Me voici de retour avec un chapitre très long ^^, de quoi faire plaisir à tous les lecteurs après cette longuuuuuueeeeeee attente. Que dire de celui-ci... je l'aime beaucoup. Il y a une nette évolution et bien évidemment comme toute histoire, la fin est proche. J'espère que vous prendrez plaisir à le lire et à entrer dans l'histoire. Merci d'être fidèle au rendez-vous et surtout, n'hésitez pas à me donner vos impressions :3. Bonne lecture! :D.


_ « Donc... votre père a accepté que vous veniez à cette soirée? » questionna Pinocchio, pour engager la conversation.

Grace était près du buffet avec lui et manger quelques bouchées à la viande. La jeune fille brune acquiesça tandis que le fils de Gepetto lui adressa un sourire amical.

_ « Oui, mais ce n'était pas gagné d'avance ! J'ai dû batailler avec lui. Il revient me chercher dans trois heures ici, soupira-t-elle avec dépit.
_ Vraiment ? Est-il si difficile ?
_ Cela dépend de son humeur… il a tendance à trop me surprotéger. Je crois qu'il veut que je reste une petite fille toute ma vie. »

Ils regardèrent les couples de danseurs pensivement et virent les deux tourtereaux danser.

_ « Je compatis… je ressens un peu cela avec mon père étant donné que… que je suis différent, déclara l'homme de bois.
_ Pantin ou non, ça ne change rien. On a tous besoin de liberté et d'indépendance. Je pense que vous n'avez pas ce problème contrairement à moi. Je vous envie quelque part, admit-elle.
_ Eh bien de mon côté, je comprends un peu votre père. Vous êtes jeune et il ne doit pas spécialement être rassuré de vous savoir loin de lui, répondit-il.
_ Je suis très bien entourée, que voulez-vous qui m'arrive ? » rétorqua-t-elle.

Pinocchio piqua un fard à ce propos et détourna la tête pour observer la piste de danse. Cette Grace avait décidément du caractère. Il tenta de reprendre contenance et scruta par la même occasion, Emma qui dansait à présent avec d'autres invités. Mais où était Bae ? Le fils de Gepetto était sur ces pensées que la jeune fille contempla avec curiosité le collier au cou de son compagnon.

_ « Qu'est-ce qui est représenté sur votre collier ? » demanda Grace, intriguée.

À cette question, il posa ses yeux sur son pendentif. Un petit animal marin sculpté en bois était attaché à un cordon en cuir fin marron.

_ « Une baleine. Un cadeau de mon père quand j'étais enfant, annonça-t-il avec nostalgie.
_ Pourquoi cet animal en particulier ? s'enquit la jeune fille de 15 ans.
_ Parce qu'il fait partie de mon histoire.
_ Vraiment ? Je serais ravie de la connaître. Je… Je ne connaissais même pas votre histoire par rapport à d'autres. Mon père est un peu casanier alors…, avoua-t-elle.
_ Bien sûr… » commença à dire Pinoc' avec un mi-sourire face à l'innocence et l'ignorance de la jolie Grace sur son compte, avant d'être interrompu par quelqu'un.

C'était la mère d'Emma.

_ « Comment allez-vous? questionna la Reine avec un grand sourire.
_ Bien, merci. répondit Pinocchio gentiment.
_ Bien, Votre Altesse. Je dois dire que je ne me suis jamais aussi bien sentie. C'est tellement beau ici et inédit pour moi d'être là, complimenta Grace.
_ Je suis ravie, répondit Blanche-Neige flattée.
_ C'est en l'honneur de vos 19 ans de mariage, c'est vraiment très réussi et marque bien cette occasion. renchérit la fille du Chapelier.
_ Je trouve aussi… Je… Je n'ai pas posé la question tout à l'heure, mais votre père… n'est-il pas un grand créateur de vêtements ? questionna la mère d'Emma, songeuse.
_ Oui, c'est sa passion.
_ C'est ce qui me semblait… En voyant votre adorable tenue, je me souviens avoir déjà acheté une jolie robe dans ce style pour Emma. Il a très bon goût votre père.
_ Oui, il est très doué dans ce domaine.
_ Je pense qu'à l'occasion je referais une commande ou bien je passerais le voir à son atelier. Tu pourras l'en informer pour moi ?
_ Bien sûr, je transmettrai le message. » assura la jeune fille brune aux yeux pétillants de joie.

À ces mots, la Reine s'excusa auprès d'eux puis alla converser avec d'autres invités car telle était son devoir de souveraine.

Quelque part dans un port éloigné, un soir – il y a quatre jours…

Un homme vêtu d'une longue veste en cuir noir à la chevelure et à la barbe ébène apparut comme par magie sur un ponton. Un crochet argenté remplaçait sa main gauche et luisait dans la nuit. Le pirate soupira. Suite aux évènements du marché d'Hamelin, il n'avait pas attendu très longtemps pour faire les démarches et protéger son bien le plus précieux. Le Jolly Roger. Contre une certaine somme d'argent, il put obtenir une potion permettant de rendre invisible son bateau de façon permanente. Il ne lui restait plus qu'à disparaître du radar du crocodile pour être tranquille et n'avoir aucunes représailles venant de lui. Hook laissa Mr Mouche s'occuper du navire, le temps qu'il fasse un tour pour se renseigner sur un quelconque moyen de le rayer de la carte et pouvoir malgré tout arriver à ses fins contre le ténébreux. Il était sur ses pensées en traversant le comté quand quelqu'un le bouscula. Le pirate allait proférer une remarque cinglante au gêneur quand il croisa des yeux si familiers dans un revêtement encapuchonné.

_ « Cora… Quelle surprise ! Moi qui croyais que vous m'aviez oubliée… salua-t-il, d'un ton ironique.
_ J'ai été pas mal préoccupée ces derniers temps mon cher, rétorqua-t-elle.
_ Que me voulez-vous ? Je n'ai pas de temps à perdre… Rumplestiltskin est à ma recherche au moment où nous parlons.
_ Vraiment ? Comme c'est fâcheux, répondit la sorcière, indifférente.
_ N'est-ce pas ? Bon vu que vous êtes peu loquace, je passe mon chemin. J'ai d'autres choses à faire que perdre mon temps avec vous.
_… J'ai trouvé un moyen pour faire disparaître le ténébreux et obtenir à nous deux notre vengeance. Êtes-vous intéressé ? Si vous faites une dernière chose pour moi alors je vous rendrais la pareille.
_ Vraiment ? ironisa le capitaine, sceptique.
_ Oui. Je n'ai qu'une parole, affirma-t-elle.
_ Soit alors… J'aimerais être invisible aux yeux du crocodile. C'est réalisable ? Vous pouvez le faire ?
_ Oui… je peux concocter une potion ce soir. Il suffira de ceci venant de vous. » murmura-t-elle en effleurant d'un doigt le pendentif fétiche de Hook.

Cora releva les yeux vers le pirate.

_ « Je reconnais avoir été ingrate donc ce sera mon cadeau pour m'avoir accompagné et aidé un court moment. Sommes-nous donc d'accord pour ce marché ?
_ Assurément ma chère !
_ Eh bien, suivez-moi mon cher Hook ! J'ai du pain sur la planche et vous aussi ! Ce sera comme un bon vieux temps ! » s'exclama Cora avec un sourire narquois.

Après un haussement de sourcils, Hook la suivit jusqu'à une ferme reculée.

Au royaume de Blanche-Neige – quatre jours plus tard, soir du bal

Baelfire avait cessé de fredonner sa chanson tandis qu'Emma, envahie par une tristesse infinie, déversait ses larmes. La princesse essuya ses joues discrètement suite à cette réaction.

_ « Qu'est-ce que j'ai ? Pourquoi suis-je si dévastée par cette chanson ? » songea-t-elle, perturbée.

Son cœur s'affola en contemplant le dos de cet homme, à la fois familier et étranger. Cela lui arrivait souvent quand elle rêvassait trop longtemps à son sujet. Elle se sentait fébrile, nerveuse, presque… fiévreuse. Le voir quelque jours plus tard et danser avec lui était une chose qu'elle pensait impossible jusqu'à maintenant. À présent, elle se tenait à deux mètres de lui et ne savait pas comment réagir ou attirer son intention. Emma avait attendu ce moment sans vraiment se l'avouer.

_ « Que devrais-je lui dire ? Me trouvera-t-il irrespectueuse de l'épier ainsi à son insu ? » pensa-t-elle, affligée.

Quant à Baelfire, ce dernier avait senti qu'il était espionné finement. Il ferma les yeux et se concentra. Par intuition, il devina que c'était Emma. Une légère odeur fruitée et familière chatouilla ses narines. C'était le parfum de prédilection de sa bien-aimée. Il ouvrit les yeux et repensa à tous les moments qu'ils avaient partagés, en contemplant le ciel étoilé tristement puis il abaissa les yeux. Le futur fauconnier prit une inspiration et se retourna lentement, plaquant un sourire sur ses lèvres.

_ « Vous passez une bonne soirée, Votre Altesse ? » interrogea-t-il.

Le cœur de la jeune femme se serra à ces propos et une bouffée de chaleur la traversa.

_ « Emma. Juste Emma. Pas de « Princesse » ou de « Votre Altesse ». annonça-t-elle tristement en se détachant du pilier et s'avançant vers lui.
_Mais… c'est ce que vous êtes..., répondit-il d'un ton quelque peu distant.
_ Non… Pas pour toi, Baelfire. » déclara-t-elle, en serrant ses mains contre elle et regardant ses pieds.


Belle était toujours installée sur sa chaise, vêtue d'une jolie robe jaune. Elle sirotait un énième verre tout en écoutant distraitement Regina et Robin discuter avec Ruby. Mais d'humeur morose depuis ces quatre derniers jours, elle ne prêta pas longtemps attention à la discussion. En fait, la bibliothécaire était à des lieues d'ici. Elle repensa à cette journée insolite en compagnie du ténébreux, le sauvetage de Baelfire et sa visite à la communauté des fées. Un pauvre sourire s'afficha sur ses lèvres. Belle n'avait pas perdu en témérité vis-à-vis de Rumplestiltskin. Ce dernier avait un sale caractère et dépendait un peu trop de sa magie, mais… mais sous cette apparence non avenante se cachait un homme bon et tendre, aimant énormément son fils. Elle l'avait constaté ce jour-là et elle avait remarqué aussi autre chose… Peut-être que Belle se faisait de trop grandes illusions sur lui face à cette tendresse qu'elle avait lu dans son regard, face à sa sympathie et son intérêt pour elle. Elle s'était dit que peut-être il l'aimait bien par rapport à ce qu'il s'était passé…

*Début flashback – Au Dark Castle, après le diner – il y a quatre jours… *

Il était à peu près 21h. Belle était assise sur un tabouret dans la bibliothèque de ses hôtes et lisait distraitement un récit. Rumple entra et chercha un livre pensivement sur une des étagères. C'est en entendant le bruit des pages tournées que celui-ci sortit de sa rêverie et posa ses yeux sur la source de celui-ci. En voyant la jeune femme brune, son cœur se serra et il eut soudain la bouche sèche. Il fronça les sourcils, contrarié par ce flot d'émotions et ne put s'empêcher de lancer un regard rancunier vers la lectrice assidue. Se sentant étrangement épiée, Belle leva les yeux et rencontra ce regard furieux. La jeune femme écarquilla les yeux, se demandant à quoi pouvait-il penser à la dévisager avec tant de froideur. En réalisant la surprise de Belle à son approche, le ténébreux se sentit honteux. Elle ne lui avait rien fait de mal. Cette femme lui avait juste tenu tête. Belle French n'avait certainement pas conscience qu'autre chose le préoccuper à son sujet.

_ « Désolé, marmonna-t-il à son encontre tout en fuyant ses beaux yeux bleus.
_ D'être en colère après moi ? s'enquit-elle, désireuse de savoir.
_ Je suis préoccupé au sujet des personnes qui s'en prennent en ce moment à mon fils. Quand je suis contrarié, j'en veux à tout le monde. C'est plus fort que moi, éluda Rumple, évasif.
_ Vous êtes donc aussi en colère contre votre fils?
_ Oui mais avec lui c'est différent…, annonça-t-il avec une certaine retenue.
_ Oh… »

Face à ce petit « Oh » sortant de sa bouche, il scruta la bibliothécaire sans comprendre. Que pouvait-elle penser dans sa petite tête? Elle avait repris sa lecture silencieuse alors qu'il restait immobile à deux mètres d'elle, ne sachant que faire. Rumplestiltskin serra l'ouvrage qu'il avait dans la main tout en contemplant la pièce et finit par remarquer que son fils avait laissé la jeune femme ici. Pourquoi ?

_ « Mon fils ne devait pas vous tenir compagnie ? questionna-t-il, en arquant un sourcil.
_ Il est parti s'occuper un peu de son cheval. Il dit l'avoir négligé aujourd'hui… » répondit Belle en quittant son livre des yeux.

Rumple acquiesça en signe d'assentiment. La jeune femme brune mordilla sa lèvre inférieure tout en scrutant cet homme caractériel.

_ « Vous… vous êtes aussi un grand passionné de livre comme votre fils ? Il m'a déclaré que vous aviez toujours souhaité avoir une bibliothèque de cette grandeur, annonça-t-elle timidement.
_ Oui. Enfant, on m'avait bercé de contes en tout genre et j'ai décidé également de partager ses récits avec mon fils quand il était petit. C'est ce que nous avions en commun. Les livres, du moins les histoires et les légendes. De sa mère, il a hérité son talent de portraitiste. Ce lieu est le deuxième endroit où j'aime me recueillir.
_ Quel est le premier lieu ?
_ Une salle où je peux tisser tranquillement, se contenta-t-il de dire, d'un ton sérieux.
_ Vous tissez ? lança-t-elle, à la fois surprise et ébahie.
_ Oui je tisse depuis ma plus tendre enfance. Avant je n'étais qu'un simple berger qui gagnait sa vie en vendant de la laine de mouton, rétorqua-il avec un soupçon de sarcasme envers son invitée.
_ C'est tout à votre honneur. J'aurais mieux apprécié une vie de famille comme la vôtre que la mienne.
_ Nous ne sommes loin d'être une famille idéale, ma chère et je pense que vous avez compris qu'entre mon fils et moi c'est assez compliqué.
_ Bien évidemment, mais… comment vous expliquez… aujourd'hui je préférerai 100 fois être en votre compagnie que voir mon père et son bras droit débarquer à la bibliothèque royale.
_ Tiens donc. Vous fuyez donc bien quelque chose. Et pourquoi ma chère ? Sachant tout ce que vous saviez sur moi.
_ C'est étrange de préférer la présence d'un étranger à celui de sa famille, mais j'ai de bonnes raisons d'agir ainsi… mon père est un roi d'un pays voisin à Enchantia, reprit-elle, hésitante.
_ Oh vous êtes une princesse. Quelle surprise ! Pourquoi n'êtes-vous pas dans votre château auprès de vos sujets comme les Charmants ? interrogea-t-il avec un sourire narquois sur les lèvres.
_ J'ai renoncé. On m'a demandé de faire un choix. Je ne veux pas me marier par convention. Je veux me marier par amour. Je suis donc partie de chez moi i ans à cause de cela. Mon père a voulu me forcer. Je ne l'ai pas accepté. J'ai réussi à m'enfuir au bout de nombreuses tentatives de fugue. Blanche-Neige et son époux m'ont recueilli puis proposé ce travail qui me plaît tant. avoua-t-elle.
_… Et vous voici des années plus tard. Pas de prétendant à l'horizon ? Aucun charmant homme ne s'est intéressé à vous ? » lança-t-il avec un sourire bien à lui.

Non loin d'elle, le ténébreux se cala contre une table en croisant les bras, d'un air imperturbable.

_ « Non. Voyez-vous… je suis une femme trop intelligente pour la gente masculine apparemment… et trop sérieuse. répliqua-t-elle avec ironie.
_ Ce sont des idiots, marmonna Rumplestiltskin en scrutant sérieusement ses chaussures.
_ Qu'avez-vous dit ? demanda Lady French n'ayant pas compris son grommèlement.
_ L'intelligence est une qualité et une meilleure défense aussi. Tout ne réside pas dans la force. Même une femme peut être redoutable. » avoua ce dernier en pensant particulièrement à l'acharnement de Cora.

Belle rougit face aux propos de son hôte.

_ « Merci… je vous remercie sincèrement pour aujourd'hui. déclara la jeune femme avec un sourire adorable.
_ Pourquoi êtes-vous si contente ? Cet après-midi a été horrible, vous avez failli mourir et honnêtement un modeste dîner en compensation ne peut pas illuminer votre journée.
_ Celle-ci était partie pour être une mauvaise journée avant que vous n'arriviez car comme chaque année, à ce jour, je reçois des présents de mon père et de l'homme que je ne veux pas épouser afin de m'attendrir et de me pousser à rentrer. Or votre arrivée m'a permis de partir, de m'évader un peu et qui sait d'éviter de les voir apparaître à mon travail. Ce ne serait pas la première fois... tout pour me miner et gâcher mon anniversaire. souffla-t-elle tristement.
_ Votre… anniversaire…, murmura Rumple, immobile et butant sur cette information.
_ Oui.
_ Vous êtes en train de me dire…
_… Que je passe un meilleur moment en votre compagnie en ce jour que si ça n'avait été avec mon père. » confessa-t-elle avec sincérité.

Le père de Baelfire fronça des sourcils, ayant dû mal à croire les propos de Belle.

_ « Vous craignez plus votre père que moi ? Beaucoup d'autres personnes auraient préféré la compagnie de votre père à la mienne pour un tas de raisons. Soit vous avez perdu l'esprit, soit vous ne manquez pas de courage.
_ J'opte pour la deuxième. Je ne suis pas comme les autres femmes…, murmura Lady French avec un petit sourire mutin.
_ C'est ce que je constate, réalisa Rumple en la fixant pensivement du regard.
_ De plus grâce à vous, j'ai pu enfin vivre une aventure digne de nombreuses histoires. Plutôt que de rester enfermée dans un château et continuer mon travail comme toujours, je voulais aider, agir différemment, faire quelque chose de bien.
_… Votre aide a été précieuse. Vous… »

Le ténébreux allait rajouter quelque chose quand son fils réapparut dans la pièce. Baelfire les scruta avec intérêt et surprise. Son père se redressa et se contenta de saluer la jeune femme.

_ « Dès que vous aurez l'envie de rentrer, faites-le-moi savoir. » répondit Rumple avant de quitter la pièce.

Belle acquiesça et le vit partir avec un livre dans la main. Une heure plus tard, elle retourna au rez-de-chaussée avec le charmant fils du maître de maison. Baelfire alla chercher son père et quand ce dernier arriva, le futur fauconnier la remercia à nouveau chaleureusement et lui souhaita une bonne nuit. Bae prit alors la direction des escaliers pour aller se coucher, étrangement il savait que la jeune femme brune serait bien traitée par son père.

_ « Je peux vous emprunter un cheval ? Quelqu'un vous le ramènera demain, demanda Belle, aimablement.
_ Il est bien trop tard pour que vous fassiez la route toute seule ma chère. Laissez-moi vous ramener de façon plus sûre chez vous.» la contredit le ténébreux calmement.

Le regard bleu azur de la jeune femme le transperça. Elle était loin d'être ravie, mais ne dit rien. Rumple lui en sut gré. Mais avant de la renvoyer chez le couple royal, il fit apparaître dans sa main une rose rouge. Il la lui tendit galamment avec un simple sourire. Belle le contempla avec étonnement avant de prendre la fleur dans sa main.

_ « Elle vient d'une roseraie de mon jardin. C'est en signe de gratitude. informa ce dernier, d'un ton plus radouci et plus tendre soudain.
_ Merci… » souffla-t-elle avant de s'incliner courtoisement devant lui.

Ils échangèrent un sourire complice puis Rumplestiltskin fit un geste de la main. En un battement de paupières, elle était à son lieu de résidence.

*Fin du flashback*

Belle soupira tout en regardant le fond de son verre. Par la suite, elle était venue rendre visite à Baelfire pour l'aider pour le bal, mais c'était aussi une opportunité pour le revoir. Néanmoins, Rumple avait repris un masque d'indifférence. Au dernier jour de visite, elle tenta un rapprochement et lui fit sous-entendre qu'elle pouvait venir accompagnée à ce bal. Cela aurait été une occasion pour que tous les a priori sur lui cessent enfin. Après tout, son fils était fiancé à la princesse Emma. Pourquoi ne pouvait-il pas venir également ? Il savait être sérieux et poli. Mais le maître du Dark Castle resta concentré sur une potion dans son laboratoire. Il prétexta beaucoup de travail et même, lui déclara que ce genre de mondanité ne lui plaisait pas, au grand dam de Belle French. C'est pourquoi elle était d'humeur mélancolique ce soir. Elle s'était attachée à lui… plus qu'elle ne se l'était imaginée. Était-elle amoureuse ?

Au Dark Castle – le soir du bal

Rumplestiltskin attendait de la visite ce soir-là. Il profita de l'absence de son fils pour régler certaines choses. Il avait presque terminé une potion. Il ne lui restait qu'un petit ingrédient à ajouter. Il versa donc la substance sur un morceau de squelette de la main manquante de Hook que Rumple avait mise de côté en prévision d'une situation d'urgence comme celle-ci. C'était la seule chose que le ténébreux avait du pirate. Il était dans la salle principale de son château avec sa potion sur la grande table et une boîte dans laquelle était posée la main cadavérique. Il la sortit d'un air concentré quand soudain il s'arrêta dans son élan. Il fit un geste négligé de sa main libre en l'air et la porte d'entrée s'ouvrit. Une personne était sur le point de toquer à cette ladite porte accompagnée d'un autre voyageur.

_ « Entrez très chers. Nous n'allons pas y passer la soirée ! » lança le ténébreux sarcastique, sentant l'hésitation des deux visiteurs.

Les personnes désignées étaient Jefferson et Victor, ils étaient tous deux habillés chaudement vu la fraicheur de la nuit. Le chapelier prit une mine renfrognée tandis que le docteur passa une main nerveuse dans ses cheveux.

_ « Vous désiriez me voir ? s'enquit Victor Frankenstein tout en s'approchant de Rumple.
_ En effet. Il est temps de payer ta dette. » répondit celui-ci sans appel.

Jefferson suivit le scientifique, les bras croisés contre lui.

_ « Quelle est-elle ? » questionna le docteur gravement.

Victor observa Rumplestiltskin. Ce dernier versait une goutte d'un élixir sur…un petit os humain provenant d'un squelette inconnu. Une aura l'enveloppa et il la mit dans une petite bourse.

_ « Quel sort réservez-vous aux criminels dans votre pays ? Je n'ai pas eu le temps d'explorer longuement votre monde, déclara le père de Baelfire avec une expression sereine.
_ Eh bien… c'est la prison ou la mort, informa Victor d'un ton sérieux.
_ Quelle mort leur est affligée ?
_ Pourquoi cette question ? interrogea le blond aux yeux bleus, fronçant des sourcils.
_ Mon cher, je suis un passionné d'objets anciens et je dois vous avouer que dans ma collection je n'ai jamais eu en ma possession des biens de cet ordre. annonça Rumple d'une voix traînante et amusée.
_ Vous voulez que je vous remette un appareil de mon monde qui sert à ôter la vie ?
_ Que vous êtes intelligent ! » s'exclama-t-il sarcastique.

Le docteur le scruta attentivement, se demandant quelle serait la finalité de tout ça.

_ « C'est donnant-donnant, mon cher. De même, je ne serais pas contre d'avoir un appareil de torture avec ceci. avoua Rumple, méditant sur ce qu'il ferait avec Hook.
_ Vous avez l'intention de l'utiliser sur quelqu'un ? questionna le Chapelier qui n'était pas dupe.
_ Ce ne sont pas vos affaires, rétorqua le ténébreux.
_ Pourquoi utiliser des appareils alors que vous avez votre magie qui peut faire l'affaire ? interrogea Victor, désireux de savoir.
_ Ce serait accorder au prisonnier une mort très rapide. Je ne peux lui donner ce plaisir. Je recherche quelque chose qui le fasse souffrir longuement et qui le tue à petit feu. C'est une méthode que j'aimerais… expérimenter, se contenta de dire Rumplestiltskin.
_ Je vois…
_ Alors ? Avons-nous un accord ?
_ Ma dette sera entièrement effacée ?
_ Totalement. »

Le scientifique fixa Jefferson pensivement avant de hocher de la tête gravement, d'un air néanmoins résigné.

_ « Eh bien, demain vous aurez ce que vous voulez. Feriez-vous vous-même le voyage pour aller récupérer ces appareils ? s'enquit Jefferson d'un ton peu amical.
_ Oui. Cependant, j'aimerais tout de même savoir ce qu'il existe comme appareils de torture et de mort dans votre pays, docteur ! Je crois que vous savez faire des esquisses... Pouvez-vous m'en dessiner quelques-uns ? Que je fasse mon choix, lança Rumple en tournant ses yeux perçants vers le concerné.
_ Comme vous voudrez. » capitula Victor.

Le ténébreux eut un sourire satisfait et fit apparaître une grande feuille ainsi qu'un bâton de charbon. Le docteur Frankenstein commença à tracer des formes qui peu à peu présentèrent un à un les choix qui s'ouvraient à l'intéressé. Quelques minutes plus tard, en voyant toutes les esquisses et possibilités offertes à lui, Rumple ne put que jubiler. Il avait bien l'attention de régler son compte au pirate. Définitivement. Il finit par choisir deux modèles puis les voyageurs quittèrent les lieux.

Au même moment – à la salle de bal

_ « Comme vous venez de Sherwood, j'imagine que vous êtes invités à dormir au château ce soir ? » demanda une femme brune, vêtue d'une robe rouge écarlate.

La petite fille de Granny posait la question à Robin et Regina, invités aussi à cet évènement. Regina avait le petit Henry calait dans ses bras depuis un moment et ce dernier semblait somnoler.

_ « Effectivement. Ce sera une première pour moi de dormir dans un tel palace, acquiesça le chef des joyeux compagnons.
_ Et moi je vais dormir comme un bébé, se contenta de répondre Regina avec un sourire amusé.
_ Ce n'est pas le confort de la maison, mais j'imagine qu'un grand lit spacieux et douillet a de quoi faire rêver. » concéda-t-il.

Rouge et sa grand-mère sourirent face à ces propos.

_ «Cela fait des lustres… bon, excusez-moi, mais Henry se fait de plus en plus lourd dans mes bras. Je vais aller le coucher dans la chambre qu'on a aménagé pour lui » informa la fille de Cora.

Robin se pencha pour embrasser le front de son fils puis caressa d'une main tendre la joue de sa bien-aimée.

_ « Ne te perd pas en chemin. prévint-il, d'un ton moqueur.
_ De nous deux, la personne qui risque de se perdre ici ce n'est certainement pas moi ! rétorqua sa femme, d'un ton fier avant de partir en direction des appartements royaux.
_ Quel mauvais caractère parfois ! lança Robin en riant légèrement.
_ Elle est incroyable. Regina est si différente de sa mère. Heureusement qu'elle n'a pas subi le même sort, avoua Rouge.
_ À qui le dites-vous…, murmura son interlocuteur.

_ Blanche a placé votre petit près de la chambre de Léo ? questionna Granny jusqu'alors plus observatrice qu'autre chose.
_ Oui. Ainsi la nourrice peut veiller sur les deux, le temps que nous sommes absents. » opina l'Archer.

Non loin d'eux, Grincheux qui était jusqu'alors de garde finit par faire une apparition dans la grande salle et alla rejoindre Belle pour discuter. Ils furent rejoints quelques minutes après par Abigail et Frederick. À côté de ce groupe, Graham, Flynn, Raiponce, Merlin, la fée Bleue et Clochette tenaient une conversation animée.

_ « Une soirée très réussi ! s'enthousiasma Clo, ravie.
_ C'est comme si c'était hier que Blanche et Charmant se mariaient, avoua Bleue, nostalgique.
_ Tu as quelques envies ? » questionna le vieil homme à la barbe blanche et à la tenue bleu foncé, les yeux rieurs.

Tous rirent à l'allusion sauf la concernée.

_ « Merlin, je te prie ! Cesse ses enfantillages ! marmonna-t-elle, quelque peu embarrassée.
_ Mais je plaisante ma chère Bleue ! Il faut s'amuser, profiter de la vie voyons! Tu n'étais pas si réservée avant. C'est la fête !
_ Tout à fait ! Célébrons les 19 ans de mariage de Blanche-Neige et de Charmant ! Ainsi que les retrouvailles entre Bae et Emma ! » s'écria Graham en levant une coupe pleine, un grand sourire au visage.

Tous levèrent leurs coupes aux propos de ce dernier.

_ « Tiens d'ailleurs… où est mon cher ami Baelfire ? Il s'est vite éclipsé après sa danse avec Emma. s'enquit Flynn, soucieux.
_ Il est certainement allé prendre l'air, déclara la chef des fées passant l'éponge sur les remarques de son vieil allié Merlin.
_ Oui je pense que c'est ça. Ne t'inquiète pas, chéri. rassura Raiponce en caressant d'une main la tignasse brune de son époux.
_ Et la princesse ? » demanda Clochette à l'assemblée.

Ils scrutèrent la salle. Pas d'Emma à l'horizon.

_ « Après ma danse avec la jeune princesse, il se peut qu'elle ait voulu prendre l'air aussi ? hasarda le chasseur, amusé.
_ Bien sûr ! renchérit gentiment l'époux de Raiponce, un sourire mutin aux lèvres.
_ J'espère que tout se passera bien entre eux. murmura le bras droit de la fée Bleue.
_ Tout ira bien. Il faut rester optimiste. répondit la chef des fées, avec assurance.

_ Facile à dire… c'est toujours quand tout va bien que soudain c'est le drame. Baelfire est passé par tant de choses…, confessa Graham.
_ Ce jeune homme doit garder espoir et rester confiant. Il doit s'accrocher à leur amour, à leurs souvenirs. Emma a peut-être perdu la mémoire, mais il semble qu'aujourd'hui elle n'avait d'yeux que pour lui. Elle reste et demeure sa fiancée à ce jour. Ce bal est un bon moyen pour qu'ils se rapprochent et se redécouvrent. Qui sait ensuite… » annonça Merlin, sérieusement.

Le petit groupe opina, s'en remettant aux propos pleins de sagesse du vieil enchanteur.


Il eut un long silence. Les propos d'Emma lui ôtèrent les mots de la bouche. Le fils du ténébreux sentit son cœur battre furieusement. Il avait dû mal à réaliser ce que la princesse venait de lui dire. Cela signifiait-il qu'elle désirait se rapprocher de lui, sachant qu'elle avait perdu tous leurs souvenirs communs ? Bae observa sa bien-aimée. Elle semblait gênée tout en lui faisant cette remarque. Était-elle en train de rougir ? Était-elle toujours attirée par lui ? Ressentait-elle quelque chose ? Beaucoup de questions se bousculaient dans sa tête à leur sujet. Les yeux d'Emma se relevèrent et osèrent fixer de plus belle le jeune homme. Elle remarqua le trouble de son compagnon face à sa remarque et l'emploi du tutoiement. Avait-elle été trop impétueuse ?

_ « Après tout… » murmura-t-elle, hésitante puis se tut instantanément.

Elle se tordit les mains face au regard inquisiteur de ce bel étranger qui chamboulait entièrement son existence.

_ « Tu es important pour moi. Sans ça, je n'aurais jamais accepté… d'être… ta fiancée. Ce n'est pas un engagement de raison, car… tu es différent et je n'aurais pas voulu m'unir à quelqu'un pour qui je n'ai pas de profonds sentiments. J'ai oublié ces quelques mois, mais je tiens vraiment à connaître notre histoire. Je dois savoir. » confia-elle, son cœur cognant frénétiquement.

Emma contempla la bague à son doigt avant de le scruter à nouveau, attendant une réponse de sa part. Son regard se perdit dans le sien. Une bouffée de chaleur vint alors l'envahir à nouveau. Son cœur ne cessait de s'affoler à tel point qu'elle grimaça légèrement.

_ « Tout va bien ? » demanda Baelfire, soucieux.

En voyant une expression de douleur sur le visage de la femme qu'il aimait, il ne put garder ces distances. En lui posant la question, une de ses mains reposa sur l'avant-bras gauche de la princesse. Ce simple contact entraîna des papillonnements dans l'estomac de cette dernière. La fille du véritable amour mit une de ses mains contre celle de Bae et acquiesça doucement.

_ « J'ai dû manger quelque chose qui ne passe pas... » tempéra-t-elle.

Puis elle sentit une petite douleur vriller ces tempes, instinctivement elle mit une main sur son front. Il était brûlant, ensuite sa main glissa sur une de ses joues, celle-ci était enflammée. Comme si elle avait besoin d'une migraine cette nuit ! Le plus étrange était que ces symptômes étaient apparus peu à peu, bien après le départ de ce fiancé inconnu et à présent qu'il était là, elle souffrait terriblement. La main du futur fauconnier posée sur son avant-bras alla toucher sa joue libre. La main du jeune homme était si froide que ça lui faisait du bien.

_ « Emma… ça va mieux comme ça ? » questionna-t-il tout bas.

La jolie princesse approuva lentement de la tête. Ce contact apaisait son cœur et son esprit. Quelques secondes après, Baelfire se figea en voyant la vulnérabilité de son âme sœur. Elle lui avait ouvert son cœur et fait part de son désir d'être auprès de lui, elle qui avait perdu la mémoire. À cet instant tout ce qu'il voulut c'était de la prendre dans ses bras et de la chérir. Mais il ne voulait pas précipiter les choses… alors plutôt que de l'étreindre, son autre main vint s'installer sur celle de la princesse, sur l'autre joue. Ils frémirent à l'unisson, mais restèrent silencieux. Bae était presque contre elle, en touchant ainsi ses joues. Grisée, Emma ne bougea pas d'un pouce. C'est ce qu'il lui avait manqué… lui, sa voix, son toucher… Le front du jeune homme vint se mettre sur celui de la fille de Blanche-Neige.

_ « Emma…, souffla-t-il.
_ Oui…
_ Je suis très heureux que tu m'es choisi moi, tel que je suis. Je sais que c'est très confus pour toi en ce moment. Toutes ces révélations n'ont pas dû t'aider… mais tu ne m'as pas fui. Tu es si courageuse. Je te reconnais bien là… » avoua le fils de Rumplestiltskin plein de tendresse et d'admiration dans le ton de sa voix.

Son cœur chancela à cet aveu.

_ « Je suis contente que tu sois venu. J'avais peur que…, confessa-t-elle incertaine.
_ De quoi ? demanda-t-il avec douceur.
_… Que tu m'en veuilles. De ne pas me rappeler, de t'avoir oublié. » chuchota-t-elle, le cœur meurtri.

Il caressa ses joues de ses deux mains pour la rassurer.

_ « Ce n'est pas de ta faute. Tu n'y es pour rien. Ne t'en fais pas pour ça. » répondit-il avant de s'écarter lentement d'elle.

Quand Baelfire s'éloigna d'elle, son cœur manqua un battement. Pourquoi ? Ce n'était pas suffisant. Elle avait besoin de lui… c'en était vital. Son cœur se serra douloureusement et elle sentit comme une fièvre l'emporter. Emma fixa son compagnon, les larmes aux yeux. Ils parlaient d'eux-mêmes. La souffrance était telle qu'elle perdit connaissance. En la voyant s'effondrer, le fils de Rumple la rattrapa, mais n'en demeura pas moins affolé.

_ « Emma ? EMMA ! » s'exclama-t-il, fébrile.

Sans attendre, il la prit dans ses bras et quitta le balcon. Ce fut Merlin, Charmant et Pinocchio qui le virent le premier. Discrètement, Merlin fit signe à la fée Bleue qui le suivit inquiète par l'état d'Emma. David enserra le bras de sa femme, anxieux, tout en scrutant sa fille dans les bras de son fiancé. Sa compagne fronça des sourcils et finit par suivre son regard. Elle devint alors blême. Quelques secondes après, la Reine prit les devants sans montrer la moindre inquiétude aux invités. Elle dissuada son mari de l'accompagner, un devait rester auprès des invités puis Pinocchio observa cette nouvelle scène dramatique, d'un regard impuissant. Grace lui prit la main pour tenter d'atténuer sa peine. Ce geste affectueux finit par adoucir un peu ses traits. Les amis proches constatèrent le changement d'ambiance dans la salle en voyant Blanche-Neige, le vieil enchanteur et Bleue se hâtaient vers les appartements royaux en compagnie de Baelfire portant Emma de façon à ne pas attirer l'attention des autres invités du bal.

_ « Vous voyez ! » s'exclama Graham, contrarié et attristé par la situation de ce couple.

Sur le chemin Regina les aperçut, quelque peu surprise. Elle fut mise dans la confidence. Étant guérisseuse, elle proposa ses services qui furent accueillis de bon cœur. La soirée promettait d'être longue… La suite de la fête se déroula sans encombre mais David et leurs amis s'inquiétèrent toujours de l'état d'Emma. Avait-il empiré ou non ? Ils s'interrogèrent même sur la nature de cette inconscience…


Une demi-heure après l'incident, Prof débarqua dans la chambre de la princesse. Il rejoignit Merlin et Bleue tandis que Blanche, Baelfire et Regina attendaient patiemment près de la porte. Ils parlèrent très peu. Pour baisser la fièvre annoncée, la femme de Robin proposa des plantes médicinales qu'elle avait apporté dans un panier et qu'elle prenait toujours avec elle. Une petite tisane fut faite et servit à Emma. Le nain docteur porta le liquide à sa bouche et lui fit boire à petites gorgées. Ensuite celui-ci changea la serviette humide sur le front de la jeune femme souffrante. L'enchanteur fit un signe à la fée Bleue et ils allèrent discuter un peu plus loin dans la pièce.

_ « Ce n'est pas qu'une simple fièvre et une migraine que nous avons là, informa le vieil homme, soucieux.
_ À quoi penses-tu ?... Je t'avoue que je ne ressens que de la souffrance émanant de son corps…, avoua la chef de la communauté des fées.
_ C'est bien au-delà de tout ça. Réfléchis. Ne ressens-tu pas quelque chose d'autre ? Quelque chose de caché. Qu'as-tu ressenti dès la première seconde où tu as touché sa main ? Pendant cette toute petite seconde de rien du tout, rapide comme l'éclair. »

La fée Bleue médita longuement.

_ « De la magie. s'exclama-t-elle, avec stupeur.
_ Exactement. Il se peut que…, débuta Merlin en vain.
_… les pouvoirs d'Emma se soient réveillés, coupa-t-elle.
_ En effet. Ces symptômes sont secondaires, temporaires et différents selon les autres êtres magiques dans notre monde.
_ Avec l'héritage imposé du pouvoir de la Reine des neiges sur Emma, j'imagine que cela a accéléré le processus. Notamment quand elle a fini par ne plus l'avoir…, réalisa-t-elle.
_ Ceci est probable. Mais maintenant plus que jamais, cette petite va avoir besoin de notre aide pour savoir utiliser ses pouvoirs et surtout apprendre à les maîtriser. Je suis disponible pour l'entraîner les jours qui viennent. Et toi ?
_ Les fées ne sont jamais à la retraite, mon ami. Je ne pourrai pas être aussi présente que toi, mais je veux bien te seconder dans son enseignement de la magie, répondit la fée dans son adorable robe bleutée.
_ Bien. Nous allons en parler de ce pas à la Reine et demain à la princesse. Pour l'instant, nous ne pouvons rien faire d'autre que d'attendre que ça passe. Peut-être que Baelfire devrait rester et veiller sur elle pendant ce temps. Comme le dit si bien un proverbe : L'amour guérit de tous les maux !
_ Espérons que cela suffise. » acquiesça-t-elle avec un petit soupir.

Sur ces mots, ils annoncèrent à Prof' qu'il fallait laisser la princesse passer la nuit avec ces simples soins prodigués. Il hocha gravement de la tête. Entre eux, ils décidèrent de faire un tour de garde tous les 3h puis quittèrent la chambre. Le nain vaqua alors à d'autres occupations bien qu'inquiet pour la jeune princesse, laissant les autres dans le couloir. Merlin et la fée Bleue rassurèrent la Reine. L'enchanteur suggéra que le jeune homme devrait rester au château et surveiller l'état de sa bien-aimée entre les tours de garde. Blanche accepta en scrutant avec un petit sourire triste le fiancé de sa fille et ce dernier prit l'initiative de rentrer dans la chambre après un signe respectueux de la tête. C'est à ce moment-là, tout en quittant le couloir, que la fée Bleue d'une voix posée informa à Blanche la vérité sur l'état d'Emma et par la même occasion à Regina jusqu'alors muette.

Dans la chambre de la princesse – le lendemain matin

Les tours de garde s'étaient enchaînés entre Merlin, Prof', Bleue et même Charmant, soucieux pour sa fille. En voyant Baelfire assis sur un fauteuil qu'il avait ramené près du lit d'Emma et ses yeux fatigués obstinément rivaient vers l'élue de son cœur, cela toucha profondément David. Bae avait le coude posé sur l'accoudoir et sa main sous le menton. Il paraissait plus vulnérable et plus jeune. Le père d'Emma s'avança vers lui et lui tapota l'épaule. Le fils du ténébreux se retourna lentement et l'observa. David proposa aimablement un thé que Baelfire accepta de bon cœur. Il partit chercher ce qu'il faut et un quart d'heure plus tard, il revint avec le nécessaire.

_ « Comment va-t-elle ? questionna Charmant à voix basse tout en tendant une tasse au jeune homme.
_ Depuis 4 heures du matin, elle ne souffre plus. La fièvre est tombée… J'ai… vérifié. Elle respire profondément. Je pense qu'elle s'est endormie d'épuisement après que ce se soit arrêté, informa le fiancé, le remerciant d'un signe de tête pour le breuvage.
_ Souhaites-tu déjeuner ? Nous sommes réunis dans la grande salle actuellement…
_ Je n'ai pas vraiment faim, Votre Altesse. Je préfère rester ici si ça ne vous dérange pas ? Du moins jusqu'à son réveil…, avoua-t-il en toute franchise.
_ Bien sûr. Je vais donc te laisser et rapporter le service de thé. Je vais informer Blanche sur l'état de notre fille. »

Sur ces mots, David lui adressa un sourire compréhensif et le laissa seul avec sa dulcinée. Baelfire entendit les pas s'éloigner dans le couloir et profita de cette occasion pour sortir de la poche de sa veste en cuir marron une chaîne argentée pourvue d'un petit médaillon rond. Il caressa l'objet puis finit par le poser sur la table de chevet au côté de la princesse. Il sortit un petit bout de papier et un crayon de mine. Le jeune homme contempla la princesse et médita sur ce qu'il pourrait écrire au sujet d'Emma. Il finit par se lancer et l'instant d'après, le papier reposa au côté du présent. Baelfire rangea ses outils dans l'intérieur de sa veste puis il soupira. Soudain, les yeux d'Emma s'ouvrirent lentement pour fixer le plafond blanc de sa chambre. Elle fut réveillée par ce petit bruit insignifiant, mais ce devait être dans son imagination… en tournant légèrement la tête sur la gauche, elle le vit. Lui. La princesse poussa une exclamation de surprise ce qui fit tressaillir Baelfire. Elle se rendit compte qu'elle était en chemise de nuit et se recouvra du drap de lit.

_ « Que… que faites-vous dans ma chambre ? s'écria-t-elle, stupéfaite.
_ À nouveau le vouvoiement… » songea-t-il, dépité.

Un pas en avant, trois pas en arrière.

_ « Rassurez-vous. Je suis juste venu veiller sur vous. Vous vous souvenez d'hier ? Vous avez perdu connaissance. Vous étiez fiévreuse. » déclara Bae calmement.

Emma prit le temps de se remémorer la soirée de la veille et à sa plus grande honte, elle rougit.

_ « Je suis désolée… Mon père t'a donc autorisé à t'installer dans ma chambre ? demanda-t-elle, étonnée à ce sujet et reprenant plus timidement le tutoiement.
_ Ta mère a accepté et ton père ne s'y ait pas opposé. Il est passé te voir pendant que tu dormais il y a quelques minutes.
_ Tu… Tu sais ce qu'il s'est passé ?
_ Non, on ne m'a rien dit, étrangement, mais le plus important c'est que ça se soit arrêté. Je suis resté pour m'assurer que tout allait bien et que tu ne sois pas en danger… Maintenant que tu es réveillée, je peux partir rassurer, annonça-t-il sérieusement tout en se redressant du fauteuil.
_ Vraiment ? murmura-t-elle, tristement.
_ Oui. Je dois retourner chez moi. Je n'aime pas trop laisser mon père seul, il a tendance à… ruminer ou faire des bêtises en mon absence. Je dois m'assurer qu'il ne s'est rien passé de grave entre temps. Quand tu seras prête et reposée, n'hésites pas à me rendre visite. Tu sauras où me trouver… » répondit-il avec un tendre sourire.

Emma constata la fatigue de son compagnon. Il n'avait donc pas dormir de la nuit ? Ce constat lui donna du baume au cœur. Ce jeune homme était incroyablement doux et attentionné.

_ « D'accord. » souffla-t-elle en se redressant légèrement elle aussi.

La princesse attendit qu'il s'approche et dépose un baiser sur son front ou sur sa joue, mais rien ne se passa. Il s'inclina à la place, tel un gentleman. Un homme aussi prévenant et dévoué ça ne pouvait pas être possible ! Ses yeux marron contemplèrent les yeux verts d'Emma longuement et sans rien dire puis Bae quitta à contrecœur sa fiancée, sans un regard en arrière. Le cœur d'Emma se serra quand il partit, mais tenta de positiver en se disant à elle-même qu'elle finirait par le revoir bientôt. Elle se releva lentement et quitta son lit. En faisant cette action, son regard fut attiré par quelque chose sur sa table de chevet. Emma s'y approcha, prit le fin collier dans sa main et de l'autre lut le petit message sur un rouleau de papier.

« Ma chère Emma,
J'ai trouvé ce modeste collier sur un marché et en le voyant, j'ai tout de suite pensé à toi. Je serais très heureux, si tu acceptais ce présent.
Affectueusement,
Bae. »

Une larme glissa sur sa joue. Ce n'était pas une larme de tristesse, mais de joie. Il tenait à elle. Emma avait bien l'intention de chérir ce cadeau bien qu'elle ne comprit pas le rapport entre le cygne gravé et elle. Elle le porta à son cou et l'attacha.


Emma était en train de faire un chignon quand on toqua doucement à la porte sans répondre. Ce n'était donc pas ses parents…

_ « Entrez ! » lança-t-elle, intriguée.

Une jeune femme aux longs cheveux bruns détachés apparut alors au seuil de la porte, vêtue d'une jolie robe grise. Elle avait un pichet dans les mains. Cette dame lui était familière.

_ « Bonjour…Vous êtes l'épouse de Robin des Bois, n'est-ce pas ? Que… que voulez-vous ? questionna-t-elle, se rappelant les présentations d'hier.
_ Bonjour Princesse. Oui, en effet. Je vous ramène un thé fait par mes soins. La tisane qu'on vous a donnée hier a pu baisser considérablement votre fièvre. Je vous en propose une ce matin qui sera plus relaxante et vous évitera une autre migraine dans la journée.
_ Merci beaucoup, répondit Emma avec gratitude.
_ Ce n'est rien voyons » tranquillisa Regina en observant la tenue marron d'Emma, presque similaire à celle de son fiancé.

Emma lui sourit gentiment.

_ « Vous êtes une femme si gentille et si serviable. Mes parents m'ont appris que vous étiez la fille de Cora ? C'est vrai ? questionna-t-elle pour faire la conversation poliment.
_ Oui.
_ Vous ne lui ressemblez pas. C'est un compliment compte tenu de ce qu'elle a fait traversé à notre famille.
_ Je sais. Je comprends bien, Princesse. assura Regina, tout en s'approchant de la tasse déposée sur sa coiffeuse et en versant un liquide chaud dedans.
_ Appelez-moi Emma. Après tout nous nous sommes déjà rencontrés avant mon amnésie, vous et votre époux. Je suis tellement désolée de ne pas me souvenir de vous tous… » avoua-t-elle tout en la remerciant et portant le liquide brûlant délicatement à sa bouche.

Elle but à petites gorgées.

_ « Ce n'est pas de votre faute, Emma. Ma mère est la seule fautive de votre malheur. Nous espérons que vous finirez par avoir une réminiscence de vos souvenirs passés, déclara la femme de Robin.
_ J'espère aussi… Je… peux vous poser une question ?
_ Oui, bien sûr.
_ Cela n'a pas dû être facile de fuir une femme comme Cora, non ? Comment vous êtes-vous cachée d'elle ? Et comment avez-vous rencontré votre mari ?
_ Beaucoup de questions en faite. Eh bien Clochette et le ténébreux m'ont aidée bien sûr, lança-t-elle avec un petit rire.
_ Le père de Baelfire ? s'étonna Emma.
_ Oui. Il a réalisé une potion afin de me rendre invisible de ma mère. Grâce à un collier. Dès que ce fut fait, Clochette m'a entraînée vers une auberge à Sherwood. Apparemment le patron cherchait une serveuse donc je n'avais plus qu'à me porter volontaire pour ce travail et commencer à construire ma vie. C'est ce jour-là que j'ai rencontré Robin pour la première fois. C'est avec espoir et optimisme, que j'ai tourné la page sur ma vie d'avant et que j'ai ouvert la porte de ce lieu. Sans le savoir, mon regard s'est posé sur le dos de mon futur mari, profondément attristé à cette époque par la perte de sa défunte femme et de son enfant. J'ai eu le travail et comme c'était un habitué, nous nous sommes beaucoup vus. Puis un jour, nous nous sommes rapprochés et depuis nous ne nous sommes plus jamais quitté, confessa Regina avec douceur en songeant à son Robin.
_ Un tel amour est si rare… Il sait tout de vous et vous à accepter dans sa vie.
_ Effectivement. C'est pareil pour vous Emma, vous savez…
_ Vrai… Vraiment… Que… que pensez-vous de Baelfire ?
_ C'est un jeune homme mystérieux, courageux et prêt à tout pour sauver, protéger les gens qu'il aime. Et vous, que pensez-vous de lui ?
_ Il est incroyablement charmant, respectueux et attentionné. Il m'attire et je m'interroge tellement sur notre complicité… À comment étais-je avec lui par exemple… Baelfire me rassure et me rend heureuse rien qu'à le voir à mes côtés, mais je ne sais pas… s'il m'aime… moi ? Vous comprenez ? J'en viens à être jalouse de l'autre Emma parce que pour moi c'est la première fois que je le vois et que je nourris des sentiments pour lui. Et si je ne retrouvai jamais la mémoire ? Souffrira-t-il ? M'acceptera-t-il ? Aimera-t-il cette nouvelle Emma ? annonça-t-elle, tristement.
_ Je pense que quoiqu'il advienne, Baelfire t'aimera. »

Les propos de Regina firent songer la jolie princesse.

En direction de la bibliothèque royale…

Le futur fauconnier était pensif et très silencieux depuis qu'il avait quitté Emma. Il était un peu perdu… Il l'aimait évidemment, mais avec cette amnésie, cette nouvelle Emma le déstabilisait un peu. Le reste du temps, il retrouvait dans chacun de ses mots celle qu'il aimait et la voir rougir, être nerveuse comme la toute première fois le rendait heureux malgré tout. Mais… et si elle ne retrouvait jamais la mémoire, le vivrait-il bien ? Son cœur se serra face à tous ces moments partagés à jamais oubliés. Saura-t-il vivre avec ? Il serra ses poings.

_ « Sûrement. Je n'ai qu'elle dans mon cœur… » pensa-t-il, le cœur meurtri.

Baelfire avait marché un bon moment et finit par croiser Regina. Il l'informa qu'Emma était réveillée et qu'il n'y avait plus d'inquiétude à se faire. La femme de Robin en fut soulagée. Elle décida d'aller prévenir ses parents et préparer un thé pour la princesse. Ils se saluèrent, se promettant de se revoir et chacun parti dans des directions opposées. Puis quelques minutes plus tard, sans faire attention, les pas du fils du ténébreux le guidèrent vers la bibliothèque du château. Avec la fatigue, il était plus distrait que d'habitude. En voyant de l'entrée Belle tranquillement installée dans son bureau, il choisit d'aller la saluer avant de repartir. En s'approchant de sa nouvelle amie et alliée, il remarqua des cernes sur son joli visage.

_ « Bonjour Belle. » répondit-il avec sympathie.

La jolie brune releva les yeux de son livre d'emprunt et fit un sourire quelque peu fatigué. Bae pouvait constater de la tristesse derrière ce sourire forcé.

_ « Bonjour Baelfire. Comment va Emma ?
_ Elle va bien, elle s'est réveillée… et…toi ? osa-t-il.
_ C'est un jour sans. » soupira-t-elle.

Il se contenta de hocher de la tête d'un air compatissant.

_ « Hier le chapelier est venu chercher comme convenu mon amie Grace ? questionna-t-il alors pour changer de sujet.
_ Oui il me semble. Son père était quelque peu contrarié de la voir avec Pinocchio et non avec toi. Tu vas peut-être avoir des représailles ? fit-elle avec un peu d'humour.
_ Je n'espère pas…
_ En tout cas Pinocchio semble beaucoup aimer ton amie, avoua Belle French.
_ En effet. Il y a sûrement des chances qu'ils se revoient, admit Baelfire, amusé.
_ Et les chances que tu vois Emma ? demanda-t-elle, curieuse.
_ Je suppose…
_ Malgré cet incident, est-ce que ça s'est bien passé entre vous ?
_ Oui…enfin c'était différent et familier à la fois. J'ai eu l'impression qu'elle m'aimait hier soir… comment est-ce possible, sachant qu'avec l'amnésie elle m'a oubliée ?
_ Tu es beau garçon et intrigant. Tu es sérieux et galant. C'est fort entre vous deux par-delà tous les maléfices. La question la plus importante c'est : est-ce qu'elle sait que tu l'aimes ?
_ Oh. Cela me semble évident…, confessa-t-il, en passant une main dans ses cheveux.
_ Le lui as-tu dit ?
_ J'ai peur que ça soit trop précipité. Je ne veux pas la faire fuir encore plus loin de moi.
_ Ne pas savoir peut entraîner la même chose. » annonça la bibliothécaire.

Elle se releva et alla vers lui. Belle passa les bras autour des épaules du fils de Rumple et fredonna sous un ton plein de confidence :

_ « Comment sait-on qu'on nous aime ? Le voit-elle dans vos yeux ?... Comment sait-elle que tu l'aimes ? Lui montres-tu que tu l'aimes ? Est-ce que tu peux lui parler et lui dire que tu l'aimes ? À quoi sait-elle que tu l'aimes ? Lui montres-tu que tu l'aimes ? Est-ce que tu sais lui parler et lui dire que tu l'aimes ?
_ Je… Je ne l'ai pas dit, mais je l'ai montré…, avoua ce dernier.
_ Tu dois reconquérir Emma comme si c'était la première fois et alors peut-être que les souvenirs viendront d'eux-mêmes. L'amour est un cadeau qui n'est jamais garanti. Et tu peux tout gâcher si jamais elle se dit… Comment savoir s'il m'aime ? Comment savoir jamais ?
_ D'accord… je le ferais. Je me déclarerai à nouveau.
_ C'est essentiel qu'elle le sache Baelfire, acquiesça-t-elle suite à ces propos.
_ Est-ce que tu as déjà vécu ça ? Être amoureux ? Un amour compliqué, à toute épreuve ? interrogea-t-il, l'esprit un peu ailleurs.
_ Oui ce n'est jamais facile… mais il faut garder courage tant qu'il n'y a rien qui prouve que c'est la fin. » déclara-t-elle, pensive également.

Ils restèrent songeur quelques minutes avant de se regarder avec un pauvre sourire.

_ « Je vais y aller. annonça le jeune homme brun.
_ Prends soin de toi, Bae. À bientôt, répondit-elle tout en s'écartant de lui et lui faisant un simple signe de la main.
_ À bientôt.»

Le fils de ténébreux quitta les lieux et se dirigea au Dark Castle sur le dos de Samson sans se douter un instant de ce qui s'y tramait là-bas. Du côté de Belle, il était à présent difficile de lutter contre ses sentiments pour Rumple. Cependant, la question demeurait : l'aimait-il en retour malgré cette apparente froideur et cette distance ?


Vingt minutes plus tard, Emma suivit Regina dans la grande salle où étaient réunis autour de la table ronde sa mère, son père, un vieil homme barbu vêtu d'une robe bleue et la fée Bleue. Gepetto et Pinocchio avaient des commandes à réaliser, ils étaient donc très pris en ce moment. C'est pourquoi ils n'étaient pas présents à cette assemblée matinale. Le groupe discutait sérieusement et en voyant apparaître la jeune femme blonde, ils cessèrent.

_ « Ma chérie. » s'exclama Blanche-Neige en se redressant de sa chaise et allant étreindre sa fille.

C'était la seule personne dans cette pièce à se montrer très enjouée de la voir. Son père lui adressa un petit sourire fatigué et les autres membres se contentèrent de saluer gravement la princesse. La reine prit la main de sa fille.

_ « Bonjour Maman. Tout… Tout va bien ? demanda-t-elle en sentant la fébrilité de sa mère au contact de sa main.

_ Oui… euh… eh bien nous devons te parler de quelque chose Emma…, avoua-t-elle, d'un air hésitant.

_ Bon je vais vous laisser. Nous devons reprendre la route, Robin et moi. » interrompit Regina d'un air contrit.

Blanche réalisa alors la présence de la compagne de l'archer.

_ « Oh, très bien. Merci d'être venue. Gardons contact, déclara-t-elle avec un sourire accueillant.

_ Au plaisir de vous revoir, ajouta David amicalement.

_ Merci. Ce fut un grand honneur pour nous. Au revoir. » annonça la fille de Cora.

Après une légère inclination, elle quitta la pièce. Robin s'était occupé des affaires et de leur fils, le temps qu'elle remette à Prof quelques plantes pour la princesse avant son départ. C'est en sortant un quart d'heure plus tard du château, qu'elle les retrouva tous les deux à dos de cheval pour leur retour à Sherwood. Un grand sourire se dessina sur les lèvres de Regina alors qu'elle s'avançait vers son fils.

Du côté d'Emma, l'atmosphère était loin d'être aussi légère, du moins étais-ce son impression pour la jeune femme. Tous les gens autour d'elle la scrutaient avec gravité.

_ « Emma, mon ange, assis-toi je t'en prie. On a une chose importante à te dire et qui pourrait très bien bouleverser toute ta vie. » informa son père.

À ces mots, le cœur de la jolie princesse manqua un battement. Était-ce au sujet de Baelfire ? Avaient-ils changé d'avis leur concernant ?

_ « Quelle est-elle ? Qu'est-ce qui se passe ? lança Emma, inquiète.

_ C'est au sujet de ce qu'il s'est passé hier soir chère princesse, annonça Merlin pour la première fois à la fille du véritable amour.

_ Suis-je malade ? Quelque chose comme ça ?

_ Non, mon enfant. Ta vie n'est pas en danger. C'est juste que… quelque chose a changé en toi. » ajouta la fée Bleue avec douceur.

Quelques minutes plus tard, Emma sut la vérité.

Au Dark Castle – Une bonne heure plus tard…

Le ténébreux admira ses deux nouvelles acquisitions. L'une était la chaise électrique et l'autre, un appareil d'écartèlement. Il eut un sourire satisfait. Rumple envoya ce dernier dans sa réserve privée et s'approcha de la chaise en bois qu'il observa avec minutie. Victor Whale avait expliqué le fonctionnement des deux appareils. Il était nécessaire d'avoir un fil conducteur. Le courant passe de sa source électrique au casque en ferraille qui doit être posé et sanglé sur la tête du criminel. Le père de Bae devait trouver une solution à ce sujet. Du cuivre et du zinc, feront-ils l'affaire ? Il était si concentré sur ses pensées qu'il ne remarqua pas l'arrivée de son fils. Baelfire ouvrit lentement la porte. Il n'avait qu'une envie, dormir quelques heures. Il avait les yeux baissés vers le sol et semblait porter tout le malheur du monde sur ses épaules. Puis il entendit le petit rire carnassier de son père qui ne présageait rien de bon. Le fiancé d'Emma releva la tête et vit celui-ci s'extasier devant une chaise. Il fronça les sourcils.

_ « Qu'est-ce que c'est que ça ? » questionna-t-il, d'une voix abasourdie.

Il y avait des bandages en cuir aux accoudoirs de la fameuse chaise et un casque métallique pourvu d'une grosse éponge marron. Le ténébreux perdit de sa superbe quand son fils s'approcha et contempla cet objet.

_ « C'est un objet qu'on m'a offert en échange de mon aide, Bae.

_ Cette chaise n'est pas ordinaire. Elle apporte… la mort. Elle fonctionne toujours ? demanda-t-il en touchant les lanières puis scrutant gravement son père.

_ Cette vieillerie ? Elle est inutilisable, mentit-il.

_ Quel intérêt as-tu donc pour cette chaise alors ? interrogea Bae, en croisant soudainement ses bras.

_ Elle est inestimable parce qu'elle vient d'un autre monde. hasarda son père d'un geste de la main.

_ Quand tu fais des deals, jamais tu ne récupères quelque chose de casser ou d'inexploitable. Tout ce qu'on t'a donné t'a toujours servi à un moment ou un autre. Et là, tu es en train de prétendre le contraire ? Ne peux-tu pas être honnête avec moi ? Me dire simplement que tu cherches toujours à te venger de ce pirate ou de Cora ? Tu sais, Papa… J'aimerai que tu apportes autre chose que la mort ou la souffrance. J'ai de la rancœur et de la colère pour ces personnes, mais jamais je ne dépasserai certaines limites à moins que ma vie soit en danger. J'ai pensé qu'avec Mademoiselle French… tu verrais les choses sous un autre angle. J'ai cru même que tu l'appréciais. » exprima-t-il.

Rumplestiltskin eut une expression triste et même un pincement au cœur quand son fils fit mention de Belle.

_ « On cherche à me détruire. Je dois toujours me préparer aux pires éventualités, car je suis le ténébreux et je suis une menace aux yeux de beaucoup de monde. Alors oui, je préfère ma solitude, ma famille à tout le reste. Je n'ai pas besoin des bons sentiments d'une bonne femme, décréta Rumple avec indifférence.

_ Oh… Je comprends alors pourquoi Maman t'a quitté. » répliqua Baelfire d'un ton froid avant de quitter la pièce pour aller se réfugier dans sa chambre.

Quand son fils fut assez éloigné, Rumple ferma les yeux. Tout ceci était éprouvant à la longue, tout comme ses sentiments envers cette bibliothécaire.

_ « Je ne lâcherai pas prise » se promit-il.

L'instant d'après, il songea à son autre adversaire. Cora. Maintenant qu'il avait le nécessaire pour Hook, Rumple pouvait faire de même pour cette chère sorcière entêtée.

_ « Peut-être qu'une visite à Sherwood s'impose. » murmura le ténébreux, pensif.

Non loin du Royaume de Blanche-Neige…

Un homme vêtu tout de cuir noir était assis sur un cheval et ce dernier trottait tranquillement en direction du château de la famille Charmant. Le chemin était fréquenté, mais personne ne l'abordait. Était-ce à cause de sa mine sombre ? Probablement. Il avait beaucoup voyagé depuis sa rencontre avec Cora. Son ancienne complice lui avait fait par ce soir-là d'une autre forme de vengeance. Il songea à ce qu'elle lui avait confié à cette ferme reculée.

*Début flashback*

Après y être rentré, Hook s'était posé sur une chaise et vit Cora s'affairer dans une pièce qui servait de cuisine. Elle s'occupait de la potion promise au pirate en échange d'un service à réaliser pour elle.

_ « Alors qu'elle est ton plan au sujet de Rumplestiltskin ? lança le pirate tout en posant ses bottes sur la table et la fixant avec nonchalance.

_ Il se trouve que grâce à mon miroir j'ai pu entrapercevoir quelques scènes insolites, inattendues concernant ce bon cher Rumple, informa Cora avec un sourire amusé.

_ Mais encore ?

_ J'ai vu Rumple en compagnie d'une jeune femme dans une forêt. Elle s'appelle Belle French. J'ai pu entendre une bribe de la conversation et là c'est très intéressant. J'ai l'impression que cette jolie brunette arrive à amadouer notre cher ténébreux. Et même mieux, j'ai vu une autre scène grâce aux reflets de l'eau. Il a sauvé cette jeune femme de la noyade en plus de cette grosse bête poilue. »

Le pirate sursauta à ce sujet.

_ « Vraiment ? murmura-t-il à mi- mot, se rappelant l'échec cuisant de la fiole et son conflit avec Baelfire.

_ Oui. Il a tenté de ne rien montrer, mais je suis quasi sûre qu'il éprouve de l'affection pour elle. Je crois même que c'est réciproque. dit-elle, tout en concoctant une potion avec ce qu'elle a pu récupérer chez elle.

_ Pauvre femme, marmonna son complice.

_ Et le seul moyen de vérifier que c'est bien le cas est… » reprit-elle sérieusement.

La mère de Regina lui dévoila alors le fin mot de cette histoire. Un sourire s'étira sur les lèvres de Hook.

*Fin du Flashback*

Le pirate arriva au Royaume de Blanche-Neige deux jours après le bal.

_ « Il ne reste plus qu'à me fondre dans le décor et entrer en scène. » murmura le charmeur avec un mi-sourire.

Deux jours après le bal – Quelque part dans une forêt…

Il était assis sur une souche et paraissait inquiet. Il avait rendez-vous avec quelqu'un et ne semblait pas prêt aux retrouvailles. Pourtant tout s'était bien passé le soir du bal. Ils avaient parlé de tout et de rien, mais aussi un peu de leurs vies respectives. Alors pourquoi cette peur ?

_ « Je me dis qu'elle ne viendra pas. Son père semble tellement la couver… » murmura-t-il pour lui-même en regardant ses mains.

Il était perdu dans ces pensées quand il entendit une branche craquée sur sa gauche. Pinocchio se retourna vivement et posa les yeux sur l'origine du bruit. Son regard tomba sur un soulier rouge vermeil et une partie de la jambe de l'intrus caché par un arbre. L'instant d'après, il croisa des yeux noisette si familiers. Le fils de Gepetto se redressa et s'approcha d'elle. Il ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement.

_ « Bonjour Grace, répondit-il avec un sourire attendrissant.

_ Bonjour Pinocchio… » souffla-t-elle, quelque peu intimidée derrière un arbre.

Il lui tendit une main et après une longue hésitation, elle l'accepta. Le meilleur ami d'Emma attira la fille du Chapelier à lui et l'étreignit doucement d'un bras.

_ « Je suis content que tu sois là, avoua-t-il tout en se détachant d'elle.

_ Moi aussi.

_ Tu n'as pas eu de souci avec ton père ?

_ Il n'a pas été facile ces deux derniers jours… mais il ne peut pas régenter toute ma vie. J'ai le droit d'avoir des amis et un peu de liberté. » reconnut Grace avec sérieux.

Ils avaient toujours leurs deux mains scellées à l'autre.

_ « Mmh… Et si on s'asseyait ?

_ Hum d'accord, lança-t-elle avec le sourire.

_ Qu'as-tu fait depuis le bal ? questionna-t-il, s'asseyant sur la souche et lui laissant de la place pour s'installer à côté de lui.

_ Plein de choses. J'ai fait des retouches sur des robes, j'essaye même d'en confectionner une et j'ai fait une cueillette aux champignons. On en vend au marché.

_ Je vois. D'ailleurs cette robe rouge foncé est très jolie. Elle va bien avec les jolis reflets dans tes cheveux. » avoua-t-il.

Grace rougit aux compliments.

_ « Merci…

_ De rien...

_ Dis-moi… tu ne devais pas me raconter ce que représentait cette baleine pour toi ? » s'enquit-elle en tendant son autre main pour toucher son collier dévoilé sur sa chemise blanche.

Pinocchio serra la main qu'il avait en son emprise avec affection.

_ « Oui et je tiens mes promesses. Prête à connaître cette histoire ? lança-t-il avec humour.

_ Et comment ! » s'exclama-t-elle, amusée également.

Il lui raconta alors dans le détail sa vie et plus particulièrement ce passage marquant avec Monstro. Pendant tout le récit, leurs mains ne se quittèrent pas.

Au royaume de Blanche-Neige – Au grand pont, quatre jours après le bal

Du haut du majestueux pont, Emma contemplait l'océan à perte de vue. Elle repensait à ces derniers jours où elle avait fini par apprendre qu'elle possédait de la magie. Ce fut un grand choc pour elle et pourtant, elle avait aussi le sentiment d'être heureuse à ce sujet. Les jours qui s'en suivirent furent fastidieux pour elle. Entre les cours de ses différents précepteurs et l'enseignement de la magie par Merlin, cet enchanteur incroyable, la fatigue eut raison d'elle et elle trouva rapidement le sommeil chaque soir. Apprendre à faire de la magie ou bien à la maîtriser était loin d'être simple, tant physiquement que moralement. À côté, la fée Bleue faisait des apparitions et lui prodiguait des conseils. L'approche de la magie était si différente entre ses deux maîtres et malgré cela si complémentaire à la fois. Elle était curieuse et jamais une leçon ne fut ennuyeuse pour elle. Néanmoins, la princesse ne savait pas contrôler sa magie quand elle l'utilisait. Il eut beaucoup d'erreurs. Emma ne savait pas comment la maîtriser. Merlin lui avait pourtant informé qu'elle n'était pas apparue sans raison. Elle devait trouver l'origine de sa force, mais c'était là le plus compliqué. La fille de Blanche et de David était perdue à cause de sa mémoire effacée. Elle aurait tant aimé se délivrer du mauvais sort de Cora avec sa magie. Emma soupira de résignation, les bras accoudée sur la rambarde et habillée incognito puis finit par se redresser. À ce moment-là et sans faire attention, elle bouscula une passante traversant tranquillement le gigantesque pont de pierre.

_ « Oh, excusez-moi ! répondit la princesse, embarrassée.

_ Ce n'est rien. » dit une voix familière.

Les deux jeunes femmes s'inspectèrent et se reconnurent.

_ « Oh Princesse, bonjour ! fit la bibliothécaire, surprise.

_ Bonjour, Mlle French.

_ Belle. Seulement Belle je vous en prie.

_ D'accord… Belle. Que faites-vous à cette heure en si bon chemin ? questionna Emma poliment.

_ Je vais au village pour aller acheter quelques fruits au marché. Je ne travaille pas cet après-midi alors j'ai décidé d'aller me promener un peu.

_ Oh… accepteriez-vous un peu de compagnie ? Je suis sortie pour m'aérer l'esprit, mais je n'ai pas encore envie de rentrer. Je me suis trop isolée au château ces derniers temps.

_ Oui bien sûr. Je comprends. Vous ne voyez plus votre ami Pinocchio en ce moment ?

_ Non. Son père reçoit beaucoup de demandes actuellement et… il se peut qu'il voie aussi une fille, avoua Emma riant à ce sujet.

_ Cela vous amuse ?

_ Très. Pinoc' est si réservé. Pour la première fois, il arrive à me surprendre, déclara la fille du véritable amour en marchant aux côtés de Belle.

_ Je suis contente que vous vous soyez bien remis.

_ Merci. »

Belle French observa sa compagne et aperçut son grand sourire. Elle pensa alors à Baelfire, le fiancé d'Emma vivant à des kilomètres de sa bien-aimée dans un château bien sombre en compagnie de son entêté de père. Dire qu'il ne lui donnait pas de nouvelles. Rumple lui faisait de la peine, mais en même temps cela l'énervait. Elle avait envie de le sermonner. La bibliothécaire soupira de frustration.

_ « Tout va bien ? questionna la jeune femme blonde dans sa tenue de paysanne.

_ Euh oui…ne vous en faites pas. Je réfléchissais à quelque chose. J'ai dû mal à comprendre certaines personnes parfois, déclara sa voisine en faisant un geste de la main.

_ Je vous comprends également. Avec Bae… » débuta la princesse avant de se taire instantanément.

Emma venait de réaliser qu'avec tous ses cours et cette magie qui lui étaient tombés dessus, elle n'avait pas recontacté son fiancé. Elle s'en voulait tellement. Une larme glissa sur sa joue malgré elle ce qui surprit Belle.

_ « Oh, excusez-moi… Je… Je ne sais pas trop ce qui m'arrive… en ce moment. Je viens de me rendre compte de quelque chose. Je n'ai pas eu vraiment de tranquillité ces jours-ci, confessa la dulcinée de Baelfire.

_ Il vous manque… Il n'est pas trop tard pour lui envoyer un message, réalisa la jeune femme brune.

_ Je sais… Il m'attend, murmura-t-elle pour elle-même.

_ Vous avez peur ?

_ Peur de lui, non. J'ai plutôt peur de ses sentiments envers moi.

_ Vous craignez qu'il vous aime ? »

Belle fronça des sourcils, étonnée.

_ « Non qu'il ne m'aime pas justement, admit Emma.

_ Au fond de vous, vous savez très bien qu'il tient à vous. D'ailleurs… » souffla son aînée.

La jeune bibliothécaire la regarda avec empathie.

_ « …Est-ce qu'il te laisse des mots doux pour te montrer qu'il pense à toi ?

Et t'offre des fleurs quand tu n'es pas très gai haihaihai ?

Il y a tant d'amour à donner

Par une belle journée

Oui c'est comme ça

Qu'il montrera son amour…, fredonna Belle tout en pensant au ténébreux.

_ Il y a du vrai, songea Emma sérieusement à ses côtés.

_ …Tout le monde veut aimer et court après le bonheur

Il y a plein de gens qui veulent trouver l'amour

Comment savoir s'il m'aime ?

Comment savoir encore ?

Est-ce qu'il vous emmène danser pour être plus proche de vous ?

Chante une chanson avec des mots très doux houhouhou ?

Il y a tant de choses à donner, tant de joies à partager… »

Belle posa une main sur l'épaule d'Emma pour la rassurer.

_ « Il y a longtemps, il y a longtemps

Qu'il vous aime !

Il y a longtemps qu'il vous aime

Il y a longtemps vraiment… »

Le cœur de la princesse se réchauffa à ses paroles réconfortantes. Baelfire était en effet si attentionné ce soir-là et cette chanson lui rappela beaucoup de souvenirs marquants avec lui.

_ « …Son cœur ne battra que pour vous et il battra jusqu'au bout.

Il y a longtemps … Il y a longtemps… Il y a longtemps… Il y a longtemps… Il y a longtemps… Il y a longtemps…Qu'il vous aime. Il y a longtemps… Il y a longtemps… Qu'il vous aime ! » termina de chanter Belle avec assurance.

Elles arrivèrent au village à ce moment-là puis se regardèrent l'une l'autre.

_ « Il n'y a pas de doute. L'Emma d'avant ou de maintenant ne changera rien à ses sentiments. Tu restes la même jeune fille qu'il a rencontré il y a de nombreux mois. Il t'aime comme tu es, avec tes qualités et tes défauts » décréta la brunette au grand cœur.

Belle cessa de parler et mit une main sur sa bouche. Elle venait de tutoyer Emma.

_ « Je suis désolée, c'est venu spontanément. s'excusa Lady French, l'ancienne princesse.

_ Ce n'est rien. Tu peux me tutoyer si tu le veux, rassura Emma.

_ On fait comme ça. »

La fille du véritable amour se mit à réfléchir aux propos de sa nouvelle confidente.

_ « Mais pourtant il garde une certaine réserve avec moi. Pourquoi ? questionna celle-ci.

_ Il a sûrement peur de t'effrayer et il peut être confus, troubler par toi, mais je crois qu'il n'y a rien de plus vrai que son amour pour toi. Le soir du bal quand vous dansiez… Princesse, il suffisait de vous regarder. C'était magique entre vous deux, s'extasia-t-elle.

_ Vraiment ? rougit Emma, gênée d'avoir laissé transparaître ses sentiments.

_ N'aie plus peur. Va le voir et enfin essayer de vous confier à ce sujet.

_ Tu… Veux dire… me déclarer ? interrogea la fille de Charmant, anxieuse.

_ Pas forcément, mais parle-lui et suit ton cœur surtout. »

La jeune princesse s'emmitoufla dans son manteau à capuche tout en réfléchissant.

_ « Ce ne sera pas la fin du monde Emma, si tu te rapproches de lui et que tu passes plus de temps avec lui. Tu as peut-être besoin de le revoir pour ne plus avoir d'incertitude » pensa la fiancée de Baelfire.

« _ Je suis très heureux que tu m'es choisi moi, tel que je suis. Je sais que c'est très confus pour toi en ce moment. Toutes ces révélations n'ont pas dû t'aider… mais tu ne m'as pas fui. Tu es si courageuse. Je te reconnais bien là…, avoua le fils de Rumplestiltskin plein de tendresse et d'admiration dans le ton de sa voix. »

En repensant à ces mots, un sourire plus confiant naquit sur ses lèvres.

_ « Vous… Tu as raison Belle. Merci pour ces précieux conseils. » répondit Emma, apaisée.

Sa voisine lâcha un sourire aussi puis elles se dirigèrent avec enthousiasme au marché, profitant de cette journée ensoleillée.

Non loin du Dark Castle, le lendemain matin

Le fils du ténébreux s'était posé à l'ombre d'un arbre et lisait un roman. Il avait décidé aujourd'hui de déserter le château. Bae avait encore du mal à avaler les propos de son père et fut même blessé du discours qu'il avait tenu sur la gentille bibliothécaire. S'il pouvait bloquer les faits et gestes de son père quelque temps cela le soulagerait grandement. Par chance il n'aurait pas trop à se préoccuper de lui cet après-midi. Hier dans la soirée, il avait reçu un message de sa princesse par le biais d'une colombe dans lequel elle se confondait en excuse et avait des propos attendrissants. Baelfire n'attendit pas longtemps pour lui répondre et l'informer qu'il serait heureux de la revoir. En l'occurrence, il avait proposé qu'ils se retrouvent devant le château. Le jeune homme voulait apprécier sa compagnie sans que personne ne les dérange, d'autant qu'il avait des choses à lui dire. Brusquement un craquement interrompit sa rêverie, le livre dans une main. De son autre main de libre, il alla chercher prudemment son couteau sanglé à sa jambe et le suspendit en l'air, les sens en alerte. Sur sa droite, il eut alors un mouvement et le futur fauconnier se prépara à l'assaut… qui fut arrêté par un grand bâton.

_ « Il y a comme un air de déjà-vu. » fit une voix moqueuse et familière.

C'est alors que Bae sut.

_ « Graham ! En même temps tu es plus du genre à rôder comme un loup qu'autre chose ! répliqua son ami en riant.

_ Je suis content de te revoir Bae. s'exclama le chasseur, son loup pas très loin de lui.

_ Le plaisir est partagé. Que fais-tu dans le coin ?

_ Je chasse pour moi. Je ne travaille pas aujourd'hui. Et toi, tu lisais? demanda-t-il, surpris.

_ Je voulais prendre l'air et lire ailleurs que chez moi. »

Un cri perçant alerta les deux compagnons et ils levèrent la tête pour observer la cime des arbres. Un rapace survolait leur secteur. Bae sortit la tige en ferraille, siffla dedans et son faucon pèlerin rappliqua comme une flèche sur le bras de son maître.

_ « Étoile grandit de plus en plus. Il paraît que c'est l'un des plus rapides de son espèce. déclara Graham, son bâton dans une main et accoudé contre l'arbre où était assis son ami.

_ C'est vrai. J'ai appris cela quand je suis allé voir une volière d'oiseaux. Il y a tellement d'espèces et j'ai toujours été fasciné par les rapaces, admit le futur fauconnier.

_ Tu continues à t'entraîner ?

_ J'essaye, mais je t'avoue qu'en ce moment avec Emma, je…

_ Tu penses à d'autres choses.

_ Elle vient tout à l'heure, confessa Baelfire tout en caressant son faucon.

_ Mmh… nerveux ? interrogea l'homme couvert de peaux de bêtes.

_ Oui… comme la première fois en quelque sorte avec toute ma réserve.

_ Sérieux, réservé… Tu as toujours été ainsi d'aussi loin que je m'en souvienne. À l'époque, tu n'as jamais joué avec des personnes de ton âge mis à part peut-être Grace ?

_ Mmh… et Maureen. J'ai plus connu la solitude avec mon père depuis que ma mère est partie. Ensuite quand il est devenu le ténébreux, la réponse était évidente pour moi. Tout le monde le craignait, tout le monde avait peur aussi de m'approcher. Ils savent que je suis différent, mais les gens ont peur de me blesser accidentellement ou de contrarier mon père. Pour tout t'avouer, il a transformé un marchand en escargot et l'a tué juste parce qu'accidentellement j'ai été blessé. Donc les villageois ont demandé à leurs enfants de ne jamais jouer avec moi. Enfin c'est ainsi, je le vis bien à présent et je me suis fait beaucoup d'amis depuis que j'ai rencontré Emma.

_ Peut-être que tu compenseras ce manque quand tu auras des enfants ? lança le chasseur, d'un air innocent.

_ Euh… nous n'y sommes pas encore, murmura Bae prudemment.

_ Cela te fait peur ?

_ Là n'est pas la question. Il faut être deux et tant qu'Emma n'est pas prête, rien n'est à envisager. Aujourd'hui, nous verrons comment les choses se passeront.

_ Je suis de tout cœur avec toi, tu le sais ?

_ Oui, merci de ton soutien. »

Il sourit au chasseur et ensuite, ils parlèrent tranquillement de la vie à la cour de Graham. Vers l'heure du déjeuner, ils se séparèrent avec la promesse de se revoir dans les jours qui viennent. Quelque temps après, Bae libéra son oiseau et se prépara un petit encas au château puis il choisit d'aller tenir compagnie à Samson dans son box personnel. Après le repas, il s'accorda une sieste dans de la paille fraîche.

Au Dark Castle – Une heure et demie plus tard…

Emma arriva devant la demeure du ténébreux accompagnée d'Atchoum et d'un chevalier de la garde royale déguisé en fermier. La jolie princesse portait une nouvelle robe de paysanne et elle était encapuchonnée pour préserver son anonymat. Sur sa tenue, le corsage était marron brodé d'arabesques comme sa grand cape et sa longue jupe avait deux tons : couleur paille et carmin. Ils s'arrêtèrent à quelques mètres de distance du château et la princesse prit l'initiative de descendre d'Angus. Elle tapota l'encolure de son cheval puis prit la bride. La jeune femme distingua un box aménagé sur le côté de l'imposante bâtisse.

_ « Je vais aller attacher Angus là-bas. Je pense que vous pouvez repartir, décida-t-elle, déterminée.

_Mais Princesse, nous devons veiller sur vous, vous escorter, s'écria le nain, un mouchoir à la main et reniflant légèrement.

_ Je veux passer du temps avec mon fiancé et le redécouvrir. Avec votre présence, ceci me semble délicat. Nous devons parler de notre avenir et je considère ceci comme une conversation privée.

_Mais Cora court toujours dans la nature, Votre Altesse, s'exclama le chevalier en fronçant des sourcils.

_ Il n'est pas dit qu'elle soit là. Écoutez, je demanderai à Baelfire de me raccompagner. Il est probable qu'il soit en train de s'occuper de son cheval dans son box à l'heure où nous parlons. Nous devons nous retrouver dehors. Je le retrouverai facilement alors allez-y ! »

Les deux accompagnateurs la scrutèrent d'un petit air sceptique, mais voyant l'air buté de la princesse, ils préférèrent ne pas la mettre en colère. Ils se contentèrent de la saluer et reprirent leur chemin de leur côté. Ils prirent tout leur temps jusqu'à ce qu'enfin Emma arrive au box avec Angus. La jeune femme s'occupa alors de son ami galopant. Elle l'attacha à une barrière en bois puis sortit de sa sacoche de voyage, un sachet de flocons d'avoine. Emma versa une poignée de graines dans sa main et le tendit à son cheval. Il mangea sereinement cette petite portion sans broncher.

_ « Voilà mon beau. » murmura-t-elle, attendrie avant d'observer dans le détail l'intérieur du box.

Un autre cheval dormait dans un coin, assis à même le sol et non loin de lui, elle aperçut une silhouette endormie. Elle le reconnut. Son cœur battit la chamade. La fille de Blanche-Neige entra alors dans le box et alla à sa rencontre.

À un mètre de lui, Baelfire sentit une présence et prit d'une main son bâton qui était posé juste à côté de lui. Il ouvrit les yeux et le brandit devant lui. Le jeune homme rencontra alors les yeux de sa bien-aimée et réalisa qu'il avait dormi plus longtemps qu'il ne le voulait. Emma le fixait avec surprise. Bae s'excusa et se releva prestement en prenant appui sur son bâton.

_ « Je suis rassuré que tu sois là. Tu as bien fait de venir ici. C'est la première fois que je m'assoupis aussi longtemps. Moi qui voulais guetter ton arrivée, avoua-t-il tout en passant une main dans ses cheveux.

_ Ce n'est pas grave, Bae. annonça sa moitié d'une voix douce.

_ Si ça l'est. Je n'ai pas été assez prudent pendant ces nombreux mois et…je ne dois pas répéter la même erreur » répondit-il en s'approchant d'elle.

Elle voulait le rassurer à ce sujet surtout maintenant qu'elle possédait de la magie. D'ailleurs la jeune femme tenait à lui parler de ça aussi aujourd'hui. Baelfire prit les mains d'Emma et les porta à ses lèvres.

_ « Tu m'es tellement chère. » lui admit-il sans crainte.

Elle le contempla avec un sourire alors que son cœur battait avec frénésie.

_ « Nous devons parler de nous…, souffla-t-elle.

_ Oui, je sais… marchons un peu. »

Bae lui tendit gentiment une de ses mains et Emma prit la main que son compagnon lui tendait. Ils quittèrent alors le box, laissant ainsi Samson et Angus se reposer. Ils traversèrent l'entrée de la forêt et passèrent même devant la chaumière de Manny sans s'arrêter puis le fils du ténébreux entraîna sa dulcinée vers une jolie clairière paisible. Ils prirent place sur un rocher, côte à côte, et leurs mains se détachèrent. Emma observa les lieux et le cours d'eau pensivement tandis que son fiancé fixait son bâton dans ses mains, cherchant la force de se jeter à l'eau.

_ « J'aimerai tout me rappeler Bae… » confessa-t-elle la première.

En entendant ce petit mot une deuxième fois de la bouche de sa princesse amnésique, son cœur se gonfla d'amour. Emma n'avait pas l'air de réaliser la signification de ce surnom.

_ « Tu sais que ce n'est pas de ta faute, tempéra-t-il.

_ Oui bien sûr… Seulement, je suis sûre qu'il y a un moyen de déjouer le sort de Cora. J'ai… J'ai peut-être perdu nos souvenirs, mais… » affirma-t-elle avec hésitation, tout en effleurant la main de son compagnon.

Il la contempla d'un air troublé. Le jeune homme ressentait son amour dans ce geste. Il chercha à comprendre encore pourquoi cela lui paraissait si évident alors qu'elle semblait inquiète.

_ « De prendre ta main, te voir, d'être encerclé par tes bras, d'être touché par toi me bouleverse tellement. Je suis tellement heureuse quand tu es près de moi. Quand tu t'éloignes, cela m'est insupportable et je n'ai qu'une envie… c'est de pleurer. Je ressens tellement d'amour à l'intérieur de moi, des émotions qui ne s'expliquent pas, car je ne me souviens pas. Pourtant…

_… la mémoire du corps est restée intacte. Il se rappelle… C'est pour ça que tu voulais me voir, que tu étais troublé en me voyant…, réalisa-t-il avec surprise.

_ Oui… » murmura-t-elle en se penchant vers lui, une larme glissant sur sa joue.

Il essuya sa larme d'un pouce et posa son front contre le sien amoureusement.

_ « C'est une bonne nouvelle. avoua-t-il, tendrement.

_ Peut-être que pour me rappeler de tout il faut continuer dans cette lancée?

_ À quoi penses-tu ? »

Quand il se redressa et la scruta d'un air intrigué, elle dévia le regard.

_ « Le baiser du véritable amour. On dit de lui qu'il brise tous les enchantements. Alors peut-être que c'est la solution ? Bae… nous devons essayer, informa-t-elle avant de poser ses yeux verts à nouveau dans ceux de son amoureux.

_ Et si ça ne fonctionne pas ? songea-t-il, anxieux.

_ Embrasse-moi. » souffla-t-elle, le cœur battant.

Baelfire la contempla sans dire un mot. Il avait tellement envie d'exaucer son vœu… Sa princesse se pencha vers lui à nouveau. Inconsciemment, le fils du ténébreux fit de même et prit le visage d'Emma en coupe. Les lèvres du jeune homme se rapprochèrent lentement de celles de la jeune femme. Elle ferma les yeux, endiguée par un flot d'émotion et leurs souffles s'entrechoquèrent. C'est alors qu'un sentiment de crainte et de culpabilité vint envahir son compagnon. Tout d'abord, Bae avait peur de ne pas être le véritable élu de son cœur puis il se détestait d'ignorer le désarroi actuel d'Emma. L'embrasser alors qu'elle ne se souvenait d'aucune déclaration d'amour le freina. Il ne pouvait pas par principe. Le premier baiser est toujours important. Il connait sa Emma et il sait que sa princesse amnésique à ce secret envie. Par conséquent…

_ « Non pas comme ça… » murmura-t-il, tristement.

Il s'éloigna d'elle et la fille du véritable amour ouvrit instantanément ses yeux. Emma fut étonnée par son choix.

_ « Il y a d'autres moyens... pour se rappeler, certifia-t-il en soupirant légèrement et s'écartant d'elle.

_ Tu es sûr de toi ? Par… par exemple ? questionna-t-elle, en plein trouble.

_ Écoute ça sera en dernier recours. Tu sais avec moi, tu as appris plein de choses. Tu voulais apprendre à te battre, à te défendre et bien d'autres requêtes. Si on essayait plutôt de réveiller les souvenirs endurants de ton corps ? demanda-t-il en se levant et lui faisant signe de le suivre.

_ Mais… je ne crois pas être dans la tenue adéquate pour ce que tu me demandes ? s'exclama-t-elle, gênée.

_ Il va falloir enlever le superflu, déclara Baelfire sérieusement.

_ Comment ça ?

_ Je crois que tu as un jupon classique en dessous, plus léger. Tu pourras bouger plus facilement et plus rapidement avec. L'épaisseur de ta jupe ici va te peser et être contraignante. Fais-moi confiance, répondit-il tout en montrant sa jupe couleur paille et carmin.

_ D'a… D'accord. Après tout… ça n'atteint la pudeur de personne. D'ailleurs j'ai toujours voulu essayer des vêtements masculins. Je trouve que c'est moins imposant et moins embêtant à mettre, acquiesça-t-elle en mordillant sa lèvre inférieure.

_ Tu l'as déjà fait, assura son fiancé avec un sourire malicieux.

_ Oh et quelle a été ma réaction ?

_ Je crois que tu aimais beaucoup. »

Il se détourna avant même qu'elle lui fasse la demande et Emma s'exécuta à enlever la pesante jupe de paysanne. Baelfire surveilla les environs.

_ « C'est fait ! » dit-elle avant de mettre ses mains sur ses hanches, un sourire aux lèvres.

Son compagnon se retourna pour la regarder.

_ « Prête à redécouvrir quelques entraînements ? interrogea-t-il tout en venant vers elle et dégrafant sa cape.

_ Oui. » affirma Emma sans le quitter des yeux.

Baelfire détourna les yeux du corsage de sa fiancée et posa sa cape sur un rocher.

_ « Commençons par le tir à l'arc… J'ai caché un arc et un carquois plein de flèches non loin de cette clairière. Je reviens tout de suite. » prévint-il.

Dix minutes plus tard, il revint avec le nécessaire et commença à lui apprendre les bases. Celles-ci qu'Emma avait apprises avec Robin. Néanmoins, Baelfire l'avait guidé au campement sur sa posture et il réalisa les mêmes gestes. Il se colla dans son dos et releva légèrement le bras ferme de sa compagne. Elle était attentive et intéressée par cette pratique, l'arc tendu dans une main et la flèche installée dessus, mais la princesse était aussi troublée par sa présence. Il y avait comme un air de déjà-vu.

_ « Concentre-toi et… lâche prise. » murmura-t-il avant de s'écarter d'elle.

L'instant d'après, elle lâcha la corde et la flèche partie droit vers la cible.

_ « Incroyable ! s'exclama-t-elle, stupéfaite.

_ Tu as ça en toi. Continuons. »

Et pendant de nombreuses heures, ils réalisèrent des épreuves sur terre ou en hauteur. Emma ne perdait pas de courage et constata que certains gestes venaient d'elles-mêmes. Elle sut répliquer et réussissait dans chaque entraînement. Bae lui souriait et l'encourageait. À un moment, ils firent une pause et ils allèrent se rafraîchir le visage. Ensuite, le fils du ténébreux rangea certaines affaires. Elle l'observa de loin avec un sourire tendre. Il aurait pu l'embrasser tout à l'heure, mais il ne l'avait pas fait. Pas qu'il ne le voulait pas vu qu'il n'avait d'yeux que pour elle… c'est juste qu'il avait trop de principes. Lui un simple villageois et non prince.

_ « Et même si la route est bien longue à la fin

Et même si le doute nous fait serrer les poings

L'amour nous rassure, brise le mur des incertitudes

J'apprendrai à lire dans ton regard

Je serai le dernier des remparts

Rien ne sera plus comme avant non

C'est le début, je le sens… » fredonna-t-elle doucement.

Elle ferma les yeux.

_ « Deux étrangers

Dans une même aventure

Deux étrangers

Vont changer le futur

D'un même espoir

Le besoin d'y croire vraiment

C'est le début, je le sens… » dit-elle en ouvrant les yeux et fixant son amoureux.

Ce dernier revint et l'interrompit dans cette balade. Il proposa une dernière épreuve en hauteur. Ils gravirent donc l'un des plus imposants arbres de la forêt et restèrent en équilibre sur la toute première branche.

_ « Le but est de rester perché sur une branche le plus longtemps possible ? N'est-ce pas dangereux ? questionna Emma, surprise.

_ Où est passé ton sens de l'aventure ? Tu ne désirais que ça. Te sentir libre et vivante, en accord avec toutes choses. Tu l'as. rétorqua Bae, amusé.

_ Je vois… répondit-elle d'un air crispé, évitant de regarder dans le vide.

_ Attention ! Reviens vers moi. C'est ça… Il a une branche plus basse quelques centimètres au-dessus de ta tête. »

La princesse s'exécuta méthodiquement quand soudain son pied dérapa. Elle sut rattraper son équilibre instinctivement. Emma entendit alors les inquiétudes de Bae et sans cérémonie, celui-ci l'attira à lui. Brusquement un flash apparut dans son esprit, plus vif et plus prenant que tous les déjà-vu des dernières heures.

*Début du flashback*

Baelfire la rattrapa et la colla contre lui au tronc de l'arbre.

_ « Tu es impossible. Pourquoi fais-tu exprès de me faire des frayeurs sur cette branche ? demanda le futur fauconnier, mécontent.

_ J'aime te faire peur. C'est comme ça que je vois si tu m'aimes, avoua Emma avec un air taquin tout en se lovant contre lui.

_ Enfin Em'… Tu sais très bien que… c'est le cas. J'en viens à regretter de t'avoir fait monter ici. C'est dangereux. Il y a peut-être 3 mètres de haut mais ne le prends pas à la légère. Promets-moi de ne plus le refaire… s'il te plaît. lui murmura-t-il, inquiet et la scrutant au fond des yeux.

_ D'accord… Je suis désolée. Je te promets que ça ne se reproduira plus. répondit-elle, son sourire devenu penaud.

_ Bien… c'est bon à savoir.

_ Tu me pardonnes ? »

Baelfire regarda sa bien-aimée et caressa d'une main sa joue.

_ « Je t'aime… Tu es tout mon univers, Emma. Ai-je répondu à ta question ? lança-t-il avec gravité.

_ Oui ! »

La princesse vola alors un baiser à son compagnon et s'en suivit un long échange…

*Fin du flashback*

_ « Emma ? Emma ? » interpella une voix familière anxieuse.

Elle ouvrit les yeux et croisa les yeux de Baelfire.

_ « C'était beaucoup plus fort que ces impressions de déjà-vu… Je nous ai vus dans une situation presque similaire. J'avais voulu te faire peur et tu m'as ramené à toi comme à l'instant. Tu m'as grondé comme mes parents l'auraient fait et je me suis excusée. Ensuite…

_ Tu m'as demandé si je t'avais pardonné. acquiesça-t-il.

_ Et tu m'as dit que tu m'aimais, que j'étais tout ton univers. C'est vrai ? demanda-t-elle, le cœur battant.

_ Oui, Emma. Depuis cette pluie d'étoiles filantes, je t'ai aimé et je t'aimerai toujours. Avec nos souvenirs ou pas. Rien ni personne ne t'enlèveras de moi. Rien ni personne ne t'aimera comme moi. Rien ni personne ne t'arrachera à moi. Rien ni personne… » lui souffla Bae avec tendresse.

Il la serra contre lui, toujours debout et calé contre le tronc de l'arbre. Enfin il l'avait de nouveau fait.

_ « Je t'ai… » commença à dire la princesse, mais fut coupée dans son élan.

Baelfire lâcha prise. Il l'embrassa avec ferveur tandis qu'Emma répondit tout en étreignant à deux mains sa chemise. Un flot d'amour traversa la jeune femme qu'elle en ferma les yeux, se sentant renaître. Un halo blanc et lumineux apparut alors des mains de la princesse puis il entoura le couple. Leurs lèvres se désunirent quelques secondes après le phénomène. Bae observa Emma, stupéfait. Cette dernière ouvrit lentement les yeux et le contempla différemment. Les yeux de sa fiancée s'embuèrent soudainement et elle lâcha des sanglots.

_ « Emma ? Qu'est-ce qui se passe ? » interrogea-t-il en caressant son visage attristé.

Pour toute réponse, elle posa sa bouche contre la sienne pour lui faire comprendre et entama un long baiser avec lui avant d'y mettre fin elle-même.

_ « Mon amour… » souffla-t-elle contre lui.

Il comprit et pleura de joie… avec elle.

À la bibliothèque – Au même moment

Belle rangeait des livres dans certains rayonnages quand elle fut interpellée par une voix familière.

_ « Bonjour, mademoiselle ! lança un charmant homme brun en uniforme marin.

_ Bonjour Killian. Alors qu'avez-vous pensé du livre ? questionna-t-elle poliment.

_ Ce roman sur la vie en mer est incroyable. Merci de me l'avoir conseillé, en plus des autres.

_ Je suis contente pour vous. » répondit-elle, tout en frottant ses yeux d'une main.

Belle dormait très peu depuis le bal et ça ne s'arrangeait pas avec le temps.

_ « Oh, vous avez l'air bien fatiguée dites-moi. Qui trouble ainsi votre sommeil ?

_ Personne, mentit la bibliothécaire.

_ Une gentille et jolie femme comme vous… non il doit y avoir un réel problème. Un souci familial ? Une peine de cœur ? »

Il constata l'expression de tristesse de la jeune femme.

_ « Oh voyons, ça ne doit pas être si dramatique… Racontez-moi. Parfois le fait de se confier à un inconnu peut faire du bien. » tranquillisa Hook.

Ses propos eurent le don de pousser Belle à se confier. Elle lui expliqua alors brièvement la situation.

_ « Si le problème est de savoir s'il vous aime ou non, seul un baiser d'amour sincère vous le dira. Avec toutes ses petites intentions, je doute qu'il soit indifférent à votre charme. Peut-être est-il timide ou a-t-il peur que ce ne soit pas partagé, ce qui expliquerait sa distance, exprima le capitaine sérieusement.

_ Vraiment ? Je dois juste aller le voir et l'embrasser pour tout régler. Je je ne sais même pas si je serais bien reçue. avoua-t-elle, confuse.

_ Regardez au-delà des apparences… selon vous, il cache tous ses bons sentiments derrière un masque. À vous de fissurer cette muraille qu'il s'est érigée. Tentez le tout pour le tout comme un personnage digne des romans, n'ayez pas de regrets ma chère Belle. Suivez votre cœur. annonça-t-il avec douceur, tout en étreignant l'épaule de la jeune femme.

_ Je… Je vais y réfléchir.

_ Très bien. Je vais vous laisser alors. On dit que la nuit porte conseil. » conclut le pirate déguisé.

Sur ces mots il quitta les rayonnages où se trouvait Belle, laissant cette dernière bien songeuse.


Une femme monta des escaliers grinçants et arrivée à l'étage, elle toqua discrètement à une porte avant d'entrer. Elle pénétra alors dans une petite pièce qui servait de chambre. Celle-ci ne possédait que le strict minimum : un lit, une armoire et une table de chevet. Dans le lit, un homme aux longs cheveux roux y était allongé les yeux fermés. La femme s'approcha du blessé et s'installa sur un coin du lit. En y prenant place, elle réveilla l'homme en question.

_ « Ce n'est plus qu'une question de temps. se contenta de répondre la mère de Regina.

_ Oui…, murmura-t-il.

_ J'aurais payé ma dette mon cher Albéric.

_ En effet, nous serons quittes toi et moi, reconnut l'enchanteur.

_ Que compteras-tu faire par la suite ?

_ Me venger et de la plus cruelle des manières. Si je ne peux pas l'avoir… alors personne ne l'aura. » décida-t-il avec un faible sourire.

A suivre