Voici la première partie du chapitre final d'A.I. Plein de surprises vous attendent! Autant vous dire que je me suis éclatée! Vous allez remarquer quelques clins d'oeil en rapport à des films cultissisme lol. J'ai eu également la petite larme à l'oeil pour un personnage... Au départ, je ne l'avais pas vu comme ça... Non je ne vous dirais rien. Vous verrez bien par vous-même :p.

Cette première partie fait 30 pages dont savourez-les bien lol car la deuxième et dernière partie ne sera pas pour tout de suite ^^'. Eh oui, je vais bosser le mois de juillet en colo loin de chez moi donc je n'aurais pas vraiment le temps mais dès fin juillet-début août j'entame la suite et la termine ;). Pour les fans de SF un peu de patience, vous allez remarquer que nos chouchous sont peu présents dans cette partie. Étonnant, dites-vous? :D. Il y a une raison à tous cela. Vous allez découvrir de nombreux FB dont un très long relatant la vie d'un personnage illustre. Je n'en dis pas plus, je vous laisse à votre lecture! :).

Un spécial merci à Eme et à ma bêta pour leur petit message concernant ma fic :).

PS : Préparez vos kleenex au cas où... Je dis ça mais je ne dis rien :P.


Une bonne heure plus tard, Clochette réapparut dans la grande salle du trône, la mine grave. Blanche-Neige, David, les deux jeunes amoureux, la fée Bleue qui avait pris apparence humaine, Merlin, le ténébreux et Belle attendaient, tous installés autour de la table ronde. En voyant le visage préoccupé de la petite fée verte, ils se turent et l'observèrent sans dire mot. Bae serra convulsivement la main de sa bien-aimée princesse, un mauvais pressentiment lui serrant le cœur. Que lui avait dit Killian Jones ? Le Roi et la Reine se levèrent prestement, sondant dans les yeux de la femme blonde la gravité des informations qu'elle avait reçues.

« -Tu as appris quelque chose? demanda David, inquiet.

-Oui, Votre Majesté. Mais au fond ce n'est guère étonnant… confia-t-elle en baissant la tête et scrutant le sol.

-Raconte-nous, supplia Blanche, soucieuse.

-Voilà ce qu'il m'a dévoilé… »

*Flashback dans les cachots, une demi-heure plus tôt…*

« -Avant d'avoir été attrapé et légèrement torturé par le crocodile, j'ai cherché à tout prix à me rendre invisible de lui, car j'avais commis une erreur quelques jours auparavant. Dans ma vaine tentative de m'en prendre à lui, son fils s'est mis entre son père et moi et Baelfire a reçu un sort qu'il ne lui était pas destiné. J'ai heureusement pu prendre la fuite. Je cherchais alors un moyen de disparaître aux yeux du ténébreux. En vain… Jusqu'à ce que je tombe de nouveau sur Cora au port après de nombreux mois sans réponse. Elle avait besoin de moi pour parfaire un plan contre Rumplestiltskin. L'atteindre par le biais de Belle French pour qui il aurait de l'affection. En échange, elle me promit une potion qui me rendrait invisible. Elle m'a amené à sa planque. C'était une ferme reculée dans un village perdu. J'avais le sentiment qu'elle cachait quelque chose, mais je ne savais pas quoi…, commença-t-il à raconter.

-Avez-vous fini par le découvrir ? questionna Clochette en s'asseyant sur un tabouret près de sa cellule, très attentive à son récit.

-Oui… alors qu'elle m'expliquait son plan dans le détail tout en préparant la fameuse potion, j'ai entendu un bruit sourd à l'étage. Quelque chose était tombée.

-Vraiment ? Qu'est-ce que c'était ?

-J'y viens, ma belle. Laissez-moi finir, rétorqua le pirate, mi-amusé, mi-contrarié par ses interruptions incessantes.

-Désolée…

-Cora était inquiète de ce que j'avais entendu. Elle s'est excusée et elle est montée à l'étage, me disant qu'elle n'en aurait pas pour longtemps. « C'est probablement une malle qui est tombée » dit-elle tout en gravissant les marches. À ce moment-là, mes sens se sont mis en alerte. Quelque chose clochait. J'avais attendu des échos lointains sur une alliance avec un mage. Peut-être que la sorcière n'était pas toute seule finalement ? Pourquoi avoir choisi une ferme abandonnée si ce n'était pour cacher quelqu'un de très important ? Ma curiosité de pirate a été la plus forte. Je me suis redressé et je suis allé discrètement au bas des escaliers pour écouter ce qui se disait à l'étage. Voici ce que j'ai entendu… « C'est trop tôt, vous avez besoin de reprendre des forces », « J'en ai assez de cette situation, Cora », « Je sais, je sais, mais ce n'est qu'une question de temps. Vous aurez votre revanche, je vous y aiderais. Ne vous l'ai-je pas promis ? Nous avons tant en commun», « Oui… », « Reposez-vous mon cher. Dans deux mois à peu près tout sera définitivement réglé. ». Soudain, une porte claqua et je sus que Cora allait redescendre. Je me suis dépêché de m'asseoir là où j'étais installé un moment plus tôt et je fis en sorte de ne rien laisser transparaître quand elle réapparut devant moi, finit Hook tout en touchant son crochet.

-Pourquoi dans deux mois ? interrogea Clochette.

-Qu'est-ce que j'en sais ! Mais il est clairement évident qu'ils préparent un mauvais coup.

-Merci, murmura-t-elle avec gentillesse.

-Merci ? Vous ne me demandez pas si je vous cache autre chose ?

-Non, car j'ai su pendant tout le long de votre récit que c'était sincère. Je le perçois grâce aux battements de votre cœur. Les fées ont ce don.

-Je vois… quand pourrai-je alors être délivré pour cet acte de bonne foi ? marmonna-t-il en frottant sa barbe.

-Je ne sais pas. Quand le danger sera écarté, je suppose, osa-t-elle répondre.

-Je vais rester dans cette cellule pendant 2 mois ? s'écria-t-il, furieux.

-Je vais me renseigner, mais comprenez-nous, si on vous relâche et que vous retrouvez Cora avec son complice pour leur dévoiler ce que nous savons de leurs projets, nous serons pris au piège. Nous ne pouvons pas nous permettre une telle chose.

-Vous pensez sincèrement que je retournerai voir Cora ? Après tout ce que je viens de vous révéler ? Elle me tuerait sur le champ ou pire, elle m'arracherait le cœur pour vous avoir lâché ces renseignements.

-J'imagine… Mais si elle vous croisait de nouveau et vous emmenait dans sa croisade avec le mage, vous seriez pieds et poings liés avec elle. Si vous refusez, elle saura que quelque chose ne va pas. Non vraiment, vous êtes le plus en sécurité ici. Personne ne s'attaquera à vous ni ne vous obligera à faire quoi que ce soit. Ce ne sera que temporaire, je vous le promets ! assura Clochette en serrant le gros livre contre elle.

Hook soupira d'énervement. Il allait vraiment moisir dans ce trou à rats pour SA propre sécurité ? Comme si on voulait vraiment le protéger ? Lui, le pirate ?

« -Je m'engage personnellement à vous libérer le moment venu. Sachez que la parole d'une fée est sans faille, prévint-elle.

-Ouais, ouais, on verra dans deux mois ! », lâcha le prisonnier avec résignation.

Au moins ici, il ne verra pas le ténébreux puis il scruta la jeune femme blonde avec appréhension.

« -Pour éviter dans ce cas que je meure totalement d'ennui, viendrez-vous me rendre visite de temps en temps ? demanda-t-il, attiré par cette fée singulière.

À ces propos, Clochette se mit à rougir. Elle hocha de la tête, se retenant de sourire. Killian Jones n'était pas un si mauvais gars dans le fond…

*Fin du flashback*

« -Dans deux mois à peu près ? Le mariage, mon anniversaire ! réalisa Emma, le cœur battant.

-Ils vont oser ? songea-t-elle, dévastée.

-Mmh en effet ce n'est pas étonnant venant de Cora… reconnut Rumple.

-… Et d'Albéric, coupa Merlin, anxieux.

-Ils ont l'intention d'empêcher le mariage. Tant qu'ils n'auront pas ce qu'ils veulent, ils ne lâcheront rien, répondit Bae tout en serrant la main d'Emma puis il quitta sa chaise pour s'appuyer sur le dossier.

-Nous vous protègerons. Avec l'aide de Merlin et de votre père, s'il le veut bien, nous assurerons votre sécurité », tenta de le rassurer la fée Bleue.

Le ténébreux acquiesça en signe d'assentiment, désireux d'être là pour son fils. Il ferait tout pour que ni Cora ni cet Albéric ne viennent entacher son bonheur.

« -Bien évidemment la partie la plus délicate est la suivante : souhaitez-vous toujours exposer le peuple, les seigneurs au danger s'ils attaquaient bien à la cérémonie ? questionna l'enchanteur.

-Il est hors de question d'annuler cela. Ce serait leur accordait trop d'importance, trop de pouvoirs. Emma mérite un beau mariage, entourée de sa famille et de ses amis. Je ne veux pas qu'on lui enlève ce plaisir. Ce mariage est important. Pour elle. Pour son peuple. Pour moi. Sinon ce n'est plus un mariage. Tant que nous resterons ensemble, soudés, ils n'auront pas d'emprise sur nous, déclara le futur fauconnier.

-Bae… » souffla la princesse, le cœur gonflé d'amour.

Les parents d'Emma et Belle posèrent un regard affectueux sur le jeune homme. Baelfire était si prévenant à l'égard de sa dulcinée. Il était fait pour elle.

« -Il va falloir mettre certaines choses au point dans ce cas, je propose…, débuta le ténébreux avant qu'il ne soit coupé par son fils.

-Je compte sur toi. Tout ce que je veux c'est que tu ne les tues pas. À moins d'y être forcé, j'aimerai qu'on évite un bain de sang à mon mariage, prévint-il.

-C'est compréhensible. Tu es d'accord avec ça, Rumple ? » demanda Belle à son côté, posant une main sur son bras.

Ce geste d'affection n'échappa à personne, mais les témoins s'abstinrent de commentaire.

« -Bien, je vais donc m'en remettre à l'enchanteur. Vous devez être plein de sagesse ?

-C'est une question ou une affirmation ? » interrogea Merlin en haussant un sourcil blanc.

Belle, Emma et ses parents rirent silencieusement à cette remarque. Une nouvelle alliance allait se former et elle était des plus insolites. Cela risquait d'être intéressant...

Une demi-heure plus tard, le ténébreux et Belle French prirent congé, se promettant d'être là le lendemain au conseil. Rumple accompagna la ravissante bibliothécaire à ses appartements, lui souhaitant une bonne nuit par un chaste baiser sur le front avant de disparaître par magie. Emma et Baelfire suivirent le mouvement sauf que ce dernier séjournerait à partir de maintenant au château afin d'aider à la préparation du mariage et aurait une succincte formation sur la vie de château. Il s'arrêta à sa porte et l'embrassa tendrement puis se dirigea vers une chambre non loin de la sienne. Il voulait être sûr que jamais plus personne ne viendrait la kidnapper jusqu'au jour de son mariage. Le père d'Emma n'était pas contre ce choix, il avait à présent complètement confiance en son futur gendre. Blanche-Neige et son mari saluèrent Bleue, Clochette et Merlin puis allèrent également se coucher. Ce fut décidément une longue nuit…

« -Clochette, tu peux y aller. Je vais encore rester un moment pour parler avec Merlin. On se voit demain ? lança la fée supérieure près de son vieil ami.

-D'accord, bonne nuit alors, répondit son bras droit avec un petit sourire.

-Bonne nuit, Clochette.

-Bonne nuit, très chère », déclara le vieux sage.

Sur ces mots, elle changea d'apparence et s'envola par une fenêtre légèrement entrouverte. L'enchanteur entendit alors un soupir. Merlin se retourna vers sa voisine avec attention. Elle semblait sérieuse et tracassée.

« -Qu'y a-t-il, Bleue ?

-Est-ce que tu penses que nous ferons le poids contre eux, même avec le ténébreux ? questionna-t-elle, pensive.

-Nous sommes intelligents, malins, pourquoi pas ? Ce n'est pas le moment de douter à nouveau à ce sujet, affirma l'enchanteur.

-Merlin… Nous avons beau les rechercher, ils ne sont nulle part. Même Rumplestiltskin n'a pas réussi à retrouver Cora. Elle a mystérieusement disparu de la surface de la terre avec ce mage fou. Comment est-ce seulement possible ?

-Nous avons juste des adversaires à notre taille, ma chère. Je ne sais rien… je n'ai aucune prédiction… nous ne devons pas regarder au bon endroit…, confessa-t-il en caressant sa longue barbe blanche.

-Moi je suis d'avis de continuer les recherches pour les attraper avant qu'ils viennent détruire le mariage de ces deux enfants.

-Et moi, je pense que ces recherches seront vaines. Ils ont trouvé une faille et ils vont y rester terrer jusqu'au jour du mariage.

-Alors tout ce qu'on peut faire c'est attendre, se préparer à leurs attaques le jour J ?

-Je crois que oui, hélas, souffla le vieil homme craignant le pire venant de son ancien apprenti.

-Cela me déplaît… Baelfire et la princesse méritent d'être heureux. Ils s'aiment si fort, mais avec Cora et Albéric dans l'ombre, cela compromet leur vie à deux. J'ai peur que cela finisse en tragédie…

-Je te comprends, je te comprends Bleue… mais tu sais tout autant que moi que rien n'est facile. Il faut se battre pour avoir ce qu'on veut de plus cher. Le petit est courageux, il a de la suite dans les idées. Ne parlons pas de la princesse. Ils ont bien l'intention de défendre leur amour », admit Merlin d'un air nostalgique.

L'enchanteur contempla tristement Bleue appuyé contre sa canne et repensa au passé. Leur passé…

*Flashback – 57 ans plus tôt*

Merlin marchait d'un bon pas sur un sentier au coeur d'une immense forêt. Il n'avait alors que 18 ans. Le jeune homme brun avait un habit de paysan, portait un baluchon sur un bâton de bois et perché sur celui-ci, un hibou veillait sur les alentours. Il s'appelait Archimède. C'était le familier de la famille. Merlin était né d'une humaine et d'un sorcier. Ces parents très affectueux et bons avaient décidé de s'installer dans une petite chaumière près d'un village reculé. Son père était le guérisseur du village, il avait fait une formation pour devenir druide, mais ce métier étant peu reconnu, il choisit un autre nom pour ses compétences sur la « guérison » par le biais des plantes et des potions. Bien qu'il avait des chances de devenir un grand sorcier, il refusa ce choix de vie pensant que c'était une destinée dangereuse. Quant à sa mère, elle créait beaucoup de choses : des vêtements et de la vaisselle. Elle avait un tel talent que ces créations avaient un franc succès et qu'elle en vendait régulièrement à un prix abordable. Le jeune homme avait eu une enfance heureuse avec eux, bien que solitaire. Il fut fils unique. Les récits que lui narraient son père sur ses voyages d'antan, de ses rencontres avec des maîtres et sa formation lui donnèrent envie d'essayer à son tour. Il avait envie d'être important aux yeux des gens, d'être utile à la société tout comme son père. Il tenait de lui. Dès son plus jeune âge, Merlin était sensible à la nature, à ce qu'il l'entourait. Il voulait devenir druide à son tour et faire la fierté de sa famille. Pour cela, une rencontre et une longue formation l'attendaient dans les Landes, la terre sacrée des druides et des enchanteurs. Mais en allant dans cette contrée parfaire sa formation, il ne pourrait pas les revoir ni les contacter avant d'avoir fini. Cela pourrait prendre des années… C'est alors que son père lui offrit Archimède, lui assurant qu'ainsi, il ne se sentirait jamais seul. Sur de touchants aux revoirs, Merlin sourit et partit sur la route, sans un regard en arrière. Il parcourut de nombreuses lieues avant d'arriver à destination grâce à la carte donnée par son père et les panneaux aperçus en chemin. Un homme habillé de blanc veillait près d'un saule pleureur, une cerpe attachée à sa fine ceinture en cuir marron.

« -Bienvenue, mon garçon. As-tu fait bon voyage ? » demanda ce dernier.

Merlin arqua un sourcil, surpris.

« -Vous m'attendiez ?

-Oui, Merlin. Des confrères m'ont prévenu de ton arrivée. Tu es là pour devenir druide, n'est-ce pas ?

-Oui…

-Comment sait-il ça ? Serait-il clairvoyant ? songea le jeune paysan, stupéfait.

-Alors suis-moi. Je vais t'amener au lieu de rencontre avec le conseil »

Archimède piaffa et Merlin sortit de sa poche des graines qu'il donna à son hibou pour le faire taire. Il avait un sacré caractère.

« -Cesse d'être grossier. Nous sommes arrivés. Tu devrais être content », souffla Merlin à son familier.

Il piaffa de nouveau et le jeune homme soupira de dépit. Archimède était à un âge où il pensait que tout lui était permis. Quelques minutes plus tard, le jeune Merlin aperçut une grande chaumière en pierre à côté d'un grand chêne, autour duquel étaient installés des bancs de pierre. Il y avait beaucoup de monde attroupé à cet endroit et qui était venu de par tous le pays pour suivre une formation particulière. Soit pour être druide ou soit pour être magicien communément appelé « enchanteur » ou « sorcier ». La formation étant différente pour chacune de ces vocations et avec un temps d'enseignement plus ou moins long. Le druide lui demanda de prendre place et Merlin vint s'installer sur un banc complètement libre… enfin complètement libre, pas vraiment. Une petite fée aux cheveux longs et bruns détachés, habillée d'une robe bleue scintillante était déjà assise sur la stèle de pierre. Elle prenait des notes sur un petit calepin avec un fin crayon de mine. C'était la première fois qu'il en voyait une. Elle était incroyablement jolie. Merlin fronça alors des sourcils tout en observant l'assistance et le conseil composé de sept hommes et femmes érudits prenant place au centre, là où le chêne était situé.

« -Normalement les fées ont une autre fonction. Elles ne peuvent pas faire une formation de ce type ? » pensa-t-il, surpris.

Il était dans ses réflexions quand le leader du conseil prit la parole et capta l'attention de tous.

« -Bienvenue, chers amis, dans les Landes ! J'espère que tous et toutes avez fait bon voyage jusqu'ici. Je me présente, je suis Gidéon, grand sorcier. Pendant le parcours des formations, je présiderai et vous apporterai également des conseils en compagnie des autres maîtres formateurs. Vous êtes à présent tous de potentiels apprentis, à une exception près », annonça le chef vêtu d'un chapeau bleu pointu en dirigeant son regard droit dans la direction de Merlin.

Celui-ci se tourna alors vers sa voisine et elle se mit à rougir d'embarras par tant d'attention.

« -Seulement vous aurez de nombreuses épreuves afin de savoir si vous êtes fait en tout point pour accomplir la destinée d'un druide ou d'un magicien. De plus, je sais que vous avez tous des souhaits… seulement la coutume dans les Landes est de faire appel au plus sage des sages, l'esprit des Landes, notre chêne centenaire, pour indiquer votre voie.

-Quoi ? s'exclama un homme aux allures de barde.

-Ce n'est pas possible ! s'écria une jeune femme rousse, mécontente.

- J'ai donc une chance sur deux de faire ce que j'ai toujours souhaité, murmura le jeune Merlin d'un air songeur.

-C'est le risque à prendre. Mais si le chêne a des propriétés magiques et sait lire l'avenir comme le simple touché de la corne de la licorne alors il saura pour quoi les personnes ont les meilleures dispositions pour réussir avant même d'avoir commencé, lâcha la fée bleue avec sérieux.

-Est-il possible que nous soyons dans aucune de ses vocations ? questionna alors une vieille dame.

-Malheureusement oui, mais c'est très rare. J'espère que ce ne sera pas le cas aujourd'hui », avoua Gidéon posément.

Le groupe de futurs apprentis était déconcerté par la tournure des évènements, sauf peut-être la fée et le conseil qui semblaient blasés par tel engouement tandis que Merlin demeurait pensif.

« -Vous êtes libres de partir. Vous avez le choix de continuer ou d'arrêter », informa une jeune femme druide habillée d'une robe marron en dardant ses yeux clairs sur l'assemblée.

Suite à cette remarque, il eut un silence. Après quelques minutes, certains quittèrent les bancs et s'en allèrent. Les autres décidèrent de faire confiance à la prédiction du chêne magique.

« -Bien, à présent, nous allons vous appeler un par un pour faire face au jugement de l'esprit des Landes », informa cette même femme.

Au fur et à mesure, les gens passèrent et une voix grave, distincte clama leur avenir.

« -C'est impressionnant, n'est-ce pas ? demanda la fée bleue à côté de Merlin qui était impressionné par l'intelligence de ce chêne vieux de 100 ans.

-Oui, c'est incroyable, admit-il tout en se grattant l'arrière de la tête.

-Vous avez peur ?

-Un peu… mais c'est humain.

-Oui.

-Oh je n'ai pas fait les présentations, veuillez m'excuser… je m'appelle Merlin. Et vous ?

-Bleue.

-Bleue ?

-Oui c'est ma couleur et mon nom, déclara-t-elle.

-Je vois… Si vous n'êtes pas ici pour faire une formation, quel est la raison de votre visite ? J'avoue que ça m'intrigue.

- Je vous intrigue ?

-C'est rare de voir une fée toute seule dans un endroit aussi isolé que les Landes, avoua-t-il.

- Ce n'est pas faux. Eh bien, je suis là pour ma dernière formation en tant que fée, pour devenir la chef de la communauté des fées et pour ça, je dois voyager, m'ouvrir au monde, m'intéresser à la nature et à la vie de tout un chacun.

-Oh c'est une formation très importante. Vous faites alors de l'observation ici ?

-Oui c'est ça. Je vais rester quelque temps ici…

-Merlin ! clama un membre du conseil.

-Oh, désolé. Je dois y aller », s'excusa ce dernier avec un sourire contrit.

Il laissa son hibou et son balluchon près de la fée et se dirigea vers celui qui l'avait appelé près du chêne.

« -Es-tu prêt à connaître ta destinée, Merlin ? demanda l'homme qui avait une baguette noire à sa ceinture.

Le jeune homme déglutit et pria pour être pris. Il ne voulait pas revenir complètement démuni auprès de ces parents. Il acquiesça et suivit les indications du magicien. Merlin posa alors sa main gauche sur le tronc du chêne et il se passa quelque chose d'incroyable. Un vent venant de nulle part frappa le lieu et tourbillonna autour du jeune homme brun. Il avait les yeux écarquillés et semblait un peu affolé. Jusqu'à ce que cela cessa et ce, brusquement.

« -Merlin, j'ai vu ton avenir, ton parcours. Tu es promis à de grandes choses si tu acceptes de travailler sans relâche pour être… un enchanteur » répondit l'esprit des Landes

-Plaît-il ? Un enchanteur, moi ? Mais je n'ai pas la carrure ! Je ne suis même pas endurant, annonça Merlin malgré lui au magicien à ses côtés.

-L'esprit a parlé. Il semblerait que tu es les compétences, mon garçon. Il ne faut jamais se fier aux apparences. Tu peux aller te rasseoir », décréta-t-il.

C'est dans un état second qu'il le fit sous les regards médusés des autres. Personne avant n'avait suscité une telle réaction au chêne. L'apparition de cette bourrasque fit jaser tout le monde. Bleue fixait avec attention son compagnon, à la fois surprise et admirative. Merlin n'était pas un garçon comme les autres.

« -Tout va bien ? lança celle-ci.

-Je vais m'y faire… dans quelques semaines, dans quelques mois, murmura Merlin d'un air hésitant et peu sûr de lui.

-Tu voulais devenir druide ?

-Oui, comme mon père.

- Être un magicien est tout aussi noble.

-C'est surtout périlleux comme destinée, marmonna-t-il.

-Je suis sûre que tu y arriveras Merlin. Tu dois avoir confiance en toi » le tranquillisa la fée Bleue.

Et Bleue avait raison… Les jours, les mois s'écoulèrent après cet évènement important. Les apprentis dormaient dans des tentes et s'exerçaient chaque jour à leurs formations. Merlin apprit beaucoup de choses grâce aux manuels donnés par son maître formateur attitré. Il devint de plus en plus fort aussi bien mentalement que physiquement. Très bon élève, il ne ratait jamais une épreuve ou un devoir. Bleue l'encourageait et le soutenait dans son parcours. Une forte amitié se noua entre eux. Ils étaient inséparables au grand dam d'Archimède, quelque peu jaloux de cette complicité. Un beau soir, alors que Merlin racontait à son amie ce qu'il avait appris en cours de métamorphose, sa voisine lui révéla quelque chose.

« -Quoi ! Et tu me l'as caché tout ce temps ? Tu peux faire quoi exactement ? interrogea-t-il, curieux.

- Tu sais que je n'aime pas trop parler de moi. Je n'ai pas l'habitude…, bredouilla la fée, embarrassée.

-Tu peux me faire confiance, Bleue. C'est moi Merlin, ton ami », rassura-t-il avec un sourire chaleureux.

Ce visage avenant fit fondre le cœur de la fée.

« - Bon d'accord…Je peux savoir si quelqu'un ment ou non rien qu'aux battements de son cœur et à l'expression de son visage. Je peux aborder ceux à qui je veux venir en aide en prenant l'apparence d'une humaine de façon à attirer leur sympathie.

-Incroyable. Est-ce que je peux voir ?

-… quoi ?

-Ton tour pour devenir humaine, voyons.

-Oh, je ne sais pas si je devrais, murmura la fée réservée en regardant autour d'elle.

-Voyons, Bleue. Ce n'est qu'un petit tour de magie. En échange, je te montrerais un des miens. Je pense que ça me paraît équitable.

-Je ne sais pas Merlin…

-Allez Bleue, ne fais pas ta timide. À moins que… tout ça soit du vent et que ce ne soit pas vrai, la taquina-t-il avec un sourire amusé.

-Je ne mens pas, rétorqua-t-elle outrée.

-Eh bien prouve-le-moi, ma chère. Prouve-moi que j'ai tort ! insista-t-il en imitant le langage d'un des conseillers.

-Tu es vraiment… vraiment…

-Oui ?

- Buté !

- Ces journées de formation m'y ont bien aidée, avoua-t-il avec un grand sourire.

-Rhaaa, très bien. Tu feras moins le malin après ! Prends-en de la graine ! » répliqua-t-elle.

C'est alors qu'avec sa baguette, elle murmura une incantation tout en faisant de petits cercles dans sa direction et son apparence changea. Elle passa de fée à humaine. Merlin sourit d'un air satisfait alors que Bleue croisa ses bras contre elle, quelque peu sur la défensive.

« -Tu es content ? Voilà, j'ai dit la vérité !

-Oui… je n'en ai pas douté », confessa Merlin tout en la regardant avec tendresse.

Elle était encore plus jolie à échelle humaine. Bleue le fixa et fut troublé par son regard doux.

« -Qu'y… qu'y-a-t-il ? demanda cette dernière, les joues rougis.

-Rien… Pourquoi ? Je n'ai pas le droit de te regarder ? Tu es pourtant une très jolie jeune femme, avoua-t-il.

-Merlin… souffla-t-elle.

-Bon à mon tour », coupa-t-il comme si de rien n'était.

Il montra sa baguette faite de chêne à son amie et dans un murmure, il lança une incantation. L'instant d'après, il devint un jeune homme d'origine africaine puis il continua. Il passa d'enfant à vieillard puis reprit son apparence normale.

« -Et voilà ! » s'écria-t-il, content du travail qu'il avait accompli après tout ce temps.

Bleue lui adressa un sourire triste. Bien évidemment, rien n'était terminé et les deux amis avaient encore beaucoup à découvrir. Cependant les sentiments que Merlin nourrissait pour son amie grandissaient au fur et à mesure du temps et rendaient la tâche encore plus délicate. Mais il tint bon et les refréna par égard pour elle. Mais un évènement, trois ans plus tard, allait changer cela.

« -Tu pars aujourd'hui ? Tu le sais depuis quand ? questionna Merlin, en fronçant des sourcils.

-Il y a une semaine. J'ai reçu un message par un membre du conseil, confia une Bleue à taille humaine tout en rangeant ses affaires.

-Et tu ne me le dis que maintenant. Pourquoi ?

-Parce que je te connais Merlin. Assez pour savoir que…

-Que quoi ?

- Que tu as des sentiments pour moi et que c'est dangereux », déclara Bleue avec franchise tout en le regardant dans les yeux.

Merlin accusa le coup. Cette remarque le blessa, car il prit cette réponse de Bleue comme un refus, comme un rejet.

« -Je suis désolée Bleue mais on ne peut pas contrôler ce genre de choses. Cela est arrivé sans que je ne puisse le prévoir, annonça-t-il d'un ton calme, trop calme.

-Je t'ai dit mon âge, Merlin. J'ai 96 ans cette année, je… je suis une fée. Je suis vraiment plus vieille que toi. Ça… ça n'arrivera jamais.

-Je le sais, répondit-il, cachant sa douleur.

-Alors pourquoi es-tu si têtu ? Ces sentiments ne mènent à rien, exprima-t-elle, énervée et scrutant les alentours afin de s'assurer que personne ne les voyait se disputer sur un tel sujet.

-Parce que je sais que c'est partagé. Seulement tu es trop fière pour l'admettre.

-Non ! »

Merlin s'approcha d'elle et toucha sa joue d'une main. Bleue ferma les yeux à ce contact, attristée de se sentir si faible, si malheureuse parce qu'il savait.

« -On s'aime, mais notre amour est impossible. J'en ai conscience… mais aurais-tu pu avoir un peu d'égard pour moi, pour me préparer à l'idée de ne plus te revoir ? demanda-t-il tristement.

-Merlin…

-Tu sais qu'il y a une solution à ça, mais jamais je ne te forcerai à quoique ce soit. Tu tiens tellement à être la fée supérieure. En même temps tu es née pour briller, non ?

-Je suis désolée, Merlin… C'est impossible. Tu sais de toute façon que c'est interdit par les lois de la magie, murmura-t-elle, une larme glissant sur sa joue.

-Je vais devoir respecter de nombreuses règles et c'est bien la seule que j'aimerai enfreindre.

-Je perdrais ma place et toi, la tienne. Après tout ce qu'on a fait… Je ne veux pas que cela arrive.

- Bien… alors je ne veux plus de regrets… si tu pars maintenant, on ne se verra probablement plus jamais. J'ai besoin de l'entendre… juste une fois… Bleue s'il te plaît, ne me dis pas que je suis fou », souffla-t-il, accablé par le chagrin.

Merlin la prit dans ses bras, ne sachant quoi faire d'autre. Bleue s'était d'abord raidie puis finit par s'abandonner. Elle tenait tant à lui… Elle se pencha vers l'oreille de son compagnon et lui chuchota :

« -Tu ne l'aies pas. Je t'aime Merlin », lui avoua-t-elle.

Il contint ses sanglots en la serrant plus contre lui.

« -Je t'aime Bleue. Je ne t'oublierai jamais », confessa-t-il à son tour.

Des larmes plein les yeux, la fée déposa un baiser sur la joue de son très cher et sincère ami Merlin. Puis elle s'écarta de lui, reprit son apparence normale et décida de partir sur-le-champ, sans un regard en arrière.

Merlin souffrit de nombreux mois, de nombreuses années avant de faire le deuil de son amour impossible. Avec le temps, la peine et la souffrance avaient fini par disparaître. Quand il eut atteint sa 28ème année, il fut officiellement nommé « enchanteur ». Merlin l'enchanteur, c'était assez prometteur ! À cette occasion, il dut choisir la couleur de sa robe de magicien. Il pensa à son amour perdu et la décision fut vite prise. Ne sachant pas où aller par la suite, il décida d'un commun accord de rester avec le conseil et d'être à son tour un maître. Bien évidemment, il put reprendre contact avec sa famille et leur rendre parfois quelque visite surprise. Merlin avait gagné en sagesse et en intelligence. Il apprenait beaucoup de ses aînés et les apprentis qu'il y avait eu sous son aile n'eurent que des réussites. Du moins jusqu'à ce qu'il tomba sur Albéric quinze ans plus tard. Une telle noirceur… c'était impossible. Voyant qu'il refusait de continuer son enseignement avec lui, ce que Merlin avait le droit de faire selon des motifs bien fondés, Albéric tenta de l'attaquer et par un retournement de force, Merlin lui retourna son sort. Sa vantardise et sa cruauté avaient sévèrement puni le jeune homme roux et il prit la fuite. Merlin eut le soutien de ses confrères et particulièrement de Gidéon qui avait assisté au drame. Il voyait bien que Merlin avait souffert de cette expérience… Mais il avait également vu en lui ce qu'avait annoncé l'esprit des Landes quelques années plus tôt… Merlin était différent… C'était un grand sorcier. Gidéon ne se faisait plus tout jeune, il était temps pour lui de passer le flambeau au plus sage et au plus intelligent d'entre ses confrères. Il décida d'une réunion le soir même et révéla ses intentions. Personne ne fut surpris quand il choisit Merlin comme détenteur du grand pouvoir de la magie. Il posa le chapeau magique, celui du grand sorcier sur sa tête.

« -Tu peux rester mon ami, être un chef pour notre communauté, mais tu as également la possibilité de partir, je comprendrais par rapport à ce qu'il s'est passé avec Albéric, déclara Gidéon.

-Merci, mon ami. Oui, je crois qu'il est temps pour moi de partir… ce lieu sera toujours mon second foyer, mais j'ai eu l'occasion d'entrapercevoir l'avenir il y a quelques jours. Ce devait être un signe annonciateur…

-Vraiment ? Tu es également devenu un clairvoyant. Pourquoi cela ne me surprend-il pas venant de toi ? »

Merlin lui sourit à ces propos.

« -J'ai enfin un but dans la vie. Je vais servir Arthur Pendragon, au château de Camelot. Il a besoin de mon aide même s'il ne le sait pas encore… Un grand destin l'attend.

-Eh bien, va Emrys. Je te souhaite tout le courage nécessaire pour arriver à atteindre ta quête.

-Merci, merci pour tous. Bonne continuation, chers frères, chères sœurs ! »

Archimède apparut de nulle part et se posa sur son épaule. Merlin fit apparaître par magie sa petite valise noire et son bâton de bois dont il se servait à présent pour s'appuyer. Il les salua puis d'un coup de baguette, se transforma en une tornade bleue et s'éloigna au loin.

*Fin du flashback*

« -C'est grâce à eux… quand on y pense… qu'on s'est revu après tout ce temps, admit Bleue, mélancolique à son tour.

-Oh, je t'en prie Bleue… ça fait 57 ans et tu savais pertinemment où je vivais. Tu pouvais venir me voir à tout moment, mais tu ne l'as jamais fait. Au lieu de ça, tu m'as écrit. Il n'y a que ça que j'ai vu venir… », soupira le vieil homme en se levant et quittant la table tout en s'appuyant sur sa canne en bois qu'il emmenait toujours partout avec lui.

Merlin s'éloigna lentement, perdu dans ses songes.

« -Je sais… mais tu connais la raison, formula la fée Bleue sur sa réserve.

-Mmh…

- Je n'ai pas osé, mais je n'en pensais pas moins Merlin… Et ces jours-ci… je n'ai pas eu l'occasion de te le dire, car j'étais trop préoccupée par cette histoire avec Albéric et avec les pouvoirs de la princesse, mais… Je suis heureuse de te revoir et que tu sois de nouveau à mes côtés.

-Cela ne durera pas… Je dois rentrer. Rentre auprès des tiens Bleue, nous nous verrons demain.

-Merlin… Archimède est toujours avec toi ? demanda-t-elle alors, pensive de ne pas l'avoir vu une seule fois avec.

-Non, il m'a quitté il y a dix ans... Ce bon vieux Archimède… Il me manque parfois, mais ainsi va la vie, ma chère ! Rien n'est éternel de toute façon », admit-il avec sérieux puis il s'évanouit dans la nature et laissa une Bleue complètement défaite.

Non, Merlin ne pouvait pas mourir. Elle n'avait jamais pensé à cela jusqu'à maintenant. Pourtant, il n'était plus tout jeune… C'était sa véritable apparence. C'était un grand-père alors que pour elle, le poids des années avait fait peu de ravage. Pouvait-elle le perdre définitivement ? Cette pensée lui étant insupportable, les larmes lui montèrent aux yeux. Cela faisait tellement d'années qu'elle n'avait pas pleuré ainsi. Elle ferma les yeux, changea son apparence puis quitta les lieux, le cœur lourd.


Le lendemain matin – dans la maisonnette du chapelier fou…

Rouge entendit le piaillement des oiseaux. Elle ouvrit les yeux en grand et scruta les lieux, les sens en alerte. Elle se trouvait dans une maison qui lui était totalement inconnue. La femme louve bougea lentement et tenta de se relever, mais elle sentit un élancement douloureux à sa jambe. La jeune femme brune se mit à gémir de douleur. Soudain, des pas et des voix se firent entendre non loin d'elle, dans une pièce à côté.

« -Jefferson, elle est réveillée, prévint un homme.

-Oh, c'est une bonne nouvelle ! Allons la voir ! s'écria ce dernier, soulagé.

-Quoi… que ? Mais…

- Écoutez, vous l'avez trouvé. Vous lui avez sauvé la vie en lui prodiguant des soins. Il est parfaitement logique que vous veniez, assura le père de Grace, consterné par l'attitude de Victor.

-Je… Bon, d'accord… », finit par capituler celui-ci.

Ce que le scientifique n'avouait pas c'était qu'il était sensible au charme de cette mystérieuse femme louve. C'était assez troublant pour lui, surréaliste même, lui qui était toujours fixé sur deux uniques objectifs. Sauver son frère et continuer d'exercer son travail. Il ne pouvait se permettre…

« -Bonjour, ma chère Rouge, salua le chapelier en rentrant dans la chambre avec un service à thé.

-Chapelier ? murmura-t-elle, stupéfaite.

-Vous nous avez fait une frayeur hier. Vous avez eu comme qui dirait… un accroc », informa-t-il.

Victor le regarda d'un air interdit, ne trouvant pas sa blague amusante. Était-il sérieux ? Apparemment... Rouge les regarda l'un et l'autre avec perplexité.

« -Vous avez vu… ? Vous m'avez sauvé ? questionna-t-elle, inquiète.

-Oui enfin c'est le docteur ici présent qui vous a trouvé et sauvé, corrigea Jefferson en indiquant l'homme blond tout en posant son service sur la table de chevet.

- Oh, merci… murmura-t-elle gênée à l'intention de Victor.

-Je vous en prie, ce n'était rien, assura celui-ci quelque peu nerveux.

-Vous avez donc vu ma transformation… et… »

C'est alors qu'elle remarqua de nouveaux vêtements sur elle. La femme brune se mit à rougir comme une pivoine.

« -Je vous ai changé. Je n'ai rien regardé, parole de chapelier ! J'ai l'habitude de faire des habits et de les mettre sur des mannequins. Vous avez néanmoins une très belle silhouette, reconnut le maître des lieux.

-En effet », murmura Victor pour lui-même avant de se racler la gorge et scruter le sortie.

La petite-fille de la veuve Lucas ne savait pas quoi répondre à cela. Jefferson lui tendit alors une tasse de thé bien fumante.

« -Buvez ceci, ça vous réchauffera ! Ensuite nous vous laisserons un moment pour vous changer. Prenez votre temps. Puis nous vous ramènerons. J'ai une charrette et un cheval. Il nous amènera au château de Blanche-Neige, annonça l'hôte de maison en lui posant ensuite, une simple robe marron sur le bout du lit.

-Merci…

-Nous serons dans le salon »

Sur ces mots, Jefferson fit un signe de la main à son autre invité pour quitter la chambre et ils la laissèrent s'habiller.

« -Mais j'ai une affaire à régler…, répliqua alors Victor Frankenstein dans le couloir, peu enclin à rester en compagnie de cette femme envoûtante.

-Chaque chose en son temps… nous irons voir vous savez qui après… rétorqua son allié.

-Bon, très bien », soupira-t-il.

Rouge finit son thé tranquillement tout en les écoutant grâce à une de ses capacités lupines. Décidément son sauveur, en plus d'être embarrassé en sa présence, était contrarié de revoir ses plans à cause d'elle. Elle s'en sentit un peu blessée. Jamais un homme n'avait eu aussi peu d'intérêt pour elle. Ce n'était pas normal qu'il soit si réservé et si opposé à elle. Ce temps en charrette lui serait profitable, elle se promit de percer à jour ce docteur énigmatique et oh combien charmant, reconnut-elle après coup. Peut-être qu'elle réussirait à briser ce mur que cet homme semblait ériger autour de lui. Sur ses pensées, elle se changea précautionneusement et une demi-heure plus tard, les voilà installés sur la charrette, prêts à partir. Jefferson donnait les dernières indications à sa fille, Grace.

« -Si quelqu'un toque à la porte, n'ouvre sous aucun prétexte. La plupart du temps ce sont des clients pour de nouveaux vêtements, mais comme ils sauront que je ne suis pas là, ils reviendront plus tard.

-Je suis grande, papa. Je suis à même d'écrire les commandes des clients, opposa Grace en levant les yeux au ciel.

-Non, tu n'as pas encore l'expérience suffisante pour ça. Sois un ange et écoute papa. Et surtout, ne sors pas voir le pantin.

-Il s'appelle Pinocchio et c'est quelqu'un de très gentil. Tu es injuste. Tu ne mérites pas l'estime qu'il a pour toi », s'écria-t-elle avant de claquer la porte brutalement.

Rouge et Victor sursautèrent face à une telle violence. Mmh… point sensible ? Le chapelier soupira et s'installa sur le siège avant pour prendre les rênes. Il les claqua contre son cheval et prit le trot sur un sentier. Victor et la blessée étaient installés dans la charrette.

« -Ah, les enfants…, répondit Victor d'un air compatissant pour son ami et hôte.

-Elle va le voir c'est sûr, grommela-t-il, soucieux.

-Pinocchio est un homme charmant et respectueux. Ne le jugez pas sans le connaître, lança Rouge aimablement.

- Elle a raison. Il faut toujours donner le bénéfice du doute aux gens qu'on ne connait pas, renchérit Victor.

-Je n'ai pas trop le choix, surtout si à l'avenir ça devient sérieux… », murmura le père de Grace d'un air attristé.

Voyant l'air maussade du cavalier, Rouge tenta de faire diversion et d'alléger un peu plus l'atmosphère. Ce serait une occasion pour faire plus ample connaissance. Comprenant le manège de la femme louve, Victor sourit et prit son parti. Au bout de trois bonnes heures de route, ils arrivèrent à destination. Sur le chemin, Rouge avait découvert que Victor ne venait pas de ce monde, qu'il avait un frère, mais qu'il l'avait perdu, que c'était avant tout un scientifique, un chercheur avant d'être docteur, que Jefferson avait la capacité de voyager de monde en monde grâce à son chapeau, qu'il était un spécialiste en matière de champignons et bien d'autres choses… En sortant de la charrette, son sauveur blond, homme des plus gentlemen, lui proposa son bras pour l'amener jusqu'aux portes du château. Elle le remercia d'un sourire chaleureux et l'enlaça tout en claudiquant vers l'entrée. Le scientifique était plus serein, plus ouvert qu'il y a quelques heures et elle en était ravie. On les laissa passer quand ils se présentèrent puis entrèrent dans la grande demeure royale. Dans un dédale de couloirs, ils croisèrent Blanche-Neige, David et Granny qui semblait angoissée.

« -Je suis là, Granny, interpella Rouge.

-Oh, merci mon dieu. Je me suis fait un sang d'encre. Où étais-tu ? Mais tu es blessé au pied ? s'écria-t-elle, inquiète.

-Je n'ai pas vu un piège en me baladant dans la forêt hier soir. C'est ma faute, je n'ai pas fait très attention, mais tout va bien. Grâce à l'aide du chapelier et de Victor, ils ont pu me libérer et me soigner à temps, à l'abri.

-Oh merci messieurs. Merci, déclara Granny, reconnaissante.

-Je vous en prie », répondirent poliment les deux hommes.

Rouge s'écarta à contrecœur du docteur quand la veuve Lucas voulut l'étreindre tendrement. Au moment de cet enlacement, elle croisa les yeux bleus de son sauveur. Il y avait comme une lueur…

« -Bon eh bien, maintenant que tout est bien qui finit bien, nous allons vous laisser. J'ai bien avancé pour la robe, Votre Majesté. Soyez-en rassurée ! exposa Jefferson en se raclant légèrement la gorge.

-Merci, Jefferson. À bientôt ! » s'exclama Blanche-Neige, ravie.

Il les salua et par automatisme, Victor fit de même. Ce dernier se retourna pour reprendre son chemin avec son compagnon quand Rouge lança :

« -J'espère que nous nous reverrons. Si le cœur vous en dit, je vis au village de Daggerhorn. N'hésitez pas à passer, vous serez le bienvenue. »

Victor pensa à ses travaux, à ses objectifs, à son frère… Il se contenta aimablement de hocher la tête, sachant qu'il en était le destinataire puis reprit la marche. Dès qu'ils tournèrent un autre couloir, le chapelier fou ne put s'empêcher de rire.

« -Whaou, ça… je ne m'y attendais pas. Elle est vraiment « accro », plaisanta-t-il tout en ajustant son foulard du jour.

-Rhoo, je vous en prie ! Allons voir Rumplestiltskin ! » s'exclama le docteur, agacé.

C'est alors qu'ils tombèrent nez à nez avec lui…


Quelques minutes auparavant – même lieu

Le conseil avait pris fin. Blanche-Neige et Charmant vaquèrent à leurs affaires royales. Belle French étreignit le bras de Rumple avant de reprendre son travail, le laissant avec l'enchanteur, la fée Bleue et les deux futurs mariés. Baelfire promit de passer le voir puis il dut partir pour poursuivre son apprentissage sur la vie de château en compagnie d'Emma. Celle-ci salua Rumplestiltskin avec courtoisie avant de s'accrocher au bras de l'homme qu'elle aimait. Ils ne restèrent que les grosses têtes en matière de magie. Une fée. Un enchanteur. Un ténébreux. Celui-ci observa les deux autres membres qui allaient faire équipe avec lui pour assurer la protection des mariés et de leur entourage le jour du mariage. Merlin murmura quelque chose à la fée qui sembla la contrarier puis il s'avança vers lui.

« -Une balade, ça vous dit Rumplestiltskin? questionna le vieux sage tout en marchant avec sa canne vers la sortie, en direction d'un dédale de couloirs.

-J'imagine… » lâcha le sorcier d'une voix traînante et incertaine, en tournant le dos à la fée et poursuivant son chemin aussi, indifférent à l'émoi de Bleue.

Merlin souhaitait-il lui parler en privé ? Il était un vrai mystère et en même temps, il n'était guère étonnant qu'il eut été le conseiller du Roi Arthur. Il était si réfléchi, si savant. Rumple aurait aimé avoir un tel tempérament… Voyant que le silence planait toujours entre eux, il chercha un sujet de conversation pour faire disparaître cette déroutante sensation de gêne. Il se racla la gorge avant de se prononcer.

« -En fait, il n'y a rien d'extraordinaire à faire. Nous devrons improviser le moment venu, décréta le ténébreux avec sérieux en marchant au côté de l'enchanteur.

-Oui c'est parfaitement résumé. Nous pouvons mettre des barrières magiques, mais il peut y avoir des failles. Ils se préparent certainement à cette éventualité, admit le sage en s'appuyant sur sa canne

-Comment sauront-ils où ils se marient ? demanda Rumple, soucieux, les mains derrière son dos.

-Ils se renseigneront auprès de villageois ou de voyageurs probablement.

-Nous pourrions faire passer une fausse rumeur…

-Je pense que ça ne va pas fonctionner.

-C'est votre super pouvoir qui vous dit ça ?

-L'expérience et l'intuition, répondit le vieil homme simplement.

-Je vois… J'aimerais tellement mettre la main sur eux avant. Ne pas savoir où ils sont, ça me met hors de moi. Jamais je n'ai eu de problème jusqu'à maintenant pour retrouver quelqu'un, lâcha-t-il, irrité.

-C'est que vous êtes certainement aussi rouillé que moi », rit Merlin légèrement.

Le père de Bae le jaugea du regard, quelque peu stupéfait.

« - Pourquoi êtes-vous toujours ainsi ? Si calme et si souriant ? Cela ne vous agace-t-il pas que cet Albéric, apparemment un de vos anciens apprentis qui a mal tourné, cherche à détruire un couple, plus précisément la princesse, pour vous surpasser ?

-Sachez premièrement que l'expérience m'a amené à toujours relativiser. J'ai fait des erreurs par le passé. J'en ai tiré des leçons et je les ai rattrapées. Il ne manque plus qu'Albéric. Deuxièmement, je suis seulement à demi humain et je ne suis pas toujours comme ça. Bien évidemment que je suis furieux mais contrairement à vous, je le cache très bien. Je ne le laisserai pas s'enfuir une deuxième fois, soyez-en sûr. Autrefois, j'étais trop clément. Ce n'est plus le cas à présent.

-Vous m'en direz tant ! Peut-être que l'élève a surpassé le maître ?

-Non… il s'est tourné vers la magie noire par vengeance. Il ne connait que ça. Il n'a pas pu terminer sa formation. Il y a des étapes qu'il a ratées. Je serais toujours au-dessus de ses capacités. C'est pourquoi il est désespéré…, lui confia Merlin tout en touchant pensivement son chapeau bleu pointu.

Le ténébreux suivit son geste d'un air intrigué. Ce vieil enchanteur cachait décidément un grand secret, mais lequel ?

« - Mmmmh…Vous connaissiez déjà la fée supérieure, si j'ai bien compris ? questionna alors Rumplestiltskin, curieux de percer ce mystère, mais aussi de cerner ses sentiments pour son entourage.

-Oui, et donc ?

-Rien. Enfin… était-elle déjà à l'époque trop raisonnable, trop autoritaire ?

-Mmh. Autoritaire, non. Certainement acquis par l'expérience. Raisonnable, oui. Elle vous a donné du fil à retors ? demanda-t-il d'un air amusé.

- Nous ne partageons pas le même point de vue. »

L'enchanteur acquiesça de la tête tout en touchant sa longue barbe blanche.

« -Je comprends, confia celui-ci.

-Vraiment ?

-Nous ne sommes pas d'accord sur certaines choses également. Nous ne voyons pas les choses de la même manière parce que nous n'avons pas été élevés de la même façon, affirma Merlin.

-… C'est pour ça qu'il y avait une… drôle d'atmosphère en arrivant? interrogea Rumplestiltskin en se rappelant avoir vu Merlin et Bleue plutôt silencieux l'un à côté de l'autre aujourd'hui.

- Ce n'est jamais simple pour tout le monde. Ça va et ça vient. Bref, passons…, décréta le vieux magicien, voulant éviter de trop penser à elle.

-Si je ne vous connaissais pas assez, je dirais qu'il y a derrière ça une histoire de cœur »

Merlin resta de marbre et s'abstint de commentaire. Par chance, ils croisèrent deux hommes sur leur passage et il semblait que le père de Baelfire les connaissait.


Rumplestiltskin fronça des sourcils, contrarié.

« -Qu'est-ce vous faites là ? grogna t-il, devant les deux importuns complètement saisis.

-C'est plutôt à nous de vous poser cette question ! rectifia Jefferson, étonné.

-Oh, vraiment ? lança-t-il d'un air dédaigneux.

-D'aussi loin que je m'en souvienne, vous avez toujours juré que vous n'irez jamais Oh! grand jamais, au château « des charmants », que votre fils côtoie ou non leur fille.

-Les choses ont changé », marmonna le ténébreux, agacé.

Merlin rit sous cape et son voisin lui adressa un regard menaçant qui ne fit ni chaud ni froid à l'enchanteur.

« -Bon, je vais aller me ressourcer. Messieurs, claironna ce dernier avec un humble salut, ravi d'éviter la question personnelle et indiscrète de Rumple, puis continua sa marche.

-Que se passe-t-il ? interrogea le scientifique, intrigué.

-Rien qui ne vous concerne, rétorqua Rumplestiltskin.

-Je vois… Eh bien, le monde est petit. Je voulais justement vous voir. Hier je suis passé chez vous et vous n'y étiez pas.

-Pas ici », marmonna-t-il et d'un geste de la main, ils disparurent tous les trois pour aller dans un autre endroit, loin des regards indiscrets.

Deux bonnes heures plus tard, les voilà dans la forêt non loin du Dark Castle. Le chapelier était assis contre le tronc d'un arbre et commençait à trouver le temps long. Rumplestiltskin était debout, un sourire satisfait sur ses lèvres et les mains croisées devant lui. Quant à Victor, accroupi dans l'herbe non loin d'eux, il méditait tout en ouvrant un coffret en bois. Il haussa un sourcil interrogateur.

« -Vous êtes sûr que c'est cette pièce manquante qui sauvera mon frère ? questionna le scientifique d'un air hésitant.

-Je vous le garantis. Après le temps que nous avons mis pour le trouver et pour que je puisse le récupérer, je ne plaisanterai pas là-dessus, fit remarquer le ténébreux d'un air sarcastique.

- Que voulez-vous en échange ?

- J'ai une petite idée, mais je dois continuer des recherches avant. Cela peut prendre du temps. Dites-vous seulement que vous me devez une faveur. Faveur que je vous demanderai d'accomplir un jour ou l'autre.

-Très bien.

-Bon, l'affaire est donc conclue ? Serait-il possible de me renvoyer mon cheval et ma charrette laisser au château ? Vous voir là-bas et nous faire téléporter par magie n'était pas prévu dans mon emploi du temps, sollicita Jefferson, la mine contrariée.

-Je m'en occuperai, promit Rumple, un sourire sardonique aux lèvres.

-En un seul morceau, s'il vous plaît, pria-t-il, nullement dupe des intentions du ténébreux.

-Bien, je peux faire cet effort. En hommage à notre longue collaboration », céda-t-il, faisant un effort sur lui-même en pensant aux conseils de Belle et de son fils.

Jefferson approuva d'un signe de tête, reconnaissant.

« -Nous pouvons y aller ? demanda t-il à l'homme blond.

-Oui, acquiesça le docteur.

-Vous pouvez disposer. C'est toujours un plaisir de travailler avec vous, répondit Rumple avec un sourire narquois.

-Vous m'en direz tant ! » marmonna le père de Grace avant de faire un signe à Victor.

Ce dernier salua Rumplestiltskin et suivit son guide dans la forêt.


À la chaumière de Manny - deux semaines plus tard…

Hansel, Gretel, Pinocchio et Grace étaient installés à la grande table du salon et la trappeuse sortait de sa cuisine, un plat tout chaud de pancakes dans une main. L'odeur était alléchante pour tous.

« -L'heure de vérité est arrivée, Pinocchio, s'enthousiasma Hansel, amusé.

-Impatient de goûter à ces pancakes sous un coulis de sirop d'érable ? » questionna la sœur jumelle, tout sourire.

L'homme de bois soupira de dépit puis regarda sa voisine. Grace lui adressait un sourire bienveillant. Heureusement qu'elle était là pour supporter avec lui les deux comiques et terreurs de sorcières cannibales.

« -Finissons-en, qu'on passe à autre chose après », lâcha l'homme brun de 24 ans en levant les yeux au ciel.

Ils rirent de concert. Manny les servit avec un sourire et leur souhaita un bon appétit. Ils la remercièrent. Le meilleur ami d'Emma piqua le pancake d'une fourchette, le coupa avec son couteau et sans demander son autorisation, Hansel, son voisin d'en face, lui versa un peu de sirop d'érable sur le morceau. Les jumeaux, l'un à côté de l'autre, le guettèrent avec attention quand Pinocchio finit par mettre le bout de pancake imbibé de sirop dans sa bouche. Il mâcha méthodiquement, les ignorant puis poussa une exclamation étouffée. C'était décidément très bon !

« -C'est délicieux, Manny. Vous êtes une très bonne cuisinière, lâcha-t-il.

-Oh, merci Pinocchio. Je suis contente, répondit-elle, ravie.

-Tout va bien ? interrogea Grace en posant une main dans le dos de son voisin.

-Oui, assura le fils de Gepetto à la fille qui faisait battre son cœur.

-Ça ne te fait rien alors ? questionna Hansel, dépité.

-Non. »

Sur ces mots, il en reprit avec un réel plaisir et savoura ce succulent repas. Grace fit de même. Hansel et Gretel semblèrent déçus et mangèrent sans grande joie leur goûter.

« -C'est très sucré. Cela me fait penser plus à un jus de fruit, vous voyez ? Je suis désolé. Votre théorie tombe à l'eau. Le sirop d'érable ne peut pas me rendre ivre, clama Pinocchio après avoir mangé son 5ème pancake au sirop d'érables.

-Mince alors. Bon tant pis, nous sommes fixés au moins, répondit Gretel, son frère acquiesçant à ses côtés.

-Alors comment se passe la préparation du mariage au château ? s'enquit la vieille dame assise en bout de table, jusqu'alors très discrète.

-Plutôt bien, éclaira Pinocchio avec un grand sourire.

-Et la robe d'Emma ?

-C'est en bonne voie. Elle a déjà fait des essayages chez le chapelier. Il a un sacré talent. Je ne sais pas où il peut trouver tous ses tissus, confia-t-il.

-Mais… tu la suis pour les essayages ? N'est-ce pas normalement sa mère la Reine qui doit être avec elle ? interrogea la jeune fille aux nattes blondes.

-Elle vient quand elle peut, sinon la plupart du temps je suis avec Emma, pour la conseiller.

-Ce n'est pas vrai… Tu es son témoin ? lâcha-t-elle, stupéfaite.

-Oui, étonnant n'est-ce pas ? Je pensais qu'elle choisirait plutôt une amie fille, mais bon… voilà.

-C'est un vrai honneur, non ? questionna la fille de Jefferson avec tendresse.

-Oui, ça me fait très plaisir.

-Tu es son meilleur ami, c'est tout à fait normal et puis c'est toi qui sans le savoir les as réunis à ce chêne lors de la pluie d'étoiles filantes, ajouta Grace, attendrie.

-Un genre d'ange gardien, Cupidon ? lança Hansel d'un air hésitant.

-C'est ça, concéda sa sœur.

-Mais j'avoue ne pas connaître l'identité du témoin de Baelfire. On s'est très peu croisé ces derniers temps. Il semble tout autant occupé qu'Emma le reste du temps », annonça Pinocchio au groupe.

Manny avait fini son assiette et tamponna légèrement sa serviette contre sa bouche. Elle les scruta avec un petit sourire.

« -Moi, je pensais à Graham ou à Grace mais elle me l'aurait dit donc…, continua le témoin d'Emma d'un air songeur.

-Peut-être son père ? hasarda Hansel.

-Oh, je ne sais pas… Je ne pense pas…

-Finn ? proposa Grace, pensive à son tour.

-Vous avez fini, les enfants ? demanda Manny en les observant tous avec amusement.

-Oui, merci grand-mère ! déclarèrent ses petits-enfants à l'unisson.

-Oui, merci. J'ai fait mes réserves, rit l'écrivain en touchant son ventre.

-Je n'ai plus faim, mais je veux bien du thé s'il te plaît ! alerta Grace avec un sourire poli.

-Tu es la digne fille de ton père pour ça », reconnut la trappeuse en riant.

Grace approuva d'un signe de tête, rougissante.

« -Qu'elle est mignonne… Bon mon vieux, il va falloir trouver une solution… Il va falloir peut-être être un peu plus distant. Le rôle de témoin est un bon prétexte pour les semaines à venir jusqu'à ce que je sache quoi faire de mes sentiments pour elle, en prenant en compte nos âges respectifs avant de… je ne suis même pas sûr que ce soit partagé… Que faire ?... Je pourrais peut-être lui remettre une lettre ? » songea Pinocchio, en proie à des réflexions d'ordre existentiel.

La trappeuse rangea la vaisselle puis revint s'asseoir avec le service à thé. Elle servit Grace qui la remercia avec chaleur. Elle soupira puis croisa ses mains sur la table, la mine sérieuse. Ce soupir et cette expression sur son visage interpellèrent les jeunes gens.

« -Je suis la témoin de Baelfire. Il me l'a demandé à une période difficile pour lui. Je voulais qu'il choisisse quelqu'un de son âge, mais il m'a suppliée de ne pas refuser sa demande. « Manny, tu as toujours été là pour moi. Tu m'as appris tellement de choses. Tu es la mère que je n'ai jamais eue. Je serais heureux si tu acceptais d'être mon témoin. J'ai besoin de toi. Tu connais mes goûts. Tu es toujours de bon conseil. J'adore les vêtements que tu m'as confectionnés et… autre raison d'accepter… tu es celle qui m'a envoyée au château cette nuit-là pour livrer le cadeau d'Emma. C'est ce soir-là que j'ai fait sa connaissance. C'est grâce à toi. Je t'en serais toujours éternellement reconnaissant », confia-t-elle d'une voix émue, les yeux brillants.

Hansel, Gretel, Grace et Pinocchio furent touchés par son discours. Ils avaient tous le sourire aux larmes.

« -Il a fait le bon choix, admit Pinocchio d'une voix solennelle.

-Tu es la meilleure, grand-mère ! Ce n'est pas étonnant ! complimenta Hansel.

-C'est vrai, avouèrent les filles.

-Vous êtes adorables…, balbutia la vieille dame, émue.

-Bon ce n'est pas qu'on s'ennuie avec vous, mais on a du travail de notre côté ! éclaira Hansel en se redressant et en quittant la chaise, suivi de sa sœur.

-Vraiment ? demanda Grace, curieuse.

-Grâce à ton père, nous avons eu des informations par le père de Baelfire. D'ailleurs ce dernier nous a emmené au monde d'Oz et en échange, nous lui avons promis de lui ramener les souliers rouges d'une dénommée Dorothy Hale dès que notre mission serait terminée. Après son départ, nous avons enquêté et volé le magicien d'Oz. Il se trouve que c'était un charlatan. Il avait les fameuses chaussures. Nous nous en sommes servis. Par la suite, pour les déplacements, Gretel pouvait les mettre et nous pouvions voyager entre les deux mondes. Nous sommes en bonne voie. Nous avons eu quelques sorcières dans le monde Oz, mais il y a une rumeur comme quoi elles auraient une alliée dans l'ombre, qui aurait apparemment une plus grande destinée et qui aimerait faire des ravages ici, chez nous. Elle leur a promis de les libérer et de les emmener dans notre pays.

-Cette personne rêve royalement. On va essayer de trouver qui c'est, quoique nous avons déjà une petite idée…, leur confia Gretel, en mettant un sac sur son dos et une arbalète contre son épaule.

-Et qui serait-ce ? osa demander Pinocchio, préoccupé.

-La sorcière de l'ouest. »

L'homme de bois frissonna à ce mot. Il avait lu un récit à son propos…

« -Ne t'inquiète pas, on va gérer ça ! le tranquillisa Hansel, tout en s'équipant aussi.

-Avec Cora et Albéric dans les parages, ce n'est pas le moment de rajouter un ennemi supplémentaire sur la liste de Baelfire et d'Emma, avisa le fils de Gepetto.

- Il n'y en aura pas. On éradiquera toute menace. Allons-y, Gretel, prévint-t-il.

-Je te suis, frérot ! Au revoir, à bientôt !

- Bon courage, dit Pinocchio simplement.

-Faites attention à vous, mes enfants ! s'écria Manny, soucieuse.

-Promis ! répondirent-ils.

-Au revoir… » souffla Grace, inquiète également.

Et ils quittèrent la maison après un signe de main.

« -Cela n'annonce rien de bon… murmura la trappeuse.

-Pourvu qu'ils l'arrêtent à temps. » admit le meilleur ami de la princesse avec gravité.

Quelques minutes plus tard, Grace et Pinocchio annoncèrent également leur départ. Pendant que Manny allait ranger le service à thé, il se leva au côté de Grace et il commença à perdre l'équilibre.

« -Pinocchio ! s'exclama la fille du chapelier, en le rattrapant de justesse.

-Whaou, mais que m'arrive-t-il ?! Je ne me sens même pas mal…

-Oui, c'est bizarre… À moins que…

-Que quoi ? s'écria-t-il, à cran alors.

-Le sirop d'érable soit vraiment un alcool pour ton corps. Tu as des propriétés magiques du chêne en toi. Tu as l'esprit lucide qu'à un humain quand il prend du sirop d'érable et pourtant d'un autre côté, ça fait des ravages sur ton côté…

-Bois ? Bon sang… Apparemment, Hansel et Gretel n'avaient pas totalement tort. S'il te plaît, gardons ça pour nous…

-Tout va bien ? interrogea la vieille dame en réapparaissant et en voyant Grace soutenir son compagnon.

-Oui, tout va bien. C'est juste une baisse de tension, mentit la jeune fille brune.

-Merci…, chuchota-t-il.

-Il peut emprunter un de vos chevaux ? Par mesure de précaution ? s'enquit-elle auprès de la trappeuse.

-Bien sûr, Philibert connait le château. Il pourra l'y emmener sans problème. »

-Merci. Viens. »

Il remercia Manny et ils la saluèrent avant d'aller voir vers les box. Ils trouvèrent l'animal en question et pendant que Grace le préparait, Pinocchio resta accoudé à un poteau. Il était consterné par cette situation. Quelques minutes après, elle lui présenta Philibert. C'était un cheval blanc tacheté de gris et il avait une crinière grise. Il s'accrocha au pommeau de la selle d'une main et dans un effort surhumain, il enjamba son destrier. L'homme brun réussit du premier coup malgré son équilibre un peu précaire. Il souffla de soulagement et prit les rênes.

« -Ça va aller ? s'inquièta la jeune fille, vigilante.

-Oui, merci pour tout.

-Prends soin de toi alors. »

Il lui prit la main et lui fit un baisemain. Grace rougit jusqu'aux oreilles. Il sourit gentiment puis s'écarta légèrement, l'instant d'après il claqua les rênes en disant « Hya ! » et le cheval partit au galop.

Une bonne heure plus tard, il arriva à destination. Il était en train de traverser le pont quand il aperçut un jeune homme typé africain, habillé de blanc, assis sur le rebord de celui-ci, de l'autre côté de la barrière de pierre. Pinocchio fit arrêter sa monture juste à côté de lui.

« Tout va bien ? s'enquit-il, inquiet de le trouver là.

-Oui. Je suis en pleine forme.

-Vous… vous admirez la vue ? questionna le fils de Gepetto en observant la mer bleue qui les entourait, eux et le château des charmants.

-Oui. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut assister à un tel spectacle avec une telle luminosité. Venez-vous asseoir, vous verrez d'où je suis que ce n'est pas la même chose », répondit le mystérieux homme.

Pinocchio eut un rire nerveux.

« -Je suis désolé si je dois vous offenser mais… Je suis d'un naturel méfiant avec les gens qui sont seuls, assis sur un pont, au-dessus de la mer et à 25000 mètres d'altitude. Entre autres… Je ne vous connais pas. Je n'ai pas envie de tomber dans le vide par accident.

-C'est bien d'être prudent… mais tu n'as pas à l'être avec moi. Nous nous connaissons mieux que tu ne le penses et ce depuis bien longtemps… »

L'inconnu le regarda avec un sourire entendu.

« -Merlin ? »

*Flashback – Dans le jardin royal, deux semaines auparavant…*

Pinocchio passa en coup vent pour aller saluer son amie. Il s'avérait qu'à l'heure actuelle elle s'entraînait à la magie avec un maître sorcier du nom de Merlin dans le jardin. Ce dernier était tellement grand que c'était le lieu idéal pour s'exercer. En s'approchant, il vit Emma se concentrant sur une grosse pierre qui se trouvait face à elle en lévitation, son frère Léo assis contre un arbre était très attentif à ce qu'il se passait. Un vieil homme à la longue barbe blanche vêtu d'une tunique bleue et d'un chapeau pointu était de dos à lui. Il avait déjà vu le dos de cette personne au bal, elle lui semblait familière… mais là il commençait à s'interroger. Se pouvait-il que… ? Non, impossible… impossible ! Emma soupira de frustration et relâcha l'attention. La pierre chuta et le bruit de l'impact fit fuir les oiseaux perchés dans les arbres.

« -Rhaaa je n'y arrive pas ! marmonna la princesse, contrariée et le front en sueur.

-Ne perdez pas courage, Votre Altesse. Cela demande du temps pour réussir cette épreuve mentale », tranquillisa le sage avant de se retourner vers le visiteur-surprise.

Pinocchio s'était figé quand son soupçon fut confirmé. Emma abandonna la pierre et se dirigea vers son professeur quand elle remarqua son meilleur ami.

« -Pinocchio ! Tu es passé ? Comment vas-tu ?s'enquit-elle d'un ton ravi.

-Euh…bien » murmura le concerné en fixant toujours le vieil homme d'un air interrogateur.

La princesse remarqua alors que Merlin et son ami se jaugeaient du regard, en silence.

« - Oh j'ai oublié les présentations ! C'est vrai qu'avec tout ce qu'il s'est passé et le fait que tu sois beaucoup prit par l'atelier de ton père ces derniers temps, je n'ai pas pu te présenter Merlin. C'est mon professeur de magie avec la fée Bleue. Aujourd'hui elle n'est pas disponible donc je m'exerce avec lui. Merlin voici mon meilleur ami Pinocchio, annonça-t-elle.

-Ravi de vous rencontrer, jeune homme, salua l'enchanteur en lui serrant la main, souriant comme si de rien n'était.

-Merlin ?... pensa l'homme brun, sous le choc.

-Est-il possible de faire une pause ? J'aimerai me rafraîchir et boire un peu d'eau, prévint la fille du véritable amour.

-Bien sûr. Je vous attends ici, princesse, assura Merlin.

- Ça ne t'embête si je disparais quelques minutes ? interrogea Emma à son témoin.

-Non, pas du tout, affirma le fils de Gepetto.

-D'accord. Léo, tu vas aller goûter. Suis-moi ! décréta-t-elle.

-Oh…très bien… » soupira le garçon en se relevant et saluant les deux hommes au passage, quelque peu déçu de partir si tôt.

Emma prit la main de son frère avec un sourire et ils quittèrent le jardin royal, laissant seuls Pinocchio et Merlin. Ce dernier l'observait avec un certain amusement.

« -Alors comme ça, vous vous faites appeler Merlin ? Vous… vous êtes l'enchanteur et le conseiller du Roi Arthur. Pourquoi m'avoir menti quand nous nous sommes rencontrés il y a quelques années? Pourquoi m'avoir dit que vous vous appelez Emrys si ce n'était pas le cas ? lança l'homme de bois, perdu.

-Emrys est le nom que m'ont donné mes frères, mes soeurs, druides et magiciens. Merlin est mon prénom de naissance. Je voulais garder l'anonymat au sujet de la réalisation des récits dont je t'ai confié l'écriture. Ce n'est pas parce que je n'avais pas confiance en toi…

-Vraiment ?

-Oui. D'ailleurs en parlant de ça… Il semble que le livre est eu un joli succès…

-Oui, mais c'est en partie grâce à vos éclaircissements, vos prédictions… je ne comprends toujours pas pourquoi vous… vous m'avez choisi pour le faire, reconnut-il.

-Tu as le talent, Pinocchio. Tu es digne d'être un auteur. Je t'ai donné des pistes, je t'ai raconté des histoires. Tu as fait le plus gros du travail et tu peux en être fier, admit le sage avec un sourire bienveillant.

-Oh… merci, murmura le fils de Gepetto en se grattant l'arrière de la tête, gêné.

-Sinon je dois t'avouer que j'ai porté plusieurs noms au cours de ces années. On m'a nommé Merlinus, Marzhin, Merzhin, Myrddin et Dragon le magnifique. Eh oui, j'ai découvert lors de ma quête à Camelot que je pouvais communiquer avec des animaux et pas n'importe lesquels, informa le vieux Merlin sous le ton de la confidence.

- Vous êtes un homme plein de surprises. Vous savez même changer d'apparence.

-J'ai toujours apprécié la métamorphose. Elle m'ouvrait beaucoup d'opportunité lors de mes recherches.

-Vous vous amusiez également à mes dépens! marmonna Pinocchio en se souvenant quelques-unes de leur rencontre.

-J'ai toujours été un peu joueur. Enfin… moins maintenant, je ne suis plus tout jeune, mon garçon. Je suis plus prudent que je ne l'ai été auparavant. »

Le meilleur ami d'Emma sourit, nullement rancunier, à son ami Merlin. Il posa une main amicale sur l'épaule du vieil homme.

« -Ça me fait plaisir de vous revoir. Votre optimisme, votre joie de vivre m'ont manqué, je le reconnais. Je suis rassuré que vous soyez le maître d'Emma. Elle n'aurait pas trouvé mieux, admit l'homme de bois.

- Je suis également content de te revoir. Merci du compliment »

Merlin lui tapota l'épaule à son tour et c'est à ce moment-là qu'Emma refit son apparition.

*Fin du flasback*

« -J'ai senti que tu étais préoccupé ces derniers temps. À propos de ton avenir. Je me trompe ? lança alors Merlin déguisé.

-Non, pas du tout. C'est toujours d'actualité… Je m'interroge sur mon futur… » lui avoua Pinocchio tout en descendant prestement de Philibert.

Par chance, il n'eut plus la sensation d'ivresse. Il en fut soulagé. Il flatta le flanc de l'animal en remerciement puis rejoignit son vieil ami.

« -Et si je te disais que j'avais la solution à tes tourments, serais-tu intéressé ? questionna l'enchanteur d'un ton plein de mystère.

-Oui. Je suis d'un naturel curieux, vous le savez bien, annonça-t-il, quelque peu gêné.

-Tu es promis à un grand avenir Pinocchio… Tu as un talent pour l'écriture, tu es très érudit et réfléchi. J'aimerai que tu sois l'Auteur avec un grand « A », le détenteur du pouvoir de la plume magique. Et j'aurais bien besoin de toi à Camelot pour protéger tous les artefacts que j'ai secrètement dissimilés.

-C'est une lourde responsabilité… Pourquoi ? N'avez-vous pas déjà quelqu'un à votre service ? questionna le fils de Gepetto, médusé.

-Le gardien n'est plus tout jeune. Il est temps pour lui de profiter de ses dernières années. Je sais que tu en es capable. Je t'ouvre une porte de sortie.

-Si j'acceptais… je ne pourrais plus jamais voir mon père ni mon entourage ?

-Oui, pendant quelque temps. Par sécurité. Je pourrais t'apprendre à utiliser ta magie également, confia le sage.

-Mais… je ne suis qu'un pantin sous une apparence humaine. Je ne suis pas un sorcier ni un mage ou quoi que ce soit ! Puis il y a Emma… Elle est déjà votre apprentie.

-Emma n'aura bientôt plus besoin de moi, mon garçon. De plus, il m'est déjà arrivé d'avoir deux à trois apprentis à m'occuper. Je suis assez téméraire et patient. Le gardien est un de mes apprentis. Je lui ai appris tout ce qu'il fallait savoir pour protéger les artefacts et lui-même. Cet apprentissage n'a rien d'impossible. Seules les fées et les créatures magiques ne peuvent devenir magicien ou druide. Il n'a jamais été écrit nulle part que les hommes dans ta condition ne pouvaient pas l'être. Tu es humain grâce à la fée Bleue, cesses de te tourmenter davantage à ce sujet. Cependant, tu resteras toujours connecté à la nature, à ton passé. Pour te rappeler de toujours être sincère, altruiste et courageux.

-J'ai besoin de temps pour y réfléchir... Puis-je vous donner ma réponse plus tard ? demanda Pinocchio en scrutant son compagnon, d'un air soucieux.

-Oui, bien sûr. Je te laisse jusqu'au mariage pour me donner ta réponse », déclara alors Merlin.

La suite dans la deuxième partie... SOON