Hello my dears !
Déjà plus de 32 000 vues ! o.O Merci à tous ceux qui me lisent - régulièrement ou non - & à tous ceux qui suivent, favorisent et commentent ( Serieslover44, regina2015, Grat, angele751, justinejannedu0760 , StitChE, OoO-RED-OoO , Mel99 , Mystik.7 ,Bonne Ame, Raphi5930 ,evilhayleyregal, DroDroV, lillyyy19, JunkieWoman ) Je n'ai pas eu le temps de vous répondre & je m'en excuse mais sachez que tous vos commentaires me font toujours sourire & m'inspirent très souvent !
Voilà un chapitre un peu plus léger que les autres, je sais pas, j'avais envie, du coup j'espère qu'il sera agréable à lire & puis il fait pas mal avancer l'histoire sur plusieurs points de vue, profitez-en parce qu'après le temps se gâte... Bonne lecture ;)
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Chapitre 21
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Les jours qui suivirent elle prit conscience qu'elle n'avait pas besoin d'avoir accepté d'emménager avec Regina pour se retrouver quotidiennement chez elle. Qu'elle y soit emmenée de force par Cora qui la tenait pratiquement en laisse partout où elle se déplaçait au point qu'elle commence à considérer Gold comme un collègue de travail ou qu'elle y soit convoquée par le Maire de Storybrook pour une raison ou une autre, elle avait presque totalement déserté sa chambre d'hôtel.
Comme promis, Cora s'était évertuée à faciliter la vie des citoyens et sa présence au sein du manoir lui avait parmi d'assister bouche bée à une conversation dans laquelle elle était parvenue à convaincre sa fille d'autoriser un accès libre à internet pour tout le monde. Après de rapides explications c'était Emma qui avait hérité de la tâche de dupliquer l'ordinateur présent dans la bibliothèque pour en équiper chaque villageois qui le désirait.
Et fidèle à ses engagements, Cora était restée dans l'ombre de sa fille, souriant aux remerciements qu'elle recevait et allant même jusqu'à les re diriger vers le Maire. Pour l'instant, les nouvelles mesures n'avaient pas provoqué le chaos annoncé par Neal. Prudents d'abord, les villageois s'étaient peu à peu décidé à sortir en petit groupe de la ville pour s'aventurer aux alentours, ramenant des souvenirs qu'Emma les regardait exposer avec fierté à leurs amis un sourire aux lèvres. Elle connaissait très bien les joies de ce monde qu'ils découvraient.
- Qu'est-ce que tu veux manger ce soir ?
Un réel amusement la fit sourire, elle avait du mal à croire que la phrase lui avait été adressée par Regina Mills.
- Ce que tu veux …
- J'aurais aimé …
- Aimé quoi ? poussa-t-elle alors que son interlocutrice semblait hésiter.
- Ma mère est occupée ce soir et je … Je pense emmener Henry à l'extérieur de la ville. J'ai entendu parler d'une fête foraine et je me demandais …
- Oui ?
- Si tu voulais nous accompagner ?
Soudain sa poitrine ne semblait plus assez large pour contenir ses organes, ses poumons et son coeur décuplés par les émotions que la brune venait d'y insuffler.
- Oui ! répondit-elle avant que l'autre ne puisse retirer sa proposition.
- Tant mieux. Sois prête dans vingt minutes.
- O...Ok.
Elle ne réfléchit pas avant de l'attirer brièvement à elle pour un baiser qui fut presque aussitôt interrompu par des bruits de pas dans l'escaliers. Toujours proches l'une de l'autre elles furent couvées d'un regard suspicieux par par Cora durant quelques secondes.
- Bonne soirée, finit-elle par lâcher.
- À vous aussi Cora !
Regina se contenta apparemment d'un sourire qu'elle ne put voir, admirant sans le vouloir la silhouette qui s'éloigna d'elle quand la porte d'entrée eut claquée. Elle mit quelques secondes à sortir de la transe dans laquelle elle avait l'impression d'avoir été plongée, faisant quelques pas pour s'assurer que son blouson en cuir noir était toujours accroché dans le hall.
Elle garda un sourire aux lèvres durant tout le trajet, répondant à toutes les questions que l'enfant posa depuis le siège arrière de la voiture où il regardait le paysage défiler avec des yeux émerveillés. Au volant, Regina conduisait avec une assurance magnétisante qui lui serra le ventre au point qu'elle doive détourner le regard plusieurs fois. Son trouble provoqua un sourire en coin qui la poussa à se concentrer d'avantage sur les questions posées par Henry à qui la destination n'avait toujours pas été révélée.
Son cri de réjouissance lorsqu'il sauta en dehors de la voiture n'avait rien de l'enfant posé qu'elle avait eu l'occasion de voir à Storybrook, même pas rappelé à l'ordre par sa mère lorsqu'il se mit à courir autour d'elles. Il avait semble-t-il l'intelligence de ne pas s'éloigner d'elles et Emma eut un pincement au cœur quand elle sentit sa main glisser dans la sienne.
- Tu es déjà allée dans des foires comme celles là ?
- Ça s'appelle une fête foraine et oui j'y suis déjà allée. Même de nuit. Quand il n'y avait personne pour pouvoir en profiter toute seule.
- Anh maman on fera ça ?
- On verra ...
Visiblement trop excité pour se laisser abattre par le manque d'enthousiasme de sa mère, l'enfant l'entraîna vers un première stand sous le regard amusé de la brune. Pour quelqu'un qui n'avait jamais eu à s'occuper de quelqu'un de son âge, elle se félicita de la façon dont elle parvint à le cadrer, souriant à son étonnement perpétuel. C'était certainement la première fois de sa déjà longue vie qu'ils croisait de réels gens dont il n'avait aucune idée de l'identité, perdu dans une masse d'inconnu où il traînait les deux jeunes femmes stand après stand.
A celui de tir à la carabine elle regarda Regina faire un très bon score, masquant son étonnement en demandant un nouveau ticket pour elle même. Elle n'eut besoin que de deux cartouches pour faire éclater la fiole en verre posée au centre des cibles, désignant tout sourire une immense peluche sur une étagère à côté du stand quand on lui demanda de choisir sa récompense.
- Tiens.
- Pardon ? s'étonna la sorcière avec l'air de ne savoir que faire de l'ours en peluche plus grand que son fils qui lui était tendu.
- Cadeau, expliqua-t-elle en lâchant le jouet dès que Regina eut posé une main hésitante dessus.
- Miss Swan, il est hors de quest...
- T'as cas l'amener à la voiture, on va monter sur un manège avec Henry, je suppose que les montagnes russes ça te tente pas ?
- Non, en effet ...
Il y avait un fond moqueur dans la réponse qui lui avait été donnée les yeux plissés et elle fut heureuse de la confiance qu'elle semblait lui témoigner en tournant les talons pour la laisser seule avec son fils.
- Tu sors avec ma mère n'est-ce pas ?
- Quoi ?
- Maman et toi. C'est officiel ?
- Pas vraiment, trouva-t-elle.
Regina n'avait pas fait l'effort de cacher leurs regards complices ni la façon que sa main avait parfois de rester trop longtemps dans son dos lorsqu'elles avançaient d'un stand à l'autre. Quand la brune lui avait tendu un ticket pour une séance d'auto tamponneuse avec son fils, Emma lui avait sauté dans les bras d'excitation et elle n'avait pas été repoussée. Elle les avait regardés depuis les barrières de sécurité et encouragé son fils lorsqu'il parvenait à bousculer l'engin du Shérif. Une fois sortis de l'attraction les joues rosies et les jambes encore tremblantes elle avait failli l'attirer à elle pour l'embrasser et malgré la lueur de défi amusé qui avait brillé dans les yeux sombres elle n'avait pas cédé à la tentation.
- J'espère que tu mens mieux à ma mère.
- Je mens pas à ta mère, s'offusqua-t-elle immédiatement.
- Tu lui caches des trucs par rapport à Cora.
- Non, mentit-elle avec aplomb cette fois.
- Comment est-ce qu'elle est ? Ma grand mère ?
- Cora ? Euh ... C'est ...
- Je l'ai connue là bas. Elle ne voulait pas de moi. Elle voulait que maman ait un vrai héritier parce qu'elle sait que je n'aurais jamais de magie.
- Elle a tenté de te faire du mal ?
- Non. Mais elle m'a dit qu'un jour viendrait où maman aurait un enfant à elle et que ce jour là je n'aurais plus d'importance à ses yeux. Mais je crois qu'elle a essayé de forcer maman à faire des choses en m'utilisant ...
- J'espère que tu sais qu'elle ment ... Même si ... Même si ta mère avait un enfant à elle, même s'il s'avérait qu'il était le plus grand sorcier des temps modernes, je suis sûre qu'elle t'aimerait toujours autant qu'aujourd'hui.
- Je sais. Je sais maintenant, je suis un grand. Mais j'ai eu du mal avant. Archie dit qu'elle a changé. Comment elle est ?
- Et bien ... Impressionnante. Très puissante et étrangement ... agréable parfois, avoua-t-elle.
- Tu l'aimes bien ?
- Je ne sais pas ...
- Maman l'aime bien.
- Oui, ça je sais. C'est pour ça que j'essaie de trouver une solution pour que tout redevienne normal sans avoir à ...
- À la tuer ?
- Oui.
Un instant il plissa les yeux apparemment en pleine réflexion pour trouver un moyen de l'aider mais oublia tout du problème quand il fut apostrophé par quelqu'un qui les fit monter à bord d'un petit train qui les mènerait aux montagnes russes.
- De quoi avez-vous parlé ? fut-elle immédiatement interrogée à la sortie du manège.
- Merci, se contenta-t-elle de répondre à la barbe à papa qui lui était offerte par la mère d'Henry.
- De rien, j'étais sûre que tu ne dirais pas non à un milieu de calories pures. Alors ?
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler.
- Em-ma ...
- Il voulait savoir si nous étions ensemble, se décida-t-elle avec un petit sourire.
- Et qu'est-ce que tu lui as répondu ?
Elle reconnut le piège au ton de la voix qui s'était faite plus grave et elle dut se forcer à garder son sérieux quand elle se détourna d'elle.
- Tu peux me tenir ça gamin ?
Les yeux clairs s'illuminèrent à la vue de la sucrerie qui ne lui avait pas été destinée, l'enfant l'acceptant à deux mains avant de se servir immédiatement sans y avoir été invité.
- Hen...
Elle n'eut jamais le temps de finir la réprimande qu'elle avait certainement destiné à son fils, interrompue par le choc de son corps contre celui d'Emma. La blonde avait regroupé tout son courage pour l'attirer à elle, sa bouche interrompant la phrase qui avait été sur le point d'être prononcée. Entre ses mains le corps de Regina se raidit l'espace d'un instant et elle était sur le point de reculer lorsqu'elle lui rendit son baiser. Quelque chose de bien mieux qu'une montagne russe serra son estomac quand une langue caressa ses lèvres et elle sentit sa magie crépiter aux bouts des doigt qu'elle avait glissé à la base des cheveux en soie noire.
- Ça va, ça va, j'ai compris que vous vous aimiez ! s'écria faussement horrifié l'enfant derrière elles.
Elles s'écartèrent d'un même mouvement, les pupilles dilatées fixées les unes sur les autres avec une intensité troublante qui la fit frissonner. Et puis lentement un sourire qu'elle avait appris à aimer étira les lèvres qu'elle venait d'embrasser. La cicatrice se creusa et elle dut serrer les poings pour ne pas céder à l'envie qui l'assaillit de traîner la brune dans la première allée déserte. En face d'elle, Regina Mills lui adressait un sourire triomphant qu'elle réservait d'habitude à ses victoires politiques parce qu'elle venait certainement de comprendre que plus grand chose ne l'empêchait de posséder la chasseuse de primes une bonne fois pour toutes.
- Maman, tu montes avec nous dans la grande roue ?
- Si ça te fait plaisir mon ange.
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Si il avait tenu à rester jusqu'à la fermeture tardive, récalcitrant quand il avait fallu le faire entrer à l'arrière de la berline noire, Henry s'était endormi avec la rapidité d'un pantin de bois soudain inanimé lorsqu'elles avaient recommencé à rouler. Elle s'était bien proposée pour conduire mais apparemment la confiance que lui accordait Regina ne s'étendait pas jusqu'à lui confier son bolide.
Silencieuse, elle regardait le paysage éclairé par les xenons d'un bleu blafard défiler en se demandant si elle considérerait un jour Storybrook comme sa ville lorsque Regina posa une main sur sa cuisse pour attirer son attention.
- Tout va bien ?
- Oui. Emma ... Je ... Je voulais m'excuser pour ...
- Je sais, coupa-t-elle alors qu'elle entamait une nouvelle pause.
- Qu'est-ce que tu sais ?
- Que tout ça c'était pour t'excuser de ce que tu as fait l'autre soir. Pour me prouver que tu n'es pas un monstre. Tu n'as pas besoin de faire ça.
- J'ai besoin d'Henry, rétorqua-t-elle.
- Je sais. C'est lui ta lumière n'est-ce pas ? Ta plus grande force et ta plus grande faiblesse ... C'est de lui dont je dois me servir pour briser ta malédiction ?
Sa question provoqua un petit rire dont elle se serait vexée s'il n'avait pas immédiatement été suivi d'une brève pression de sa main sur la sienne.
- Je ne sais pas qui t'as mis cette idée dans la tête.
- C'était écrit Regina ! Noir sur blanc ! se défendit-elle en tentant de garder la voix basse.
- Et tu as lu ce que tu as bien voulu lire ... C'est pas grave, n'y pense plus. De toute manière je préfère les choses ainsi.
- Ainsi comment ? Tu préfères que la malédiction reste ? Tu sais ce que ça veut dire ? Le temps va rester figer, tu plonges ton fils dans une vie éternelle et moi ... moi je vais vieillir.
- Tu n'as pas remarqué que l'horloge fonctionnait à nouveau ? s'étonna le maire.
- N ... Non, pas vraiment. Pourquoi ? Ça veut dire que le temps s'écoule à nouveau ?
- Et pourtant je n'ai pas encore pris une ride ...
- Arrête de te foutre de ma gueule.
- Je suis tout à fait sérieuse Emma. J'ai été ... J'ai été en colère. Ce n'est pas comme ça que je voulais que les choses se passent, mais tu n'as plus à te soucier de cette malédiction.
- Regina, je veux que tu sois heureuse, je ne pourrais pas penser à autre chose ...
- Je suis heureuse Emma.
- Tu mens !
Son accusation énerva visiblement la sorcière qui préféra rétrograder une vitesse pour faire rugir le moteur sous le capot quand elle prit un virage à vive allure. À l'arrière Henry grimaça mais ne se réveilla pas.
- Tu vas faire peur à Henry.
- Ne me donne pas de leçon.
- Regina ... Je veux pas qu'on se disp...
- Tu veux savoir ce que je voudrais moi ? interrompit-elle. Je voudrais vivre avec mon fils, ma mère et toi à mes côtés. Je voudrais être heureuse avec vous. Que ça se passe bien. Que personne ne remette en cause mes choix ou ma place à Storybrook. J'aimerais pouvoir utiliser ma magie autant que je le veux, quand je le veux et même si c'est de la magie noire. Tuer si je pense que c'est le bon choix, ordonner et qu'on obéisse à la moindre de mes volontés. Mais tu sais quoi Emma ? On obtient rarement ce qu'on veut ...
- Tu veux vraiment vivre avec moi et Henry ? répéta-t-elle.
- C'est tout ce que tu as retenu ?
- Oui, mentit-elle.
- Je croyais qu'on avait déjà parlé de ça ...
- On a déjà parlé de ça, confirma-t-elle. J'avais juste envie de te l'entendre redire.
- Tu vis déjà chez moi Emma au cas où tu ne l'aurais pas remarqué ... Ce que je veux dire c'est que ... Je ne suis pas une héroïne de contes pour enfants et je ne le serais jamais. Si tu veux rester avec moi et faire mon bonheur, tu devras accepter que parfois ... Il ne vient pas avec ce qui est le plus juste à faire.
- J'ai cru comprendre oui, la rassura-t-elle avec un sourire.
La sorcière ne répondit pas, les mains crispées sur le volant de la Mercedes à l'approche de Storybrook et elle sentit de là où elle était le frisson qui la parcourut lorsque sa magie retrouva ses sources.
- Qu'est-ce que ta mère a fait à Snow exactement ? demanda-t-elle en apercevant la maison qui avait été construite à la va-vite à l'entrée de la ville.
- Elle a juste fait en sorte qu'elle ne puisse pas traverser la frontière. C'était très bien calculé parce qu'en lançant de force David de l'autre côté elle a fait en sorte de la priver de tout moyen de briser le sort.
- Par un baiser d'amour véritable ? se moqua-t-elle.
- Oui.
- Et David ne peut pas revenir en arrière ? A Storybrook ?
- Non. Deux âmes sœurs partagent tout jusqu'aux sorts dont elles peuvent être affectées.
- Donc lui non plus ne peut plus traverser la frontière mais il est bloqué de l'autre côté ...
- Exact.
Elle ne fit aucun commentaire, une fois de plus tiraillée entre l'envie de lui demander si elle n'allait pas aider et celle de lui faire confiance. En silence toujours la brune se gara devant l'immeuble de l'unique psychothérapeute de la ville, lui laissant le soin de porter un Henry à moitié endormi dans la cage d'escalier.
Elle attendait depuis une dizaine de minutes adossée à la portière passager de la berline quand Regina ressortit de l'immeuble avec un air pensif.
- Tout va bien ?
Sa voix sembla tirer la brune des réflexions dans lesquelles elle était restée plongée pour lui adresser un sourire. La chasseuse de primes réussit à attraper son bras et l'attirer à elle avant qu'elle ne la contourne.
- Hey. Tout va bien ? répéta-t-elle à voix basse.
- Hum hum.
- A quoi est-ce que tu pensais là en sortant ?
Il n'y eut pas de réponse d'un long moment, le corps de Regina plaqué contre le sien, elle eut un sourire en la sentant détourner la tête pour enfouir son visage dans le creux de son cou et respirer son odeur.
- A ce que je dois faire, finit-elle par répondre la voix étouffée contre sa peau.
Refusant de recommencer un débat qui lui semblait pour l'instant stérile, la jeune femme se contenta de la serrer contre elle un long moment.
- On rentre ?
Sa proposition fut immédiatement acceptée, le court trajet qui les mena au manoir plongé dans l'obscurité passé en un silence prolongé. La brune batailla quelques secondes avec ses clefs, le temps qu'Emma la rejoigne pour entourer à nouveau son corps d'un bras. Son amante sembla abandonner purement l'idée de réussir à rentrer chez elle, renversant sa tête contre son épaule.
- Est-ce que j'aurais le droit à mon nom sur la boîte aux lettres ?
La maîtresse des lieux lui répondit en un faible hochement de tête positif.
- A moins que tu souhaites prendre le mien, ajouta-t-elle à voix basse.
La proposition fit battre son cœur à une allure telle qu'elle était persuadée que Regina aurait pu le sentir dans son dos.
- Qu ...
- Non, fut-elle immédiatement coupée. Ne réponds pas à ça. C'était une phrase en l'air, je ne veux pas qu'elle ... Qu'elle soit une source supplémentaire de conflit.
- Ok, accepta-t-elle en plaçant un baiser sur une pommette encore maquillée.
Elle l'entendit pousser un soupir de soulagement qui la fit sourire, ne pouvant s'empêcher de la plaquer un peu plus contre elle quand elle tendit la main vers la serrure.
- Mais quitte à choisir je préférerais " Swan-Mills ", rajouta-t-elle à voix basse.
Dans ses bras la fine silhouette pivota pour l'affronter à quelques centimètres d'elle et si elle n'avait pas reconnu l'éclat qui brillait parfois dans ses yeux quand la sorcière ne pouvait s'empêcher d'être amusée, Emma aurait prit peur au son de la voix qui répéta ses mots.
- Swan-Mills ? gronda-t-elle.
- Mm. C'est plus jo...
Sa phrase fut coupée par la main qui agrippa son menton avec fermeté, la forçant à se taire. Le regard sombre glissa vers ses lèvres, suivant le tracé qu'était en train de former son pouce. Derrière elles, la porte s'ouvrit, les clefs lévitées dans la serrure et elle dut faire un pas en avant pour suivre celui qui avait été fait en arrière par Regina. A peine fermée, elle fut plaquée contre la porte, gémissant lorsqu'un genou percuta son entre jambes.
- Hey, Reg...
Sa protestation fut étouffée par les lèvres laquées d'un rouge brillant en un baiser auquel elle s'empressa de répondre. Il lui suffisait d'être en sa présence pour être dévorée d'un désir lancinant et après une journée passée à ses côtés, elle se savait incapable de résister à la tentation qu'elle représentait. Les yeux mis clos elle l'observa descendre le long de son corps pour la défaire de ses vêtements, une vague de pouvoir déferlant sur elle lorsqu'elle croisa le regard sombre levé vers elle alors qu'elle s'attaquait à la fermeture de son jean.
- Non.
Elle lut la brève incompréhension de la Reine juste avant de l'attirer à elle pour la soulever, souriant à son petit cri de surprise lorsqu'elle fut transportée jusqu'à la première surface plane disponible. Debout entre les jambes de celle qu'elle venait d'asseoir sur la table du salon plongé dans une semi obscurité, elle ne fut même pas effrayée par la lueur violette qui éclairait les iris de la brune. L'éclat disparut quand elle dut fermer les yeux, visiblement affectée par les mains qui remontaient en lignes droites ses bas, stoppant net quand elle atteignit le porte jarretelles. Elle qui n'avait jusque là que très rarement utilisé sa magie, était en train de lutter pour ne pas la laisser la contrôler.
Indifférente aux suppliques de son amante, la chasseuse de primes admira le corps qui tremblait de désir sous ses doigts avec la fierté habituelle qu'évoquait le fait de pouvoir être la seule à rendre Regina Mills aussi impuissante qu'elle l'était dans ces moments là. Une main griffa sa nuque quand la sienne atteignit le sous vêtement trempé, son gémissement confondu avec celui de la brune lorsqu'elle amorça un mouvement circulaire par dessus le tissu.
- Emma, gronda la voix rauque de la sorcière.
Elle ne lui répondit pas, pressant d'avantage son corps contre le sien pour un baiser qui fit tourner la pièce autour d'elles et trembler d'avantage son amante dont les bras l'entouraient avec la force de quelqu'un qui a peur de tomber s'il n'est pas maintenu. Une jambe s'enroula autour de sa taille et les lèvres pulpeuses glissèrent de sa bouche jusqu'à son oreille.
- Fais moi jouir Emma.
Ça en était trop. La magie qu'elle avait jusque là retenue de justesse envahit son corps comme une drogue qu'elle aurait senti couler dans son sang, diffusant autour d'elle un halo d'une lueur dorée. Pressée par elle ne savait qu'elle instinct, elle écarta la dernière barrière de tissu qui la séparait du sexe de la brune pour y introduire deux doigts qu'elle recourba immédiatement. Sous elle la femme se tendit et si elle ignorait comment elle était en train de le faire, elle comprit qu'elle était en train de lui offrir ce que Regina avait adoré lui faire subir des semaines auparavant au commissariat en se vantant de ne pas avoir besoin de la toucher pour la faire jouir. Les hanches encore prisonnières de la jupe crayon heureusement fendue sur le côté vinrent à sa rencontre, lui arrachant un grondement de plaisir qui se mua en douleur lorsque des dents furent plantées dans son cou pour étouffer à moitié le cri d'un orgasme.
Il y eut de longues secondes de silence uniquement perturbées par leurs souffles encore coupés avant qu'elle ne s'écarte suffisamment d'elle pour retirer sa main et lécher les deux doigts qui avaient été en son amante. Malgré la pénombre elle put clairement distinguer la bouche à moitié ouverte de la brune dont le regard sombre était un mélange d'outrage et de désir.
- J...
Une lumière aveuglante les figea instantanément, sa magie craquelant dans le creux de sa main gauche encore posée sur la cuisse du maire de Storybrook, prête à fondre sur n'importe quel assaillant.
- J'espère que cette table sera nettoyée avant le petit déjeuné qui y sera pris demain matin Mesdames, railla une voix qui la fit devenir livide de honte.
En face d'elle Regina pinça les lèvres en un rictus exaspéré avant de descendre de la table en question, à nouveau plaquée contre la blonde qui n'avait pas bougé.
- Elle le sera mère.
- Hm. Bonne nuit.
Elle s'entendit vaguement murmurer un "bonne nuit" en retour, sortant uniquement de sa transe lorsqu'un baiser fut déposé sur son nez.
- Au plus tu paniques, au plus elle s'en amusera, l'informa la brune.
- Regina ?
- Oui ?
- Promets moi qu'on vivra pas indéfiniment avec elle.
- Une jeune femme de bonne famille ne quitte pas ses parents tant qu'elle n'est pas mariée Emma ...
Elle eut envie de lui faire remarquer qu'elle n'était plus une jeune femme et qu'elles avaient déjà fait des choses qui auraient fait rougir tout Storybrook mais se contenta de sourire.
- Il va falloir que je trouve une bague c'est ça ? plaisanta-t-elle à moitié.
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Cela faisait une heure qu'elle assistait avec intérêt au défilé des villageois devant leur Maire. Devant leur Reine, se corrigea-t-elle. Ce matin quand elle était entrée dans la grande salle de la mairie, elle avait retenu un rire en voyant l'immense chaise dans laquelle Regina s'était assise derrière un bureau en bois noir massif. À ses côtés sa mère écoutait sagement tout ce qui se passait, sans intervenir dans la moindre décision prise même s'il lui arriver d'hocher la tête pour donner son avis pendant le discours de telle ou telle personne. Assise à la droite de mère d'Henry, sa secrétaire tapait vigoureusement tout ce qui était dit.
Debout dans un coin de la pièce aux côtés de Rumplestinskin, elle ne pouvait s'empêcher de dévorer du regard la brune dont l'attention semblait attachée à ses sujets.
- Combien de temps ça va encore durer ? demanda-t-elle à voix basse à celui qui s'était évertué à l'ignorer.
- Patience Miss Swan.
- J'ai faim et je commence à m'ennuyer.
Sa réplique d'enfant gâté fut ignorée par le Ténébreux qui se contenta de croiser les bras et elle le vit échanger un regard avec sa maîtresse qui afficha un bref sourire dénué de chaleur humaine. Elle préféra détourner la tête avant que son regard ne croise le sien, balayant la pièce pour tomber sur Mulan qui gardait l'entrée de la salle avec l'air de prendre très au sérieux sa mission. Même complètement imbibée d'alcool elle n'avait jamais pu la faire se départir de son stoïcisme.
Avant de pouvoir y penser à deux fois, elle déplia ses jambes croisées et se détacha du mur contre lequel elle était appuyée pour aller rejoindre la guerrière.
- Bonjour Shérif.
- Salut. Tu t'ennuies pas ?
- Non, je trouve les demandes des villageois instructives, répondit-elle avec honnêteté.
- Quelque chose à demander en particulier ?
- Non, rien personnellement.
- Tu ne veux pas passer de l'autre côté de la frontière ? Je pensais que tu aurais accompagné Aurore ...
- Je préfère garder un œil sur les agissements de ceux qui sont encore là, répondit la brune avec un faux air innocent. Est-ce que tu as avancé dans tes recherches sur Cora ?
- Est-ce que tu es en train de changer de sujet ?
- Oui. Alors ? pressa-t-elle.
- Non, pas vraiment ... Et elle attend toujours que je lui ramène Maléfique.
- La sorcière qui se transforme en dragon ?
- Elle même.
- Cora va se venger d'elle comme elle s'est vengée des autres ?
- Sûrement.
- Qu'est-ce que tu vas faire le jour où elle décidera de se venger de sa fille ?
La question lui coupa le souffle. Depuis le début elle avait préféré ne pas envisager cette possibilité. S'il y avait bien quelque chose d'humain qu'elle avait pu percevoir chez la sorcière, c'était quand elle se trouvait auprès de sa fille, lorsqu'elle la défendait ou affirmait vouloir le meilleur pour elle. Naïvement elle restait cloîtrée dans l'espérance que jamais elle ne se retournerait contre elle. Mais la possibilité existait.
- Je la tuerai de mes propres mains si c'est nécessaire Mulan. Mais pour l'instant ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour Regina.
- D'accord.
Elle avait toujours été impressionnée par sa capacité à déceler la logique inévitable des autres, accepter leurs arguments quand elle savait que rien ne pourrait leur faire changer d'avis.
- Et cette solution qu'Ursula t'avait proposée ?
- Elle vient avec un prix que je ne veux pas payer.
- Hook, se rappela-t-elle.
- Oui.
Il y eut un moment de silence pendant lequel son regard se perdit à nouveau vers le devant de la salle. Regina en train d'écouter quelqu'un lui expliquait les craintes qu'il avait pour sa fille et exiger qu'une formation soit faite pour que tous soient mis au courant de ce qui les attendait " à l'extérieur ". Les perles d'ébènes glissèrent de l'homme debout devant elle à la chasseuse de primes qui se trouvait à présent au fond de la salle et un moment elle crut qu'elle allait lui parler par télépathie. Mais elle n'eut droit qu'à un haussement de sourcil auquel elle répondit par un sourire sincère.
- Je t'ai connue plus brave Emma ...
- Quoi ?
La voix de Mulan venait de la ramener à la réalité.
- Quand tu es arrivée ici, tu ne connaissais rien de notre monde, tu n'avais même pas le soutien total de Regina ni tes pouvoirs et pourtant tu te dressais contre le Ténébreux. Aujourd'hui tu te contentes d'un non ...
Elle dut se détourner du grand bureau pour faire face à la guerrière, les yeux plissés.
- Qu'est-ce que tu insinues ?
- Tu as volé des biens précieux au Ténébreux quand tu en avais besoin et aujourd'hui tu n'oses pas en faire autant avec Ursula ?
- Je n'ai aucune idée de ce que je dois chercher.
- Alors découvre le.
Les mots avaient eu quelque chose d'une finalité et aussitôt elle la sentit se figer dans son rôle de garde, attentive à un homme qui sortait de la salle en pleine discussion avec sa femme et leur fils. Elle eut un sourire amer en le reconnaissant comme l'un des hommes qu'elle avait déjà vu au cabaret, en homme tout ce qu'il y avait de plus célibataire.
Comment pourrait-elle se renseigner sur ce qu'elle devait trouver ? Poser la question à la sorcière attirerait trop l'attention sur elle et même si elle s'en était sentie capable, la combattre en duel pour obtenir une réponse ne la tentait absolument pas. S'introduire chez elle un soir de fête ne rimerait à rien si elle ne savait pas quoi chercher et risquait de tomber sur une collection d'objets aussi impressionnante que celle de l'antiquaire.
Son regard tomba sur le nouveau serviteur de Cora. Elle ne lui voyait plus la dague qui lui permettait de le contrôler pourtant sa présence pacifique dans la pièce était une preuve bien réelle qu'elle en était toujours en possession. Elle doutait qu'il ne soit resté une seule seconde de plus en sa présence s'il avait retrouvé son libre arbitre et malgré ses recherches Belle n'était toujours pas parvenue à la localiser.
- Gold ... murmura-t-elle à voix basse comme si elle se rappelait soudain de quelque chose.
L'intéressé abandonna la scène qu'il observait avec un intérêt détaché pour se tourner vers elle, ayant apparemment entendu son nom malgré l'impossibilité de la chose. Les sourcils fins se froncèrent en une interrogation et elle en profita pour lui faire signe de la rejoindre. L'homme mit visiblement du temps à se décider, recevant un hochement de la tête de la part de Cora qui les laissa partir les yeux rivés sur eux.
- Que me vaut l'honneur de cet entretien ? siffla-t-il.
- Qu'est-ce que je vous ai fait Gold ?
- Oh mais rien très chère, rien du tout, mentit-il sans prendre la peine de le cacher.
- Gold, j'essaie de vous aider. D'aider tout le monde là, alors mettez-y un peu du votre.
- C'est de votre faute si j'en suis arrivé là aujourd'hui Miss Swan, si suivre de banales instructions ne vous était pas si difficile, je ne serais pas ... prisonnier.
- Je suis désolée pour ce qui est arrivé, mais vous ne pouvez pas m'en vouloir pour avoir laissé votre dague cachée sous les pieds de votre pire ennemie. Superman ne cache pas de la kryptonite dans la poche de Lex Luthor !
- Pardon ?
- Non, rien. J'ai besoin d'informations Gold, continua-t-elle sans lui laisser le temps de répliquer. Ursula détient quelque chose dont j'ai besoin.
- Et alors ?
La dernière fois qu'elle lui avait demandé des informations, elle n'avait rien pu obtenir de lui à cause du lien qui l'unissait avec Cora. Aujourd'hui si elle voulait tirer quelque chose de son savoir, il faudrait qu'elle s'y prenne autrement.
- Je ... J'ai du mal à contrôler ma magie en ce moment, inventa-t-elle à voix basse. Elle fait n'importe quoi ... Alors, c'est bien joli d'avoir des pouvoirs mais je n...
- Les détails de votre incompétence ne m'intéressent pas Swan. Venez-en aux faits.
- Je cherche un moyen de contrôler ma magie, l'empêcher de partir dans tous les sens quand je n'ai pas envie qu'elle se manifeste. La brider voire la supprimer. Ursula a quelque chose qui pourrait m'aider mais je ne veux pas payer le prix qu'elle demande.
- Evidemment, je ne suis pas étonné que quelqu'un comme vous ait du mal avec la notion de "marché" ...
La remarque avait été faite avec un ton amer qui lui fit froncer les sourcils mais elle n'eut pas le temps de le révéler à voix haute.
- Quel est le prix ? demanda-t-il.
- Ça ne vous regarde pas, mais je ne veux pas le payer.
- Je ne vous aiderai pas à enfreindre une règle de plus.
- Gold, bordel ! Réveillez-vous, j'ai besoin de ce truc !
Les yeux sombres la dévisagèrent longtemps avant de tomber sur la main qu'elle avait porté à son avant bras pour le secouer d'exaspération.
- Cet objet, si je veux le v... le récupérer. J'ai besoin de savoir ce que c'est, continua-t-elle après l'avoir lâché prestement.
Il y eut un long moment de silence durant lequel le sorcier sembla prendre une grave décision avant qu'ils ne soient envahis par le brouhahas des villageois qui sortaient de la salle de conseil, les forçant à s'écarter du milieu du couloir dans lequel ils étaient.
- Je vous contacterai, finit-il par lâcher.
- Merci !
Il y eut un rictus qui lui fit comprendre qu'il n'avait rien à faire de sa gratitude mais elle ne put s'empêcher de sourire en re rentrant dans la salle que tout le monde désertait. Avoir Gold dans son équipe n'était pas négligeable.
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..
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Parce qu'elle avait passé toute sa vie plongée dans cette réalité et parfois au contact des pires atrocités qu'on pouvait y rencontrer, la tâche d'organiser une réunion de sensibilisation lui avait été confiée avec un sourire en coin par Regina le lendemain. Elle avait passé toute la journée enfermée au commissariat à travailler sur un plan comme elle ne l'avait plus fait depuis le lycée, les cheveux relevés en un chignon brouillon, les lunettes fermement plantées sur son nez, lançant un regard noir à quiconque entrait avec une nouvelle question absurde.
- Madame est livrée ! annonça la voix joyeuse de Ruby.
Pour la première fois de la journée elle accueillit quelqu'un dans la pièce avec un véritable sourire. La serveuse lui avait apporté de quoi se ravitailler et elle s'étonna de l'heure quand elle consulta sa montre. Presque vingt heures.
- Tu avances ?
- Pas du tout.
- Tu n'as pas un ami qui pourrait t'aider ?
- Comment ça ?
- Un ami de là bas.
Elle sourit au terme employé. Là bas. Elle avait hâte de pouvoir y amener son amie, persuadée qu'elle s'émerveillerait de tout ce qu'elle pourrait lui faire découvrir. Pour l'instant la jeune femme encore trop couvée par sa grand mère n'avait pas osé partir à plus de quelques mètres de la frontière mais elle savait que l'envie la dévorait.
- Tu crois sérieusement qu'on va me prendre au sérieux si je demande à un ami de me filer son aide pour donner des cours à …
Elle stoppa net sa phrase, les mots bloqués par sa propre stupidité.
- Ça va ? s'inquiéta Ruby.
- Quelle conne.
- Quoi ?
Elle aussi s'était arrêtée de peur d'avoir commis un impair, ses yeux sombres parcourant ce qu'elle venait de poser sur la table, vérifiant qu'elle n'avait pas tâché un document d'une quelconque importance.
- Rien. Je suis débile et tu es brillante. Bouge pas.
- Okkk…
Visiblement la brune ne comprenait pas ce qui était en train de se passer mais obéit à l'ordre donné, s'asseyant sur l'une des chaises disposées en face de son bureau tandis qu'elle composait par cœur le numéro de son associé. Récemment elle avait supprimé son raccourci qui le plaçait en numéro un de sa liste de contact, le remplaçant par celui du Maire de Storybrook.
- Salut Swan !
- Ted ! Comment vont mes affaires ?
- Au ralentit quand il n'y a plus personne pour traquer sur le terrain …
- Embauche quelqu'un.
- Qui ça ?
- Je sais pas, on va voir. Fais moi un petit listing et on fera un entretien d'embauche.
- Sérieusement ?
- Bien sûr.
- Tu te retires du métier ?
- Provisoirement. Dis moi, j'ai un petit service à te demander.
- Tu fais que ça Swan …
- Parce que je te paie pour ça. Trouve moi des vidéos de sensibilisations, des trucs qu'on passe aux gamins en classe pour leur apprendre les bases.
- Les bases de quoi ? L'éducation sexuelle ?
- Très drôle. Sensibilisation aux armes, les services de police, etc ... Ça existe non ?
- Ouais, je dois pouvoir trouver ça.
- T'es un ange. Tu me le mets sur notre réseau dès que tu l'as s'il te plaît ?
- À vos ordres chef.
- J'aime quand tu dis ça. Oh et une dernière chose ? Est-ce qu'ils ont fini de construire le casino du Russe ?
- Ouais. Ça vaut le détour.
- Parfait. Merci mon grand. Je te contacte quand je suis sur Boston.
Elle raccrocha avec un sourire, soulagée que le cauchemar qu'elle avait vécu durant toute la journée touche enfin à son terme.
- Ruby, bouge tes fesses, passe chez toi te changer, on sort !
- On sort où ?
- On fête ton idée géniale.
- On sort où ? répéta-t-elle avec les yeux plissés.
- Surprise.
Il ne fut pas difficile de convaincre la jeune femme, invitant au passage Mulan qui consentit à mettre autre chose qu'un pantalon pour l'occasion et si Regina n'avait pas émis d'objection à l'idée qu'elle revête une longue robe de soirée noire indécemment décolletée, elle avait en revanche exigé d'être présente.
Et de conduire. Au plus grand effarement de la louve qui avait été récupérée par la berline noire moins d'une heure plus tard, s'extasiant déjà comme une enfant des paysages qu'elle voyait défiler à l'allure folle à laquelle la sorcière avait lancé son bolide pour écourter le voyage.
Guidée dans les rues de Boston qu'elle connaissait à peine moins bien qu'Emma, la brune gara sa voiture sur le parvis d'une immense demeure qui arracha des cris d'émerveillement de la part de Ruby. Mulan quant à elle gardait comme à son habitude un visage impassible, surveillant déjà les vigiles postés à toutes les entrées mais l'intérieur de la demeure décoré à grand renfort de tapis rouges, lustres en cristal et meubles en bois rares gagna un certaine admiration.
- Dis moi Emma, c'est de l'argent propre qui a payé tout ça ? plaisanta Regina dans son oreille.
Ce soir elle avait choisi une robe aussi longue qu'elle, d'un violet sombre qui lui rappelait la couleur de ses pouvoirs lorsqu'ils se teintaient de magie noire et si contrairement à elle, elle n'avait aucun décolleté, son dos avait presque était laissé entièrement nu. Comme à son habitude, elle était divine et la chasseuse de primes avait déjà du fusiller du regard plusieurs personnes qui l'avaient trop longuement observée.
- Chut. Ce soir c'est pour Ruby, on va éviter de ...
- Emma Swan !
Elle ne put s'empêcher de sourire à la soudaine rigidité de sa partenaire. Si leurs deux accompagnatrices s'étaient retournées avec intérêt, la Reine avait quelque chose dans sa posture qui trahissait une méfiance jalouse dont elle fut touchée. Avec un sourire elle le laissa l'étreindre brièvement avant de baiser la main des trois autres.
- Vladimir ... Je vois que tu n'as pas gâché les investissements que je t'ai laissé faire.
- Ce n'est pas dans mes habitudes. Pas d'homme avec vous ce soir ? demanda-t-il en balayant leur groupe d'un regard interrogatif.
- C'est une soirée entre filles.
- Je vois ... Les boissons sont pour moi. Tout ce que tu veux, mais ne compte pas les cartes, je ne peux pas répondre des autres joueurs.
- Merci Vlad.
- Tu es amie avec le directeur d'un casino Emma ? s'étonna la voix de Ruby dans son dos.
- Euh ... Amie est un grand mot ... C'est une connaissance. Qu'est-ce que tu veux faire ?
- Commander une très grosse bouteille de champagne et aller à une table de poker !
Elle ne fit pas attention aux yeux levés au plafond ouvragé par la sorcière et deux heures plus tard le jéroboam de Krug rosé était déjà terminé, les jetons s'amassant au point que l'on puisse se demander si Ruby n'était pas réellement en train de tricher. Emma s'était retirée du jeu qui commençait à l'ennuyer pour aller observer fascinée Mulan jouer à un jeu auquel elle ne comprit pas la moindre règle malgré les plusieurs parties qu'elle regarda.
- Où est Regina ?
- Roulette, lui répondit simplement la guerrière.
Elle mit un moment avant de repérer la table en question et ne put retenir un froncement de sourcil en apercevant la brune entourée de trois hommes qui avaient l'air en pleine conversation.
- Va défendre ton honneur Swan, se moqua la voix de Ruby derrière elle.
- Tu as perdu au Poker ? s'étonna-t-elle.
- Nan, mais j'ai plus de champagne. On va passer au bar, vous nous rejoindrez aux machines ?
- Ça me va !
La serveuse qui avait enfilé une robe rouge d'une longueur terriblement courte comparée à la sienne arracha en effet leur comparse au jeu qu'elle était en train de faire et la blonde mit un moment à se décider d'avancer vers la table qu'elle n'avait pas lâché des yeux.
- Quel numéro ? lui demanda-t-elle quand elle arriva à sa hauteur sans pourtant qu'elle ait eu besoin de se retourner pour savoir qu'elle était là.
- Huit, improvisa-t-elle.
- Deux mille sur le huit, rouge.
Elle eut du mal à détacher les yeux du décolleté plongeant qui laissait presque l'intégralité de son dos à découvert, mais eut le temps de remarquer le regard moqueur de l'un des hommes en noir. Hypnotisée, elle se rapprocha tout de même pour pouvoir y poser une main cachée entre elles deux, souriant lorsque la bille noire s'arrêta implacablement sur le chiffre annoncé.
- Quelle chance ...
- N'est-ce pas ?
Elle allait répliquer quand un homme approcha de la brune pour lui parler en une langue qu'elle ne comprit pas. De l'espagnol devina-t-elle à l'accent, choquée d'entendre la mère d'Henry répondre sans aucun problème avec un sourire artificiel qu'elle reconnut mais qui ne sembla pas sauter aux yeux de l'inconnu.
- Qu'est-ce qu'il te veut ? demanda-t-elle aussitôt qu'il se fut détourné après lui avoir tendu une carte.
- M'inviter dans sa suite.
- Et tu prends sa carte ?
- Jalouse ?
Sous sa main, la brune pivota, leurs regards se rencontrant à quelques centimètres l'un de l'autre, les orbes sombres la dévorant des pieds à la tête sans prendre la peine d'être discrète.
- Est-ce que je devrais l'être ?
- Non. Pas vraiment ...
- Pas vraiment ?! s'alarma-t-elle.
Sa question provoqua un rire qui fit se retourner les hommes présents à la table. Bien sûr, il fallait que même son rire exhale une sensualité à en faire briller les yeux des hommes les plus matures.
Des ongles manucurés griffèrent légèrement le tissu satiné qui recouvrait son ventre avant de remonter le long de son décolleté pour s'immobiliser sur le collier qu'elle lui avait prêté.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle le souffle coupé par leur proximité.
Son cœur s'emballa lorsque la brune se rapprocha encore un peu plus d'elle pour jouer avec une mèche de cheveux qui s'était échappée de la coiffure qu'elle avait inventée devant le miroir de l'immense salle de bain de la mère d'Henry.
- Ce que je veux Emma, lui souffla-t-elle les lèvres effleurant son oreille. Une Reine fait ce qu'il lui plaît.
La blonde dut serrer les poings pour ne pas tourner la tête et succomber à l'envie de l'embrasser.
- Plaît-il à sa Majesté de rejoindre nos amies près des machines à sous ?
Les yeux sombres s'illuminèrent d'une plaisanterie qu'elle adora avoir pu susciter et elle s'empara de la main qui lui fut tendue pour la mener entre les lignes droites de jeux de hasard où elles retrouvèrent leurs amies en train de se battre autour d'un seau à glaçons rempli de jetons.
Si les bouteilles de champagne qu'elles avait laissé derrière elles et le malaise que Ruby avait failli faire, vomissant le contenu de son estomac tandis que Mulan lui tenait les cheveux étaient des indices suffisant pour leur faire comprendre qu'elles n'étaient pas en état de rentrer à Storybrook, le maire avait pourtant insisté pour prendre le volant. Et si la conduite de la Mercedes était un peu plus brusque qu'à son habitude, les lignes au sol franchies à plusieurs reprises, elle avait eu la chance de ne croiser aucun contrôle routier.
A l'approche du panneau de sa ville et un sourire en coin elle rétrograda de plusieurs vitesse, provoquant un rugissement qui fit trembler l'habitacle, réveillant la louve sur la banquette arrière et allumant une lumière dans la maison qui avait été bâtie pour Snow et son mari à la frontière.
- Quelle garce tu fais ...
- Tu aimes ça.
- Je suis bourrée mais pas sourde, rappela la voix de la serveuse à l'arrière.
Elle en avait toujours le sourire aux lèvres lorsqu'elles arrivèrent aux premières ruelles éclairées par les lampadaires qui répandaient une lumière jaune sur la route en goudron. Devant le cabaret d'Ursula, de nombreuses voitures étaient encore garées dans le parking improvisé et elle était en train de se demander si des habitants de l'extérieur viendrait bientôt visiter les lieux quand un éclat blanc traversa sa vision.
- Attention ! eut-elle le temps de crier.
Une main crispée sur sa ceinture de sécurité qu'elle se félicita d'avoir mise, elle vécut le freinage au ralenti, propulsée en avant dans un crissement de pneus quand la voiture évita au dernier moment l'animal qui venait de traverser la route.
- Ça va ? demanda-t-elle tremblante balayant du regard la silhouette de Regina à la recherche d'une quelconque blessure.
- Oui.
Elle n'avait pas un cheveux qui ne soit pas en place. A l'arrière Mulan émit un grognement avant de défaire sa ceinture et d'ouvrir la portière à la volée pour vider le contenu de son estomac ailleurs que sur les sièges en cuir.
- Ruby ?
- R.A.S.
Les jambes encore tremblantes elle était en train de sortir de la voiture à son tour quand une voix la figea.
- Pongo ! Pongo reviens !
- Henry ?!
Elle ne s'était jamais attendu à entendre autant de colère dans le prénom qui venait d'être prononcé par sa mère. Au bord de la route l'enfant se figea, un dalmatien le rejoignant au petit trot. A tâtons elle le vit attacher une laisse à son collier rouge. Derrière elle, elle entendit vaguement une voiture s'arrêter et la voix d'un homme demander à Mulan si tout allait bien.
- Qu'est-ce que tu fais dehors ? à cette heure là ?
- Pongo s'est enfui ...
- Et quel idiot tu fais pour croire que le poursuivre serait une bonne idée ? Je te confie quelques jours à quelqu'un d'autre et tu perds le peu de bon sens que je t'ai inculqué ?
A en croire l'air paniqué de l'enfant, il n'était pas du tout habitué à être adressé de la sorte.
- Je suis désolé maman ...
- Désolé ?
Il y avait clairement une menace dans le ton qu'elle employait qui fit s'interroger la blonde sur l'état de la Reine. Après tout, elle avait suffisamment d'alcool dans le sang pour lui faire perdre la raison. Et le faire devant son fils n'était vraiment pas quelque chose qu'elle avait envie de voir son amante regretter pour le restant de ses jours.
- Regina, on a beaucoup bu, je vais raccompagner Henry à pieds, tu devrais te cal...
- Ne te mêle pas de ça.
Elle ignora la rebuffade,
- Non, Reg...
- Elle a raison.
Si son intervention n'avait pas réussi à sortir Regina de sa colère bornée, la voix qui venait de lui donner raison avait eu l'effet d'une douche froide sur l'ensemble du groupe. Du coin de l'œil elle aperçut Mulan et Ruby se redresser malgré leur état d'ébriété, soulagée de leur loyauté lorsqu'elle se rapprochèrent d'elle. Henry pour sa part s'était figé, ses grands yeux innocents rivés sur la nouvelle arrivante qu'il n'avait pas vue depuis des années.
- Bonsoir Henry, continua Cora en s'avançant d'un pas.
- B...Bonsoir.
- J'étais sous la fausse impression que tu étais mort. Quelqu'un de toute évidence de mauvaise foi m'avait dit que ta mère t'avait arraché le cœur pour tenter de lancer la malédiction. Mais je vois que personne n'a jugé bon de me mettre au courant ...
L'enfant ne répondit pas, la mâchoire tremblante et bien qu'elle eut envie d'intervenir la blonde ne le fit pas, tentant tant bien que mal de faire appel à sa magie embrumée par l'alcool. Regina devait avoir plus de succès qu'elle puisqu'elle empêcha sa mère de faire un pas de plus d'un simple mouvement de la main, figeant l'espace d'un instant son mouvement avant que le sort ne soit brisé avec un " tsk " agacé. Il n'y avait rien de menaçant dans sa posture, mais contrairement à toutes ces autres fois où elle était restée persuadée que quelque part caché au fond d'elle, battait un cœur qui la faisait vivre de sentiments réels, aujourd'hui il n'y avait plus aucune trace d'humanité sur les traits fins de la sorcière.
- Un pas de plus mère et ...
- Et quoi ?
C'était le moment qu'elle avait tant redouté, la confrontation qu'il pourrait y avoir entre Cora et sa fille. Sauf qu'elle n'avait jamais imaginé ça comme ça. Pa devant Henry. Pas à la rentrée d'une soirée où elle avait trop bu pour pouvoir être en pleine possession de ses moyens. A l'autre bout de la rue un lampadaire grésilla avant de s'éteindre en un geyser d'étincelles et elle se rendit compte que tous ses poils s'était dressés sur ses bras, croisant le regard jaune de la louve qui semblait elle aussi prête à bondir sous sa forme animale. L'ambiance électrique était en train de tous les mettre sur les nerfs, jusqu'au chien qui s'était mis à gronder et qu'un Henry en larmes tentait de calmer.
- Je ne te laisserai pas toucher à mon fils ...
L'intéressé releva des yeux brillants de larmes vers la chasseuse de primes dont l'estomac se serra. Quand elle avait rencontré Regina et dès le moment où elle s'était imaginé vivre avec elle, l'enfant avait toujours fait partie du paysage. C'était quelque chose qu'elle avait accepté sans y penser. C'était un gamin bien élevé, un peu trop impertinent mais comment ne pas l'être lorsqu'on était le fils de Regina Mills ? Mais ce soir pour la première fois, peut-être était-ce l'alcool encore trop présent dans son système, une peur viscérale l'empara à l'idée de le perdre. De perdre quelque chose qui lui appartenait. Elle ne vivait pas encore avec lui, n'avait partagé que quelques instants avec lui mais il faisait bel et bien partie de sa famille. Une famille qu'elle protégerait à tout prix.
Sa magie l'envahit avant qu'elle ne pense aux conséquences de son geste, un bras tendu dans sa direction, bouche bée lorsqu'il disparut en un nuage de fumée blanche en même temps que le chien qui s'évapora en un glapissement apeuré.
- Oh mais je n'en ai pas besoin, ta petite amie vient de le faire pour moi ...
Elle sentit l'air changer autour d'elle, comme si d'un simple regard Regina avait pu bouleverser toute l'atmosphère. Ce qui était probablement le cas.
- Où est mon fils Emma ? gronda la voix rauque d'une colère mal contenue.
La jeune femme avala avec difficulté sa salive. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle venait d'envoyer Henry Mills.
