Me revoilà! Je ne vous ai pas oublié :). Désolée d'avoir mis autant de temps avant de me relancer dans l'écriture de cette fic.

Enfin vous allez bientôt découvrir le dénouement. Le chapitre final est divisé en 3 parties au lieu de 2 pour votre plus grand plaisir :). J'espère que la suite des aventures de nos chouchous, de leurs familles et de leurs amis vous plaira.

Vous allez retrouver beaucoup de citations/références à OUAT et également découvrir (ou redécouvrir) une chanson tirée de "La légende de Manolo", parce qu'elle était parfaite pour une scène. Ce film d'animation est magnifique et ses chansons également. Pour ceux qui ne le connaissent pas, je vous le recommande chaudement. Bref... en conclusion, de sacrés surprises vous attendent :).

Pour finir, je fais un gros hug à ma chère bêta pour son investissement dans l'histoire et je remercie tous ceux qui me relancent encore et toujours pour que je termine cette fiction. Bonne lecture!


Un amour impossible – chapitre 20 (2ème partie)

Au Dark Castle - Trois jours plus tard…

Baelfire ouvrit la porte de la demeure. Il n'y avait que lui et son père qui pouvaient entrer librement dans le château sans clé. C'était lié à la magie du sang dans leur famille. Le jeune homme referma derrière lui, enleva ses gants qu'il rangea dans sa sacoche et passa une main dans ses cheveux humides. Il pleuvait des cordes dehors. Le fils du ténébreux pouvait entendre le cri perçant de son faucon attendant que son jeune maître lui ouvre. Il se dirigea rapidement à une fenêtre et laissa l'animal rentrer et s'installer à son perchoir attitré, puis la ferma.

« -Papa ? C'est moi ! Tu es là ? » lança Baelfire tout en scrutant les lieux avec attention.

Le silence lui répondit. Si son père avait été présent, il serait apparu sur le champ devant lui. Quelque part, son absence l'arrangeait beaucoup.

« -Reste bien sagement ici, Étoile. Je compte sur toi pour surveiller la maison », répondit alors le futur fauconnier à son animal de compagnie.

Le concerné poussa un petit cri puis fit sa toilette. Baelfire se mit alors à fouiller la grande salle, à la recherche de l'objet sur lequel il était tombé dans le livre intitulé « Comment déjouer la mort ? » à la bibliothèque. Il savait qu'il l'avait déjà vu quelque part. Mais où ? C'était la grande énigme. Déjà la bibliothèque était à exclure donc il restait la salle principale et le laboratoire de son père. Au bout de quinze bonnes minutes, il se rendit à la raison. Il n'était pas là. Le jeune homme était prêt à aller au laboratoire quand il aperçut le bâton de son père posé négligemment près d'un buffet. Ce serait bien son genre de cacher ce type d'objets. Après tout, ce dernier était marqué par la magie noire. Toute sa collection n'était pas forcément exposée… Or il se souvint une fois l'avoir vu utiliser ce bâton pour faire apparaître une armoire. Ou peut-être était-ce un coffre-fort magique ? L'inconvénient c'est que Baelfire ne possédait aucune magie et il n'était pas sûr quand répétant les mêmes gestes que le ténébreux, il arriverait à faire apparaître l'armoire. Il prit le bâton et le contempla avec nostalgie. Il lui rappela de bons souvenirs. Son père et lui avaient vécu modestement auparavant et cela avait été suffisant pour être heureux. Il scruta alors les marques sur le bâton puis après un moment d'hésitation, il fit une parade avec, peu convaincu du résultat quand soudain, une lueur bleutée apparut et fit apparaître une porte jusqu'alors invisible sur un mur de la salle. Stupéfait, il posa le bâton sur la grande table en bois et passa une main nerveuse dans ses cheveux rebelles. Il hallucinait complètement. Comment était-ce même possible ? Le fils de Rumplestiltskin se dirigea rapidement vers la porte et l'ouvrit en grand. Comment était-ce possible ? Il était coincé sur ce questionnement quand enfin il eut la révélation. C'est probablement le même type de sort que pour la porte d'entrée. Le bâton représentait un souvenir important entre le père et le fils puis seulement la magie du sang avait la possibilité de fonctionner. Bae réalisa alors aussi pourquoi son père craignait que des personnes mal intentionnées viennent le kidnapper. Cela pouvait être un moyen de pression pour récupérer un des objets de collection de sa réserve personnelle. On aurait même pu se servir de Baelfire pour ouvrir cette porte secrète. Or si son père a rangé des objets dedans, ce n'était pas sans raison. Cela pouvait être dangereux que l'un d'entre eux soit dans de mauvaises mains.

« -Je te comprends un peu mieux, Papa… », souffla-t-il pour lui-même tout en cherchant l'objet qu'il désirait tant obtenir.

Il fouilla les étagères quand un petit coffret attira son attention. Il le sortit et l'ouvrit. C'est alors qu'il le vit. Son dernier recours si quelque chose de grave finissait par arriver le jour du mariage. Le futur marié l'enleva du coffret et le mit dans sa sacoche. Cet objet ne le quitterait pas d'une semelle. Maintenant, il n'y avait plus qu'à espérer que son père ne ferait pas l'inventaire ces jours-ci, qu'il ne remarquerait pas son absence. Il y avait tout de même peu de chance que Rumple se douta que son fils avait eu accès à cette porte. Lui qui était tant rebuté à utiliser la magie. Surtout noire. Non franchement... Son père ne le remarquerait pas, il en était convaincu. De plus le ténébreux était trop occupé ces temps-ci… avec Belle entre autres.

« -Seulement en dernier recours », inspira Baelfire en levant les yeux en l'air et en rangeant la boite.

Il referma la porte puis l'instant d'après, elle disparut. Le futur fauconnier avait beaucoup réfléchi au sujet de ce livre, des instructions pour cet objet. Il ne sera pas difficile à utiliser. Bien évidemment si ça tournait mal, il était clair que cela n'enchanterait pas, mais pas du tout, son père. Loin de là. Sur ces songes, il rangea le bâton à la place exacte où il était auparavant, remit ses gants, appela son faucon pèlerin qui vint se poser sur son avant-bras droit puis ils quittèrent les lieux, ni vu ni connu.


Au royaume de Blanche-Neige - Le lendemain après-midi

Graham attendait à l'entrée du château avec deux chevaux bien équipés depuis quelques minutes quand son ami et acolyte arriva aux pas de course vers lui. Il s'arrêta à un mètre de lui et prit une pause avant de regarder derrière lui. Baelfire avait réussi à semer ce Linguini. Celui-ci était décidément fatigant et en plus de ça, obstiné. Le fiancé avait d'autres plans aujourd'hui à l'occasion de la préparation du mariage. Avec affection, les deux alliés se saluèrent en se tenant les avant-bras. Un code bien différent d'une simple poignée de main à présent. C'était une marque de confiance absolue et d'amitié sincère entre les deux compagnons.

« -Allons-y ! décréta Baelfire en montant sans difficulté le cheval emprunté à l'écurie royale.

-Je te suis »

Graham fit de même et ils partirent au galop, traversant le pont, dépassant le village d'à côté puis se dirigeant vers des bois plus familiers quelques kilomètres plus loin. Trois quarts d'heure plus tard, le chasseur fit signe au futur fauconnier de ralentir le pas puis ils arrêtèrent leurs montures à quelques mètres de distance.

« -Je crois que commencer ici serait un bon début », déclara Graham en descendant de son destrier et allant attacher les rênes de ce dernier à la branche solide d'un arbre.

Baelfire le suivit et attacha son cheval également. Ensuite, Graham sortit son couteau et prit une besace en toile contre lui. Quant à son ami, il détacha l'arc ficelé à sa selle puis récupéra le carquois et les flèches dans les sacoches en cuir.

« -Comment ça se passe la vie au château ? questionna le chasseur en s'accroupissant et scrutant avec attention les empreintes ou le moindre indice soulignant qu'un animal était passé par là auparavant.

-Dans l'ensemble ? Je tiens le coup. J'apprends des choses que jusqu'alors je ne connaissais pas et dont je ne voyais pas l'utilité. Certaines s'avèrent intéressantes. Heureusement que je ne suis pas tout le temps seul à subir ses enseignements. Emma m'apporte du réconfort et elle est vraiment courageuse. Tout ce qui l'attend… Il est évident qu'à l'avenir, je lui déléguerais certaines charges. Je pense que je pourrais allier mon devoir de « mari » et mon devoir en tant que « fauconnier », répondit le fils du ténébreux.

-Tu es tout aussi courageux. Tu es prêt à avoir le double de travail, sans avoir de titre, sans tirer de profit, pour aider le grand amour de ta vie. Je te respecte beaucoup sur ce point.

-Merci…

-Et le reste de l'organisation ?

-Tout ce qui est décoration est en grande partie résolu. Il nous manque malheureusement des plumes.

-Ah oui, en effet. Où pourrons-nous trouver ça ? On ne risque pas d'en trouver énormément dans la forêt, admit son ami, préoccupé.

-Je connais un endroit où des personnes s'occupent des oiseaux. Des dresseurs si tu veux. Ils ont des volières. Il y a de toutes espèces et ils perdent des plumes forcément. Il y a possibilité de m'arranger avec eux, informa-t-il.

-C'est une bonne nouvelle ! »

Sur ces mots, Graham se redressa et jeta un œil à son compagnon.

« -Prêt pour chasser du bon gros gibier pour ton premier repas en tant qu'homme enchaîné ?

-Ah ah, je ne risque pas d'être prisonnier Graham. C'est Emma, insista Bae sur ce point, amusé.

-On m'a toujours dit que le mariage change la vie d'un homme. Plus de responsabilités, moins de liberté…

-C'est aussi être adulte… Je sais qu'Emma tient autant à sa liberté qu'à la mienne. Il n'y aura pas de problème de ce côté. On a parlé beaucoup de l'après…

-Et ? Les enfants… ?

-Non. On n'a pas encore parlé de ça. On discutait surtout de nos devoirs, de nos envies, de notre projet d'avoir « notre chez nous », de la construction… Là-dessus, nous sommes sur la même longueur d'onde.

-Je suis content pour toi.

-Bon, ne tardons pas sinon nous risquons encore de rentrer tard et il y a encore de la chasse prévu cette semaine. Il y a tellement de viande à stocker pour le nombre d'invités au repas de noces.

-En effet », reconnut son acolyte avec un brin d'humour.

Sur ces mots, ils se frayèrent un chemin dans les bois et entreprirent le début de la chasse. De nombreuses heures plus tard, ils avaient récolté en tout et pour tout une dizaine de gibiers. Bien évidemment pas imposant vu les sacs en leur possession et compte tenu du trajet à cheval pour le retour. Sur le chemin du château, ils poursuivirent leur conversation sur l'organisation du mariage.

« - Donc si je récapitule tout ça : les tenues sont prêtes, la décoration est en cours, le repas également, vous avez tout ce qu'il faut pour le service et les tables, les invitations sont déjà envoyées, vous avez la fameuse chapelle qui vous intéressent, les fleurs sont commandées pour le jour J… ai-je oublié quelque chose ? questionna le chasseur en tenant les rênes et se montrant pensif.

-Nous avons notre danse. Nous avons nos témoins. Tout est en ordre, assura le fiancé avec un petit sourire.

-Il ne manque plus que la sécurité, annonça son ami avec sérieux.

-C'est apparemment prévu…, murmura le fils de Rumple en regardant le paysage d'un air ailleurs.

-Qu'est-ce qui ne va pas, Bae ?

-Rien. Je réalise juste que peu de monde ira à la chapelle.

-Combien de personnes estimées ?

-Une trentaine… Sur les cartons d'invitation, nous nous sommes arrangés pour que la famille et le proche entourage soient présents à la cérémonie. Pour les membres royaux et autres noblesses vivant plus éloignés, l'invitation requiert juste leur présence au repas et à la soirée. J'espère que cette décision n'apportera aucun conflit…

-Ça va aller. Ne t'inquiète pas. Si le Roi et la Reine ont donné leur accord, c'est qu'il n'y a pas à s'en faire.

-J'imagine… »

Quelques kilomètres plus tard, ils arrivèrent enfin et ramenèrent les chevaux à l'écurie. Puis ils se dirigèrent, munis de leurs sacs pleins, vers la porte qui donnait accès aux cuisines, juste à côté de l'entrée du château où étaient posté à présent Rêveur et Simplet. Baelfire se sentit alors de nouveau nostalgique comme à chaque fois qu'il empruntait cette entrée. C'était celle-là même qu'Emma avait empruntée le soir de la pluie d'étoiles filantes. Il n'était même pas à quelques mètres de distance de là, quand il avait croisé son regard. Leur destin avait été lié à cet instant. Le fils du ténébreux. La fille du véritable amour. Tout les opposait. Bien évidemment, l'amour ne s'explique pas, il apparaît sans crier gare et ne nous quitte plus jamais. Ce sentiment était inflexible, du moins se bornait-il à le croire. Sur ces pensées, le jeune homme brun emboita le pas à son ami et rentra à l'intérieur.


À la communauté des fées – le soir même

La fée bleue clôtura la réunion puis laissa ses consœurs vaquer à leurs occupations. Clochette partit aussi rapidement qu'elle était apparue. Ces temps-ci, elle allait souvent tenir compagnie à ce pirate et lui parler. La brune soupira et secoua la tête avec exaspération. Son bras droit était incorrigible, rebelle, forte tête et avec un besoin constant d'enfreindre les lois de leur communauté. Clochette avait eu des avertissements, mais Bleue n'arrivait pas à se résigner à lui porter une sentence irrévocable, car elle faisait un travail excellent en dehors tout ça. Néanmoins, bien qu'elle était son bras droit dans toutes les missions, elle n'était pas encore prête ou assez mûre pour prendre sa place un jour ou l'autre. Peut-être même qu'elle pourrait dépasser la limite, c'est-à-dire qu'elle tomberait amoureuse d'un humain avant cela, parti comme c'était. Elle passa une main sur son visage. Elle le sentait venir. La chef de la communauté des fées ne savait vraiment pas quoi faire avec elle. Vraiment. Depuis quand avait-elle commencé à être tolérante là-dessus ?

« -Je commence à devenir trop vieille pour ces choses-là », songea-t-elle, désappointée.

Sur ces réflexions, elle ne réalisait pas que quelqu'un s'était approché d'elle et commençait à lui tapoter doucement l'épaule. Elle se retourna et aperçut Nova. Elle l'avait remplacé souvent ici quand Bleue se déplaçait pour différentes affaires. Elle était une de celles qui avaient beaucoup d'expérience et qui respectaient tout à la lettre. Elle faisait bien son travail bien qu'elle soit d'une maladresse affligeante.

« -Oui, Nova. Qu'y a-t-il ? demanda-t-elle d'une voix neutre.

-Pardonnez-moi, Bleue mais c'est que je m'inquiète pour vous. J'ai le sentiment que depuis quelques jours, vous êtes triste voire même ailleurs lors des réunions. C'est comme si vous aviez perdu l'envie de…

-Ne dites pas de sottises. C'est juste de la fatigue, rien de plus. Surtout avec les évènements actuels. Cora et Albéric qui sont toujours en liberté… ces stages, ces missions à gérer. C'est une période assez rude, répliqua la fée supérieure en fronçant des sourcils.

-J'en conviens… mais…

-Il n'y a pas de « mais », Nova. C'est très gentil à toi de te soucier de ma personne, mais je vais bien. Tu peux regagner ta demeure, t'occuper ou te reposer, comme bon te semble.

-Bien, Bleue. Si vous avez besoin de moi… vous savez où me trouver », capitula alors la fée en rose bonbon.

La concernée se contenta d'acquiescer puis la regarda s'éloigner. L'instant d'après, Bleue prit son envol et se dirigea vers sa petite maison bleue, faite de fleurs et de bois. Elle s'installa à son bureau et regarda les lieux d'un air songeur puis mû par une impulsion, elle sortit un carnet bleu d'un tiroir et se mit à le feuilleter lentement. Ce calepin était écorné, abîmé et avait connu des jours meilleurs. Elle scruta les dessins réalisés, lut ses remarques sur certaines observations notamment en particulier sur un point. Merlin. Une grande partie de ses écrits portés principalement sur le suivi d'un apprenti. Lui. Des pages et des pages sur lui. Bien sûr, il y avait d'autres éléments de mentionner, mais ce n'était pas la plus grosse partie. C'était assez révélateur, non ? Qu'elle était tombée amoureuse d'un humain ? Pourquoi avait-elle été choisie comme successeure dans ce cas ? Elle n'était pas la seule candidate. Elle se souvint de sa présentation devant le jury. Ce dernier l'avait examiné avec intérêt et sérieux puis avait porté leur choix sur elle.

« -Tu sais pourquoi Bleue… Au fond, tu l'as toujours su. Parce que tu n'as pas rendu ça possible, parce que tu as refusé de suivre ton cœur. Il cherchait quelqu'un de carré, de raison et tu devais parfaitement correspondre à la description vu à quel point tu étais réservé », souffla-t-elle à elle-même.

Bleue avait eu ce qu'elle voulait et pourtant en revoyant, Merlin en face d'elle, toutes ses convictions avaient vite été balayées. Elle n'avait pas été capable de le voir bien plus tôt parce qu'elle savait que ses sentiments flottaient toujours là quelque part et seraient prêts à lui éclater en pleine figure. Une larme glissa sur sa joue qu'elle essuya rapidement. Elle avait feint la joie, avait été gênée, dissimulant ainsi toute sa peine en le rencontrant de nouveau. Elle avait écrit cette lettre parce qu'elle n'avait plus le choix, elle était désespérée. Bleue ne savait pas quoi faire pour aider au mieux ses amis, Blanche-Neige et Charmant. Elle s'était donc tournée vers la seule personne de sage qui pouvait la renseigner sur cet Albéric. Étant clairvoyant, il était fort possible qu'il ait plus de réponses à leurs questions. Un bref instant, la fée brune avait supposé qu'il ne lui répondrait pas à cause de ce qu'il s'était passé entre eux par le passé, mais elle fut étonnamment surprise. Il lui avait envoyé une lettre par le biais d'un pigeon et avait donc donné tous les éléments de réponses qu'elle souhaitait avoir. Cet acte de gentillesse avait alors réchauffé son cœur, mais le voir fut plus difficile. Il avait fait comme si de rien n'était, comme s'il était de simples amis de très longue date. Il était toujours taquin au grand dam de la chef de la communauté des fées. Elle avait tout fait pour ne pas craquer notamment en prenant de la distance ou en étant juste neutre et polie avec lui, pour ne pas trahir ce qu'elle avait éprouvé et éprouvait toujours pour lui au final. C'était loin d'être simple… Bleue avait finalement compris que Merlin faisait la même chose qu'elle et qu'il n'avait jamais oublié leur séparation. Le vieil homme semblait toujours affecté et avait à présent décrété prendre de la distance avec elle malgré la situation grave dans laquelle tout le monde se trouvait à cause de la menace qu'Albéric, son ancien apprenti et Cora faisaient planer sur eux. Il avait remis la fée à sa place, l'avait blessée même. Merlin n'était plus aussi doux, si optimiste qu'auparavant. Il en avait vu des choses. Les marques du temps sur lui étaient assez parlantes. Il se faisait vieux. Il avait 75 ans et elle, 153. Le temps n'avait aucune emprise sur elle. La peur de mourir n'était pas un sentiment que pouvait ressentir la fée supérieure, elle avait une vie considérablement longue. Néanmoins, savoir que Merlin, son Merlin, était bientôt à la fin de sa vie, accrut son angoisse de le voir disparaître. A jamais. Bleue ferma les yeux et ferma péniblement son calepin. Elle redoutait ce moment.

Au même moment, à de nombreux kilomètres de là et sur terre ferme, dans une chaumière vieillotte, le magicien avait aussi de tristes pensées sur Bleue, sur eux et sur lui. Merlin contempla avec un faible sourire la missive qu'il avait reçue aujourd'hui du Roi Arthur. Ce que ce dernier lui avait écrit lui avait fait chaud au cœur. Quand le mariage sera fait – parce qu'il se fera, il ne devait pas douter là-dessus, pas maintenant- il retournerait à Camelot, accompagné ou non d'un nouvel apprenti. Revoir son cher ami Arthur et tous les autres apaiserait-il son pauvre cœur ? Merlin l'espérait. Il avait bien besoin de compagnie. Sur ces songes, il contempla derrière lui, le perchoir et l'abri de son défunt Archimède.


Au Dark Castle – le lendemain matin

Les jumeaux se regardèrent d'un air grave en arrivant au seuil de la demeure du ténébreux. Gretel portait un gros sac sur son dos, quelque peu préoccupée. Son frère lui prit la main et lui adressa un sourire confiant puis frappa du poing sur la lourde porte. Les jeunes adolescents n'attendirent pas longtemps avant d'avoir une réponse de leur hôte. La porte s'ouvrit par magie.

« -Entrez, très chers ! Quelle est la raison de votre visite ? Vous avez encore besoin de passer un marché avec moi ? » questionna Rumplestiltskin assis sur une chaise, en train de siroter du thé d'un air tranquille.

Gretel fixa son frère, sans rien dire.

« -… Eh bien, nous sommes venus pour vous rendre les souliers rouges. Nous vous avions promis de vous les remettre dès que notre tâche sur Oz serait terminée, déclara le jeune garçon brun.

-Bien… Vous avez donc réussi à vous occuper de toutes ces sorcières folles et de la célébrissime sorcière de l'ouest ?

-Oui. Elles ne seront plus une menace. »

Gretel posa le grand sac à terre et enleva les fameuses chaussures de Dorothy Gale qu'elle portait à l'instant. Elle les posa sur la table face au ténébreux puis récupéra ces bottes dans le grand sac. Ce dernier piqua la curiosité du sorcier.

«-Que traînez-vous donc là-dedans ? interrogea le ténébreux, en se redressant.

-L'autre raison qui fait que nous sommes venus vous voir. On a une offre à vous proposer, Mr Rumplestiltskin, annonça la jeune fille avec sérieux en remettant ses bottes, les cheveux attachés en une natte.

-Vous avez une offre à me faire ? répéta-t-il un peu surpris.

-Un marché si vous voulez, lâcha Hansel en levant les yeux en l'air.

-Mmmh…

-Quelque chose qui ne peut que fortement vous intéresser. Vous aimez collectionner certains objets, non ? Notamment magique, je ne me trompe pas ? ajouta Gretel avec un signe de tête entendu à l'adulte.

-Je suis tout ouïe, ma chère, répondit le père de Baelfire avec intérêt.

-Hansel, remets-lui le pendentif », lança sa sœur jumelle.

Celui-ci acquiesça et sortit de sa sacoche en cuir vert foncé, un objet rond et vert cerclé d'argent puis le tendit au maître des lieux. Ce dernier reconnut l'objet et se mit à sourire.

« -Vous êtes de sacré malin tous les deux… commença-t-il à dire.

-Les pouvoirs de la sorcière de l'ouest sont dans cet objet. Sans celui-ci, elle n'est plus rien. Nous avons fini par réaliser que c'était sa faiblesse, informa Gretel.

-Zelena est donc toujours en vie ? réalisa le ténébreux, pensif.

-Elle n'est plus une menace, tant que vous gardez précieusement caché cet objet-ci. Croyez-nous… elle nous fait plus pitié qu'autre chose. Elle n'a pas eu de chance dans la vie. Elle n'osera jamais se frotter à vous, à présent qu'elle est dépossédée de toute magie, assura-t-elle.

-Eh bien, seul le temps nous le dira, je présume… Que souhaitez-vous en échange de ceci ? »

Hansel fit un signe à sa sœur et elle sortit du sac, un grand objet assez encombrant. C'était un chandelier. Rumplestiltskin scruta d'un air perplexe ce dernier avant de fixer les deux adolescents.

« -Zelena a transformé un homme innocent en chandelier. Il est sous cette forme depuis des années. Il nous a aidés à Oz et nous voudrions le remercier. En échange du médaillon, nous souhaiterions mon frère et moi, qu'il soit libéré de ce sort.

-Je vois… », murmura le ténébreux en se levant et prenant le candélabre entre ses mains.

Il plissa davantage les yeux en contemplant cet objet. Il sentait effectivement quelque chose de magique dedans.

« -Bien, marché conclu ! » décréta le maître des lieux en posant le chandelier par terre.

Rumple fit donc apparaître dans sa main la dague et la passa au-dessus du candélabre. Une fumée violette entoura alors l'objet et quelque instant plus tard, un homme brun barbu apparut par magie. Bien vêtu, le nouveau venu observa les lieux d'un air ahuri puis regarda ses mains. Il lâcha un sourire ému.

« -Merci Hansel, merci Gretel ! clama-t-il aux deux jeunes chasseurs de sorcières avec un accent particulier.

-Merci à toi », répondirent-ils alors à leur tour, un sourire rassuré.

C'est alors que l'homme délivré entendit un raclement derrière lui. Il se retourna et sursauta en reconnaissant le personnage qui croisait ses bras.

« - Rumplestiltskin ?!

-Ma réputation me précède à Oz dis donc…, ironisa-t-il.

-Non, je n'ai pas été libéré pour être de nouveau pri…

-Lawrence, calme-toi. Tu te fais des idées. C'est Rumplestiltskin qui t'a délivré de l'emprise de Zelena grâce à notre intervention, éclaira Hansel.

-Vrai… Vraiment ? » balbutia le nerveux.

Les deux jeunes gens hochèrent de la tête.

« -Puisqu'ils te le disent ! soupira le ténébreux d'un ton sarcastique en s'éloignant.

-Je… Je suis désolé. Merci… Mr Rumplestiltskin. J'ai une dette envers vous, répondit Lawrence avec sincérité.

-Oh que non ! Ils s'en sont déjà occupés pour toi. Tu es libre. Tu peux partir et faire ta vie comme bon te semble, répliqua le maître du château.

-Peut-être, mais… je… je n'ai plus de famille et ce que je sais faire de mieux c'est servir. Avant… d'être prisonnier de Zelena, je servais une famille. Une famille qui a péri de la main de la sorcière. J'aimerai vous remercier à ma façon. Vous avez là un grand château, laissez-moi être votre serviteur. Je ferai toutes les tâches nécessaires. Vous n'aurez pas à me payer. Être logé et nourri me suffit amplement. Je suis digne de confiance. Quand je sers une famille, je lui suis loyal. Mettez-moi à l'épreuve s'il vous plaît », exprima l'homme en s'approchant du ténébreux et en se courbant légèrement devant lui.

Les faux jumeaux écarquillèrent les yeux, muets de stupeur. Quant à Rumplestiltskin, ce dernier était décontenancé. Ce Lawrence le craignait, savait sa réputation et pourtant, il désirait le servir. C'était à n'y rien comprendre.

« -Es-tu vraiment sur toi ? Il n'y aura pas de retour possible. Tu es libre, mais tu auras un engagement envers moi, prévint t-il.

-Je veux servir votre famille jusqu'à la toute fin. J'ai des principes et un code d'honneur, monsieur, affirma alors l'homme barbu.

-Soit. Pourquoi pas ? Belle aimerait que je sois un peu plus samaritain. Ce serait un début… Je vous mettrais à l'épreuve. Par contre, au moindre travers, je serais impitoyable. Trahissez-moi et vous le regretterez amèrement ! s'exclama-t-il d'un air sombre.

-Très clair, je ne vous décevrais pas… maître.

-Bon, votre cher Lawrence est libre et a fait son choix. Faites vos « au revoir » les enfants et laissez-nous. Nous devons parler plus en détail de notre entente. »

Les petits-enfants de Manny acquiescèrent un peu hébétés puis saluèrent leur ami. Quelques minutes plus tard, ils prirent congé et Lawrence referma la porte. Il se tourna ensuite et plaça ses deux mains dans son dos, prêt à entendre les ordres de Rumplestiltskin.

« -Il y a un règlement à respecter dans cette demeure, Lumière. Il va falloir que tu le respectes à la lettre. Le voici, déclara le ténébreux en faisant apparaître un parchemin avec le règlement intérieur du Dark Castle.

-Euh, pardon… Vous m'avez appelé Lumière, monsieur ? demanda Lawrence, perdu.

-Oui. Vous étiez un candélabre mon cher et votre prénom de naissance s'y rapproche très sensiblement. J'y ai donc vu un signe. Vous êtes donc pour moi, Lumière. Cela vous pose problème ?

-Non, en fait c'est parfaitement censé…, reconnut le serviteur d'un air songeur.

-Bien ! » s'écria-t-il avec un sourire satisfait, intérieurement flatté par le domestique.

Lawrence trouvait ce pseudonyme plutôt chouette et original. Ce Rumplestiltskin était peut-être redoutable, mais il n'était en rien Zelena. Il avait ce je-ne-sais-quoi… qui fait que Lawrence était prêt à le suivre. Il ne l'expliquait pas. Il allait probablement baver au début, mais il avait le sentiment que bientôt le vent allait tourner.

« -Poursuivons, mon cher », décréta son maître d'un air entendu.

Lumière acquiesça avec sérieux.


Au royaume de Blanche-Neige

Le soir même, après une journée bien chargée, un bon repas avec sa famille et son Baelfire, la princesse prit congé et alla se coucher. Comme toujours, Emma gardait son poignard sur elle, toujours sur ses gardes. Elle scruta le balcon avec méfiance. Au début, elle avait eu beaucoup de mal à dormir de nouveau dans ses lieux, mais à présent que son entraînement à la magie avec Merlin portait ses fruits et qu'elle savait son amoureux à côté, elle était un peu plus sereine. La princesse se dirigea derrière un paravent et se déshabilla. Elle en sortit en chemise de nuit cinq minutes plus tard puis prit place dans son lit royal. Emma se lova contre sa couverture douillette et ferma les yeux, la tête posée sur l'oreiller. Elle plongea alors dans un sommeil profond…

Emma entendit des échos, des bruits sourds autour d'elle. Il y avait comme une agitation. La princesse avait un mauvais pressentiment puis elle fut happée par les ténèbres. C'est alors qu'elle vit des flashs en accéléré. Emma était allongée et vêtue de noir. Ses yeux clos. Le corps gris et rigide. Un cygne noir. Albéric et son sourire énigmatique. Une main étreignant la sienne. Une larme glissant sur la joue d'une personne qu'elle n'arrivait pas à reconnaître. La chapelle. Puis elle sentit au creux de son être quelque chose d'effrayant, d'angoissant… il n'y avait plus d'espoir, plus d'espoir. C'était la disparition des fins heureuses. Sur cette sensation horrible, la princesse se réveilla en sursaut, le cœur tambourinant dans sa poitrine à une vitesse affolante. Elle était en sueur et passa une main dans sa chevelure blonde. La jeune femme se redressa sur son lit et posa une main sur son cœur, tentant de retrouver son calme.

« -Vais-je mourir ? » réalisa-t-elle, blême.

Ses yeux se fermèrent avec difficulté. Une larme s'échappa.

« -Ce n'était qu'un cauchemar, Emma. Cela ne signifiait rien. Ce n'était pas un avertissement », murmura-t-elle pour se rassurer.

Pourtant pour un cauchemar, cela lui avait semblé bien réel. Comme un sentiment de déjà-vu... Elle ne saurait pas l'expliquer. Ce n'était pas comme les messages d'avertissements qu'Albéric lui avait envoyés chaque mois avant de la capturer. C'était plus précis. Devait-elle ignorer ce qui venait de se passer ? Elle cacha son visage entre ses mains, d'un air tourmenté.


À la bibliothèque royale –une semaine plus tard…

Belle French était à l'accueil ce matin et réceptionnait les retours comme toujours auprès de nombreux lecteurs et habitués. Elle rédigeait des notes avec dextérité et aisance. Avec du recul, la jeune femme brune réalisait que ce travail avait changé sa vie, qu'elle était très heureuse ici. Elle s'est faite beaucoup d'amis et… elle pensa avec tendresse à Rumplestiltskin. Il n'y a pas si longtemps il lui avait annoncé qu'il avait un valet. Elle avait été choquée par cette nouvelle. Apparemment il l'avait pris sous son aile et pour l'instant, il n'avait rien à redire sur cette personne. Pourtant il ne semblait pas le ménager. Le pauvre – avait-elle alors songé. Belle avait bien l'intention de retourner au château pour rencontrer cette personne si courageuse, assez forte pour supporter tout comme elle, le ténébreux et ses humeurs. Elle était dans ses rêveries quand soudain, une ombre s'étalant sur son bureau attira son attention. Belle releva la tête et se mit à pâlir en reconnaissant la personne en face d'elle. Gaston.

« -Bonjour, Princesse. Enfin tu es là. Tu sais le nombre de fois que je suis venu pour essayer de te parler ? lança l'homme noble aux cheveux courts noirs et vêtu d'un ensemble dans les mêmes tons.

-J'imagine, mais tu dois bien te douter, Gaston que je n'ai pas envie de te voir, ni mon père.

-Belle c'est ridicule…

-Non, ça ne l'est pas ! Je ne vais certainement pas t'épouser. Je ne vais pas être la petite femme docile qui ne fait rien. Sans moi ! Vous ne m'avez pas laissé le choix. J'ai donc pris la décision depuis longtemps de ne plus être princesse, ni son héritière, asséna-t-elle d'un air sérieux.

-Ton père n'a que toi. Qui prendra sa place par la suite ?

-Un cousin ! lâcha-t-elle en fronçant des sourcils, contrariée par sa remarque.

-Tu serais prêt à abandonner ton père ? Que penserait ta mère ? questionna Gaston, surpris.

-Je te prierais de laisser ma mère où elle est. Elle était très différente de caractère et crois-moi que si elle avait encore été de ce monde, elle m'aurait soutenue ! s'écria Belle tout en se redressant, furieuse.

-D'accord, d'accord. Je suis désolé. Je ne voulais pas te froisser au sujet de ta mère. Je sais que tu tenais énormément à elle. »

Des passants observaient leur échange des plus houleux.

« -Vraiment ? lança-t-elle, d'un ton sarcastique.

-Belle ! Qu'est-ce qui se passe ? s'enquit une collègue affolée en voyant la jeune femme brune s'époumoner.

-Je suis désolée… Je n'avais pas réalisé. On cherche à me faire perdre mes moyens, souffla Belle French d'un air affligé avant de fusiller Gaston du regard.

-Essaye de tempérer les choses, s'il te plaît. Tout le monde vous regarde, demanda sa collègue d'un air sérieux.

-Oui, très bien »

Et l'autre bibliothécaire disparut. Au même moment, Rumplestiltskin apparut à l'entrée et vit la scène entre sa Belle et l'apollon macho.

« -Belle, je… commença à dire le conseiller du père de Belle.

-Non, Gaston. Je ne reviendrais pas. Je ne serais JAMAIS avec toi. S'il te plaît, va-t'en ! murmura la brune tout en se rasseyant sur sa chaise.

-Est-ce que c'est à cause des rumeurs qu'on entend sur toi ces derniers temps ? l'interrogea-t-il.

-Quoi ?!

-Que tu es intime avec le ténébreux, que tu l'aimes, déclara Gaston, un air soucieux au visage.

-Les gens n'ont que ça à faire… Que ça soit vrai ou non, ça ne te regarde pas Gaston. C'est ma vie, annonça Belle d'un air las.

-Tu ne le nies même pas… Mais c'est un monstre ! Il n'a pas de cœur. Comment peux-tu t'être amouraché d'une telle bête ? Franchement, n'es-tu pas folle ? Sincèrement tu me… »

Un raclement de gorge interrompit Gaston dans sa tirade et il se retourna dans le but de remettre à sa place la personne qui tentait d'empêcher sa conversation avec la fille du Roi. Mais en réalisant qui était derrière lui, il perdit l'usage de la parole. Le ténébreux l'ignora superbement et contempla l'élue de son cœur.

« -Belle… Cet homme vous importune ? questionna-t-il d'un ton poli, trop poli.

-Il ne reste pas. Au revoir, Gaston », exposa la jeune femme

C'est alors que Rumple fit le lien entre Belle et cet inconnu. Il se souvint ce que lui avait confié la jeune femme il y a quelque temps. Il grinça des dents. Ce Gaston avait le culot d'être insistant.

« -Je ne renoncerais pas sans me battre, Belle, répliqua alors Gaston qui avait retrouvé l'usage de la parole.

-Tu es décidément dur de la feuille… elle t'a demandé de partir. Ouste ! railla Rumplestiltskin, à deux doigts de l'étrangler par la magie.

-Je ne vous ai rien demandé, ténébreux ! riposta Gaston en le toisant, soudain sans peur.

-Ça suffit ! Je t'ai dit ce que je pensais, Gaston. Laisse tomber. Cesse de faire l'enfant. Je sais que tu sauras te passer de moi, que mon père trouvera une solution. Maintenant, pars ! intervint Belle French en se redressant, les poings sur les hanches.

-Tu es vraiment sérieuse ? Non, je ne saurais pas me passer de…

-Oh, franchement Belle, je suis désolé mais c'est la goutte d'eau ! Au plaisir de ne jamais te revoir par ici ! décréta Rumple d'un air agacé avant d'utiliser sa dague pour le faire disparaître dans un nuage de fumée violette.

-Mais… où tu l'as envoyé ? demanda Belle, stupéfaite.

-À l'autre bout du pays, ça lui fera les pieds ! répondit-il avec un sourire sarcastique.

-Franchement, Rumple…

-Il l'a cherché Belle. Il devenait trop insistant. Il ne voulait pas comprendre… S'il revient ici, crois-moi que je serais moins tendre avec lui.

-Je… Je crois que ta performance le dissuadera de recommencer. Il fait de grands discours, mais il tient trop à sa petite personne pour risquer sa vie.

-J'espère que tu dis vrai… »

Rumplestiltskin se tut alors et scruta Belle avec attention. Elle était si jolie.

« -Tout va bien ? s'enquit cette dernière, inquiète.

-Oui, oui… Je suis juste content de te voir, avoua-t-il, en regardant les lieux l'air de rien.

-Oh… »

Elle se mit à rougir puis le ténébreux vint s'accouder au bureau avec nonchalance.

« -Peux-tu trouver un livre pour moi ? demanda alors l'homme derrière la bête avec embarras.

-Tu ne l'as pas trouvé dans ta bibliothèque personnelle ? »

Il fit non de la tête.

« -D'accord. Dis-moi tout. Que recherches-tu exactement ? questionna la bibliothécaire avec sérieux.

-Un manuel sur la construction de bâtiments… ».


Une heure plus tard, Belle changea de poste et s'occupa des rayonnages. Tout en rangeant des livres dans la catégorie « Roman d'aventures », elle repensa en souriant au projet de Rumple. Ce dernier aimerait aider son fils à bâtir sa maison idéale, bien sûr sans magie. Il ne savait pas quoi lui offrir pour ses futures noces avec la princesse, vu l'héritage assez sombre qu'il détenait. C'est pourquoi le ténébreux voulait faire quelque chose de ses propres mains pour faire plaisir à Baelfire. Il avait d'ailleurs un contact qui devait lui rendre un service et il avait bien l'intention d'en profiter. Il allait réclamer des ouvriers qualifiés et surtout des volontaires dans cette entreprise. Rumple faisait des efforts… Il y avait le valet puis ça. Soudain, elle entendit des exclamations de surprise et des chuchotis dans le dédale de couloirs. Curieuse, la jeune femme se pencha et chercha la source de l'agitation. C'est alors qu'elle aperçut une femme asiatique dans une tenue de samouraï entourée de quelques passants. Celle-ci semblait à la recherche d'information. Puis une personne désigna Belle, prise en flagrant délit d'observation. La ciblée se mit à rougir d'embarras. L'inconnue remercia poliment l'ensemble du groupe puis s'avança vers la bibliothécaire. Cette dernière fut intriguée par cette femme atypique.

« -Bonjour. J'ai besoin de votre aide, lança l'Asiatique de but en blanc.

-Que… Comment ça vous avez besoin de mon aide ? questionna Belle, effarée.

-J'ai entendu des rumeurs ici et là au sujet d'une bête non loin d'ici. Une jeune femme accompagnée du plus terrible des sorciers est partie à la recherche de cette bête. Un yaoguai d'après la description qu'on m'en a faite. Vous l'avez traqué, vous l'avez attrapé. Il paraît que tout est rentré dans l'ordre. Je n'ai pas eu plus d'échos, mais… j'ai le même problème dans mon village depuis des mois. Ce yaoguai est terrible et c'est très bien disparaître du jour au lendemain. Malheureusement, il revient sans cesse pour tout saccager et pour mettre le feu à nos maisons, expliqua la nouvelle venue avec sérieux.

-Oh, je vois…

-Apparemment, le terrible sorcier ici est Rumplestiltskin et d'après les gens de votre village, il n'y a qu'une seule femme qui le côtoie. Une jeune bibliothécaire travaillant au château royal. Êtes-vous bien celle dont les rumeurs sur la bête mentionnent ?

-Oui… murmura-t-elle.

-Pouvez-vous m'aider ? J'ai tout tenté : la capture, le combat, il semble impossible à arrêter.

-Je serais honorée de vous aider… Je reconnais que cela n'a pas été simple… commença par dire Belle.

- Vous semblez très intelligente pour avoir eu ce yaoguai en si peu de temps... Venez avec moi. Voilà ce que je vous propose : Vous le traquerez et je le tuerais, coupa la voyageuse, d'un ton déterminé.

-Non, non, il ne faut pas ! La bête… n'en est pas une. Le yaoguai est une métamorphose. Une personne est emprisonnée dans cette créature.

-Quoi ? s'exclama la jeune samouraï, d'un air interdit.

-C'est une malédiction. Rum… Le ténébreux a su que cette malédiction venait de Maléfique. La bête n'a pas essayé de communiquer à sa façon ?

-Elle laisse en effet d'étranges marques… Je ne me suis pas intéressée à ce détail. Pensez-vous qu'elle voulait communiquer ?

-C'est probable. Écoutez, la cachette et le repaire du yaoguai est la grotte la plus proche de votre village et le seul moyen de délivrer cette personne c'est de lui jeter de la poussière de fées. Celle-ci annule le sort, informa Belle.

-Bon sang, comment puis-je être aussi stupide ? J'ai fait parti d'une arme impériale et je ne suis même pas fichue de voir ce genre de choses arriver.

-Ce n'est pas votre faute… On ne peut pas tout savoir, admit l'ancienne princesse.

-Merci… déclara l'inconnue en cherchant à connaître l'identité de sa bienfaitrice.

-Belle. Belle French. Enchantée, salua cette dernière.

-Ravie. Mulan Hua »

Mulan tendit sa main et la bibliothécaire accepta cette poignée de main amicale.

« -Bon… eh bien, je n'ai plus grand-chose à faire. Je tâcherais de faire plus attention à l'avenir, avoua l'étrangère.

-Vous arriverez à vous procurer…

-Oui… ne vous inquiétez pas. Merci pour vos conseils, la tranquillisa-t-elle.

-J'espère que tout se passera bien pour vous.

-Je ne m'en fais pas, mais… merci.

-Je suis curieuse de savoir qui se cache derrière ce yaoguai-ci, confia Belle, curieuse.

-Et moins donc ! Vous connaissiez celui que vous avez sauvé ?

-Oui… c'est un jeune homme des plus attentionné, désintéressé et altruiste qui soit, répondit Belle en pensant à Baelfire.

-Vous semblez beaucoup l'apprécier, fit observer Mulan.

-En effet. »

Sur ces mots, les deux femmes se sourirent avec complicité puis Mulan la salua d'un signe de tête.

« -Au revoir, Belle.

-Faites attention à vous. Je vous dis à bientôt ! J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir, déclara la bibliothécaire avec gentillesse.

-Ce n'est pas impossible », admit Mulan avec un sourire bien à elle puis elle partit, laissant une Belle dubitative.

Décidément cette journée aura été riche en évènements.


Le lendemain - quelque part dans une contrée sud du pays, en plein désert…

« -Je vais finir par devenir fou ! s'énerva Albéric à présent guéri et balançant une chaise à l'autre bout de la pièce, sous l'indifférence d'une Cora concentrée sur des papiers.

-Il va falloir maîtriser votre colère, mon cher, annonça la sorcière avec un calme olympien, assise sur une chaise et appuyée contre une grande table.

-Moi ? Que je me maîtrise ? J'ai été des plus patients jusqu'alors ! C'est le fait de ne pas sortir, de ne pas pratiquer la magie, de rester tapi dans ce sanctuaire pourri à manger des graines, des plantes ainsi que des mixtures étranges qui me rend dingue. Je suis toujours convaincu que ce sont des potions ! répliqua l'enchanteur roux, contrarié.

-Les gens qui vivaient ici autrefois ne sont pas idiots. Ils n'auraient jamais mis des potions dans leur réserve alimentaire, rétorqua Cora, en tentant de rester zen.

-Comment pouvez-vous vivre aussi bien cette absence de magie ? s'exclama-t-il, surpris.

-J'ai vécu sans auparavant, je vous rappelle puis je sais être patiente quand cela en vaut la peine. »

Albéric tourna comme un lion en cage, d'un air dépassé.

« -Je suis bien d'accord avec vous à ce sujet, mais le temps est relativement long ici. Il n'y a rien à faire… à part dormir, manger, lire ou jouer aux échecs, marmonna-t-il, frustré.

-Vous vous avouez finalement vaincu par la dernière partie, mon cher ami ?

-Peuh !

-Cessez vos crises ! On dirait vraiment un enfant capricieux. Est-ce que je me plains? lâcha la mère de Regina.

-Non, certes, mais vous êtes agaçante avec vos petites manies.

-Comment ça ?

-Toujours les mêmes commentaires à longueur de journée : « mon cher ceci », « mon cher cela », « faites-moi du thé, je vous prie ! », « Enlevez-moi ça ! ». Vous me demandez même de faire le ménage ! Je ne suis pas votre esclave ! minauda-t-il avant de la fusiller du regard.

-Quoi ?! Mais à longueur de temps, vous dites « vous ennuyer »! Je pensais bien faire en disant cela ! s'exclama-t-elle, surprise.

-Mais bien sûr… Écoutez, très chère Cora, vous n'aurez pas d'autorité sur moi. Est-ce bien clair ? Si des endroits sont trop sales pour vous, faites-le vous-même et si vous voulez boire du thé… vous avez deux mains ! » décréta Albéric avec un sourire ironique avant de s'asseoir de travers sur un fauteuil vieux et rembourré.

La sorcière prit la mouche et partit ailleurs pour se calmer. Décidément, il était insupportable ! Pourquoi restait-elle avec lui déjà ? Ah oui ! Il avait une idée assez sournoise et terrible d'en finir avec les deux amoureux maudits. Et elle, elle avait plus d'une corde à son arc pour l'y aider.

« -Reviens, Cora ! C'est pire quand tu n'es pas là ! » clama son acolyte d'un ton contrarié.

Cora leva les yeux au ciel, exaspérée et quelques minutes plus tard, elle refit son apparition au plus grand soulagement d'Albéric.


Le même jour…

La princesse avait le cœur qui battait la chamade. Elle ne savait plus quoi faire ! La blonde était dépassée en songeant aux évènements récents. En marchant d'un pas rapide et sans but, elle se refit la scène dans la tête…

*Début du flashback*

Le déjeuner en compagnie de ses parents, de Granny, de Gepetto et de son fiancé se déroula sous de bons auspices au premier abord.

« -Comment se fait-il que Rouge ne soit pas venu avec toi aujourd'hui ? Je suis très intriguée. Elle ne rate jamais une occasion de partager un repas avec nous, souligna Blanche, d'un air curieux.

-Oh, elle devait voir ce docteur Frankenstein… Je crois que ma petite-fille s'est entichée de lui », l'informa la veuve Lucas avec un soupir de résignation.

Baelfire qui buvait un verre d'eau tranquillement, avala de travers en apprenant cette nouvelle. Il reposa vivement son verre et toussa. Emma avait alors frappé le dos de son bien-aimé, soucieuse de son état.

« -Baelfire, tout va bien ? s'écria la Reine, surprise.

-Oui, oui Votre Altesse… excusez-moi. J'ai bu un peu trop vite, marmonna-t-il en se raclant la gorge avant de scruter sa voisine.

Sa princesse le questionnait du regard. Il lui fit un sourire penaud, qui semblait vouloir dire : « je t'expliquerais plus tard ». David observait les deux jeunes gens, d'un air pensif.

« -Bon et bien, c'est une bonne chose pour Rouge. Elle a fini par… se pardonner à elle-même et à aller de l'avant après… l'histoire avec Peter, murmura Blanche-Neige avec un petit sourire.

Granny hocha la tête, bien d'accord sur ce point. Rouge semblait plus joyeuse depuis quelques jours, c'était probablement grâce à ce blond.

« -Et toi, mon cher Gepetto ? Tu as envoyé ton fils dans une autre contrée pour des envois de commandes ? lança David, désireux d'en savoir également plus sur eux.

-Oui… enfin il y en a eu très peu cette semaine, mais aujourd'hui, il avait quelque chose de prévu. Va savoir quoi ? Je ne sais pas ce qu'il lui passe par la tête en ce moment. Il est assez distrait, préoccupé, confia le vieil homme, en haussant des épaules.

-C'est la rançon de la gloire pour son livre, non ? s'enquit Granny.

-Je ne sais pas.

-Le stress pour son rôle de témoin, répondit la princesse tout en mangeant un morceau de gâteau à la fraise.

-Je ne crois pas que ça soit ça, Em' », souffla Baelfire d'un air amusé.

Elle lui sourit, d'un air entendu. Les adultes furent curieux de cet échange.

« -Il y a quelque chose que j'ignore ? questionna Gepetto aux deux amoureux.

-Oui, mais rien de grave je vous assure », tranquillisa Emma avec un sourire au père de Pinocchio.

Ce dernier se contenta de cette information, rassuré. Puis ils parlèrent alors de la préparation du mariage. Baelfire fut beaucoup interpellé lors de cette conversation alors que la jeune femme blonde était à présent pensive. Elle porta son verre de jus d'orange aux lèvres et en but une gorgée. C'est alors que sous ses yeux, des flashs répétés, familiers apparurent avec force. Les mêmes images, moments et ressentis qu'il y a une semaine lors de cette nuit troublante. Elle lâcha son verre. Ce dernier se renversa sur la table et immédiatement, elle se releva pour s'excuser tout en épongeant avec une serviette le contenu de son verre sur la table.

« -Je suis maladroite aujourd'hui, je suis désolée pour la nappe maman »

Ses parents la rassurèrent. Néanmoins, David et Baelfire s'inquiétèrent du comportement effacé de la princesse. Était-ce du stress ? Non… De la fatigue ? Emma n'a jamais été aussi maladroite... Elle rassura tout le monde et leur lança un pauvre sourire. Son voisin avait froncé des sourcils et semblait s'interroger sur la situation. La princesse lui serra alors la main pour le rassurer puis prétexta avoir une chose à faire. Son amoureux l'empêcha de s'éloigner dans un premier temps puis se leva et l'étreignit brièvement aux yeux de tous. À sa façon, il voulait lui dire qu'il était là pour elle. Emma en fut touchée, mais elle n'était pas encore prête à lui en parler. Elle se détacha doucement de l'homme de sa vie puis prit congé d'eux.

*Fin du flashback*

Sur ces songes, ses pas la guidèrent dans une salle déserte et Emma fixa les alentours avec angoisse. Ce n'était pas comme les visions d'Albéric. Celles-ci se passaient à n'importe quel moment de la journée. Elle devait en comprendre le sens. Qui pouvait donc la conseiller, quelle personne pourvue de ce genre de visions pouvait lui expliquer ce qu'il lui échappait? Une image s'imposa à son esprit. Merlin l'enchanteur.

« -Merlin ! Merlin, j'ai besoin de toi », appela-t-elle d'un ton désespéré.

C'est alors qu'elle fut entourée par des auras blanches et dorées qui la téléportèrent jusqu'au lieu où était son professeur et maître de la magie. C'est-à-dire chez lui. La princesse observa l'intérieur de la chaumière de l'enchanteur avec surprise avant de voir arriver Merlin. Celui-ci avait la mine grave.

« -J'ai senti de très loin que tu étais soucieuse, princesse. Que se passe-t-il ? À nos derniers entraînements de cette semaine tu semblais très acharnée dans tes leçons, ceci est positif, mais j'avais senti que quelque chose te troubler.

-Merlin… il y a une semaine, au beau milieu de la nuit, j'ai… j'ai eu une vision du futur, je crois. Je l'ai eu de nouveau eu aujourd'hui, il n'y a que quelques minutes… La même. Elle est très détaillée. Est-ce un avertissement d'Albéric comme j'ai eu l'occasion de le subir autrefois ou est-ce que ça signifie autre chose… par rapport à ma magie ? bredouilla Emma en regardant ses mains tremblantes.

-Tu le sais au fond de toi… Ce n'est pas Albéric. Cela vient de toi. Tu as fait un rêve prémonitoire, princesse. C'est un peu près similaire à moi. Sauf que moi, je vois tout et n'importe quoi à longueur de temps. Je dois faire le tri sur ce qui est important et ce qui ne l'est pas… Ta magie s'agrandit. Elle prend de plus en plus forme. Nos entraînements contribuent à son développement. Oui… il t'arrivera de faire ce genre de rêves.

-Ce n'était pas un rêve, mais un cauchemar, Merlin. Ce n'était pas un bon présage… j'ai vu, je l'ai ressenti. Pourtant, je ne veux pas me laisser dominer par la peur, sanglota la princesse.

-Que veux-tu savoir, Emma ?

-Je veux comprendre le sens de ce message. Il ne faut pas tout le temps se fier aux visions, n'est-ce pas ? C'est bien plus compliqué que ça, non ?

-Oui, c'est très complexe. Cela peut montrer le vrai du faux.

-Je dois savoir. J'ai besoin de savoir avec exactitude ce que me réserve l'avenir. Je ne supporterais pas longtemps d'avoir ces visions, sans rien pouvoir faire. Je dois trouver un moyen de comprendre pourquoi le destin s'acharne sur moi depuis que je suis née. Pouvez-vous m'aider à y voir plus clair ?

-Eh bien… il existe deux choses au monde qui peuvent prédire l'avenir avec certitude. La première est le chêne le plus vieux dans la Lande, mais il t'est interdit d'y accéder. Seuls les maîtres formateurs et les apprentis peuvent l'approcher. De plus, l'arbre a une conscience et il n'obéit pas docilement à nos souhaits. L'unique possibilité serait alors… de toucher la corne de la licorne. Plus difficile à trouver pour n'importe quel voyageur, mais tu as de la chance… je sais où elle est. Cependant, comme à l'habitude de le dire le ténébreux, la magie a un prix. Tu ne pourras avoir qu'une réponse à tes questions. Donc il faudra réfléchir sagement à la question que tu veux lui poser. Après quoi, la licorne te montrera deux solutions. Ce sera à toi de faire ton choix par la suite, en conséquence. Es-tu vraiment prête à être confrontée à ça ? demanda l'enchanteur, d'un air soucieux.

-Oui. Je veux connaître le danger qui pèse sur moi. Si ça peut changer les plans d'Albéric et de Cora...

-Princesse, parfois la réponse est bien différente de celle auquel on s'attend…

-Je prends le risque… Je dois au moins essayer, déclara Emma en se reprenant.

-Si tu dois aller voir la licorne, ne le fais pas seule, Emma. Quelqu'un doit venir avec toi…

-Pas Bae. C'est trop tôt pour lui en parler. Je veux être sûre…

-Si ce n'est pas Baelfire, ça doit être quelqu'un d'autre, décréta Merlin avec sérieux.

-Pinocchio. Je demanderai à Pinocchio de venir avec moi.

-Très bien… Je vais te donner une carte et t'entourer l'endroit où la licorne est cachée »

La princesse acquiesça. Un quart d'heure plus tard, elle fut renvoyée dans la salle où elle était initialement. Elle serra la carte contre elle et ferma les yeux. Emma devait rester confiante. Elle allait de ce pas envoyer un message à son meilleur ami.


Deux jours plus tard…

Pinocchio avait répondu à l'appel au secours de son amie et avait accepté de faire ce curieux voyage en milieu d'après-midi en sa compagnie. Cette sortie mystérieuse attira beaucoup l'attention de ses parents, surtout quand leur fille leur refusa d'être accompagnés de gardes royaux. Ils tentèrent de faire un compromis pour sa propre sécurité, mais elle ne fléchit pas dans sa résolution, même pour un seul. Graham, un ami de confiance. Elle leur mentit sur la nature de son voyage en prétextant qu'elle allait juste chez le chapelier avec son témoin pour de derniers détails sur sa robe. Le Roi et la Reine finirent par capituler, peu désireux de se fâcher avec leur fille à bientôt un mois du mariage. Par chance pour la princesse, Baelfire était assez occupé. Il fit donc confiance à sa dulcinée et à Pinocchio. Il lui demanda de prendre soin d'elle, ce que le témoin lui promit puis les deux amis prirent la route.

« -Tu as été très secrète dans ta lettre… S'il y a une chose dont je suis sûr, c'est qu'on ne va pas chez le chapelier pour ta robe ou pour me permettre de revoir Grace, annonça l'homme de bois par déduction.

-Non, en effet. Voici l'endroit où on va, indiqua-t-elle installée sur Angus en donnant la carte à son ami juste à ses côtés, sur un cheval voisin.

-La forêt de Brocéliande… Choix intéressant. Que recherches-tu ?

-Une licorne. Merlin m'a dit que je pourrais la trouver là-bas, l'éclaira Emma dans une tenue de paysanne, les sens en alerte.

-Pourquoi tu as eu besoin de l'aide de Merlin ? l'interrogea-t-il, soudain anxieux.

-J'ai eu un rêve prémonitoire, Pinocchio. C'était plutôt un cauchemar pour moi… La licorne pourra répondre à une de mes questions à ce sujet et m'aider à y voir plus clair sur l'avenir.

-Oh, bon sang… » souffla-t-il, consterné.

Le fils de Gepetto comprit alors que le destin d'Emma et de Baelfire semblait de nouveau compromis, qu'un danger risquait de faire son apparition. Pourquoi n'était-il pas si surpris ? Il ressentit de l'accablement et de la tristesse pour ses deux amis…

Deux heures plus tard, ils arrivèrent à destination. Emma et Pinocchio attachèrent leur monture à un arbre puis continuèrent leur chemin à pied sur un kilomètre avant d'arriver à une clairière. C'est alors qu'ils la virent. Majestueuse. À couper le souffle. D'un blanc éclat. Emma pouvait ressentir une grande magie émanée de la licorne. La princesse scruta son ami d'un air incertain. Il posa une main amicale sur son épaule et lui adressa un sourire encourageant.

« -Je vais vous laisser seuls, toutes les deux. Je vais aller m'asseoir sur un tronc d'arbre un peu plus loin », informa-t-il son amie en lui indiquant un coin.

Elle acquiesça puis le regarda s'éloigner. La jeune femme blonde avait beaucoup médité pendant deux jours au sujet de LA question à poser, qui serait déterminante sur son destin. À force des épreuves auxquelles elle avait fait face depuis plus d'un an, une seule question essentielle lui venait à l'esprit. Emma s'avança doucement vers l'animal en train de s'abreuver puis à un mètre de distance, celui-ci s'arrêta et se redressa pour l'observer. Elle déglutit puis déclara tout en avançant sa main vers la corne de la créature magique :

« -Chère Licorne, dis-moi… est-ce que Baelfire, le fils du ténébreux sera heureux en étant avec moi ? »

Au contact de la corne, une larme de tristesse coula sur sa joue. La licorne lui montra deux chemins à son interrogation. Deux destins différents. Une nouvelle et une familière.

Elle vit Baelfire marcher dans les bois en compagnie d'une jeune femme brune vêtue d'une robe bleue toute simple, lui tenant le bras. Ils se regardent et se sourient, complices. Dans un autre plan, Emma est promise à Gabriel, mais fut capturée par Albéric. La princesse se confronta alors au sorcier et elle sembla différente, vêtue d'une robe noire.

Puis il y a leur rencontre, ce qui s'est réellement passé. Ils s'aiment, mais leur amour est malmené, en proie à de constantes épreuves. Emma se voit alors de nouveau allongée comme dans sa vision, pâle comme la mort et vêtue de noir. Baelfire est à ses côtés, lui prend la main et il pleure. Elle n'avait jamais vu un chagrin aussi immense, elle ne l'avait jamais vu si impuissant.

Dans une de ces versions, il était plus heureux, mais le sort de la princesse était beaucoup plus grave. Dans les deux cas, elle était condamnée…

Emma se sépara de la licorne. Il se mit alors à pleuvoir et la licorne prit la fuite. La princesse mit sa capuche et se dirigea vers son ami d'un pas lent. En la voyant arrivée dans un état second, il s'alarma. Elle s'installa à côté de lui et ne dit rien. Il l'entoura d'un bras et tenta d'intercepter son regard.

« -Emma… Emma, qu'est-ce qu'il y a ?! » s'exclama-t-il, inquiet.

La vérité éclata aux yeux de son amie et bientôt son visage fut un torrent de larmes. C'était incontrôlable. Un cri du cœur. Spontanément, Pinocchio la serra fort contre lui et la berça longuement. Au bout de quelques minutes, il se dégagea et l'observa. La princesse regardait un point invisible face à elle et semblait torturée, les larmes toujours présentes. Elle savait que son destin était tout tracé, mais pas pour Baelfire. Il y avait encore une chance de l'épargner, lui qui a déjà tant souffert par le passé, avec son proche entourage. Elle ne voulait pas être la responsable de son malheur. Si elle mettait fin au mariage, le sort pourrait être différent et elle aurait un sursis. Emma devait se séparer de lui. Merlin avait eu raison. La licorne ne lui montra aucune solution pour vaincre Albéric et Cora directement, à part le fait qu'elle avait le choix de changer ce futur funeste aux côtés de Baelfire. Elle avait encore la possibilité de se rétracter et de changer son avenir.

« -Peut-on rentrer, s'il te plaît ? murmura-t-elle en le scrutant d'un air suppliant.

-Bien sûr, Emma… »

Sur ces mots, ils reprirent la route et récupérèrent leurs montures là où les deux amis les avaient laissés. Sur le chemin jusqu'au château, un silence s'installa, mais le fils de Geppetto ne put se résoudre à se taire davantage vu la gravité des choses. Emma avait appris une chose terrible et ne semblait ne plus savoir quoi faire. Du moins Pinocchio le pensait.

« -Emma, tu sais que tu peux compter sur moi, n'est-ce pas ? Je serais toujours là pour toi et quoique tu es pu voir, rien ne doit changer entre Bae et toi. Vous vous aimez. Crois-moi qu'on ne laissera pas Cora et Albéric gagner ! » s'écria-t-il pour se faire entendre face à la pluie torrentielle qui les entourait.

Elle lui adressa un sourire éteint.

« -Merci, Pinocchio. S'il te plaît… peut-on garder ce triste épisode pour nous deux et faire comme si tout c'était bien passé ? Je ne veux pas que mes parents se questionnent à notre arrivée, sachant qu'on était supposé aller voir le chapelier, répondit-elle assez fort pour qu'il la comprenne

-Oui. Cela restera entre nous »

Ils se regardèrent sans rien ajouter puis se concentrèrent de nouveau sur la route.


Le lendemain matin…

Après le petit déjeuner avec la famille d'Emma, cette dernière proposa à son fiancé une promenade au dehors du château. Sa dulcinée lui était apparue sérieuse. Hier, après son retour, Baelfire avait ressenti quelque chose d'étrange. La princesse semblait heureuse. Un grand sourire aux lèvres, elle parlait avec ses parents, riait des facéties de son petit frère et ne cessait jamais d'avoir un contact avec son compagnon. Un effleurement. Une caresse. Une main qui l'étreint. Elle qui se penche pour poser sa tête contre son épaule. Emma paraissait aux anges et libérée d'un poids inexpliqué. Son amoureux en était rassuré et en même temps, il se demandait s'il devait s'en inquiéter… Elle était étrangement plus démonstrative et tendre à son égard qu'à l'accoutumée. Il lui arrivait d'intercepter son regard qui en disait long sur tout l'amour qu'elle pouvait lui porter. Puis il y avait eu ce long baiser plein d'engouement pour lui dire « bonne nuit » et qui les laissa pantois. Baelfire se sentit alors heureux à son tour. Mais à présent, que le couple marchait à l'extérieur et dans un silence des plus complets, une anxiété soudaine étreignit le futur fauconnier.

« -Tu me parais bien silencieuse depuis que nous avons quitté la table de tes parents. Que se passe-t-il, Emma ? » questionna le fils du ténébreux.

La concernée marchait d'un bon pas aux côtés de son compagnon, en direction du chêne. Le lieu symbolique de leur rencontre.

« -Nous devons parler, Bae. C'est important », répondit-elle d'un air attristé.

Les yeux de son bien-aimé se posèrent sur elle. Le jeune homme brun y reconnut de la profonde tristesse. À peine arrivé au chêne, il l'arrêta et prit ses deux mains.

« -De quoi ? Qu'y a-t-il ? Tu sais que tu peux tout me dire, annonça-t-il pour la rassurer.

-Oui, je le sais, déclara Emma en le contemplant, mais se dégageant de l'emprise de ses mains.

-Emma… ?

-Bae… Le mariage est une erreur. Nous devons l'annuler, jugea-t-elle, la mine grave.

-Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit ?! L'annuler ? Une erreur ? Comment ça ? Je ne comprends pas, Em', répliqua Baelfire, le cœur battant.

-Cela ne peut pas fonctionner entre toi et moi. Je suis désolée… », souffla-t-elle avant d'éclater en pleurs face à lui.

Le cœur du jeune homme se serra et pendant un moment, il se figea. Une folle pensée lui vint en tête. La princesse avait su qu'il n'était pas fait pour elle, qu'il ne méritait pas son amour. Baelfire resta immobile, sans dire un mot alors que la jeune femme en face de lui, celle qu'il aimait de tout son cœur, avait décidé de mettre fin à leur relation. Elle pleurait, elle semblait inconsolable. Où était partie cette joie qu'elle manifestait hier ? Il réalisa alors que ce n'était qu'une mascarade. Emma avait déjà pris sa décision depuis un moment. Hier, le baiser n'était pas fougueux, mais un baiser d'urgence, de désespoir… d'adieu. Pourquoi si elle voulait se séparer de lui, sanglotait-elle à chaudes larmes devant lui ? Il était perdu. Ce dernier passa une main tremblante dans ses cheveux et scruta la triste blonde avec attention.

« -Il va falloir m'en dire plus et être plus convaincante, lâcha-t-il avec sérieux.

-J'ai vu l'avenir. C'est arrivé deux fois cette semaine. C'était la même chose. Ce n'était pas un bon présage, Bae…

-Albéric ne cherche qu'à te faire peur. La dernière fois, tu craignais le pire et… je suis venu à toi, je t'ai sauvé. Tu ne dois pas céder à ses menaces, s'exclama le fils de Rumple, contrarié.

-Ce n'est pas une de ses visions. Ce que j'essaye de te dire c'est que c'est moi qui l'ai eu. Je peux faire des rêves prémonitoires, ça fait partie de ma magie. Cela se produit à n'importe quelle heure de la journée et j'ai appris avec certitude que notre mariage ne nous rendra pas heureux, avoua la fille du véritable amour, en essuyant ses larmes d'une main fébrile.

-Parce qu'en l'annulant, tu crois que je le serais ? Tu… veux qu'on se quitte, comme ça. Juste pour une stupide vision ! Elle est où ta foi, Emma ? Toi, qui l'as toujours eu pour nous ?! On s'est promis de ne jamais laisser Cora et Albéric nous mettre des bâtons dans les roues, de lutter pour que le bien l'emporte, que notre amour l'emporte et tu veux revenir sur tes paroles ?

-Tu ne seras pas heureux avec moi, Baelfire. Tu le seras probablement avec une brune vêtue d'une robe bleue toute simple, les yeux chocolat et sentant une bonne odeur de prairie, souffla-t-elle avec difficulté.

-Quoi ?! Pourquoi… est-ce que tu es en train de décrire Maureen ? s'écria-t-il, effaré.

-Alors c'était Maureen… Oui, je suppose. Si tu ne m'avais pas rencontrée, tu serais avec elle à l'heure qu'il est et… tu semblais heureux. Ce qui ne sera pas le cas avec moi, affirma Emma, le cœur meurtri.

-Tu te trompes complètement, Emma. Moi et Maureen ? Je ne suis pas allé dans mon village depuis que j'en suis parti avec mon père. Il y a bien quatre ans de ça. On était juste des amis d'enfance. Il n'aurait jamais rien eu entre nous, avec ou sans toi, répliqua-t-il, énervé.

-Je sais ce que j'ai vu. Ce sourire… c'est le sourire d'un homme amoureux, se désola la princesse.

-Pourquoi partir sur un chemin si insensé qui n'a jamais existé! Emma, l'amour que je porte pour toi va bien au-delà de l'affection que je peux avoir pour Maureen ou une autre personne. Mes sentiments pour toi sont si forts… Notre amour a été si malmené à de nombreuses reprises et pourtant, nous en sommes sortis que plus unis. À chaque séparation nous souffrions mais à nos retrouvailles nous étions heureux. Qu'est-ce qu'il te faut de plus ?! N'est-ce pas suffisant pour toi ?

-Tout ce que je fais, c'est par amour. Le malheur. La souffrance. Tout ça, doit prendre fin.

-Non… Tu ne réalises pas Emma. Tu abandonnes. Tu abandonnes notre amour et tous nos projets. Tu m'abandonnes moi. Si notre relation prend fin maintenant, je ne serais plus jamais heureux. C'est ce que tu souhaites ?

-Je sais que tu pourrais passer à autre chose. Tu l'as déjà fait une fois, tu peux recommencer », répondit-elle, une larme glissant à nouveau sur sa joue.

Baelfire ferma les yeux et contint un gémissement douloureux. Ses yeux étaient à présent humides. Le cœur d'Emma se broya à cette vision.

« -Dis-moi… sois honnête avec moi… Pourquoi ? Pourquoi ne serais-je pas heureux avec toi ? » demanda Baelfire en contemplant Emma avec un déchirement.

En larmes, la jeune femme blonde inspira difficilement et repensa à son rêve. Au chagrin incommensurable de Baeflire quand il dut assister à l'enterrement de celle qu'il aimait. Emma ne pouvait pas lui dire. C'était trop cruel, horrible… Si elle lui disait l'exacte vérité, il ne pourrait jamais s'éloigner d'elle et le pire arrivera…

« -Bon sang, Emma ! Dis-moi la vérité ! » s'écria-t-il en la secouant avec colère.

Elle sursauta de peur face à sa véhémence. L'homme qu'elle aimait avait le cœur complètement brisé.

« -L'un de nous va mourir le jour du mariage », clama-t-elle d'un ton neutre.

Cet aveu fut l'effet d'une bombe pour son compagnon. Il la libéra et s'écarta d'un air fébrile. Le fils du ténébreux jeta un regard sur ses mains.

« -Non… non… non, ça n'arrivera pas, Emma. Je le sais ! C'est impossible ! » cria-t-il comme une litanie en pensant à l'objet en sa possession.

Il la regarda et vit de la souffrance dans les yeux de sa belle. Alors quelque chose se fissura en lui. Animé par la colère et la peine, il abattit ses poings contre le chêne. Encore, encore et encore sous les yeux effrayés d'Emma. Elle intervint et essaya d'interrompre les coups que l'homme de son cœur portait à ce chêne innocent. De l'écorce avait fini par s'effriter et se casser. Les phalanges de Bae étaient ensanglantées et violacées.

« -Baelfire, ça suffit ! Arrête ! » s'exclama la princesse en tirant sur son bras et le stoppant dans son action.

Ce dernier avait tellement mal. L'un d'eux allait mourir et il était clairement évident qu'Emma ne lui dirait jamais qui c'était, parce au final l'un d'entre eux vivra dans le chagrin. Il ne pouvait pas le supporter. Albéric et Cora ne devaient pas gagner… Emma et lui ne méritaient-ils par d'être heureux ? C'était impossible ? Non, il ne pouvait pas la laisser partir. Elle était tout ce qu'il lui manquait dans sa vie…

« -Emma… Je sais que c'est égoïste, mais je ne peux pas… m'éloigner de toi. Je sais que ce serait aussi pire que si je te perdais définitivement, confia le futur fauconnier d'un air malheureux.

-Baelfire… l'avenir peut changer si tu fais ça, comme moi, pour notre bien à tous les deux.

-Emma…

-Va-t'en ! s'écria-t-elle avec colère, en reculant et évitant tout contact.

-NON ! On est maître de notre destin, Emma. Ce ne sont pas des visions qui nous définissent !

-Et nous ne pouvons pas toujours gagner non plus ! »

Il blêmit.

« -Emma, si tu annules… si tu abandonnes, si on ne se bat pas pour changer tout ça, je t'en voudrais. Je ne te le pardonnerais jamais. Tu m'entends ! JAMAIS ! Et j'en viendrais à un point où je te maudirais de m'avoir pris mon cœur, pire d'avoir eu le malheur de croiser ton chemin ! »

Sur ces mots cinglants et terribles, il ne put en supporter davantage et partit, sans un regard vers elle. La princesse le fixa, les yeux brouillés de larmes et serrant ses deux mains tremblantes contre elle. Elle avait réussi. Bae était démuni et avait pris le large. Elle devait tenir bon. Y arrivera-t-elle ? C'était si dur… Elle n'oublierait jamais ces derniers mots…


Cinq jours plus tard…

Emma n'avait pas encore eu le courage de dire la vérité à son entourage. Elle se sentait mal, au bord de la nausée. Elle se sentait faible et n'avait plus envie de rien. La princesse avait peut-être décidé d'annuler le mariage pour préserver Baelfire, mais elle souffrait de son absence et de ses mots. Il pourrait finir par la détester, si ce n'est la haïr, si elle rendait tout ça officiel. C'est pourquoi elle n'avait pas franchi le pas. La princesse avait trop peur des conséquences de ses actes. Elle était tiraillée. Tout a un prix…

Quelqu'un toqua à la porte.

« -Je ne veux voir personne ! » lança Emma assez fort, assise par terre près de son bureau.

Sa famille pensait seulement qu'elle s'était disputée avec son fiancé. Si encore ce n'était que ça… Et tous ses idiots de professionnels ou de domestiques qui lui demandaient quand monsieur Baelfire allait revenir ! Elle prit un vase qui se trouvait là sur le meuble et le lança à travers la pièce. Il s'écrasa contre le mur et éclata en mille morceaux. La porte s'ouvrit alors et Léo apparut, l'air affolé.

« -Emma ! Tu vas bien ? Qu'est-ce qui se passe ? l'interrogea-t-il, soucieux.

-Ah, l'éternelle question ! songea-t-elle avec amertume.

-Je ne suis pas blessée. J'étais juste contrariée…, le tranquillisa-t-elle.

-… À cause de Bae », murmura-t-il d'un air chagriné.

Ce n'était bien sûr pas une question. Son frère était très observateur. Il s'installa à côté d'elle et ne bougea plus.

« -Papa et maman cherchent à contacter Baelfire. Tu le sais ?

-Quoi ? Ils n'ont pas fait ça ?

-Bah si, mais apparemment il n'est jamais retourné chez son père, le ténébreux, l'informa son jeune frère, inquiet.

-Il est probablement chez des amis…, murmura-t-elle pour elle-même, espérant qu'il allait bien.

-Peut-être… Il me manque. On faisait du cheval ensemble de temps en temps puis il m'apprenait à monter aux arbres. C'était chouette. Sans lui, tout est devenu triste. C'est comme avant. Il y avait comme une absence dans notre vie. Pourquoi est-il parti, Emma ? Une dispute ne dure pas autant de jours…, certifia l'enfant loin d'être bête.

-Nous nous sommes dit des choses très difficiles. Je lui ai demandé de partir pour le protéger, se contenta de dire sa sœur aînée.

-D'accord, mais qui te protègera, toi ?

-Je peux me défendre toute seule ! J'ai ma magie…

-Oui, mais depuis qu'il est parti, tu ne pratiques plus. Tu ne sors plus. Tu es faible. Comme si toute ta force s'était évaporée… C'est ton moral qui fait ça, la coupa le jeune prince avec sérieux.

-Tu vois trop souvent Jiminy, répliqua Emma d'un ton ironique à son frère.

-Il est de bons conseils. C'est étrange que tu n'aies pas sollicité Merlin ou lui. Je pense que ça te ferait du bien de parler à un adul…

-Non, il n'y a rien à dire. J'avais juste un choix à faire, coupa Emma, d'un air contrarié.

-Et c'est quoi ce choix si ce n'est pas indiscret ?

-Tu es trop jeune pour… », commença-t-elle à dire tout en scrutant Léo.

Ce dernier la regardait d'un air interdit, voire sceptique.

« -Je ne suis plus un bébé, Emma.

-Je sais... Je ne voulais pas être méchante.

-Tes excuses seront acceptées quand tu m'auras expliqué la situation.

-Déjà intraitable à neuf ans. Tu seras dur en affaires! » capitula-t-elle, de mauvaise grâce.

Léo se mit alors à sourire malicieusement.

« -Eh bien, j'ai le choix entre annuler le mariage et perdre pour toujours Bae, mais c'est l'unique moyen de le protéger ou bien laisser le mariage se produire et rendre malheureux plein de gens, confessa-t-elle.

-Quel malheur ?

-Baelfire et moi, l'un de nous va mourir. Je l'ai vu dans ma vision.

-Qui ? Qui va mourir ?! s'écria Léo, angoissé.

-Hey ! Ça n'arrivera pas si je tiens Baelfire éloigner, si je me sépare de lui, que j'annule notre mariage.

-Mais c'est trop injuste ! Cela veut dire que Cora et l'autre type vont réussir d'une certaine façon. Non, ce n'est pas possible… Le bien perd. Le bien perd toujours parce qu'on joue franc jeu. Le mal ne le fait pas. Emma, tu ne devrais pas suivre ta vision… Peut-être que les conséquences seraient différentes, mais elles pourraient être pires et tu ne seras pas préparer à ça. Ni toi, ni Bae, ni qui que ce soit.

-Léo… on ne peut pas s'appuyer sur nos ressentis quand on fait face à un futur si douloureux.

-Mais réfléchis, c'est censé. Parfois les illusions sont mieux que la vérité. Tu devrais t'accrocher à celui que tu aimes. Sans lui, tu es malheureuse et tu ne peux rien faire. Tu n'as plus de motivation. C'est comme si tu te condamnais toi-même. Tu l'aimes et il t'aime. Vous vous complétez. Ce n'est pas ce que tu m'avais dit une fois ? Qu'il était ta force ? Elle est partie avec lui. Aie l'espoir… En vous regardant, j'ai toujours eu l'impression que tout était possible.

-Oh, Léo… J'ai peur. Je redoute ce moment.

-Tu préfères quoi : que vous mouriez tous les deux, chacun de votre côté, complètement seul, ou préfèrerais-tu être avec lui jusqu'au bout, quoiqu'il arrive ? Moi si un jour, je devais mourir, j'aimerai être entouré de tous les gens que j'aime. C'est logique, non ?

-Oui, admit-elle et les larmes glissèrent sur ses joues.

-Grande sœur, tu n'es pas n'importe qui. Tu es une princesse, la fille du véritable amour et tu as de grands pouvoirs. Quant à Baelfire, c'est le fils du ténébreux et il est très intelligent. Vous avez prouvé à beaucoup de monde que votre amour était plus fort que tout. Cela ne devrait pas changer pour une vision, même si elle s'avère vraie et réalisable. Ce n'est qu'un obstacle de plus. Je suis sûr que vous arriverez à la contourner. Puis tu sais… croire encore à la possibilité d'une fin heureuse est une chose très puissante, assura Léo en essuyant du dos de sa petite main les larmes sur la joue gauche de sa soeur.

-Je ne te savais pas aussi réfléchi et aussi sage, petit frère. Tu es plein de surprises…, répondit-elle avec un sourire penaud.

-Il m'arrive d'être sérieux, mais n'en fais pas tout une montagne, je suis toujours un enfant. Je compte bien le reste encore un moment ! » décréta-t-il.

Emma rit faiblement à sa remarque puis Léo eut un pli soucieux au front.

« -Néanmoins, même si je suis jeune, j'aimerai beaucoup que tu prennes en considération ce que je t'ai dit. Je veux que Bae revienne, que vous soyez de nouveau ensemble. Il est comme un grand frère pour moi. Je ne veux pas le perdre. Tu es vraiment sûr que tu serais prête à faire ce sacrifice et à tout remettre en question à l'avenir ?

-Non, j'étais déjà incertaine… Mais le fait de parler de tout ça avec toi m'a fait réaliser une chose. C'est que quelqu'un d'averti en vaut deux. Bae et moi, nous savons à quoi nous attendre le jour J, même si j'en sais un peu plus que lui. J'ai juste peur que quoi qu'on fasse, nous soyons de nouveau séparés, et ce, pour toujours.

-Vous savez que le danger sera là le jour de la cérémonie. Je pense que tout le monde est d'accord là-dessus. Il suffit de prévoir toutes les possibilités. Prévoir une sécurité n'est peut-être pas suffisante. Ni lui ni toi, vous ne deviez vous retrouver seuls ce jour-là, par n'importe quel moyen.

-Cela paraît si simple…

-Vous pouvez faire à l'instinct. Parfois il n'y a rien de mieux que ça pour survivre. Puis il y a la magie… votre amour… et tous ceux qui sont derrière vous pour vous soutenir », ajouta Léo, pensif.

Emma avait encore des incertitudes en tête, mais elle était d'accord sur une chose avec son frère, et même avec Bae, cette séparation ne ferait qu'empirer les choses. Elle aimerait aussi l'avoir à ses côtés jusqu'à son dernier souffle, ce qui sera probablement le cas. Néanmoins, le temps était immuable et précieux. Il ne devait pas être gâché. Emma devait profiter de cette occasion pour profiter davantage de la vie avec la personne qu'elle aimait. Vivre chaque jour comme si c'était le dernier. Au fond, personne n'était à l'abri du danger, de la mort. De plus, cela ne faisait-il pas partie de leur futur engagement solennel ? Pour le meilleur et pour le pire… Jusqu'à ce que la mort les sépare… ?

« -Que vas-tu faire alors ? s'enquit le jeune prince, préoccupé.

-Je ne sais pas encore… Mais je promets de parler à Baelfire. Tout ce que j'espère c'est qu'il voudra bien me pardonner mon égarement... », avoua la princesse en scrutant son frère avec anxiété.


Au même moment, l'amoureux au cœur blessé fit une apparition au Dark Castle. Étoile l'accompagnait. Il enleva ses gants et les rangea. Ses mains étaient recouvertes de bandages. Sans se faire annoncer, il se dirigea vers le laboratoire de son père et il tomba sur ce dernier en train de tisser.

« -Bae ? Tu vas bien ?! s'enquit-il en se redressant et lui tenant les épaules.

-Oui, en pleine forme. Pourquoi ? ironisa-t-il tout en se détachant de lui et se dirigeant vers l'armoire à potions.

-Il y a trois jours, le Roi et la Reine ont envoyé un message au château. Ils semblaient te chercher. Ils voulaient s'assurer que tu allais bien et savoir si tu reviendrais…

-Ça, ça ne dépend pas de moi.

-Comment ça ? Oh, tu t'es disputé avec Emma…

-Et pas qu'un peu. Elle m'a demandé de partir, pour me protéger. Elle a décidé d'annuler le mariage… », informa-t-il son père tout en scrutant la petite table à côté du rouet.

Il y avait une chaise, un service à thé et deux tasses fumantes.

« -Excuse-moi, Papa… je te dérange au milieu de quelque chose ? lança Baelfire, perplexe.

-Oh, non… pas du tout ! l'apaisa son père, embarrassé.

- C'est une sacrée cuisine! J'en découvre tous les jours un peu plus sur ce château », fit une voix chantante qui interpella le père et le fils.

La personne à la douce voix suivie par une autre ombre remarqua alors la présence de Baelfire.

« -Bae ! Heureusement, tu n'as rien », s'écria Belle en allant étreindre le jeune homme.

Ce dernier devint alors nerveux, et regarda par delà son épaule, le serviteur au pas de la porte.

« -On s'est inquiété pour toi. Pourquoi n'as-tu pas donné de nouvelles ? Où étais-tu ? le bombarda déjà sa future belle-mère d'un air maternel tout en s'écartant de lui.

-Euh… j'ai été chez Manny. La trappeuse. Le reste… une longue histoire. Mais question plus importante… nous avons un nouveau membre dans la famille ? » s'enquit le fils du ténébreux en scrutant son père d'un air surpris.

Le dévisagé fit les présentations.

« -Enchanté, maître Baelfire. Je suis Lumière. Votre père a accepté de me prendre pour domestique, en échange de sa protection, du couvert et d'un toit où dormir. C'est un honneur de servir votre famille, annonça Lawrence avec une révérence.

-Mmh… tu es bien le premier à penser ça. Tu t'assagis, Papa. Ravi de te connaître. Lumière, hein ? Original, répondit le jeune homme brun d'un air songeur.

-Merci…

-Bon, je ne vais pas rester… je dois juste t'emprunter une potion, Papa, déclara son fils avec sérieux.

-Une potion ? Depuis quand tu as besoin de la magie ? C'est pour en faire quoi ? demanda Rumple, en fronçant des sourcils.

-S'il te plaît… Je n'en peux plus. J'ai besoin d'oublier, sinon je ne tiendrai pas. L'amour est pire que tout… j'aimerai un remède magique, exprima-t-il avec peine.

-Non ! Pas la potion du cœur brisé. Blanche-Neige en a fait les frais, elle y avait perdu son âme, prévint-il.

-Je n'ai plus rien à perdre ! »

Belle et Lumière assistèrent à la scène, sans dire un mot. Du moins, le serviteur n'intervint pas…

« -Qu'est-ce qui se passe ? interrogea Belle à Rumplestiltskin, d'un air alarmé.

-Emma a décidé d'annuler le mariage. C'est la raison de sa disparition. Cela s'est très mal passé entre eux, confia-t-il.

-Quoi ?! Mais, le mariage n'a jamais été annulé. Emma n'a prévenu personne à ce sujet, sinon j'en aurais entendu parler…

-Que dis-tu ? Emma n'a rien fait ? demanda Bae, le cœur battant.

-Non… nous savons juste que vous avez eu une dispute, mais rien de bien radical. Cependant, la princesse ne fait plus d'apparition et reste cloîtrer dans ses appartements. Pourquoi… vous êtes-vous disputés ?

-Cela n'a pu d'importance… Ça fait cinq jours. Elle ne m'a pas contacté et pourtant, elle aurait changé d'avis? Je dois aller la retrouver. Je dois aller la rassurer et… bon sang, je dois aussi m'excuser », affirma-t-il avec inquiétude, en revivant leur dernier échange.

Il remit ses gants et quitta la pièce rapidement, occultant au passage les personnes présentes dans la pièce.

« -Eh bien…, se contenta de répondre le ténébreux, ne sachant pas quoi penser de l'attitude de son fils.

-Ils vont se réconcilier. Tout va rentrer dans l'ordre, Rumple », souffla Belle, soulagée.

Il hocha la tête avec un petit sourire.


Royaume de Blanche-Neige - Deux heures plus tard…

Ayant laissé Samson sous bonne garde dans les écuries royales, Baelfire contourna le château sans perdre de temps afin d'avoir une vue sur le balcon de sa princesse. C'était extrêmement haut. Envisagerait-il de l'escalader ? Il sortit la tige en ferraille et appela son faucon pèlerin en tendant son bras ganté. En l'espace de quelques secondes, l'animal y était posé. Le futur fauconnier donna alors à son oiseau quelques fleurs sauvages dans le bec et lui murmura quelques mots. L'instant d'après, il donna de l'élan au faucon pour prendre son envol. Emma était de nouveau seule dans sa chambre. Léo avait préféré laisser sa sœur tranquille après leur discussion à cœurs ouverts. Distraitement, elle touchait son médaillon tout en lisant un livre dans son lit. C'est alors qu'elle entendit un piaillement. La princesse blonde releva la tête et s'interrogea, puis elle entendit des petits coups à la porte vitrée du balcon. Elle reconnut Étoile. Elle se redressa vivement. S'il était ici, c'est que Bae aussi… non ? La fille du véritable amour ouvrit la porte et se dirigea vers la rambarde du balcon. Des fleurs de prairies dans les tons rouge, jaunes et orange étaient posées dessus. Elle les prit et les contempla avec tristesse avant de chercher le destinateur du regard. Emma s'appuya sur la rambarde, se pencha légèrement et le vit. Il la scrutait avec appréhension puis baissa la tête, tout en passant une main nerveuse dans ses cheveux bruns rebelles. Il l'avait froissé, il avait été dur… trop même. Tout ce qu'elle voulait c'était les protéger d'un mal à venir. Elle n'avait pas agi ainsi par plaisir. Baelfire devait lui montrer qu'il l'aimait toujours et que ça ne changerait jamais. Que tous les deux, ils étaient faits l'un pour l'autre. Qu'il y ait des visions, qu'il y ait n'importe qui ou quoi en travers de leur passage… Il riva de nouveau ses yeux marron sur ceux émeraude de sa dulcinée et serra ses deux mains avant de se lancer dans une déclaration des plus inattendus :

« -Je t'aime un peu trop,

Pour vivre sans que tu m'aimes aussi.

Je t'aime un peu trop,

Je t'aime tellement que c'est pour la vie.

Et sur ton balcon,

Tu écoutes cette chanson,

C'est le plus beau des sentiments, car je t'aime… vraiment » commença-t-il à chanter tout en l'observant.

Emma eut les larmes aux yeux. Il était revenu.

« - Je vis pour ta peau,

Je rêve de tes charmes nuit après nuit.

Je t'aime un peu trop,

C'est le sentiment qui éclaire ma vie.

Je te demande pardon,

Si cette chanson,

Te parle de mes sentiments, mais je t'aime vraiment… »

Elle serra le petit bouquet contre elle et lui sourit tendrement. Il l'aimait toujours, elle ne rêvait pas ! Aucune haine, aucune colère sur son visage… juste de la dévotion.

« -Le ciel est témoin que j'ai prié,

Pour qu'enfin tu sois près de moi.

Car sans toi plus rien ne peut compter,

Ton amour mérite tous les combats !

Je t'aime… un peu trop !

Je t'aime un peu trop,

Je t'aime tellement que c'est pour la vie… », assura-t-il en plaquant une main sur son cœur.

Les larmes brouillèrent la vue d'Emma. Elle les essuya avec maladresse et rit à travers ses larmes. Il lui faisait la plus belle des déclarations… en chantant.

« -… Tu es mon âme sœur,

Je t'ai dans mon cœur.

C'est le plus beau des sentiments qui m'enchaîne,

C'est le plus doux de mes tourments, car je t'aime,

Ce serait le plus beau des moments si tu m'aimais… autant… », finit-il de chanter.

Le fils du ténébreux avait besoin d'être auprès d'elle, c'en était vital. Sa chanson toucha le cœur de sa belle et sans attendre plus longtemps, il décida de passer par le chemin le plus court, mais aussi le plus périlleux. Il y avait très peu de prises, mais il s'en moquait. Rien ne l'arrêterait. Voyant la détermination de son compagnon de la retrouver, elle paniqua quand ce dernier se mit à gravir la forteresse. Il manqua un point d'attache et avant même qu'il ne puisse chuter, Emma utilisa sa magie pour le protéger et l'amena elle-même à elle. Baelfire regarda la hauteur d'un air inquiet, à présent transporté par un flux magique avant d'arriver au balcon de la princesse. Il prit appui sur la rambarde.

« -Je suis fou. C'était impossible à réaliser », marmonna-t-il, franchement dépité.

À peine avait-il dit ses mots que sa princesse se jeta dans ses bras et le serra contre elle.

« -C'est le geste qui compte… », le rassura-t-elle à l'oreille avant de se redresser et de le regarder dans les yeux.

Il lui adressa un faible sourire puis posa ses deux mains en coupe sur son visage.

« -Pardonne-moi…, murmura-t-il, tristement.

-Non, c'est à moi de m'excuser. Je nous ai abandonnés. Je n'aurais jamais du… Toi et moi, on doit affronter ça ensemble, qu'importe les conséquences. Les choses pourraient être pires si nous étions séparés…

-Ma princesse… ce que je t'ai dit était horrible, surtout la fin. C'était la colère et le chagrin qui parlaient… Tu sais à quel point je t'aime… Aujourd'hui j'ai été à deux doigts de commettre l'irréparable parce que c'était trop douloureux à vivre… si Belle ne m'avait pas dit que tu n'avais rien annoncé à tes parents, je ne serais pas là en ce moment.

-Que voulais-tu faire ? demanda-t-elle, en écarquillant les yeux avec effroi.

-T'oublier… J'ai failli t'oublier. Bon sang… pardonne-moi Em'… J'ai fini par douter aussi, par me dire que si on avait fait face à tous ces évènements, ce n'était pas anodin. On nous a envoyé un signe. Le ciel, le cosmos, la nature, le destin, qui que ce soit, en a après nous. Peut-être que ce que nous sommes, ce qui nous représente, nous oppose quoiqu'on dise, quoi qu'on fasse. Comme deux aimants…, avoua Baelfire en larmes, en lui touchant les joues avec une profonde tendresse.

-Ne dis pas ça… Pas alors que je veux retrouver l'espoir. J'ai rêvé que l'espoir disparaîtrait. Bae, ça ne doit jamais arriver. J'ai besoin de toi, tu m'entends…, s'écria la princesse en prenant le visage de son bien-aimé à son tour.

-Oui... Je ne m'en vais plus nulle part. C'est ici qu'est ma place, près de toi, apaisa-t-il en posant son front contre le sien et tentant de retrouver son calme.

-J'aurais dû te retrouver, j'aurais dû te parler de mes incertitudes. Je n'osais pas l'annoncer parce que je pense que je n'aurais pas supporté que tu me détestes. Tu es tout pour moi. Cela m'a tant coûté de t'avoir dit ça et j'ai d'autant peur pour après, parce que moi aussi je veux te garder. Je ne veux pas te perdre. Ces cinq jours ont été les plus malheureux, les plus déprimants, les plus angoissants de toute ma vie.

-Je suis désolé… Je sais, je sais… Moi aussi, murmura-t-il tout en caressant d'une main la chevelure blonde de sa fiancée.

-J'ai peur, Bae…

-Moi aussi, Em'… mais on va tout tenter. Faire face à nos plus grandes peurs révèle notre vrai courage.

-Oui…

-Je veux croire qu'on puisse avoir notre fin heureuse, qu'on puisse sauver l'espoir. Tu es la fille du véritable amour. Ton destin c'est de préserver les fins heureuses, déclara-t-il avec sérieux.

-Tu le penses vraiment ? lança-t-elle, émue par ses propos.

-Oui… Emma, Albéric est toujours vivant. Je le sens dans mes veines. Il va essayer de te trouver le jour du mariage alors…

-…nous allons devoir nous assurer que je ne sois pas seule et toi non plus, coupa la princesse.

-Oui, mais pas seulement… » alerta-t-il avant de lui dire quelque chose dans l'oreille.

Après cette confidence, elle acquiesça et Baelfire l'embrassa avec passion. Geste que sa princesse ne tarda pas à réitérer. Le couple allait profiter de chaque jour comme si c'était le dernier et espérait du plus profond de leur cœur qu'il avait une chance d'éviter la vision macabre de leur mariage.

A suivre...

Que peut-être cet objet si mystérieux que Baelfire a à présent en sa possession?