Avertissement : Comme d'hab', scènes R-18 en perspective.
La Position du chat mouillé
Chapitre 4
Drago se dirigea vers l'estrade et accepta son diplôme d'une main tremblante. Lucius maudit silencieusement l'hésitation de son fils. Depuis la fin de la guerre, il se comportait comme un chaton apeuré et frissonnait d'effroi à chaque fois qu'on le félicitait. Avait-il encore peur des représailles ou s'attendait-il à recevoir le bâton pour ses actes passés ? Quand comprendrait-il que l'influence de son père restaurait peu à peu leur respectable position et que personne n'oserait plus se venger sur le fils Malefoy ? Lucius prit note de réitérer ses discours afin de rétablir la fierté dans l'âme meurtrie de son enfant. En attendant, il applaudit chaudement avec le reste de l'assemblée et se précipita vers Drago à la fin de la cérémonie pour le féliciter.
C'était la première fois que Lucius assistait à un événement public depuis l'enterrement de Severus. Il se réjouissait de constater tous les changements qui s'étaient opérés en quelques années. Il imaginait, d'abord, le bonheur de Severus, qui, de là où il était, ne devait pas manquer d'assister aux récompenses. Drago était, à n'en pas douter, le digne héritier du maître de Potions. Lucius remarquait, ensuite, la déférence avec laquelle on l'accueillait. Les regards dégoûtés avaient laissé place aux sourires discrets. Même si certains gardaient des réticences et critiquaient en coulisse son retour dans la société, le respect que lui témoignait le directeur de la faculté réduisait les médisances au silence. M. Goldwin s'avança au même moment vers eux.
« M. Malefoy, commença-t-il en prenant les mains de Lucius dans les siennes. Quel plaisir ! Vous pouvez être fier de votre fils. Il ne cesse de récolter les prix de Potions. Mes professeurs ne tarissent pas d'éloges à son propos ». Lucius passa un bras autour du cou de Drago et le serra contre lui affectueusement. Drago se sentit rougir sous l'effet double des paroles du directeur et de la fierté de son père.
« Il a tout pour faire une grande carrière, continua M. Goldwin en posant ses regards sur le jeune homme. Il pourrait même suivre votre exemple... ». En entendant ces mots, Lucius accentua son étreinte et rapprocha Drago de lui dans un geste protecteur. Le regard du directeur lui paraissait lubrique et dangereux.
« J'ai d'autres projets pour mon fils, Monsieur, parce que je n'ai pas toujours une position très enviable ». Lucius parlait d'un ton menaçant, insistant sur chaque mot pour que le directeur comprenne bien ses sous-entendus. Goldwin recula, reconnaissant instinctivement le danger. Il retrouva le sourire après un moment d'égarement.
« Bien entendu, M. Malefoy. Votre fils suivra la voie qui lui convient », conclut-il en inclinant la tête pour montrer qu'il ne voulait aucun mal à Drago et que leur hostilité n'était qu'un malentendu. Sentant l'atmosphère se détendre, il osa proposer à Lucius d'aller dans son bureau pour parler de l'avenir de Drago. Lucius accepta. Drago n'objecta pas. Savoir qu'ils allaient parler de lui sans sa présence ne semblait pas le déranger. Il était distrait. À l'autre bout de la salle de réception, Harry Potter venait de faire son entrée pour féliciter Hermione Granger.
OoOoOo
De retour au Ministère, Lucius s'affala dans l'un des fauteuils du bureau de Gawain. Il était épuisé et aurait voulu rentrer directement chez lui après la cérémonie des diplômes. Mais le directeur de l'université lui avait confié – entre deux ébats – une lettre à remettre au Ministre. Lucius se servit un copieux verre de whisky Pur Feu et, d'un coup de baguette, y ajouta cinq ou six glaçons. Il les regarda fondre en les faisant tourner et s'entrechoquer en attendant que Gawain finisse son entretien avec un quelconque collègue européen. Il était penché sur son feu et sa tête disparaissait dans les flammes. Lucius sourit en regardant la position à quatre pattes du Ministre et se mit à détailler son postérieur. Il passa la langue sur ses lèvres et but une gorgée avant de reprendre sa contemplation. Excité par les attouchements de Goldwin, qui ne l'avaient pas vraiment satisfait, il eut envie de prendre sa revanche avec le Ministre.
Il s'approcha de lui et se mit à lui caresser les fesses. Ce geste tira brusquement Gawain des flammes. Il protesta, expliquant qu'il n'en avait plus que pour quelques minutes. Lucius pouvait attendre la fin de la conversation. Mais Lucius ne voulait pas attendre. Il glissa sa main entre les cuisses de Gawain et lui attrapa le sexe. Gawain s'extirpa une fois de plus des flammes, rouge de colère et d'excitation. Il intima à Lucius l'ordre de se calmer et de le laisser finir son entretien.
Leur jeu dura un moment. À chaque fois que Robards plongeait la tête dans le feu, Lucius en profitait pour reprendre ses explorations. À bout de patience, le Ministre dut abréger son entrevue. Il se remit lentement debout, contrarié, lançant vers Lucius des yeux noirs.
« Je ne tolère pas ce genre d'attitude, Lucius. Vous savez que je vous interdis d'empiéter sur mes heures de travail ». Lucius fit semblant de détourner le regard en signe de soumission, mais il gardait un œil sur la bosse suggestive que faisait le sexe de Gawain dans son pantalon.
« Je vous demande pardon, Gawain. Mais M. Goldwin a été un peu brusque avec moi et j'espérais pouvoir chasser ce souvenir avec vous ». Lucius observa avec satisfaction les sourcils de Gawain se froncer immédiatement. L'inquiétude se lisait trop facilement sur son visage.
« Je vous ai déjà dit de cesser toutes relations avec lui, Lucius. Vous avez obtenu ce que vous vouliez pour votre fils. Vous n'avez aucun raison d'y retourner.
- Mais il voulait me donner une lettre pour vous. J'étais obligé d'accepter ses avances si je voulais vous la ramener, mentit Lucius.
- Je ne veux pas que vous vous sacrifiez pour moi. Je vous ordonne de ne plus traiter avec ce monsieur. Désormais, j'enverrai un autre de mes employés chercher son courrier ».
Lucius garda prudemment le silence, feignant la modestie. Le voilà débarrassé d'un amant qu'il ne pouvait pas congédier de lui-même sans mettre Drago en danger. L'intervention du Ministre était un moyen efficace de rappeler à Goldwin sous quel giron Lucius se réfugiait. Gawain se perdit un instant dans ses fulminations. Il maugréait en faisant des aller-retours furieux entre son bureau et la cheminée. Lucius dut l'interrompre avant que son érection ne disparaisse entièrement. Il lui saisit le bras et l'attira vers lui. Gawain tomba en avant. Leurs bouches se heurtèrent un peu violemment avant de s'unir dans un baiser. « Ne vous énervez pas, Gawain et faites-moi oublier ce mauvais coucheur ».
Le Ministre s'assit sur les genoux de Lucius et résuma leur embrassade. D'une main habile, il se mit à défaire les boutons de la chemise de Lucius et explora son torse du bout des doigts. Pendant ce temps, Lucius entretenait, par des caresses, l'érection de Gawain. Il sentit une main passer sous sa ceinture et soupira de plaisir en écartant les cuisses pour permettre au Ministre de mieux saisir son sexe durci. Gawain le déshabilla et le masturba longuement. Lucius n'avait pas envie de bouger. Il poussa gentiment Gawain hors de ses genoux et lui fit signe de se mettre à terre. Gawain s'exécuta. Il mit cette attitude autoritaire sur le compte de la mauvaise expérience avec le directeur de l'université et redoubla d'effort pour faire disparaître le souvenir de la mémoire de Lucius.
Lucius pencha la tête en arrière, se livrant complètement aux sensations douces des lèvres sur son sexe. La bouche de Gawain se refermait sur son membre et l'entourait d'une tiédeur humide. Lucius passa une main dans les cheveux grisonnants de son partenaire et s'enfonça un peu plus profondément dans la cavité duveteuse de sa bouche. Gawain fit courir sa langue le long du sexe et recula. Lucius le fit revenir en avant, poussant ses reins jusqu'à ce que Gawain sente la peau de son ventre sous son nez. Sa langue se colla au sexe de Lucius qui frémissait sous les cajoleries.
D'un mouvement bref du bassin, Lucius sortit et interrompit la fellation. Il se leva et Gawain, éberlué par le changement abrupte de position, se laissa culbuter en arrière sans dire un mot. Il autorisa Lucius à desserrer sa ceinture et enlever son pantalon, à plaquer son sexe luisant contre la raie de ses fesses et se frotter à lui pour l'exciter. Son buste reposait sur les jambes levées de Gawain et il faisait de petits mouvements sans le pénétrer. Il chercha à tâtons une de leur baguette et murmura un sort de lubrification avant d'enfoncer un de ces doigts dans le trou offert par les cuisses écartées de Gawain. Lucius agissait avec dextérité et le Ministre réalisa, peut-être pour la première fois, à quel point il était expérimenté. Il ressentit un pincement au cœur en pensant qu'il était le responsable de cette maîtrise quasi-professionnelle.
Lucius ne le regardait pas. Il était concentré sur le rythme de ses doigts qui entraient et sortaient de plus en plus rapidement. Quand il entendit Gawain gémir sans pouvoir se retenir, il comprit qu'il avait touché son point sensible et renfonça une dernière fois ses doigts avant de laisser la place à son sexe. Lucius ferma les yeux pour mieux apprécier la pénétration. La chair délicate et lubrifiée de Gawain l'enserrait dans un étau savoureux. Il commença à bouger doucement, se fiant aux cris de Gawain pour gérer ses mouvements. L'excitation finit par lui faire perdre patience et il pénétra avec plus de violence. Le gémissement aiguë de Gawain lui indiqua qu'il pouvait continuer avec la même puissance. Son plaisir était à portée de main. Il se mit à penser à Severus pour garantir sa jouissance. Le visage de son amant lui apparut comme par reflex, précis et animé. Lucius le voyait en train de le branler et de serrer son sexe dans l'étreinte chaude de sa main. Il jouit en croyant, l'espace d'une seconde, que Severus l'avait emmené jusqu'à l'orgasme.
