Bonjour à tous! Désolée pour cette longue attente :(. Comme je n'ai pas réussi à finir le chapitre 19 vu qu'il était très riche, j'ai préféré cette fois-ci le découper en deux parties. J'attaque l'écriture de la deuxième partie cette semaine ^^.
Des répliques du S1X12 ont été reprises. Elles ne m'appartiennent pas de droit. Je ne les mets en scène que par plaisir et par cohérence en lien avec ma fanfic OUAT. Thanks Lily pour ma correc'! :D
PS : Je vois beaucoup de passages sur ma fic et je trouve vraiment dommage de ne pas savoir si mes chapitres vous plaisent ou non. Or c'est une bonne motivation pour moi et bien évidemment ça me ferait très plaisir d'avoir vos ressentis. Enfin bon... Bonne lecture.
Non loin du Dark Castle
Après une longue étreinte ponctuée de larmes, de mots tendres et de rires maladroits, ils se séparèrent doucement. Bae caressa d'une main la joue gauche et satinée de sa princesse, ayant encore dû mal à y croire tandis que sa fiancée essuyait délicatement d'un doigt ses pleurs, l'autre main toujours contre son torse.
_ « Asseyons-nous sur la branche. » murmura Baelfire, en regardant leur position sur l'arbre et le vide en dessous d'eux.
Emma acquiesça et précautionneusement le couple entreprit de se poser sur la branche. Ils restèrent coller l'un à l'autre. Bae entrelaça une main à celle de sa compagne. Au même instant, l'aura blanche et brillante réapparut de ses deux mains unies.
_ « Emma…, souffla-t-il, inquiet.
_ Cela va disparaître… » rassura-t-elle en se concentrant sur leurs mains scellées.
Cet étrange halo disparut aussitôt qu'elle le dit. Baelfire sonda alors du regard sa dulcinée. La princesse eut un sourire penaud.
_ « Il s'est passé tellement de choses… je comptais t'en parler aujourd'hui. Cette fièvre que j'ai eu le soir du bal, elle n'était pas naturelle. Quand je t'ai confessé qu'au fond de moi, j'avais toujours le sentiment d'avoir de la magie… euh… eh bien c'est le cas et jusqu'alors je ne savais pas comment la contrôler. Maintenant, tout me parait clair.
_ Vraiment ? questionna-t-il, surpris.
_ Oui. J'ai trouvé la force de ma magie, l'origine de son apparition. C'est toi. C'est notre amour. » souffla Emma, émue par cette découverte.
Bae caressa sa main et la fixa avec tendresse.
_ « Tu es la fille du véritable amour, au fond ce n'est pas anodin. Je suis heureux que tu es pu défaire le sort de Cora grâce à ta magie, réalisa celui-ci.
_ Sans toi à mes côtés, jamais cela n'aurait pu se faire. Jamais je n'aurais sû…
_ Vraiment ? Pourtant le baiser n'a pas défait le sort. » songea-t-il, tristement.
Cette histoire de baiser d'amour véritable le préoccupait. Était-il seulement à la hauteur de la fille de Blanche-Neige et de Charmant, le fruit du véritable amour ? Il ne chercha pas à montrer son anxiété à ce sujet et se contenta de lui sourire. Emma sortit alors un médaillon de son décolleté et Bae reconnut son collier. Sa princesse l'avait donc porté ?
_ « Merci pour le collier. Je voulais te le dire également. Je l'adore ! Bien que le clin d'œil avec le cygne m'embarrasse un peu, exprima Emma en tripotant l'objet en question.
_ Pourquoi ?
_ Pourquoi ? Eh bien, j'étais ridicule en oiseau et impuissante aussi.
_ Pourtant le cygne te représente bien. Albéric a su le voir. Tu es aussi élégante et gracieuse qu'un cygne quand tu danses. Tu es la fille de Blanche-Neige et de Charmant, il n'y a pas d'amour plus pur. Tu incarnes la beauté et la grâce. Il n'y a rien de plus noble qu'un cygne, avoua le fils du ténébreux.
_ J'ai plus l'impression qu'un cygne c'est fragile. » ronchonna-t-elle.
Son attitude déclencha l'hilarité de Baelfire.
_ « Tu es butée. C'est ton côté rebelle qui répond. Le cygne représente la liberté, crois-moi tu as plus de points communs avec cet oiseau que tu ne le penses. Tu vois tout en négatif, la reprocha-t-il, avec un sourire amusé.
_ J'ai des raisons d'être pessimiste avec tout ce qui nous arrive. Aurons-nous seulement du répit ? La paix ? J'ai l'impression que jamais ça ne s'arrêtera, confessa la princesse.
_ Je le sais, admit-il et son sourire finit par disparaître.
_ J'en ai assez. Je te promets que ni Cora ni Albéric ne parviendront à leur fin. Je compte bien travailler ma magie et me défendre. Avec la fée Bleue et Merlin, je deviendrais de plus en plus forte.
_ Je vois. » se contenta-t-il de dire avant de scruter le paysage face à lui.
Emma le fixa et le vit pensif.
_ « Je sais que la magie ne résume pas tout. Que ce n'est pas une finalité. Elle sera employée qu'en dernier recours, assura-t-elle tout en serrant un peu plus la main de son compagnon.
_ J'aurais au moins été de bon conseil, répondit le futur fauconnier en fronçant des sourcils.
_ Oh, je t'en prie Bae.
_ J'ai bien compris. Fais ce qui te semble juste, tranquillisa-t-il presque en s'excusant et serrant brièvement sa main.
_ Tu sais… Je ne te le dis peut-être pas souvent, mais… j'aurais toujours besoin de toi. Tu es toujours là pour m'apaiser ou pour me consoler. Sans toi, je suis complètement perdue. Tu n'as pas besoin de magie pour me montrer ta force ni ton courage. Je le sais. Je les ai vu à l'œuvre. Tu es un homme admirable et tu es mon point d'ancrage. Tu es mon bouclier, Bae » déclara la jeune femme blonde avec sincérité tout en effleurant d'un doigt la fine cicatrice de son fiancé sur la joue.
À ces propos, les yeux de Bae se posèrent sur le beau visage de sa bien-aimée. Son cœur manqua un battement. Il fut touché par cette confession. Elle conclut par un baiser tendre sur ses lèvres. Quelques secondes plus tard, il prit fin. Le fils de Rumple ne put s'empêcher de sourire face à cette joie qu'il ressentait. Emma le contempla avec beaucoup d'amour et sa main gauche vint se lover sur leurs mains déjà scellées. Baelfire posa les yeux sur sa main délicate et scruta la bague argentée à son annulaire.
_ « Et je vais t'épouser, t'aimer et vieillir avec toi ». révéla-t-elle avec confiance tout en suivant son regard.
Le cœur du jeune homme cogna furieusement.
_ « Reste calme…, pensa le fils de ténébreux.
_ Descendons. » souffla-t-il d'un ton sérieux et déterminé.
Elle le regarda inquiète tandis qu'il se relevait et lui tendait une main. Emma l'accepta et le suivit, soucieuse. Dès qu'ils furent de nouveau sur la terre ferme, la jeune femme l'observa. Bae se dirigea vers le rocher où ils s'étaient assis il y a quelques heures et lui ramena ses affaires. Que signifiait cette attitude ? Il était encore si mystérieux.
_ « Pourquoi ? questionna-t-elle, anxieuse.
_ Tu vas attraper froid, prétexta Bae en détournant les yeux.
_ Vraiment ?
_ Emma…, soupira-t-il.
_ Très bien, mais tu me dois une explication, Baelfire. » décréta la princesse sérieusement.
Il acquiesça quelque peu à cran. Quand elle était contrariée, elle l'appelait ainsi. Emma remit sa cape ainsi que sa jupe alors que son compagnon surveillait les environs puis la princesse attendit qu'il parle.
_ « Si j'agis ainsi, c'est pour garder le contrôle, commença-t-il à énoncer, à contrecœur.
_ Bae, on en a déjà parlé. Tu sais ce que je ressens…
_ Oui, mais ce n'est pas le problème actuel. Nous étions en hauteur. Je ne voulais pas créer d'incident maintenant, avoua-t-il en lui montrant l'arbre et s'approchant d'elle.
_ Pas… maintenant ? répéta la fille de Blanche-Neige, ébahie.
_ Oui… Ma fiancée m'a cruellement manqué ces jours-ci alors… je vais baisser ma garde pendant quelques minutes. Je compte bien embrasser ma future épouse et la toucher sans retenue », murmura-t-il tout en avançant et faisant reculer Emma.
Cette dernière se retrouva acculer contre l'arbre, les joues rougies par les aveux chuchotés de son amoureux. Elle le contempla avec une lueur familière dans les yeux.
_ « Je vais en profiter mon tendre fiancé… Mais pourquoi me demandait de me rhabiller ? interrogea-t-elle, d'un air taquin.
_ Bon sang Em'… Par sécurité. J'ai fait un effort surhumain aujourd'hui je dois le reconnaître, déclara-t-il en collant lentement son bassin au sien.
_ Vraiment ? À cause de mon amnésie ? De ma vertu ? bredouilla-t-elle, fiévreuse soudain.
_Oui… Et pour respecter ma promesse vis-à-vis de tes parents. Pas avant le mariage..., soupira Bae en posant son front contre celui d'Emma avant de l'embrasser sensuellement, les mains en coupe sur son visage.
_ Et… notre mariage est prévu quand ? haleta la jeune femme tout en fourrageant ses mains dans les cheveux de Bae.
_ Le jour de ton anniversaire. Dans deux mois et une semaine... Bientôt, mon amour, répondit-il en embrassant ensuite sa joue et caressant ses épaules, ses bras puis la taille de sa bien-aimée de ses deux mains.
_ Oh, tu veux faire notre mariage, le jour de mon anniversaire ? lâcha-t-elle profondément émue.
_ Oui, cela me semblait évident. Pour tes 18 ans, je voulais que ce soit un jour qu'on n'oublierait jamais toi et moi. Je désirais exaucer notre vœu à tous les deux. Je veux te déclarer tout mon amour devant le royaume et que nous passions notre vie ensemble, affirma-t-il tout en l'étreignant.
_ Oh, Bae… » murmura-t-elle avant de caresser avec tendresse la joue de l'homme qu'elle aimait.
Baelfire emprisonna la main d'Emma et déposa un baiser enflammé sur la paume de celle-ci.
_ « Je t'aime…, dit-il puis celui-ci toucha les cheveux soyeux de sa princesse quelques secondes après.
_ Je t'aime Bae. »
Leurs yeux se soudèrent et dans un élan de passion, un nouveau baiser se fit et des plus ardents. Emma s'agrippa à lui comme si sa vie en dépendait et Baelfire la souleva d'un bras, les jambes de sa princesse allant entourer sa taille. Puis le jeune homme posa sans hésitation ses mains sur le postérieur royal de sa compagne pour la maintenir. Leurs lèvres se quittèrent pour reprendre leur souffle. Ce regain d'intimité entraîna une certaine rougeur et un réel plaisir mutuel au couple puis plus tendrement ils s'embrassèrent et s'effleurèrent. Quelques minutes après, le fils de Rumplestiltskin cessa et scruta la jeune femme avec affection. Il embrassa son petit nez.
_ « J'en ai de la chance…, murmura-t-il.
_ Moi aussi. » intervint sa princesse contre lui.
Les amoureux se sourirent puis Bae caressa d'une main l'une des fesses de sa dulcinée à travers la robe. Les yeux d'Emma s'assombrirent alors et il cessa avec un sourire penaud.
_ « J'aimerai tellement crois-moi mais… il vaut mieux arrêter maintenant et parler d'autre chose. L'organisation du mariage par exemple. jugea-t-il plus sage avant de faire descendre prudemment sa moitié.
_ D'accord. C'est… c'est tout un travail. articula-t-elle, toujours tiraillée par le désir.
_ Je ne sais pas ce que je pourrais faire. Tu sais comment s'est passé le mariage de tes parents ? questionna-t-il maladroitement tout en allant s'installer sur un rocher.
_ J'ai entendu des bribes de conversation à ce sujet cependant rien de bien concret, mais ils nous aideront, se reprit Emma avant de l'imiter.
_ Ce sera le mariage du siècle… il restera dans les mémoires. Moi, le fils du ténébreux et toi, la fille du véritable amour, réalisa Bae.
_ Oui… Qui sait si Pinocchio ne racontera pas notre histoire dans un autre de ses livres ! s'enquit sa fiancée avec un sourire complice.
_ Probablement. Je me demande d'ailleurs ce qu'il en est du livre qu'il a terminé sur notre monde et présentant divers récits, avoua le fils de Rumple.
_ Je lui poserai la question. Par contre, je viens de songer à quelque chose. Pour la cérémonie, il nous faut un témoin à tous les deux, en l'occurrence des personnes proches de nous. Ils seront là pour nous aider et nous rassurer pour cet évènement particulier.
_ D'accord. Cela nous laisse du temps… »
Il hocha de la tête et ils parlèrent ensuite d'un peu de tout et de rien, heureux de se retrouver. La tête d'Emma était posée contre l'épaule de son amoureux et ne cessait pas de sourire en sa présence. Un quart d'heure plus tard, en voyant le ciel s'assombrir, Baelfire décida qu'il était temps de faire le voyage de retour. Emma récupéra Angus et Bae, Samson au box puis les montèrent. Ils prirent le chemin du royaume de Blanche-Neige l'un à côté de l'autre, impatients d'arriver à ce jour tant important pour eux.
Au Dark Castle - Le lendemain matin
Belle French descendit de son cheval et l'attacha à un anneau à l'entrée du château. Elle avait beaucoup réfléchi depuis hier et Killian avait raison. Il était temps de savoir, il était temps de bousculer le maître de ces lieux. La jeune femme inspira, quelque peu tremblante, avant d'aller se poster devant la porte de la demeure. De l'autre côté de cette porte, Rumple était installé dans la grande salle avec son rouet. Il sentit une présence inattendue à l'extérieur de son château. Il jeta un regard sur sa gauche vers la chaise électrique qui était toujours présente dans la salle… Le ténébreux fit un signe de la main et il envoya par magie cet appareil dans un autre lieu. Baelfire l'ignorait toujours et avait toujours ce regard sombre en contemplant cette chaise. Il avait bien compris que son fils aurait voulu s'en débarrasser, seulement il en était hors de question. Rumple avait bien l'intention de s'en servir. Il cessa de tisser et se leva. Le Ténébreux se dirigea vers la porte en essayant de ne pas perdre patience. Qui osait le déranger à cette heure ? Il ouvrit la porte en grand, prêt à faire une réplique cinglante à l'intrus quand il croisa ses magnifiques yeux bleu azur. Il se figea.
_ « Belle… » souffla-t-il, d'un ton quelque peu surpris.
Il ne s'attendait pas à la revoir vu la manière dont il l'avait rejeté la dernière fois au sujet du bal. Il la contempla. Elle était magnifique. Il se sentait soulagé de la voir et en même temps, cela l'inquiétait…Il faut dire que cela était inconcevable pour lui. Elle et lui. Rumple tentait de réfréner ce qu'il ressentait pour elle. Pourquoi ne comprenait-elle pas ? La jeune femme fut troublée par cette appellation. C'était la première fois qu'il l'appeler ainsi. Était-ce bon signe ?
_ « Bonjour Rumplestiltskin », répondit-elle d'une voix douce.
Un sourire effleura les lèvres de la bibliothécaire. En la voyant si radieuse, il se renfrogna.
_ « Bon sang, ce n'est pas le moment de te laisser attendrir, songea-t-il, en fronçant des sourcils.
_ Ma chère si vous êtes venus voir mon fils, il n'est pas là. Il doit préparer son futur mariage au château des Charmants, déclara Rumple d'un air soudain indifférent.
_ Je sais que Baelfire est occupé… » commença-t-elle à dire d'un air hésitant.
Avec les souvenirs retrouvés de sa bien-aimée et le mariage qui approchait à grands pas, le jeune homme avait beaucoup de choses à faire avec sa future belle-famille. Belle songea à un de ces jours où elle était venue le voir pour lui apprendre la danse. Lors d'une pause, il avait sorti un médaillon de sa poche et l'avait contemplé avec nostalgie.
_ « C'est un souvenir ? demanda Belle French à Baelfire.
_ Non. C'est un cadeau… pour Emma, souffla-t-il avec un sourire triste.
_ Je suis sûre qu'elle l'aimera. Tout ira bien, Baelfire, rassura-t-elle.
_ Espérons », se contenta-t-il de dire avant de le ranger à nouveau.
À ce moment-là, elle sut que les choses s'arrangeraient pour les deux amoureux. Ils étaient si adorables ensemble. Ils se complétaient… Bien évidemment ce genre d'idylle ne lui sera pas possible à elle, car elle était tombée amoureuse d'un homme têtu et distant avec elle. Cela ne pouvait plus durer…
_ « … mais je ne suis pas venue pour le voir ou lui parler, continua la femme brune vêtue d'une jolie robe bleue et blanche.
_ Vraiment ? Et pourquoi donc vous êtes-vous déplacée, Mlle French ? » questionna Rumple, peu désireux de la faire rentrer.
Elle soupira, levant les yeux en l'air avant de les poser de nouveau sur son interlocuteur.
_ « Il est fatigant. Un pas en avant, trois en arrière, pensa-t-elle, contrariée.
_ Je suis venue vous voir vous. Pour parler, ajouta Belle.
_ Parler de quoi, ma chère ?
_ De nous. De votre attitude désobligeante et condescendante à mon égard. Je ne comprends pas pourquoi vous agissez ainsi. Après ce que nous avons traversé, je pensais que… nous étions devenus… amis. » annonça-t-elle en douceur.
Il fallait faire ça, étape par étape. Le ténébreux soupira à son tour.
_ « … Belle… je ne tiens pas à… discuter, marmonna Rumple, soucieux.
_ Il a encore dit mon prénom, songea-t-elle, le cœur battant la chamade.
_ Laissez-moi entrer. Cela ne prendra pas longtemps. Après, je vous laisserai tranquille. » répondit Belle posément, entrelaçant ses mains entre elles.
Rumplestiltskin la scruta longuement puis il capitula. Il n'arrivait pas à la repousser malgré toute sa bonne volonté. Il la laissa entrer et referma la porte derrière la jeune femme. Lady French aperçut le rouet dans la salle. Apparemment il avait fait déplacer cet appareil pour tisser ici. Pourquoi ?
_ « Vous étiez en train de tisser…Je croyais que vous aviez une pièce exprès pour ce passe-temps ? interrogea-t-elle, pensive.
_ Il m'arrive de tisser dans cette salle, éluda le ténébreux.
_ Oui, mais pourquoi ?
_ Parce que, rétorqua t-il, agacé. Bon, il serait tant de revenir à nos moutons. La raison de votre visite. De quoi voulez-vous me parler Belle, décréta Rumple, sérieux.
_ J'aimerai savoir si d'une quelconque manière je vous ai blessé ou fais de la peine? demanda-t-elle d'une voix triste.
_ Non rien de tout ça. Je suis comme je suis, ma chère. » lâcha-t-il avant de retourner s'asseoir sur son tabouret à côté du rouet.
Il se remit à tisser. Belle inspira puis se dirigea vers lui. En s'approchant trop près de lui, le cœur de Rumple cessa une seconde de battre. Elle lui faisait tellement d'effet…
_ « Comment pouvez-vous être si froid et distant d'un côté puis être un homme charmant et plein d'attention de l'autre ? Vous m'avez offert une rose et vos propos m'ont beaucoup touchée, exprima la bibliothécaire en l'observant.
_ Ce n'était qu'une forme de respect et de galanterie. Vous m'avez aidé pour mon fils, et ce, sans rien en retour, murmura-t-il, peu convaincu de son discours.
_ Vraiment ? Vous… vous n'êtes donc pas content de me revoir ? questionna Belle, ahurie.
_ Ma chère…
_ Non cessez vos mensonges, Rumplestiltskin. Vous étiez surpris de me voir en effet, mais quand vous avez soufflé mon prénom… c'est comme si vous étiez soulagé.
_ Pas mécontent, rectifia-t-il de mauvaise grâce.
_ Vous aviez peur que je ne revienne pas ? demanda-t-elle avec un sourire amusé.
_ Belle, prévint-il sérieusement.
_ Rumplestiltskin, fit-elle de même.
_ Il aurait été préférable que vous ne soyez pas là », se contenta-t-il de répondre.
À cet aveu, Belle prit un air triste. Cette expression sur son visage ébranla Rumple. Il ne souhaitait en aucun cas lui faire de la peine. C'est alors qu'elle l'arrêta, l'empêchant de poursuivre son tissage et vint s'installer sur le rouet, face à lui.
_ « Ne m'en voulez pas, je vous en prie. chuchota-t-elle.
_ Je n'arriverai jamais à vous en vouloir…, avoua le père de Baelfire, en fermant brièvement les yeux.
_ Vraiment ?
_ Oui… je me fâche, j'en veux à beaucoup de monde, mais pour certains, je regrette beaucoup ce qu'il s'est passé.
_ Comme avec votre fils ?
_ Oui…
_ Peut-être parce que vous tenez à lui comme vous tenez à d'autres personnes pour lesquelles vous avez des regrets, suggéra Belle avec un sourire entendu.
_ Probablement », grommela Rumple pestant intérieurement contre la vivacité d'esprit de la jeune femme.
Il était évident qu'elle parlait d'elle-même et avait parfaitement perçu le trouble qui l'habitait quand elle était près de lui.
_ « Rumplestiltskin… J'aimerai mieux vous connaître. D'ailleurs, vous savez plus de choses sur moi que je n'en sais sur vous. » lui reprocha-t-elle.
Il la scruta d'un air prudent, ne sachant pas où elle voulait en venir.
_ « Que voulez-vous savoir de plus, Belle? questionna-t-il, en soupirant.
_ Eh bien... par exemple... Qu'est-il arrivé à la mère de Baelfire? hasarda Belle en réalisant qu'elle n'avait jamais osé aborder ce sujet jusqu'à maintenant.
_ Elle est morte, répondit Rumple en plissant les yeux d'un air sombre.
_ Oh, je suis désolée. Elle était malade ? demanda-t-elle avec sollicitude.
_ Non, elle est juste partie il y a de nombreuses années. Elle a jugé plus sage d'abandonner son fils.
_ Oh, c'est affreux… » murmura la bibliothécaire, attristée pour Baelfire qui avait vécu quasiment sans mère.
Elle observa son hôte. Il semblait impassible et pourtant Lady French était convaincue que ce dernier avait souffert auprès de cette femme. Peut-être est-ce pour cela qu'il s'est renfermé dans la solitude et qu'il s'est fermé à l'amour avec d'autres femmes ?
_ « Je comprends un peu mieux vos agissements. Mais au fond de vous, je pense que vous aimeriez avoir un peu d'affection et de compassion. De plus, cela doit faire si longtemps que vous n'avez pas été aimé…
_ Pourquoi êtes-vous revenue ? l'interrogea-t-il soudain en se penchant vers elle pour la sonder du regard.
_ Je vous en voulais de m'avoir traitée de cette manière depuis quelques jours et… finalement j'ai réalisé que vous me fuyez plus que vous ne me détestez. Qu'il y avait peut-être une raison à tout ça.
_ Je n'ai jamais dit que je vous détestais Belle. répliqua-t-il, énervé.
_ Je le sais. À vous entendre, c'est tout le contraire », admit-elle avec un grand sourire.
Voyant qu'il s'était dévoilé, Rumplestiltskin se rembrunit.
_ « Au début, je voulais juste venir pour vous crier dessus et… j'ai changé d'avis. Je devais savoir quelque chose…, murmura-t-elle, son cœur cognant furieusement.
_ Quoi ? » s'exclama-t-il, contrarié.
Belle déglutit et se mordit la lèvre inférieure. Rumple se figea en constatant son appréhension. Il aimait cette timidité, cette innocence… Elle se pencha à son tour vers lui et posa délicatement ses lèvres sur les siennes. À ce contact, il se sentit revivre. Alors Belle ressentait la même chose que lui ? Quelques secondes plus tard, elle se détacha délicatement de lui. Il ressentit alors une drôle de sensation. En effet, la couleur de la peau de Rumple prit une teinte rosée.
_ « Que se passe-t-il ? demanda-t-il, quelque peu perdu.
_ Vous ressentez la même chose que moi…Embrassez-moi à nouveau, ça marche, réalisa-t-elle, stupéfaite. Alors un baiser d'amour sincère peut également défaire le mal. Bien sûr comme la malédiction du sommeil ! se dit-elle à elle-même tout haut, en repensant à l'histoire de Blanche-Neige.
_ Quoi ?
_ Le baiser d'amour sincère…peut conjurer tous les sorts. Cela peut tout arranger entre nous, lui déclara-t-elle d'une voix douce.
_ Comment est-ce possible ! Qui vous a parlé de ça ? Qui sait cela ? » cria Rumple en se relevant brusquement.
Soudain, la peau du ténébreux redevint verte. Sa fureur déstabilisa Belle. Il lui faisait peur.
_ « Je ne sais pas. Il… Il, bredouilla-t-elle.
_ « Il » ? Comment s'appelle-t-il ? murmura-t-il d'une voix doucereuse.
_ Killian. Killian Jones, confessa-t-elle, soucieuse.
_ Oh, je vois… Ce maudit pirate fait encore des siennes. Mais l'idée première ne doit pas venir de lui… C'est elle qui doit être derrière tout ça! » s'écria-t-il en allant à grande enjambée vers un objet recouvert d'un drap.
Il l'enleva et dévoila un grand miroir à pied. Belle se redressa et le scruta avec inquiétude.
_ « Sale sorcière ! C'est toi la source ! Tu l'as retournée contre moi. Tu crois m'affaiblir ? Tu penses me vaincre ? lança Rumple avec rage et faisant de grands gestes vers le miroir.
_ À qui parlez-vous ?
_ À Cora. L'instigatrice ! Celle que tu as voulu aider à me priver de mon pouvoir.
_ Je… Je ne savais pas. Je croyais que… Killian avait de bonnes intentions. bredouilla-t-elle, tremblante.
_ Vraiment ? Vous êtes une petite sotte !
_ Rumplestiltskin…, supplia-t-elle.
_ Cela suffit ma chère ! Je savais que tout ça n'était qu'un piège. Vous… vous ne pouviez pas m'apprécier. On vous a embobiné. Vous vouliez jouer au héros et tuer la Bête ? l'accusa le ténébreux d'un air sombre.
_ Non… mais ça marchait, implora t-elle dans un chuchotis tremblant.
_ Stop ! hurla le ténébreux après elle.
_ C'est un amour vrai ! rétorqua-t-elle avec plus de conviction, énervée d'être ainsi malmenée.
_ Fermez-la !
_ Pourquoi ne pas me croire ?
_ Parce personne… personne ne pourra jamais m'aimer ! » tonna-t-il en la secouant avec fureur.
Puis il la lâcha et lui lança un regard glacial.
_ « Donc… qu'allez-vous me faire ? demanda Belle, d'un air grave.
_ Partez, répondit-il d'une voix glaciale en se décalant et lui montrant la porte d'entrée.
_ Que je parte ?
_ Je ne veux plus vous voir, ma chère. » décréta-t-il.
La jeune femme brune l'observa. Après la fureur, il était devenu de marbre, quasi indifférent. Elle baissa les yeux au sol. C'était fini… vraiment fini… Elle passa devant lui prête à partir, mais une dernière chose vint la retenir. Elle se détourna et retourna le voir de face, d'un air déterminé. Jamais plus jamais on ne lui parlerait sur ce ton et encore moins on l'accuserait d'être pareil à Cora ou à d'autres personnes de son rang.
_ « Je n'ai jamais cherché à réaliser les noirs dessins de Cora et de Killian. Je l'ai fait pour moi. Pour nous. Ce baiser… était une preuve d'amour sincère et pouvait vous libérer en effet. Vous auriez pu être heureux, si vous aviez accepté le fait que quelqu'un puisse vous désirer. Vous n'avez pas voulu prendre le risque. Pour Cora, nous aurions trouvé une solution avec la fée Bleue et Merlin.
_ C'est faux », réfuta Rumple, le cœur serré.
Il ne voulait plus la croire. Il avait été à deux doigts de tout perdre. Sans ses pouvoirs, il ne pourrait pas se venger du pirate et de Cora ni protéger son fils. Elle s'approcha davantage de lui.
_ « Vous êtes un lâche, Rumplestiltskin. Et qu'importe l'épaisseur de votre carapace, ça ne change rien, souligna la bibliothécaire.
_ Ce n'est pas moi qui joue avec la magie noire et qui ai des soucis avec mon fils, pensa-t-elle, furieuse.
_ Je ne suis pas un lâche, ma chère. C'est très simple. Je tiens plus à mon pouvoir qu'à vous, informa le ténébreux tragiquement.
_ J'espère que vous comprenez maintenant, songea-t-il faisant taire les bons sentiments qui lui restaient.
_ Non… Non, c'est faux. Vous ne pensez pas que je puisse vous aimer. » riposta la jeune femme.
Rumple demeura impassible devant elle et pourtant il souffrait à l'intérieur face à cette remarque. Quant à Belle, la peine fit place à la colère puis la résignation. Il voyait le mal partout et par-dessus tout, il ne reconnaissait pas ce qu'il allait perdre dans l'histoire.
_ « Vous avez fait votre choix. Et vous allez le regretter. Pour toujours. Tout ce que vous aurez… c'est un cœur vide… et une tasse ébréchée. » indiqua Belle French d'une voix tremblante, à deux doigts de pleurer.
Voyant qu'il ne réagissait pas, elle mémorisa dans tous les détails son visage et son expression afin de ne jamais oublier ce moment puis elle détourna le regard. L'instant d'après, elle partit le cœur lourd.
Quand Belle quitta les lieux, il attendit un moment avant de déverser toute sa colère. Il se défoula à l'aide de son bâton de berger et cassa de nombreux objets puis la vitrine d'un meuble d'un air complètement brisé. Ensuite, le père de Bae s'attaqua au service de thé en porcelaine. Il commença à jeter une tasse puis une autre et au moment où il eut la tasse ébréchée dans sa main, il s'arrêta net. Rumple la contempla un moment avant de la poser sur la table tristement.
Une demi-heure plus tard…
Le ténébreux était assis par terre, le dos collé contre un mur. Il répétait inlassablement et désespérément la même chose dans sa tête :
_ « J'ai fait ce qu'il fallait. J'ai fait ce qu'il fallait. J'ai fait ce… qu'il fallait. »
L'amour avait un prix qu'il ne pouvait accepter. Il avait trop besoin de sa magie actuellement pour la perdre ainsi. Il songea alors à Cora et à ce pirate. Rumple comptait bien leur faire payer tout ça. L'amnésie d'Emma qui avait rendu son fils malheureux, sa transformation en Yaogai et la rancœur de Belle à son égard.
_ « J'ai fait ce qu'il fallait…, continua-t-il de dire tout en se levant, d'un ton plus posé.
En le disant assez souvent, un jour il pourrait y croire. Rumple se dirigea vers un mur de la salle principale et prit son ancien bâton de berger sur lequel des entailles étaient profondément marqués. Ces dernières représentaient la taille et l'évolution de son unique fils, Baelfire. C'était un précieux souvenir du passé… Il ferma les yeux et fit quelques mouvements avec le bâton. Soudain, une porte jusqu'alors invisible apparut à ce mur. Il s'y avança et l'ouvrit. Le père de Bae bougea quelques objets et ouvrit une nouvelle trappe secrète. Il en sortit sa dague. L'objet tant convoité, tant désiré qui lui conférait un immense pouvoir. Le sorcier allait devoir le prendre bien que cela ne l'enchanta que très peu. En sa possession, il y avait autant de chance d'être en danger que de réussir ce qu'il voulait entreprendre. Or, il voulait atteindre son objectif et en terminait une bonne fois pour toutes. D'un geste de la dague, la porte claqua et disparut peu à peu du mur puis d'un claquement de doigts, sa cape était sur lui. Il sortit la petite bourse toujours attachée à sa ceinture et l'ouvrit. Il récupéra le petit bout d'os ainsi que la petite fiole à ses côtés. Il la versa alors délicatement sur l'os de Hook. L'instant d'après, une aura magique l'entoura et l'anima. Il le remit dans la petite sacoche et décocha un sourire carnassier avant de l'attacher de nouveau à sa ceinture, accompagné de sa dague.
_ « Il est temps d'aller rendre une visite à ce cher Capitaine », décida-t-il avant de disparaître dans une fumée violette.
Il se téléporta dans différents ports, dans différentes tavernes guidées par la trace magique. Au bout de ce qui sembla une éternité, la sacoche le tira vers un lieu non loin du royaume de Blanche-Neige. Le ténébreux traversa un village indiqué par l'os enchanté et ce dernier le dirigea vers une auberge reculée où aucune agitation ne régnait. En entrant dans ces lieux, il attira tous les regards et le silence se fit. Le pirate était dans les parages, mais il avait tout son temps. Il se dirigea vers l'aubergiste pour lui demander où était ce cher Hook. Au même moment, le sus-nommé qui buvait une chope de bière l'aperçut à l'embrasure de l'entrée de l'auberge. Il reposa lentement sa bière et se releva prudemment tandis que son ennemi se dirigea vers le bar pour discuter avec le propriétaire. Rumplestiltskin était là pour lui. Killian Jones toucha son médaillon en forme de tête de mort. Le sort qu'avait concocté Cora et imprégné ce collier le rendait invisible à ses yeux, mais apparemment il n'était pas totalement indétectable. Il pesta contre la sorcière et s'avança à grands pas vers la sortie, sans que le ténébreux ne le vit. C'est alors que l'aubergiste inquiet par le pouvoir de ce dernier montra du doigt Hook en train de sortir. Le pirate se figea avant de battre en retraite. Rumple se retourna rapidement et avança d'un pas hâtif vers la sortie. Seulement en quittant l'auberge, il ne vit aucune trace de son ennemi. Hook sauta sur le premier cheval venu et parti au galop. Le père de Baelfire regarda partout. Mis à part un cheval qui s'était emballé et s'était enfui au galop, il n'y avait aucune trace de ce cher capitaine. Il prit sa dague et brassa de l'air avec celle-ci. La dague s'illumina l'instant d'après. Un sort l'empêchait de le voir. Il ragea et cria à Hook :
_ « Tu ne pourras pas te cacher bien longtemps, misérable! Je te retrouverai ! Peu importe la manière ! Je suis très doué pour contourner les sorts, très cher ! »
Le pirate l'entendit de loin vociférer ses paroles. Il sut que cette très chère Belle avait échoué et avait vendu la mèche sur sa participation dans sa tentative avortée de priver le Ténébreux de ses pouvoirs. Dommage, il l'appréciait… À présent, Rumplestiltskin ne lui laissait plus le choix. Il allait lui ravir cette jeune femme, l'attirait à lui et lui faire comprendre ce que ça faisait de perdre la personne qu'on aime le plus au monde.
Du côté de Rumplestiltskin, celui-ci bouillonnait de fureur. Cora avait eu étrangement la même idée que lui quand il avait rendu invisible sa fille chérie, bien sûr avec quelques améliorations. Si elle croit gagner, elle se trompait lourdement. Il pensa alors à sa récente visite à Sherwood…
*Début du Flasback*
_ « Qu'est-ce que vous êtes venu faire ici, Rumplestiltskin ? questionna Regina, anxieuse, tenant son garçon dans ses bras au moment de son apparition.
_ J'ai besoin de votre aide, ma chère. Pour retrouver votre mère auquel cas je n'arriverai pas à l'attraper par mes propres moyens, informa le ténébreux.
_ Comment ?
_ C'est étrange, vous ne me demandez pas pourquoi ? lâcha-t-il avec un rire bien à lui.
_ Parce que je sais la raison. Ma mère est un fléau et on n'aura pas de répit tant qu'on ne l'arrêtera pas. »
Il acquiesça à ses propos.
_ « Avec cet Albéric elle menace la relation d'Emma et de votre fils. Ils sont peut-être quelque part, à préparer quelque chose de mauvais. Du côté du château, les recherches sont vaines, c'est comme chercher dans une botte de foin. Or vous connaissez Cora tout autant que moi. Seul vous êtes en la mesure de les freiner, elle et son acolyte. Que voulez-vous ? interrogea la fille de Cora.
_ Un objet, appartenant à votre mère. En avez-vous ?
_ Je n'ai rien d'elle si ce n'est une de ces vieilles boites où elle enfermait ses cœurs. Cela peut vous être utile ?
_ Non. S'il y avait son cœur dans la boite ce serait autre chose, mais là…, maugréa-t-il d'une voix irritée.
_ Je suis désolée de ne pouvoir vous être utile…, murmura Regina, d'un air grave.
_ Je vais devoir me débrouiller, ruser comme à mon habitude. Il n'est pas dit non plus que votre chère mère ne se protégera pas de moi. Après tout, elle a une certaine expérience de la magie noire.
_ Dans ce cas, n'est-ce pas un piège ?
_ Il n'y a qu'une façon pour me coincer, Regina et elle ne l'a pas, » affirma Rumple d'un air assuré.
Suite à cela, il prit congé de la jeune femme et il médita par la suite. Seulement entre temps, il eut d'autres deals et Rumple reporta ses recherches sur Cora.
*Fin du flashback*
_ « J'aurais dû m'en occuper en premier lieu. Je ne ferais plus cette erreur. Décidément, le capitaine est chanceux aujourd'hui, je lui laisse encore un peu de répit. Je suis décidément trop magnanime. » reconnut-il d'un ton faussement humble.
Puis il tendit sa dague en l'air.
_ « Emmène-moi à la dernière résidence de Cora. » annonça-t-il d'une voix forte.
C'est alors qu'une fumée violette l'entoura et le fit disparaître.
Quelque part dans une contrée sud du pays, en plein désert…
_ « Pourquoi avons-nous bougé ? demanda l'enchanteur Albéric en prenant appui sur un bâton et scrutant par de brefs coups d'œil son accompagnatrice.
_ Je vous expliquerai plus tard. Pressons, mon cher. Sinon nous ne pourrons pas concrétiser ta vengeance et la mienne », ordonna Cora, emmitouflée dans une cape marron et portant un grand sac.
Un désert les entourait à l'exception d'un édifice en pierre à moitié enseveli dans le sable. Elle murmura une incantation et la grande porte s'ouvrit.
_ « Suivez-moi ! », ordonna t-elle.
Elle se fraya un chemin et l'homme roux ferma la marche. L'instant d'après, la porte se referma avec fracas. Cora continua son avancée et des torches prirent feu de part et d'autre sur le mur à mesure que les deux visiteurs avançaient.
_ « Où sommes-nous ? questionna Albéric prudemment.
_ Vous ne connaissez pas cet endroit ? Je pensais que vous lisiez beaucoup… Eh bien, nous sommes dans un sanctuaire, mon cher Albéric, informa-t-elle.
_ Quel genre de sanctuaire ?
_ Le genre qui vous protège. » rétorqua la mère de Regina d'une voix ironique.
L'enchanteur l'observa d'un air interdit.
_ « Expliquez-moi la raison de ce déplacement précipité, répondit son compagnon.
_ J'ai… comment dire… contrarié ce cher Rumple… Il se peut qu'il soit en chemin vers la dernière résidence où nous étions tous les deux. Je suis détectable par choix. Je n'ai pas peur du ténébreux seulement j'aimerai mener à bien ton plan avec tranquillité. Je ne suis pas à quelques mois près. Alors je me suis souvenue de ce lieu. Il peut nous servir de cachette secrète.
_ Peut-il vraiment nous cacher ?
_ Ce sanctuaire a été conçu par des sorciers afin d'y annihiler toute magie. Ici nous sommes invisibles aux yeux de tous et Rumple ne pensera pas un instant que je me réfugierai ici.
_ Pourquoi ça ?
_ Parce c'est le dernier endroit où lui et les amis de Blanche auraient l'idée de nous retrouver.
_ Car…
_ Ce lieu est antimagique donc nous sommes intouchables.
_ D'accord… quel est donc le problème ? Parce qu'il y en a forcément un.
_ Perspicace. Nous ne pouvons pas utiliser la magie. Aucun sort de filage ne viendra jusqu'à ce sanctuaire et aucun sort ne peut être utilisé dans l'enceinte de ses murs.
_ Alors comment faisons-nous pour quitter cet endroit quand c'est nécessaire ?
_ Une incantation latine, basique nous permettra d'entrer comme de sortir de ce lieu.
_ Alors n'importe qui connaissant cette incantation peut débarquer ici ! s'écria Albéric, furieux.
_ Très peu de gens connaissent ce sanctuaire. Il était très utilisé il y a de nombreuses années. À présent, ce n'est qu'une vieille bâtisse ensevelie, abandonnée et méconnue du grand monde. Personne n'y va plus. Il n'y a rien à des kilomètres à la ronde. Rassurez-vous, Albéric. Personne ne viendra nous déranger ici.
_ Comment pourrons-nous nous restaurer si nous ne pouvons utiliser la magie ?
_ Il doit y avoir une réserve. À l'époque, certaines personnes vivaient dans ce lieu sacré et se portaient bien. À nous d'aller découvrir les lieux. Nous avons quelques semaines devant nous. Ce n'est que le jour du mariage que nous sortirons de l'ombre pour aller vers la lumière. » annonça Cora avec un grand sourire.
À ces propos, Albéric reconnut que Cora avait tout prévu et eut un sourire aussi grand que le sien.
Au même moment, Rumple arrivait devant une ferme abandonnée. Il sentait la magie, mais il n'y avait aucune protection l'empêchant d'entrer. Prudent, il sortit sa dague et fit un geste de la main. La porte s'ouvrit avec fracas. Il entra et fouilla, personne n'était là pour l'accueillir. Le ténébreux était déçu et contrarié. Cora avait donc filé à l'anglaise… Pourtant il avait demandé à la dague de l'emmener à sa dernière demeure. En l'occurrence, ce devait être l'endroit où elle était supposée se cacher. C'était étrange comme situation… Où pouvait-elle bien être ? Il devait mener les recherches chez lui et sur ces réflexions, il disparut dans un nuage violet.
Au royaume de Blanche-Neige
Une heure après avoir quitté Rumplestiltskin, Belle se dirigea vers la bibliothèque royale. Elle avait suffisamment pleuré pendant tout son voyage de retour en cheval, à présent elle n'y arrivait plus. Elle s'essuya les yeux puis se prit de courage pour affronter la suite de cette journée. Elle ne pouvait pas être pire qu'elle ne l'était déjà. Elle se rendit à son lieu de travail et salua ses autres confrères. Ils furent quelque peu surpris de la voir sachant que la jeune femme avait affirmé qu'elle ne serait pas disponible de la matinée. Il était 11h et elle prit automatiquement des livres qu'elle décida d'aller ranger dans les rayons. Au même moment, Clochette entra d'un air admiratif et observa les lieux. Il y avait tant de majesté dans cet endroit, il y avait tellement de savoir. La fée se dirigea vers l'accueil où une petite rousse faisait les comptes. La blondinette se présenta et expliqua la raison de sa visite. Quelques minutes après, la rouquine lui indiqua des rayonnages du doigt.
_ « Mademoiselle French pourra vous renseigner sur cet ouvrage. Elle est partie dans cette direction. C'est elle qui l'a fait reconnaître et l'a enregistré dans cette bibliothèque, informa la rouquine faisant partie du personnel d'un ton aimable.
_ Je vous remercie. » répondit Clo.
Sur ces paroles, le bras droit de la fée Bleue se dirigea vers une section parsemée de nombreux rayonnages et regarda les allées sur sa gauche quand elle aperçut la personne en question. La rousse avait parfaitement décrit Lady French. Cette dernière reniflait tout en rangeant méthodiquement des livres. Clochette tapota alors son épaule et la brune sursauta. Tous les livres restant dans ses mains tombèrent au sol. Automatiquement les deux jeunes femmes se baissèrent pour les ramasser.
_ « Je suis sincèrement désolée. Je ne voulais pas vous faire peur, s'excusa la blonde, embarrassée.
_Ce… ce n'est rien, bredouilla Belle en récupérant tous les bouquins.
_ Vous êtes bien Belle French ?
_ Oui, pourquoi ?
_ On m'a conseillé d'aller vous voir. C'est au sujet d'un livre récent que vous avez vous-même enregistré. Il s'intitule « Il était une fois ». La fée Bleue m'envoie pour le consulter. Elle m'a informée que j'apprendrais beaucoup de ce livre. Il semble être prometteur.
_ L'écrivain qui a réalisé cet ouvrage est admirable. Cela lui a pris de nombreuses années pour le faire. J'ai suivi son parcours. Il a un brillant avenir en perspective s'il continue dans cette lancée.
_ Vraiment ? Vous le connaissez ? questionna Clochette, impressionnée.
_ Oui, mais l'auteur préfère garder l'anonymat.
_ Quel est donc son nom d'emprunt ?
_ Comme le livre s'est terminé en août, son nom d'emprunt est August.
_ J'aimerai l'emprunter si c'est possible.
_ Compte tenu de l'épaisseur de l'ouvrage et les sources référées à l'intérieur, il est conseillé de le consulter ici. Vous ne pourrez pas le faire sortir du château.
_ Je vois. J'irai donc en informer ma supérieure et j'irai voir le Roi et la Reine pour demander à titre exceptionnel d'être logée ici. Je dois le lire c'est pour continuer ma formation en tant que fée. Pensez-vous qu'ils seront contre ?
_ Je ne pense pas. Ils sont compréhensifs puis… ils ont beaucoup de chambres. Je suis moi-même logée ici à titre permanent.
_ Vraiment ?
_ Oui, une longue histoire. Bref… voulez-vous le voir un peu aujourd'hui ? interrogea Belle gentiment.
_ Oui avec joie. »
Belle lui fit donc signe de la suivre et quelques minutes plus tard, elle sortit le livre d'une grande étagère. Par mégarde, il lui échappa des mains et s'ouvrit. Une illustration figurait sur l'une des pages du livre. Les mains de la bibliothécaire tremblèrent en le reprenant. Elle n'arrivait pas à quitter ce visage des yeux. C'était un dessin représentant Rumplestiltskin en tenu de berger tenant une dague. Elle avait lu mainte et mainte fois son histoire. C'était tellement triste… Elle remit le livre dans les bras de la fée qui avait prêté une grande attention à l'émoi de Belle.
_ « Tout va bien ? » demanda Clochette, inquiète.
Belle acquiesça faiblement et serra ses deux mains ensemble pour faire cesser les tremblements. La conversation avec le ténébreux résonnait encore dans sa tête. Elle souffrait tellement…
_ « On ne dirait pas… Je reconnais là une souffrance. Les fées ressentent et savent de quoi il est question. Vous souffrez d'un amour, affirma Clo avec un sourire compatissant.
_ En… effet. Un amour impossible, triste… si triste…, confessa la brune, droite comme un I.
_ Si ce n'est pas indiscret… cette personne, est-ce le ténébreux ? demanda Clochette sérieusement.
_ Oui c'est lui, admit Belle sans hésitation.
_ Il vous aime ?
_ Oui je le pense… Le baiser d'amour véritable semblait fonctionner.
_ Semblait ?
_ Il s'y est refusé au dernier moment. Il ne voulait pas redevenir normal. Il a préféré rester un sorcier.
_ Parce que dans ce cas-là, il perdrait toute sa magie. C'est loin d'être facile… La magie a été une source de protection pour lui et il est difficile de s'en séparer. Seul le temps le dira…
_ Il ne changera pas. Il a été formel, murmura la brune en baissant les yeux au sol.
_ Moi je pense que s'il y a de l'amour entre vous, il y a donc de l'espoir. N'abandonnez pas aussi vite… laissez-lui du temps. Essayez de vous mettre aussi à sa place. Son histoire dans ce livre doit sûrement vous éclairer et vous en apprendre beaucoup sur lui.
_ Oui… Il n'a pas toujours été autoritaire, narquois et désagréable. Il a un cœur, il a des faiblesses… Il sait ce qu'est l'amour, concèda-t-elle à contrecœur.
_ Ne fermez pas la porte si vite à cet amour s'il est la preuve d'un amour véritable, déclara la fée verte.
_ Il a dit des choses si blessantes…
_ Probablement qu'il souffre autant que vous de cette situation. Rien n'est impossible tant que l'un des cœurs battra pour l'autre », souffla la blonde avec sagesse et sincérité.
À cette révélation, une larme glissa sur la joue de Belle. Même si elle était attristée, effondrée, elle ne cessera jamais d'aimer celui qui était aux yeux de beaucoup de monde la bête, car il lui a ouvert une porte vers son cœur, vers son âme et ce qu'elle y avait vu était magnifique ne serait-ce qu'un bref instant. Belle acquiesça en silence.
_ « Vous avez raison. Vous êtes de très bon conseil. Merci de m'avoir remise dans le droit chemin, répondit Lady French.
_ C'est mon travail et tout le plaisir est pour moi. tranquillisa Clochette.
_ Je ne connais même pas votre prénom.
_ Clochette. Je m'appelle Clochette.
_ Je suis enchantée, Clochette.
_ Et moi ravie, Belle. »
Celle-ci tendit sa main et Clo la serra amicalement, un sourire aux lèvres. Ce dernier eut le don d'apaiser Belle. Peu de temps après, un sourire réapparut sur les lèvres de la brunette.
À la salle du trône – Une heure et demie auparavant…
_ « Donc nous restons sur ces deux thèmes pour votre mariage. Nature&Élégance. C'est une très bonne idée et ça vous représente bien tous les deux, assura Blanche avec un grand sourire au couple concerné.
Emma était collée à son fiancé, un bras contre le sien. Elle sourit avant de chuchoter à l'oreille de son compagnon :
_ « « Je ne sais pas ce que je pourrais faire », cita-t-elle d'un air amusé.
_ Quoi ? lança Baelfire, interloqué.
_ Ce sont tes propres mots. Or tu as l'air d'avoir déjà une petite idée de ce que tu veux pour notre mariage, répondit-elle.
_ Les idées sont venues spontanément, avoua-t-il avec sincérité.
_ Tu es buté avec le cygne », reprocha-t-elle gentiment.
Soudain, il eut un raclement de gorge. Les deux amoureux tournèrent la tête et virent les parents d'Emma les scruter avec attention. Non loin d'eux, près de la table ronde, la Fée Bleue et Merlin discutaient entre eux.
_ « Désolé, de vous interrompre, mais il faut vraiment avoir les principales idées de votre mariage aujourd'hui. Il reste deux mois et une semaine avant l'anniversaire d'Emma. Cela peut prendre du temps à mettre en place, informa David avec sérieux.
_ En effet. C'est un travail d'organisation, confia Blanche au jeune couple.
_ Que voulez-vous savoir d'autre ? demanda le fils du ténébreux.
_ Les fleurs ?
_ Et bien..?
_ Des roses blanches pour l'élégance…, débuta Emma pour aider son fiancé.
_… et des fleurs sauvages pour représenter la nature, conclut Bae.
_ Donc pour le buffet, c'est le même esprit. Repas raffiné d'un côté et repas… forestier ? proposa la Reine Blanche-Neige en se tenant les mains.
_ Oui », lâchèrent en cœur Emma et Baelfire.
Ils rirent et se regardèrent d'un air complice.
_ « Original. Unique. Comme vous, reconnut le père de la princesse tout en acquiesçant.
_ Très bien. Il nous reste alors vos tenues, votre danse et le lieu où vous souhaitez prononcer vos vœux. Vous pouvez très bien le faire ici comme cela fut le cas pour nous, mais si vous avez une autre préférence ? interrogea Blanche, attentive.
_ Pour ma robe, j'ai une idée qui pourrait correspondre à notre double thème. Tu as aussi sûrement une idée ? questionna Emma à son bien-aimé.
_ En effet, affirma ce dernier, soudain pensif.
_ On s'occupe de nos tenues, décida la jeune princesse_ Quoi ? Vraiment ? s'exclama la Reine, inquiète.
_ Nos témoins pourront nous aider. Ne t'inquiète pas Maman, j'aurai sûrement besoin de quelques conseils de ta part, rassura sa fille avec un sourire attendrissant.
_ Oh, très bien, murmura-t-elle.
_ Pour la danse, je pense qu'une valse suffit pour l'ouverture du bal.
_ Et pour le lieu ? demanda David en regardant les deux jeunes gens.
_ Pourquoi pas une chapelle ? Il y en a une, pas très loin du château. Elle est toute de blanc et modeste… Quelques lierres grimpants contre la façade donnent un joli effet. Bien sûr, on ne peut pas y accueillir beaucoup de monde, annonça Baelfire.
_ Tu n'as pas à te justifier Bae, coupa Emma d'un ton apaisant.
_ Tu es une princesse. Dans la logique des choses, tu veux peut-être échanger tes vœux au château ou bien dans une grande église ? Tu sais que je veux déclarer mes sentiments pour toi aux yeux de tous.
_ Je sais, mais ce n'est pas grave. Que nous soyons mille ou seulement 20 personnes peu m'importe tant que tu es là avec moi à l'autel. C'est toi que j'ai choisi d'épouser. J'aime la simplicité. Je choisis la nouveauté. Cette chapelle doit être tellement romantique pour susciter ton intérêt et j'aime l'idée que notre cérémonie soit plus intime. Je pense que notre peuple serait heureux de savoir que nous échangerons nos vœux dans cet endroit. Cela nous rendra plus accessibles envers eux et… toi, mieux que quiconque peut le comprendre. »
Son fiancé fut profondément ému. Il voulait lui caresser le visage avec douceur et l'embrassait avec tendresse, mais ses parents étaient là. Le fils de Rumple se devait d'être correct en public. Il se contenta alors de lui sourire avant de s'adresser à David :
_ « Est-ce qu'il serait possible de m'entretenir avec vous quelques minutes ? Ce ne sera pas long. »
Emma observa Baelfire avec inquiétude, il semblait brusquement si grave. Ce dernier la tranquillisa en faisant une brève pression sur son bras puis se détacha d'elle.
_ « Bien sûr, marchons un peu. » répondit Charmant, intrigué par la requête de son futur gendre.
Pendant ce temps, la mère et la fille parlèrent du programme de la semaine, mais aussi des préparatifs à venir. Quand les deux hommes se furent largement éloignés d'Emma et de Blanche, ils s'arrêtèrent pour se dévisager l'un l'autre.
_ « De quoi souhaitez-vous me parler ? s'enquit le père d'Emma en croisant ses bras sur sa poitrine.
_ De mon avenir avec Emma. J'ai beaucoup réfléchi… et je tiens à maintenir le fait que je ne peux pas reprendre votre succession, Votre Altesse, informa Baelfire avec sérieux.
_ Comment ça ? … Emma doit régner. Pourquoi ? Vous savez pourtant que c'est important pour tout le royaume. C'est une des règles qui doit être respectée.
_ Toutes les règles peuvent être contournées. Emma doit régner, je suis d'accord avec vous parce qu'elle est l'héritière légitime de la couronne. Elle dirigera avec perfection son royaume et je l'y aiderai bien évidemment, mais pas en tant que Roi.
_ Alors en tant que quoi ?
_ En tant que mari. Je ne veux pas de titre, votre fille me suffit, affirma-t-il avec franchise.
_ Baelfire, je sais bien que vous n'êtes pas après notre richesse et notre rang c'est pourquoi je sais que cette place vous la méritez. Vous êtes un jeune homme désintéressé et droit. Vous ferez un bon Roi, j'en suis convaincu et vous ferez un merveilleux époux pour ma fille.
_ Je suis désolé, je ne le souhaite pas. Je suis le fils du ténébreux et mon projet est de devenir fauconnier. C'est ça ma vocation. Le reste du temps, je serai au côté de votre fille à l'aider, à la soutenir, mais je refuse d'avoir ce statut.
_ Vous refusez d'être son Roi, celui qui la déchargera en partie de son travail de souveraine ?
_… Je pense qu'Emma comprendra. Ce n'est pas pour autant que je n'allègerai pas ses responsabilités…, tempéra Baelfire.
_ Mais vous ne voulez aucune renommée. Vous voulez agir dans l'ombre et ne tirer aucun profit, réalisa alors David, stupéfait.
_ Vous avez compris.
_ Alors vous allez agir comme un Roi sans l'être. Quand le couronnement viendra pour ma fille, comment le peuple sera-t-il supposé vous appeler?
_ Eh bien… Baelfire ou Monsieur suffira, j'imagine», déclara le fils du ténébreux avec nonchalance.
Le mari de Blanche le fixa avec effarement. Comment en était-il arrivé là ?
_ « Voilà à ce sujet. Ensuite, j'aimerai vous informer d'autre chose, continua Bae dans sa lancée, les mains dans les poches.
_ Ah, ce n'est pas fini, répondit le père d'Emma, pas encore remis du choc.
_ Je veux qu'Emma et moi, nous ayons notre « chez nous ». J'aimerai bâtir une grande maison pas très loin d'ici. De cette manière, votre fille ne sera jamais loin pour ses devoirs de future souveraine et pour aller au château quand elle le désire. Cela restera toujours sa demeure d'enfance quoi qu'il en soit. Bien sûr, le temps de construire nous serons à vos côtés. Mais je veux que vous sachiez que je veux mener une vie simple en dehors de nos devoirs respectifs et je crois qu'Emma aimerait aussi. Voici mes intentions futures. Je souhaitais vous prévenir et j'espère sincèrement que vous accepteriez mes projets d'avenir. »
Charmant soupira puis passa une main dans ses cheveux.
_ « Tu n'as que de bonnes intentions, Baelfire. Comment pourrai-je contredire cela ? Vous avez besoin de liberté et d'espace. Je le comprends. J'ai trop longtemps enfermé Emma dans ce château. Je crois que le mieux que je puisse faire c'est de m'incliner et de vous soutenir dans cette voie. Bien qu'il soit regrettable qu'il n'y ait plus de Roi quand viendra l'heure de mon départ, soupira celui-ci.
_ Je suis désolé, mais je ne changerai pas d'avis à ce sujet, annonça son futur gendre avec un sourire.
_ Ça, je l'ai bien compris en effet ! » capitula David en lâchant un rire amusé.
Bae rit à son tour puis tendit respectueusement sa main vers le père de sa dulcinée. Ce dernier la prit et la serra chaleureusement avec un sourire. C'était le début d'une très bonne entente entre le fiancé et le père de la jolie princesse. Puis ils retournèrent voir leurs moitiés respectives.
Du côté de Merlin et la Fée Bleue, ils conversaient sur l'entraînement d'Emma.
_ « Il faut continuer dans cette lancée pour la jeune princesse. Il y a des progrès, mais elle a encore du travail à faire sur ses pouvoirs, prévint le vieil homme sage pourvu d'une longue barbe blanche.
_ Je suis du même avis que toi, Merlin. » confirma son amie.
Il hocha de la tête puis passa une main dans sa barbe, qu'il frotta pensivement.
_ « Quelque chose semble te tracasser. Qu'y a-t-il ? questionna la chef de la communauté des fées.
_ Je pense à cette femme dénommée Cora ainsi qu'à Albéric, confessa l'enchanteur dans sa tenue bleue.
_ Tu as eu une vision ?
_ C'est très vague et très flou. J'ai plutôt un mauvais pressentiment. Je crois qu'Albéric s'est rétabli de sa blessure et… le connaissant, il ne reculera devant rien pour parvenir à ses fins avec Emma. Il est entêté. Il la convoite depuis tellement d'années. Il est tout aussi à craindre que votre sorcière.
_ Je comprends bien, mais les recherches sont vaines. On ne sait pas où ils peuvent être, répondit la Fée Bleue.
_ Le pire est à craindre pour ses deux enfants…, murmura-t-il en contemplant de loin Emma et Baelfire.
_ Tu dis ça par conviction. Tu crois qu'il est impossible de vaincre cet enchanteur malfaisant ?
_ Pas impossible, mais il peut réussir à faire le mal et à détruire tout espoir, annonça Merlin gravement.
_… Depuis un moment, je me questionne à son sujet. Quand tu m'en as parlé dans ta lettre, tu semblais bien le connaître. Tu… Je pensais que tu avais eu des informations le concernant par de source fiable maintenant j'en doute. Merlin… connais-tu personnellement Albéric Von Rothbart ? » demanda la jeune femme brune, d'un air anxieux.
Merlin soupira et ferma les yeux. Il acquiesça en silence, d'un air accablé et honteux. La Fée Bleue posa sa main contre sa bouche pour retenir un cri en voyant que ses craintes étaient fondées.
_ « Il y a très longtemps, Albéric a été mon apprenti. J'étais son maître. Il était très brillant malheureusement ça lui avait monté à la tête et il était devenu odieux en se vantant de sa réussite devant d'autres apprentis et maîtres, les froissant et les humiliant par la même occasion. Quand j'ai vu qu'il avait un mauvais fond envers les autres, j'ai regretté de l'avoir choisi. J'avais honte d'être son maître. Par conséquent, j'ai décidé de le punir à ma manière en lui refusant tout autre enseignement de ma part. Je lui ai demandé de partir et de ne plus jamais revenir. Il ne l'a pas toléré. Albéric a cherché à me défier en voulant me jeter un sort redoutable. Seulement… j'avais bien plus d'expérience et de maîtrise. Ce sort s'est retourné contre lui et il est devenu ce monstre que tu as eu le loisir de voir. Il s'est enfui suite à cet échec et je pense que depuis ce jour, il nourrit une haine envers ses semblables. C'est pourquoi il était si solitaire et si casanier les années suivantes. Il veut devenir le plus puissant depuis cet incident. Il a tellement de colère refoulée. Je suis celui qui l'a battu, sa fierté en a pris un coup. Je dois être son plus grand ennemi et, tout comme avec Morgana, c'est réciproque. Cependant vu que je n'ai jamais eu de représailles, j'ai laissé la situation se décanter… à tort. J'aurais dû intervenir, empêcher ses manœuvres, mais je n'ai rien vu venir, du moins jusqu'à l'arrivée de Baelfire dans cette auberge il y a quelques semaines. Je ne décide pas de mes visions ma chère Bleue, elles viennent d'elles-mêmes. Si elles ne m'ont rien montré jusqu'à présent c'est qu'il y avait une raison. Cette dernière concernait ce jeune homme, tout est lié, informa Merlin en fixant le fils du ténébreux.
_ Tu es en train de dire qu'il va avoir un grand rôle à jouer dans la destinée d'Albéric et… d'Emma ?
_ Oui, mais lequel ? Je reste confiant, rien n'est encore écrit pourvu qu'il ne doute pas de lui.
_ Doit-on leur en parler ?
_ Je crois qu'ils savent parfaitement que ce n'est pas réglé tant que Cora sera dans l'ombre et je mettrai ma main à couper que le jeune homme va se préparer à toute éventualité, tout comme les parents d'Emma et cette dernière », certifia le vieil homme.
La fée se tordit les mains quelque peu tracassé suite à ces propos. Elle le regarda avec inquiétude. Merlin prit les mains de son amie et tenta de la rassurer :
_ « Nous ferons de notre mieux. » conclut-il avec sérieux.
A suivre...
Réaction? Qu'avez-vous pensé des retrouvailles Swanfire? du RumBelle? de la démarche de Rumple à assouvir sa vengeance? du duo Clochette-Belle? de l'organisation du mariage? Et des révélations de Merlin à Bleue? Qu'est-ce que cela présage-t-il pour la deuxième partie de ce chapitre? Hâte de connaître vos théories à ce sujet! :p.
