Et bonjour/soir ! :) Je suis désolée que ce dernier chapitre ait suscité autant d'émoi pour vous, moi aussi j'aime beaucoup le personnage de Graham et je n'ai toujours pas digéré sa mort dans la série pourtant j'ai choisi de m'en servir ici aussi ... Et oui, Regina l'a bel et bien tué, je suis désolée. Maiiiis ... Les voies du Seigneur sont impénétrables ;)
Je vous apporte encore ce chapitre avec du retard & vous savez pourquoi ? Je me suis perdue tout le week end dans une fic en anglais que j'ai a-do-ré, plus de 50 chapitres & là vous savez ce qu'il se passe ? L'auteur a abandonné, arrêté d'écrire parce qu'elle n'avait " plus le temps " ... J'ai eu envie de tout casser ... Donnnnnc je vous fais la promesse que même si je mets du temps, j'irai au bout de cette fic ! ^^
Merci encore à tous & en particuliers ceux qui prennent le temps de m'encourager par écrit : Serieslover44, justinejannedu0760, Bonne Ame , lillyyy19, Grat, OoO-RED-OoO , Morgane (t'inquiète pas, il va y en avoir de la résistance ;) ), Floralys20, Mystik.7, angele751, Regina2015, evilhayleyregal , EvilSwanMills, rozaline38, StichE & Raphi5930 !
Bref, sans tergiverser plus longtemps ... Voici là suite en espérant que ça vous fera plus facilement digérer la pilule du chapitre précédent :)
Bonne lecture ! :)
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Chapitre 20
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Si au fond d'elle même, la jeune femme restée persuadée que rien ni personne n'arriverait un jour à égaler la place qu'avait su se faire Regina Mills en elle, il n'y avait rien de plus perturbant que d'être forcée de reconnaître qu'elle était tombée amoureuse d'une meurtrière. Quelqu'un qui venait d'assassiner de sang froid sous ses yeux parce que c'était " ce qu'il fallait faire ".
Elle eut un sourire amer en repensant aux dernières paroles qu'avait eues le chasseur. La confiance démesurée qu'elle plaçait en elle lui paraissait parfois folle. Elle se trouvait parfois - souvent - folle.
- Où est Henry ? lui demanda la sorcière en s'approchant d'elle.
Elle sentit ses muscles se tendre d'elle ne savait qu'elle appréhension, tournant la tête pour refuser la main qui lui était tendue pour l'aider à se relever.
- Emma ?
- Je l'ai changé en tableau sans faire exprès.
- Tu as quoi ?!
Cette fois elle fut haussée de force le long du mur, plaquée contre une étagère sans ménagement.
- J'ai pas fait exprès, se défendit-elle. Et puis je suis sûre que tu peux défaire ça d'un clin d'oeil alors arrête de me faire la morale !
- De te faire la morale ? Personne ne touche à mon fils Emma ! Personne ne se permet de lu...
- J'étais paniquée ! Ta mère était en train d'arriver et il ne voulait pas se cacher ! C'est pas ma f...
Une main étouffa la fin de sa phrase quelque part dans sa gorge, la Reine avait une lueur meurtrière dans ses yeux qui fit bouillonner sa magie dans ses veines.
- Ne me touche pas !
Son éclat surprit suffisamment l'intéressée pour la faire reculer d'un mètre sous la force de la magie qui se dégagea soudain d'elle.
- De quel droit tu oses me faire la leçon ? Tu viens de ... de ...
- De tuer mon plus fidèle soldat ? Tu crois que j'en ai pas conscience ?
- Pourquoi tu l'as fait alors ?!
- Et toi ? Une chasseuse de primes qui se laisse suivre comme une débutante !
- Je n'ai pas fait exprès !
- Et c'est moi qui suis obligée de faire les choix les plus difficiles pour nous deux ...
- Les choix les plus difficiles ? Tuer un homme ?
- Ma mère l'aurait mis en pièces. Et tu sais ce qu'elle aurait fait d'abord ?
Le violet profond qui tournoyait dans les iris près des siens renforçait la furie peinte sur le visage de la sorcière mais elle devait avoir passé le point de non retour, incapable de ressentir la moindre peur.
- Elle aurait fouillé sa mémoire. Le moindre souvenir. Elle aurait trouvé Henry. Mes instructions, ma trahison. Elle aurait retourné Gold contre mon fils, contre toi et même contre moi. Tu ne sais pas de quoi elle est capable !
- Il y avait d'autres moyens ... Tu aurais pu effacer sa mémoire ou le protéger de ...
- Non ! fut-elle coupée. Tu as vu tous ces coeurs dehors ? Tu n'as pas idée de la puissance qu'ils apportent à ma mère, elle aurait percé n'importe quel sort !
- Alors tue moi !
- Q...Quoi ?
- Tue moi. J'en sais autant que Graham. Et tue Snow, Ruby, Ursula et ta copine Maléfique parce que nous savons toutes quelque chose que tu ne veux pas que ta mère apprenne.
- Non ...
- Si ! Tu sais ce que m'a dit Graham avant que tu rentres dans la pièce ? Les derniers mots qu'il a prononcés pour me rassurer ? Il m'a dit " Tout va bien. Regina va tout arranger " ...
En face d'elle la sorcière s'était figée, cherchant visiblement ses mots. Le spectacle lui arracha une once de fierté. Elle n'était pas sûre que beaucoup étaient encore vivants pour témoigner d'une pareille occurrence.
- Avoue le Regina, tu n'avais aucun besoin de le tuer, tu te laisses emporter par ce que tu es. Tu es dépassée par ta magie noire et vivre au contact de ta mère ne fait qu'empirer les choses ... Laisse moi t'aider.
- Non ! Et arrête de me regarder comme ça !
- Comme ça comment ? s'étonna-t-elle honnêtement.
- Avec pitié ... Pitié et Dégoût.
Elle ne répondit pas, consciente que les adjectifs se rapprochaient à peu de choses près de ce qu'elle ressentait pour la Reine à l'instant précis et leurs regards s'affrontèrent quelques secondes de plus avant que la Reine ne se détourne brusquement. Elle avait cru apercevoir le reflet brillant de larmes dans ses yeux mais de dos à présent elle n'aurait su dire si elle avait vu juste. La démarche raide elle s'approcha en silence du corps sans vie du chasseur pour lui lancer un sort qui eut pour effet de l'allonger dans une position un peu plus adéquate. Elle sembla l'observer encore un moment avant qu'il ne disparaisse, emporté dans un nuage violet.
- Qu'est-ce ...
- Pas maintenant, lui répondit la voix plus rauque d'habitude.
Elle s'était rendue auprès du tableau qu'elle avait créé peu de temps avant que la porte n'explose et l'enfant qu'elle avait fait disparaitre réapparu en un tourbillon de fumée. Elle crut d'abord que Regina s'était évanouie, amorçant un geste pour aller la secourir lorsqu'elle tomba à genoux pour finalement s'immobiliser quand elle la vit passer ses bras autour de la silhouette d'Henry qui semblait encore retourné par le sort qu'il avait subi. Gênée, elle eut l'impression d'assister à une scène à laquelle elle n'aurait pas eu le droit d'être témoin. Par dessus l'épaule de sa mère elle croisa le regard perdu du gamin et lui adressa un sourire réconfortant qui eut pour effet de l'inquiéter d'avantage.
- Qu'est-ce qu'il se passe maman ? l'entendit-elle murmurer près des mèches de soie noire.
L'intéressée se dégagea visiblement à regret de l'étreinte pour dévisager son fils un moment.
- Graham est mort.
Elle eut le même hoquet de surprise que l'enfant, surprise de l'aveu aussi rapide avant de se rappeler que cet enfant sous ses airs de petit être pourri gâté avait déjà vécu autant d'années qu'elle si ce n'était plus.
- Tu l'as tué n'est-ce pas ?
- Oui.
- Pourquoi ?
À l'autre bout de la pièce Regina leva les yeux vers comme pour chercher une réponse ou une quelconque assurance avant de répondre.
- Parce qu'il le fallait mon ange ... Tu me fais confiance n'est-ce pas ?
- Oui. Je ... Je suis triste pour lui mais je te ferai toujours confiance maman. Où est-ce que je vais me cacher alors ?
À nouveau les perles d'ébène se fixèrent sur elle en une interdiction claire et précise. Elle n'aurait pas le droit de s'y rendre, comprit-elle.
- Archie. Archie va s'occuper de toi quelques jours. C'est bientôt fini.
Elle se demandait comment elle pouvait lui faire une telle promesse alors qu'elle ne semblait avoir aucun plan pour venir à bout de sa mère mais l'instant d'après ils se dégageaient de leur longue étreinte.
- D'accord, sembla-t-il accepter le compromis.
- Maintenant je veux que tu dormes. Je vais t'amener chez Archie d'accord ?
- Est-ce que tu vas rester ?
- Autant de temps qu'il le faudra, mais tu veux bien m'attendre une minute dans ta chambre ici s'il te plait ?
- Oui 'man ...
Le silence gêné qui s'installa presque aussitôt fut rompu par la voix posée de la brune qui refusait obstinément de croiser son regard.
- Je vais régler le problème.
- Si tu le dis ...
- Tu ne me fais plus confiance ?
- Non, c'est pas ça le problème.
- Qu'est-ce que c'est alors ?
- Je doute que tu en sois capable, avoua-t-elle à voix basse.
- Que j'en sois capable ? gronda la sorcière.
- Est-ce que tu as la moindre idée de comment t'y prendre ? Pour en finir sans la tuer ?
- J'y réfléchis.
- Est-ce qu'on pourrait pas y travailler ensemble ? Snow et les autres ont déjà des idées derrière la tête ...
- Quelles idées ?
- La tuer. Ils pensent à la tuer Regina et nous savons toutes les deux que ce n'est pas ce que tu veux. Il nous faud...
- Il n'y a pas de nous Emma, ma mère n'est pas le genre de mission dans laquelle tu veux te lancer !
- Sauf que j'y suis déjà jusqu'au cou ! s'écria-t-elle exaspérée.
Son amante la regarda fulminer en silence quelques secondes en silence avant de se détourner, tentant visiblement de résister à l'envie qu'elle avait de lui sauter dessus toutes griffes dehors.
- Et bien ... Pars donc avant que cela ne t'étouffe. Personne ne te retiens.
- Pers ...
Elle ne finit pas sa phrase, outrée par les insinuations que la brune était en train de faire.
- Henry ! Maman a fini, tu peux venir.
Comme s'il s'était caché derrière la porte de sa chambre, l'intéressé surgit de la pièce avant même que sa mère n'ait eu le temps de finir sa phrase.
- Bonne nuit Emma ! lui lança-t-il.
- Bonne nuit gamin.
Elle resta un long moment immobile après que la fumée violette se soit dissipée, choisissant de rester sur place, blottie dans une couverture sur l'immense canapé en cuir.
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Aucune lumière ne vint la réveiller le lendemain matin, tirée d'un sommeil agité par sa chute sur le tapis où avait dormi Graham la veille.
Graham ...
Une nausée soudain l'envahie à l'idée de la scène dont elle avait été témoins, se précipitant de justesse devant l'évier de la cuisine américaine pour vider le contenu de son estomac. Encore groggy elle chercha la salle de bains qu'elle découvrit encore plus spacieuse que à ce à quoi elle s'était attendue, tentant d'ignorer le reflet blafard que lui renvoyait un miroir de deux mètres de large au dessus d'un lavabo où s'entassaient des produits de beauté masculin. Elle n'eut pas la force de sourire à l'idée que Graham ait pu se servir de crèmes hydratantes, préférant s'enfermer dans la cabine de douche sous un jet d'eau brûlant.
Elle devait aller voir Maléfique. C'était elle la spécialiste pour pénétrer dans les esprits des autres et quitte à ce qu'elle la supplie, elle la convaincrait de lui apprendre comment repousser cette forme de magie. Si elle était incapable d'accepter la décision qu'avait prise Regina en tuant Graham, elle ne pourrait pas vivre en sachant que ce sacrifice avait été vain si jamais Cora parvenait à apprendre la vérité en lisant dans ses pensées.
Profitant de la magie des lieux, elle fit apparaître un gobelet de café brûlant dans ses mains avant de se téléporter devant la tour où elle avait vu la sorcière pour la dernière fois. La clairière était à nouveau intacte, vide de tout stigmate du combat qui s'y était pourtant déroulé. Le bruit de son poing qui frappa sur la porte en bois sembla rebondir sur tous les arbres qui l'entouraient.
- Maléfique ?! appela-t-elle quand elle ne reçut aucune réponse.
Elle était sur le point d'entrer de force lorsque la porte s'ouvrit sous elle, manquant la déstabiliser sous l'oeil impassible de la sorcière.
- Vous aviez raison, annonça-t-elle simplement.
- J'ai rarement tort. Il est arrivé quelque chose à Regina ?
- Elle a tué Graham.
L'information provoqua un haussement de sourcils à peine surpris mais la plus âgée fit un pas de côté pour l'inviter à rentrer dans le salon.
- Le chasseur ? l'entendit-elle demander derrière elle.
Elle ne répondit pas tout de suite, perdue dans la contemplation du salon dans lequel elle avait été introduite, entièrement fait en bois et pierre comme s'il s'était agit d'une seule pierre qu'on aurait taillée, donnant l'illusion que la table centrale prenait racine dans le sol en roc fendu de bois.
- Oui, le chasseur. C'est très beau ici.
- Merci. Pourquoi l'a-t-elle tué ?
Inconfortable au milieu de la pièce, elle observa l'hôtesse s'asseoir dans un fauteuil sans l'inviter à en faire de même, clairement décidée à ne pas lui offrir la possibilité de rester chez elle une minute de plus que nécessaire.
- Cora m'a surprise avec lui, Regina est arrivée et a trouvé que ... Que le meilleur moyen pour ne pas que sa mère découvre la vérité serait de le tuer.
- Je vois ... Et en quoi cela me concerne-t-il ?
- Je pense avoir trouvé le moyen de priver Cora de sa magie, mais avant tout j'ai besoin que vous m'aidiez à apprendre comment empêcher les gens de lire dans mes pensées.
- Qui vous fait penser que je le peux ?
- Parce que c'est votre domaine, non ? Vous avez l'air sacrément calée dans le domaine.
- Qui vous fait penser que je le veuille ? sembla-t-elle rectifier.
- Si Regina est votre amie vous devez me laisser l'aider. Et ça commence par empêcher par tout moyen que sa mère mette une main sur Henry. Les conséquences seraient terribles.
- Hum ...
Aucune réponse ne vint, la sorcière apparemment perdue dans ses pensées.
- Maléfique ? tenta-t-elle au bout d'un moment.
- Débrouillez-vous. Vous avez à votre disposition une forme de magie que beaucoup vous envient.
- Je me sers ... Je me sers de mes sentiments pour Regina mais je ne suis pas sûre qu'ils soient ...
- Foutaises ! fut-elle coupée. Concentrez-vous et tout ira bien.
L'espace d'un instant elle eut l'impression de se retrouver plongée dans un de ses livres préférés et frissonna à l'idée de la sorcière en train de plonger dans ses souvenirs pour lui apprendre à fermer son esprit.
- Qui est le Professeur Rogue ?
- Un personnage de fiction. Est-ce que vous arrêterez de faire ça un jour si je me concentre suffisamment ?
- Non.
- Comment ça marche ? Est-ce que je dois imaginer quelque chose en particulier pour faire en sorte de bloquer un sort ?
- Les conséquences de votre incompétence ? proposa-t-elle.
- Quoi ?
- Pensez à ce qu'il arriverait si jamais vous échouiez à protéger vos pensées. À ce pour quoi vous vous battez. Je suis sûre que la réponse est toujours la même.
Regina. La réponse à toutes ses questions était toujours Regina ces derniers temps. Elle qu'elle ne voulait pas perdre, Elle qu'il fallait protéger plus que tout, Elle qui la poussait à se dépasser et à rester dans cette si petite ville, Elle pour laquelle elle pleurait, riait, espérait, rageait. Elle avait envahi la moindre parcelle de son existence, se pouvait-elle qu'elle soit aussi devenue la seule source de magie qu'elle puisse trouver ?
- Vous n'allez pas me tester ?
- Comment ça ?
- Essayer de lire mes pensées pour m'entrainer ?
- Vous n'arriverez jamais à me bloquer si j'avais envie de lire vos pensées. Vous êtes l'élue Emma, arrêtez donc de jouer les femmes battues, remontez le menton et plantez vos yeux dans ceux de Cora, son pouvoir ne vous arrive pas à la cheville.
Elle sentit la magie infusée dans les mots s'insinuer en elle tel un parfum qu'elle n'aurait pas pu s'empêcher d'inhaler, consciente de son effet lorsqu'elle se répandit en elle comme une drogue dans son sang. Ce n'était pas exactement ce qu'elle avait demandé à Maléfique mais elle accepterait l'aide qu'importe la forme qu'elle prendrait.
- Merci.
La sorcière lui accorda un sourire en coin qui n'atteint pas son regard toujours froid et elle allait le lui faire remarquer lorsque son téléphone vibra dans la poche de son jean.
- Ouais ?
- Où t'es Swan ? demanda la voix de Ruby à l'autre bout du téléphone.
- Dans la forêt. Il se passe quelque chose ?
- À la frontière de la ville. Ramène toi.
La ligne fut coupée avant même qu'elle ait le temps de demander plus d'informations, toujours surveillée par la blonde.
- À vous de jouer Miss Swan, sembla-t-elle se moquer.
Elle n'eut pas besoin de se concentrer bien longtemps avant de pouvoir se téléporter à l'endroit indiqué par la serveuse. À sa grande surprise, elle était apparue au milieu d'une foule de personnes, des villageois qu'elle ne reconnaissait pas tous. Quelque part devant elle, elle entendit la voix de Cora sans pouvoir déterminer ce qui était en train de se dire. Elle dut pousser plusieurs familles entières avant d'atteindre le premier rang, repérant la louve qui lui adressa un regard alarmé.
- ... pas la seule promesse que j'entends tenir. Mais trêve de bavardages.
Les yeux sombres de la sorcière balayèrent la foule, s'arrêtant brièvement avec surprise sur les siens avant de se détourner vers le Ténébreux qui se tenait à ses côtés immobile, attendant visiblement la prochaine directive.
- Maintenant mon ami.
Depuis là où elle était, elle put voir l'éclat de furie malsaine qui zébra les yeux de Gold certainement outré par le nom dont il venait d'être affublé. L'instant d'après il s'était pourtant déjà retourné vers la ligne dessinée à la craie jaune sur le sol qui semblait délimiter la frontière de la ville. Elle ne comprit pas ce qu'il fit accroupit, imprégnant ses doigts d'une poudre sortie tout droit d'une petite besace qu'il tenait dans la main. À terre, il dessina sous le regard attentif de toute l'assemblée, des runes qu'elle fut incapable de déchiffrer.
Il y eut un frisson collectif quand les lettres à terre s'enflammèrent brièvement.
- Voilà, annonça-t-il fier de lui à la sorcière qui l'observait telle un prédateur.
- Merci, eut-elle l'audace de répondre.
Ce fut elle qui s'avança jusqu'à la ligne, faisant se dresser devant elle un mur brillant, la manifestation physique de la frontière qui séparait la ville du monde extérieur. Emma observa fascinée ses traits se durcir et ses yeux muter en un rouge irisé d'or. Une force palpable crépita dans l'air autour de la main qu'elle leva pour effleurer la surface transparente. La puissance tranquille qui transpirait de son attitude altière avait quelque chose d'encore plus déstabilisant que le Ténébreux et elle se demanda s'il existait vraiment un moyen de venir à bout d'une telle force de la nature.
Le geste si anodin que venait de faire la sorcière provoqua une onde de choc qui souffla les cheveux de tous les habitants présents autour d'elles, les mèches blondes de la chasseuse de primes lui obstruant momentanément la vue. L'instant d'après la surface brillante ressemblait à un miroir craquelé dont la matière aurait été chauffée à blanc, des fissures rougeoyantes l'envahissant immanquablement.
- Protégez-vous ! entendit-elle hurler Snow quelque part dans la foule.
Contrairement aux autres, elle n'obéit pas à l'ordre pour se terrer derrière le corps protecteur d'un mari ou d'une mère. La blonde resta immobile, protégée par sa magie lorsque la frontière explosa en un millier de fragments qui s'effritèrent au contact du bouclier qu'elle avait érigé sans même s'en rendre compte. Autour d'elles, plusieurs corps tombèrent, certains atteints physiquement par les éclats, d'autres visiblement en proie à un mal de crâne lui laissant penser que l'onde de choc avait également due être sonore.
Cora dont l'attention était restée quelques secondes de plus accrochée à l'oeuvre qu'elle venait d'accomplir se détourna pour balayer la scène du regard. Ses yeux avaient perdu l'éclat de leur magie, remplacé par l'habituelle froideur qu'on pouvait y lire.
- Charge-toi d'eux, ordonna-t-elle à son nouveau serviteur.
L'intéressé s'exécuta avec un soupir exaspéré, agitant quelques doigts pour soulager tous les villageois qui avaient été touchés, visiblement agacé à l'idée de gâcher son pouvoir pour soigner la foule de gens qu'il n'appréciait pas. Il y eut quelques instant de flottement qui ennuyèrent bien vite l'ancienne Reine.
- Miss Swan.
La blonde avala avec difficulté sa salive, fermant brièvement les yeux pour tenter de se remémorer l'étrange confidence qu'avait pu lui insuffler Maléfique quelques minutes plus tôt.
- Oui ?
- Où est ma fille ?
- Encore trop fatiguée par la nuit que nous avons passée ensemble pour mettre un pied hors du lit, se surprit-elle à répondre avec un sourire.
- Sans vouloir remettre en cause vos prouesses ... physiques Miss Swan, je doute qu'elles soient suffisantes pour empêcher ma fille de vous tuer après ce qu'elle a vu comme moi hier.
- Ce que vous avez cru voir Cora, corrigea-t-elle.
Le visage encore bien conservé se rida d'incompréhension et elle se demanda à nouveau s'il était possible qu'aucun coeur ne batte dans sa poitrine. Elle maintenait une très bonne illusion.
- Très bien, sembla-t-elle accepter. Prouvez-moi que vous êtes de mon côté.
- Je ne sais pas où se trouve Maléfique, mentit-elle.
- J'ai changé d'avis. Apportez-moi le Prince pas si charmant.
Elle dut retenir un sourire.
- Vous allez le tuer ?
- Mais quel plaisir y prendrais-je ? Aucun mal ne lui sera fait, je vous assure, promit-elle.
Les sourcils froncés elle tourna les talons sans écouter le discours que la sorcière reprenait à propos des possibilités qui s'ouvraient aux villageois. Certains n'avaient pas attendu son invitation pour tenter de traverser la frontière, faisant plusieurs allés-retour pour s'assurer que la ligne tracée à la craie n'avait plus aucune signification.
- David ? demanda-t-elle à voix basse lorsqu'elle atteignit le groupe de résistants.
- Oui ?
- Suis-moi.
Elle avait appris il y avait longtemps déjà à ne jamais poser de questions, ne pas laisser le choix à ses "proies" de se soustraire à sa volonté. Et comme d'habitude et certainement parce qu'il lui faisait confiance, l'individu ne lui posa aucun problème. Ils avaient bientôt atteints la mère de Regina lorsque Snow sembla sortir de sa transe et se précipita sur eux, s'interposant entre eux et son but. Du coin de l'oeil elle vit Gold amorcer un mouvement pour protéger sa geôlière mais il fut arrêté d'une main impérieuse.
- Arrêtez-vous ! Elle est train de vous avoir ! Ce cadeau qu'elle nous fait est empoisonné !
L'accusée ne fit aucun geste pour tenter d'arrêter la nouvelle venue, son regard à peine intéressé posé sur elle, impassible malgré les murmures qui avaient commencé à se propager dans la foule soudain immobile.
- Personne n'a donc retenu sa leçon ? Rappelez vous de Rumplestinskin ! Qui n'a jamais regretté d'avoir passé un marché avec lui ?
L'intéressé eut un rictus d'agacement, mais sans un ordre direct de Cora, il ne bougea pas.
- Vous avez oublié qui elle est ! Pire que lui ! Elle trouvera le moyen de retourner son offre contre nous tous. Je sais ... Je sais que je n'ai plus le même statut que dans la forêt enchantée et que nous avons accordé notre confiance à Regina mais clairement ici son jugement n'est pas impartial, nous courrons à notre perte en la laissant vivre parmi nous !
- C'est tout ? railla l'autre quand elle eut finit. Voilà donc la fameuse Princesse qui menait la résistance contre ma fille ? Je dois avouer que je suis déçue, je vous attribuais des qualités que vous n'avez visiblement pas ...
Les deux ennemies se dévisagèrent en un silence chargé d'une tension palpable avant que la plus jeune ne rouvre la bouche.
- Vous êtes méprisante !
- Parce que vous êtes méprisable. Vous ne voulez pas de ce que j'ai à offrir ?
Personne n'eut le temps de bouger, la chasseuse de primes sentant uniquement ses mains se refermer par réflexe sur le bras de David pour l'empêcher de bondir. La sorcière s'était soudain rapprochée de la petite brune, le sourire carnassier qui semblait propre aux Mills étirant ses lèvres.
- Tant pis pour vous.
La magie qui passa brièvement dans les yeux bruns se propagea en un silence pesant dans sa prisonnière mais rien ne se passa. Cora laissa échapper un petit rire devant la surprise générale. La blonde croisa son regard, incapable de manquer le mouvement de tête qui lui ordonner de lâcher le Prince. À regret et consciente que son contact était certainement la dernière protection dont il disposait, elle le lâcha, étouffant une exclamation lorsqu'elle sentit la vague de magie l'effleurer pour aller pousser de quelques mètres l'homme.
- David ! Non ! Lâchez-moi !
La Princesse qui se débattait pour échapper à la prise de l'ancienne Reine fut immédiatement relâchée et en profita pour se précipiter sur la silhouette de son mari tombé à la renverse. Un bruit sourd lui rappelant celui d'un corps lancé à pleine vitesse dans une porte vitrée retentit lorsqu'elle tenta de passer la frontière derrière laquelle il était à présent. Une réalisation horrifiée stria brièvement les traits de la jeune femme avant qu'elle ne se mette à taper la séparation invisible de ses deux poings avec la désespération d'une femme qui pourrait tout perdre.
- David !
Cette fois le cri fut suffisant pour le faire se relever, permettant à tout le monde d'assister choqué à sa vaine tentative de revenir sur ses pas.
- Qu'est-ce que vous avez fait ?! s'écria Snow.
- Exaucé votre souhait de ne pas bénéficier de l'offre que j'ai faite aux autres villageois, répondit calmement Cora. Et puisque vous êtes des âmes soeurs, votre heureux élu en bénéficie également. Quel dommage que vous ne soyez plus du même côté de la frontière ...
- Espèce de ...
Cette fois le Ténébreux réagit avec une rapidité impressionnante pour s'interposer entre elle et la Princesse et l'empêcher de planter le couteau qu'elle avait sorti de sa ceinture.
- Oh et avant que j'oublie, reprit la brune avec une voix légère en se retournant vers celle dont le regard la fusillait toujours. Qu'il m'arrive quoi que ce soit et tous les gens présents de l'autre côté de cette barrière mourraient avant d'avoir pu battre un cil.
Elle savait. Elle avait donc été au courant depuis tout ce temps des tentatives de meurtres qui pesaient au dessus de sa tête et elle venait de faire d'une pierre deux coups, se vengeant de Snow qui semblait à présent abattue et écarté tout danger pour sa vie. Inutile de se demander d'où Regina avait tiré son sens si particulier de la diplomatie.
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Cora n'avait pas essayé de lire dans ses pensées pourtant la tension qu'elle sentait en elle n'avait pas diminuée, incapable de se relaxer même au milieu des habitants de la ville dont les trois quarts s'étaient donné rendez-vous chez Ursula pour fêter la tombée de la frontière. L'héroïne du jour était là, flanquée de la propriétaire des lieux et d'une femme dont la couleur des cheveux et le manteau en fourrure ne laissait aucun doute sur l'identité. Bien sûr, Snow était absente et si Mulan était restée avec elle toute la journée pour tenter de l'aider à trouver une solution avec la fée bleue qui avait offert de construire une petite maison à la frontière afin que les époux ne soient pas trop loin l'un de l'autre, elle avait finalement accepté de se joindre à leur bande ce soir.
Personne n'avait entendu parler de Regina mais elle se rappelait de la promesse qu'elle avait faite à son fils de rester à ses côtés tant qu'il en aurait besoin. Et il avait visiblement réclamé sa présence toute la journée à en croire sa disparition des radars. Partout en ville, certains préparaient déjà leur départ et Hope qu'elle avait croisé dans la rue avait daigné se risquer à lui parler assez longtemps pour la remercier de cette chance qui leur était offerte avant de la prendre dans ses bras. Elle avait failli lui faire remarquer que c'était Cora Mills qu'il fallait remercier mais s'était retenue au dernier moment.
- Tiens, regarde qui montre le bout de son nez, se moqua Ruby à ses côtés.
Elle noyait son chagrin dans l'alcool et la blonde n'avait pas encore trouvé le courage de lui parler de Graham. Elle ne savait même pas si elle en serait capable un beau jour. Elle suivit le doigt pointé de son amie et rencontra la fine silhouette du Maire de Storybrook enveloppée dans une longue robe d'un rouge profond. Parce qu'elle avait certainement capté son attention, leurs regards se croisèrent et Emma sentit son coeur s'emballer, désir et tristesse se mêlant en un étrange cocktail qui attaqua son estomac avec plus de force que l'alcool qu'elle venait de consommer à jeun. Elle l'observa saluer sa mère et se faire offrir une chaise par un homme attablé avec elle. Aurore dont l'humeur était au beau fixe se rapprocha d'elle et Ruby pour tenter de les attirer vers le centre de la fête et si la louve se laissa avoir, la blonde préféra se dérober pour aller s'asseoir auprès du pirate dont la place n'avait pas changé.
- Bonsoir Hook.
- Bonsoir Love. Tout va bien ?
- Non, répondit-elle honnêtement.
- Pourtant tout le monde est à la fête ...
- Pas tous non.
- La Princesse ?
- Pas qu'elle.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Je suis en deuil. D'une mort dont je suis la seule à être au courant.
- Tu as tué quelqu'un ? demanda-t-il sérieusement en détachant pour la première fois son regard de la danseuse sur la scène.
- Non. On a tué quelqu'un sous mes yeux.
- Ce n'était pas la première fois non ?
- Non. Mais ...
- Mais ? poussa-t-il.
- Je n'arrive pas à accepter ce monde, ces règles.
- Swan, qu'importe où tu vivras, le monde sera toujours révoltant. Tu dois apprendre à le surmonter pour pouvoir rester là où est ta place.
- Où est ma place ?
- Auprès de ceux que tu aimes.
- Et si ceux que j'aime sont justement le problème ?
Le pirate eut un rire amer qui parlait de vécu mais ne se prononça pas.
- Alors tourne toi vers Belle.
- Belle ?
- Elle est amoureuse de l'être le plus Noir qu'il puisse exister. Ils donneraient leur vie l'un pour l'autre. Si tu as besoin de conseils, va la voir.
La blonde suivit du regard la direction que son mouvement du menton avait indiqué, retombant sur la table d'honneur où Gold était sagement assis en compagnie de l'intéressée qui avait l'air de lui tenir la seule main qui lui restait sous la table. La bibliothécaire semblait se contenter de ce qui lui était offert, la moindre seconde qu'elle était capable de passer en la présence de son mari. Elle l'avait accepté. Leur amour était véritable et quelques jours, semaines, elle avait espéré que le même type de romance avait pu se nouer entre elle et Regina. Etait-ce elle le problème ? Devrait-elle être capable d'en faire autant ? D'accepter ce qu'était Regina sans broncher ? Ou bien les sentiments qu'elle ressentait pour la Reine avait beau être plus troublant que tout ce qu'elle n'avait jamais ressenti, il n'en demeurait pas moins qu'il ne lui serait jamais donné de partager avec elle un " Amour Véritable " ? Le couple lui arracha une larme qu'elle essuya avec hargne, reconnaissante au capitaine d'avoir fait semblant de ne pas la voir.
- Hook ?
- Oui ?
- T'es un gars bien. Fais attention à Jessica, Ursula ne veut pas la perdre. L'autre jour elle m'a proposé un marché pour la dissuader de partir avec toi.
Quelque chose de sombre passa dans le regard d'habitude si clair qui lui fit se demander si il avait déjà commis des crimes irréparables sous ses airs de Don Juan au coeur brisé.
- Merci Swan, je te le revaudrai.
Il n'attendit pas qu'elle réponde, se levant déjà pour prendre le chemin de la sortie, laissant son verre à moitié plein sur la table. Tentée, elle le renifla avant de le reposer avec dégout. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il contenait et aucune envie de le découvrir à en juger par l'odeur qui lui avait brûlé les narines. À l'autre bout de la pièce elle croisa le regard interrogatif de Ruby et Mulan qui s'étaient accoudées au bar et leur fit signe de finir la soirée sans elle. Elle n'avait plus aucune envie de rester et l'ambiance festive la mettait mal à l'aise.
Elle avait presque atteint la sortie quand une main sur son bras la retint.
- Où est-ce que tu vas ? demanda la voix basse dans le creux de son oreille.
Elle fut incapable de ne pas frissonner au contact soudain. Si de loin tout le monde aurait pu penser que Regina avait besoin d'être aussi près d'elle pour se faire entendre, il n'y avait aucune raison pour que son corps épouse aussi bien le sien.
- Je suis Hook, railla-t-elle. Maintenant que j'ai plus Graham, faut bien que je me trouve un autre amant ...
Son sarcasme fut loin d'être bien accueilli, la poigne se resserrant sur son avant bras avant qu'elle ne soit retournée de force à quelques centimètres de son amante qui la fusillait du regard.
- Retire immédiatement ça.
- Je suis pas d'humeur Regina.
- Pas d'humeur à quoi ?
- À te tenir tête. Je suis partagée entre l'envie de t'enlever pour te faire l'amour toute la nuit et celle de te tuer à mains nues avant de certainement pleurer toutes les larmes de mon corps et mourir d'épuisement.
- Et bien ... Je suppose que la première proposition est plus tentante.
- Oui mais non.
- Tu ... Tu ne comptes plus coucher avec moi ? sembla-t-elle s'inquiéter.
- On sait très bien toutes les deux que même si je le voulais je n'arriverais pas à tenir bien longtemps. Je suis juste pas d'humeur Regina, tu peux comprendre que ce que j'ai vu hier m'ait ... Dérangée ?
Elle obtint un signe de tête confirmant que le message était compris et l'espace d'un instant elle crut que Regina allait l'embrasser en plein public, ses lèvres à quelques centimètres des siennes avant de dévier vers son oreille.
- Attends-moi là s'il te plaît.
Parce qu'il était rare de l'entendre prononcer ces mots, la chasseuse de primes resta immobile, l'observant repartir vers la table principale pour adresser quelques mots à voix basse à sa mère et s'excuser auprès des autres invités avec son sourire de politicienne bien réglé. À son retour elle se laissa guider par une main dans le creux de ses reins jusqu'à la Mercedes où elle s'assit dans le fauteuil en cuir chauffé.
- On va où ?
- Chez moi. Dormir.
Elle ne répondit pas, contemplant la route défiler durant tout le trajet, tirée de ses pensées uniquement lorsque le ronronnement du moteur s'arrêta. Elle contempla quelques secondes le manoir devant elles avant de suivre sa propriétaire dans l'allée.
- Tu as besoin de boire quelque chose ? Passer à la salle de bain ?
- Non, pas que je sache ...
Docilement, elle suivit la brune dans les escaliers, tachant de ne pas tomber dans les talons aiguille qu'elle avait enfilés pour l'occasion. A l'étage, la Reine s'empara de sa main pour la conduire jusque sur le seuil de sa chambre où elle s'immobilisa.
- Emma ?
- Oui ?
- Est-ce que tu as envie de passer la nuit ici ? Je ne veux pas te fo...
- Non. Ça me fait plaisir. Ça me fait toujours plaisir de passer du temps à tes côtés.
Le sourire radieux auquel elle eut le droit fut suffisant pour effacer le malaise qui s'était installé en elle et la seconde d'après elle fut contournée, secouée d'un frisson lorsque des mains froides glissèrent dans ses cheveux pour dégager son dos. Elle se força à rester immobile lorsque la fermeture éclair de sa robe fut descendue avec une lenteur exagérée.
- Je croyais qu'on allait dormir ? demanda-t-elle d'une voix plus rauque qu'elle ne l'aurait souhaité.
- Et abîmer cette jolie robe ?
Les lèvres qui avaient effleuré son oreille dégagée descendirent sur son épaule pour y déposer un baiser qui manqua la faire tomber en même temps que la robe lorsqu'elle glissa le long de son corps, accompagnée par les mains de la brune.
- Cette jolie robe ? Je crois que c'est la première fois où j'ai le droit à un compliment vestimentaire.
- Ne t'y habitues pas.
En sous vêtements, elle se laissa pousser vers l'immense lit au centre de la pièce où elle fut assise. Debout entre ses jambes la sorcière la couva du regard quelques secondes avant de détacher le collier en diamants qu'elle portait, le faisant tomber sur le tapis sans s'inquiéter de son état. Éblouie par la beauté de la scène, la jeune femme fut à nouveau submergée d'une vague de tristesse qui mouilla ses yeux, brouillant la silhouette parfaite le long de laquelle la robe rouge glissa.
- Pourquoi est-ce que tu pleures ?
La brune s'était assise sur ses genoux, l'inondant d'une chaleur rassurante et elle préféra se réfugier dans le confort de son épaule, cachée par les mèches de soies coiffée en un brushing parfait.
- Em-ma ... Pourquoi ?
- J'ai peur de perdre ... Tout ça.
- Je ne partirai jamais Emma, c'est à toi de décider si tu veux rester à mes côtés malgré ... Ce que je suis.
- Je ...
Elle ne fut pas autorisée à répondre, allongée sur le lit d'une pression de la main sur le haut de sa cage thoracique.
- Plus tard, d'accord ?
Elle acquiesça en silence, laissant Regina passer une main sur son visage pour le débarrasser de toute trace de maquillage. Leurs lèvres se rencontrèrent en un bref baiser, immédiatement repoussée avec un sourire lorsqu'elle tenta de l'approfondir. La mère d'Henry se dégagea de son étreinte pour se faufiler sous les draps.
- Dors, lui intima-t-elle lorsqu'elle l'eut rejointe.
La chasseuse de primes prit un malin plaisir à résister au sort qu'elle avait clairement discerné dans l'ordre donné, ne s'endormant que bien après que la respiration de la brune se soit unifiée en un sommeil profond.
Il faisait à peine jour quand elle se réveilla pourtant seule dans l'immense lit mais sa confusion fut de courte durée, remarquant immédiatement le feu qui brûlait dans la cheminée à quelques mètres. Elle observa un long moment la silhouette enroulée dans une couverture en velours. Les flammes l'avait habillée d'un halo rougeoyant qu'elle aurait pu confondre avec de la magie, ses traits adoucis par la lueur qui éclairait le livre qu'elle était en train de lire.
- Tu vas t'abîmer les yeux, souffla-t-elle au bout d'un moment sans cesser son examen d'un schéma.
- Je crains qu'il soit déjà trop tard ...
Toujours en sous vêtements, elle s'empara d'une robe de chambre qui appartenait à la maîtresse des lieux pour se lever et rejoindre l'intéressée sur le tapis en fourrure.
- Qu'est-ce que tu fais ? Il est pas un peu tôt pour travailler ?
- Je n'arrivais pas à dormir.
- Pourquoi ? Parce que j'ét...
- Non, fut-elle coupée.
Elle ne continua pas pour autant, la laissant la dévisager, une main caressant prudemment la courbe de son épaule.
- Regina ?
- Hum ?
- Je sais que j'ai très mal réagi la dernière fois qu'on en a parlé mais ...
Sous ses doigts les muscles se tendirent et elle sentit l'attention de Regina se figer sur les mots qu'elle était en train de faire semblant de lire.
- A propos de toi et moi ... Dans cette maison. Je veux m'excuser pour ma réaction. Je suis pas quelqu'un qui aime la stabilité. J'ai jamais vécu avec personne et même quand j'étais petite ... C'était compliqué. Je t'en parlerai un jour mais il faut juste que tu saches que pour moi c'est dur de m'installer quelque part avec l'idée d'un futur à bâtir.
- Emma ...
- Non, laisse moi finir s'il te plaît. Je veux que tu saches que même si j'ai du mal à m'imaginer mon futur, je sais ... Je sais que je ne pourrais pas le vivre sans toi. Alors, j'ai besoin de temps pour m'habituer à l'idée et pas m'installer pour fuir à la première occasion mais ... Si Henry est d'accord, oui, j'aimerais beaucoup vivre avec vous... Dans un futur p...
Elle fut coupée par un doigt impérieux, réalisant qu'alors qu'elle était restée le regard plongé dans les flammes pour se donner le courage de parler, la brune avait cessé de fixer son grimoire pour l'observer avec un intérêt touché. Le doigt qui avait scellé ses lèvres finit par s'en détacher pour glisser le long de son menton jusqu'entre les pans du négligé qu'elle avait enfilé. Les yeux bruns s'irisèrent d'un rouge incandescent et elle sentit son cœur s'emballer lorsque la pointe de ses doigts perça le tissu de sa peau.
La sorcière resta un moment de plus immobile, savourant visiblement la sensation que lui offrait le geste qu'elle était en train de faire avant de reculer, ramenant son bras sur ses cuisses repliées comme si elle avait été prise en flagrant délit. Elle allait reprendre quand elle fut coupée par des bruits de pas dans les escaliers qu'elles guettèrent toutes les deux figées dans l'attente avant qu'ils ne disparaissent dans l'une des chambres du premier étage.
- Ta mère rentre un peu tard non ?
- Tu veux aller lui faire la morale ?
- Non ... En revanche j'aimerais beaucoup retourner au lit. Avec toi.
- Dormir ?
Le ton moqueur sur lequel la proposition avait été faite la fit sourire, la sorcière n'avait toujours pas digéré son refus de coucher avec elle la veille.
- Dormir confirma-t-elle.
.
..
.
A en douter par la façon dont elle se réveilla, emprisonnée par le corps de Regina, la brune avait du trouver le sommeil plus facilement que la première fois où elle s'était mise au lit, dormant toujours à poings fermés malgré l'heure relativement tardive.
Neuf heures trente.
Parce que quelque chose lui disait que même un samedi matin, le Maire devait avoir l'habitude de se lever tôt.
Elle mit une éternité à s'extirper des bras qui la retenaient prisonnière, enfilant des affaires qui n'étaient pas à elle avant de sortir sur la pointe des pieds de la pièce. La maison était encore endormie, plongée dans une pénombre relative et elle savoura quelques instant encore le silence des lieux uniquement perturbée par le doux grondement d'une machine à laver dans une pièce lointaine. D'un mouvement du poignet elle ouvrit les volets du salon pour sentir l'air frais s'y précipiter avant de se diriger vers la cuisine. Elle n'était pas encore familière avec le système de rangement qui avait été mis en place et dut s'y reprendre à plusieurs fois avant de trouver une poêle et tous les ingrédients nécessaires à ce qu'elle avait l'intention de faire. Elle était en train de faire cuire son quatrième pancake quand elle se raidit au contact d'une main dans le creux de ses reins.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Un petit déjeuner, je croyais que tu l'aurais deviné.
Son sarcasme lui valut un coup de dents dans le creux de son épaule qui la fit glapir mais la sorcière ne poussa pas plus loin la punition. Le visage appuyé dans le centre de son dos et un bras l'entourant finirent par rassurer la blonde qui reprit ses activités en silence, souriant lorsqu'une main se faufila sous le tissu de son vêtement.
- Hey, qu'est ce-que tu fais ?
- Je croyais que tu l'aurais deviné ...
- Ah-ah.
Elle choisit d'ignorer les dessins que la brune traçait du bout des doigts sur son ventre et ses cuisses, serrant les dents pour parvenir à se concentrer sur ce qu'elle était en train de cuisiner. Ses mains tremblantes manquèrent faire tomber la cuillère dont elle se servait provoquant un rire de la part de son amante qui la plaqua un peu plus étroitement contre le fourneau, écartant des jambes d'une de ses cuisses.
- Regina ...
- Tsk. Concentre toi, tu ne voudrais pas te brûler ...
- Mais ...
- Obéis.
La blonde s'exécuta, la mine renfrognée bientôt effacée par la sensation des doigts qui écartèrent le seul sous vêtement qu'elle avait gardé en dessous du peignoir. Elle savait qu'elle était déjà prête et elle sentit ses muscles se torde en entendant Regina gémir en le constatant à son tour. Leur dernière escapade datait de quelques jours à peine et pourtant ses jambes manquèrent se dérober sous elle lorsque la sorcière entra en elle. Les vas et viens n'avaient rien d'agressif, la torturant lentement à un rythme qui la mena pourtant au bord de l'orgasme en quelques minutes. Le bras qui était jusque là resté autour de sa taille se déroula, une main remontant le long de sa colonne vertébrale pour attraper sa queue de cheval et exposer un côté de son cou qui fut immédiatement attaqué à coups de dents, toute idée d'un petit déjeuner déjà oubliée.
- Regina ...
- Je sais, souffla la voix rauque dans son oreille.
Un autre doigt fut rajouté aux deux autres déjà en elle tandis que son pouce alla trouver son clitoris et elle dut s'accrocher à la poignée du fourneau pour ne pas tomber, incapable de retenir ses encouragements en des gémissements qui étirèrent d'un sourire satisfait la bouche qui torturait son cou.
- Un peu de retenue Miss Swan, nous ne sommes pas seules dans la maison.
La pensée que Cora puisse les surprendre la figea, mais comme si elle regrettait déjà d'avoir pu lui faire y penser, Regina accéléra le rythme pour la première fois, anéantissant toute résistance qu'elle aurait pu vouloir opposer lorsque les doigts se recourbèrent en elle, luttant pour ne pas crier lorsqu'elle jouit enfin après ce qu'il avait semblait une éternité d'attente. Dans son cou, la Reine poussa un soupir d'auto satisfaction et elle tenta de se retourner avec la ferme intention de la plaquer contre la première surface disponible mais réalisa avec un hoquet de surprise qu'une de ses mains venait d'être habillée de menottes attachées au fourneau.
- Qu'est-c...
La poigne autour de ses cheveux se crispa, la retournant de force, la moindre protestation mourant dans le baiser qui écrasa ses lèvres, la langue de Regina répandant dans sa bouche le gout du sang qu'elle avait tiré de son cou. La chasseuse de primes oublia momentanément sa situation et entoura le corps svelte de la brune contre le sien, son gémissement étouffé lorsque les doigts toujours en elle reprirent leur mouvement. Cette fois, elle ne prit pas la peine d'être délicate, son poing percutant immanquablement son sexe trempé, les coups répercutés contre les meubles de la cuisine où elle entendit des verres s'entrechoquer. Elle allait certainement avoir mal plus tard, mais pour l'instant la sorcière parvenait à provoquer plus de plaisir que de douleur.
Sur le comptoir, un vase explosa en un geyser d'eau et d'étincelles et elle sentit sa magie se réveiller, imitée par celle de Regina qui l'observa fascinée quelques secondes fascinée avant que le violet ne zèbre ses iris sombres. Quel que soit les sorts qui avaient été lancés, elle put nettement les sentir se percuter, le choc de leur rencontre l'envahissant d'un plaisir qui ne prit que quelques secondes à la pousser vers un autre orgasme. En face d'elle, les yeux de la sorcière s'éteignirent brusquement, la lueur remplacée par la noirceur du désir évident déjà peint sur son visage.
Avec délicatesse cette fois, son amante l'accompagne dans sa descente jusqu'au sol glacé sous sa peau brûlante. Le souffle coupé, elle l'observa lécher ses doigts, incapable de prononcer le moindre mot. La blonde tenta de bouger, grimaçant de douleur lorsque la Reine réajusta pour elle le boxer qu'elle portait.
- À l'avenir sache que c'est le seul type de raison pour laquelle j'accepterai que tu te refuses à moi, l'informa-t-elle à voix basse.
Emma ne répondit pas, consciente que le numéro n'était qu'une démonstration de force dont son amante avait certainement besoin pour se rassurer. La veille elle s'était montrée plus compréhensive qu'elle ne s'y était attendue et elle avait appris à la connaître suffisamment pour savoir qu'aujourd'hui elle devait regretter de s'être dévoilée ainsi. Un poignet toujours prisonnier d'une menotte qui la retenait attachée au four, elle regarda la brune s'emparer des trois quart du petit déjeuner qu'elle avait préparé pour le déposer dans un tupperware. Une fumée violette l'enveloppa brièvement pour la dévoiler déjà habillée d'un tailleur bleu nuit et maquillée à la perfection.
- Où est-ce que tu vas ? réalisa-t-elle trop tard.
- Manger avec mon fils.
- Hey ! Et les men...
Elle ne finit pas phrase, consciente que Regina ne l'entendait déjà plus là où elle s'était téléportée. La chasseuse de primes tenta à plusieurs reprises de se libérer, envisageant une méthode pour arracher la poignée du four quand une voix moqueuse la figea.
- C'est la seule méthode que ma fille ait trouvée pour plus que vous ne vous échappiez ?
- Très drôle.
Par dessus le comptoir central de la cuisine, elle croisa le regard attentif de la sorcière et sentit sa magie avant même de pouvoir penser à la bloquer. Elle retint un soupir de soulagement en entendant les menottes se détacher.
- Comment avez-vous fait ça ? Je n'y arrivais pas.
- Magie rouge, expliqua sommairement la brune avant de se diriger vers un placard pour en sortir un carton de thé.
L'élue en profita pour se redresser, coiffer ses cheveux et resserrer les pans de son peignoir.
- De la magie rouge ? demanda-t-elle tout de même au bout d'un moment.
- De sang. Seul quelqu'un partageant le sang de ma fille aurait pu l'enlever.
- Oh ... Ok.
Elle était sur le point de se retirer de la pièce pour fuir vers l'étage malgré les protestations de son estomac qui criait famine lorsque la sorcière fit glisser une tasse de thé brûlant vers elle.
- Euh ... Merci ?
- Dois-je comprendre que ma fille compte vous garder en vie ?
Leurs regards s'affrontèrent quelques secondes et elle remercia Maléfique une fois de plus d'avoir insufflé en elle un courage dont elle n'avait jamais eu idée de l'existence. Les yeux de la brune se plissèrent avec étonnement lorsqu'elle ne réussit visiblement pas à lire ses pensées et le sourire intérieur qu'elle avait faillit déborder sur ses lèvres qu'elle occupa avec le breuvage chaud.
- Ce qu'il se passe entre votre fille et moi ne vous regarde pas Cora. Je vous ai promis ma loyauté, c'est tout ce dont vous avez besoin, croyez moi.
- Je n'ai besoin de rien Emma. Je vous tolère uniquement à cause de ma fille. Si vous la trahissez, je n'attendrai pas qu'elle s'en rende compte pour juger utile de me débarrasser de vous.
- C'est noté, accepta-t-elle avec un vrai sourire cette fois.
Elle avait du mal à ne pas apprécier cette version protectrice de la mère de Regina. Quelque chose en elle lui rappelait immanquablement sa fille rendant encore plus difficile de croire qu'aucun coeur ne battait sous cette enveloppe charnelle.
- Je veux que vous veniez avec moi à la frontière toute à l'heure.
- Pourquoi ?
- J'ai quelque chose à vous montrer, fut la seule réponse qu'elle obtint avant que la sorcière ne la contourne pour monter dans sa chambre.
À l'étage elle prit une brève douche, souriant bêtement à l'idée d'utiliser les produits de beauté du Maire. Une heure plus tard, Cora l'observa descendre les escaliers avec intérêts, fronçant les sourcils avec un reniflement dédaigneux lorsqu'elle sentit visiblement le parfum qu'elle avait emprunté. La blonde fit l'effort d'ignorer la remarque à laquelle elle eut le droit sur la notion de propriété des affaires de sa fille et tendit un bras conciliant à la sorcière, croisant son regard presque amusé avant que la fumée blanche ne les enveloppe.
Elle n'avait aucune idée de la façon dont ils étaient arrivés là mais depuis la veille trois baraquements avaient poussé à la sortie de la ville. Dans l'un d'eux Ruby qui avait apparemment momentanément abandonné son métier de serveuse était en train de parler à un jeune homme adossé à une voiture chargée de valises.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? s'étonna-t-elle à voix haute.
- L'ouverture sur le monde, lui répondit une voix qu'elle n'avait pas envie d'entendre à ses côtés.
- Neal ... Qu'est-ce que tu fous là ?
- Je veille sur mon père.
Elle ne put s'empêcher d'émettre un rire moqueur qui attira l'attention de Cora à ses côtés. La brune dévisagea le nouvel arrivant quelques secondes avec un mépris certain avant de se détourner de lui comme s'il ne méritait pas son attention.
- Les villageois partent Emma ! Ils ne connaissent rien au monde extérieur et à cause de Cora ils risquent d'attirer l'attention de gens qu'on ne voudrait pas dans nos pattes !
- C'est bon Neal, lâche l'affaire. Entre ton père, Regina, Cora et moi je suis à peu près sûre qu'on pourrait balayer une bombe nucléaire, alors quelques touristes à qui faire faire demi tour ...
- Non tu ne comprends pas !
- Qu'est-ce q...
- Miss Swan, coupa la voix agacée de la grand mère d'Henry, laissez cet homme à son triste sort et venez ici.
- Son triste sort ? demanda-t-elle en se rapprochant de la sorcière.
- Il a besoin de quelque chose que seul son père peut lui offrir. Mais tant qu'il est sous mes ordres Rumple ne pourra rien pour lui, expliqua-t-elle.
- Quelque chose comme quoi ?
- Une remise à zéro.
- Quoi ?
- C'est un voyageur, son corps a bien plus vécu que vous et moi réunies. Il arrive à son terme.
- Je comprends rien, avoua-t-elle à contre coeur.
- Monsieur Cassidy n'a plus beaucoup de temps à vivre si son père ne lui offre pas un nouveau corps, finit-elle par expliquer au bord de l'exaspération. C'est de la magie noire qu'il ne pourrait obtenir que de Rumple, moi ou peut être ma fille. Mais je ne tiens pas à ce qu'il l'ait.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il vous a fait ?
- Lui ? Rien ... Son père en revanche ...
- Mais vous l'avez rendu esclave, ça ne vous suffit pas comme vengeance ?
- Non.
Elle ne répondit pas, incapable de déterminer si son animosité à l'égard du jeune homme pourrait lui faire accepter son quasi meurtre et se laissa guider vers la frontière où la sorcière retrouva son sourire au contact des villageois qui la remerciaient vivement de l'occasion qui leur avait été offerte. Quelque chose brillait des les yeux bruns qui ressemblait vaguement à la magie qu'elle y avait déjà vue et elle se rendit compte avec effroi de ce que l'ancienne Reine avait voulu lui montrer. Le pouvoir qu'elle détenait sur les coeurs ne s'arrêtait pas à celui qu'elle exerçait sur ceux qu'elle avait arrachés. Ses yeux s'écarquillèrent devant la réalisation. Elle se nourrissait de tout les coeurs qui l'entouraient et plus ceux ci battaient avec elle, plus ils devaient éprouver des sentiments positifs à son égard, plus elle gagnait en puissance.
C'était une lente et inexorable victoire.
Du coin de l'oeil elle repéra l'éclat de quelque chose qui lui fit tourner la tête. À la lisière de la route, perchée dans les branches d'un arbre comme elle ne se serait jamais attendue à la voir, Snow se tenait recroquevillée, son attention uniquement fixée sur la sorcière. Elle ne contrôla pas l'instinct qui la poussa à se placer entre elle et l'arme pointée, mais il fut suffisant pour troubler la concentration de l'institutrice. Les yeux plissés, elle observa la brune baisser lentement son arc. À en juger par la flèche noire qui y brillait, il ne s'agissait pas de n'importe quelle arme et elle se demanda si Cora ou Gold aurait pu la stopper avant qu'elle n'atteigne sa cible. Leurs regards s'affrontèrent encore quelques secondes avant que la brune ne lui tourne le dos pour regagner les profondeurs du bois.
- Il va falloir vous dépêcher si vous comptez sauver tout le monde, lui souffla la voix du Ténébreux à ses côtés.
- Je sais.
