En arrivant au Dark Castle, Bae se détacha de son père et attendit, d'un air absent. Rumple scruta son fils avec inquiétude puis partit pour revenir avec une boite en bois sculpté quelques minutes après. Il n'avait pas une seule fois bouger…

_ « Bae… il est temps. murmura-t-il doucement.

_ Qu'est-ce qui va se passer ? Vais-je avoir mal ? demanda le jeune homme, les bras croisés en regardant son père gravement, la couverture toujours sur lui.

_ Quand je vais remettre ton cœur en place, les souvenirs que tu as eus s'en vont s'imbriquer avec lui. Il se pourrait que tu ressentes en une fois tout ce que tu as pu vivre aujourd'hui.

_ D'accord… » répondit Baelfire, hésitant.

Rumple fit sortir de la boite son cœur et avec un geste de la main, un voile doré s'y installa, formant un bouclier autour.

_ « Que fais-tu ? se demanda son fils.

_ J'installe ce sort dont je t'ai parlé. Il est hors de question que cela se reproduise. Dès que je mettrai ton cœur dans ta poitrine, plus personne ne pourra te l'enlever.

_ Je… Je ne sais pas si je suis prêt. avoua le jeune adolescent en regardant son cœur.

_ Il est hors de question que je te laisse une minute de plus sans ton cœur. Tu m'as donné ta parole Bae. Tu ne peux pas retourner en arrière. Et je sais que quand tu dis ça, tu le respectes.

_ … Très bien… vas-y. » murmura ce dernier, en regardant ailleurs et évitant de fixer le visage de son père pendant le processus.

Rumple ne le fit pas attendre et l'instant d'après, il remit le cœur de son fils en place. Il constata alors la douleur dans les yeux de son enfant, mais ce dernier lui tourna le dos et vint s'appuyer contre une colonne péniblement. Baelfire mit une main sur son cœur et ferma les yeux en ressentant toutes les choses qui avaient pu se produire aujourd'hui. Sa froideur le surprit bien que son rejet avec Emma fut la plus grande souffrance qu'il est pu connaître. Il avait pris de gros risques, il en payait à présent le prix. Les larmes glissèrent d'elles-mêmes. Il avait tout sacrifié… il l'avait fait avant qu'il ne récupère son cœur, car c'était la décision qu'il avait prise pour la protéger. Il savait qu'avec son coeur, il ne l'aurait jamais laissé. Il l'aimait trop, princesse ou non. C'est ce qu'Emma avait essayé de lui dire. S'il avait eu son cœur à cet instant même, il aurait sans doute répondu à ses sentiments et l'aurait embrassé. Baelfire aurait tout fait pour que leur amour fût possible, mais seulement l'ombre de Cora était toujours là ainsi que le fossé concernant leurs deux familles respectives. Son cœur se serra et se sentit brisé, blessé rien qu'en se rappelant la douleur dans les yeux de la personne qu'il aimait depuis si peu de temps. Puis il sentit une autre forme de douleur, plus lancinante et plus désagréable. Il se tint à la colonne… il avait du mal à respirer en se rappelant ses coups de fouet.

_ « Bae… Je… Je dois te soigner. annonça son père, alarmé.

_ Non… je ne veux pas. C'est mon fardeau… je dois me rappeler. s'exclama-t-il, la respiration saccadée.

_ Bae s'il te plaît… Ces marques sur ton dos t'ont vraiment détruit et te lanceront toujours. Ce sera un handicap toute ta vie. C'est ma faute, elle a fait ça pour m'atteindre. Laisse-moi au moins guérir cette zone, en contrepartie, je ne toucherai pas à cette blessure que tu as sur ta joue.» déclara son père, d'un air suppliant.

Baelfire prit une profonde inspiration et tenta de calmer pendant quelques instants ces tourments, se concentrant uniquement sur sa blessure à la joue. Il l'effleura d'une main tristement… c'était un souvenir de sa rencontre avec elle, une blessure de guerre. Un acte de bravoure et de geste désintéressé. Il essuya ses yeux péniblement et se retourna vers son père. Rumple vit alors le regard abattu de son fils se poser sur lui. Il s'approcha de ce dernier et ne sachant quoi dire, il le prit dans ces bras spontanément. Baelfire resta figé et fut quelque peu surpris par cette étreinte, mais il comprit qu'à sa façon, son père voulait le réconforter.

_ « Tu veux bien ? demanda son père, anxieux, en se redressant et le tenant par les épaules.

_ Oui… » finit par capituler son garçon.

Le ténébreux enleva alors délicatement la couverture et regarda de plus près les dégâts. Il pinça ses lèvres d'un air mécontent, probablement très contrarié par le traitement qu'avait reçu son fils. Puis de la paume de sa main, il utilisa sa magie pour effacer du cou jusqu'au bas de son dos toute trace ensanglantée.

_ « Voilà…

_ Merci… Papa. » répondit le jeune homme, ne sentant plus rien dans son dos.

Sur ces mots, il partit et son père tenta de le retenir.

_ « Où… Où vas-tu ?

_ Dans ma chambre… me changer… » rassura-t-il.

Rumple le laissa alors, mais l'inquiétude qu'il éprouvait pour son fils quant à sa relation avec la princesse, ne le quitta pas.

Au royaume de Blanche-Neige – Au même moment

La Reine, son mari, Grincheux et Léo se tenaient devant la porte de la princesse.

_ « Maman ? Pourquoi Emma reste enfermer dans sa chambre ? Il s'est passé quelque chose ? questionna Léo, soucieux.

_ Ta sœur est sur le choc. Mais ça finira par passer… murmura Blanche d'un ton rassurant, en caressant les cheveux de son fils.

_ D'accord. dit-il simplement.

_ Mon chéri, tu veux bien aller faire un tour avec Grincheux ? On vous rejoint après. lança-t-elle en regardant d'un air suppliant son loyal ami.

_ Allez viens bonhomme ! marmonna ce dernier d'un ton quelque peu affectueux.

_ Tu pourrais m'apprendre d'autres blagues? » fit le petit prince en prenant la main du nain et s'éloignant avec lui dans le couloir.

Blanche le remercia avec gratitude d'un signe de tête. Grincheux opina de la tête respectueusement avant de quitter les appartements de la jeune princesse.

_ « Oh David, qu'allons-nous faire ? Elle refuse de nous parler. Elle a juste… confirmé que Rumplestiltskin l'avait bien sauvé des griffes de Cora et après ça plus rien.

_ Je n'ai jamais vu notre fille si triste et si dévastée. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais en l'occurrence Emma nous as caché des choses.

_ J'ai contacté notre ami… J'espère qu'avec lui, elle pourra nouer le dialogue. Je ne supporte pas de la voir malheureuse.

_ Moi non plus, Blanche. Moi non plus. » murmura David en prenant sa femme dans ses bras, inquiet.

Ils restèrent ainsi un moment devant la porte de la chambre de leur fille puis arriva alors Gepetto, Pinocchio ainsi que l'ami en question sur qui tout repose. Jiminy Criquet. Ce dernier était sur l'épaule de Gepetto.

_ « Je suis contente de vous voir. Merci d'être venu Jiminy. annonça la Reine.

_ Vos majestés ! Je vais essayer de lui parler et voir ce qui ne va pas. Mais je ne vous promets rien. soupira le criquet après les avoir salué, songeant au caractère distant d'Emma à l'heure actuelle.

_ Fais de ton mieux. Nous attendons ici. » encouragea Blanche, tenant au passage la main de son époux.

Le criquet acquiesça de la tête. Gepetto lui tendit la main et il monta dessus. Le vieil homme le posa près de l'interstice de la porte puis s'y faufila prudemment.

_ « J'espère qu'il obtiendra une réponse… avoua David, attristé.

_ C'est un bon confident… il m'a beaucoup aidé dans ma jeune époque quand j'ai perdu mes parents. Il a toujours su trouver les bons mots…

_ Si seulement elle nous disait ce qu'elle ressentait… » s'écria-t-elle.

Pinocchio se sentait un peu mal à l'aise. Il avait sa petite idée vu qu'Emma s'était confiée à lui pas plus tard qu'hier. De plus, il travaillait sur un projet. Il voulait reprendre tous les récits de vie marquants de ce pays et il avait découvert des choses intéressantes notamment sur Baelfire. Voilà pourquoi son nom lui avait paru familier hier. Il avait découvert la triste vérité en fouillant à nouveau dans sa documentation ce matin. Il se gratta la tête nerveusement et regarda en arrière. Se demandant s'il ne devait pas partir. Blanche-Neige était pensive puis elle remarqua le comportement étrange de Pinocchio. Ce dernier avait la tête de quelqu'un à qui n'avait pas la conscience tranquille. Il doit savoir quelque chose vu que sa fille et lui sont des amis d'enfance.

_ « Pinocchio ? Tu sais quelque chose de toute cette histoire ? Emma a pu t'en parler, non ? s'enquit-elle.

_ Je… bredouilla quelque peu ce dernier, gêné.

_ Bon sang, fiston… Parle ! lança Gepetto, étonné de l'attitude de son fils.

_ C'est possible oui… avoua alors Pinocchio en passant une main nerveuse dans ses cheveux.

_ Je t'en prie, explique-nous. ajouta David, d'un ton rassurant en lui posant une main sur son épaule.

_ Nous sommes amis. Il lui arrive de se confier à moi et… Je ne sais pas si c'est une bonne idée de trahir sa confiance en vous révélant certaines choses. J'ai beaucoup de respect envers vous, mais également envers elle. Je suis un peu dépassé...

_ On a besoin de savoir. Nous sommes ses parents tout de même. Nous ne pourrons pas la comprendre si elle ne nous dit rien. Alors je t'en prie, aide-nous à comprendre pourquoi elle est ainsi. s'exclama Blanche, en colère.

_ Blanche… Tu n'aides pas beaucoup Pinocchio. temporisa David en la contemplant, mettant ses mains sur ses épaules.

_ Mais je suis sa mère… Je suis inquiète, je n'aime pas la voir comme ça… »

Pinocchio soupira alors et regarda son père ainsi que les parents d'Emma tristement.

_ « Je ne pense pas qu'Emma soit sur le choc parce qu'elle a été retenue prisonnière par Cora. Elle tient à quelqu'un… commença-t-il à dire, d'un air hésitant.

_ Le jeune garçon… le fils du ténébreux. Il doit avoir à peu près le même âge qu'elle, n'est-ce pas ? réalisa David.

_ Oui…

_ Comment cela est possible ? Elle a été retenue prisonnière avec lui que depuis hier par Cora. demanda Blanche, surprise.

_ Euh… non. Ils se sont déjà vus avant. Il y a quelques jours, Emma a fait le mur… enfin pas au sens propre. Elle a pris des vêtements d'une des servantes et les a portés. Elle sortait du château par la porte de service. Elle est allée voir la pluie d'étoiles filantes dont je lui avais parlé quelques jours avant. dit-il, maladroitement.

_ Elle est sortie en cachette ? Mais réalise-t-elle… ? s'énerva quelque peu Charmant.

_ C'est ce que je lui ai dit… Elle m'a assuré qu'il ne lui était rien arrivé. Jusque ce qu'hier, je la vois pleurer dans sa chambre et me parle de… Baelfire. Emma la rencontrait ce soir-là. Elle s'était retrouvée piégé par 3 petites frappes et il est venu à son secours. déclara Pinocchio, soucieux.

_ C'est son prénom ? À ce garçon ? Il l'a sauvé de ces sales types ? demanda David, préoccupé.

_ Oui…

_ Pourquoi pleurait-elle ? questionna Blanche, en pleine confusion.

_ Bon sang… marmonna alors Gepetto.

_ Eh bien… elle a commencé à ressentir des choses pour lui. Elle ne savait pas jusqu'à maintenant si c'était de l'amitié ou non. Mais en faisant le parallèle avec moi, elle a réalisé que c'était bien plus que ça. Elle est tombée amoureuse de lui. Seulement avant-hier ils devaient se retrouver pour assister à la fête au village néanmoins il n'a pas pu venir. Je lui ai alors… suggéré d'y retourner le lendemain pour voir s'il aurait une explication à lui donner.

_ Tu as dit quoi ? » cria David.

Pinocchio allait défendre son cas quand Jiminy apparut à nouveau devant eux. Il semblait abattu. Gepetto le prit et le posa à nouveau sur son épaule, le scrutant d'un air compatissant. David, quant à lui, tenta de se reprendre en vain.

_ « Je suis désolé Charmant, Blanche-Neige… Je n'ai rien plus lui tirer malgré mes vaines tentatives. Tout ce qu'elle m'a dit c'est et je cite : « Ce qui s'est passé, ne leur concernent en rien. Qu'ils me laissent tranquille ! ». Euh… voilà. Mais j'ai pu voir beaucoup de tristesse et de souffrance dans son regard. J'ai cherché une réaction par rapport à Cora et aux autres personnes qui avaient été présente avec elle. Emma a détourné les yeux quand j'ai évoqué le ténébreux et le jeune homme dont vous m'avez parlé par message. Il s'est probablement passé quelque chose entre eux. Notamment le garçon, non ?

_ Effectivement… ma fille a désobéi par-dessus le marché. s'énerva le père d'Emma.

_ Écoutez… tout ce que je sais c'est qu'Emma en avait assez. Elle voulait plus de liberté… enfin bon, tout ça pour dire qu'elle m'a assuré qu'il était quelqu'un de sérieux, d'attentif sachant bien se défendre. reprit Pinocchio.

_ Et la faire pleurer après ? lança David, toujours furieux.

_ Je travaillais sur quelque chose et des sources m'ont confirmé que Baelfire n'était pas comme son père. Il n'a aucune magie et n'est pas comme lui. Emma et lui ne se sont jamais révélés leur identité…

_ En sachant qu'elle était une princesse et lui, le fils du ténébreux, elle en a conclu qu'elle ne pouvait pas l'aimer. C'est bien ça ? constata Blanche, sérieusement.

_ Je pense… Mais connaissant Emma, il était prévu qu'elle sache si ses sentiments étaient partagés avec lui hier soir. J'imagine que ça s'est mal passé. Probablement qu'il la rejetait… soit parce qu'il ne l'aimait pas soit parce qu'il pensait que l'aimer était impossible. Avec cette histoire avec Cora, qui sait ! Il lui a dit des atrocités pour la protéger et ne plus la mettre en danger. Baelfire n'a jamais eu d'amis. Tout le monde l'éviter sauf peut-être une fille du nom de Maureen.

_ Comment sais-tu tout ça ? interrogea Gepetto.

_ Euh… je vous l'ai dit… j'ai plein de documentations sur pas mal de monde dans à peu près toutes les régions du pays. C'est un boulot assez fastidieux. reconnut-il, d'un pauvre sourire.

_ Si cela est vrai alors la jeune princesse a bien une peine de cœur. Je dirais même qu'elle a le cœur brisé. déclara Jiminy tristement.

_ Je voulais qu'elle retrouve le sourire en la voyant si triste. J'ai conscience que ce n'est pas forcément très prudent de l'avoir incité à sortir. Mais voilà, j'assume mes actes. Je comprendrais si…

_ Non ne t'inquiète pas Pinocchio. Elle est revenue saine et sauve c'est l'essentiel. À présent je peux comprendre… murmura Blanche.

_ Qu'allons-nous faire ? questionna David.

_ Rien malheureusement… Il lui faut du temps. Ce sentiment est nouveau pour elle… Souviens-toi au tout début de notre rencontre. Rien n'était rose. On a beaucoup souffert. Seulement, je ne pensais pas un instant que notre fille s'imaginerait qu'on l'interdirait d'aimer qui que ce soit. Après tout, tu n'as aucun sang royal.

_ Vous ne l'avez probablement jamais dit à Emma. objecta Pinocchio.

_ C'est vrai… nous aurions dû, mais même sans ça, je n'arriverais pas à faire confiance au ténébreux ainsi qu'à son fils. » avoua David, d'un ton très sérieux.

Blanche-Neige soupira impuissante vis-à-vis d'Emma concernant cet amour particulier. Personne ne broncha au dernier propos de Charmant et le groupe assemblé finit par partir l'instant d'après. De l'autre côté de la chambre, Emma ne perdit pas une miette de leurs conversations. Elle aurait dû être furieuse auprès de son ami, mais honnêtement sans lui, elle n'aurait jamais su certaines choses pendant leur discussion. Arriverait-elle à l'oublier ? C'est bien ce qu'elle se demandait… Il l'avait repoussé par plusieurs fois que sans fut assez pour elle. Plus jamais elle ne voulait revivre une chose pareille. Même si ces parents ne viennent pas du même rang, le fait que Baelfire n'est pas accepté ses sentiments étaient clair pour elle. Ce qu'avait dit Pinocchio d'ailleurs sur lui et ses éventuels agissements, elle n'y crut plus. Il lui avait bien dit dans le blanc des yeux : « Ne prononce plus jamais ces paroles. Je ne reviendrai jamais. Je ne veux plus te revoir. » Contre la porte, elle entoura ses genoux de ses bras et y posa sa tête, les yeux fermés.

Chez Manny – Quelques heures plus tard…

Quand Baelfire vint la voir. Le cœur de Manny manqua un battement. Son protégé n'était plus que l'ombre de lui-même. Elle vint le prendre dans ses bras et l'invita à rentrer. Le jeune homme finit par lui poser une question, les yeux baissés sur son chocolat chaud que Manny lui avait préparé exprès quelques minutes plus tard.

_ « Savais-tu qu'elle… qu'Emma était la fille de Blanche-Neige ?

_ Non, mon garçon. Nous ne conversons qu'à distance, la Reine et moi. Je savais juste qu'elle avait une fille aînée et un petit garçon. »

Elle l'observa tristement.

_ « Quand j'ai vu Samson revenir tous seul à la maison, je me suis beaucoup inquiétée… grâce au ciel, tu vas bien ainsi que la jeune fille. Une seule question néanmoins demeure : lui as-tu dit ce que tu ressentais ? »

Il la regarda gravement et lui fit un signe négatif de la tête

_ « Pourquoi ? Tu tiens à elle, ça se voit. Je ne comprends pas…

_ Tu m'as dit une chose hier… que je devais faire tout protéger celle que j'aime. C'est ce que j'ai fait même si ce n'est pas la situation que tu pouvais t'imaginer. J'avais déjà pris ma décision. Cela a été facile… je crois que j'ai été assez convaincant pour Emma.

_ Toi ? Ce n'est pas possible… tu es si gentil, si adorable… Tu n'aurais jamais manqué de tact ou volontairement blessé quelqu'un. Le seul avec qui tu pouvais te prendre la tête comme ça en temps normal c'est ton père et encore. remarqua la vieille dame.

_ Je n'avais plus mon cœur Manny alors ce fut assez simple pour moi de lui dire certaines choses. J'étais différent, détaché, insolent et indélicat. Après ce que j'ai dit, crois-moi, elle ne voudra plus jamais me revoir. » avoua-t-il avec un soupir.

Il finit son chocolat et posa la tasse sur la table. C'est alors que Manny frappa sa tête avec un bâton de bois.

_ « Aïe ! s'écria-t-il, quelque peu surpris.

_ Tu n'as aucune cervelle, mon garçon. Je suis très déçue. Je me retiens honnêtement de t'assommer avec. Tu n'as encore rien compris. Tu n'avais pas à décider seul de tout ça. À coup sûr, tu ne lui as même laissé le temps de parler. Cœur ou pas, tu as dû voir ce qu'elle ressentait pour toi. Alors ? » s'enquit la vieille dame, d'un air entendu.

Baelfire revit sa tristesse, ses balbutiements et son étonnement. Il passa une main dans ses cheveux, le regard malheureux.

_ « Oui, elle a essayé de me le dire. Mais je l'ai empêché de le faire. » avoua-t-il prudemment en surveillant le bâton de Manny.

Puis elle tenta un second coup, mais il l'évita de justesse. La vieille dame soupira, contrariée, et reposa son bâton à sa place.

_ « Je ne sais pas quoi dire… Je suis, je suis… répondit-elle, d'un air dépassé.

_ Oui, je sais… Je vivrais en sachant qu'elle m'aime, que je l'aime aussi sans qu'elle n'en sache rien. Je vivrais aussi avec l'idée qu'elle me détestera pour lui avoir fait croire que je ne partageais pas ses sentiments. Si c'est le prix a payé pour ne pas la mettre en danger aussi bien à cause de Cora que de mon père alors je ferais avec.

_ Tu penses que tu l'oublieras après ça ?

_ Je ne pourrais jamais l'oublier. Je n'avais jamais ressenti ça avec quelqu'un, pas même Maureen. Emma m'appréciait pour ce que j'étais, elle se moquait du rang social ou bien de savoir que mon père était le ténébreux. Pour une princesse je n'aurais jamais pensé cela… jusqu'aujourd'hui. De plus, elle a fait naître un nouveau sentiment en moi et m'a donné envie d'y croire. L'amour entre deux personnes que tout oppose peut-il être aussi fort? J'imagine… J'avais peur de ce sentiment avant… maintenant, je sais qu'il n'y a pas forcément besoin de mots pour comprendre ce que l'on ressent pour une personne. J'aime Emma et je pense que je l'aimerais toujours. J'ai cru que je ne pourrais jamais aimer quelqu'un avant, par rapport à mon père et grâce à Emma, je sais que c'est faux.

_ Que vas-tu faire à présent ? questionna Manny, d'un air chagriné.

_ Eh bien continuez ce que j'ai toujours fait avant de la rencontrer. J'ai un test à passer dans quelques mois… Je ne dois pas le manquer. Il faut que je réussisse. J'imagine qu'après je voyagerais un peu, je serais majeur donc j'espère que mon père pourra l'accepter. Je sais que ma vie ne sera pas de tout repos de toute façon avec Cora qui pourrait faire son retour, mais… je serais prudent en tout cas ».déclara Bae, sérieusement.

Manny se redressa alors et vint l'étreindre une deuxième fois, sans rien dire. Le jeune homme eut un faible sourire. Au fond, la vieille dame savait qu'il faisait bonne figure et qu'il essayait d'être brave, mais elle se tut.

_ « Très bien, Baelfire. Si tel est ton choix. » hocha-t-elle gravement de la tête en se redressant.

Trois mois plus tard – Quelque part dans le jardin royal

Une personne était en train de gravir le plus grand arbre qui existait. Cette fois-ci elle irait jusqu'au bout. En atteignant un quart d'heure plus tard la dernière branche en hauteur de l'arbre, un léger sourire apparut sur ses lèvres.

_ « J'ai réussi.» pensa une Emma, vêtue d'un pantalon marron, d'une chemise blanche et d'une veste assortie au bas.

Elle contempla le paysage, le regard brillant. La jeune princesse n'entendit pas les bruits de pas s'approcher de l'arbre où elle était postée. C'était Pinocchio qui venait aux nouvelles. Il aperçut contre l'arbre, la sacoche d'Emma. Cette dernière avait sorti un crayon et une feuille. Il prit le bout de papier et vit différentes colonnes et des tas de ratures. Il y avait de nombreux mots d'écrits tels que : chasse, animaux, marchands, guide, messager. Pour la catégorie « animaux », elle avait mis plusieurs flèches avec de nombreux points d'interrogation : loup ? Chien ? Chouette ? Il fronça des sourcils et lut alors la phrase qui lui sembla être une énigme.

_ « De jour ou de nuit ça ne change rien, ce qui doit être cherché sera trouvé. Son utilité est bénéfique en société.

_ Qu'est-ce que c'est ? » pensa-t-il et sans se rendre compte Emma était descendue discrètement.

Il reposa la feuille et elle lui fit peur. Il fit un bond, la main sur le cœur.

_ « Non, mais ça ne va pas ! s'écria-t-il.

_ Dis le gars qui fouine dans mes affaires. ironisa-t-elle.

_ Je suis désolé mademoiselle, mais c'était là sous mon nez. Si c'était quelque chose que tu voulais me cacher, tu l'aurais rangé. rétorqua-t-il, pince-sans-rire.

_ Je ne pensais pas te voir.

_ Sympa… alors qu'est-ce que c'est ? s'enquit-il, quelque peu curieux.

_ Un passe-temps. Un de mes défis parmi tant d'autres ». lança-t-elle tout en rangeant ses affaires.

Alors c'est là que Pinocchio remarqua sa tenue ainsi qu'un autre sac sur le côté, plutôt volumineux.

_ « Attends… tu fais quoi là ? C'est à qui ses affaires ? Et pourquoi as-tu un gros sac avec toi ?

_ Ces vêtements ? C'est à ma mère, qui lui crut hein ? Pour le reste, ça ne te regarde pas Pinocchio.

_ Emma… je peux comprendre que tu sois réticente à me dire certaines choses depuis… mais si tu pars, les gens finiront par le savoir tu sais, y compris tes parents.

_ Très bien. Je vais partir quelque temps. J'ai besoin de quitter cet endroit, de faire une pause si tu veux. Je me suis beaucoup entraînée depuis des semaines. Je vais aller voir une personne qui pourra m'apprendre à me défendre. Puisqu'on ne veut pas que je le fasse ici. Eh bien, je le ferais ailleurs. décréta-t-elle en mettant sa sacoche contre elle et son sac sur une épaule.

_ Tu vas sortir par où ? demanda son ami, sachant que la porte est à présent surveillée par les gardes.

_ J'ai une cachette, ne t'inquiète pas. Après je vole un cheval. Sur ce, salut !» conclut-elle avec un sourire.

Pinocchio n'eut pas le temps de réagir que son amie avait disparu plus loin, on ne sait où.

_ «Quoi ? Voler un cheval ?» s'exclama-t-il avec un temps de retard, ahuri.

A suivre…