
Les ongles parfaitement manucurés griffèrent le tissu de son pull. Pensait-elle encore à la tuer ? Le regard d'ébène s'attarda de longues secondes sur le mouvement qu'elle venait de faire, vraisemblablement en pleine réflexion et elle n'eut pas le courage de bouger.
- Respirez, sembla-t-elle vouloir la rassurer au bout d'un moment.
La jeune femme s'exécuta immédiatement sans pour autant parvenir à calmer la panique qui s'était emparée d'elle.
- Qu'est-ce que vous allez faire de moi ? s'entendit-elle demander à voix basse.
Regina releva la tête pour croiser son regard, un lent sourire carnassier étirant ses lèvres laquées et elle eut le temps de se demander ce qu'elle faisait encore maquillée à une heure pareille avant de sentir son sang ne faire qu'un tour dans son corps et venir chauffer à blanc ses reins quand la sorcière lui répondit.
- Mon jouet.
