Etttt Bonjour à tous ! J'ai eu un peu de mal à écrire ce chapitre surtout parce que j'étais malade et que mes idées n'étaient pas toutes claires mais j'espère qu'il ressortira quand même bien & qu'il vous plaira autant que le précédent !
Encore une fois un grand merci à tous ceux qui lisent, suivent, favorisent et commentent et me motivent : Grat, Angels-sama, justinejannedu0760 ( et si, j'ai bien peur que ce soit Elle ^^ ), angele751, Floralys20, Raphi5930, OoO-RED-OoO, EvilSwanMills, Regina2015, Mystik.7, rozaline38, evilhayleyregal, Griffon10, SQSerenaSQ, JunkieWoman, Moony-Chach, moithea, DroDroV, waty ( j'attends ton avis ), StitChE ... Vous êtes de plus en plus nombreux et vous me faites de plus en plus plaisir ! :D
Bonne lecture ! xx
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Chapitre 17
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Si elle avait été à sa place et qu'importait les pouvoirs qu'elle avait à sa disposition, Emma aurait certainement cédé à la demande de Cora Mills, mais le Ténébreux, bien qu'avachis contre une voiture dont sa chute avait plié la carrosserie, ne semblait pas vouloir donner de réponse. Et comme c'était à prévoir, son silence parut énerver la nouvelle venue.
- Si tu me forces à utiliser cette dague, ce sera douloureux, sembla-t-elle le prévenir.
Comme si la phrase avait eu le don de lui redonner un tant soit peu de combativité, l'antiquaire se releva d'un bond, manquant faire tomber la sorcière qui s'évapora en un nuage de fumée rouge pour réapparaître un mètre plus loin.
- Dernier averti...
Elle ne finit pas sa menace, interrompue par le cri de rage qu'eut Gold en se ruant vers elle. Il ne parvint jamais à l'atteindre, figé dans son mouvement à quelques centimètres de la dague qui avait été brandie devant lui avant de s'écrouler en un hurlement de douleur.
- Ça t'a bien fait rire toutes ses années de me contempler comme un objet de collection hein ? Et quelle stupidité vraiment Rumple ... Entreposer ta précieuse dague à mes pieds ? Comme si c'était la meilleure des cachettes ... J'ai senti son pouvoir brûler sous moi nuits et jours ...
- Tu vas mourir Cora. Le jour où je mets la main sur toi, dans d'atroces souffrances.
- Et bien nous allons remédier à ça tout de suite.
La chasseuse de primes sentit ses mâchoires se serrer, les tympans envahis par les cris de certains villageois lorsque Gold se plia à terre, une main coupée sans que son adversaire n'ait bougé le moindre cil. D'instinct, elle avait voulu intervenir, sentant sa magie crépiter dans le creux de ses poings fermés mais dans son dos Maléfique l'en dissuada d'un coup de sceptre sur son avant bras.
- Tu gardes la gauche. Au cas où j'en aurais besoin. Dis moi où es ma fille !
- Je n'en sais rien ! hurla l'estropié.
- Hum ...
Visiblement il ne devait pas pouvoir mentir car sa tortionnaire semblait le croire sans autre forme de procès, ses yeux sombres parcourant la foule autour d'elle à la recherche de quelque chose. Emma sut qu'elle allait s'adresser à elle avant que leurs regards ne se croisent. Elle qui s'était attendue à y voir une méchanceté sans fin et une froideur glaciale, fut étonnée de n'y apercevoir que de la curiosité.
- Emma Swan ...
Son nom raisonnait presque comme une langue étrangère entre les lèvres de la sorcière dont toute l'attention était désormais focalisée sur elle.
- Je vous ai vue plusieurs fois dans ma boutique.
Elle s'efforça de ne pas sourire à l'appropriation qu'elle se faisait du magasin de Gold. Ce n'était pas le moment qu'elle pense qu'elle se moquait d'elle.
- Je sais, répondit-elle au bout d'un moment comme l'autre semblait attendre une réponse.
- Vous êtes l'élue. C'est grâce à vous que je suis ici, j'ai senti la malédiction s'affaiblir depuis votre arrivée. Où est ma fille ?
- Je ne sais pas, certainement à la Mairie.
- La Mairie ?
- Euh ... C'est son lieu de travail, répondit-elle en réalisant qu'elle ne devait pas savoir ce que c'était.
- De travail ?
Le mot avait été repris telle une insulte.
- Regina est le maire de cette ville, se rattrapa-t-elle aussi vite que possible. C'est elle qui la dirige.
- Amenez-moi à elle.
La jeune femme ne put s'empêcher d'avoir un mouvement de recul lorsque Cora s'avança vers elle pour poser une main sur son bras. Sa réaction ne passa pas inaperçue et un instant un sourire prédateur se dessina sur les lèvres fines en un rictus qui lui fit froid dans le dos. Il y eut un instant de flottement avant qu'elle se rende compte de ce qu'elle attendait d'elle. Et même si elle ne l'avait jamais tenté, elle n'était pas sûre qu'avouer qu'elle ne savait pas le faire était la bonne solution.
- Alors ? la poussa la brune.
Ok ... Elle s'était transformée en dragon, se téléporter jusqu'à la mairie ne pouvait pas être si compliqué que ça ... Inspirant profondément, la chasseuse de prime se laissa envahir par la pensée qui lui réussissait le mieux avant de laisser libre court à sa magie. Le sol sembla s'ouvrir sous elle, nouant son estomac mais elle se tenait bien dans le bureau du maire de Storybrook lorsqu'elle rouvrit les yeux. Elle avait réussi. A ses côtés Cora laissa son regard courir sur les murs, satisfaite par la décoration à en juger par son demi sourire.
- Où est ma fille ?
Elle allait se permettre de lui faire remarquer qu'elle n'avait que ces mots à la bouche lorsqu'elle entendit le son étouffé de la voix de Regina visiblement dicter des ordres, le claquement de ses talons aiguilles raisonnant déjà dans la pièce dont les portes s'ouvrirent devant elle.
- ... autre obligation, c'est clair ?
- Oui Reg... Majesté.
Emma faillit froncer les sourcils au surnom avant de réaliser que les yeux gris de Graham venaient de tomber sur la mère de sa supérieure. Elle se demanda brièvement si il avait toujours su comment réagir à un tel retour et si elle aurait l'occasion de demander à Regina quel comportement adopter, mais en face d'elle l'intéressée ne sembla pas dérangée par l'apparition.
- Bonjour Mère.
Le ton manquait de chaleur humaine, mais il n'était pourtant ni vindicatif ni craintif. Elle se rappela des récits qu'on lui avait compté. La manière dont la mère avait tué le fiancé de sa fille, la façon dont elle avait levé une armée d'hommes pour prendre le contrôle de toute la forêt enchantée lorsqu'elle s'était échappée du Pays des Merveilles et la malédiction qui avait été lancée pour contrecarrer ses plans. Comment Regina pouvait-elle réagir aussi placidement devant son retour ? Bien sûr comme d'habitude lorsqu'il se passait quelque chose dans sa ville, elle devait être au courant depuis l'instant où elle avait pu battre un cil, mais sa réaction aussi contrôlée la laissait tout de même perplexe.
- Où sont tes manières ? On ne me salue pas ?
- C'est ce que je viens de faire non ?
Elle se serait presque attendue à ce que la réplique lui vaille une remarque acerbe et elle s'était préparée à reculer encore un peu plus pour faire oublier sa présence dans la pièce, mais étonnamment, la mère eut un sourire.
- Tu n'as rien à me dire ?
- Bienvenue à Storybrook. J'ai des ... réunions aujourd'hui, mais mon chasseur se fera un plaisir de vous accompagner chez moi en attendant mon retour.
- Emma Swan s'occupe déjà de moi.
Quelque chose comme de l'agacement ombra les yeux d'ébène avant qu'il ne disparaisse sous un masque d'impassibilité. Elle avait revêtu son armure de Méchante Reine.
- Le Shérif Swan doit s'occuper des ... forces armées de la ville. Elle a un métier prenant.
- Vous êtes donc alliées ...
- Elle ...
- Non, je m'adresse à l'élue, coupa la nouvelle venue.
- Euh ... Oui. Alliées, confirma-t-elle les yeux plantés dans ceux de son amante à la recherche d'un quelconque soutien qui ne vint pas.
Elle était persuadée sans pouvoir l'expliquer que l'autre était en colère contre elle, mais le moment ne semblait pas propice pour lui poser la question.
- J'ignore ce que vous avez pu entendre à mon sujet, mais ... Que pensez que mon retour va provoquer ?
- La panique certainement ...
- Parce que ?
- Parce que vous allez vouloir vous venger ?
- Et si tel était le cas ? Quel côté choisiriez-vous ?
- Celui de Regina, répondit-elle sans hésiter.
- Parfait. Elle est du mien.
Elle chercha à nouveau une confirmation dans le regard du Maire de Storybrook qui les surveillait mais n'obtint de sa part qu'un sourire pincé. Elle aurait voulu lui parler, obtenir quelques secondes en privé, mais doutait que la suggestion enchante. D'ailleurs, celle qui l'avait prise pour son guide se rapprochait déjà d'elle, certainement pour être ramenée au manoir.
Les yeux de son amante s'attachèrent aux siens jusqu'au dernier moment en un avertissement qu'elle ne comprit pas tout à fait et elle obtempéra, se retrouvant un instant plus tard dans l'immense demeure. La décoration fut à l'origine d'un nouveau sourire et elle se demanda si la femme était le genre de personne à en accorder à d'autres êtres vivants plutôt qu'à des objets inanimés.
- Euh, le salon est là, la cuisine à droite et en haut il y a des chambres et les salles de bains.
- Vous avez l'air de bien connaître la maison.
La jeune femme manqua s'étouffer, pinçant sa cuisse dans l'intérieur de la poche de son jean. Quel stéréotype de l'idiote ! Son embarras évident fut dévoré par un regard attentif avant que Cora ne brise le silence d'un rire cristallin dont l'innocence allait mal avec son personnage.
- Oh ne soyez pas surprise Emma Swan. Je me fiche de ce que vous faites avec ma fille.
- Qu ... Non ?
- Votre pouvoir est la seule chose qui m'intéresse en vous ... Qu'il serve mes intérêts ... Et ceux de ma fille, tant mieux, sinon ... Tant pis pour vous.
- Qu'allez-vous faire à ceux qui ont lancé la malédiction ?
- Je n'ai pas encore décidé.
- Et Regina ?
- Vous vous inquiétez de ce que je peux lui faire ou pour votre vie parce que vous savez que par le passé je l'ai déjà privé de ce qu'elle aimait ?
- Les deux ? proposa-t-elle.
- Je déciderai en temps voulu du châtiment que mérite ma fille. Parlez moi de ce royaume.
- Euh ...
- Préférablement avant que je ne me lasse de vous, rajouta-t-elle en s'asseyant avec la grâce d'une reine dans un fauteuil comme s'il s'était agit d'un trône.
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Elle avait réussi à s'échapper du manoir un peu après treize heures, avec la promesse que quelqu'un viendrait y livrer un repas. Le Granny était désert lorsqu'elle y pénétra, accueillie par quelqu'un qu'elle ne connaissait pas.
- Où est Ruby ?
- Pas là, répondit simplement le jeune homme qui la remplaçait.
- Et Granny ?
- Pas là.
- J'ai besoin que vous livriez ce que vous avez de meilleur au manoir de Regina.
- Ok. Qui paye ?
- Mettez ça sur sa note, hasarda-t-elle.
- Elle n'en a pas.
- Et bien ouvrez-en une. Et donnez moi une part de pizza s'il vous plait.
Elle paya son repas, se demandant s'il était juste d'envoyer qui que soit au manoir en pensant qu'il y verrait Regina pour finalement se retrouver face à sa mère mais finit par abandonner l'idée d'avouer quoi que ce soit au serveur qui se montrait toujours aussi désagréable.
Storybrook avait des airs de ville fantôme réalisa-t-elle un moment plus tard à bord de la voiture de patrouille. Au commissariat elle avait trouvé un mot de Graham l'informant qu'il était en mission pour Regina pour une durée indéterminée et qu'elle devrait assurer seule le rôle de Shérif. Comme elle n'avait pas la moindre envie de rester en tête à tête avec Spencer qui ne cessait de l'insulter derrière ses barreaux, elle avait pris la décision de prendre sa berline de fonction.
Au détour d'une ruelle elle croisa deux hommes qu'elle n'avait jamais vus presser le pas pour s'engouffrer dans la boutique d'Hope. Elle n'avait pas vu la fée depuis une éternité et la mustang garée devant le magasin confirmait sa présence et la décida à s'arrêter à ses côtés.
- Hope ?
A l'intérieur son appel raisonna dans le vide. Aucun signe de la jeune femme et encore moins des deux "clients" qu'elle avait vus rentrer. Prudemment, la chasseuse de prime porta la main à son arme pour avancer vers le fond de la boutique où elle n'était jamais allée. La pièce attenant était vide elle aussi, remplie d'archives, mais déserte de tout occupant. Elle sentit ses instincts reprendre le dessus, contrôlant sa respiration lorsqu'elle se dirigea, Beretta plaqué contre sa cuisse vers la trappe qui menait à la salle de dégustation en sous sol.
Elle n'eut pas le temps de descendre plus de quelques escaliers avant de sentir sa magie réagir, arrêtant pour elle la flèche lancée à toute vitesse à quelques centimètres de son tibia. S'assurant que rien ni personne ne pourrait la toucher si elle continuait sa descente, la blonde termina de descendre la volée de marches.
- Qu'est-ce que ...
La salle était pleine. Face à elle, Granny arbalète braquée sur elle la regardait avec suspicion. A côté d'elle Snow tenait un arc où une flèche était à nouveau prête à fuser. Derrière, David et d'autres hommes semblaient prêts à attaquer à coup d'épée ou même à mains nue. Tous se jaugèrent un instant et elle se demanda brièvement s'il lui serait dur de bloquer toutes leurs attaques. A quel point pouvait-elle compter sur sa magie ?
- Emma ?
- Qui d'autre ? Qu'est-ce qu'il se passe ici ?
- Comment peut-on être sûre que ce soit elle ? demanda quelqu'un dans la foule qui se tenait derrière le premier rang armé.
Elle aurait ri à la question si tout le monde n'avait pas porté sur elle un regard empli de défiance. Fronçant les sourcils, elle cherchait encore un moyen de prouver son identité lorsqu'une petite brune qu'elle avait déjà remarquée en conseil municipal s'avança vers elle.
- Je vais m'en charger, assura-t-elle.
Sa prise sur l'arme se raffermit lorsqu'elle la vit brandir ce qui ne pouvait qu'être une baguette magique. Elle voulut la prévenir qu'aucune magie ne pourrait l'atteindre, mais fut étonnée de ne pas sentir quoi que ce soit tenter de s'approcher d'elle.
- C'est elle, déclara pourtant la petite brune quelques secondes plus tard.
Et apparemment sa parole faisait suffisamment foi pour que tous les autres baissent leurs armes. Son regard parcourut la foule, croisant celui de Hope qui lui adressa un léger sourire et elle allait exiger des explications quand les questions fusèrent de tous côtés.
- Où est Cora ?
- Comment est-elle revenue ?
- Est-ce qu'on peut la tuer ?
- Que fait Regina ?
- Le Ténébreux s'est retourné contre nous ?
- STOP ! hurla-t-elle par dessus toutes les voix qui se turent instantanément.
Un simple coup d'oeil à leurs airs étonnés lui confirma qu'elle les avait fait taire grâce à sa magie. Elle prit le temps de les observer et de descendre la dernière marche sur laquelle elle était avant de ranger le Beretta dans son holster et parler d'une voix qu'elle voulait calme.
- Cora est revenue parce que la malédiction s'affaiblissait ... Regina est à la Mairie et je n'ai pas encore discuté avec elle de ce que nous allions faire. Pour ce qui est de Gold je crois bien que Cora a la dague qui le contrôle, il est puissant mais j'ignore s'il pourra résister au pouvoir qu'elle a sur lui ...
- Agissons dès que possible dans ce cas et tuons la !
- Non non non, c'est hors de question. J'ai brièvement discuté avec elle et je ne pense pas qu'elle soit un danger immédiat.
- Justement ! Faisons le avant qu'elle le devienne.
- Non ...
Cette fois c'était Snow qui avait parlé et son intervention avait miraculeusement fait taire le reste de l'assemblée.
- Je ne pense pas que l'attaquer soit une bonne idée.
- Et pour une fois je suis d'accord avec vous Snow ...
Si la voix avait certainement fait sursauter tous les autres dont certains avaient à nouveau brandit les armes, Emma sentit un sourire de soulagement se dessiner sur ses lèvres. Elle était certaine qu'elle avait l'air bête.
- Regina ?!
L'intéressée finit de descendre les escaliers, ses habituels talons aiguilles claquant sur la pierre dure et elle sentit son cœur s'emballer quand elle s'immobilisa à moins d'un mètre d'elle pour faire face au villageois. Ce n'était pas la première fois qu'elle avait l'impression de baigner dans la force tranquille qu'il émanait d'elle.
- De toute évidence, répondit finalement la brune. Ce rassemblement est ridicule, rentrez chez vous.
- Cora est de ret...
- Brillamment observé, coupa-t-elle le jeune homme qui s'était manifesté. Vous serez contactés ultérieurement si votre avis est nécessaire.
Il n'eut pas le temps de répliquer, l'ensemble de la pièce immédiatement envahie d'une fumée violette qui fit s'évaporer la foule d'occupants à l'exception de Snow, son mari et Maléfique qu'elle n'avait pas encore aperçue, négligemment adossée à une montagne de tonneaux de vins. La chasseuse de primes guetta malgré elle une quelconque interaction entre les deux sorcières, mais elle ne vint pas. Pourtant on lui avait affirmé qu'elles étaient des amies très proches.
- Regina ?
Le nom prononcé prudemment par Snow contenait tous les doutes que les autres n'avaient pas osé formuler à haute voix. La mère d'Henry ne s'était pas montré plus dérangée que ça à l'idée du retour de Cora. Pire, quand elles s'étaient vues à la Mairie, elle n'avait semblée ni surprise par sa présence ni dérangée par le fait de l'héberger au manoir.
- Regina, ne vous laissez pas avoir par ses belles paroles ...
- Je n'ai pas encore parlé à ma mère.
- Henry ne doit pas grandir dans un monde où elle est en vie ...
Ce n'était pas le paroles qu'elle aurait du prononcer, devina-t-elle à la colère tangible qui fit apparition dans l'aura de la brune.
- La façon dont j'élève mon fils ne regarde que moi Snow. Je n'ai aucune idée des intentions de ma mère et pour l'instant je conseillerai à tout le monde ici présent de faire profil bas.
- Elle m'a dit qu'elle comptait se venger de ceux qui avaient lancé la malédiction, intervint la blonde.
- Mais comment ?
- Je ne sais pas.
- Ma mère est une femme intelligente qui a de nombreuses ressources, une attaque de front ne servirait à rien.
- Regina ...
Cette fois le prénom avait été prononcé par la sorcière qui s'était jusque là tenue en retrait. Il y avait une certaine inquiétude sur ses traits qui ne rassura pas le Shérif.
- Ce n'est pas une bonne idée, continua-t-elle.
- Qu'est-ce qui n'est pas une bonne idée ? intervint-elle à nouveau.
- Regina va jouer le jeu de sa mère et tenter de se débarrasser d'elle à sa manière, expliqua Maléfique.
- Mal, un mot de p...
- Si tu n'avais pas envie que je lise tes pensées, tu n'avais qu'à les garder pour toi Regina, coupa l'intéressée en s'avançant vers les autres. C'est une très mauvaise idée, elle va tester tes limites et tu le sais.
- Je n'ai pas ...
- De limite ? Ah non ? se moqua l'autre. Où est Henry ?
- En sécurité.
- Jusqu'à ce qu'il ne le soit plus.
- Henry n'est pas une limite.
- Bien sûr que non, mais nous savons tous ce qui arriverait si elle mettait la main dessus.
Elle aurait voulu intervenir et faire remarquer qu'elle ne faisait pas partie de ceux qui avaient apparemment l'air d'opiner du chef en face d'elle, mais se rappela des paroles de Ruby quand elle était arrivée à Storybrook. Regina était capable de tout lorsqu'il s'agissait de son fils. Devenir une machine à tuer devait en faire partie. Peut être la Reine serait-elle capable de se rebeller et trouver la force de tuer sa mère, mais sous son joug elle aurait d'abord le temps de commettre l'irréparable. A plusieurs reprises.
- Elle ne mettra pas la main dessus.
- Si tu le dis ...
La chasseuse de primes ne put s'empêcher de sourire au grondement presque animal qui roula dans la gorge de son amante. Il ne fallait vraiment pas plaisanter avec le sujet.
- Je me suis montrée digne de confiance par le passé. Faites le à nouveau.
- Je serai là, ne put-elle s'empêcher de rajouter aux propos de la brune.
- Pardon ?
Elle eut à nouveau l'impression sans équivoque que la femme était en colère contre elle. Et encore une fois elle fulminait de ne pas pouvoir la confronter au fait accomplie, obligée de subir les regards hautains et sa fausse froideur devant les autres.
- Votre mère m'a demandé de quel côté je serai. J'ai répondu que ce serait le votre, si vous comptez le faire marcher, je serai à vos côtés, expliqua-t-elle tout de même.
- Non, c'est hors de question. Vous n'êtes p...
- C'est mon métier. Les opérations sous couvertures j'en ai certainement fait plus que vous ...
- Les circonstances ne so...
- Je m'en fiche, coupa-t-elle à nouveau. C'est non négociable. Et puis comme ça je garderai un œil sur vous.
- Garder un œil sur moi ?!
Maléfique émit un petit rire qui fit sourire David, aussitôt empêché par un coup de coude donné sans discrétion par sa femme.
- C'est ce qu'on dira aux autres, trouva-t-elle.
Sa réponse ne parut pas satisfaire le Maire qui l'observa pour la première fois de la journée des pieds à la tête avant de soutenir son regard quelques secondes.
- Très bien, sembla-t-elle accepter. Je vous contacterai.
Elle ignorait si les mots lui avaient été adressés ou s'ils avaient été destinés au groupe et n'eut pas le temps de lui demander confirmation, sa vision brouillée par la fumée d'un violet profond qui entoura la mère d'Henry avant qu'elle ne disparaisse de la pièce.
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Personne ne fut contacté. Pas plus elle que les autres durant le reste de la journée qu'elle passa à gérer le commissariat où tout le monde semblait vouloir venir aux nouvelles. Sans Graham pour l'aider elle s'était efforcée de répondre à toutes les questions et surtout de pousser les villageois à ne pas agir démesurément. Le soir elle dut se rendre à l'évidence que ses incitations n'avaient pas toutes marché, les trois quart des passants habituels ayant disparu des rues de Storybrook.
A dix heures précises elle détacha une des mains qu'elle avait collées contre un immense gobelet de café pour s'emparer du téléphone posé sur la table du restaurant. Elle ne se rappelait même plus du jour où elle avait décidé d'entrer Regina en numéro rapide et appuya machinalement sur le numéro 1 pour déclencher l'appel.
- Un problème Miss Swan ? fut la réponse presque immédiate.
- Je pourrais te retourner la question, répondit-elle avec plus d'aplomb qu'elle n'en avait vraiment.
- Hum ... Que me vaut donc cet honneur ?
- Je voulais savoir si tout allait bien ? Personne n'a eu de nouvelles ...
- Parce qu'il n'y avait rien à dire ...
- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu es en colère contre moi ?
- Le flair ? ironisa la brune.
- Qu'est-ce que j'ai fait.
- Libéré Maléfique sans me prévenir ... J'aurais pu ... J'aurais pu empêcher tellement de choses ...
- Quelles choses ? poussa-t-elle au bout d'un moment quand la voix dépitée se fut tue.
- Je n'ai pas envie d'en parler.
- Tu n'as jamais envie de parler Regina ...
- Et alors ?
- Alors ... Rien, capitula-t-elle.
Elles restèrent un long moment silencieuses avant qu'elle ne décide de reprendre, incapable d'arrêter leur conversation là, au moins pour pouvoir entendre sa voix quelques secondes de plus ... Comme une adolescente ...
- Est-ce qu'elle a dit ... Ce qu'elle avait l'intention de faire ?
- Une purge, fut la brève réponse.
- Quoi ?!
- Personne que je n'aurais d'abord approuvé ...
- Quoi ?! répéta-t-elle un peu plus fort dans le désert du restaurant où elle était attablée.
- Moins fort Miss Swan.
- Qu'est-ce que tu entends par une purge ? reprit-elle plus bas. Tuer des gens ? Tu penses qu'approuver ces morts les rend plus acceptable ?
- Mon jugement a force de loi.
- Dans la forêt enchantée peut être Regina, ici en théorie j'ai le pouvoir de renverser un Maire si il pète un câble.
Au bout de la ligne, elle entendit la respiration de la brune se bloquer en une rage peu contenue. Elle pouvait très bien imaginer ses sourcils froncés et les flammes qui brûlaient dans ses yeux et attendit sagement que la sorcière ait reprit ses esprits.
- Ne vous adressez plus jamais à moi de cette façon Emma.
- Regina, c'est rid ...
- Soyez de mon côté Miss Swan ou ne vous donnez plus la peine de vous adresser à moi, coupa la voix soudain froide.
Elle voulut répliquer mais préféra raccrocher sans prendre congé, pas certaine de pouvoir contenir la colère et les insultes qui pourraient endommager ce qu'elle avait précairement bâti avec la mère d'Henry.
Dehors, elle se perdit dans la contemplation du paysage avant de remarquer deux silhouettes qu'elle reconnut comme celle de Hook et la danseuse du cabaret tenu par Ursula. Le pirate dut sentir son regard, détournant son attention de celle qu'il escortait. Un instant il sembla hésiter et elle fronça les sourcils en le voyant s'excuser auprès de la rousse pour se diriger vers le restaurant depuis lequel elle les observait.
- Swan, la salua-t-il.
- Hook. Ca va ?
- C'est à toi que je comptais poser la question.
- Non, avoua-t-elle.
- Le retour de Cora ?
- Entre autres ... Regina pense que sa mère veut faire une ... "purge".
En face d'elle, le capitaine se raidit visiblement.
- Ca te parle ?
- A l'époque c'était pour éliminer une partie de la population quand les temps étaient trop durs. Des magiciens avaient recours à des sorts pour tuer les plus faibles.
- Une sorte d'arme chimique, raisonna-t-elle à voix basse.
- Quoi ?
- Non, rien. Regina s'en est servi en son temps ?
- Non, son règne était prospère, mais d'autres monarques ne s'en sont pas privés.
- Et aujourd'hui, est-ce que tu crois qu'elle serait prête à cautionner ça ?
- Non ... Quel intérêt ?
- Et si l'intérêt était de faire plaisir à sa mère ?
Quelque chose de sombre passa dans le regard si clair du pirate, une inquiétude non dissimulée ridant son visage en partie recouvert de barbe.
- Est-ce que ... Est-ce que Regina a choisi de s'allier à Cora ?
- Non ! Non ...
Elle hésita brièvement à lui dire la vérité avant de se rappeler que malgré les nombreux doutes qu'elle avait eu sur lui, l'homme avait toujours été présent pour elle.
- Elle fait semblant, avoua-t-elle. Semblant d'être avec elle pour attendre le meilleur moment.
- De quoi ?
- Je ne sais pas ... Est-ce que tu crois qu'il faut lui faire confiance ?
- Regina est une grande Reine, beaucoup de royaume enviait la forêt enchantée quand elle l'a reprise en mains ... Je suis sûre qu'elle trouvera quelque chose.
- Et si elle était tentée par ... le côté obscur ?
Elle tiqua à ses paroles, ravie que le Capitaine ne puisse pas reconnaître la référence cinématographique.
- Cora est ...
- Est ? pressa-t-elle.
- Capable de tout pour arriver à ses fins. Elle est ... Sans coeur. Littéralement. Mais j'ai appris à ne jamais sous-estimer Regina.
- Littéralement sans cœur ? retint la blonde.
- Elle l'a arraché pour ne pas être pervertie par des sentiments triviaux comme l'amour.
- Comment est-elle encore en vie dans ce cas ?
- On peut retirer un cœur sans faire mourir son propriétaire ... Pour tuer il faut le réduire en poussière.
- Et sans cœur on devient comme Cora ?
- Ironique n'est-ce pas que la Reine des cœurs n'en ai pas ?
- Plutôt oui ... Est-ce que tu penses qu'elle pourrait demander à Regina d'en faire autant ?
- Je ne sais pas ma belle, pose lui la question.
- Sérieux ?
- On dit que vous vous entendez plutôt bien ...
- Qui dit ça ?
- Ceux qui étaient là ce matin et qui t'ont vue partir avec elle ...
Elle ne répondit pas, ignorant si l'information pourrait plus tard s'avérer utile. Pour le moment et malgré sa volonté d'agir auprès de Regina, elle ne savait pas si cette dernière accepterait son aide. Et surtout si elles partageaient le même avis sur la situation.
- Qu'est ce que je dois faire ? demanda-t-elle à voix basse.
La question s'était plus adressée à elle même qu'à l'homme attablé avec elle, mais il sembla la prendre au pied de la lettre.
- Accorder le bénéfice du doute à la Reine ...
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Si elle voulait bien lui accorder le bénéfice du doute quant à sa collaboration avec sa mère, il n'y avait en revanche aucun doute sur la nature du comportement qu'elle avait adopté à son égard. Elle boudait. Regina Mills, femme accomplie et souveraine d'une population entière la boudait. Elle s'était retenue d'entamer une dispute avec elle et aucune insulte n'avait été prononcée. Elle avait clairement choisi son côté à plusieurs reprise, devant Cora et devant Snow, son mari et Maléfique, mais le seul fait qu'elle ait osé lui rappeler qu'elle n'était pas omnipotente ici avait provoqué une réaction disproportionnée chez la brune.
D'accord, elles s'opposaient sur le sujet fondamental de la "purge" qu'elle avait évoqué, mais était-ce une raison suffisante pour adopter le comportement qu'elle avait choisi ?
Assise sur un tabouret pret du comptoir, elle faisait face à Ruby qui lui racontait sa soirée à essayer de traquer Graham quand le silence s'était fait dans la pièce. Elle ne s'était pas retournée, apercevant dans sa périphérie l'éclat rouge d'un chemisier qu'elle avait déjà déboutonné, la mère d'Henry était accompagnée de Cora qui avait abandonné sa robe pour un tailleur noir, sa silhouette noire uniquement brisé par un rouge à lèvres rouge assorti à des chaussures visiblement empruntées à sa fille.
Les cheveux remontés en un chignon strict, la sorcière avait peut être perdu l'air d'un personnage tout droit sorti d'un comte de fée, mais elle lui faisait toujours penser à une forteresse imprenable, distante de tout ce qui l'entourait, indifférente à la nervosité générale que sa présence provoquait. La comparaison étira ses lèvres et elle frissonna en se rendant compte que son regard s'était posé sur la brune qui lui rendit un sourire froid et mesuré. Ressemblait-on toujours à ça dépossédé de son coeur ?
- Ah, Miss Swan ...
- Cora, salua-t-elle simplement avec un signe de tête.
Comme si le simple mot avait été un signal dont elle n'était pas au courant, le reste des clients sembla se remettre à respirer, les conversations reprenant en des murmures discrets et elle se demanda de combien d'entre elles, elles étaient le sujet. Regina ne lui adressa pas le moindre mot, accaparant l'attention de la serveuse pour lui demander deux cafés à emporter.
- J'espère que vous viendrez à notre petit rassemblement en début d'après midi, souffla la voix de Cora soudain à ses côtés.
- Euh ... Je n'étais pas au courant qu'il y en avait un ?
- Oui ... J'ai cru comprendre que vous et ma fille avez eu un ... désaccord.
- Et donc ? répondit-elle regrettant aussitôt son ton quasi agressif.
Sa réaction ne passa pas inaperçue, provoquant un rire discret, moqueur.
- Vous avez raison ce ne sont pas mes affaires ... Quoi qu'il arrive, si jamais vous avez besoin d'aide avec ma fille, je serai toujours là.
Les paroles la choquèrent tellement qu'elle la laissa étreindre brièvement son avant bras. Le contact bref, l'électrifia. La magie qu'elle sentit frémir sous la peau encore plus pale que la sienne n'avait rien à voir avec celle de Gold et se serait presque rapprochée de celle de Regina si elle n'avait pas pu sentir le danger derrière l'agréable sensation de chaleur. Elle avait toujours que la femme était dangereuse, elle l'avait vu mettre à mal le Ténébreux dans un duel la veille mais un simple contact avec sa magie lui permettait aujourd'hui de se rendre compte que tout allait bien au delà de ça. De quoi tirait-elle sa force ? Personne ne pouvait être aussi puissant que ça ...
- Je m'en souviendrai, finit-elle par lâcher avec un sourire qu'elle savait faux.
- Tant mieux.
A l'entrée, Regina s'immobilisa pour tenir la porte ouverte à sa mère qui s'écarta enfin d'elle. La blonde choisit le moment pour reporter son attention sur le Maire de Storybrook, détaillant sans discrétion la tenue qui moulait toutes les formes jusqu'à rencontrer les yeux d'ébène qui la fixaient avec une interrogation hautaine. Elle ne se cacha pas lorsqu'elle leva les yeux au plafond, aujourd'hui elle n'avait plus peur des sautes d'humeur de la brune. Pas quand elle savait ce qu'elle lui avait avoué à demi mots tout le long de ces derniers jours.
- Qu'est-ce qu'il se passe entre vous deux ? demanda Ruby lorsque les deux sorcières eurent disparu à l'angle d'une rue.
- On s'est chamaillées, plaisanta-t-elle.
Si elle avait fait confiance à Hook pour lui parler de la purge, il ne lui semblait pas raisonnable d'en faire de même. Elle avait l'air trop proche de Snow pour qu'elle puisse prendre le risque que le bruit se propage et il était hors de question que d'autres commencent à douter de Regina.
Suivant une intuition et emplie de curiosité, la jeune femme paya la sucrerie qu'elle avait commandée et manger en parlant avec la serveuse et sortit du restaurant avec la promesse d'une future soirée au cabaret d'Ursula. Dehors, elle fut devant la porte du magasin de Gold en moins d'une minute, entrant sans frapper malgré l'écriteau indiquant la fermeture. Elle ne fit que quelques pas avant de s'immobiliser devant le comptoir vitré où étaient exposés d'autres objets de collection.
- Gold ! Je sais que vous êtes là !
- Ah vraiment ?
La voix trop poche d'elle dans son dos la fit se raidir, les doigts crispés sur le bois qu'ils avaient jusque là tapé d'un rythme impatient. Elle prit le temps de se retourner avec une lenteur délibérée, espérant lui masquer son trouble.
- Vraiment. Que vous a fait Cora ?
Un rapide coup d'oeil à son apparence lui confirma qu'il n'avait pas changé, si ce n'est la main qui lui manquait, cachée dans le revers de sa veste de smoking. Ce furent ses yeux pourtant qui la firent frissonner. Ils trahissaient une haine telle qu'elle eut l'impression qu'elle n'aurait jamais du entrer dans ce magasin. Comme s'il était capable de lire dans ses pensées, le mari de la bibliothécaire la rassura presque aussitôt à sa façon.
- Ne vous inquiétez pas, Elle m'a interdit de vous faire le moindre mal.
- Cette dague lui permet vraiment de vous contrôler alors ? souffla-t-elle dépitée.
- Sans quoi votre coeur aurait déjà été réduit en poussière Emma Swan.
- Quoi ? Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?! s'offusqua-t-elle.
Ces derniers temps tout le monde semblait en colère contre elle pour des raisons qu'elle ne parvenait pas à déterminer.
- Qu'est-ce que vous avez fait ?! s'emporta-t-il soudain.
Autour de lui une magie glaciale crépita à en faire grincer les meubles de la pièce, le parquet gelant sous ses pieds et elle oublia momentanément qu'elle pouvait se défendre, qu'elle disposait elle aussi d'une quantité de magie non négligeable lorsque ses pupilles se muèrent en un vert profond, animal. Reptilien. Mais avant que le serpent n'ait eu le temps de fondre sur elle, il fut arrêté par une force invisible, l'empêchant de faire un pas de plus vers elle. Alors seulement les yeux s'assombrirent jusqu'à atteindre leur teinte habituelle et le Shérif se rendit compte qu'elle s'était arrêtée de respirer, aspirant un goulée d'air quand il recula d'un pas.
- Pourquoi êtes vous là ? demanda-t-il soudain anormalement calme.
- Je ... Je voulais vous poser une question à propos de magie, répondit-elle en s'éloignant un peu plus de lui.
- Posez.
- Celle de Cora ... D'où vient-elle ? Je l'ai sentie toute à l'heure et ... Ça ne ressemblait à aucune autre magie.
Il eut un rire et elle n'eut pas à lui demander ce qui l'avait provoqué. Elle ne connaissait la magie que depuis son arrivée à Storybrook et n'avait pu sentir que celle de Regina et Gold. Ursula et Maléfique ne s'étaient pas suffisamment intéressées à elle pour qu'elle puisse en avoir eu un aperçu clair ... Elle n'y connaissait à vrai dire pas grand chose.
- La magie de Cora ... répondit-il songeur. Quand je l'ai découverte elle était la même que Regina, moins potente peut-être ...
- Et qu'est-ce qui a changé ? le poussa-t-elle à continuer quand il s'arrêta, les yeux dans le vague.
- Les coeurs !
- En arrachant son propre coeur elle est devenue aussi ... puissante ?
- Non ! Non Miss Swan quelle idée ! Les coeurs sont la source de toute magie. Elle n'a plus voulu faire confiance au sien, mais les autres ...
- Les autres ?
- Pourquoi croyez-vous qu'on l'appelle la Reine des Coeurs ?
Elle avait failli répondre " Parce qu'elle aime bien ça " du tac o tac, mais une foule d'idée plus macabres les unes que les autres fusèrent dans son esprit. Cora contrôlant le coeur de tous ses sujets, Cora arrachant les coeurs d'une foule d'hommes et de femmes avant de les avaler comme de la vulgaire viande crue, Cora baignant dans un ...
- Non, se moqua l'autre en interrompant sa vision d'horreur.
- Alors quoi ?
- Cora a arraché des centaines, des milliers de coeurs. Elle ne les réduit pas en poussière, rarement. Extrêmement rarement. Ils sont de vrais trésors pour elles, des artefacts puissants qu'elle déteste voir gâchés. Non ... Elle les collectionne. Et tous autant qu'ils sont, unis, emplis de haine, d'amour ou d'espoir ... Ils sont comme une armée au service de sa magie.
Elle ne savait pas si la réalité dépeinte à l'instant était pire ou non que celle qu'elle avait imaginé peu de temps avant. Dans tous les cas, elle l'effrayait bien plus. Instinctivement sa main alla reposer sur sa poitrine.
- Et tout ces gens ... Sans coeurs ?
- Ne le savent pas pour la plupart. C'est très différent de se l'être soi même arraché.
- Ok ... Donc supposons que je veuille supprimer la magie de Cora, je dois supprimer les coeurs ?
- Et tuer tous ces gens ? Seriez-vous prête à un tel sacrifice ?
- Tous ces gens sont ... Ici ?
- Certains. D'autres non.
- Et les coeurs ?
- Je ne peux répondre à une question qui mettrait autant ma maîtresse en danger.
- Votre maîtresse ? grinça-t-elle. Belle va adorer !
La remarque lui avait échappée et elle s'en voulut immédiatement après, assistant avec effroi à un nouveau combat que Rumplestinskin semblait mener contre lui même.
- Ok. Je vous laisse !
Elle ne prit pas la peine de jeter un regard supplémentaire derrière elle, s'enfuyant à grande enjambées vers sa voiture toujours stationnée devant le Granny. Elle avait une patrouille à faire.
.
..
.
Elle n'avait toujours pas reçu aucun signe de vie de la part de Graham lorsqu'elle retourna au commissariat, envoyant un sandwich à Spencer au travers des barreaux qui la protégeaient de lui.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Un Sandwich. Me dites pas que les gens comme vous ne savent même pas ce que c'est ?
Elle ne fit pas attention à sa réponse, allumant son ordinateur pour lancer une playlist et commencer à écrire un rapport par dessus son plat de pâtes. Madonna chantait toujours, une page word à peine entamée lorsque le claquement de talons raisonna dans la pièce. Elle fronça les sourcils, intriguée de ne pas avoir senti la présence plus tôt avant de réaliser qu'il ne s'agissait pas de Regina. Alors qu'elle ne l'aurait pas fait pour elle, la chasseuse de primes fit tomber ses jambes du bureau où elles étaient perchées, retirant le clavier de ses cuisses avant de baisser le son de la chanson.
Cora Mills entra dans la pièce comme si elle l'avait toujours connue, ses yeux trahissant pourtant l'intérêt qu'elle portait au lieu qu'elle n'avait jamais pénétré. Les perles sombres sautèrent d'un objet à l'autre avant de se focaliser sur la blonde, un sourire froid vite remplacé par un rictus agacé.
- Regina n'est pas avec vous ? sembla-t-elle être étonnée.
- Non, répondit-elle simplement.
Elle ignorait si elle aurait du couvrir son amante pour une quelconque raison mais si elle en avait vraiment eu besoin, elle n'avait qu'à l'avoir prévenue.
- Et bien ... Dans ce cas vous ferez l'affaire.
- Je f...
- Vous mangiez ? fut-elle coupée.
- Euh oui, un peu.
- Tant pis, vous apprendrez que certaines choses n'attendent pas.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Il y a un problème ?
- Aucun.
Elle observa muette la brune agiter deux doigts de sa main et resta immobile quelques secondes avant de comprendre que le claquement qu'elle venait d'entendre provenait de la cellule. Si elle eut d'abord peur qu'il se fut agit du craquement sinistre de la nuque du prisonnier, elle fut encore plus étonnée de constater que la porte métallique venait de s'ouvrir. Quelque chose comme de la peur serra son estomac, coupant immédiatement sa faim lorsqu'elle remarqua l'expression de pure terreur peinte sur le visage de Spencer. Hier encore elle aurait pu en rire, mais aujourd'hui elle n'était plus très sûre de ce qu'elle pouvait signifier.
- Cora ? Qu'est-ce qu...
- Emma, accompagnez donc cet homme dehors.
Le ton était sans appel et elle sentit ses muscles obéir avant qu'elle n'ait le temps de se demander ce qu'il se passerait une fois à l'extérieur. Sur le perron elle fut stoppée net dans sa progression, immédiatement percutée par l'homme qui la suivait de près. Les trois quart du village semblaient s'être rassemblés et elle se rappela soudain de la réunion que Cora avait mentionnée plus tôt dans la matinée.
- Un petit rassemblement hein ? répéta-t-elle à voix basse.
A en juger par le sourire froid qui étira ses lèvres fines, la sorcière à ses côtés avait très bien entendu sa réplique mais choisit de ne pas y répondre. Elle la suivit docilement, soulagée que toute l'attention des villageois soit fixée sur la mère de Regina et non pas elle. Une main impérieuse arrêta sa marche silencieuse et elle observa la brune faire encore quelques pas jusqu'au centre de la place où elle s'immobilisa pour balayer la scène du regard.
La chasseuse de primes n'eut aucun mal à s'imaginer la souveraine qu'elle pouvait être, sa présence dévorante écrasant toutes les autres au point qu'elle se demande si Regina était en mesure de faire compétition. Les lèvres laquées de rouge s'ouvrirent et elle put s'émerveiller sur le pouvoir qu'elle arrivait à insuffler dans chacun de ses mots.
- Vous êtes nombreux ici à vous poser des questions sur ce que je suis, ce pour quoi je suis ici ... Si je cherche une quelconque vengeance ? Ou si je vais simplement faire de vous des marionnettes ? Quoi que vous ayez entendu sur moi, quoi que vous craigniez, j'apprécie votre présence ici aujourd'hui.
L'oratrice marqua une pause, jaugeant l'effet de ses paroles sur l'assemblée qui les buvaient visiblement, suspendue à ses lèvres. Ses yeux se posèrent brièvement sur Spencer avant de rebondir sur Emma et continuer son discours :
- Les temps changent et je ne suis pas celle que vous avez pu connaître dans la forêt enchantée. Après tout, ma fille a elle aussi commis des erreurs mais s'est montrée capable de les surmonter. Je veux vous prouver que je suis capable de vous aider ... A conquérir d'autres territoires, élargir vos horizons, vous ouvrir ce monde dont vous n'avez que quelques aperçus au travers d'un écran de ... télévision.
Le mot avait été craché avec un dédain qui trahissait la nouveauté presque incompréhensible qu'elle y voyait et pourtant le discours qu'elle tenait avait tout de quelqu'un qui connaissait son sujet. Et il était convainquant réalisa-t-elle en remarquant les têtes qui hochaient un peu partout.
- Je peux affirmer, et d'autres le feront pour moi, continua-t-elle en jetant un coup d'oeil à l'Elue, que je ne suis plus la même femme que j'étais jadis. Pour autant ...
Son ton se fit plus sombre et elle sut qu'il n'augurait rien de bon quand les orbes sombres se fixèrent sur le prisonnier dont les jambes fléchirent à ses côtés. L'ancien procureur fut projeté genoux à terre avec une force qui fit craquer les os dans le silence de la rue.
- Il existe des règles que rien ni personne ne pourra jamais transgresser. Des règles dont j'exigerai le respect et q...
- Etes vous en train de dire que vous prendrez la place de Regina ? coupa quelqu'un.
Elle crut sincèrement qu'elle allait le tuer. Sa posture soudain figée par la stupeur que quelqu'un ait osé l'interrompre.
- Votre nom ?
- Archie Hopper.
- Et bien ... Archie Hpoper, sachez que je n'ai aucune intention de prendre la place de ma fille. En revanche, j'entends bien que son nom ne soit jamais sali ou déconsidéré par des gens tels que cet homme.
A peine avait-elle cessé de s'inquiéter pour le psychologue, qu'elle devait à nouveau se demander ce qu'il allait advenir du prisonnier qu'elle avait fait quelques jours plus tôt. Si elle avait ignoré toutes les lois en l'enfermant en garde à vue pire qu'un terroriste, elle n'était pas sûre de vouloir cautionner les tortures qu'elle l'imaginait déjà subir pour servir d'exemple.
- A ce titre et parce que je souhaite vous faire comprendre que mes résolutions ne changent en rien certaines de mes traditions, j'aimerais vous montrer ce qui arrivera désormais à ceux qui auront l'audace de défier l'autorité de ma fille, la mienne ou encore celle de l'Elue ...
Elle aurait voulu intervenir pour clarifier les choses auprès des autres, leur affirmer qu'elle ne faisait pas partie de l'alliance qui semblait s'être formée sans qu'elle s'en rende compte et qu'en aucun cas elle ne punirait les gens pour être en désaccord avec elle, mais ses jambes obéirent au mouvement que la sorcière fit d'un doigt recourbé vers elle.
- Chargez-vous de lui, entendit-elle soufflé à voix basse.
- Me ch...
Elle ne finit pas sa phrase, interrompue par une présence qui cascada le long de sa colonne vertébrale. En face d'elle les yeux de la sorcière se plissèrent et tout autour d'elle d'autres murmures brisèrent le silence. Comment avait-elle pu croire une seule seconde que Regina ne ferait pas le poids face à sa mère ? Elle ne la voyait même pas encore et déjà tous ses sens étaient chamboulés par l'aura qui se dégageait d'elle.
- Regina ... Quel plaisir de te revoir parmi nous, l'accueillit la plus âgée.
- J'arrive au bon moment il me semble.
- Oui, pour assister au ...
- Assister ? coupa-t-elle. Je n'ai aucune intention d'assister à ce piètre spectacle mère.
- Vraiment ?
Il y avait quelque chose de dangereux à l'orée de la voix de Cora.
- Il me semble après tout que c'est à moi que revient cet honneur non ?
Toute la tension qui s'était logée dans la silhouette de la sorcière se dissipa et la blonde remarqua avec effroi son sourire se teinter de fierté.
- Bien sûr ma chérie.
- Sans magie ! entendit-elle alors la voix de Spencer exiger.
- Sans magie, concéda Regina.
- Je veux des armes.
- On est bien exigent hein ... Quelles armes ?
- Une épée et un bouclier. Deux poignards et un fléau.
- Un fléau ? sembla-t-elle s'amuser.
L'instant d'après la liste d'armes avait été disposée d'un geste de la main devant Spencer qui ne semblant pas croire sa chance se précipita dessus, exigeant également une armure qui apparut sur lui.
La chasseuse de primes recula alors, croisant le regard d'ébène qui soutint le sien jusqu'à ce qu'un nuage de fumée violette ne dissolve leur échange. Sa respiration s'arrêta brutalement lorsque la silhouette de Regina refit surface, moulée dans une tenue en cuir noir assortie à l'arme qui lui semblait familière. Elle avait été exposée dans la boutique de Gold réalisa-t-elle. Mais si l'apparence même de la brune la rendait sans voix, elle n'était pas sûre qu'elle suffise à la faire gagner un combat. Dans une autre réalité, Spencer avait été un souverain qui avait du mener des batailles, apprendre à se battre et il restait un homme plus puissant physiquement ... Elle se rappela vaguement des paroles de quelqu'un qui lui avait assuré qu'elle n'avait pas besoin de magie pour se débarrasser de quelqu'un, mais commençait à regretter de ne pas être intervenue plus tôt pour avoir à accepter le duel qui allait avoir lieu.
- À la mort ? s'assura l'homme.
- Bien sûr, fut la réponse légère.
Autour d'eux la foule - elle y compris - recula soudain pour leur laisser la place nécessaire au combat et elle sentit la peur l'envahir plus que jamais.
- Ne vous inquiétez pas Emma Swan, elle le vaincrait les yeux fermés, entendit-elle la voix basse tenter de la rassurer.
- Sans magie ?
- Ne sous estimez jamais ma fille, sembla-t-elle la prévenir.
- Jamais, s'entendit-elle promettre.
Au centre de la place, Spencer fit traîner son arme - le fléau devina-t-elle à la forme qu'elle ne connaissait pas - sur le bitume de la rue mais en face de lui la brune resta immobile. Il lui fallut quelques longues secondes encore avant de choisir de foncer vers elle, l'arme fendant l'air au dernier moment, le boulet orné de pics lancé à toute vitesse sur son adversaire qui s'écarta au dernier moment d'un mouvement fluide.
Les mouvements furent répétés à plusieurs reprises, jusqu'à ce que la volonté de faire mal fasse place à un rage mal contenue. Certainement parce qu'il était le seul à attaquer tandis que Regina se contentait de l'éviter avec un air amusé. Et puis enfin, la femme sembla se décider à agir, abattant négligemment son arme sur l'épaisse chaîne qui retenait le boulet. La lame traversa le métal comme s'il avait été fait de beurre et elle se demanda si cela ne consistait pas en une entorse aux règle d'un combat sans magie.
L'ancien procureur émit un cri de rage, s'emparant de l'épée sécurisée à sa taille et le vrai duel sembla alors commencer. Celui où Regina virevoltait telle une danseuse au milieu de la place, ne laissant jamais son adversaire l'approcher suffisamment pour la toucher. Un sourire aux lèvres, elle semblait s'amuser plus qu'autre chose.
- Battez-vous ! lui cria Spencer.
- Si tel est votre désir ...
La voix réchauffa son ventre, y faisant renaître un désir auquel elle avait pu échapper depuis trop longtemps. Elle avait parfois l'impression d'avoir été droguée à son insu, rendue accro à ce que seule Regina pouvait lui procurer.
Un cri troubla le fil de ses pensées et elle releva à temps les yeux pour voir la lame d'un noir de jais se retirer de l'épaule de l'homme plié en deux par la douleur. Son regard chercha celui de la sorcière qui dut le sentir et reporta son attention sur la blonde. Silencieusement, elle tenta de communiquer toute l'inquiétude, la fierté, le soutien et la peur qui se bousculaient en elle et comme d'habitude, le monde sembla disparaître autour d'elle.
Jusqu'à ce que les yeux d'ébènes se strient de quelque chose qu'elle n'y avait jamais vu. De la douleur.
- Regina !
Le nom lui échappa en un cri. À ses côtés Cora ne semblait pourtant pas inquiète de ce qu'il venait de se passer, ses traits durs observant sa fille qui venait de porter une main à son ventre pour y retirer la lame d'une dague. Elle ne supportait pas l'idée que la femme qu'elle aimait puisse souffrir d'une quelconque manière réalisa-t-elle, sa magie crépitant déjà quelque part dans ses poings fermés pour ne pas céder à la tentation d'intervenir. Elle savait la sorcière capable de se guérir et il fallait après tout qu'elle prouve un point aux yeux de tous. La douleur fit place à une colère non dissimulée et cette fois la Reine ne fit pas l'effort de se retenir pour attaquer.
Chaque coups plus puissant qu'un autre virent bientôt Spencer tomber à genou devant elle, l'arcade en sang, son armure ouverte à plusieurs endroits.
- Vous allez me tuer ? sembla-t-il réaliser après une quinte de toux provoquée par un coup de genoux.
- Très certainement Spencer. Un dernier mot ?
L'intéressé hocha la tête en lui faisant signe d'approcher. Elle aurait voulu lui crier de ne pas le faire, la mettre en garde contre une quelconque arme qu'il aurait pu utiliser au dernier moment contre elle, mais quelque chose dans l'assurance qui irradiait de son amante l'en empêcha. Au centre de la place, l'homme accrocha une main au pantalon en cuir qu'elle portait pour s'assurer d'avoir toute son attention.
- Vous ne mériterez jamais aucun trône Regina, votre place est dans une ferme ou au mieux à servir les gens à qui vous avez subtilisé le pouvoir !
Cette fois, elle sentit visiblement Cora se tendre à ses côtés et le masque qui figea les traits de Regina la convainquit définitivement que le sujet était sensible.
- Et pourtant ... Qui est à genoux ?
- Je n...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase et il y eut quelques cris dans la foule assemblée lorsque la mâchoire de l'homme explosa sous le coup de bottes à talons qu'il reçut, envoyé à plat ventre avec un cri de douleur déchirant.
- Quelles étaient les sanctions applicables à ce genre d'injure dans votre royaume ?
Son adversaire ne répondit pas et même s'il l'avait voulu, la jeune femme n'était pas sûre qu'il aurait pu à en juger par le flot de sang continu qui coulait de sa bouche.
- Aucune idée ? se moqua-t-elle.
Sans qu'elle n'ait eu besoin de le toucher, le corps allongé à terre fut pris de convulsions avant d'être élevé dans les airs pour faire face à la Reine dont le mépris pour lui était clair. D'un seul regard sembla-t-il, elle put finir de le désarmer, toute idée de ne pas utiliser la magie abandonnée depuis bien longtemps. A ses côtés, elle aurait pu jurer sentir celle de Cora Mills se réveiller, visiblement ravie du tournant que prenait les choses. Le mouvement fut si rapide qu'elle eut du mal à en croire ses yeux, mais la seconde d'après un poignard avait profondément était logé dans le ventre de l'ancien procureur et remonté jusqu'à sa gorge.
Quelque part dans la foule elle entendit quelqu'un émettre un bruit de dégoût qui lui rappela celui auquel elle avait eu le droit lors de son intervention à la banque de Boston.
- Quelque chose comme ça si je me souviens bien, souffla la voix rauque de Regina.
L'intéressée soutint son regard quelques secondes, attendant peut être une réponse qu'il ne serait jamais en mesure de donner avant de le repousser d'un nouveau coup de pieds, provoquant d'autres cris d'horreur lorsque l'impact fit jaillir les entrailles de l'homme qui ne se relèverait pas. Elle ne savait pas à quoi elle s'était attendue, mais l'image du corps tressaillant une dernière fois avant que la vie ne le quitte définitivement la déçut péniblement. Elle n'avait pas voulu sa mort, mais s'était dit que Regina donnerait un plus grand spectacle. L'instant d'après elle parvint à croiser le regard de l'intéressée qui venait d'essuyer la lame de son arme sur son pantalon en cuir et les doutes qu'elle y vit lui firent comprendre pourquoi Regina n'avait pas voulu pousser le crime plus loin.
À sa droite Cora reprit la parole, mais elle fut incapable de comprendre un seul mot qui sortait de sa bouche, seulement focalisée sur l'air perdu que sa fille portait sur elle et la certitude que la sorcière ne devait pas en être témoin. Pas si elles voulaient que le plan marche. Elle ne sut jamais qui avança vers l'autre, sortant de sa transe uniquement lorsque la fumée d'un violet plus profond que d'habitude les enveloppa. Le sol se déroba sous ses pieds, le souffle coupé par le fracas de son corps entre celui de Regina et un matelas. Dans un noir complet, elle aurait été incapable de déterminer l'endroit où elles avaient atterri, mais envahie par la présence de son amante, le parfum unique de sa peau, sa respiration encore saccadée, elle se rendit compte que peu importait la location, sa place serait toujours auprès de la femme qu'elle tenait dans les bras.
- Emma ? entendit-elle murmuré par des lèvres qui effleurèrent les siennes.
- Je suis là. Je serai toujours là Regina.
