Chers lecteurs,
D'abord merci de suivre cette histoire et de poster des commentaires.
Ensuite, je m'excuse platement d'avoir mis autant de temps pour poster mon dernier chapitre... J'avais d'abord l'idée de développer l'histoire.
Mais la réalité m'a rattrappée, j'ai trouvé un job, j'ai déménagé... J'ai perdu le fil.
Certains commentaires récents m'ont rappelée à l'ordre. A défaut d'avoir écrit une suite, je vous propose donc (pour le moment ?) la fin originelle.
J'avoue avoir de l'affection pour mon personnage soumis et torturé de Lucius. Je n'exclue pas de reprendre la plume.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.
Merci encore.
Et bonne lecture.
Chapitre 6
Pour Lucius, le souvenir était précis et limpide. Il y avait pourtant près de trente ans que la scène avait eu lieu.
C'était un soir de printemps, dans la grande salle du Manoir des Malfoy où, déjà, le Seigneur des Ténèbres réunissait ses troupes. Une jeune recrue leur avait été présentée. Lucius avait immédiatement reconnu Snape avec qui il avait passé une année à Hogwarts. À l'époque, Severus n'était qu'un gamin parmi les autres, tellement content d'être pris à Slytherin qu'il avait trébuché en descendant de l'estrade. Rougissant jusqu'aux oreilles, il avait rejoint sa place en baissant la tête. Comme tout le monde, Lucius avait ri.
Ce soir là, aux côtés des Mangemorts, l'enfant avait laissé place à un jeune adulte au regard féroce et à la détermination aiguisée. Lucius s'était dit que, pour certains, Hogwarts était l'école de la haine. Severus était l'image même du gamin malmené pendant sept ans qui a subitement décidé de prendre sa revanche.
La soirée était banale, presque mondaine. La folie du Seigneur n'apparaissait pas encore au grand jour et, pour la plupart de ses partisans, il s'agissait d'abord d'une guerre d'idées avant d'être une guerre de pouvoir. Lucius s'était approché de Severus, intrigué par la dureté de ses pupilles noires et l'expression torturée de son visage. Il l'avait abordé avec l'attention de le prendre sous son aile. Mais Severus était resté distant et froid, refusant toute forme de sympathie ou de compassion. Lucius avait sourit, encore plus séduit par son attitude hautaine.
Assis dans le fauteuil de son salon, Lucius repensait à cette rencontre avec nostalgie. Depuis son retour de Suède, la tristesse ne le quittait plus. La tendresse subite de Sven dans la chambre – ce moment furtif et incompréhensible – l'avait heurté. Comme un choc frontal avec la réalité, Lucius avait soudain réalisé qu'il était incapable laisser parler ses sentiments. L'absence de Severus lui était apparue dans toute sa cruauté. Son cœur s'émiettait. Pour la première fois, Lucius comprenait à quel point Snape lui manquait à quel point il était désemparé et seul, abandonné à la sécheresse d'un amour assassiné.
Tout était prétexte à lui rappeler la mort de Severus. Le noir d'une cape lui rappelait sa démarche pressée qui faisait voler ses robes autour de ses pieds. La moindre potion lui faisait revoir le laboratoire enfumé où Severus passait des heures à concocter de nouveaux produits (dont certains lui servaient à améliorer ou pimenter leur vie sexuelle). Et Lucius sentait les larmes lui couler sur les joues sans être capable de les arrêter. Il maudissait sa faiblesse mais restait chez lui pour s'adonner à son chagrin. Il semblait le chérir et l'entretenir comme pour se punir d'avoir mis autant de temps à réaliser qu'il avait mal.
Lucius se leva difficilement, ankylosée par ses heures d'inertie. Il se dirigea d'un pas lourd vers sa chambre et s'emmitoufla dans ses draps sans même prendre la peine de se déshabiller. Dans son rêve, il revit l'alcôve où il avait emmené Severus lors de leur premier rendez-vous et plongea dans son souvenir.
Le Manoir regorgeait de pièces dissimulées mais celle-ci avait la préférence de Lucius. Le lit en demi-lune était entièrement caché par des baldaquins de velours grenat. Quelques bougies éclairaient la pièce d'une lumière tamisée et vacillante. Lucius se laissa tomber parmi les coussins noirs, brodés aux emblèmes de la famille Malfoy, et attira Severus à lui. Ils s'embrassèrent longuement, leurs corps tendrement enlacés. C'était la première fois que Lucius prenait un homme pour amant. La personnalité énigmatique de Severus l'avait attiré dès le début et Lucius était tellement las de sa vie de couple et de ses aventures extra-conjugales qu'il était prêt pour de nouvelles expériences. Tout en léchant les lèvres de Severus, il passa sa main sous la ceinture de son pantalon et se mit à lui caresser les fesses. Severus répondit en frottant son bassin contre lui pour éveiller leurs érections. Lucius descendit ses doigts plus profondément et explora la raie des fesses en essayant de se remémorer le sort de lubrification qu'il devait utiliser. Il se délectait d'avance du plaisir qu'il allait prendre en le pénétrant.
Entre deux baisers, ils se déshabillèrent. Lucius découvrait de sa langue la peau blanche de Severus et les moindres secrets de son corps gracile. Ils se mirent debout pour ôter leurs pantalons. Lucius fut le premier à redescendre sur ses genoux et profita de l'inattention de Severus – qui essayait d'enlever son T-shirt – pour prendre son sexe dans la bouche. Il le suça goulûment jusqu'à ce que son partenaire l'éloigne d'un geste de la main et se remette à sa hauteur. Lucius l'enlaça par la taille et s'apprêta à lui enfoncer un doigt quand Severus retint son geste. Tenant fermement son poignet, Severus l'éloigna. Lucius se recula, contrarié.
« Retourne-toi », lui commanda le jeune homme. Lucius secoua la tête en signe de refus. Il essaya de libérer son bras mais la poigne de Severus était trop sûre. « Retourne-toi », répéta-il d'une voix menaçante. Lucius le regarda attentivement, cherchant à déceler dans ses yeux noirs la lueur d'un doute. Il ne vit que la certitude et le désir. Il trembla légèrement et hésita. Il avait encore le choix. Il pouvait sortir de l'alcôve et s'éviter l'humiliation d'être dominé par un homme plus jeune que lui. Ou alors, il pouvait se soumettre et faire confiance... Lucius ne le quittait pas des yeux, sondant, scrutant, hésitant. « Retourne-toi », reprit Severus d'une voix plus douce. Il s'approcha de la bouche de Lucius et l'embrassa jusqu'à lui faire perdre l'équilibre. Puis, il lui fit pivoter le buste et l'obligea à se tourner. Lucius résista un peu mais Severus était beaucoup plus vigoureux et puissant que lui. Il se laissa lentement placer sur le ventre. Severus lui écarta les jambes et resta quelques secondes à apprécier le spectacle que lui offrait son amant enfin soumis.
De fermes, les mains du jeune homme devinrent douces et habiles. Il caressa le dos de Lucius en suivant la courbe de ses omoplates et le sillon de sa colonne. La paume de sa main épousa la forme arrondie des fesses. Petit à petit, à force de douceur, Lucius sentit son corps se détendre et devenir langoureux sous les attouchements. Il se surprit à hausser les reins pour mieux sentir le bout du doigt sur son anus. Severus fouilla dans la poche de son manteau, jeté sans élégance en bas du lit, et attrapa deux petits flacons de potions. Il s'en badigeonna la main avant de plonger un doigt à l'intérieur de Lucius. Ce-dernier s'inquiéta d'abord de ne rien ressentir de plaisant. La sensation était plus bizarre qu'agréable. Severus avait dû favoriser la pénétration avec ses onguents car Lucius n'éprouva aucune douleur à l'insertion du deuxième doigt. Le jeune homme allait de plus en plus profondément. Lucius se tortillait comme s'il cherchait la bonne position. Furtivement, il éprouva un premier frisson qui présageait un plaisir intense mais Severus retira sa main et se positionna pour le pénétrer. Il écarta les fesses de Lucius et prit son pénis dans l'autre main. Il s'enfonça un peu, attendant la réaction de son amant. Lucius serra les dents mais l'encouragea à continuer. Severus le prit avec douceur, poussant ses hanches en avant avec le plus de délicatesse possible, se retirant un peu pour ensuite entrer d'avantage. Lucius sentait la pointe du sexe s'approcher de sa zone sensible. Il poussa un cri de surprise en éprouvant la première vague de plaisir. Un autre coup de rein l'excita tellement qu'il supplia Severus de le branler. Un dernier assaut le fit jouir.
Lucius s'éveilla. Il tenait son sexe dans sa main et son sperme tachait les draps. Il reprit son souffle en revenant lentement à lui. Son rêve était tellement fidèle à la réalité qu'il lui semblait encore entendre la voix rauque de son amant lui dire de se retourner. Après cet épisode, Lucius avait aveuglément suivi ses ordres et l'avait laissé diriger leur relation sans jamais contester son autorité.
Il resta un long moment à réfléchir, enroulé dans ses draps souillés, succombant par moment à son épuisement physique, se réveillant l'instant d'après, plus résolu que jamais. Il devait faire nuit quand il se leva enfin et s'assit à son bureau pour écrire une lettre à son fils et lui expliquer les raisons de son départ imminent pour la Suède.
FIN
