Un nouveau Chapitre désolé pour le retard, les études tout ça…

Bon. Contenu MA cette fois ci. Donc les jeunes, passez votre chemin.

Le Rossignol.

La nuit était tombée depuis bien longtemps sur Telmar. La lune se trouvait presque à son zénith quand Susan songea qu'elle pouvait enfin sortir de sa chambre sans courir le risque de se faire remarquer. Car elle avait faim. A ne pas manger au festin, son estomac désormais criait famine ! Ca lui apprendrait tient ! Elle descendit à pas feutrés le grand escalier de marbre et se glissa dans la salle des banquets. Là, elle se rua sur les mets froids qui, à cet instant, lui semblèrent d'un délice incomparable. Quand la jeune femme fut repue, elle rebroussa chemin. Par hasard, elle coula un regard vers la salle du trône. La porte qui y menait s'était entrouverte et on pouvait voir la lune se refléter sur les dalles froides. Il faut savoir qu'à Narnia, les astres sont bien plus gros que chez nous. Dans notre monde un tel spectacle est merveilleux. Là bas, il est féerique. Susan pénétra dans la pièce très humblement. Elle se dirigea vers la grande fenêtre, juste derrière le trône du roi. Sur l'accoudoir se trouvait un vieil ouvrage qui piqua à vif sa curiosité. Elle l'ouvrit avec précaution et y découvrit l'écriture fine et penchée de Caspian. Bêtement, la jeune fille sourit. Elle feuilleta le livre de ses longues mains délicates et hoqueta de surprise. Là, sur du parchemin, elle consultait sa propre histoire. Et, avide de connaître ce qui avait perduré du règne de sa famille, l'ancienne reine s'adossa au trône et se plongea dans sa lecture.

Cette nuit là, La Douce n'était pas là seule à être insomniaque. Caspian aussi ne trouvait pas le sommeil. Des milliers de questions lui venaient en tête. La peur de ne pas être à la hauteur le taraudait. Il n'avait pas appris à être roi. Personne ne lui avait jamais rien enseigné de la sorte. Son vieux précepteur lui avait montré les étoiles, comment résoudre des calculs mais pas comment être souverain. Il ne pu s'empêcher de penser « si seulement mon père avait vécu, lui au moins aurait su quoi me dire.. » Et pire que tout, le jeune roi se sentait terriblement seul. Il soupira, désabusé. Il y avait tellement de monde autour de lui mais pourtant il se sentait seul. Trop seul.

Pour chercher du réconfort, il se rendit dans la salle du trône, juste au dessous de sa chambre. Quand il voulu y pénétrer, il s'arrêta net.

Son cœur se figea dans sa poitrine. Une apparition devant lui. Un ange. De dos, Susan, en longue robe couleur de nuit, parsemée d'étoiles d'argent. La clarté blafarde de la lune illuminait sa peau exsangue. Ses cheveux étaient rehaussés d'éclat grâce à un diadème d'argent. Elle affichait un regard paradoxalement sévère et attendrit. La jeune fille parut soupirer d'aise et laissa sa lecture. Doucement, elle passa sa main fine sur l'ébène du trône, en souriant mélancoliquement en songeant à Caspian. A l'homme qu'il était. A l'homme qu'elle aimait.

-« C'est juste un homme tout simplement, ni roi, ni prince mais différent. Un homme seulement fatigué d'avoir douté, d'avoir lutté... Un homme simple et juste que j'ai vu défendre à mains nues les droits, les biens, les hommes qui pleurent en écoutant que son cœur… »

C'est là que Caspian choisit de se montrer. Il reprit les dernières paroles de la reine.

-« Les droits, les biens, les hommes qui pleurent, en écoutant que son cœur. »

Susan se retourna vivement comme une enfant prise en faute. Elle parut embarrassée. Le roi engagea la conversation :

-« J'étais sur qu'elle vous irait à ravir. »

La reine considéra sa robe sans dire un seul mot. Caspian la lui avait offerte la veille.

-« Je suis heureux que vous la portiez. Ca veut dire qu'elle vous plait.

-Je l'aime bien en effet. » Se contenta de répondre son interlocutrice pour ne pas paraître trop impolie, avec froideur. Puis d'un air de reproche elle questionna :

-« Mais que faites vous ici, au milieu de la nuit ?

-Je pourrai vous renvoyer la pareille. Sauf que moi j'ai le droit de me trouver là à cette heure. Je suis le roi. Et pas vous, ma chère.»

La jeune fille ouvrit la bouche pour lancer une pique acide. Mais rien ne vint. Alors elle se contenta de happer l'air comme un poisson hors de l'eau, furieuse. Ce qu'il pouvait l'exaspérer ! Caspian ne puis se retenir de sourire, amusé. Puis il vit son livre entre les mains de la reine.

-« Vous vous intéressez à mes lectures ?

-La curiosité. » Se contenta t'elle de répondre en lui rendant l'ouvrage avec dédain.

-« A-t-elle été assouvie ?

-En partie mon roi.

-Je ne suis pas roi.

-Ah vraiment? Et cette couronne que j'ai placé sur votre tête cette après midi qu'est ce que c'était ? » Se moqua Susan, acerbe.

-« Ce n'est ni prouvé ni mérité. » répliqua Caspian d'une voix éteinte.

La jeune femme s'irrita :

-« Comment osez-vous ! Ni prouvé si mérité ! C'est la meilleure ! Vous avez défié votre oncle pour ce titre. Vous avez tué pour lui. Des hommes ont offert leur vie pour lui !

-Je ne sais pas si je suis prêt. J'ai peur. Je doute. Je… Comment avez-vous fait, vous ? J'aimerai… j'aimerai qu'on m'explique. Je représente tellement d'espoir pour les Narniens que je crains le moindre faux pas. Je suis déboussolé. Hier je n'étais qu'un prince sans royaume. Aujourd'hui me voilà un puissant monarque. Je suis trop jeune pour tout ça. »

Susan le regardait avec attention. Il semblait perdu. Elle se sentit coupable de s'être énervée. Elle s'assit sur un petit trône un peu en retrait de celui du roi et murmura :

-« Oh, il ne faut pas croire ça. Vous ferez, j'en suis sûre un très grand souverain. Aslan vous a choisi. Il devait y avoir une bonne raison pour ça. Quittez cette mine triste. Je vais tout vous raconter… »

Caspian s'agenouilla auprès de la reine qui commença son conte :

-« Nous n'étions que des enfants à l'époque et nous ne connaissions Narnia que depuis quelques jours… Semaines ? Je ne sais plus mais qu'importe… »

Le jeune homme n'écoutait pas vraiment Susan. Pas le contenu en fait. Juste le son mélodieux de sa voix. Il la contemplait comme on contemple la plus parfaite des œuvres d'art. C'était sa muse. Son paradis et son enfer. Il se sentait capable de tout pour lui plaire. S'il avait montré tant de courage et tant d'ardeur dans la bataille ce n'avait pour but que de l'éblouir. Le roi se percevait comme une immonde limace qui ose lever les yeux sur la plus exquise des roses. Mais il aurait tout donné afin de demeurer ainsi, pour l'éternité, aux pieds de la reine Susan. Les heures passèrent ainsi. Combien, Caspian ne sut jamais. Mais assez longtemps pour qu'il sente des fourmis lui titiller les pieds. Susan avait fait une pause dans son récit. Elle observait la grande salle et souffla :

-« Cette pièce me fait peur, le savez vous ?

-Et pourquoi ?

-Elle me fait penser à un événement malheureux de mon passé, ici, a Narnia.

- Racontez-moi.

-J'étais chez le Tirsoc de Calormen. Son fils m'avait plu lors des joutes organisées pas Peter. Je me trouvais là bas pour le retrouver. Nous nous étions fiancés. »

Caspian blêmit. Il pesta contre lui-même de sa propre bêtise. Bien sûr qu'une reine aussi belle n'avait pas pu rester éternellement célibataire ! Mais le jeune roi n'y avait jamais songé auparavant. Ou plutôt, il se rendit compte qu'il n'avait pas voulu envisager cette possibilité. Pour lui, Susan n'avait pas pu connaître d'hommes avant lui. C'était vraiment une pensée de dément. La reine avait quitté Narnia à l'aube de ses 35 ans. Comment, en si longtemps, n'aurait elle pu aimer ?

« Mais les histoires de lui prêtent pas d'époux ! » pensa t'il, pour se redonner espoir. Mais une autre idée lui vint à 'esprit, ruinant la première « les légendes relatent les grands faits du passé. Ils subliment les héros. Et les héros n'ont jamais une famille pour les encombrer dans leurs pérégrinations. Mais Cor avait bien une épouse… Alors pourquoi Susan n'aurait elle pas pu avoir de seigneur, régnant sans partage sur son cœur ? » De longues minutes s'étaient écoulées désormais dans un silence pesant.. Susan demeurait songeuse. Caspian se rongeait les sangs. Il voulait en avoir le cœur net… D'une voix ou pointait l'angoisse, il demanda :

-« Vous avez été mariée ?

Susan sursauta, comme arrachée à ses pensées. En quelques secondes, elle avait revécue sa nuit de fiancée. Torride. Immonde. Infecte. De la chair pour la chair, parce qu'elle voulait perdre son innocence. Puis, elle éclata de rire devant la mine déconfite du garçon.

-« Avez-vous vu un fantôme, Caspian, pour me dévisager de la sorte ? »

Voyant qu'il ne répondait et qu'il avait la gorge nouée par l'émotion et la crainte tout à la fois, pas elle retrouva son sérieux et répondit :

-«Mariée moi ? Non. Fiancée. Une seule fois. Il y bien longtemps. Une erreur. C'est le prince héritier d'Archeland qui m'a tiré de ce mauvais pas. Edmund aussi. Qu'aurais je fais sans eux ! »

La roi grogna et s'écarta de Susan pour pester tout à son aise. La jeune reine ne s'en aperçut même pas. Elle continua :

-« La salle du trône du Tirsoc ressemblait à la vôtre. Comme pour vous, son grand vizir se trouvait à ses côtés un peu en retrait. »

Caspian se retourna. Posément, il ferma les portes principales de la salle du trône, avant de se contenter de dire, d'une voix détachée :

-« Vous vous méprenez, Susan. Ce n'est pas le trône du vizir.

-Mais de qui donc alors ? » S'étonna sincèrement la jeune fille.

-« Mais de la reine. De ma reine… Mon épouse siègera à l'endroit même ou vous vous trouvez… Quand j'en aurai une bien entendu!"

Le feu aux joues, Susan se redressa vivement. Caspian la regarda, narquois :

-« Pourquoi se relever avec tant de précipitation ma chère ? Ce trône n'est il plus à votre goût, vous qui "couvez" depuis des heures! Il n'a pas changé vous savez.

-Si. Tout à changé… Il est tard. Mieux vaudrait retourner se coucher Messire. » Se contenta de nasiller la jeune fille.

Elle traversa la pièce en quelques enjambées. Mais quand elle voulu sortir, Caspian obstrua l'encadrement de la porte.

-« Laissez-moi passer.

-Susan je ne voulais pas… Je vous jure que… je suis navré si… Pardon. »

La jeune femme se rebiffa. Caspian serrait ses poignets avec force. Elle voulu se dégager. Pour se faire elle lui cracha au visage. Il lui affligea une gifle mémorable.

« Paix Susan. Cessez de vous comporter comme une garce. Vous êtes Reine ! »

Avec fierté elle dévisagea son interlocuteur et toute sa colère s'évanouit d'un seul coup. Il semblait vraiment navré et malheureux de l'avoir fait sortir de ses gonds. Pire, il se sentait responsable de l'avoir blessée. Susan esquissa un sourire. Elle fit glisser sur la joue de Caspian sa main d'écume, traçant des arabesques légères et tendres sur la peau dorée. Elle s'arrêta le long de la maxillaire, à la naissance du cou.

-« Je dois vous laissez maintenant. Ce fut étonnant »

C'était plutôt encourageant. Ces seuls mots galvanisèrent Caspian. Il serra la menotte de la reine et la posa sur son torse, puis demanda d'une petite voix :

-« Restez. Restez encore un peu…

-Qu'est ce que vous avez dit ? »

Susan avait très bien compris mais elle voulait le réentendre. C'était un son délicieux. Le roi se racla la gorge et dit d'une voix plus assurée, rauque et terriblement tentatrice :

-« Je veux que vous restiez avec moi. »

Susan allait répliquer mais quelque chose l'en empêcha. Ce quelque chose, c'était les lèvres de Caspian qui venait de se coller sur les siennes avec maladresse. Ce baiser ne dura pas plus de quelques secondes mais il bouleversa les deux jeunes gens. Pour toujours. Le cerveau de la jeune fille travaillait sur l'attitude à observer. Le roi se rongeait les sangs d'effroi. Et s'il avait mal agi ? Si elle le rejetait ?

Pendant de longs instants, il vit Susan afficher une drôle de mine. Les lèvres entrouvertes, un peu outrée. Il allait s'excuser quand il sentit... Son cœur, à cet instant, rata un battement. La bouche de la jeune fille répondait à l'invitation de la sienne. Mais ce baiser n'avait rien de commun avec le premier. Plus tendre, plus brûlant, plus passionné. Pas ces vagues baisers échangés par les adolescents, non. Un vrai baiser. Mature. Désiré. Désirable.

Susan eut l'impression que son cœur allait exploser dans sa poitrine. Mais elle s'en moquait. Elle était à Caspian. Caspian était à elle. Voilà la vérité. Simple. Evidente. Après la tentative du roi, elle s'était souvenue des paroles qu'Aslan avait proférées quelques heures auparavant :

-« Ecoutes ton cœur avant de lui dire au revoir… »

C'est exactement ce que Susan avait fait. Avec contentement, elle sentit la langue avide de Caspian forcer ses lèvres. Elle lui accorda ce droit, après quelques instants de réticence, pour l'énerver purement et simplement, le laissa fouiller sa bouche. Les souffles se firent plus courts, les mains glissèrent dans le dos, le cou de l'autre. Quand ils rompirent leur baiser, ils restèrent enlacés quelques instants, front contre front, enveloppés du souffle de l'autre, ivres de bonheur. Ce qui leur arrivait semblait le plus merveilleux des cadeaux. Mutine Susan répliqua :

-« Si la proposition tient toujours, je veux bien tuer le temps avec toi… »

Caspian sourit et enfoui sa frimousse dans la gorge de la reine. Elle rejeta son visageen arrière, offrant ainsi plus de peau à embrasser. Le jeune homme la plaqua contre la porte de bois. Puis il y eut un bruit sourd. Susan sut tout de suite ce que c'était. Caspian venait de verrouiller le loquet pour qu'on ne les dérange pas. Faire l'amour dans la salle du trône ? Pourquoi pas. Susan trouvait ça terriblement excitant. Elle, la reine si parfaite le jour, réveillait ce soir ses vieux démons : elle aimait avoir des hommes dans son lit. Elle coula un regard en coin à ce garçon qui ne la quittait pas des yeux. Le jeune roi l'avait magnétisée. Comme dans un rêve il lui avait pris la taille et l'avait soulevée avec précaution. Le cœur de la jeune fille s'était mis à battre à tout rompre dans sa poitrine. Elle vit l'espoir dans les prunelles de son amant. Alors Susan ferma autour de la taille de Caspian ses cuisses ferventes et expérimentées, l'emprisonnant de son étreinte et l'invitant à continuer.

La jeune femme se pencha doucement et baisa les lèvres de son amant. Puis petit à petit, elle glissa le long de son torse. Méticuleusement, elle releva le tissu qui protégeait la peau, et appliqua ses baisers brûlants sur la peau nue. Caspian lui, embrassait son cou, son buste, tout ce qui était à portée de sa main. La reine avait déjà connu des hommes. Beaucoup. Trop. Celui la pourtant était différent. Elle ne faisait pas que le désirer. Elle l'aimait. Caspian les avaient ramené près de son trône, sans qu'aucun des deux ne s'en rende vraiment compte. Il s'y assit, la jeune fille à califourchon devant lui. Avec parcimonie, elle découvrait son corps quelques futiles instants, laissant entrevoir monts et merveilles au jeune monarque. Ainsi il pu observer la beauté d'un petit sein rond et dur comme un pomme à l'automne. Il promena son souffle sur le visage de Susan, jouant à la sentir vibrer de le respirer. Il devinait sans doute, grâce à son savoir d'homme, combien l'attente de ses bras, de ses baisers et de son attribut aiguisaient le trouble délicieux des filles au creux de leurs reins. Avec ferveur, il posa sa paume sur la joue de la jeune reine et elle s'y frotta comme une chatte appelant la caresse.

Caspian allait y répondre mais Susan se déroba. Elle s'écarta quelques secondes et le roi embrassa de l'air. Frustré il grogna :

-« Que fais tu ? Vas-tu me laisser si insatisfait ?

-Je ne suis pas ton objet mon doux seigneur. Je fais ce que je veux. » Grinça la reine. Mais elle savait très bien ou elle allait en venir… Elle le rejoignit et se fit beaucoup plus entreprenante. Elle fit glisser ses lèvres vers le bas ventre de Caspian qui la regardait faire avec un mélange d'horreur et de plaisir. Avec délectation, il sentit les doigts experts dégrafer son pantalon et le faire choir. les mains de sa maîtresse étaient si agiles qu'il lui sembla qu'elle en avait bien plus que deux. Puis une impression étrange. Un va et vient humide. Alors il comprit que ce n'était que les lèvres de Susan, qui lui donnait tant de satisfaction.

Un râle rauque brisa le silence. Les sens de la jeune fille s'électrisèrent. Elle connaissait ça. En effet, à Narnia, dès qu'une fille est fiancée, elle a le droit de partager la couche de son promis. C'est ainsi que Susan avait aimé le fils du Tirsoc, à de nombreuses reprises, et qu'elle y avait appris l'art de l'amour... Caspian la saisit par la taille, l'attira à lui avec passion et fit basculer Susan sur le dos avec violence. Il cueillit son visage à deux mains, emprisonnant le regard de sa maîtresse dans le sien, brûlant de désirs… Les lèvres du garçon s'emparèrent de celles de la reine. Tous les baisers que la jeune fille avait déjà échangés lui apparurent fade, face à cette langue qui caressait des mots que jamais elle ne pourrait lui dire, consumant son amour alanguit d'un feu inconnu.

Désormais, Susan voulait que Caspian se fasse plus entreprenant. D'une toute petite voix, terriblement sensuelle pourtant, elle demanda :

-« Pose tes mains sur moi. Pose-les vraiment. Je suis à toi. Toute entière. Pour toujours. »

Le tourbillon de la bouche gourmande de Caspian dévorait celle de sa compagne, puis son menton, puis son cou. Il releva peu à peu la robe de nuit, puis l'enleva tout à fait, après avoir dénoué avec une grande sensualité les rubans qui la retenaient. Le souffle de Susan s'égara dans un gémissement. La jeune fille guidait les mains de son amant dans les méandres de son corps. Les paumes que le garçon posait sur elle ressemblaient à des ailes de papillon. Il s'empara d'un sein et y déposa ses lèvres avec passion. Il s'attarda sur la gorge palpitante et savourait son insistance à la faire languir, comme elle auparavant.

Par instinct, il se dit qu'il pourrait lui aussi explorer le ventre de sa partenaire et faire naître en elle le même émoi que celui qu'il avait ressentit quelques instants plus tôt. Susan ferma les yeux quand elle sentit la bouche de son amant descendre sur son nombril. Elle ne s'offusqua pas quand elle sentit son souffle chaud entre ses cuisses. Caspian musardait à l'intérieur agrandissant son impatience. Alors elle enserra les tempes du garçon à les broyer et appela la caresse. Elle ne contrôlait plus rien. Le jeune roi s'en rendit compte et esquissa un sourire de général vainqueur. Il avait vu juste. Il avait gagné.

Un sanglot d'abandon et de plaisir noua la gorge de Susan. Ses reins la brûlaient. Une grande chaleur l'inonda toute entière quand elle sentie la langue de Caspian jouer avec la bouche du bas de son corps. La reine sentit une vague de bonheur irradier en elle. Elle cria et fit naître des larmes dans ses yeux et son ventre. La jeune fille se mordit les lèvres. Jamais elle n'avait ressentit cette plénitude. La jeune femme ne pouvait plus désormais se contenter de caresses, elle avait besoin qu'il la possède. Elle attira le jeune homme à elle, qui ne se fit pas prier. Instinctivement ses reins se cambrèrent quand il s'approcha et moula son ventre à ses courbes. Il l'enveloppait et la dominait toute entière. Avec brutalité, celle des soldats face aux putains, il la redressa contre son corps massif, emprisonnant sa poitrine ferme dans ses paumes. Susan en frémit de plaisir. Il commença à l'aimer lui laissant à peine le temps de reprendre son souffle qu'elle ne contrôlait plus, épuisant sa chair d'un plaisir à fleur de peau.

Caspian écarta un peu les cuisses de la reine pour se frayer un chemin vers son intimité. Avec fermeté, il se glissa dans l'écart ainsi fait. Puis il termina le tout d'un violent coup de rein. Susan gémit. Elle avait mal. Elle s'en étonna. Puis elle comprit. En quittant Narnia elle était redevenue une « petite fille ». La même qu'à son départ. En tout point. Elle venait donc de perdre pour la seconde fois sa virginité. Mais la jeune femme n'eut plus le loisir de mener plus loin sa pensée, car Caspian la visitait au plus profond de son ventre. Le roi se sentait heureux. Entre ses bras la femme qu'il aimait de toute son âme. Il était en elle, autour d'elle, sur elle. Leurs corps n'en formait plus qu'un, imbriqués parfaitement. On aurait dit qu'au commencement du monde, ces deux êtres avaient été taillés dans la même roche et qu'enfin ils se réunissaient… Pour ne plus jamais se quitter. Le jeune homme grimaça. Susan venait de planter ses ongles dans son omoplate. Alors qu'il allait les y enlever, la jeune femme l'attira à elle et l'embrassa fougueusement. Puis tous deux perçurent que l'étreinte se terminait. Leurs deux voix se brisèrent alors, à l'unisson.

Susan avait appris avec le corps de Caspian toutes les audaces et elle se sentait épuisée de désir, de plaisir et de tendresse. Elle se lova contre le torse de son amant en ronronnant. Le jeune roi la reçu avec une infinie douceur. Le buste de la reine reposait contre le sien et il remarqua que leurs cœurs battaient au même rythme, avec violence. Les souffles demeuraient courts de s'être tant aimé. Il referma ses bras puissants autour de la taille gracile de sa maîtresse. Un sanglot lui étreignit la gorge. Tout ceci était trop beau. Aimer une femme et en être aimé en retour, c'est la plus magnifique des choses. Pendant longtemps ils restèrent là, sans rien se dire. Ils écoutaient le souffle de l'autre et se gorgeait de son odeur, de sa peau. Caspian rompit le silence en murmurant :

-« Susan… Je crois que je t'aime. Jamais je n'ai ressentit ça. Pour personne. C'est quelque chose de violent qui étreint le cœur. Je suis heureux et malheureux. J'ai froid et j'ai chaud. C'est ainsi qu'on définit l'amour non ?

-Certains te diraient que oui. D'autres que non. C'est à toi d'en décider.

-Alors je veux penser que c'est ça, aimer. »

Susan en fut bouleversé et le jeune homme sentit les larmes de sa maîtresse rouler sur sa peau et ne fit aucune remarque. Il ne pouvait pas. Ils s'endormirent ainsi, le sourire aux lèvres, dans les bras l'un de l'autre.

Des heures plus tard, le vieux professeur Cornelius descendit de sa tour d'astronomie. Il poussa la porte dérobée qui menait au donjon et qui donnait sur la salle du trône. C'est là qu'il les vit. Caspian et Susan. Susan et Caspian. Ils reposaient sur le trône d'ébène et de cornalines, épanouis et impudiques. Le vieillard sourit, attendrit. Son petit protégé semblait avoir trouvé sa voie et sa reine. Et quelle reine ! Une bien belle petite chose que cette fille là. Avec le jour qui se dessinait derrière eux et qui les illuminaient d'une aura irréelle, on aurait cru deux anges. La peau de Susan luisait tel l'ivoire sur le caramel de l'épiderme de Caspian. Le professeur fut tenté de les réveiller, mais il se retint à temps. Qu'aurait il pu donc leur dire ? Il se murmura :

-« Mon vieux quelle sottise allais tu encore commettre ? Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne. Ils sont ailleurs. Bien plus loin que la nuit. Bien plus loin que le jour. Ils n'ont pour eux que l'éblouissante clarté de leur premier amour. »

La sensualité de leur position sauta alors aux yeux de Cornelius. Les deux jeunes gens étaient tout à fait nus, ventre à ventre. Le professeur pu observer la charmante chute de rein de la reine, et le torse musclé de son disciple. D'un tour de magie, il couvrit le bas du dos de la jeune fille de la cape rouge du roi. Puis, affichant un sourire de connivence, il sortit sur la pointe des pieds.

Cornelius venait à peine de refermer la porte que les yeux de Caspian frémirent avant de s'ouvrir. Il avait mal au dos. Il songea que jamais plus il ne pratiquerait ce genre de sport sur un fauteuil. Mais sa douleur s'envola bien vite quand il aperçut ce qui reposait sur son cœur. Le petit matin illuminait la peau satinée de Susan. Elle sommeillait encore, un sourire angélique aux lèvres, à demi nue –la cape couvrait le plus intéressant-, les cheveux ébène en bataille, au creux de ses bras. Il souffla doucement sur le joli minois pour la réveiller. Elle soupira, se retourna, s'avachit un peu plus sur son torse en grimaçant.

-« Aie, ça fait mal... »

Il caressa sa joue et son menton puis s'empara de sa bouche rose.

De son corps immense, il l'enlaça, et l'enfouit sous lui. A nouveaux, ils sombrèrent dans le plaisir. Un plaisir plus opaque que le sommeil. Sous l'émoi de leur étreinte, ils se taisaient. Ils s'aimaient. Ils s'aimaient fort. Très lentement cette fois, l'urgence de se découvrir rassasiée. Caspian chuchote à l'oreille de sa maitresse :

-« Susan...

-Moui ?

-Reste avec moi… Pour toujours… Avec les anciens seigneurs de Miraz, qui malgré leur allégeance à ma personne espèrent voir mon neveu sur le trône et moi mort, nous serons toujours en danger… Mais je t'aimerai… Jusqu'à ce que l'on brûle mon corps et même au-delà…» Lui susurra-t-il, le souffle court, entre deux caresses. La jeune fille était une louve. Elle avait faim de Caspian, de son corps et de ses caresses… Elle avait une voix saccadée et brisée de plaisir, le rouge aux joues.

-« Je ne sais pas. Je crois qu'il va falloir que tu me persuades… » Lui rétorqua t'elle, en minaudant, taquine, féline et coquine, un sourire avide aux lèvres. Et le doux animal au sang chaud se lova contre son amant, ronronnant de bonheur, se dépliant pour mieux jouir de ses frôlements, se lovant à nouveau contre son cœur. Ses boucles noires, si longues et si soyeuses masquaient une partie de son visage. Elle s'offrit au jeune roi avec la somptueuse impudeur de ceux qui n'ont jamais connu la honte. Un sentiment de plénitude envahit le roi et il la serra contre son cœur. Susan quand à elle, coula ses doigts sur les cicatrices que la bataille avait laissée sur le torse de son amant.

Un oiseau pépia au loin, les ramenant à la réalité. Caspian s'alarma :

-« Susan, c'est l'alouette, messagère du matin !

-Non. Non. Ce ne peut pas être l'alouette, il fait encore sombre. Ce n'est que le rossignol, annonciateur de la nuit… » Répondit la jeune fille.

-« Regardes le ciel. Il est rose, orange, mauve. C'est l'aurore. L'oiseau ne peut être qu'une alouette. »

Susan ne voulait pas le quitter. Les deux amants entendirent alors une porte claquer juste au dessus d'eux. Caspian fronça les sourcils :

-« Qui peut bien s'introduire dans ma chambre à cette heure ? »

La voix de Peter, le frère aîné de Susan retentit. Alors les deux jeunes gens se tourmentèrent. Ce fut pire encore quand le roi suprême annonça d'une voix forte qu'il allait voir si le roi ne se trouvait pas dans la salle du trône. La reine enfila en vitesse sa robe de nuit, entreprit de la lacer fébrilement. Caspian lui se rhabilla en toute hâte.

Lorsque Peter pénétra dans la salle du trône ou il fut surpris d'y trouver sa sœur. Son regard passait de l'un à l'autre. Susan avait les cheveux en désordre et sa robe toute froissée. Caspian lui avait le pantalon mal boutonné et la chemise à moitié remise. Quiconque aurait compris. Mais pas Peter. Ou peut être ne voulait il pas comprendre. Personne ne le sut jamais. Il se contenta de dire, vraiment étonné :

« -Je ne pensais pas que tu te montrerais si matinale, Sue. »

Susan ne répondit pas mais elle rougit violemment en piquant du fard. Elle était redevenue la petite fille sage du jour. La femme était morte avec l'aube. Caspian tenta de faire diversion :

-« Que faites vous là, monseigneur ?

-Comment vas-tu ? As-tu bien dormi ? » S'enquit le jeune homme, éludant la question de son interlocuteur.

Mais Peter n'eut jamais de réponse. Aslan venait de les rejoindre et s'avançait vers Susan. Il rompit le silence plein de respect qui s'était instauré à son arrivée.

-« Ma très chère reine, ce qui va se dire n'est pas votre affaire. Mais moi, je voudrais vous parler. Venez… »

La jeune femme ne se fit pas prier. Elle se redressa vivement et émit un hoquet de surprise et de douleur. Les rubans de sa robe venaient de se resserrer avec violence. Le fauve se retourna et lui fit un clin d'œil complice.

Elle gratifia Aslan d'un grand sourire, empli de gratitude. Le Lion, lui, avait tout à fait changé de mine. Il ne lui offrit un regard triste et vide. Susan se demanda ce qui pouvait bien le rendre si morose tout à coup ; et si ce qui venait de se produire entre Caspian et elle n'y était pas pour quelque chose. Elle passa sa main sur le pelage du fauve pour le rassurer et murmura :

-« Quoi qu'il arrive vous ne me perdrez jamais.

-Ce n'est pas de ceci qu'il s'agit. C'est à savoir si tu ne m'as pas perdu moi. »

Alors Susan s'alarma. Ils étaient arrivés devant la porte de ses appartements. Aslan lui fit signe de s'asseoir. Puis il annonça :

-« Nous allons attendre Peter. J'ai quelque chose d'important à vous dire. A tous les deux. » Souligna t'il.

Docile, la jeune fille obéit. Quand à Aslan, il posa sa tête sur les genoux de la reine Susan la Douce.

Dans la salle du trône, Caspian n'écoutait que d'une oreille distraite Peter. Un oiseau pénétra dans la pièce, et le jeune roi rit. Son interlocuteur lui demanda :

-« Est-ce que vous trouvez que ce que je raconte est drôle ?

-Non Roi Suprême. C'est cet oiseau.

-Et bien, ce n'est qu'un oiseau. Un vulgaire volatile qui ne parle pas en plus.

-Certes mais c'est…

-Mais quoi ?» tonna le jeune homme blond.

Il y eut un long silence. Peter aurait juré que l'esprit de Caspian vagabondait. Puis avec une infinie tendresse il l'entendit dire :

« Un Rossignol. »

* *

*