Avertissement : Ce chapitre contient des scènes explicites. Je rappelle que cette fic ne s'adresse pas aux moins de 18 ans


La Position du chat mouillé

Chapitre 2b


Quand Lucius pénétra dans les locaux du Ministère, il eut de la peine à reconnaître les lieux. Toute la décoration avait soigneusement changé. La sculpture de la fontaine avait été, une fois de plus, modifiée et reflétait la nouvelle politique gouvernementale : toutes les créatures magiques étaient représentées à même échelle et se tenaient sur le même socle. Ils étaient tous à égalité. Lucius étouffa de justesse un rire ironique quand il reconnut, au centre de la troupe, la représentation d'un moldu en habit du dimanche.

Il dut passer plusieurs contrôles, resta un long moment prisonnier d'un poste de sécurité le temps pour l'officier de vérifier son rendez-vous avec le Ministre et dut demander plusieurs fois son chemin avant d'arriver devant la porte de Robards. Une secrétaire filtrait les arrivées en confirmant les identités d'un coup de baguette. Lucius reçu son sort en pleine poitrine, sentit un picotement lui chatouiller le bout des doigts et entendit une voix invisible confirmer : « Nom : Malefoy, Lucius. Profession : Politicien déchu. Statut : ancien Mangemort. Rendez-vous : 17 heures ». Rassurée, la secrétaire lui pria de prendre place sur l'un des fauteuils en face d'elle.

Les minutes passèrent sans que Robards n'apparut. La secrétaire commença à ranger ses affaires et Lucius s'inquiéta de ne pas avoir été reçu à l'heure indiquée. La jeune femme essaya de le rassurer en précisant que le Ministre était très occupé et prenait souvent du retard. Elle partit en laissant Lucius seul.

Il commençait à croire à une mauvaise plaisanterie quand la porte s'ouvrit d'elle-même. Il se leva et entra précautionneusement. Derrière l'énorme bureau de bois massif, la tête de Gawain Robards émergeait d'une pile impressionnante de parchemins. Des plumes enchantées prenaient des notes sur des carnets qui flottaient autour de lui. Lucius reconnut la technique de Rita Skeeter.

« Monsieur le Minsitre...

- M. Malefoy, je suis à vous dans une minute. Prenez place », dit-il en désignant les quelques fauteuils qui faisaient face à la cheminée.

Après un temps, le Ministre sortit de ses paperasses et se leva pour rejoindre Lucius. Il étira son grand corps athlétique pour chasser toutes les tensions de la journée.

« Vous savez, commença-t-il en réponse au regard de Lucius, j'étais un grand sportif avant de prendre la tête du Ministère. Mon métier d'Auror me permettait d'être toujours en mouvement. Cette sédentarité soudaine est difficile à supporter pour un homme d'action comme moi ».

Lucius répondit poliment, acceptant le verre de whisky Pur Feu que le Ministre lui servait en parlant. Il était étonné de la familiarité avec laquelle Robards s'adressait à lui, comme s'il parlait à un vieil ami. Il resta muet en attendant la suite. Robards sirota son verre dans le silence puis changea radicalement de conversation.

« Je ne vais pas tourner autour du pot, M. Malefoy. J'attends de vous quelque chose de précis ». Lucius fut soulagé de l'entendre enfin aborder le sujet. Il devenait impatient.

« Tout le monde sait que vous êtes très doué pour séduire les gens et les mettre dans votre poche, si vous me passez l'expression.

- Je suis un homme politique, M. Robards.

- Appelez-moi Gawain, s'il vous plaît.

- Seulement si vous me faites l'honneur de m'appeler Lucius. »

Le Ministre éclata d'un rire gai et franc. Il savourait manifestement le savoir-vivre de Lucius.

« Lucius... Je ne vous cacherez pas que certains dirigeants du Ministère veulent votre tête.

- Je ne suis pas étonné, en effet.

- Si vous n'êtes pas enfermé à Azkaban, ça ne tient qu'à moi.

- Et vous avez, pour cela, toute ma gratitude et mon dévouement.

- Oui... justement... Vous pensez bien que ma générosité n'est pas tout à fait gratuite ».

Gawain esquissa un sourire que Lucius n'arriva pas à déchiffrer. Il était autant l'expression de la bienveillance que de la malice.

« Demandez-moi ce que vous voulez, poursuivit Lucius, conscient qu'il n'y avait pas d'autre issue.

- J'aimerais compter sur vous pour me divertir. Comme je vous le disais, mes journées sont longues et éreintantes. Je ne serais pas contre l'idée de faire un peu... d'exercice ».

Lucius sentit son estomac se nouer. Il avait redouté cet instant depuis le début. Le voilà maintenant confronté à ses craintes. Il pouvait encore refuser et partir en abandonnant ses projets pour le nom des Malefoy et l'avenir de Drago. Il prit le parti inverse, se résigna et accepta son châtiment.

Prenant son silence pour un acquiescement, Robards continua : « Peut-être pourriez-vous commencer dès ce soir ? », dit-il en écartant les jambes de manière suggestive. Lucius termina son verre, le reposa sur la table basse et ferma les yeux pour entrer dans son rôle. Il repensa à tous ces jeux de domination et de soumission qu'il avait testé lors des négociations politiques. La situation n'était guère différente. Les arguments, cette fois-ci, seraient physiques. Il se laissa glisser de son fauteuil, tomba à genoux et s'approcha des jambes offertes de Robards. « Ôtez votre manteau, vous serez plus à l'aise ». Lucius s'exécuta, prenant un certain plaisir à obéir sans discuter, comme s'il peaufinait les détails de sa prestation. Ses mains remontèrent le long des cuisses du Ministre qui ne lâchait pas son verre et continuait à boire distraitement. De sa main libre, il vint caresser les cheveux soyeux de Lucius. Ce-dernier fut rassuré de constater qu'il n'y avait pas d'hostilité dans son geste. Lucius répugnait les rapports trop violents. Invité par la main derrière sa nuque, il posa la bouche sur le pantalon de Gawain, au niveau de son entre-jambe. Lucius pouvait sentir le sexe se durcir sous la fabrique du vêtement. Il suivit des lèvres la forme naissante. Il pinçait doucement la chair, mouillant de sa langue le tissu. Gawain commençait à gigoter d'excitation.

« Cessez de jouer, Lucius, et prenez-moi dans votre bouche ». Lucius obéit. Il ouvrit docilement la braguette et passa ses doigts sous l'élastique du sous-vêtement pour en sortir le sexe en érection. Lui-même se sentait durcir et il aurait voulu se masturber. Mais il n'osa pas arrêter ses caresses. Il se mit à donner de petits coups de langue sur le prépuce et sur ses propres doigts. Lubrifiés par la salive, ils pouvaient maintenant glisser sur toute la longueur, venir titiller les testicules et remonter. Gawain se tordait de plaisir, voulant entrer dans cette bouche luisante et se frotter à cette langue tentatrice. Il cambrait le bassin pour essayer de le pénétrer, mais Lucius le repoussait gentiment d'une main pendant qu'il continuait ses assauts de l'autre. Sentant que le Ministre était sur le point de craquer, Lucius engloutit son sexe et se mit à sucer. Il ferma les yeux et s'imagina en train de satisfaire Severus et de trouver le bon rythme. Severus aimait être emmené lentement vers l'orgasme et laissait faire son amant jusqu'au bout, refusant de lui imposer un autre rythme que le sien.

Lucius fut surpris de sentir la main de Gawain se refermer sur sa nuque et lui dicter la cadence. Il eut un moment de réticence et voulut se dégager, mais la poigne du Ministre était trop forte et lui fit abandonner toute résistance. La main gauche de Lucius trouva, malgré elle, le chemin de sa ceinture. Il glissa ses doigts dans son pantalon et se masturba le plus discrètement possible.

Le sperme de Gawain jaillit dans un spasme de plaisir. Après avoir avalé, Lucius se recula pour reprendre son souffle. Le rire de l'autre homme le tira de sa torpeur : « Vous étiez en train de vous branler ? ». Lucius sortit précipitamment sa main de son pantalon, honteux. « Non, non, n'arrêtez pas. Au contraire, faites-moi voir ». Gawain se cala confortablement dans son fauteuil et reprit un gorgée de whisky. Lucius recula légèrement pour venir s'asseoir sur la table basse. Il défit sa ceinture, ouvrit son pantalon et s'exposa, jambes écartées, sexe dressé, au regard de Gawain. Il était déjà sur le point de jouir quand il avait été interrompu par l'orgasme du Ministre. Il ne lui fallut que quelques mouvements pour atteindre de nouveau l'extase. Dans un souffle rauque, il jouit entre ses doigts et resta pantelant, légèrement penché en arrière, sentant le regard de Gawain posé impudiquement sur lui.

« Je ne pensais pas que vous alliez être aussi docile, Lucius. Je suis ravi de notre petit arrangement. Il se peut que je fasse appel à vos services pour d'autres situations. Disons, par exemple, pour des petits cadeaux entre diplomates. Vos dons en matière de relation me seront certainement très précieux ».

Lucius serra la main que lui tendait le Ministre et sortit du bureau avec autant de calme que s'il concluait une discussion entre gentlemen. Le goût du sperme dans sa bouche disparaissait derrière les gorgées d'alcool que lui avait offert Gawain avant de partir. Malgré la moiteur de son sexe et ses lèvres légèrement enflées, Lucius se sentait presque satisfait. Il avait le sentiment du devoir accompli. Ses années sous les ordres de Voldemort allaient pouvoir être rachetées et Drago aurait peut-être la possibilité de se soustraire à la malédiction qui pesait sur le nom des Malefoy.