Hello my dears !

Vous avez vu j'essaie de faire un effort en ce moment pour pas mettre trop de temps à faire des mises à jours ? Mais en même temps je vous le devais vu la fin du précédent chapitre ... Et encore j'étais en avance mais j'ai soudain été inspirée pour écrire des scènes qui auront lieu plus tard xD

Grat ... "Ignoble" Carrément ?! Bon beh j'espère que ce chapitre rattrapera mes fautes ;)

Merci à tous les autres qui favorisent, suivent, lisent tout simplement et à ceux que j'aime un peu plus que les autres parce qu'ils/elles commentent : Raphi5930, EvilSwanMills, rozaline38, OoO-RED-OoO, angele751, Regina2015, MissOuat4ever, lillyyy19, evilhayleyregal, DroDrov, Floralys20, Serena226 , Artemis972 ...

Ce chapitre est le dernier avant un gros tournant pour la fic qui se terminera je pense aux alentours du Chapitre 20 / 22, il est largement M, mais bon c'est pour me rattraper de ce qui se passera plus tard :D Profitez-en donc ^^

Bonne lecture ! - Slopopina, ce chapitre est pour ton anniversaire ;)

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Chapitre 16

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Emma Swan pouvait compter sur les doigts de la main droite le nombre de fois où elle avait été heureuse dans sa vie. Et elle aurait était prête à en couper quelques uns s'il s'agissait de compter celles où on l'avait rendue heureuse. Quand ce n'était pas l'achat de sa première voiture avec l'argent qu'elle avait pu mettre de côté ou la création de l'entreprise qui lui avait coûté des mois entiers pour parvenir à la monter, personne, pas le moindre être vivant, n'avait réussi à la faire toucher d'aussi prêt cet état d'esprit.

Personne sauf Regina Mills.

Sans le vouloir et ensuite sans même y accorder la moindre importance, l'inconnue avait bouleversé son existence. La jeune femme qui ne vivait que de café et d'action avait vu son univers changer d'axe lorsque ses yeux s'étaient posés sur la brune. Comme si pendant des années elle s'était contentée de vivre dans un monde grisâtre que la mère d'Henry s'était amusée à barioler de couleurs.

D'un rouge profond qu'elle avait assimilé au désir quasi animal qu'elle avait ressenti pour elle dès les premières secondes en passant par le noir de la colère qu'elle pouvait lui insuffler avec une facilité déconcertante jusqu'au vert pétant d'une jalousie qu'elle avait découverte sans limite.

Aujourd'hui elle pouvait rajouter le bleu. Glacé. Celui de la peur qui avait envahi chaque centimètre carré de sa peau, tendu ses muscles jusqu'à la paralyser quand elle tenta de courir après le camion qui s'était immobilisé un peu plus loin. Sa vision se brouilla de larmes, presque aussitôt suivi du ciel qui se creva juste au dessus d'elle en torrents d'eau. Un éclair tapa un lampadaire à sa droite, provoquant un cri chez une passante.

Quelqu'un klaxonna à nouveau dans la rue, protestant visiblement contre l'embouteillage que le camion de livraison était en train de causer. À son plus grand étonnement, le véhicule redémarra, l'envahissant d'une rage qui fit crépiter la magie entre ses poings fermés, la foudre allant cette fois directement s'abattre sur le camion. Autour d'elle, des gens commençaient à courir pour se mettre à l'abris et quelqu'un la bouscula sans pour autant la faire sortir de sa transe.

- Emma !

L'appel de son prénom depuis l'autre trottoir fit l'affaire. La chasseuse de primes sentit ses sourcils se froncer, un hoquet d'étonnement franchissant la barrière de ses lèvres inondées de larmes qui troublaient la silhouette debout en face d'elle. Ce fut à ce moment que ses muscles décidèrent de re-fonctionner, l'envoyant risquer sa vie sur le goudron de la chaussée sans avoir vérifié la présence d'autres voitures malgré ce dont elle venait d'être témoin.

Elle manqua trébucher sur le rebord du trottoir qu'elle atteignit, s'immobilisant à quelques centimètres de la femme avant d'anéantir toute hésitation en même temps qu'elle la prenait dans ses bras, sans même tenter de stopper ses pleurs.

- Emma ...

À contre coeur et parce que des mains la poussaient à le faire, la jeune femme prit assez de recul pour plonger son regard dans celui de la brune, incapable de lui répondre par dessus le vacarme de l'orage et celui de son coeur battant à la chamade dans ses oreilles.

- Emma arrête ça. Tout de suite.

- Je ... J'ai cru ... J'ai vu ...

Elle ne parvint pas à articuler plus que ces quelques mots et dut se battre contre le gémissement pitoyable qu'elle manqua pousser quand Regina l'attira à nouveau à elle, son visage trouvant facilement une place entre la peau brûlante de son cou et la fourrure du col de son manteau.

- Je vais bien Emma. Il en faut vraiment plus pour abattre une Méchante Reine.

Ses lèvres s'étirèrent en un grimace mi sourire mi moue, envahie d'un soulagement qu'elle n'aurait jamais cru possible quand deux bras se refermèrent autour d'elle en un geste qu'elle n'aurait jamais imaginé de la part de cette femme. Son coeur battait encore un rythme effréné, visiblement incapable de passer d'une émotion vive à une autre. De l'horreur absolue au calme apaisant qu'elle trouvait dans la position où elle était. Lentement, la blonde parvint à reprendre le contrôle de ses muscles, levant ses bras ballant pour entourer la taille et les épaules de son amante. Une main se faufila dans ses cheveux et les mots lui échappèrent avant que leurs lèvres ne se rencontrent.

- Je suis tombée amoureuse de vous Regina ...

Elle aurait pu se demander si l'intéressée l'avait entendue si elle n'avait pas senti la brève pression des doigts qui s'étaient recroquevillés dans ses mèches blondes avant d'être irrémédiablement attirée vers elle.

Elle savait qu'elle n'aurait pas du avouer ses sentiments. L'idée était absurde. Comment pouvait-on encore à son âge tomber amoureuse d'une personne aussi vite ? En la connaissant aussi peu ... A bien y réfléchir elle n'avait jamais éprouvé de tels sentiments pour qui que ce soit et aujourd'hui elle était prête à donner sa vie pour celle qu'elle tenait entre ses bras. Et même si l'idée l'emplissait d'une terreur maladive, elle savait qu'elle irait jusqu'au bout, ne serait-ce que pour ce qu'elle était en train de ressentir. Elle était en train d'embrasser la femme qu'elle aimait sous la pluie, aux yeux de passants qui ne trouvaient rien à y redire. Elle se sentait libre et enfin vivante.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle pourtant quand elle se détacha d'elle. Je n'aurais p...

- Vous ne deviez pas m'emmener manger quelque part ? coupa la brune.

Elle ne put s'empêcher de sourire. Elle l'acceptait. Elle aurait très bien pu choisir de se moquer d'elle ou tout simplement lui faire remarquer avec politesse que ses sentiments n'étaient pas partagés, mais elle ne l'avait pas fait.

- Vous allez bien ? voulut-elle tout de même se rassurer.

- Oui.

- Mais toute à l'heure vous ...

- Oui, oui, je sais. J'ai du ... me surestimer.

Elle se doutait que l'avouer devait lui en coûter et préféra détourner la conversation vers un autre sujet.

- Suivez-moi, c'est à deux minutes à pieds, la pluie ne vous gène pas trop ?

- Un orage Miss Swan ? Qu'ai-je à y perdre à part mes Jimmy Choo ? railla la brune.

- Vos quoi ? se moqua-t-elle.

- Mes chaussures ... Allons-y, je vous suis !

Cette fois elle n'eut même pas à tendre la main, déjà prise par la mère d'Henry qui la suivit docilement sous un parapluie qu'elle avait fait apparaître jusqu'à l'entrée d'un immeuble qui avait l'air d'un vieil hôtel délabré. Elle sourit en apercevant son froncement de sourcils du coin de l'œil.

- Vous me faites confiance ?

- Oui, répondit étonnement Regina.

Sur le seuil de la porte elle l'embrassa une dernière fois avant de lui présenter un foulard qui fut accueilli avec suspicion.

- Vous comptez bander mes yeux ?

- Oui. Je peux ou vous tenez à le faire vous même ?

Pour toute réponse, elle observa l'intéressée se saisir du morceau de tissu soyeux avant de le placer avec précaution sur ses yeux, le nouant assez fermement pour l'aveugler.

- Un jour on fera ça dans une chambre, lui glissa-t-elle à l'oreille, admirant le sourire qui se dessina sur les lèvres pulpeuses.

Prudemment, elle la conduisit dans le hall de l'hôtel miteux et jusque derrière l'accueil où personne ne les avait accueillies, resserrant la prise autour du bras qu'elle tenait pour la guider dans l'immense entrepôt glacé qu'il fallait traverser. En face d'elle un homme en costard bleu nuit les regardait arriver avec l'indifférence d'un agent de sécurité.

- Emma Swan.

Comme toujours, son nom dérida son interlocuteur qui lui adressa un sourire avant d'ouvrir la porte sur un couloir sombre au bout duquel on pouvait apercevoir une porte en métal renforcé.

- Prête ? demanda-t-elle une main sur la poignée en forme de gouvernail.

- Toujours, souffla la brune.

Elle se demanda un instant comment l'intéressée parvenait à la troubler d'un seul mot alors qu'elle était en position de faiblesse, les yeux bandés et sans aucune idée de l'endroit où elle l'amenait. La porte s'ouvrit sur une bouffée d'air chaud et elle sourit en reconnaissant le décors familier où quelques tables étaient encore occupées, les clients complètement indifférents à leur entrée. Elle prit le temps de se placer derrière Regina pour ôter son bandeau, le visage caché dans les mèches de soie brune au parfum qu'elle emporterait dans sa tombe.

- Un restaurant clandestin ?

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Elle avait été déçue que sa surprise n'en soit pas complètement une, mais comme l'avait soulevé la souveraine, la forêt enchantée était peut être un tout autre univers, mais ce genre d'établissements n'étaient pas le propre d'une seule civilisation.

Pour la première fois, elle avait passé l'intégralité d'une soirée à parler avec elle et le résultat avait été des plus satisfaisant. Regina avait accepté de répondre à ses questions, décrivant le royaume qu'elle avait bâti et du détruire avec la malédiction, les êtres qui y vivaient et comment elle avait longtemps rêvé de vivre en simple propriétaire d'immense terrains où elle pourrait élever des chevaux. L'évocation des équidés l'avait renfrognée et elle avait changé de sujet, abordant toutes les questions qu'elle n'avait jamais osé posé auparavant par dessus un verre de vin rouge que la brune avait choisi avec l'air de s'y connaitre encore mieux qu'elle.

Au dessert, la vision de la sorcière dégustant une coupe de glace manqua la faire sortir de ses gonds et elle s'était empressée de présenter son ami de toujours. L'homme avait partagé sa chambre pendant les deux ans où elle était restée dans sa dernière famille d'accueil et elle avait été gênée par le regard attentif dont elle avait fait l'objet dès que Regina l'avait compris. Ce n'était pas de la jalousie, plutôt de l'inquiétude et l'idée qu'elle puisse faire cas de ses propres émotions la bouleversa à nouveau.

Ruby avait raison comprit-elle en plongeant dans la chaleur des ordres d'ébènes où se reflétaient les flammes des bougies éparpillées un peu partout dans l'établissement. Regina Mills avait de véritables sentiments pour elle.

- On rentre ? demanda l'intéressée.

- Oui.

À l'extérieur il ne pleuvait plus et main dans la main elles rentrèrent à nouveau à pieds jusqu'à l'hôtel qu'elle leur avait choisi.

- Vous vous rappelez de la dernière fois qu'on est montées dans un ascenseur ensemble ? demanda-t-elle quand elles y furent.

- En revenant de la cave de Maléfique ?

Le sourire en coin qu'elle parvint à voir sur les lèvres de la brune fut suffisant pour lui faire comprendre qu'elle se souvenait très bien de la dernière fois qu'elles avaient partagé un ascenseur d'hôtel. Et aujourd'hui ce n'était plus la peine de se cacher pour faire croire qu'elle était une policière aux trousses d'une trafiquante clandestine. La chasseuse de prime appuya une seconde fois sur le bouton de leur étage pour s'assurer qu'elles ne seraient pas interrompues et n'attendit pas l'accord de sa compagne pour se jeter sur elle et s'emparer de sa bouche.

De toute manière Regina n'avait pas l'air de vouloir l'en empêcher à en juger par le gémissement qu'elle entendit dès qu'elle la poussa contre l'immense miroir qui ornait la cabine. Elle s'efforça de laisser transparaître tout ce qu'elle ressentait pour elle dans la façon dont elle avait de l'embrasser, les deux mains coupant le visage hâlé, le bassin la maintenant fermement en place quand elle voulut inverser les positions.

Ce soir elle ne la laisserait pas avoir le dessus. Elle avait passé une soirée, une vraie, avec la femme qu'elle aimait. Elle avait pu l'inviter dans un restaurant et parler avec elle comme si elles n'avaient jamais été prises dans le tourbillon infernal qu'étaient leurs vies si compliquées. Si tout se passait bien, elles auraient bientôt la potion nécessaire à briser la malédiction de Maléfique et il ne lui resterait plus qu'un ultime sacrifice à faire ... Alors ce soir elle comptait bien faire l'amour à Regina Mills. Juste une fois. Pour se prouver que c'était possible, que tout n'était pas issu de son imagination.

Elle bloqua toute tentative de son amante qui essayait désespérément de creuser le décolleté du chemisier qu'elle portait et ne put s'empêcher de rire au soupir d'exaspération résignée qu'elle poussa lorsqu'elle lui prit la main pour l'entraîner à l'extérieur de la cabine et vers leur suite. Et elle qui s'était attendue à une véritable bataille, fut agréablement surprise par la façon dont pour une fois Regina la laissait mener leur danse. De longues minutes plaquée contre le premier mur du salon, la robe remontée autour de sa taille et les cuisses frémissant à la moindre caresse qu'elle lui accordait du bout des doigts.

- Emma, notre chambre.

"Notre chambre", se répéta-t-elle avec un sourire avant de la soulever dans ses bras pour avancer jusqu'à la pièce où elle la déposa sur l'immense lit. Et si tôt y fut elle, la brune s'attaqua à nouveau à la déshabiller.

- Non, prévint-elle.

- Pourquoi ?

- Vous me faites confiance ?

- Oui, répondit-elle sans hésiter à sa grande surprise.

- Tant mieux.

La jeune femme ne lui laissa pas le temps de formuler une autre réponse, s'emparant des mains agrippées à son chemisier pour les ramener au dessus d'elle sans cesser de l'embrasser. Mais la seconde d'après le corps en dessous du sien fit un bond, probablement en réalisant qu'Emma venait de lui attacher les poignets avec le même foulard en soie qui avait bandé ses yeux plus tôt dans la soirée.

- Regina, faites moi confiance, demanda-t-elle cette fois.

- Je ...

- Un seul mot et j'arrête tout.

Il n'y eut pas de réponse immédiate et elle dut attendre le bref hochement de la tête pour reprendre ce qu'elle était en train de faire. Les yeux d'ébènes brûlaient d'un feu qu'elle ne leur avait jamais vu lorsqu'elle mit fin à leur baiser pour se débarrasser de ses vêtements et remonter sur elle en sous-vêtements. Sa cuisse calée entre les jambes de la brune, elle sourit à ses tentatives de trouver un contact qu'elle lui avait pour l'instant refusé. Elle céda pourtant quelques secondes plus tard, précipitant son genou contre une source de chaleur qui la fit gémir autant que sa partenaire.

D'un geste négligent du poignet elle la débarrassa de sa robe, dévorant du regard la peau dénudée et le satin d'un vert d'eau qui cachait les derniers centimètres carrés de son amante.

- Vous êtes sublime Regina ..

Elle n'attendit pas sa réponse pour fondre sur elle et tracer de sa bouche chaque courbe de son corps, mordant et suçant sans marquer pour autant. Elle se rappelait clairement qu'elle n'en avait jamais eu l'autorisation et aujourd'hui elle ne voulait pas risquer de se faire rejeter pour si peu.

Sous elle, le corps de la brune s'arqua, demandant ce qu'elle ne voulait visiblement pas formuler à haute voix et elle s'amusa à lui détacher son soutient gorge avec une lenteur délibérée.

- Emma ... gronda l'intéressée.

- Oui ?

- Faites quelque chose avant que j...

Elle ne finit jamais sa phrase, coupée par les lèvres d'Emma lorsqu'elles se refermèrent sur un téton déjà durci. La blonde laissa ses mains courir sur le ventre tendu avant de remonter empoigner les seins avec lesquels elle joua jusqu'à ce que le corps plaqué par le sien ne finisse par trembler. Alors seulement elle se fraya un chemin jusqu'au dernier morceau de tissu qui la recouvrait. Le premier coup de langue fit bondir la brune dont elle dut maintenir les hanches pour ne pas être assommée. Leurs regards se croisèrent et elle put lire l'avertissement presque suppliant dans les orbes sombres.

Incapable d'y résister, la chasseuse de primes se débarrassa du string d'une simple pensée, souriant à ses pouvoirs qu'elle n'avait jamais trouvé autant utiles que dans ces moments là avant de plonger sur le sexe trempé. Elle avait prévu de continuer la torture, mais son prénom, arraché à son amante en un gémissement la fit perdre le fil de ses pensées. Des jambes musclées se refermèrent autour d'elle lorsqu'elle fit courir sa langue sur toute la longueur de son intimité et elle finit par céder et la pénétrer. Elle tint à la faire jouir comme ça, ignorant ses protestations. Une main se glissa dans ses cheveux pour la plaquer un peu plus étroitement contre elle et elle gronda en réalisant que la brune s'était libérée de ses liens. Elle pensait se venger mais les cuisses de Regina se refermèrent brutalement sur elle, sans pouvoir pour autant l'empêcher d'entendre le cri qu'elle poussa lorsque son corps se cambra.

Elle ne s'arrêta pas, délaissant sa précédent activité pour refermer ses lèvres autour du clitoris de son amante dont les ongles labourèrent son cuir chevelu. Elle pouvait sentir son coeur battre dans sa main toujours posée sur son sein et sut à la façon dont le sang frappait contre sa langue qu'elle était sur le point de lui donner un autre orgasme. Ses efforts furent récompensés quelques instants plus tard, mais la sorcière la repoussa presque aussitôt lorsqu'elle tenta de recommencer.

- Emma non, je suis trop ... sensible.

L'intéressée se laissa attirer vers le sommet du lit, attaquée par Regina qui en profita pour inverser les rôles. La chasseuse de primes accepta un long moment le baiser qu'elle lui donnait, ses mains courant sur le corps en sueur malgré le froid ambiant. Qu'importait le désir qui brûlait entre ses reins et que le sexe de la brune effleurant parfois le sien était sur le point de la rendre folle, elle s'était promis que cette nuit ne lui serait pas dédiée.

Elle étouffa d'un baiser plus profond le cri que l'autre poussa quand elle la pénétra de deux doigts sans préambule, taisant ses protestations d'une morsure qui laissa haletante, le front appuyé contre le sien tandis qu'elle imprégnait un rythme lent en elle. La blonde l'observa, les yeux fermés, des dents fermement plantés dans sa lèvre inférieure, le visage encadré de mèches ondulées à quelques centimètres du sien. Elle avait l'impression d'être une adolescente s'émerveillant d'avoir réussi à embrasser la plus jolie fille du collège.

- Vous êtes vraiment magnifique.

Son compliment eut le droit à un petit rire désabusé. Comme si elle l'avait entendu trop de fois pour y croire encore et l'idée même la dérangea.

- Vous ne me croyez pas ?

Elle n'obtint aucune réponse et l'emprisonnant entre ses jambes, la força à rouler sous elle. Ses doigts accélérèrent leur course, allant plus loin et plus fort mais ce ne fut que lorsqu'elle en rajouta un que Regina voulut bien croiser son regard, soutenant le feu et la magie qui brillaient dans les siens.

- Vous êtes la plus belle femme que je connaisse Regina ... Et je pense ce que j'ai dit toute à l'heure, je vous ...

Elle n'eut pas le temps de finir ses aveux, interrompue par un baiser qui fit exploser un milliard de choses en elle, forçant ses doigts à se recourber et ses hanches à accompagner son bras. Sous elle, la femme se cambra à nouveau et elle se força à se détacher d'elle pour entendre ses encouragements, un sourire étirant ses lèvres occupées à embrasser la gorge qui lui était offerte. Dans son dos elle sentit une main électrifier le chemin qu'elle traçait le long de sa colonne vertébrale avant de finir sa course dans le creux de ses reins où elle s'éternisa.

- Regina ... voulut-elle la prévenir.

Mais l'intéressée ne l'écouta pas, affermissant le contact tandis que les muscles se refermaient presque douloureusement autour de ses doigts. Elle atteignit l'orgasme en même temps qu'elle, hurlant dans un coussin quand elle fut brutalement assaillie par le plaisir tel que la sorcière savait le lui donner, ravageur et dépossédant de toute pensée cohérente, à peine consciente de celui qu'elle donnait à sa partenaire.

Elles restèrent un long moment immobiles, la respiration chaotique jusqu'à ce qu'elle trouva la force nécessaire pour se soulever de quelques centimètres et rouler sur le matelas pour ne plus écraser la brune qui avait gémit son mécontentement lorsqu'elle s'était retirée d'elle, les doigts trempés et endoloris. Pas un seul mot ne fut échangé quand elle se leva pour aller boire de l'eau et lui en proposer d'un signe de la tête avant de reprendre place sous les draps et dans ses bras.

Elle écouta longtemps le tic-tac de sa montre posée sur la table de nuit avant de s'endormir en essayant d'oublier qu'elle ne pourrait bientôt plus se sentir aussi heureuse.

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Ce fut la vibration de son téléphone posé sur le tapis au pied du lit qui la réveilla à quatre heures du matin, ne s'étonnant même pas du message de bienvenue qu'elle avait reçu de la part de Ted qui avait certainement repéré la connexion de son téléphone à Boston. La jeune femme choisit de ne pas répondre, profitant de l'occasion pour observer celle qui dormait à ses côtés à poings fermés, la respiration régulière. Personne n'aurait pu deviner quelle tigresse elle pouvait être lorsqu'on avait le malheur de la mettre en colère ou de quelle façon il lui était si facilement possible de la provoquer un désir animal en elle d'un simple regard.

Non, allongée auprès d'elle, une main fermement agrippée à un coin de son coussin, Regina Mills avait l'air innocent d'un ange tombé du ciel. Et la beauté. Malgré les cheveux noirs que la pluie avaient légèrement bouclés et le maquillage qu'elle n'avait pas enlevé et qui avait coulé à l'angle de ses yeux.

La chasseuse de primes réalisa qu'elle n'avait aucune envie de se sacrifier pour elle, mais plutôt celle de vivre jusqu'au dernier de ses jours à ses côtés. Elle n'était pas sûre de pouvoir passer au delà de son égoïsme pour la sauver. Elle avait été honnête lorsqu'elle lui avait dit qu'elle était tombée amoureuse d'elle, mais jamais encore n'avait-elle éprouvé autant pour quiconque. Jamais au point d'envisager de donner sa vie pour en sauver une autre. Pourtant, aujourd'hui, même si l'envie n'y était pas, elle savait qu'elle le ferait si elle n'avait pas le choix. Elle trouverait le moyen d'arracher son propre cœur pour le faire battre dans la poitrine de quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui aimerait la Reine et que la Reine aimerait en retour. Elle devrait s'assurer que cet homme était bien celui qu'on lui avait dit et trouver sa dépouille, certainement conservée dans le tombeau de la famille Mills, mais elle le ferait. Qu'importe le prix qu'elle payait, elle trouverait en elle la force de le faire.

Des éclairs bleus crépitèrent au bout des doigts qui caressaient la peau nue de son amante et elle ferma les yeux pour se concentrer en un ultime effort. Si sa magie pouvait tout faire peut-être pourrait-elle briser la malédiction par sa simple volonté. Comme à son habitude maintenant, Emma se laissa submerger par les sentiments qu'elle éprouvait pour la brune, sentant clairement sa magie se déverser en elle.

Il ne fallut pas longtemps pour qu'elle sente ses muscles se tendre sous l'effort que le sort semblait exiger et elle n'eut pas le temps de retirer sa main avant qu'elle ne soit attrapée d'une poigne de fer par celle de Regina.

- Ca ne marchera pas, l'informa la voix toujours rauque.

- Qu'est-ce que vous en savez ?

La brune ouvrit les yeux à regret, l'inondant d'une lueur bleutée qui brillait dans ses iris et elle ne sut se décider entre la fierté qu'elle éprouvait à voir sa magie briller dans les orbes d'habitude sombres et la tristesse d'apprendre que sa tentative était vaine.

- Je le sais, c'est tout Emma. Ne vous épuisez pas pour si peu, rendormez-vous.

Il y avait un ton de finalité dans les mots qu'elle lui avait adressés et elle choisit de ne pas lutter, reprenant possession de son bras dès que la sorcière se détourna d'elle. Elle resta un long moment immobile à débattre avant de repousser les couvertures et se lever pour enfiler un peignoir en soie brodée au nom de l'hôtel.

L'immense baie vitrée qui illuminait de jour le salon de la suite était glacée, le verre se tachant de buée à chacune de ses respirations. La pluie avait fait place à de la neige qui se couchait à présent sur d'immenses plaques de verglas sur lesquelles elle tacherait de ne pas tomber le lendemain. Son regard se perdit au delà de la rue sur la forêt d'immeubles qui s'étendaient en contrebas du douzième étage où elles se trouvaient avant de revenir à son propre reflet. L'image lui rappela étrangement celle qu'elle avait vu dans l'eau du lac à Storybrook. Aujourd'hui ses traits étaient tout de même bien plus relaxés et si ses cheveux étaient indisciplinés c'était parce que Regina y avait mis un désordre pas possible toute à l'heure, mais les larmes qui coulaient n'avaient pas changées.

Malgré le silence parfait qui régnait dans la pièce, elle n'entendit pas l'autre approcher, sursautant lorsqu'un bras entoura sa taille.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

Toutes les deux pieds nus, Emma la dépassait de quelques centimètres qui lui arrachèrent un sourire malgré elle avant d'hocher la tête en signe de refus. Elle ne voulait pas en parler.

- Emma ...

- J'ai pas envie d'en parler.

- Mais vous pleurez ...

Elle ne répondit pas, s'autorisant à profiter de l'étreinte qui s'était resserrée autour de sa taille.

- Est-ce que ça a un quelconque rapport avec ce que vous m'avez dit toute à l'heure ? Vous n'êtes pas heureuse ? D'être ... De ...

- Non, coupa-t-elle pour lui épargner d'avoir à dire les mots qu'elle ne parvenait visiblement pas à sortir.

- Parce que je ne vous ai pas répondu ? continua l'autre.

- Non ! Non et s'il vous plaît ... Arrêtez de poser des questions.

- Il en est hors de question. Soit vous me répondez, soit je prends des réponses de force.

- De force ?

- Je ne vous battrai pas Emma, mais j'ai besoin de réponses.

- Pourquoi ?

- P... Parce que je déteste vous voir dans cet état.

La réponse avait l'air de lui avoir coûté, mais la détermination qui brillait dans les perles d'ébène ne lui disait rien qui vaille.

- Dernière chance, entendit-elle murmuré contre son oreille. Pourquoi pleurez-vous ?

- Parce que je n'ai plus envie d'être l'Elue, trouva-t-elle.

C'était une demie vérité et la surprise qui fit soudain battre son cœur lorsqu'elle fut retournée contre la baie vitrée pour faire face à la sorcière n'était rien comparée à l'inquiétude qui était clairement peinte sur le visage de la brune.

- Quoi ?!

Elle aurait presque pu distinguer de la colère dans le ton de la voix qui s'était faite plus ferme. Celle de la Méchante Reine, devina-t-elle. D'une femme tyrannique habituée à obtenir ce qu'elle désirait et qui lui fit momentanément oublier qui elle était et ce dont elle était capable.

- Je .. Je veux dire ...

Elle n'eut pas le temps de reprendre ses esprits pour formuler une phrase cohérente, sentant déjà la main qui tenait son épaule descendre sur sa poitrine et s'enfoncer sous la barrière de sa peau comme s'il s'était agit d'un nuage de fumée. Peut-être aurait-elle paniqué si la douleur était au rendez-vous mais contrairement au braqueur qu'elle avait vu subir le même sort, elle n'était pas en train de se contorsionner pour échapper à l'emprise qu'on avait sur elle. Instinctivement, elle sentit ses muscles se tendre pour plaquer son corps contre la chaleur de celui de la sorcière.

Les yeux fixés dans ceux de sa compagne, elle vit clairement défiler les souvenirs de ces derniers jours, comme s'ils n'étaient qu'un simple film dont elle se rappelait ses passages préférés.

Et puis plus rien.

- Regina ? ... Qu'est-ce que ... Tout va bien ?

- Non, fut la simple réponse.

- C'est à cause de moi ? Est-c...

- Chut.

- Ok.

La chasseuse de primes choisit d'obéir, observant de très près la femme qui avait l'air de réfléchir à des milliers de kilomètres heures à quelques centimètres d'elle. Avant qu'elle ne puisse décider si la proximité lui faisait plus de bien que de mal, elle sentit avec appréhension la main toujours en elle agrippa un peu plus fort l'organe qu'elle tenait pour l'attirer à elle et s'emparer de ses lèvres.

La peur fit rapidement place à une nouvelle vague de désir dont la chaleur se répandit jusqu'entre ses jambes, réveillant des muscles toujours endoloris par leurs précédentes activités. Elle n'aurait pas pu parler si elle avait voulu, prisonnière du baiser que Regina dominait à coup de langue et de dents. La femme qui s'était laissée faire quelques heures plus tôt avait disparu au profit de celle qui avait l'habitude de consumer tout sur son passage.

Et elle était sur le point de s'enflammer. Prendre feu comme une vulgaire allumette qui risquait de ne pas durer plus de quelques secondes. La brune dut le sentir, la libérant au dernier moment, tremblant de la tête aux pieds.

- Regina ? parvint-elle à articuler malgré son souffle court.

- Vous êtes la pire des idiotes Emma.

- Quoi ?

- Vous avez très bien compris ce que j'ai dit. Vous comptiez m'en parler ?

- N... Non. Pas vraiment.

- La pire des idiotes, répéta-t-elle. Comment pouvez-vous croire un instant les inepties de Gold ?

- Mais ... Il était pas le seul et ça ... ça avait l'air de tenir la route.

- De tenir la route ?! sembla-t-elle exploser. Mais Emma rien de tout ça n'est vrai ! Vous auriez donné votre vie pour rien !

- Mais ... Et la malé...

- Vous n'y avez rien compris ! fut-elle immédiatement coupée. Quel genre d'élue êtes vous pour ne pas comprendre ce qui est écrit noir sur blanc ?

- Quoi ?! Mais et Dan...

- Ne prononcez pas son nom. Personne ne le prononce en ma présence.

Cette fois ce fut son tour de voir rouge, ce genre de colère que seule la brune pouvait provoquer en elle, brutale au point de vouloir passer ses mains autour de son cou pour ne plus avoir à s'entendre rabaisser.

- Allez-vous faire voir Regina, s'énerva-t-elle en la repoussant assez pour pouvoir s'échapper de l'espace dans lequel elle avait été confinée.

Après tout la sorcière venait d'envahir ses pensées, elle savait donc ce qu'elle avait été prête à faire pour elle et elle ne trouvait à répondre qu'en l'agressant.

- Vous savez quoi ? Je ne sais pas ce que je fais encore là ... J'aurais jamais du accepter cette foutue mission. Cette histoire de malédictions et vous.

- Comment ça moi ?

- Vous savez très bien que je suis restée pour vous. Je n'aurais jamais du.

- Vraiment ?

Alors qu'elle s'attendait à de la moquerie, la froide indifférence dont elle savait faire preuve lorsqu'elle était en furie contre elle, elle ne trouva que de l'incertitude dans la voix de la brune à qui elle tournait le dos.

- Non, avoua-t-elle sans y avoir réfléchi.

Deux mains se posèrent sur ses épaules à peines couvertes par le peignoir en soie et elle sentit toute la tension accumulée durant les dernières minutes s'évaporer à ce simple contact.

- Emma quand vous êtes arrivée à Storybrook j'ai tout de suite ... Je vous ai voulue à l'instant où vous m'avez serré la main et tous les jours depuis. Qu'importe que l'on se soit vues la veille ou que l'on soit en train de se voir, ça ne me suffit jamais. C'est plus qu'une simple attirance, je veux que vous m'apparteniez. J'ai envie de vous posséder corps et âme.

Elle n'aurait su dire si la déclaration l'avait perturbée au point de ne plus se rendre compte de ce qui était en train de se dérouler, mais tandis que la voix rauque susurrait dans son dos, le nœud qui tenait son peignoir s'était défait et d'un simple mouvement de la main, la brune s'en était débarrassée, le laissant tomber entre elles. Emma sentit la bouche de son amante se poser sur la nuque où elle venait de dégager des mèches de cheveux pour les poser sur son épaule et elle ne contrôla pas le frisson que les lèvres firent cascader le long de sa colonne vertébrale.

- Je suis dans une colère noire Emma, continua-t-elle, chaque mot effleurant sa peau. Que se serait-il passé si je ne vous avais pas trouvée en pleurs cette nuit ? Vous seriez allée jusqu'au bout et vous savez dans quel état ça m'aurait mise ? J'aurais été capable de retourner l'univers et même le temps pour vous retrouver et vous punir ! Vous êtes inconsciente ! Comme si votre cœur était la solution à ce problème ...

- Mais comment suis-je censée le ramener ? parvint-elle à demander.

- Le ramener pour quoi faire ? Lui faire réaliser que la femme qu'il a aimée n'existe plus ? Qu'elle ne l'aime plus ? Vous pensez réellement accomplir quelque chose comme ça ?

- Mais c'est à cause de la malédiction ! Elle vous a privé de votre lumière, s'il revenait vous retrouveriez certainement vos sentiments en même temps ...

La phrase qui lui avait fait mal à prononcer lui valut un rire qui la tirailla encore plus qu'une pince enfoncée dans son estomac.

- Ne vous inquiétez pas pour mes sentiments Emma et ne pensez plus à lui. C'est un ordre.

Elle allait répliquer quand elle fut tournée sans ménagement dans l'espace personnel de la sorcière dont les yeux la surveillaient avec une intensité à en faire fondre la glace.

- Après tout je suis ici, avec vous ... Pas à pleurer devant un cercueil de verre. ça ne vous en dit pas long sur mes sentiments ?

La chasseuse de primes sentit son cœur s'emballer, presque sûre que son amante pouvait l'entendre. Elle était pratiquement certaine que c'était l'aveu le plus proche d'un " j'ai des sentiments pour vous " qu'elle pouvait obtenir d'elle.

- Toute à l'heure dans la rue vous m'avez tutoyée, trouva-t-elle à dire après une éternité.

Parce qu'il était hors de question qu'elle se laisse aller à réitérer ses déclarations. Pas pour le moment. Pas tant qu'elle n'était pas en pleine possession de ses capacités, totalement étrangère à ce qu'il pouvait se passer autour d'elle mis à part les mains de Regina qui parcouraient maintenant son corps.

- Et alors ?

- Je ... J'aime bien. Est-ce qu'on pourrait pas passer au tutoiement ?

- C'est une coutume de votre monde avec laquelle j'ai du mal, avoua-t-elle. Je vouvoyais mes propres parents chez moi. Ici je ne tutoie qu'Henry ...

- Et Maléfique, se souvint-elle.

- Oui.

- Mais moi non ? conclut-elle au manque d'enthousiasme de la brune.

- J'essaierai, lui accorda-t-elle.

- Merci.

.

..

.

Le lendemain matin, elle fut tirée de son bref sommeil avec l'impression de sortir d'un rêve torride, frissonnant sous l'effet combiné de l'air frais qui caressait sa peau et la sensation qui brûlait son entre jambes. Encore groggy, elle ne maîtrisait pas pleinement son corps lorsqu'il s'arqua, sa main encore enroulée dans les draps, se débattant pour aller au plus vite empoigner des mèches de soie noire.

- Regina !

Son exclamation à mi chemin entre la surprise et le gémissement de plaisir lui valut un petit rire qui sembla raisonner contre elle. Elle n'eut pas le temps de se remettre du choc qu'elle éprouvait au réveil, ses hanches bondissant quand la langue de la brune la pénétra sans autre forme d'avertissement. Regina la força à un semblant d'immobilité en la maintenant plaquée contre le matelas d'un bras mais bientôt elle sentit ses muscles se tendre, les nerfs encore à fleur de peau à cause de la veille. Elle ne fit pas attention à l'inconfort des muscles de son ventre lorsqu'elle se redressa pour surplomber la brune qui se vengea en emprisonnant son clitoris entre ses lèvres pour la torturer du bout de la langue.

- Non non non Regina je vais ...

L'intéressée la mordit pour la faire taire, manquant la faire jouir sur le champ et elle dut se battre pour l'attirer à elle, le poids du corps de la sorcière la faisant retomber en arrière. Le peu de souffle qui lui restait après avoir percuté le matelas lui fut arraché par la sensation des doigts qui vinrent s'enfouir en elle, son cri étouffé par la bouche de Regina. Il ne lui fallut que quelques secondes pour atteindre l'orgasme, enroulant les jambes autour du corps nu déjà appuyé contre le sien. Certainement parce qu'elle avait compris qu'elle pouvait le faire, son amante ne s'arrêta pas là, recourbant et pivotant ses doigts toujours en elle. Si elle avait jusque là choisit d'étouffer ses cris en l'embrassant, la brune reporta son attention sur son cou dont elle traça la colonne avec sa langue.

Cette fois il n'y eut aucune barrière pour l'empêcher de crier, les mains fermement agrippées aux hanches de sa compagne quitte à marquer sa peau parfaite. Elle tremblait encore lorsqu'elle se détacha d'elle avec une infinie précaution.

- Bonjour Emma.

Elle était parfaite. Le visage entièrement dénué de maquillage, les cheveux ébouriffés et les lèvres encore brillantes. Elle était folle amoureuse d'elle.

- Bonjour ... finit-elle par répondre avec un tremblement dans la voix.

- Bien dormi ?

- Le réveil était encore mieux.

Sa réponse provoqua un sourire avant qu'elle ne roule pour atteindre l'autre côté du lit.

- Hey ! s'exclama la blonde.

- Je dois aller aux toilettes ...

- ... Et je suppose qu'il est temps d'aller réveiller notre invitée, se rendit-elle compte en voyant l'heure affichée sur son téléphone aux nombreux appels manqués.

- Notre hôte ?

- Zo...

- Zohra Black, coupa la sorcière.

Figée sur place, elle avait roulé le "R", donnant au prénom une sensualité dont elle fut jalouse, mais l'instant d'après quelque chose comme de l'appréhension s'empara d'elle en voyant sa compagne visiblement blanchir.

- Regina ? Ça va ?

- Hier soir ... Ce qui m'est arrivé hier soir ...

La colère qui envahissait peu à peu les traits parfaits la gagna à une vitesse fulgurante lorsqu'elle comprit ce qu'elle voulait dire.

- C'était elle ?! s'exclama-t-elle en la rejoignant debout en un bond.

La Reine hésita quelques secondes, probablement plongée dans ses pensées avant de reporter son regard sur elle, une main sur le cœur lorsqu'elle parla avec le ton des personnes qui ont du mal à croire ce qu'ils viennent de réaliser.

- La garce ... Oui, bien sûr que c...

Elle n'écouta pas la fin de sa phrase, tournant déjà les talons, des vêtements se collant à sa peau alors qu'elle avançait dans le salon vers la seconde chambre dont la porte s'ouvrit la volée d'un simple geste de sa main.

A l'intérieur, Zohra Black était toujours à l'endroit où elles l'avait laissée, assise dans son lit devant l'immense écran plat où été projeté une série qu'elle reconnut sans pouvoir placer un nom dessus.

- On vous a pas appr...

Elle ne prononça pas un mot pour la faire taire, levant un bras et observant avec un sourire satisfait le corps amaigri par les années d'hospitalisation se figer, la télécommande glisser d'entre ses doigts alors que la jeune femme était précipitée sur les portes en miroir d'un dressing qui se fissurèrent sous l'impact.

- Qu'est-ce que vous avez fait à Regina ?

Quelque part au milieu de ses tentatives désespérées de respirer, la rousse émit un son qui ressemblait fortement à un rire avant de prendre la peine de répondre.

- On est fâchée après moi ?

- Réponds ! ordonna-t-elle cette fois en s'approchant d'un pas menaçant.

- Je rêve ou Regina envoie son chien de garde ?

- Je suis là parce qu'elle t'aurait tuée d'un claquement de doigts. Qu'est-ce que tu lui as fait ?

Leurs regards clairs s'affrontèrent encore quelques secondes avant que l'autre ne se décide à parler.

- Oh ce n'est rien ! Une simple petite blague, les effets devraient s'être dissip...

- Une blague ? gronda-t-elle en approchant d'un pas supplémentaire.

Cette fois elle vit clairement de la panique iriser les iris de jade, souriant en remarquant les traces rouges que laissait la magie qui serrait sa gorge pour l'empêcher de respirer. Ce ne fut que la pression d'une main dans le creux de ses reins qui la fit stopper son attaque.

- On a besoin d'elle en vie pour Maléfique, lui rappela son amante.

Et en vie elle était quelques heures plus tard, bâillonnée, les mains attachées dans le dos à l'arrière de la Chrysler où Emma patientait sagement que Regina lui donne son aval pour faire pénétrer la rousse dans le magasin de sa mère.

Le signal vint sous la forme d'un texto qui la fit sourire un instant, oubliant où elle était avant de sortir du véhicule, traînant sa prisonnière à sa suite. Elle dut la retenir à deux mains lorsqu'elle croisa le regard de Melissandre qui hurla le prénom de sa fille.

- La potion, entendit-elle le Maire de Storybrook rappeler, insensible à la profusion de pleurs dans la pièce.

Elle s'était attendue à mener une nouvelle bataille pour l'obtenir, mais fut agréablement surprise lorsque la propriétaire de la boutique se proposa de la commence immédiatement sous les insultes de Regina qui avait apparemment dépensé son précieux temps et sa forme à lui quémander une solution pour aider son amie.

Elles n'eurent même pas à attendre plus de deux heures qu'Emma tua en parcourant les étagères de livres et celles de l'arrière boutique où étaient entreposés des objets qui lui faisaient étrangement penser à l'univers où évoluait Gold tous les jours. De son côté la brune n'avait pas bougé du fauteuil où elle observait avec une attention d'aigle la potion se préparer lentement mais surement. Zohra n'avait quant à elle pas encore été autorisée à être libérée et la chasseuse de primes avait elle mis pris l'initiative de lui remettre un bâillon quand elle avait commencé à faire des remarques qui ne lui convenaient pas.

- Tout s'est plutôt bien passé non ? demanda-t-elle en fin d'après midi lorsqu'elles regagnèrent sa voiture, leur précieux chargement enfoui dans la poche du manteau du maire de Storybrook.

- Oui, mais j'ai envie de rentrer ...

- Je dois récupérer les valises à l'hôtel.

- Je sais, je v... t'attendrai dans la voiture.

- Tu ne veux pas monter ?

Il y avait une suggestion parfaitement claire dans son regard empli d'espoir, mais il fut vite abattu par le sourire désolé auquel elle eut le droit.

- J'ai envie de voir Henry, sembla-t-elle s'excuser.

- Oh. Ok, pas de souci. Je fais vite. On y sera à temps pour que tu puisses le mettre au lit.

Elle tint sa promesse, souriant lorsqu'elle aperçut le panneau qui indiquait l'entrée de la ville vers vingt et une heure. Regina dormait à poings fermés à ses côtés, mais elle se laissa surprendre par son sursaut lorsqu'elles traversèrent la frontière tracée au sol.

- C'est normal ? demanda-t-elle tout de même au bout d'un moment.

Elle avait ralenti et s'était finalement arrêtée en la voyant toujours immobilisée, une main sur le cœur, une magie palpable tout autour d'elles dans l'habitacle de la voiture. Elle dut reculer, presque brûlée par l'aura qui émanait d'elle lorsqu'elle tenta de poser une main sur son bras, une charge électrique grésillant à son contact.

- Je vais bien.

Elle espérait que sa voix était rauque à cause du sommeil dans lequel elle était jusqu'alors plongé et non pas à cause d'une quelconque douleur. Leurs regards se croisèrent et un instant elle se perdit dans le siphon de magie qui tourbillonnait dans les iris de la brune. Son corps entier semblait chargé d'une charge monumentale de pouvoir, prêt à déchirer la peau et se répandre où il pouvait.

- Wow.

Elle se demanda brièvement à quel point la sorcière était puissante. Après tout elle ne l'avait jamais vue se battre ni pratiquer de la vraie magie et les aperçus qu'elle avait bien voulu lui donner semblaient maintenant avoir été savamment contrôlés.

- Vous êtes sûre que ça va ?

Et comme si soudain la seule question lui avait permis de réaliser ce qu'il se passait, Regina qui la fixait toujours avec un air perdu disparu pour laisser place au masque parfait de la Méchante Reine. L'impassibilité chassa toute trace de doute et la tension palpable qui était née dans la voiture s'évapora en même temps que tout désordre dans sa magie.

- Roulez Emma.

La chasseuse de primes sentit son estomac se nouer à l'emploi du vouvoiement, mais préféra ne pas le soulever. Après tout, la mère d'Henry avait dit qu'elle "essaierai" et elle avait essayé un moment. Si dans un moment tel que celui là où elle avait visiblement eut du mal à reprendre le contrôle d'elle même, elle ne pouvait pas se permettre de lui en vouloir.

Pas non plus lorsqu'elle l'arrêta devant l'immense manoir et qu'elle s'empressa de sortir de la voiture, la laissant porter son sac de voyage jusque sur le perron où un simple baiser lui fut à peine accordé.

Elle resta un long moment immobile dans la berline, observant les lumières s'allumer et s'éteindre aux fenêtres avant de redémarrer son monteur en un grondement sourd. Son regard balaya la place que son amante avait occupée peu de temps avant et elle fronça les sourcils en apercevant la petite fiole au liquide argenté tombé entre le siège et son frein à main.

Elle n'avait aucune envie de frapper à la porte du 108 Mifflin Street et préféra rouler en direction de sa chambre d'hôtel. Elle s'occuperait du reste le lendemain ...

.

..

.

Elle n'étais toujours pas de bonne humeur le lendemain matin, levée de bonne heure avec la ferme intention de se débarrasser de la malédiction de Maléfique dès que possible pour pouvoir se concentre sur la seule et unique qui comptait à ses yeux. Café en main, elle fit un passage éclair au magasin de Gold pour l'informer de ses avancements.

- Quand allez vous le faire ?

- Maintenant. Comme ça il ne me restera plus que Regina.

- Et quand comptez-vous le faire ?

- Quand je serai prête, lui répondit-elle simplement, incapable de le confronter à ses mensonges pour le moment.

- Mais rappelez vous de me tenir au courant ...

- J'ai promis, non ?

- Oui, en effet ...

Elle ne lui accorda pas un instant de plus, tournant les talons en direction de la bibliothèque où elle fut comme à son habitude, chaleureusement accueillie par Belle. Elle se demandait bien comment ils pouvaient former un couple si disparate. Regina et elle donneraient-elles aussi la même impression si jamais elles décidaient de rendre publique leur liaison ?

La jeune femme se rendit compte qu'elle avait les mains moites lorsqu'elle descendit dans l'ascenseur, les yeux fixés sur son gobelet en carton.

- Bonjour Emma, l'accueillit la voix du dragon une fois qu'elle eut pénétrée dans la grotte.

- Bonjour. J'ai ... J'ai votre potion.

Les yeux clairs s'illuminèrent d'une émotion qu'elle assimila à de l'excitation et elle ne put s'empêcher de frissonner à l'air encore plus dangereux qu'elle donnait à la créature.

- Comment ?

- Oh, c'était écrit dans un livre que Robin des bois a apparemment ...

- Non non non, coupa la voix désincarnée, pas de détail. Je veux savoir comment ça marche et si c'est sûr.

- Regina avait l'air de croire que c'était bon. Et je suppose qu'il faut juste que vous la buviez.

- Une si petite quantité ?

- Euh ... Oui.

Elle tenta de ne pas apparaître trop impressionnée quand l'immense bête se contorsionna dans l'espace confiné pour approcher sa tête de son corps qui paraissait minuscule comparé au sien.

- Maintenant, ordonna la bête.

On était loin de la scène qu'elle avait imaginé, remarqua-t-elle lorsqu'elle ouvrit précautionneusement la fiole en verre, tentant tant bien que mal de ne pas trembler à la vue de la gueule du dragon qui s'ouvrit pour dévoiler des crocs aussi longs que ses avants bras.

- Euh je ... Je la verse ?

Maléfique ne lui répondit pas, se contentant de faire claquer deux fois sa mâchoire en une réponse suffisamment claire pour qu'elle se dépêche de verser le contenu de la fiole dans la gueule béante.

- Immonde ...

- Et si c'était du poison ? s'exclama-t-elle soudain.

- Les dragons sont immunisés et pour votre information Emma Swan, les poisons ont souvent un goût beaucoup plus agréable.

Elle resta un moment interdite, observant en silence le dragon se redresser, reculant soudain quand elle le vit s'auréoler d'une lueur verte qui se transforma en une épaisse fumée acre.

Elle toussait encore quand elle se dissipa pour laisser paraître une silhouette beaucoup plus petite. Plus humaine. Flottant à quelques mètres du sol, une femme blonde probablement un peu plus âgée que Regina la regardait les yeux plissés. Le sceptre qu'elle tenait à la main toucha le sol avant elle, provoquant une vague de magie telle qu'elle manqua la faire tomber tandis qu'elle s'écrasait en un grand fracas sur les murs en pierre.

- Surprise ? lui demanda-t-elle certaine à cause de l'étonnement qui devait se lire sur son visage.

- Je vous imaginais brune, trouva-t-elle à redire.

L'intéressée leva les yeux au ciel, insensible à sa remarque et la robe violine qu'elle portait se transforma en une tailleurs de la même couleur qui aurait très bien sortir du dressing du maire de Storybrook.

- Est-ce que je suis habillée selon vos ... normes ?

- Oui, se contenta-t-elle de répondre.

- Alors conduisez moi dans la ville de Regina.

- C'est juste au dessus. Après vous ...

Elle avait désigné le couloir qui menait à l'ancien monte charge et la nouvelle venue lui adressa un simple hochement de tête qu'elle ne sut interpréter avant de s'engager dans la direction indiquée. Dans l'espace exigu, elle était encore plus sensible à l'aura que dégageait la sorcière en faisant presque trembler les murs.

À l'étage, elle dut pourtant se rendre à l'évidence ... Qu'importait la puissance de la sorcière, elle n'était pas la source du remu-ménage qu'elles avaient senti depuis les sous-sol. Beretta au point, la chasseuse de primes se précipita en dehors du monte charge dès que les portes en fer purent s'ouvrir, docilement suivie à un pas plus léger par Maléfique.

Dehors, il ne fut pas difficile de repérer les longues trainées de fumées rouge et malgré ses lentilles de contact, la jeune femme fronça les sourcils pour observer le spectacle. Ce n'était pas un feu, réalisa-t-elle en détectant finalement deux rouges bien différents qui s'enlaçaient parfois avant de repartir dans des directions différentes. Dépassant des villageois qui observaient la scène d'un air inquiet, ses pas la menèrent sur la place où les clients du Granny s'étaient rassemblés pour assister au spectacle.

Il y a quelques mois elle n'aurait jamais pu associer sa vision avec un combat quel qu'il soit, pourtant, aujourd'hui, elle se demandait si les deux trainées de fumées ne cachait pas des êtres doués de magie. Et si la force de chaque collision n'était pas si puissante, elle aurait pu se demander si elle n'assistait pas à un ballet de fées. Mais ce n'était pas le cas. Pas à en croire l'air horrifié peint sur le visage de Belle et Ruby de l'autre côté de la rue.

Soudain, une déflagration plus violente que les autres envoya la traînée de fumée la plus foncée dans une voiture dont tout l'avant fut immédiatement plié. Emma étouffa un hoquet de surprise en même temps que la bibliothécaire quand elle s'évapora pour révéler Gold, visiblement mal en point.

Un rire froid la fit frissonner, reportant son attention vers le centre de la place où l'autre traînée de fumée s'était immobilisée. Elle ne fut pas la seule à arrêter de respirer en contemplant la silhouette qui apparaissait peu à peu.

- Oh Rumple ... Quel gâchis.

La voix était exactement telle qu'elle avait parfois imaginée, riche, posée et méprisante. La femme avait la prestance suffisante pour en imposer à toute une ville d'un seul coup d'œil. Comme Regina.

- Dis moi ...

Derrière elle elle entendit Maléfique inspirer brutalement, visiblement surprise -ou inquiète ? - mais ne parvint pas à détacher son regard du centre de l'action. La brune avançait nonchalamment vers Gold, chaque pas électrisant le sol d'une magie à peine contenue. Quand elle fut suffisamment prêt, elle écarta un pans de sa robe pour se plier à sa hauteur et la blonde ne put s'empêcher d'être étrangement fascinée par la façon dont la sorcière fit courir la pointe d'une dague sur le menton de l'antiquaire.

- Où est ma fille ?

.

..

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TADAMMMM ! Dites moi, j'ai une petite question, moi qui n'ai regardé que les trois ou quatre premiers épisodes en français ... Emma & Regina se tutoient ou pas maintenant ? Merci d'avance ^^

A bientôt ! :D