/!\ Réécriture /!\ Hello! Comme promis, chapitre 2 en ligne avant Nouvel An. J'ai pris en compte vos conseils dans les reviews pour modifier les passages que vous aviez trouvé un peu brusques :)
Pas grand chose à ajouter pour ce chapitre, si ce n'est MERCI pour vos reviews, favs et follows! (Je sautille comme une petite fangirl à chaque fois ._.)
Bonne lecture!
Chapitre deux : Bienvenue chez moi, gamin
Un. Deux. Trois. Une courte pause. Quatre. Cinq. Mathieu se courba violemment. Il essaya vainement de se détacher de la poigne de ses bourreaux, ils le tenaient fermement, les poings derrière le dos.
Six. Mathieu laissa échapper un gémissement plaintif. Sept. Huit, coup de grâce dans l'abdomen. Il sentit un liquide froid s'écouler le long de son menton.
« Mathieu ! », pleurnicha une voix aiguë dans sa tête.
« La ferme gamin, c'est pas le moment. »
« Ils vont le tuer ! » s'exclama Maître Panda.
Le grand brun qui s'était chargé de tabasser le plus petit s'empara du menton ensanglanté. Mathieu releva les yeux vers lui, détaillant son visage carré accompagné d'un duvet. Il était laid.
-Qu'est-ce qu'il y a le hobbit, t'en veux plus ?!
Un nouveau coup, dans la mâchoire cette fois-ci. Il ferma les yeux, baissa la tête, ne dit rien. Il avait pris l'habitude d'encaisser les coups. Ceux-là n'étaient pas les plus violents auxquels il avait eu à faire face. Honnêtement, la poigne d'un pré-pubère ne faisait le poids face à celle d'un homme d'une quarantaine d'années.
L'air frais de Saint-Étienne le fit légèrement frissonner.
« Bordel gamin, laisse-moi défoncer ces petits puceaux ! »
Non, tu dégages, tu te tais. Mathieu se répétait ces mots dans sa tête, déjà sur le point d'exploser entre les jérémiades du Geek, les sanglots du Hippie et les cris du Panda qui tentait de raisonner le Patron. C'était un vrai bordel dans sa tête.
« Laisse-moi faire putain, ça prendra pas longtemps ! »
En plus de lutter contre ces crétins de première, il devait à tout prix empêcher le Patron de prendre le contrôle de son corps. Hors de question qu'il le laisse faire, l'homme en noir ne contrôlait pas sa force, et encore moins sa colère. Cet effort gargantuesque lui refila bien vite la migraine. Il avait détesté le collège, et maintenant il en était sûr, il haïssait le lycée. Les gens n'étaient-ils pas censés être plus compréhensifs ? Plus amicaux ? Moins cons ?
Son entrée en seconde était définitivement merdique.
-Eh Enzo, t'y vas peut-être un peu fort là non… ?, tenta un des deux garçons qui immobilisaient Mathieu.
Ledit Enzo répondit par un rire malsain et un bref « ta gueule Thomas ». Le brun dont il ne connaissait même pas le nom jusqu'à présent agrippa violemment ses cheveux, forçant le jeune lycéen à le regarder. Il était déjà essoufflé, contrairement à Mathieu qui pouvait encore supporter quelques coups, le temps qu'ils finissent de se défouler.
-Sous merde... Retourne dans ton hôpital.
Mais là, c'était l'insulte de trop. Mathieu se sentit perdre son sang-froid, le Patron prenait le dessus. Il assena un coup de pied bien placé au premier idiot qui le retenait prisonnier. A son plus grand bonheur les deux lâchèrent prise en même temps, le deuxième sûrement par surprise, et il stoppa d'un geste net le poing d'Enzo qui se dirigeait dangereusement vers son visage. En quelques secondes l'élève de première était à terre, hurlant à l'aide entre chacun des coups de Mathieu.
Le grand blond à l'identité toujours inconnue se reprit en main, attrapa violemment Mathieu par la capuche de son gilet et le plaqua contre le grillage sous les yeux effarés de Thomas. Le petit seconde reprit le dessus sur son corps, surpris par le choc avec le grillage, et tenta de s'excuser, mais le Patron refit surface rapidement lorsqu'un coup vint fendre sa lèvre inférieure. Il attrapa violemment le blond par les cheveux et écrasa son visage contre le sol avant de lui donner des coups de pied à plusieurs reprises.
Thomas se mit alors à fuir, mais la sombre personnalité le rattrapa sans grand effort. Il agrippa le col de son pull et le jeta à terre, ignorant les supplications du plus vieux. « Je t'en supplie, je n'ai rien fait ». Justement, il n'avait rien fait pour empêcher qu'on ne touche à son créateur. Son poing s'écrasa à plusieurs reprises sur la joue de Thomas, qui n'avait pourtant pas levé la main sur lui, mais il avait beaucoup trop encaissé en deux mois de cours. Il fallait qu'il se lâche.
Un. Deux. Trois. Quatre.
Il comptait les coups, le Patron s'arrêta à huit, les phalanges de son créateur rougies.
« Me remercie pas gamin, ils le méritaient. »
Mathieu se releva alors pour voir ce que le Patron avait fait. C'était pour cette raison qu'il détestait la colère, l'homme en noir prenait le dessus dès qu'il craquait et devenait alors incontrôlable. Il posa une main sur sa joue et grimaça à cause de la douleur, mais surtout à cause des larmes qui s'étaient mises à couler.
« Pleure pas gros, t'as un bon karma. »
Le Hippie avait raison, pourquoi pleurait-il ? Le Patron avait bien fait, s'il n'était pas intervenu, les inquiétudes du Geek auraient été justifiées. Il essuya difficilement ses larmes, empoigna son sac et marcha en direction de son arrêt de bus sans un mot. Il allait peut-être recevoir un énième avertissement par la poste, signalant à sa mère qu'il s'était encore battu au lycée. Il n'en avait que faire. Qu'est-ce qu'un ridicule bout de papier allait bien changer ? Qu'est-ce qu'une pathétique prescription pour calmer ses névroses pouvait bien corriger ?
Antoine s'était considérablement rapproché de Mathieu. Après le jeudi soir passé à -partiellement- bosser sur leur exposé, le brun avait renvoyé un message au plus vieux le lendemain en lui demandant s'il était libre ce dimanche. Ce n'est que le samedi midi qu'il lui répondit « Ouais, 14h chez toi », mais pas grave, c'était une réponse positive bien que tardive. Quand il avait rendu sa feuille de cours à Mathieu, ce dernier avait aussitôt viré rouge pivoine, mais il parut soulagé en voyant qu'Antoine ne lui posa aucune question sur ses dessins loufoques. Ils avaient alors passé la journée sur le canapé à jouer aux divers jeux vidéo qu'Antoine possédait, autrement dit, une tonne. La présentation de leur travail le lundi suivant s'était bien passée, le Mathieu sérieux ayant refait surface. Aucun des deux ne tolérait les mauvaises notes et leur lycée non plus d'ailleurs, restant public mais très exigeant et sélectif.
Le mois de décembre était alors passé incroyablement vite. Leur prof d'anglais avait décidé de faire un plan de classe, trouvant ses élèves trop bruyants, et pour le plus grand bonheur des deux Antoine et Mathieu s'étaient retrouvés à côté. Le prof d'histoire-géo avait lui aussi décidé de replacer ses élèves pour atténuer les bavardages et le brun s'était retrouvé à côté de Marie, un pot de peinture comme un autre. Mathieu avait reprit les cours et avait été placé à côté de Julie avec qui, contre toute attente, il s'entendait merveilleusement bien. Il n'était pas éperdument amoureux du Japon mais plutôt de l'histoire, ce qui, quand elle l'apprit, fit sauter Julie de joie. Ils s'étaient mis à discuter de Hitler, personnage sur lequel le lycéen portait un regard critique assez cynique, puis ils avaient parlé de mythologie grecque et on ne sait trop comment ils avaient fini par avoir un long débat sur l'inutilité des frères et sœurs. Mathieu passait donc désormais ses pauses avec Julie et Antoine, et par conséquence, avec le reste de la bande.
Et maintenant que l'adolescent aux cheveux fous était en vacances, que tous ses amis y compris Mathieu étaient loin de lui et qu'il était coincé dans une baraque familiale au Mans, le temps s'écoulait terriblement lentement. Les vacances de Noël avec la famille Daniel, il n'y avait rien de plus chiant d'après le lycéen. En plus il ne recevait pas de cadeaux, son entourage familial jugeant Noël comme « un événement symbolique de la religion chrétienne transformé en une fête monstrueusement commerciale », et à la rentrée il devrait se taper les « T'as eu quoi pour Noël ? Moi blablablablaaaa ». Il arrêtait souvent d'écouter après avoir entendu le mot « Noël ». Période merdiquissime.
Il devait à tout prix éviter de mettre sa langue dans les discussions de famille, sinon il le savait, il allait craquer et faire un monologue sur « l'invention grotesque de l'Homme qu'est la religion ».
-C'est de la connerie. On a inventé ça pour avoir des réponses à nos questions existentielles genre « Pourquoi la vie ? Parce que Dieu l'a dit » parce que c'est plus simple d'accuser un truc immatériel. Et puis après, vu que l'Homme est un bouffon, il a utilisé la croyance de la populace pour interdire des trucs débiles sous couvert de la religion.
A cette époque, ils l'avaient tous regardé, les yeux exorbités, et il avait eu droit à un sermon catholique avant de rentrer à Paris. Plus jamais il ne retenterait ça. Du coup, il passait la plupart de son temps à penser aux vacances de ses amis au lieu d'écouter les conversations familiales en acquiesçant d'un signe de la tête dès qu'il entendait « pas vrai 'Toinou ? » de la part d'un membre de sa famille. Il pensait beaucoup à Théo et Julie, en train de s'éclater quelque part en République Tchèque. Aussi à Clément, parti rejoindre son Andalousie natale, et à Noémie qui s'enjaillait à Tournai, en Belgique. Antoine avait néanmoins quelques nouvelles d'eux grâce à la magnifique invention qu'était Skype.
Les seuls à être restés dans le coin, c'était Audrey et Mathieu. La grande brune passait ses vacances à Paris avec sa famille. Ils avaient pas mal discuté par messages ces derniers temps, se racontant leur ennui mutuel. C'est ça qu'il aimait avec Audrey, elle parlait librement avec n'importe qui, pas de mépris des terminales vis-à-vis des secondes. A part Mathieu peut-être, elle ne semblait pas bien s'entendre avec lui. En même temps, ce nain ne s'entendait pas avec grand monde… En parlant de lui, Mathieu était retourné dans son cher petit bled qu'était Saint-Étienne. Ils avaient discuté à peu près tous les jours, le plus petit alternant entre son téléphone et sa partie dans The Witcher, jeu que ses grands-parents lui avaient offert à l'occasion des fêtes. Pendant un appel Mathieu avait même déclaré « tu dois absolument jouer à ce jeu mec, la gaule totale ». Deux jours avant le réveillon du Nouvel An, Mathieu avait néanmoins dû rentrer à Paris pour des raisons médicales, « rien de grave » d'après lui.
Et Antoine avait passé sa dernière semaine de vacances à se faire chier.
Assis sur un banc de la cour, le vent frais du mois de janvier fit légèrement frissonner Antoine. Le bruit de fond de la discussion qu'entretenaient ses amis l'invitait à fermer les yeux et à se reposer encore quelques minutes avant que la sonnerie ne retentisse, aussi bascula-t-il la tête en arrière pour mieux profiter de la fraîcheur de l'air. Théo et Julien discutaient tranquillement, le blond s'amusant à dessiner dans la neige avec ses chaussures.
Antoine sentit alors un poids sur son épaule. Il déposa son regard sur la petite tête châtain qui venait de se poser sur lui. Sa respiration était lente et derrière ses lunettes, des cernes étaient apparues. Mathieu semblait fatigué depuis la rentrée, il ne disait plus un mot et se contentait de hocher la tête quand on lui parlait. Bon, ça ne changeait pas grand-chose de d'habitude, Antoine l'avouait, mis à part le fait qu'il n'avait plus imité un pervers ou un hippie depuis longtemps. Julie, elle, était assise à côté de Mathieu, discutant avec Aiyana.
Des rires retentirent un peu plus loin, un groupe de terminale L passait. Audrey était là, son bonnet en laine gris sur la tête et son sourire radieux imprimé sur son visage. Reposant son regard sur Mathieu, Antoine le vit froncer les sourcils en la regardant se frayer un chemin entre les élèves. Il savait qu'ils ne s'aimaient pas, mais à ce point ? Il ne s'était pourtant rien passé de spécial entre eux deux jusqu'à ce qu'il sache.
-Ça va Mat' ? On dirait que t'as vu un fantôme !, plaisanta Julie.
Un léger hochement de tête, encore.
-D'ailleurs c'était comment le concert de Miyavi ?, demanda Julien.
-Génial ! Moi et Noémie on était au bord du malaise ! Il est trop beau, bava-t-elle.
-La meuf elle va voir Miyavi et après elle se casse en République Tchèque, au calme, constata Aiyana.
-C'est des friqués les Dupont, plaisanta Antoine semblant enfin se réveiller.
-Bah non mais bon, Miyavi quoi ! Je pouvais pas rater ça !
-Tout comme tu pouvais pas rater One OK Rock, Hatsune Miku, Kyary Pamyu Pa-
-Kyary je comprends, elle est absolument géniale cette fille.
-Pédo Antoine is back, se moqua Théo.
-Vous me donnez tous cette réputation de pervers alors que j'ai été souillé par VOUS !
-Ouais ouais, dis plutôt que TU nous as souillés avec tes blagues salaces !
-Comme dans les Sims houhouhou.
-… Non, c'était nul. Sors, Julie. Loin.
-Je sais que c'était nul ! Figure-toi que c'était pas destiné à faire rire banane.
-Tes blagues sont toutes nulles meuf, se plaignit son jumeau.
-Peut-être, mais moi au moins je-
-LES COCCINELLES SONT DES COLÉOPTÈRES !
Les regards se tournèrent tous en direction de Mathieu, ne semblant pas réaliser ce qui était en train de se passer. Il observa à son tour ses camarades de classe, un peu perdu, la bouche pendante.
-J'adore tes dreads grosse, tenta-t-il auprès d'Aiyana un sourire aux lèvres, comme pour se rattraper.
Antoine se mit à rire pour détendre l'atmosphère, et s'en suivit Aiyana, puis Julie, puis les autres. Un simple regard du plus vieux accompagné d'un petit rictus suffit pour faire comprendre au brun qu'il le remerciait infiniment pour l'avoir sorti de la merde. Même s'il ne savait pas vraiment de quelle merde il l'avait sorti. Cela fit sourire Antoine de voir que ses réactions anormales n'avaient peut-être pas totalement disparu pendant les vacances, certes elles rendaient son ami étrange, mais elles le rendaient aussi lui.
Et la conversation repartit. Mathieu reposa doucement sa tête sur l'épaule du grand brun. Il lui avait honnêtement fallu très peu de temps pour apprécier le petit nouveau et c'était maintenant son pote, mais ce genre de remarques étranges le laissait parfois -juste parfois- perplexe. C'est-à-dire qu'il ne les comprenait pas très bien, même si elles le faisaient rire. Quand il était avec Mathieu, c'était un peu comme s'il était avec différentes personnes à la fois.
Un Mathieu cynique et à l'humour mordant, n'hésitant pas à donner son opinion et qui était honnêtement très susceptible. Un Mathieu plus calme, beaucoup expressif aussi, ses sentiments comme étant décuplés par mille. Celui-ci appréciait la chaleur humaine et avait un certain don pour la musique qu'Antoine venait seulement de lui découvrir cette semaine, en l'entendant chanter une chanson avec Julie. Un Mathieu absent, aux crises d'angoisses et aux troubles dépressifs violents, mais aux répliques hors-sujets les plus drôles. Un Mathieu à l'humour noir et malsain, aux allusions perverses et à la voix étrangement rauque. Et enfin, un Mathieu hypersensible à la voix nasillarde qui réclamait souvent des câlins et pleurait au moindre bobo.
Mathieu qui avait d'ailleurs viré au blanc neige en quelques minutes.
-Ça va ? T'as pas l'air bien, remarqua Antoine.
-Je suis juste fatigué, ma semaine à l'hosto m'a cassé, répliqua-t-il. En plus j'ai super mal à la tête.
-Tu veux aller à l'infirmerie ?
-Nan ça va aller. C'est juste les nouveaux médocs que je dois prendre, ils sont vachement puissants.
Antoine avait tellement, mais alors tellement envie de savoir quelle était la maladie de son ami. Il avait longtemps réfléchi à ça pendant les vacances, puisqu'il n'avait eu rien d'autre à faire. Il en était arrivé à la conclusion qu'au final ça n'avait peut-être rien d'une maladie physique, mais plutôt psychologique puisqu'il n'avait aucun symptôme visible. Genre une espèce de début de bipolarité, ce qui expliquerait ses changements de comportement. Il n'osait pas vraiment lui demander de peur de le vexer ou de toucher un point sensible, et puis de toute façon ça le regardait lui et personne d'autre. S'il voulait en parler à Antoine, il le ferait en temps voulu.
La sonnerie stridente retentit, brisant les tympans des élèves. Aiyana s'éclipsa rapidement pour rejoindre Clément et Noémie devant leur classe tandis qu'Antoine, Julie et Mathieu se levèrent pour suivre Julien et Antoine. Les quatre élèves de seconde se faufilèrent alors dans les couloirs, montèrent péniblement les marches des escaliers sinueux et arrivèrent en destination de la salle de maths. Le brun posa son sac au sol et s'assit dessus tandis que Mathieu s'appuya doucement sur le mur.
-Faites que le prof soit pas là, supplia Julie.
-Faites qu'un quelconque dieu entende sa requête, enchaîna Antoine.
-Roh je déteste les maths… en plus mon voisin n'est pas un génie en algèbre, se moqua la blonde en se tournant vers Mathieu.
Le brun jeta un regard vers son aîné, qui en temps normal aurait vivement répondu à Julie quelque chose de bien tordu. Mais là il s'adossa difficilement au mur, sa respiration semblant soudainement s'accélérer. Le prof arriva, sa mallette à la main, et commença à déverrouiller la porte avant de lancer un regard à son élève redoublant.
-Mathieu, vous allez bien ?
L'intéressé se dirigea aussitôt en direction des toilettes, à seulement quelques salles d'ici, sans prendre la peine de répondre à son professeur. Julie s'empressa de le suivre.
-Mathieu !, s'écria-t-elle en courant.
Antoine réalisant finalement, il se mit à courir en suivant les pas des bottes à semelles compensées de son amie.
-Dupont ! Daniel ! Revenez ici !
Il ignora les avertissements du prof, arrivant rapidement devant la porte bleue décorée d'un petit bonhomme en métal indiquant les toilettes des hommes. Julie était déjà à l'intérieur (aucune pudeur en cette femme!), debout devant une cabine ouverte. Il s'avança prudemment vers elle, posa délicatement une main sur son épaule et baissa les yeux vers les latrines.
Mathieu avait une main sur le mur, le tenant comme s'il risquait de s'effondrer d'une minute à l'autre, sa deuxième main s'agrippant difficilement à la cuvette. Antoine pouvait finalement utiliser cette expression sans extrapoler : le plus petit était littéralement en train de vomir ses tripes. Il voulut s'avancer pour l'aider mais Julie le retint. L'aider à quoi de toute manière ?
« T'en as trop pris, gros ! »
Oh pas maintenant mec…
« TROP PRIS ! »
« Ta gueule le camé, ou je vais te foutre mon poing où tu sais ! »
« Peeeeaaace. Penche-toi un peu plus gros, ça aide à faire sortir le mauvais karma. »
C'est de la bile mec, de la bile.
« Mathieu, il m'a volé Monsieur Nounours ! »
« La ferme, gamin ! Je sais qu'il préfère mes caresses aux tiennes… »
Vous avez vraiment un timing de merde. A-ah, ma tête…
Ses nouveaux médocs rendaient ses personnalités encore plus stupides que d'ordinaire ou c'était juste lui ? Les voix se faisaient de plus en plus faibles, le mal de tête de plus en plus fort. Ses tempes le malmenaient tellement qu'il ne pouvait retenir les quelques larmes qui coulaient. Mathieu se jeta subitement sur son sac et en sortit une palette de pilules bleues relativement grosses, qu'Antoine supposait être ses nouveaux médicaments. Il ne put s'empêcher de se demander comment il faisait pour avaler ces choses-là, grosses comme elles étaient. Mathieu se mit brusquement à tout jeter dans les toilettes, comme prit d'une rage soudaine.
-Mais arrête, qu'est-ce que tu fais ?!, gueula Antoine en emprisonnant sa petite taille dans ses bras pour l'empêcher de tirer la chasse d'eau.
Mathieu se débattait, toussait (ou plutôt crachait ses poumons), laissait des larmes mouiller ses yeux. Antoine ne savait pas trop si c'était des larmes de colère ou de douleur, quelque chose de pas très gai en tout cas. Le brun lâcha prise lorsqu'il se prit un coup dans le visage. Bon, ça devait être de la colère.
-Antoine, ça va ?, s'inquiéta Julie.
Il se contenta d'observer le plus petit tirer la chasse, s'accouder au mur et laisser un rictus malsain se dessiner sur ses lèvres avant de murmurer un presque inaudible « je vous l'avais dit, vous ne pourrez pas les tuer ». L'infirmière du bahut entra en trombe dans la pièce, bousculant les deux lycéens sur son passage.
-Monsieur Sommet, avez-vous pris vos médicaments ?!
Mathieu ne répondit pas, n'abandonnant pas son sourire victorieux, pas une seule seconde.
Antoine adorait les samedis, tout simplement parce qu'il pouvait se lever super tard et se coucher encore plus tard sans qu'un de ses parents ne vienne le lui reprocher. En plus, aujourd'hui, il faisait particulièrement beau. Quelques rayons de soleil venaient caresser sa peau, apportant un peu de chaleur en cette journée fraîche. Des flocons de neige, très fins mains très froids, avaient décidé de se laisser tomber du ciel presque blanc. Comme ça, dans son jardin à la verdure recouverte de neige, Antoine Daniel se sentait bien.
Une petite enceinte émettait de la musique sur la table ronde en face de lui. Il écoutait attentivement l'espèce de dialogue entre la gratte et la batterie, symphonie menée par la voix portante du chanteur de métal. Enfin, Antoine entendait plus des cris que des chants, mais chacun sa vision des choses. Quelques minutes plus tard, la musique était terminée.
-Alors ?, demanda Mathieu.
-Mh… c'est pas encore ça.
-Pourtant je t'ai mis du Periphery, c'est le moins trash que j'aie…
-Je préfère à la limite ACDC tu vois.
-Petit joueur, sourit-il.
-Pourquoi t'aimes autant le métal même ?
-J'sais pas. Ça m'apaise je crois.
Antoine lui lança un regard interrogateur.
-Enfin j'veux dire, y'a tellement de colère, de rage, de haine transmise dans ces morceaux que… ça arrive à faire disparaître la mienne. Je sais pas si tu comprends…
-Pas trop, mais je respecte, sourit Antoine. Mais maintenant c'est à ton tour d'écouter mes trucs !
-Oh non, du Morning Musume, se moqua Mathieu.
-La ferme et écoute ça, je suis sûr que ça te plaira !
La musique commença de plus belle et l'aîné devina tout de suite qu'il s'agissait d'une chanson japonaise. Il y prêta néanmoins attention, se laissant entraîner par le rythme rapide. Une voix anormalement aiguë fit alors son entrée.
-Un vocaloïd ?
-Yep. Kagamine Rin, ma préférée.
-Je préfère Hatsune Miku.
-Genre t'écoutes des vocaloïds ?!
-Ça m'arrive de jeter un œil sur ce qu'ils font. Elle s'appelle comment la chanson ?
-The Lost One's Weeping. (non, non, je n'ai pas du tout passé des heures devant ce fanmade :3) Après que t'aies parlé de chansons qui dégoulinent de colère j'ai direct pensé à te mettre ça.
Mathieu saisit alors la tablette de son ami qui attendait patiemment, devinant qu'il voulait à son tour mettre une chanson. Le sourire vicieux qui refusait de quitter les lèvres du plus petit l'inquiétait légèrement, et ses inquiétudes furent largement justifiées lorsqu'il entendit une musique antillaise se propager dans le petit jardin. Mathieu se leva et se mit à danser d'une manière plus que ridicule, mais Antoine le jugea néanmoins « trop mignon » dans son gros sweat noir avec par dessus sa veste marron un peu trop grande pour lui.
« I ja sinké cé lindi, i lé pou nous aye travail,
Ou pa vié levé ou amouré, an nou fé malélivé »
-Naaaaaan t'es pas sérieux mec, Francky Vincent ?
Mathieu éclata de rire et enfila la capuche de son sweat tout en s'armant d'un regard provocateur. Antoine rit à son tour, se moquant de la démarche faussement sensuelle du nain et aussi de la chanson, qu'il avait toujours trouvé excessivement ridicule. Le créole était une langue très intrigante et la voix de Francky Vincent rendait le tout juste… épique.
-Si ta mère me voit je suis fiché à jamais.
-Mais non elle est cool ma mère. Et puis de toute façon tu t'es déjà fiché un nombre incalculable de fois !
-Ouais mais devant toi ça compte pas, j'ai des dossiers sur toi aussi.
-Ah ouais ? Quoi ?
-Ton fond d'écran !
Mathieu se mit à rire de plus belle, toujours pas remis de ses émotions lorsqu'il avait aperçu pour la première fois le fond d'écran Team Fortress de son ami. Le refrain de la chanson arriva et Antoine, qui connaissait étrangement bien les paroles, se mit à chanter :
« Chérie tu me donnes ta passion et je trouve ça fabuleux,
Je n'suis pas branché sentiments, j'suis plutôt super amant,
Aujourd'hui tu vas oublier tous les tocards qui n'ont pas assuré,
Y'a pas que la fesse dans la vie, y'a le sex aussi »
Il faillit s'étouffer dans son fou rire lorsque Antoine se précipita vers lui pour danser à ses côtés. Mathieu était un piètre danseur, mais à côté du brun cela passait presque inaperçu. Il enleva alors fougueusement sa capuche avant d'enchaîner :
« Vas-y Francky c'est bon, vas-y Francky c'est bon bon bon »
Antoine sourit face au déhanché maladroit de son ami et à la fin de la chanson il lui proposa de rentrer, le début de soirée se faisant frais. Il ouvrit la porte vitrée de la cuisine, déposa son manteau mouillé par les flocons de neige et se dirigea vers son frigo.
-Tu veux manger un truc ?
-Nope, pas faim.
-Bois du lait, petite chose.
Il lui tendit alors une brique de lait.
-Du lait entier, c'est meilleur pour la croissance des os.
Mathieu croisa les bras et fronça les sourcils, visiblement vexé.
-Bah tu boudes ?
L'aîné se dirigea d'un pas rapide vers l'étage pour se réfugier dans la chambre du brun, qui le suivait en répétant qu'il n'avait aucun humour. Il jeta sa veste sur Antoine en montant les escaliers, qui partit donc la déposer sur le porte manteau (quel maniaque). Lorsqu'il voulu pénétrer dans sa chambre, Mathieu l'envoya alors bouler.
-Hey connard, lança-t-il en souriant. C'est ma chambre, de quel droit tu m'empêches d'y rentrer ?
-Mot de passe.
-Enculé.
La porte s'ouvrit, laissant apparaître un Mathieu armé d'un sourire vicieux.
-Entre, bâtard.
Il se poussa légèrement pour laisser Antoine passer. Il faisait déjà sombre dehors, seule la lumière tamisée qu'émettait sa lampe de chevet éclairait la pièce. Il se jeta alors sur son lit (aux draps toujours aussi jaunes) et s'empara de Richard, qu'il avait présenté à Mathieu il y a quelques semaines de cela. L'adolescent châtain se posta devant lui.
-J'espère que tu lui as pas fait de trucs trop chelou, mon pauvre Richard.
-Juste quelques bisous, le rassura Mathieu.
-Trop de love.
-Toi-même tu sais, bébé cœur.
Antoine sourit, comme la plupart du temps qu'un mot sortait de la bouche du plus vieux. Il allait répliquer quelque chose, mais Mathieu le coupa dans son élan.
-Détache tes cheveux.
-Pourquoi ?, demanda Antoine, surpris.
-Parce que je t'ai jamais vu les cheveux détachés. Tu fais toujours des queues ou des vieux chignons moches.
-Bah quoi ? T'aimes pas mes chignons ? Fallait me le dire petit cœur.
-Détache tes cheveux.
Peut-être était-ce le peu de luminosité de la pièce, peut-être était-il tout simplement aveugle, mais Antoine ne sembla pas remarquer la lueur dans les yeux de Mathieu qui brillaient comme jamais. Le brun hésita un instant mais finit par retirer l'élastique noir qui retenait sa queue de cheval, laissant ses cheveux encadrer son visage lisse. Mathieu s'assit alors en face de lui et emprisonna ses jambes entre les siennes avant de lui retirer ses fines lunettes et de les déposer sur la table de chevet.
Antoine distinguait très mal son visage à cause de l'obscurité ajouté au fait qu'il n'avait plus ses lunettes, mais il était presque sûr que son sourire aguicheur avait disparu. Ils étaient proches, le lycéen pouvait sentir le souffle de son ami caresser doucement sa peau. La main de Mathieu se posa alors délicatement sur la sienne et Antoine ne réfléchit pas plus longtemps, il posa sa main libre sur la joue du plus petit et s'empara de ses lèvres. Il ferma les yeux, préférant ne pas savoir quelle tête Mathieu devait être en train de tirer en ce moment même, profitant simplement de ce petit moment de tendresse plus qu'inattendu.
En vérité, il aurait probablement aimé voir son aîné fermer les yeux et sourire doucement sur ses lèvres, mais sentir sa petite main venir se perdre dans ses cheveux et son corps se pencher sur le sien pour approfondir leur baiser lui suffit largement.
Mathieu ouvrit brusquement les yeux et se détacha des lèvres du plus jeune tout aussi rapidement. On aurait pu croire qu'il murmurait quelque chose à lui-même mais il saisit vite la tablette pour continuer leur petite session musique après avoir lâché un rire nerveux, comme si de rien était.
-Tu connais Andréas et Nicolas ?
Antoine était un peu perturbé mais il ne chercha pas plus loin. S'il avait penché la tête, peut-être aurait-il remarqué la couleur pivoine que les joues du plus vieux avaient prise. Mais Mathieu était chelou, il le savait, ça ne servait à rien de se poser des questions avec lui, et il se contenta de répondre à sa question.
-Nope.
-Roh, tu connais rien. Tiens, écoutes ça.
« Je déteste le sexe depuis mon enfance,
Je n'éprouve aucun désir ni pour les hommes, ni pour les femmes
Mes copains à l'école rêvaient de chattes et de nichons
Et moi je restais là tel un vieux cornichon »
Antoine éclata de rire, surtout à cause de la musique douce en fond qui faisait perdre à la chanson toute crédibilité.
-Mais bordel c'est quoi cette merde ?!, s'esclaffa le grand brun.
-C'est trop bien ! Et la fin est épique : « J'ai envie d'un BABY qui m'appellerait DADDY sans avoir à toucher les nénés d'une nana nue ». Et puis après ils disent que leur potes du lycée ont acquis le sida alors qu'eux ils on un gosse. Et aussi que Takilesida est un film japonais. Je les aime putain !
-Tu me spoiles toute la chanson, connard !
-Mais je m'en fous, t'aimes ou pas ?
-…
-Alors ?, insista Mathieu, sautillant presque sur place.
-Oui, je l'admets, c'était drôle.
-OUAIS. Je t'ai converti à Andréas et Nicolas, trop de feels bébé.
-Par contre je suis pas d'accord avec eux, je veux pas les bébés moi.
-Oh non j'avoue c'est dégueulasse.
-Ça vomit et ça bave partout ces sales choses moches.
-Et ça PUE. Je me rappelle encore de quand ma mère changeait les couches de Chloé, parce que cette pouilleuse a mis des couches jusqu'à ses cinq ans. Elle déféquait PARTOUT.
Antoine pouffa (parce qu'il rigole pour un peu tout), imaginant un mini Mathieu mourir asphyxié par les pets de sa sœur (que le plus vieux lui avait confié être hardcores pour son âge).
-Tu devais être trop mignoooon.
-Bof. Y'a pas mal de photos chez moi, si tu veux je t'en ramène une.
-En parlant de chez toi, tu viens toujours ici mais moi j'ai jamais été te voir.
-Crois-moi, tu ne veux pas venir, lança Mathieu en rigolant.
-Si si, j'aimerais bien. Ta famille doit être trop mignonne.
Mathieu sourit sans grande conviction, soudainement plus tendu. Antoine avait souvent parlé d'aller chez lui mais il n'avait jamais formulé de réponse claire et nette à sa requête.
-Vaut vraiment mieux pas que tu viennes…
-Bon, si t'insistes.
Un silence pesant s'abattit alors sur la pièce, et comme le silence était un des meilleurs vecteurs de pensées qui soit, l'invité comprit vite ce à quoi Antoine pensait.
-Ok, fais pas cette tête, je t'invite. Mais c'est à tes risques et périls.
-OH YEAH.
-Disons, jeudi prochain à 14h30 ?
-Mais on a cours…
-Mais t'es con ou quoi, y'a grève jeudi.
Double réjouissance pour Antoine, en plus d'avoir des profs flemmards qui faisaient grève pour une reforme qui ne les concernait même pas, il allait passer la journée chez son ami. Il était même un peu trop enthousiaste et l'aîné s'en rendit bien compte, mais il s'en fichait pas mal. Parce qu'au fond lui aussi était content que quelqu'un soit aussi heureux de venir le voir.
-Par contre, tu viens à 14h30 précises, pas avant, pas après.
-T'inquièèèèète.
-Ouais je te connais avec tes « t'inquiète », à la fin tu vas te pointer deux heures plus tard parce que « grasse mat' mec, grasse mat' ».
-T'inquiète j'te dis.
Et puis comme Mathieu ne dormait pas ici, il finit par se décider à rentrer chez lui. Antoine le raccompagna à la porte et la ferma après avoir salué son ami, ses tripes se tordant dans son ventre. Il partit s'asseoir sur son canapé. L'estomac du grand brun lui jouait des tours pour deux raisons bien précises : la première, c'est qu'il regrettait terriblement que rien d'autre ne ce soit passé après ce baiser, que tout soit arrivé aussi rapidement. La deuxième, l'adrénaline d'être à jeudi et de savoir si quelque chose allait justement se passer entre eux.
Antoine sortit de la bouche de métro et consulta sa montre avant d'esquisser un léger sourire. Mathieu allait en prendre plein la gueule.
Il faisait beau aujourd'hui, il y avait du soleil mais le thermomètre flirtait avec les zéro degrés maintenant, alors la neige était sous sa forme de particules de glace et non de vieille boue couleur marron mort. Le lycéen marcha le long du trottoir, examinant ce lieu lui étant encore inconnu. C'était une banlieue beaucoup moins en retrait que la sienne, beaucoup plus proche de son lycée et par la même occasion beaucoup moins calme. Il y avait quelques motards qui s'amusaient à faire des figures, kéké style, des hommes en costards s'affairaient vers le travail, leur pause déjeuner étant terminée.
Dix minutes plus tard, il s'arrêta devant un immeuble gris béton et posa son regard sur l'interphone rouge vif contrastant avec le bâtiment. Antoine regarda l'heure et lu sur l'écran de son portable 13h08. Mathieu n'allait pas en croire ses yeux, monsieur Daniel réveillé et en pleine forme alors qu'il aurait pu dormir toute l'après-midi. Ouais, il allait s'en prendre plein la gueule ce nain. Il appuya sur le numéro de l'appartement, c'est-à-dire le numéro 2 et attendit une réponse. Après une longue série de bips, quelqu'un décrocha finalement.
-Oui ?, fit la voix de Mathieu provenant de l'interphone.
-Yo mec, c'est Antoine. Tu m'ouvres ?
Un bruit étrange suivit d'un clic lui signala que son ami lui avait ouvert. Il pénétra alors dans le hall aux couleurs crème du bâtiment et hésita à monter au premier étage.
Appartement en rez-de-chaussée qu'il m'avait dit.
Il fit alors demi-tour, jeta un coup d'œil à la porte à sa droite et se posta finalement devant celle avec inscrit dessus le numéro 2 en noir. Il toqua, seulement pour se rendre compte que la porte était déjà entre-ouverte. Quel genre d'ami de merde était Mathieu pour ne pas pouvoir l'accueillir à l'entrée ?
Antoine pénétra alors dans ce qui devait être le salon. Un petit homme en noir qui semblait n'être autre que Mathieu jouait tranquillement du piano, et en fond sonore, un homme qu'il supposa être son grand frère à cause de la ressemblance avec la voix de son ami chantait à tue-tête. Il était sûrement dans une autre pièce à s'échauffer puisque non visible pendant qu'une douce mélodie se heurtait aux murs de l'appartement. Sol la si bémol do ré, do si bémol la sol. (1) C'était si harmonieux que l'on avait l'impression que les doigts du musicien touchaient à peine l'instrument. Antoine comprenait pourquoi Mathieu ne s'était pas donné la peine de l'attendre à la porte, si c'était pour jouer quelque chose d'aussi joli, il lui pardonnait. Le grand brun referma la porte et fit quelques pas vers son ami, qui n'arrêta pas une seule seconde de jouer.
-Je savais pas que tu étais musicien, dit-il en posant sa main sur la petite épaule carrée.
L'homme en noir se retourna subitement vers Antoine, son visage était caché par des lunettes de soleil derrière lesquelles semblait se dissimuler un regard meurtrier. Un regard qui n'avait rien à voir avec celui de son ami, mais cet homme ressemblait pourtant en tout point à Mathieu, rien à dire, c'était sa copie conforme.
Il se leva de son tabouret en un geste brusque, faisant sursauter le brun qui sentit un métal froid se poser avec une délicatesse inquiétante sous sa gorge. Une goûte de sueur perla sur son visage, il avait bien comprit ce qu'il se passait. L'homme en noir était en train de le menacer de lui trancher la gorge. Antoine manqua de hurler au secours mais se dit que face à un tel psychopathe, il valait peut-être mieux se taire s'il ne voulait pas qu'il mette fin à ses jours.
-Tiens gamin, comme on se retrouve.
(1) Silent Hill - Alessa's Harmony, musique du teaser de la saison 2 de Salut Les Geeks. Si vous ne l'avez pas vu, je vous conseille vivement de le regarder!
MOUAHA. C'est la fin. Alors, comment vous avez trouvé ce chapitre? :3
J'ai passé du temps sur les dialogues, je suis pas douée avec ça et je préfère de loin les descriptions, alors j'espère que ça a porté ses fruits (même si les dialogues restent bizarres, j'assume). J'ai quand même essayé de faire en sorte que le tout ne soit pas trop répétitif quand ils discutent ^^
La réécriture du prochain chapitre est assez différente de la première version alors si vous lisez pour la première fois cette fic, je vous conseille d'attendre que je re-publie le chapitre 3. La réécriture est beaucoup plus détaillée que ce qu'il y a sur FF là maintenant ^^ Donc début janvier vous aurez normalement la suite! Passez un bon réveillon de la nouvelle année et merci de lire!
