Hello my dears !

Je suis super contente que ce dernier chapitre vous ai plus, j'ai eu le droit à plein de " Waw " " Wahou " & " Wow ", la transformation devait avoir lieu plus tard, Loulouche m'a poussée sans le vouloir à le faire plus tôt mais je suis heureuse qu'elle l'ait fait :)

Mel99, déjà merci beaucoup pour tes compliments et ta lecture assidue & pour répondre à ta question, c'est pas vraiment un choix que j'ai fait, mais je vois souvent Regina initier les choses, elle n'accepte pas forcément ce qui se développe entre elles pour l'instant et veut rester au contrôle, mais ... Wait and See ;)

A vous autres qui lisez, favorisez, suivez et en particulier à ceux qui commentent : Grat, Slopopina, Regina2015, MissOuat4ever, angele751, OoO-RED-OoO , Raphi5930, rozaline38, Swan33, EvilSwanMills, evilhayleyregal, StitChE , Griffon10, Serena226, lillyyy19, un énorme merci. Sans vous je suis rien ^^

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Chapitre 15

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Si elle avait plusieurs fois cherché la raison pour laquelle Regina souhaitait se transformer en dragon, elle en trouvait des dizaines aujourd'hui. Outre la toute puissance dont elle se sentait soudain revêtue, la sensation extraordinaire de déployer ses ailes et après maints encouragements de la part de Maléfique, celle de voler, elle ne pouvait nier la plénitude qu'elle ressentait lorsqu'elle croisait le regard confiant de l'autre créature.

Et pour être tout à fait honnête, elle était heureuse d'en faire elle même l'expérience, jalouse à l'idée même que la mère d'Henry ait pu la partager avec son amie.

Depuis qu'elle s'était transformée, Maléfique avait perdu l'éclat animal qui brillait dans ses pupilles claires et elle comprit qu'étrangement sa présence lui était apaisante. Celle d'un être qui la comprenait sur un tout autre niveau. Bien sûr elles n'étaient pas amies mais la sorcière qui lui eut la patience de lui apprendre le sort qui lui avait permis de parler d'une voix qu'elle ne reconnaissait pas, s'avérait agréable à côtoyer. Peut-être était-ce notamment du au fait qu'elle n'avait plus autant peur d'elle qu'avant.

En un roulement de pierres qui avait raisonné dans toute la caverne, elles s'étaient mesurées plusieurs minutes d'affilées avant qu'elle ne soit immobilisée par la créature bien plus habituée à cet immense corps qu'elle. Mais la chasseuse de primes n'était pas restée en position de faiblesse bien longtemps, laissant sa magie faire le reste lorsque les crépitements bleus et or s'étaient chargés elle ne savaient comment de repousser son adversaire du moment contre le premier mur, le temps de lui laisser reprendre ses esprits et d'aller se poser auprès de la brune qui les observait avec la méfiance des gens qui ne comprennent pas tout.

Si elle avait été n'importe quel animal elle aurait aimé se lover contre la sorcière qui avait gardé forme humaine, mais sa taille rendait tout approche compliquée et elle fut étonnée d'entendre son cœur battre à la chamade quand elle sentit la légère pression d'un corps appuyé contre elle.

Regina Mills s'était nonchalamment adossée à l'un des piliers de muscles qui soutenaient son corps de dragon.

- La récréation est terminée ? demanda la voix qu'elle entendait parfaitement bien malgré la distance.

- Jalouse, mon amie ? répondit Maléfique la première.

- Pourquoi le serais-je ? rétorqua la brune avec quelque chose qui ressemblait fort à un avertissement.

L'autre dut le prendre au sérieux et ne lui répondit pas, laissant un silence s'installer.

- Euh ... Et alors ? Aucune idée de ce que pourrait savoir David ? s'entendit-elle dire d'une voix à laquelle elle n'était pas habituée.

- Aucune, répondit placidement l'autre créature.

- Ok ... Euh ... Je vais peut-être reprendre ma forme ... Humaine ? Et aller travailler ?

Si quiconque lui avait dit qu'elle aurait un jour prononcé ces mots, elle en aurait ri aux larmes. Pour l'instant elle espérait surtout pouvoir retrouver sa taille normale avec la même facilité qu'elle avait eu à la décupler.

Heureusement, Maléfique s'avérait un très bon professeur et elle n'eut presque aucun mal à suivre ses instructions, immédiatement enveloppée dans une immense cape noire lorsqu'elle atterrit complètement nue auprès de Regina.

- Une cape noire ?

- C'est la première chose à laquelle j'ai pensé, sembla s'excuser sa sauveuse.

- C'est très bien, voulut-elle la rassurer.

Mais l'épais tissu en velours disparaissait déjà, remplacée par les vêtements qu'elle avait choisi d'enfiler le matin même.

- Merci.

- Hum ... Je crois que vous avez largement abusé de votre temps Miss Swan, vous devriez être au travail depuis un moment déjà. Et moi aussi.

- Oui Madame le Maire.

- Emma viendra te re-rendre visite si tu en éprouves le besoin, déclara la brune au dragon qui les observait en silence.

- Et je vous tiendrai au courant. Si David se rappelle de ce dont il doit se rappeler.

- J'y compte bien jeune fille, répondit la voix gutturale de la créature.

Avait-elle la même voix quand elle s'était transformée ? Elle n'eut pas le temps de se pencher plus en avant sur la réponse, déjà entraînée vers l'ascenseur par une prise de fer autour de son poignet.

- A bientôt ! réussit-elle tout de même à crier à Maléfique qui ne lui répondit pas.

Ce ne fut que dans l'espace confiné qu'elle se rendit compte que le Maire de Storybrook était en colère. Non, en fait, elle fulminait littéralement et si elle avait été un personnage de bande dessinée, elle était certaine qu'elle aurait pu voir de la fumée sortir de ses oreilles.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? demanda-t-elle n'y tenant plus.

- Qu'est-ce que vous avait fait ? répéta l'autre apparemment incrédule.

- Oui ... Je veux dire, tout s'est bien p...

- Vous vous êtes transformée en dragon Miss Swan ! C'était totalement idiot pour une personne sans aucune expérience, il aurait pu vous arriver n'importe quoi !

- Vous vous êtes inquiétée ou vous êtes jalouse parce que vous n'arrivez pas à le faire ?

- Aucune des deux possibilités Miss Swan, je ...

- Vous m'appeliez Emma ces derniers temps, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Cette fois ce n'était plus du désir qui brillait dans les iris sombres lorsqu'elle fut poussée contre les barres en fer de l'ancien monte charge.

- Comment avez- vous fait ?

- Je me suis concentrée.

- Sur quoi ?

- Sur vous. Peut-être que vous devriez essayer ...

- Miss Swan, j'ai été la première à reconnaître qu'il y avait une ... forte attraction entre nous deux, mais votre désir ne peut pas vous avoir permis d'accomplir autant.

- Qui a parlé de désir ?

- Vous !

- Nan, j'ai parlé de vous. Quand vous aurez compris la différence on fera un grand pas en avant.

Elle remercia tous les dieux d'être arrivée à l'étage de la bibliothèque, n'attendant pas la réponse de la brune pour se dégager de son emprise et sortir à grands pas en adressant un sourire à Belle. Elle avait encore une pile de dossiers à trier sur son bureau et aujourd'hui elle s'était promis de mettre un point final à l'affaire de l'hôpital.

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Interroger le Docteur Whale s'avéra plus fastidieux qu'elle ne l'avait prévu, même s'il avait fait preuve d'un peu plus de coopération, l'homme était sans cesse appelé dans des salles différentes où le Shérif ne pouvait pas toujours le suivre.

- La prochaine fois ça va être une opération à coeur ouvert qui durera plusieurs heures ? demanda-t-elle quand il sortit d'une énième chambre où elle n'avait pas été admise.

- Pas que je sache, répondit-il en fronçant les sourcils.

- Enfin c'est insensé, vous n'êtes quand même pas indispensable à cet établissement pour quelques minutes !

- Etant donné que j'y suis le seul médecin, j'ai bien peur que oui...

- Le seul ... Le seul médecin ?

- Vous croyez peut être que ces stupides guérisseurs qui sévissaient dans la forêt enchantée y connaissent quelque chose ?

- N... Non. Je pensais que la malédiction leur aurait apporté des connaissances.

- Et bien non Miss Swan. Regina me déteste, elle en a personnellement après moi, je suis le seul médecin ici.

- Pourquoi ?

- Parce que tous les autres sont d...

- Non, coupa-t-elle. Pourquoi vous en veut-elle personnellement ?

- Parce que je lui ai un jour laissé entendre que je pourrai ramener son âme sœur à la vie.

- Son âme sœur ?

- Un palefrenier, répondit-il en prononçant le mot comme s'il s'était agit d'une insulte.

- Oh ... Et vous n'y êtes pas arrivé ?

- Je n'ai pas tenté, c'était un mensonge pour obtenir quelque chose dont j'avais besoin.

Si elle avait eu l'impression que son cœur se brisait à l'instant où il avait parlé de l'âme sœur de Regina, l'idée qu'il ait pu aussi impunément jouer avec les sentiments de la femme qu'elle aimait l'emplissait d'un dégoût nouveau pour le médecin. Elle eut du mal à poser sa prochaine question.

- Et ... Cet homme. Il y a-t-il un moyen de le ramener ?

- Je n'en sais rien. Vous ne vouliez pas parler de l'incendie ?

- J'ai changé d'avis. Je veux que vous m'en disiez plus sur cet homme. Existe-t-il toujours un moyen de le sauver ?

- Pourq... La malédiction ? sembla-t-il réaliser. Vous pensez que le ramener brisera la malédiction ?

- Ne parlez pas de ce dont vous n'êtes pas au courant Whale. Dites-moi ce que vous savez.

- La mère de Regina a réduit son cœur en poussière quand elle a appris que sa fille devait fuir avec lui. Regina a placé un sort sur lui pour conserver sa dépouille et pensait que placer le cœur de quelqu'un d'autre en lui pourrait le ramener à la vie. C'est une expérience que j'ai de nombreuses fois tenté ...

- Pour votre frère, devina-t-elle en se rappelant de l'histoire pour laquelle il était connu.

- Oui. Rumplestinskin est venu me chercher, il avait besoin d'anéantir les derniers espoirs de Regina pour qu'elle veuille bien devenir son élève, je me suis rendu dans la forêt enchantée et ai fait croire à Regina que l'expérience n'avait pas marché. En échange j'ai pu obtenir un cœur.

- Et ça a marché ? ne put-elle s'empêcher de demander.

- Je n'ai pas pu tenter, Regina a décidé au dernier moment que c'était ma faute si l'expérience était un échec, j'ai été jeté aux donjons et y ai croupi jusqu'à ce que la malédiction soit lancée.

- Et son âme sœur ?

- Je ne sais rien de plus.

- Mais est-ce que vous pensez que l'expérience serait réalisable ?

Si c'était l'idée qu'elle ne pourrait plus retrouver le jeune homme qui l'avait fait sombrer dans la noirceur, peut-être était-ce justement ce qu'il fallait lui redonner aujourd'hui. Même si ça voulait dire briser son propre cœur pour le faire. Elle n'était pas sûre de pouvoir assister à la réunion des amoureux, mais elle trouverait bien quelqu'un pour s'assurer que la malédiction soit brisée de la bonne façon.

- Peut-être, admit le docteur.

Elle avait espéré entendre un non mais essaya tout de même de sourire à sa réponse.

- Merci. Encore une chose ...

- Oui ?

- Dites-moi tout ce que vous savez au sujet de l'incendie.

Sans savoir si elle avait une chance de réussite, la chasseuse de primes avait tenté de s'aider de sa magie pour le forcer à dire la vérité. L'étonnement qui se peignit sur ses traits lorsqu'il répondit lui confirma qu'elle avait réussi.

- Spencer y tenait. Depuis qu'il est arrivé aux commandes, il y a des choses étranges qui se passent ici. Regina doit certainement fermer les yeux parce que je ne vois pas comment elle ne serait pas au courant ...

- Au courant de quoi ?

- Il fait des ... Des expériences.

- Quelles sortes d'expériences ? pressa-t-elle en essayant d'ignorer la foule d'idée qui lui venait en tête

- Avec les patients de l'aile psy.

- Psy comme psychiatrique ? voulut-elle s'assurer un air d'horreur déjà peint sur son visage.

- Oui.

- Ya qui là bas ?

- Des fous dont Regina a voulu se débarrasser. Je ne connais pas la liste parce que ce n'est pas moi qui les traite.

- Je croyais qu'il y avait un seul médecin ?

- Les bonnes fées s'occupent de cette aile.

- Les bonnes fées ?

Bordel, c'était encore pire que ce qu'elle avait pensé.

- Dites moi ce qu'il s'est passé ce soir là.

- Quelque chose a tourné mal avec Peter Pan. Son ... Son ombre s'est échappée.

- Son ombre ?

- Me demandez pas, repoussa-t-il sa question avec l'air de quelqu'un qui ne voulait pas en savoir plus.

- Et donc son ombre s'est échappée ?

- Ouais. Ça a foutu un bordel monstre et d'un coup il y avait du feu de partout. On a évacué tout ce qu'on pouvait.

- Sauf David oui ... Et Peter Pan ?

- Spencer ne l'a jamais aimé et l'ombre s'est ... évaporée.

- Ok ... Est-ce qu'il y a des archives qui prouveraient sa présence ici ?

- Oui, certainement.

- Et les autres ? Est-ce qu'ils témoigneraient ? Quelles genre d'expériences se passent là bas ?

- Je ne sais pas, je vous ai dit que ce n'était pas mon domaine ...

- Pas vos affaires oui, vous avez préféré fermer les yeux !

- Oui ! avoua-t-il en un cri qui fit se retourner plusieurs infirmières.

- Ok. Super, mit-elle fin à la conversation. Je sais qu'il y a peu de chances que l'envie vous prenne, mais ne quittez pas la ville.

- Je témoignerai pas.

- Vous l'avez déjà fait ! s'écria-t-elle en quittant le bâtiment dont l'ambiance commençait à l'oppresser.

Un coup de téléphone plus loin, Graham était déjà sur place pour embarquer l'intégralité des archives et interroger des patients. Sa conversation avec Whale l'ayant déjà suffisamment perturbée, elle ne tenait pas à être confrontée à des aliénés qui pourraient lui retourner le cerveau plus qu'il ne l'était déjà.

Non, elle avait besoin de penser à autre chose, canaliser ses émotions dans l'arrestation de quelqu'un par exemple. Elle avait toujours adoré ce moment où elle pouvait enfin appréhender son suspect, l'adrénaline à son comble, le plaisir du travail accompli et de la récompense à la clef. Elle ne savait pas très bien ce qu'elle décrochait comme récompense, mais elle sut qu'elle en avait eu besoin à l'instant même où elle entra dans l'immeuble où travaillait l'ancien Procureur.

- Où est-ce que je peux trouver Spencer ? demanda-t-elle à une standardiste.

- Il est en réunion jusqu'à midi.

- Je m'en fous. Quelle salle ?

- Je suis dés...

- Je suis ici pour l'arrêter Mad... Chloé, lut-elle sur une étiquette accrochée à son chemisier. Si vous refusez de coopérer ce sera entrave à exercice de la justice. Vous avez envie de passer du temps au frais avec l'ivrogne du village ?

- Salle 3C au troisième étage.

- Merci ...

Elle préféra les escaliers en pierres à l'ascenseur dans lequel elle ne voulait absolument pas tomber en panne et ne prit pas la peine de taper à la porte de la salle de réunion où elle s'introduisit.

- Albert Spencer ?

Leurs regards se croisèrent et elle aurait pu jurer y voir le fantôme d'un homme de pouvoir s'indigner de la façon dont elle le traitait.

- Shérif Swan, vous interromp...

- Albert Spencer je vous arrête pour incendie volontaire, expérimentation médicale non autorisée et tentative de meurtre sur la personne de David Blanchard.

- Quoi ?! rugit-il en manquant renverser le fauteuil dont il venait de se lever.

Autour de la table, tous ses partenaires étaient restés muets de surprise.

- Vous pouvez garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous devant un tribunal. Vous avez le droit à un avocat et si vous ne pouvez pas vous en payer un, un avocat vous sera commis d'office, récita-t-elle d'un air ennuyé.

- Je ne vous suivrai pas !

- Dans ce cas ...

Elle n'écouta même pas les protestations de l'homme dont elle avait bien trop serré les menottes. Bien sûr elle allait avoir besoin d'un écrit, mais elle se débrouillerait pour l'obtenir. Et si Whale ne voulait pas le faire, elle trouverait toujours le moyen d'obtenir des aveux ou le témoignage de quelqu'un d'autre. Elle vivait dans un village plein de personnages de contes de fées. Qui avait besoin de preuve écrite ? Et la magie pourrait toujours lui servir en cas de besoin ...

Dans sa poche son téléphone sonna et elle faillit y répondre sans regarder l'écran. Les deux initiales affichées l'emplirent à nouveau d'une tristesse à laquelle elle ne voulait pas penser et elle préféra enfouir le mobile dans son jean plutôt que de devoir entendre la voix du Maire.

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De sa journée, elle avait ignoré toute sonnerie de téléphone, allant jusqu'à demander à Graham de filtrer tous les appels de sa ligne fixe au poste. Si l'effervescence de l'arrestation d'Albert Spencer l'avait suffisamment distraite pour ne pas avoir à penser aux révélations que lui avait faites Whale commençaient à la ronger.

À l'autre bout de la pièce la sonnerie du portable de son coéquipier la fit sursauter et elle tenta tant bien que mal de ne pas écouter la conversation qui se déroula.

- C'était Regina, annonça-t-il quand il eut raccroché.

Apparemment le Maire avait compris le message et ne se donnait même plus la peine de l'appeler. Elle s'étonnait juste de ne pas avoir été victime de sa colère.

- Et alors ?

- Elle nous prête une salle dans deux jours à la Mairie. Pour la réunion à laquelle on avait pensé, tu te rappelles ?

- Oui.

- Et elle voulait nous féliciter pour Spencer. Elle m'a dit qu'un conseil exceptionnel aurait certainement lieu, mais elle aimerait nos rapports au plus vite.

- Elle les aura.

- Tu es sûre que tout va bien ?

- Je suis fatiguée.

- T'es même pas allée manger à midi ... Tu veux pas faire une pause ?

- Non c'est bon. De toute manière c'est bientôt dix-huit heures et j'ai promis un footing à Ruby.

- Vas-y, tu vas pas courir comme ça, passe à l'hôtel te changer.

Il n'y avait aucune malice dans sa voix et il réussit à lui arracher un des premiers sourires de sa journée.

- Merci Graham.

- A votre service Mademoiselle.

Suivant ses conseils, elle s'empara de ses affaires et conduisit la Chrysler jusque sur le parking de l'hôtel avant de monter quatre à quatre les escaliers qui menaient à sa chambre. Le soleil couchant la fit se décider pour un leggings aux couleurs d'une des maison de Poudlard, cadeau de Ted pour leur dernier Noël et un tee shirt aussi noir que ses chaussures de running.

- Déjà ? s'étonna Ruby quand elle la vit arriver au restaurant.

- T'es pas prête ?

- J'ai l'air d'être prête ?

- Je t'attends, ya pas de souci !

Son regard balaya la salle qui se remplissait déjà à la recherche d'un visage familier et elle dut retenir sa grimace quand elle croisa le regard intéressé de Gold par dessus une tasse de thé fumant.

- Bonsoir Miss Swan, la devança-t-il quand elle s'approcha.

- Bonsoir Gold.

- Alors ? Des nouvelles ?

Son ton s'était à nouveau lacé de malice et elle se rappela soudain sa promesse.

- Votre potion n'a pas encore marché.

- Elle marchera. J'ai entendu dire qu'il fallait vous féliciter. L'arrestation d'Albert Spencer s'est faite attendre.

- Hum ...

- Quelque chose vous tracasse ?

- Qu'est-ce que ça peut vous faire ?

- Absolument rien, répondit-il avec une honnêteté qui la surprit. Simple curiosité.

- Je crois avoir découvert comment briser la malédiction de Regina.

- Et cela ne vous enchante pas ? demanda-t-il avec un étonnement non feint.

- Whale m'a parlé de l'âme sœur de Regina. Est-ce que vous pensez que si je le ramenais ...

Elle ne finit pas sa phrase, persuadée qu'il était suffisamment intelligent pour deviner la question laissée en suspend.

- Personne n'a jamais tenté l'opération Miss Swan.

- Mais Whale a l'air de penser que c'est possible. Qu'est-ce que vous en pensez ? ne put-elle s'empêcher de demander.

Elle avait besoin de conseils. Et même s'ils ne venaient pas d'un ami, elle avait appris à toujours écouter ceux qui pouvaient lui être donnés. Qu'ils soient sincères ou lacés de mauvaises intentions, les conseils étaient révélateurs. En face d'elle, le Ténébreux la regarda un long moment et elle sut qu'il était en train de réfléchir aux conséquences de la réponse qu'il lui donnerait.

- Si tel était le cas, seul un cœur d'une extraordinaire puissance pourrait ramener quelqu'un de ce royaume. Le cœur de quelqu'un qui y aurait été prédestiné par exemple ... Mais si l'opération venait à échouer, l'Élue ne serait plus là pour tenter une autre méthode. La question est ... Seriez-vous prête à prendre le risque Miss Swan ?

Il avait presque chantonné sa question et elle sentit la colère l'envahir à l'idée que la situation puisse l'amuser.

- Emma ?

La voix de la serveuse la tira à temps de la réflexion qu'elle était en train de se faire.

- Oui ?

- C'est bon. T'es prête à ce que je te mette une raclée ?

- Rira bien qui rira la dernière Ruby, répondit-elle en s'excusant d'un signe de la tête auprès de Gold.

Leur première demie heure de course se passa dans un silence relatif, la blonde se contentant de suivre sa partenaire sans la moindre compétition, lui faisant confiance même lorsqu'elle l'amena dans la forêt.

- C'est quoi ce puits ? demanda-t-elle lorsqu'elles atteignirent l'endroit où elle s'était brièvement étiré lors de son première footing.

- Aucune idée. Certainement un puits à fées si il a été transporté depuis la forêt enchantée.

- Un puits à fées ?

- Oui. Des fées d'eau y vivent. Elles servent pas à grand chose à part si on veut se débarrasser de certains souvenirs ...

- Quoi ?

- On peut leur confier des souvenirs dont on ne veut plus. Elles aiment bien ça, mais je pense pas avoir entendu qu'elle servent à autre chose.

- Tu crois qu'il y en a dedans ? demanda-t-elle en jetant un galet par dessus le rebord.

- Non ... répondit la louve quand elle eurent entendu l'écho de la pierre s'écrasant visiblement sur une surface dure et non dans de l'eau. Pourquoi ?

- Pourquoi quoi ?

- Pourquoi est-ce que tu fais la tête comme ça et pourquoi est-ce que tu as l'air déçu de ne pas pouvoir en rencontrer une ?

- Arrête de dire n'importe quoi ...

- Me prend pas pour une conne Emma. Qu'est-ce qu'il y a ? C'est Regina ?

- Oh et arrête avec ça !

- T'avais dit qu'on en parlerait !

Elle ne répondit pas, avalant une gorgée d'eau de la bouteille que la brune lui avait tendue avant de la lui jeter.

- Hey ! entendit-elle derrière elle lorsqu'elle détala pour s'enfoncer un peu plus loin dans le massif.

Une main tendue devant elle, la jeune femme y fit naître une sphère d'un bleu électrique qui illumina le chemin qu'elle traça au milieu des arbres sans jamais se retourner. Elle allait vite, au risque de se prendre le pieds dans une racine et si le chemin était désormais éclairé, elle était bien trop perdue dans ses pensées pour faire attention à l'endroit où la menaient ses foulées. Elle pouvait sentir sa magie bouillonner en elle et n'avait aucune idée de la manière dont la calmer.

Qu'allait-elle faire ? Une multitude d'idées fusaient sans qu'aucune d'entre elle ne la satisfasse pleinement. Elle pouvait choisir d'ignorer ce u'elle venait d'apprendre, après tout Regina elle même lui avait dit qu'elle ne souhaitait pas voir la malédiction brisée, mais elle savait ce que ce n'était pas la solution. Elle aurait voulu pouvoir s'enfuir avec elle et Henry, mais Storybrook était tout pour son Maire et elle aurait probablement refusé. D'ailleurs pourquoi ? Quelles raisons auraient pu pousser la brune à commencer une nouvelle vie avec elle ? Et si elle avait le malheur d'écouter la voix qui lui soufflait ce qu'elle devait faire, une nausée s'emparait immanquablement d'elle.

La chasseuse de primes fut forcée à un arrêt brutal devant une étendue d'eau où elle manqua tomber, se rattrapant de justesse, refusant de crier lorsqu'un de ses ongles se cassa dans la terre où ils s'étaient enfoncés. À quatre pattes, elle pouvait voir son reflet échevelé dans la surface limpide et détourna la tête à temps pour rendre le contenu de son estomac presque vide à côté d'elle. Le cri qu'elle poussa lui parut presque animal, laissant la magie qui courrait sous sa peau se déverser en flots autour d'elle, fissurant la terre.

Il y avait des larmes sur son visage lorsqu'elle re croisa son regard assombri par l'inquiétude et la lumière crue de la sphère électrique qui volait à quelques centimètres au dessus d'elle ne faisait rien pour lui donner un air humain. Elle était contente que Ruby ne l'ait pas suivie jusqu'ici, mais elle devinait que la louve ne tarderait pas à arriver. Si elle n'était pas encore là c'était certainement par choix, pas parce qu'elle n'était pas parvenue à suivre le rythme devina-t-elle.

La jeune femme noya ses larmes dans l'eau glacée du lac, frissonnant quand elle se faufila sous le tissu de son tee shirt.

- Emma ?

L'inquiétude qu'elle pouvait clairement entendre dans le ton de la serveuse la convainquit de tout lui raconter, n'ignorant aucun détail de l'histoire. La vraie. Sa première rencontre avec Regina, ses recherches, leur attirance, leurs disputes, leur première fois et sa course contre la malédiction.

- Tu dois lui en parler.

- Non.

- Emma, la façon dont tu me décris votre ... relation ... Je ... J'ai connu Regina dans la forêt enchantée et je peux t'assurer qu'elle n'aurait fait de toi qu'une bouchée si elle l'avait voulu. Je ne peux pas te dire qu'elle t'aime, mais elle a forcément des sentiments pour toi. Elle se serait débarrassée de toi depuis bien longtemps sinon ...

- Je ne veux pas lui en parler, insista-t-elle.

- Pourquoi ?

- Parce que ce serait ridicule ! s'emporta-t-elle. Qu'est-ce que je vais lui dire ? Que j'ai découvert le moyen de briser la malédiction mais que j'hésite parce que je fais preuve d'égoïsme ?

- Il y a peut être un autre moyen ... Ce n'est peut-être pas ton cœur.

- Tu crois que je suis capable de tuer quelqu'un d'autre ? Non ... Il faut que ce soit le mien. Gold me l'a bien fait comprendre ...

- Gold est un manipulateur, si ça se trouve il a dit ça pour se débarrasser de toi.

- Pourquoi ? Regina m'a dit qu'il était tout à fait content de ce qu'il a ...

- Je ne sais pas ! C'est Rumplestinskin il a pas besoin d'une raison !

Elle marquait un point, mais elle ne pouvait toujours pas se résoudre à en parler à la mère d'Henry. Comme si elle avait deviné que tenter de la convaincre ne changerait rien, la serveuse ne revint pas sur le sujet.

- Quoi qu'il en soit Emma, tu ne devrais pas l'éviter. Je serais prête à parier que c'est quelque chose que Regina prend très mal et si ... et si ton temps avec elle est compté, tu devrais en profiter. Un maximum.

- Et la laisser du jour au lendemain avec son âme sœur ?

- Tu seras morte, tu pourras pas le voir pour regretter et elle ne pourra pas t'en faire voir de toute les couleurs.

Elle avait prononcé sa phrase sur un ton si dégagé qu'il en fit rire le Shérif, un sourire toujours sur ses lèvres bien après que leurs éclats se soient tus.

- On rentre ?

- Tu es sûre que tu peux encore courir ? Je t'ai pas vue au restaurant de la journée ...

- J'ai cuisiné, mentit-elle effrontément.

- Bien sûr. Sur un réchaud électrique dans ta chambre d'hôtel ! Si je ne vous connaissais pas mieux Emma Swan, je serais tentée de croire que vous me mentez !

Elle ne répondit pas, acceptant la main tendue de la serveuse pour l'aider à se relever et reprendre leur course dans le sens inverse.

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Il était presque vingt et une heure quand elles atteignirent le restaurant où Ruby la traîna pour lui offrir " au moins un sandwich pour ne pas aller au lit le ventre vide ". Elle était accoudée au comptoir en train d'observer Granny le préparer quand une petite voix la fit sursauter derrière elle.

- Tu as l'air malade.

- Merci gamin, ça fait toujours plaisir.

Avec appréhension, elle parcourut la salle du regard pour trouver la mère d'Henry, sans parvenir à tomber sur elle.

- Elle est aux toilettes, la renseigna-t-il. Tu es malade ?

- Non, j'ai juste oublié de manger aujourd'hui, tu sais avec toute cette agitation.

- Tu as arrêté l'ancien procureur oui. Félicitations.

- Merci, répéta-t-elle pour une énième fois dans sa journée.

- De rien. Est-ce que tu es fâchée avec Maman ?

- Non, pourquoi ?

- Parce que tu n'as pas répondu quand elle t'a appelé toute à l'heure.

- Elle m'a appelé toute à l'heure ? Désolée gamin, je suis partie courir avec Ruby, j'ai du oublier mon téléphone dans ma chambre.

- Maman voulait t'inv...

- Henry, prend ta part de gâteau, je suis pressée, coupa la voix froide du Maire.

Elle s'arma de tout son courage pour affronter la femme qui avait occupé toutes ses pensées depuis le début de la journée.

- Bonsoir Regina.

- Miss Swan.

Elle fut surprise de ne pas entendre la froide agressivité à laquelle elle avait le droit d'habitude. Pour autant, il n'y avait pas non plus la moindre trace d'une quelconque émotion lorsque la brune la détailla avec lenteur des pieds à la tête.

- Laissez-moi deviner, vous êtes plutôt Serpentard ? s'amusa-t-elle du pincement de lèvres auquel son leggings eut le droit.

- Oui, répondit-elle simplement.

Une main tapa son épaule et elle fut forcée de détourner son regard de la silhouette enveloppée dans un manteau gris qui laissait paraître une robe bleu nuit à peine plus courte.

- Et mangez le ! Je ne veux pas avoir fait ça pour apprendre que vous vous êtes mise à la grève de la faim ! la prévint Granny.

- Promis. Je vous dois combien ?

- Rien. C'est un investissement pour fidéliser la clientèle.

Le sourire qui lui fut arraché se transforma en grimace quand elle se rendit compte qu'il y avait de grandes chances pour qu'elle n'ait pas l'occasion de rester une cliente habituelle.

- Bonne fin de soirée, croassa-t-elle à la grand mère de son amie.

La blonde n'eut pas le temps de franchir la porte, stoppée dans son élan par une poigne de fer.

- Emma ...

La voix la fit frissonner et elle lutta pour contenir ses larmes.

- Regardez-moi.

Elle s'accorda encore quelques secondes de concentration avant de se retourner.

- Je suis fatiguée Regina ... Il y a quelque chose que je peux faire pour vous ?

- Tout va bien ? lui demanda-t-elle en ignorant sa propre question.

- Je suis juste fatiguée, répéta-t-elle. J'ai eu une grosse journée.

Autour de son bras, les doigts desserrèrent leur emprise, la faisant frissonner pour une toute autre raison lorsqu'une magie réchauffa ses muscles endoloris.

- Reposez-vous. Je veux votre rapport d'ici demain midi.

- Pas de problème.

Un instant les iris d'ébène se posèrent sur ses lèvres et elle sut qu'elle devait fuir avant de s'écrouler.

- Bonne nuit Regina.

- Demain, midi, lui rappela la brune en guise d'adieu.

.

..

.

Elle avait l'impression d'avoir dormi quelques minutes lorsqu'elle fut réveillée par la sonnerie de son téléphone.

- Oh non j'y crois pas, se plaignit-elle en apercevant le nom de Mary Margarett sur l'écran.

- Emma ?! cria la voix dans son oreille avant qu'elle ait eu le temps de parler.

- D... David ?

- Emma ! Je me souviens !

- David, doucement, c'est pas la peine de crier. Je vais ... Je vais prendre un petit dejeu...

Ses yeux plissés pour distinguer ses environs venaient de tomber sur le réveil posé sur sa table de nuit.

- Non non non, David, tu m'as appelé à trois heures du matin ?!

- Oui.

- Arrête de crier bordel, s'énerva-t-elle avant de réaliser que l'homme ne savait probablement pas se servir d'un téléphone.

- Je dois te parler !

- Oui et bah ça attendra demain matin. Dix heures au commissariat.

- Mais et si j'oublie entre temps ?

- Écris tout et parle en à Snow, trouva-t-elle. Bonne nuit !

Elle n'avait pas reposé la tête sur son oreiller depuis trente secondes qu'elle se rendormit.

Jusqu'à neuf heures du matin.

Heure à laquelle elle fut réveillée par des coups frappés à sa porte.

Lunettes perchées sur le bout du nez elle croisa les doigts pour que ce ne soit pas David ou sa femme venus lui parler. Elle avait peut être plus dormi que de mesure parce qu'elle avait encore oublié d'activer son alarme, mais ce n'était pas une raison pour avoir le droit à un tel réveil.

- Bonjour Princesse, l'accueillit la voix chantante de Ruby.

- Dieu soit loué, j'ai cru que c'était David.

- Pourquoi ? T'as une tête de déterrée.

- J'ai trop dormi. C'est bon, la potion de Gold a marché, il se souvenait, il m'a appelé hier à trois heures de matin.

- Ouch.

- Tu l'as dit !

- Regina est passée ce matin, elle m'a dit de te rappeler que tu devais lui rendre un rapport à midi.

- Je sais. Et j'ai donné rendez-vous à dix heures à David. J'ai pas de temps à perdre.

- Bonne chance ! entendit-elle crié depuis le pas de la porte alors qu'elle se dirigeait déjà vers la salle de bain.

Elle avait besoin d'un peu plus que de la chance, mais pour l'heure elle était surtout reconnaissante à Ruby de ne pas mentionner l'épisode de la veille. Elle aurait pouvoir la garder comme amie, pensa-t-elle avec un pincement au cœur.

David était déjà au commissariat lorsqu'elle y arriva, serrant les dents pour ne pas se moquer de l'absence de sa femme.

- Salut David. Tout va bien ?

Il avait l'air anxieux des élèves qui s'apprêtent à passer un examen qu'ils redoutent.

- Salut. Oui oui, je crois. Je suis désolé de t'avoir réveillée cette nuit. Et d'avoir crié, Snow m'a expliqué comment ça marchait maintenant.

- C'est pas grave, répondit-elle en allumant son ordinateur.

Un cahier de brouillon sous le bras, debout derrière une des chaises qui faisaient face à son bureau, le Prince attendait visiblement d'être invité à s'asseoir.

- Je t'en prie, assieds-toi.

- Merci.

La jeune femme se retint de ne pas lever les yeux au ciel en l'observant ouvrir soigneusement son cahier sur un coin libre de son bureau. Il semblait relire des notes avant de se lancer.

- Tu as pris la potion ? demanda-t-elle pour briser la glace.

- Oui, hier matin, mais je ne me suis rappelé de rien dans la journée. C'est venu ... Le soir. En dormant. C'est pour ça que je t'ai réveillée. Parce que je venais de me réveiller.

- Hum ...

- Alors ... Tu veux que je commence par quoi ?

- Je préfère que tu ailles droit au fait. Comment est-ce que je redonne sa forme humaine à Maléfique ?

- En lui faisant boire une potion.

Elle s'imaginait déjà tenter de verser un liquide bouillant dans la gueule du dragon à l'aide d'une louche plus grande qu'une casserole. L'expérience allait être géniale ...

- Et cette potion, où je la trouve ?

- Il faut la préparer.

- Génial. T'as une liste ?

- Euh ...

Les grands yeux clairs rencontrèrent les siens avec la panique d'une cerf pris dans les phares d'une voiture.

- Tu l'as pas ? devina-t-elle.

- Je sais qui l'a.

- Qui donc ?

- Les hommes de Robins des Bois.

- Il existe lui aussi ?

- Oui, il éta...

Le Prince s'interrompit soudain et elle se demanda s'il n'était pas pris d'un malaise à en juger par la façon qu'il eut de porter une main à sa poitrine avant de se reprendre comme si de rien n'était.

- Pardon. Oui, dans la forêt enchantée, sa bande pillait les châteaux abandonnés ..

- Pour redistribuer aux pauvre, ouais je sais ...

- Quand il le faisait, oui ... Mais en général, c'était plutôt pour lui, corrigea David.

- Oh ? Ok ... Et donc ?

- Il y a eu une période sombre de ma vie où j'ai du me tourner vers Rump...

- Les faits David, je suis pressée.

- J'ai croisé cet homme et sa bande chez Maléfique quand elle n'y était pas. Il étaient à la recherche d'un moyen de sauver une femme et ils ont dérobé un livre de potion. J'ai eu l'occasion de le voir et je sais qu'il en contient une pour délivrer les gens d'une forme qu'ils ont voulu prendre.

- T'es sûr que c'est ça ? Ça m'a l'air plutôt simple ...

- Attendez de voir les ingrédients pour en juger, conseilla une voix à l'entrée du commissariat.

- Regina ?! Qu'est-ce que vous faites là ?

Par réflexe, elle s'assura que midi n'était pas encore passé et fut soulagée de voir non seulement que ce n'était pas le cas, mais qu'en plus la brune ne semblait pas se formaliser de l'accueil qu'elle lui avait réservé.

- J'ai un rendez vous avec David, je ne voulais pas qu'il soit en retard ou prenne le risque de l'oublier ...

Emma faillit lui faire remarquer qu'il était déjà actuellement en rendez-vous avec elle, mais elle préféra éviter l'esclandre en reportant son attention sur l'homme assis en face d'elle.

- Où est-ce que je peux trouver ce livre de potions ?

- La dernière fois que je l'ai vu c'était Robin qui l'avait.

- Et ce Robin, il crèche en ville ou dans les bois ?

- Euh ... Je ne sais pas, je n'ai pas eu le te...

- Nulle part, répondit Regina à sa place. Je ne me rappelle pas l'avoir vu une seule fois à Storybrook.

- Génial ... Et comment est-ce que je suis sensée récupérer ça ?

- Tous les livres qui n'avaient pas de possesseurs ont été transférés à la bibliothèque.

- Oh donc j'ai juste à chercher un livre parmi des milliers. Ça devrait être facile, non ? railla-t-elle.

- Rien n'est impossible pour la Sauveuse n'est-ce pas ? Souvenez-vous que vous avez un rapport à rendre à midi, lui rappela-t-elle cette fois en plongeant son regard dans la sien.

- Oui, répondit-elle avec un sourire sans joie.

- David, raccompagnez-moi à la Mairie, exigea la brune avant de disparaître dans le couloir par lequel elle était arrivée.

- Vous aviez un rendez-vous ?

- Non, pas que je sache. Je suis désolé ... Je peux y aller ?

- Bien sûr, ne fait pas attendre la Reine David !

Elle resta un long moment immobile après son départ, les yeux rivés sur la porte qu'ils avaient empruntés. Elle n'avait aucune inspiration pour écrire son rapport et pas la moindre idée de comment formuler ce que Whale lui avait avoué. Après tout il avait insinué que le Maire était au courant de ce qu'il se passait et elle s'était toujours vanté d'être au courant de tout ce qui se passait dans son village.

Elle était toujours perdue dans ses pensées lorsque Graham entra dans le commissariat les bras chargés de dossiers dont certains atterrirent sur son propre bureau.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Les archives que tu as demandé. Il va falloir m'aider à trier ça.

- Comment tu veux que je fasse ça ? se moqua-t-elle en feuilletant une liste de patients. Je ne connais pas les trois quarts de ces noms.

- Au flair ? proposa-t-il.

Décidant qu'elle ne parviendrait pas à se concentrer suffisamment pour produire un rapport, la chasseuse de primes laissa son coéquipier à ses recherches pour se diriger vers la bibliothèque.

- Tu veux voir Maléfique ? devina Belle quand elle la vit.

- Raté. Je cherche un livre qui a appartenu à Robin des Bois. Apparemment il serait ici.

Elle ne put s'empêcher de sourire à l'éclat qui passa dans le regard d'azur de la bibliothécaire. Elle avait besoin d'un peu d'activité, devina-t-elle et le moindre challenge devait la ravir.

- Tu saurais le trouver ? tenta-t-elle. Parce que j'avoue que j'en aurais pour ...

- Oui, fut-elle coupée. Facilement. C'est moi qui ait tout ré organisé avec le temps !

- Ok. Je te suis.

La jeune femme l'entraîna entre des rayons plus pleins les uns que les autres où elle devina parfois des échelles et des piles de livres entreposés dans l'attente d'être rangés.

- Ici, entendit-elle exclamé.

- Ici où ? demanda-t-elle en réalisant qu'elle ne voyait plus son guide.

- Deuxième à droite.

Elle obéit pour découvrir Belle perchée sur une échelle semblable à celles devant lesquelles elles étaient déjà passées.

- Tu attrapes ?

La blonde se précipita sur le carton qui lui était tendu, étonnée du poids qui s'écrasa sur ses avants bras, la bibliothécaire était certainement plus forte qu'elle ne le laissait paraître. Sans attendre que son accompagnatrice ne descende de là où elle était, la chasseuse de primes se chargea de sortir un à un des ouvrages que la boîte contenait.

Des manuels de combats, des contes de guerre, un livre de cuisine, des romans qui avaient visiblement appartenu à une femme et quelques contes pour enfant qui la firent se demander si il avait un jour eu un enfant. Où était-donc passé l'homme et toute sa famille ? Dans un asile lui aussi ? Elle se fit la réflexion qu'elle vérifierai s'il n'était pas présent sur la liste de détenus du centre psychiatrique avant d'être distraite par autre chose. Elle repéra le livre entre tous les autres, à la couverture vieillie incrustée de pierres d'un noir qui parvint à accrocher le moindre éclat de lumière de la pièce pour le refléter.

- C'est ça ?

- Je crois, chuchota-t-elle en extrayant le grimoire pour le poser sur ses cuisses fléchies.

Ses doigts parcoururent la constellation d'onyx avant d'ouvrir prudemment l'ouvrage, ses yeux immédiatement attiré par le nom qui brillait en lettre d'un rouge profond sur la première page.

- Il faut que j'y aille, déclara-t-elle poussée par elle ne savait quelle intuition.

- Quoi ? Mais ... Et le livre ?

- Je dois aller voir quelqu'un. Si tu veux je te ferai un topo dès que j'en saurais plus !

- Ok ... Autour d'un verre chez Ursula avec les filles ?

- Avec plaisir, promit-elle.

.

..

.

Les pneus de la Chrysler crissèrent sur le parking de l'hôpital où elle s'arrêta d'un coup de frein à main. Dehors des infirmiers en pause la regardèrent avec effarement et quelque chose comme de la peur lorsqu'elle décida d'avancer vers eux.

- L'aile psy ? demanda-t-elle sans préambule.

- Ouest, tournez à droite après les portes vitrées, le parcours est fléché.

- Merci.

Si quand on arrivait devant l'immense structure d'acier et de verre, on pouvait croire que l'incendie qui l'avait ravagé n'avait pas fait tant de dégâts que ça, le Shérif ne prit pleinement conscience des dégâts qu'à mesure où elle s'enfonça dans la direction indiquée. Les murs noircis étaient encore visibles sous les bâches tendues par endroits et l'odeur caractéristique de la suie collait encore à chaque meuble.

- Je peux vous aider ?

La jeune femme qui lui faisait face était certainement une fée, réalisa-t-elle quand elle remarqua ses oreilles pointées vers le plafond et ses yeux plus brillants que la normale. Elle n'aurait pas été étonnée de lui voir des ailes dans le dos si elle s'était retournée.

- Shérif Swan. J'ai besoin de voir une de vos patientes.

- C'est pour les témoignages ? demanda-t-elle avec quelque chose qui ressemblait à de la suspicion.

- Je deciderai, choisit-elle de répondre. Zohra Black, où est-elle ?

- Chambre 44. Faites attention, elle peut être dangereuse.

- Ne vous inquiétez pas pour moi.

L'intérieur de la chambre 44 aurait pu avoir souffert de l'incendie pour autant qu'elle en savait, des pans entiers de murs semblaient recouverts de fresques peintes à l'encre noire. A bien y regarder on pouvait y voir des silhouettes s'entrelacer, s'affronter et se tuer en jets de sang noir. Elle n'aurait pas dormi une seconde dans une pièce comme celle là.

- Ça vous plait ?

La voix suave provenait d'un coin de la chambre auquel elle ne s'était pas intéressée et de la femme qui lui parlait, elle ne parvint à distinguer que deux longs bras d'une pâleur presque inquiétante.

- Un peu trop sombre à mon goût, avoua-t-elle. Mais je dois reconnaître qu'il y a du talent.

- Qui êtes vous ?

- Je m'appelle Emma Swan. J'ai quelque chose ...

- Qui appartient à ma mère, finit son interlocutrice en pointant d'un long doigt le livre qu'elle portait sous le bras.

- J'ai besoin de préparer une potion qu'il contient et sur la première page il est marqué seule un membre de la famille Black peut les concocter ...

- Quelle potion ?

- Je veux passer un marché avec vous, répondit-elle à côté. Je vous rends la liberté si vous m'assurez que la potion sera à moi d'ici la fin de la semaine.

- C'est un marché que je ne peux pas faire tant que je ne sais pas de quelle potion il s'agit Emma Swan ...

- Je veux redonner aspect humain à une sorcière prisonnière d'une ... autre forme.

A l'autre bout de la pièce, elle eut le temps de voir l'éclat clair de deux yeux d'un vert qu'elle avait déjà admiré chez la sorcière de Boston avant d'être précipitée contre le mur le plus proche par une masse sombre.

La femme s'était déplacée avec la rapidité d'un félin pour venir l'affronter à quelques centimètres de sa peau dont tous les poils s'étaient soudain dressés. Elle était dangereuse. Elle n'avait peut être pas sa place dans l'asile où elle avait été enfermée, mais elle ne doutait pas une seconde que cette femme avait déjà commis des actes qui l'aurait fait frissonner.

- Maléfique est prisonnière de son dragon ? devina-t-elle.

Il y avait quelque chose dans la façon dont elle avait prononcé le nom et l'éclat fauve qui était passé dans ses iris qui la poussa à croire que les deux femmes s'étaient affrontées autrefois.

- Zohra j'ai l'intention de vous faire sortir d'ici, je comptais même vous conduire jusqu'à votre mère, mais si vous ne me lâchez pas dans la seconde qui suit, je détruis jusqu'à la dernière trace de votre existence et vous pourrirez ici jusqu'à la nuit des temps, c'est clair ? menaça-t-elle.

L'effet fut instantané, les mains agrippées au col de son blouson la lâchèrent, la rousse prenant immédiatement de la distance avec elle.

- Ma mère est vivante ?

- Oui, mais elle vit dans une autre ville.

- Comment l'avez-vous retrouvée ?

- Regina la connait.

- Cette garce est ...

- Attention à vos paroles Zohra, coupa-t-elle avant de perdre son calme.

- Conduisez moi à ma mère, elle vous offrira la potion.

- Je préfère que vous la fassiez vous.

- Je ne sais pas le faire et de toute manière il me manquerait des ingrédients ...

- Comment savez-vous quels ingrédients il faut et si nous n'en avons pas à disposition ?

- Parce que je suis intelligente, répondit-elle simplement avec un air de supériorité fâché qui la fit sourire.

- Pourquoi êtes vous ici si vous êtes si intelligente que ça ?

- Ça ne vous regarde pas Sauveuse.

- Comment venez-vous de m'appeler ?

- Vous avez très bien entendu. Je suis aussi douée que Mal pour infiltrer les pensées des gens, alors dépêchez vous de prendre votre décision, je commence à m'ennuyer.

- A vous enn...

Elle n'arrivait pas à croire le culot de cette femme.

- Très bien, reprit-elle. Je vous ferai part de ma décision.

Les talons tournés, elle entendit très distinctement le ricanement auquel sa réponse eut le droit, mais ne daigna pas lui accorder l'attention qu'elle aurait pu vouloir.

Dans les couloirs, elle dut se coller à un mur pour laisser passer un chariot empli de plateau repas et aidée des grondements de son estomac, elle prit la décision d'affronter ses propres démons.

Ruby lui remit en mains propres et tout sourire les sacs en papier marron contenant la nourriture qu'elle avait commandée et elle fut heureuse de ne pas trouver de secrétaire devant le bureau où elle entra sans s'annoncer.

- ... accusations sont grotesques Maître. Si c'est là la seule défense qu'il ait, je ne donne pas cher de sa peau.

Le Maire accrocha son regard tandis qu'elle posait les sacs sur le bureau immaculé et la fatigue qu'elle y vit la fit froncer les sourcils.

- Stop. Je ne veux plus entendre une seule autre de vos inepties. Adressez-vous à mon Shérif si vous avez des questions. Nous nous reverrons au procès si vous avez le cran d'appeler mon nom.

Le combiné fut raccroché avec une violence non dissimulée qu'elle trouva adorable, tentant d'ignorer le nœud qui serrait son estomac quand elle y pensait.

- Votre rapport est prêt ?

- Non, choisit-elle d'avouer. J'ai pensé que vous en parler face à face serait une meilleure idée.

- Miss Swan, nous n'avez pas à penser quand le Maire vous donne un ordre.

Elle ne répondit pas et Regina finit par relever la tête des notes qu'elle était en train de classer pour croiser son regard. Visiblement son mécontentement était clair, les épaules de la brune s'affaissant légèrement après quelques secondes d'affrontement.

- Je suis désolée, j'ai eu une matinée éprouvante.

- Je comprends. J'ai apporté de quoi manger, ça vous dit ?

- Vous ne faites plus de grève de la faim ? demanda la sorcière en surveillant d'un air suspicieux les boîtes qu'elle était en train de sortir.

- Je ne faisais pas la grève de la faim, je ne mange pas quand je suis fatiguée, c'est tout ...

- Vous mentez ...

- Vous aussi vous avez menti toute à l'heure quand vous êtes venue chercher David.

- Son idée a-t-elle été fructueuse ?

- Vous changez de sujet.

- C'est exact. Alors ?

- On en parlera après le repas.

- De quoi préférez-vous parler pendant ? De la façon dont vous m'avez ignorée hier peut-être ?

- Certainement pas. Comment va Henry ? préféra-t-elle demander en se jetant sur le premier sujet sans risque.

- Bien. Il aurait aimé manger avec vous, mais vous n'avez pas daigné répondre à mon appel.

- Je suis allée courir avec Ruby, j'avais pas mon téléphone sur moi.

Le Maire ne répondit pas, choisissant visiblement de faire semblant d'être trop occupée de manger la salade composée pour pouvoir converser convenablement et la chasseuse de primes la regarda un long moment après avoir fini son burger continuer à avaler les petites bouchées de riz aux légumes qui restait dans son assiette. Elle ne ce serait jamais doutée qu'un jour le simple fait d'observer quelqu'un manger la rendrait si heureuse. Et pourtant c'était exactement ce qui était en train de se passer.

Les paroles de Ruby lui revinrent en mémoire et elle parla avant même d'avoir pu réfléchir à ce qu'elle allait dire.

- Faites vos valises, ce soir nous partons pour Boston.

- Pardon ?

La fourchette s'était immobilisée quelque part entre l'assiette et les lèvres laquées d'un rouge presque violet qu'elle avait envie d'embrasser.

- J'ai trouvé la façon de briser la malédiction de Maléfique. Je ramène Zohra Black à sa mère en l'échange de la potion. Vous venez avec moi.

Elle n'avait pas osé prononcer les derniers mots sous la forme d'une question, craignant qu'elle n'obtienne pas de réponse positive, mais cela n'empêcha la brune de tergiverser.

- Et Henry ? Pourquoi me le dire que maintenant ?

- Graham se fera un plaisir de le garder. Juste deux jours Regina ... Et je viens à peine de l'apprendre, je sors de l'hôpital.

- Vous avez rencontré Zohra ?

- Oui, pourquoi ?

- Ne la fréquentez pas.

- Je croyais que vous ne la connaissiez pas ?

- De réputation seulement.

- Je vois ...

- J'en doute ... Et pourquoi exiger de moi que je vienne avec vous ?

- Parce que vous connaissez Melissandre et que Maléfique est votre amie ... J'ai pensé que ça vous ferait plaisir ... Et peut-être parce que je pensais que passer du temps avec moi pourrait vous faire plaisir ...

- Je n'ai pas un emploi du temps aussi souple que le votre Emma ...

Mais la voix de la brune s'était faite plus douce, chargée d'un regret qu'elle espérait de bonne augure.

- Regina ... J'aimerais vraiment passer ces deux jours avec vous.

- Et si préparer la potion exigeait plus de temps ?

- Alors vous pourrez repartir. Je ne vous abandonnerai pas, je la surveillerai sans relâche jusqu'à ce qu'elle me la donne et je reviendrai ici vous la donner.

Il fallait à tout prix la convaincre. Si tout se passait comme prévu et qu'elle parvenait à rendre forme humaine à la sorcière, Regina serait sur ses gardes, consciente qu'il resterait plus qu'elle pour complètement briser la malédiction. En clair, elle allait lui rendre la vie infernale et elle était prête à mettre sa main à couper qu'elle ne voudrait plus se laisser entraîner dans une aventure telle qu'un week-end à l'extérieur de la ville.

- Je paye tout, je m'occupe de tout, rajouta-t-elle.

- L'argent n'est pas un problème.

- Henry sera ravi de rester avec Graham, surtout si c'est si c'est pour la bonne cause !

- Je sais ... Je vous préviens, je ne fais pas monter cette folle dans ma voiture.

La chasseuse de primes réussit de justesse à réprimer le cri de joie qui avait voulu s'échapper, sans pouvoir empêcher le sourire radieux qu'elle adressa à la femme en face d'elle.

- C'est bon, on prendra ma voiture !

.

..

.

Comme prévu Henry s'était montré plus que coopératif et même s'il avait dans un premier temps voulu les accompagner, un simple avertissement de la part de sa mère l'avait fait changer d'avis.

En plein jour, la chasseuse de primes avait marqué un temps arrêt en voyant Zohra Black enveloppée dans un grand manteau aussi noir que son nom de famille faisant étrangement ressortir la chevelure de feu et les yeux d'une clarté impressionnante. Son trouble lui valut un regard tranchant de la part de Regina qui s'occupa en personne d'attacher la prisonnière sur la banquette arrière.

- C'était absolument nécessaire de la bâillonner ? demanda-t-elle tout de même une fois qu'elles furent en route.

- Je décide de ce qui est nécessaire Emma, répondit la brune en s'enfonçant dans le siège en cuir de la Chrysler.

Elle manqua piler à la frontière du village lorsque sa passagère se tendit, une main crispée sur son cœur, mais la sorcière la rassura dès qu'elle eut retrouvé le souffle qu'elle avait soudain perdu.

- Roulez Miss Swan, ça m'arrive toujours quand je franchis la barrière magique qui protège le village ...

Le reste du trajet se fit en silence et même lorsque la rousse se fut endormie à l'arrière de la berline, sa coéquipière refusa de parler plus que pour lui donner des indications sur la route à suivre, choisissant d'ignorer qu'elle la connaissait bien mieux qu'elle. Ce ne fut qu'arrivée devant le grand hôtel que la brune daigna lui adresser à nouveau la parole.

- Vous allez la loger ici avec nous ? lui demanda-t-elle quand elle annonça son nom à l'accueil.

- Bien sûr. Et dans la même chambre.

- Pardon ?

- C'est une suite, il y a de la place. Je ne pouvais pas risquer qu'elle s'en aille et je suis sûre que vous trouverez le moyen de nous débarrasser d'oreilles indiscrètes si vous en avez l'envie.

- La suite numéro 18 est à vous, lui annonça le groom.

Elle eut du mal à ne pas se moquer du sourire ébahit qu'il lui adressait, certainement impressionné par sa compagnie.

- Je suppose que vous ne servez plus à cette heure ? demanda la brune avec un coup d'œil agacé à sa montre Cartier.

- Nous pouv ...

- C'est bon Regina, coupa-t-elle. Je vous emmène quelque part.

Le maire de Storybrook fronça les sourcils, certainement surprise par la proposition, mais ne fit aucune remarque jusqu'à ce qu'elle soit à nouveau seule dans la rue, Zohra enfermée à double tours et à l'aide de plusieurs sorts dans une pièce de la suite.

- Deux invitations au restaurant dans le même jour Miss Swan ... Que cherchez-vous à faire ?

Profiter de vous tant que je peux ...

- Vous allez voir, vous allez adorer !

- Un ami à vous je suppose ?

- Comment ?

- Parce que même un patron reconnaissant n'ouvrirait pas ses cuisines pour une chasseuse de primes ...

- Peut-être que je vous emmène dans un snack ouvert vingt quatre heures sur vingt quatre ... plaisanta-t-elle en s'emparant de la main de la brune.

- Vous n'oseriez pas ...

- Pourquoi donc ? poussa-t-elle en attirant la sorcière dans ses bras.

Autour d'elles, la rue s'immobilisa, un silence de plomb tombant sur les alentours et peut-être même la ville réalisa-t-elle en apercevant un journaliste figé dans un écran téléviseur en vitrine.

- Parce que vous ne voudriez pas avoir à affronter mon courroux.

- Votre courroux ? reprit-elle en riant.

En face d'elle, la confusion de la Reine qui ne comprenait pas qu'elle ne puisse être prise au sérieux la fit rire de plus belle. A regret, elle se détacha d'elle pour profiter de l'immobilisme de la ville et s'engouffrer dans la circulation arrêtée.

- Qui vous dit que j'ai peur de vous ?

- Vous devriez Emma ...

- J'ai de la magie moi aussi ! se défendit-elle en arrachant la lumière d'un lampadaire pour la faire briller dans le creux de sa main.

- Je suis morte de peur ... railla la brune en s'avançant vers elle.

Le ton menaçant perdait toute dangerosité quand on prêtait attention au détail de ses lèvres esquissant un sourire et l'éclat rieur des deux orbes d'ébène. Regina Mills plaisantait avec elle. Peut-être même était-elle en train de s'amuser et l'idée lui réchauffa le coeur. Qui d'autre pouvait se vanter d'amuser la Reine ?

- Vous devriez, j'ai lu pas mal de sorts ces derniers temps !

- Rien que je n'ai pas lu avant vous ...

- Je suis sûre que je peux trouver quelque chose, choisit-elle de répondre en reculant tout de même pour creuser à nouveau un peu de distance entre elles.

- J'attends ...

Elle était encore en train de réfléchir à un moyen de lui prouver ses dires quand elle remarqua le filet carmin qui rayait le visage de la brune en une nette coulée de sang entre son nez et sa lèvre supérieure.

- Regina ?

Et son ton portait soudain assez d'inquiétude pour contaminer le Maire de Storybrook.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Vous avez ... Vous avez un peu de sang là, répondit-elle en désignant la zone sur son propre visage.

- Du sang ?

Assaillie d'une peur qu'elle n'expliquait pas, la chasseuse de primes sentit son estomac se nouer en observant la brune porter la main à l'endroit indiqué, parvenant à voir les sourcils se froncer malgré la distance qui les séparaient toutes deux. Elle n'était plus la seule inquiète à en croire le regard qu'elles échangèrent l'instant d'après.

Avant que Regina ne vacille, parvenant à se maintenir debout que de justesse.

- Regina ?

Soudain, la vie grouillante de la ville de Boston se précipita dans ses tympans en un fracas effrayant et tandis qu'elle luttait pour ne pas porter ses deux mains autour de sa tête pour éviter l'assourdissement, un éclair blanc raya son champ de vision, happant la silhouette de la femme qui se tenait en plein milieu de la rue en coup de klaxon que tout le quartier dut entendre.

- REGINA !

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* rire démoniaque * À la ( semaine ? ) prochaineeeeee :D