Chapitre 1
« La seule façon d'être heureux pour moi, c'est d'aimer souffrir. »

Comme à l'habitude, les gens déambulaient des les rues de Tokyo, les gorgeant de leur étouffante présence. Un jeune homme tentait tant bien que mal de se frayer un chemin parmi cette dense foule. L'air se faisait rare dans ce lieu bondé de monde alors il bifurqua dans les petites ruelles où plus il progressait, plus la population devenait clairsemée jusqu'à ce qu'il se retrouve à vagabonder seul sans but. C'était sans exagération qu'il soupira de contentement : pas de cours. C'est pourquoi il se retrouvait ici tel un chat errant sans but à cet heure si tardive. S'ayant réveillé au moment du zénith du soleil, l'astre n'avait pas mit beaucoup de temps à décliner, si bien que dans peu de temps il ferait sombre et que l'étudiant était encore bien loin de chez lui. Sans importance en réalité car le brun connaissait bien l'endroit, mais il était reconnu que ce n'était pas très prudent de se promener en singulier tard le soir dans les petites venelles de Tokyo. Ce n'est pas ce qui aurait pu le convaincre de retourner chez lui mais il interrompit tout de même sa balade pour choisir une voie qui le mènerait chez lui. L'air frais de la nuit le frappa en pleine figure. Il frissonna. L'ambiance sinistre qui régnait à ce moment de la journée aurait de quoi donner froid dans le dos aux plus braves, mais rien d'arnomal à l'habitué qu'était le jeune homme de glace. Ces rues que le garçon empruntait étaient très peu fréquentées et par conséquent, dotées d'un éclairage douteux. L'air humide emplissait les poumons du brun qui expirait une fumée blanchâtre et dense à chaque fois.

Les pas feutrés de la jeune fille se mêlaient à tous autres bruits qu'on aurait décrits comme étant communs cette nuit-là. Sa cape lui cachait la moitié du visage et la quasi-obscurité ne laissait voir aucun trait de son visage. L'unique chose perceptible de son physique était ses cheveux d'un blond moyennement foncé. Qui aurait cru que le destin les mettrait sur la même route ?

Sasuke leva les yeux au ciel. Il s'était mis à pleuvasser légèrement, rendant le décor encore plus lugubre qu'il n'aurait pu l'être.
« La chance », pensa-t-il en calculant le temps qui lui restait à parcourir pour arriver chez lui, soit environ vingt minutes de marche.

Ça se transformait peu à peu en averse tandis qu'il marchait toujours.
Elle chargea son fusil.
Il faisait de plus en plus froid.
Insupportable.
Il boutonna sa veste jusqu'au cou.
Clac clac clac clac
Sa mâchoire claquait à répétition.
Elle accéléra.
L'eau brouillait un peu sa vision, il mit ses mains dans ses poches.
Son coeur accéléra aussi.
Le bruit de la pluie masquait celui de ses pas.
TUMB !

Ce son là enterra tous les autres. Ça disait quelque chose à Sasuke. Mais bien sûr ! C'est le bruit que fait un pistolet silencieux lorsqu'on appuie sur sa détente. Le jeune homme se mit à courir et lorsqu'il arriva au virage de la ruelle, il arrêta et essaya d'entendre quelque chose. Subtilement, il regarda et vit une silhouette en tenir une autre par le col de sa main gauche à seulement cinq mètres de lui. Dans sa dextre, il serrait l'arme à feu dont Sasuke avait identifié le son plutôt.

« Ça c'est de la part de toutes les personnes que tu as tuées, ordure ! » cracha l'assassin à la figure du corps sans vie qu'il retenait.

C'était la voix d'une femme ! La criminelle releva la tête et ses yeux croisèrent ceux de Sasuke. Le coeur de ce dernier rata un battement. La femme rangea son arme et déguerpit contre toutes attentes. Sasuke rebroussa chemin et choisit un ruelle qui atteindrait inévitablement le chemin que la jeune fille avait suivit. Sans aucunes raisons particulières, suivant seulement l'impulsion du moment, le brun suivit la femme. Son cerveau bouillait d'activités et à l'inverse de tout à l'heure, il avait vraiment chaud. Cette femme avait tué quelqu'un mais n'avait pas levé son fusil sur lui même si elle savait qu'elle avait été aperçue. Mais que diable étaient les intentions de cette femme? Visiblement, la personne qu'elle avait flinguée n'était pas quelqu'un de bien vu les paroles de la blonde lorsqu'elle agrippait le corps sans vie. C'était peut-être par vengeance qu'elle avait commis ce crime. Aucune autre explication plausible ne venait en tête du garçon et c'est pour en avoir le coeur net qu'il avait décidé de la suivre.

Le paysage défilait à une vitesse folle sous les pieds de Sasuke le plus vite possible. Il se tapi derrière un container à ordures à l'intersection de deux ruelles, là où il prédisait que la jeune femme devait absolument passer car c'était la seule route qu'elle ait pu emprunter. Effectivement, quelques secondes plus tard, une blonde passa à grandes enjambées et s'arrêta à l'intersection. Elle regarda derrière elle et conclut que personne ne la suivait. Elle put reprendre une allure normale en recommençant à marcher. C'est ainsi que, quelques coins de rue plus tard, elle pénétra dans un petit édifice à l'apparence désaffectée, imperceptiblement flanquée de Sasuke. Lorsque celui-ci se planta devant la porte, il conclut que c'était invraisemblable que la jeune fille habite dans cet endroit si miteux. Il posa la main sur la poignée, le coeur battant et la tourna. À sa grande surprise, elle n'était pas verrouillée. Sasuke entra à pas de loup et longea un corridor. Plus il avançait, plus il distinguait les éclats de voix de plusieurs personnes. Il s'arrêta à l'arrière d'une porte entrouverte, là d'où provenait les paroles des gens qu'il entendait depuis le début. Il se contenta d'écouter, mais à peine quelques secondes plus tard, les voix se turent presque toutes en même temps.

« Ça ne sert à rien de te cacher, je t'ai vu », lâcha une jeune fille aux longs cheveux noirs bleutés.

Sasuke hésita. Ça ne servait à rien de s'enfuir, ces gens n'étaient sûrement pas des personnes banales. L'une d'entre eux venait de commettre un crime, et une autre l'avait remarqué comme s'il était le dernier incapable du camouflage. Résigné, le brun entra et découvrit quatre personnes dispersées sur deux canapés. La première, et la plus imposante, était une fille et avait les cheveux blonds amassés en deux couettes. Sa poitrine, étant la chose la plus proéminente sur son corps, était immanquable. Un pendentif décorait son cou et le brun de ses yeux mettait en valeur la couleur de sa tignasse. À côté d'elle était assis un garçon aux cheveux bruns ramenés en une seule et unique queue. Son expression faciale donnait l'impression qu'il n'était pas d'humeur à recevoir de la visite. Sur l'autre sofa, il y avait une fille à la chevelure noire et aux reflets bleus. Ses yeux d'une teinte mauve étaient hypnotisants. Elle avait l'air timide et craintive puisqu'elle détournât les yeux lorsque Sasuke la détailla brièvement. Et, la dernière était celle que Sasuke avait suivie jusqu'ici. Il la reconnut. Ses cheveux blonds étaient séparés en quatre couettes et elle avait l'air plutôt fougueuse.

« Toi? s'écria cette dernière.
- Qu'est-ce qui se passe Temari? demanda Tsunade.
- Ce garçon, il m'a vu exécuter la mission que vous m'aviez confiée tout à l'heure ! Mais qu'est-ce que tu fais là? demanda-t-elle à l'égard de Sasuke.
- Je t'ai suivie, qu'est-ce que t'en dis? lui répondit-il avec sarcasme.
- Impossible ! essaya-t-elle de se convaincre. Tsunade-sama, vous savez bien que je m'en serais aperçu.
- Quel manque d'habileté ! se moqua Shikamaru.
- Je t'ai pas sonné, putain ! » répliqua la blonde.

Pendant que ces deux-là se disputaient, Sasuke observa la pièce. Il lut sur un ordinateur dont l'écran de veille était activé l'acronyme : « A.S.E.C. ». Sa signification l'intrigua, il n'avait jamais entendu ça nulle part.

« J'pourrais savoir ce que vous faites ici, dans ce misérable endroit. Vous êtes quoi? Une espèce d'organisation secrète? dit-il au pif.
- Touché, dit la fille à la crinière tirant au violet.
- Hinata, ferme-la ! pesta Temari.
- Qui es-tu jeune homme? l'interrogea Tsunade.
- Sasuke Nakamura, mentit-il parfaitement comme à l'habitude.
- Pourquoi as-tu suivi mon employé jusqu'ici?
- J'sais pas, ça m'as intrigué, ce qu'elle a fait. »

Voyant que personne ne répondait à la question que lui avait posée, Sasuke répéta :

« Vous êtes quoi? Expliquez-moi ce que j'ai vu.
- Si on te le dit, on sera forcer de te tuer si tu viens à nous balançer, lança vicieusement Shikamaru en s'approchant de l'Uchiwa, un sourire collé aux lèvres.
- Nous sommes une organisation dont presque personne ne connait l'existence. ASEC signifie Association Secrète pour l'Extermination des Criminels.
- T'as pas l'air de piger, en gros on tue les tueurs », simplifia Temari pour le ridiculiser.

En fait, Sasuke avait tout pigé, mais il était tétanisé qu'une telle organisation puisse mettre en pratique leurs desseins sans que personne ne s'en soit rendu compte. En plus, il voyait là une occasion en or de se venger de ce que le monde lui avait apporté comme malheurs, de se venger de son frère surtout ...

« Laissez tomber Tsunade-sama, ce gars là nous perçoit comme n'importe quels êtres sans raison qui peuple cette planète. Il doit nous prendre pour des criminels alors que nous faisons régner la justice, fulmina Temari.
- Je veux faire partie des vôtres, riposta Sasuke sans crier gare.
- Pfff, tu crois qu'il suffit de vouloir pour faire partie de l'ASEC, râla le Nara.
- Ce n'est pas un emploi étudiant ici, grogna Tsunade. Il ne suffit pas de demander pour intégrer, c'est nous qui recrutons nos membres. L'ASEC n'est pas un simple travail pour les personnes que tu vois ici et pour tous les autres, c'est une raison d'exister, de se sentir en vie. Tu ne connais aucunement nos motivations.
- Alors y'en a d'autres?
- Bien évidemment qu'il y'en a d'autres. On n'est pas une bande de quatre abrutis à tuer quand bon nous semble. On est plein de professionnels dans le domaine. Y'a pas photo, c'est l'expérience qui nous a rendu si compétents, maugréa Temari.
- En ce qui te concerne, on reparlera de compétences une autre fois vu ce qui s'est passé ce soir, tu t'es fais suivre comme une amatrice, la nargua Shikamaru.
- Tais-toi, espèce de débile.
- Suffit vous deux, écoute mon garçon, pars d'ici, il se fait tard. Et pour ce que tu viens d'entendre, oublie-le », lui ordonna Tsunade.

Sasuke obtempéra et sortit de l'immeuble. La pluie avait cessé à l'extérieur, ce qui allait rendre sa marche d'autant plus agréable. Il avait décidé d'écouter cette Tsunade lorsqu'elle lui avait conseillé de partir chez lui. En ce qui concernait le fait d'oublier, c'était tout à fait hors de question. Voilà enfin que se présentait à lui l'occasion de riposter et d'éliminer les enfoirés qui peuplaient cette Terre. Il avait toujours su que c'était la vengeance qui le maintenait en vie, mais cette organisation, c'était comme ça qu'il se sentirait vivre. Tsunade l'avait très bien décrit. Pour Sasuke, tout commençait aujourd'hui ...

[…]

« Bien fait pour lui ! grommela Shikamaru.
- Oui pour une fois je suis d'accord avec toi, ce Sasuke Nakamura ne savait pas du tout de quoi il parlait et dans quoi il voulait s'embarquer, approuva Temari.
- Vous n'avez rien compris crétins ! dit Tsunade, démoralisée par les deux adolescents.
- Moi aussi je l'ai vue, déclara Hinata.
- De quoi tu parles? lâcha Temari.
- De cette étincelle qui brille dans ses yeux, ce qui le distingue lui comme nous tous du reste de la population. Ses yeux crient vengeance et ne laissent transparaître aucune pitié, répondit-elle.
- Ce Sasuke fera probablement partie de l'ASEC tôt ou tard, tout dépendant de si il assure ou non à son évaluation.
- Êtes-vous sérieuse ! dit Temari, n'en revenant tout simplement pas. Vous voulez de ce garçon taciturne, ironique et quasiment détestable?
- Oh que oui ...
- Et ça sera quoi son évaluation à lui, test physique, mental ... ? demanda Hinata.
- Je pensais plutôt à un test surprise », dit-elle un sourire mauvais au visage.

Ses trois subordonnés écarquillèrent les yeux de surprise. Jamais leur chef n'avait utilisé ce moyen aussi impulsif et direct avec eux pour que quelqu'un puisse prouver ses capacités. Shikamaru et Temari comprirent alors que Tsunade attendait beaucoup de ce Sasuke, qu'ils avaient sous-estimé un peu plus tôt.

« Préparez moi tout ça, on passe à l'action dans huit jours exactement, je vous laisse planifier tout de A à Z, leur dit Tsunade. Je ne crois pas que Sasuke insiste encore avant quelques semaines, mais je suis sûre qu'il ne lâchera pas l'affaire tout de même, c'est pourquoi son test aura lieu dans huit jours. »