Voici la troisième et dernière partie du chapitre 20 d'Amour impossible. The END. The final! Préparez les mouchoirs! Beaucoup de drama! ^^ Il y a une allusion à une chanson très actuelle mais j'étais OBLIGÉE de la mentionner pour notre SF :3. Normal, quoi! :P Eh OH! Il y a une scène M dans cette partie :P.

Merci merci infiniment Lily pour la correction et ton soutien *hug*. J'avoue que je fais pas mal de référence à Harry Potter, Star Wars et le seigneur des anneaux sans en avoir conscience xD. Merci pour les bons fous rires encore une fois! Quant à mes lecteurs fidèles, je vous souhaite une très bonne lecture! J'ai hâte de lire vos réactions :).


Quinze jours plus tard…

Emma buvait un thé et observait avec tendresse son amoureux et son petit frère en train de chahuter comme des enfants dans le jardin. Il était certain que Baelfire ferait un bon père. Elle se mit à rougir à cette pensée puis finit son breuvage. C'est alors que son compagnon profita d'avoir mis à terre Léo pour rejoindre sa belle avec un sourire craquant. Avant même qu'elle ne dise un mot, il l'enlaça et l'embrassa follement. Cet élan passionné réveilla de nombreux désirs… Elle était au trente-sixième dessous quand il interrompit le baiser et qu'il la contempla. Le futur fauconnier rit doucement et caressa la joue veloutée de sa bien-aimée avec son nez. Soudain, un cri perçant les interpella. Baelfire leva la tête vers le ciel et intercepta son faucon pèlerin. Il avait reçu un message.

« -Enfin une réponse du joaillier », informa son compagnon en répondant à la question muette de sa moitié.

Il lut la missive avec sérieux puis la rangea dans la poche de son pantalon.

« -Tout est réglé, répondit-il.

-D'accord…, souffla-t-elle, rassurée.

-Bae, tu veux bien me montrer comment parer quand quelqu'un nous bloque ? s'enquit Léo en époussetant ses cheveux pleins de poussières.

-Bien sûr…, lui assura le concerné avant de poser les yeux sur sa fiancée.

-On a un maître d'armes, répondit-elle d'un air amusé.

-Je sais. C'est ce que je lui ai dit, mais apparemment… il est comme sa sœur. Il ne peut pas se passer de moi, lâcha-t-il avec humour.

-Ahah !

-C'est plus drôle avec toi ! confirma le jeune prince.

-Tu vois ? » clama le fils du ténébreux avec un petit sourire.

Emma sourit puis pensa à ce bout de papier dans sa poche et à la finalité : le mariage. Une pensée sombre vint alors obscurcir son joli visage.

« -Hey… Je t'aime », chuchota Bae en se penchant vers elle pour être la seule à l'entendre.

Il savait si bien capter son attention… La princesse se noya dans ses yeux bruns débordant de douceur et d'amour.

« -Je t'aime, Bae… », souffla-t-elle, gardant son regard ancré au sien.

Son compagnon caressa du bout des doigts sa joue puis l'embrassa une nouvelle fois, mais avec plus de lenteur. C'était leur mantra à tous les deux quand la peur resurgissait et bien sûr, à chaque fois, ça fonctionnait. Le réconfort, la certitude de ses mots étaient un bien puissant remède. Baelfire se détacha ensuite puis après un dernier regard tendre pour sa belle, il alla poursuivre son enseignement avec Léo.


Au royaume de Blanche-Neige – la veille au soir du mariage…

Toute la journée s'était passée dans l'effervescence. Déjà quelques invités à la cérémonie du lendemain étaient arrivés au château, dont la famille Hood et la famille d'Elsa qui venait de loin. Mais les amoureux avaient expressément tenu à leur présence. La préparation du repas gargantuesque avait déjà commencé à l'aube et prendrait fin lors du fameux repas tant attendu. Ce même jour, Emma et Baelfire n'avaient pu se voir. Il était dans la tradition de ne pas se voir la veille du mariage, jusqu'au moment de l'entrée de la mariée dans la chapelle. Il lui manquait cruellement. Elle aurait voulu le voir juste pour qu'il calme ses peurs sur le jour J. Pas sur le fait de s'engager avec lui, mais par rapport à cette épée de Damoclès que le couple savait au-dessus de leurs têtes. Son fiancé était avec Graham et dormait chez lui cette nuit. Il n'était pas vraiment loin d'elle, mais ce n'était pas pareil.

« -Ne t'inquiète pas, Emma. C'est le dernier jour où tu dormiras seule… », songea-t-elle avant de pâlir, pensant à sa mort.

Elle tourna comme un lion en cage dans sa chambre, ne trouvant pas le sommeil. Maintenant il était bien proche de minuit. Il y avait de grandes chances qu'elle se retrouve avec des cernes le lendemain… Soudain, un sifflement et un bruit sourd se firent entendre à son balcon. La princesse remarqua alors un grappin et du mouvement provenant de la corde. Qui était-ce ? Albéric ? Elle sortit son poignard de sous sa chemise en dentelle blanche et ouvrit la porte. Elle attendit quelques minutes et dès qu'une silhouette apparut, elle brandit son arme jusqu'à ce qu'elle intercepta son regard. C'était Baelfire. Emma baissa le poignard et le scruta avec surprise. Que faisait-il ici ? Ce dernier enjamba la rambarde, enleva le grappin et le rangea dans un sac avant de la contempler.

« -Je t'ai manqué ? questionna-t-il avec un petit sourire craquant.

-Je… Que fais-tu ici ? Je pensais qu'on se verrait demain à la chapelle. Et cette histoire de tradition ?

-Je ne t'ai pas vu de la journée… Je n'ai rien fait aujourd'hui avec Graham. Je suis très peu sorti parce qu'avec cette tradition à la noix, je devais éviter de te voir. Tout ça parce que ça porte malheur. Je pense que ce ne sont que des superstitions… On sait à quoi s'en tenir, chance ou pas, avec tout ce qu'on a vécu. Cela ne va pas nous empêcher de vivre pleinement. Ça a été long, Em'… J'avais besoin de te voir. On était parti sur le fait que chaque jour pouvait être le dernier et ne pas t'avoir vu aujourd'hui m'a rendu malheureux, confessa son amoureux avec sincérité.

-Moi aussi… »

Le futur fauconnier réduisit la distance qui les séparait tous les deux et ils s'embrassèrent avec fougue.

« -Rentrons… Il ne fait pas chaud », déclara-t-elle contre les lèvres de Bae et s'écartant légèrement.

Il lui prit la main, acquiesça et la suivit à l'intérieur de ses appartements. Emma ferma la porte fenêtre et rangea le poignard dans un tiroir de son bureau puis se dirigea vers le lit.

« -J'ai beaucoup pensé à toi aujourd'hui… J'étais assez distraite et préoccupée à cause de demain. Avant même que tu n'arrives, je souhaitais que tu sois là avec moi. J'avais besoin de toi, de ton réconfort, admit-elle avec sérieux tout en s'asseyant sur le bord de son lit et l'y entraînant aussi.

-J'ai bien fait de quitter discrètement la maison de Graham avec le nécessaire pour te voir. Son loup même accepte nos retrouvailles. Il n'a pas averti son maître, s'amusa Baelfire avec tendresse.

-Heureusement, sinon je n'aurais pas trouvé le sommeil, admit la princesse blonde en étreignant davantage sa main.

-Moi aussi… »

Ils se dévisagèrent alors silencieusement. Au bout de quelques minutes, Baelfire le brisa, une main nerveuse dans ses cheveux bruns.

« -Il suffit que je te voie, que je te parle pour que la peur s'en aille. Je t'aime tellement Emma. Je prie le ciel… demain, nous serons mariés… enfin dans quelques heures maintenant. Il doit être déjà minuit…

-Oui… je t'aime aussi, souffla-t-elle d'une voix attendrie et le cœur battant.

-Emma… ?

-Oui ? »

Son fiancé se releva, déglutit et prit une inspiration avant de faire un aveu, qui sera décisif pour l'après.

« -Je… Je ne suis pas venu que dans l'objectif de te voir et de te parler. C'était un prétexte par rapport à ma vraie motivation… de ce soir, murmura-t-il d'un ton troublé.

-Vraiment ? Quelle est cette intention ? demanda sa princesse, intriguée.

-Quelque chose… qu'on a toujours souhaité réaliser, mais qu'on ne pouvait pas. JE ne voulais pas… par rapport à ton père… », commença-t-il à avouer.

Quand Emma comprit le sens de ses paroles, le rouge lui monta aux joues.

« -Tu as fait une promesse à mon père… Pourquoi reviens-tu dessus, ce soir ? questionna la jeune femme blonde, en se mordant les lèvres.

-Je lui ai promis d'attendre jusqu'au jour du mariage. Je n'ai pas dit si ce serait avant ou après nos vœux, confia-t-il.

-Oh, bon sang ! Il est déjà minuit passé. On est déjà demain, le jour de notre mariage… », réalisa sa belle, ébahie par ce retournement de situation.

-Je pourrais encore attendre quelques heures ma princesse…

-Non, non, Bae !

-Laisse-moi terminer ! » lâcha-t-il en riant et l'attirant à lui, partageant son envie.

Emma s'écrasa sur le torse de son fiancé, le cœur battant et le souffle coupé. Il la regarda avec un profond désir. L'atmosphère se chargea alors d'électricité.

« -… Mais honnêtement, j'ai été assez patient pour deux. Je ne serais pas un ange. Pas ce soir. Au diable, les convenances ! » décréta-t-il avant de se jeter avec passion sur la bouche d'Emma.

Cette dernière laissa échapper un hoquet de surprise puis un soupir de contentement face au relâchement de son bien-aimé et répondit à son baiser enflammé. Les mains de la princesse se frayèrent un chemin dans la crinière brune de son fiancé tandis que ce dernier la serra étroitement contre lui. Il écourta le baiser et scruta sa princesse avec attention.

« -Tu… Tu serais prête à…, marmonna-t-il moins brusque, soudain indécis.

-Oui, oui… fais-moi l'amour Bae…, souffla-t-elle en tirant sur ses cheveux pour le ramener à elle et l'embrasser de nouveau avec ardeur.

-Tu me rends fou », répondit-il d'une voix rauque, capitulant complètement.

Il posa ses mains en coupe sur le visage de la jeune fille et la parsema de petits baisers sur la joue, le nez, le coin des lèvres, sa bouche puis descendit vers le sud, le cou, la nuque et les épaules. Emma lâcha un faible gémissement et trembla légèrement sous le coup de l'émotion grandissante. Jamais ils n'avaient encore partagé une telle intimité. Il s'écarta légèrement, le souffle court et vint s'asseoir au bord du lit, l'amenant doucement à s'installer sur ces genoux, à califourchon. La jeune femme se mit à rougir face à tant de promiscuité. Encore quelque chose de nouveau. Les bras de son compagnon entourèrent sa taille fine et le couple se regardèrent dans les yeux. Leurs fronts se touchèrent et le souffle tremblant, ils se caressèrent avec dévotion, réapprenant à s'apprivoiser.

« -Ce sera notre secret…, murmura Baelfire en reprenant avec tendresse les lèvres de sa fiancée, sans jamais cesser de caresser son corps parfait.

-Oui…notre secret, bredouilla-t-elle en l'embrassant avec ferveur.

-Je t'aime, Em'… »

Il plongea son visage dans le creux du cou de sa princesse et y déposa des baisers brûlants. Emma s'agrippa à lui, appréciant ce contact des plus sensuels. Puis il se redressa lentement et avec une intention muette, il effleura d'une main les lacets de soie blanche retenant sa chemise en dentelle. Elle acquiesça de la tête, quelque peu étourdie et observa l'homme qu'elle aimait défaire le seul vêtement qu'elle portait, sans précipitation. Il savourait ce moment tout en contemplant la naissance des seins. Baelfire déglutit tout en poursuivant son exploration quand Emma l'interrompit. Elle se leva et poussa son compagnon à faire de même à nouveau. Debout, face à elle, la princesse entreprit de changer la donne en commençant à enlever le veston en cuir puis à déboutonner la chemise blanche de son amoureux.

« -Ce sera plus équitable », chuchota-t-elle avec un petit sourire.

Il la laissa faire et bientôt la chemise se retrouva à terre. Elle caressa son torse bien bâti qu'elle avait eu rarement l'occasion de voir et se mordit la lèvre inférieure. Emma fut alors prise de timidité et de pudeur face à ce qu'elle envisageait de faire. Elle releva la tête et scruta Baelfire. Il la dévisageait avec tendresse. Il ne comptait pas la bousculer dans un moment si important, si précieux pour eux. Le fils du ténébreux attendait patiemment. La princesse avait encore la possibilité de se rétracter, mais elle ne le fit pas. Elle avait confiance en lui, il n'y avait que lui à ses yeux et c'est ce qui la décida de se mettre à nu. Littéralement. Elle fit glisser la chemise sur ses épaules et la laissa tomber à ses pieds. Puis elle s'écarta du vêtement. Elle remarqua alors l'admiration muette et le désir à l'état pur de son futur époux à la vue de son corps longiligne et gracieux. Le jeune homme se rapprocha et caressa ses courbes féminines avant de l'attirer à lui et de l'embrasser amoureusement. L'instant d'après, il la souleva et l'emmena à son lit. Il la déposa avec délicatesse et puis enleva ce qui lui restait de vêtements. Baelfire la rejoignit sur le lit et ils se collèrent l'un à l'autre. Un contact bien inédit et pourtant si agréable, si harmonieux. Les deux amoureux maudits s'embrassèrent de nouveau et ne cessèrent de se découvrir sur tous les angles avec lenteur. Ensuite, l'engouement fut tellement fort que bientôt ce ne fut que soupirs et gémissements saccadés. Ce qui fit que tout naturellement, à un moment donné, Baelfire se retrouva au-dessus de l'élue de son cœur et que celle-ci lui laissa accès à sa partie la plus intime. Ce fut dans un accord parfait, doux et audacieux que le couple s'unit pour la première fois.


Emma fut réveillé par le chant des oiseaux et s'aperçut que Bae n'était plus à ses côtés. Elle toucha l'oreiller près du sien, il était encore chaud et elle y voyait encore l'empreinte de l'homme de sa vie. Un mot et un papier en forme de rose y étaient posés. La princesse effleura l'origami puis lut le mot :

Cette nuit a été la plus belle nuit de toute ma vie. Je ne l'oublierai jamais… Hâte d'être à ce soir pour renouveler cette merveilleuse union avec toi, mon amour, en tant que mari et femme. Je t'aime… Je n'ai pas eu le cœur à te réveiller, ne m'en veux pas. Tu étais si belle et si sereine dans ton sommeil. On se retrouve à la chapelle, ton Baelfire.

Elle serra le mot contre elle, un sourire heureux aux lèvres. La jeune femme avait l'impression que son cœur allait exploser. Ils avaient fait l'amour il y a quelques heures et cela avait été magique. Ce qui était de la maladresse fut adorable, entrecoupé de petits rires sur l'oreiller et la douleur de l'acte en lui-même passa, avec toute la tendresse et l'attention que son amant lui apporta pour ressentir à la place de la souffrance du plaisir dans leur union charnelle. Le couple n'avait fait plus qu'un. Cet instant unique avait apporté sourires et larmes aux deux amoureux. C'était comme si… les deux parties d'un même corps s'étaient enfin retrouvées après de nombreuses années d'errance et de séparation. Emma se releva en tenant le drap contre son corps nu et quitta son lit. C'est alors qu'elle vit une tache rouge dessus, qui ne passerait pas inaperçue, symbolisant la fin de la virginité de la princesse. Le drap serré contre elle et faisant les 100 pas, elle se demanda quoi faire pour cacher cette preuve. Si elle ne se dépêchait pas rapidement les domestiques allaient arriver et le découvrir. Si seulement cette tache de sang pouvait disparaître ! Soudain, elle lâcha un petit cri joyeux. Elle le pouvait avec sa magie. De toute manière, les draps sont lavés tous les jours ici donc le drap souillé sera enlevé.

« -Ni vu ni connu », souffla-t-elle en passant sa main au-dessus de la preuve accablante et une aura blanche apparut, faisant effacer le sang.

La princesse alla s'asseoir sur une chaise en soupirant, rassurée de s'être dépêtrer de cette situation puis elle se prépara. En début d'après-midi, la cérémonie aurait lieu à la chapelle. D'ailleurs c'était dans ce lieu solennel qu'Emma se changerait. Il y avait deux petites pièces annexes là-bas. Une pour elle et une, pour le futur marié. La matinée passa relativement vite. Bientôt la cérémonie débuterait…


« -Que tu es élégant ! lança Regina en regardant son mari dans le miroir, Henry calé contre sa hanche.

-Merci, ma Reggie… J'en dirais autant pour toi. Une vraie princesse, la plus belle à mes yeux ! assura-t-il avant de l'attirer à lui et de l'embrasser tendrement.

-Allez, nous devons y aller. Une calèche nous attend. C'est à cinq kilomètres du château, l'éclaira-t-elle en mettant une cape plus chaude.

-On y va ! »


Un couple partit tout juste après le déjeuner, croisant les doigts pour arriver à l'heure à la chapelle dans le royaume voisin.

« -Nous aurions dû y aller la veille, soupira Flynn, d'un air soucieux.

-Le stress n'est pas bon pour la santé, en effet », reconnut son épouse tout en étreignant la main de son mari.

Le jeune homme porta une main à ses lèvres, semblant préoccupé.

« -Flynn ?

-Je m'inquiète pour cette cérémonie… Albéric et Cora risquent d'intervenir et d'empêcher le mariage de nos amis.

-Je sais… Mais grâce au ciel, ils seront protégés par le ténébreux, la fée Bleue, Merlin et des gardes. Tout devrait bien se passer avec toute cette sécurité, le tranquillisa-t-elle.

-Je l'espère, je l'espère vraiment… »

La cabine de la calèche tressauta plus abruptement. Le cocher lançait des « Hya » à ses chevaux.


« -Ce château est immense. Bien plus grand que le notre, Elsa ! fit remarquer sa sœur Anna, accompagnée d'un Kristoff amusé et suivi de leurs deux enfants adolescents dans un dédale de couloirs.

-J'ai un bon sens de l'orientation, ne t'inquiète pas, rassura sa sœur ainée.

-Tu l'as encore à ton âge ?

-Ah ah ! Depuis quand tu piques les blagues de ton mari ? s'exclama la Reine d'Arendelle, en haussant un sourcil surpris.

-Hey ! On vit ensemble sous le même toit à présent, tu t'attendais à quoi ? lança le beau-frère en question.

-Oui, tu as raison. Ça ne devrait pas me surprendre. L'un ne va pas sans l'autre ! Heureusement j'ai mes neveux et nièces qui sont là pour me soutenir, pas vrai ?

-Oui, Tante Elsa ! s'écrièrent en chœur les jeunes en souriant.

-Chérie, tu es sûre que ce sont bien nos enfants ? demanda Kristoff, faussement inquiet.

-Arrête tes bêtises ! Ah, enfin la sortie ! » répondit Anna avec un sourire.

Quelques minutes plus tard, la famille fut installée dans une calèche et partit sur la route.

« -Faites que tout se passe bien », pria Elsa comme une litanie en pensant aux deux futurs époux.


Rumplestiltskin avait fini de se changer et déposa une étoffe autour de son cou. Il se contempla dans le miroir d'un air nostalgique. C'était une tenue complètement différente de sa garde-robe habituelle. Il avait l'impression de redevenir un paysan, éleveur de moutons et fabricant de laine. Bien sûr, cette apparence serait plus en adéquation avec la tenue de son unique fils. Belle fit son apparition dans le laboratoire et lâcha un hoquet de surprise.

« -Rumple ? C'est… c'est bien toi ? l'interrogea-t-elle, surprise.

-Oui. Avant cette malédiction, j'avais ce physique. Pas déçue… ?

-Non… Que tu aies la peau rose et pâle ou des écailles vertes, ça ne change pas les sentiments que j'éprouve pour toi. Mais je reconnais que je pourrais y prendre goût, l'informa-t-elle avant de lui adresser un sourire charmeur.

-C'est un cadeau. Pour Bae. Il ne m'a pas vu comme ça depuis des années. Je voulais plus ressembler au père de ses souvenirs qu'au monstre que je suis devenu...

-Tu n'es pas un monstre. Tu as un cœur. Il est bon, sincère. Tu en as fait du chemin depuis », le contredit-elle.

Le père de Baeflire caressa d'une main la joue satinée de sa Belle. Elle portait une robe étrangement dans les mêmes tons que son habit. Ce geste le toucha. Cela montrait qu'elle était liée à lui.

« -Merci. Merci d'être toi, Belle », souffla-t-il.

Elle lui sourit avec tendresse puis lova son bras sous celui de Rumplestiltskin.

« -Allons rejoindre ton fils », déclara-t-elle.

Il acquiesça et utilisa sa magie pour les téléporter à la chapelle, là où les deux amoureux étaient entrain même de se préparer.


Blanche et David étaient déjà à la chapelle avec leur jeune fils pour s'assurer que tout se déroulait dans l'ordre et à temps. Merlin et la fée Bleue, sous une apparence humaine étaient à leur poste ainsi que quelques-uns de leurs gardes les plus dévoués, leurs amis les nains. Puis apparurent le ténébreux et Belle. Ces derniers se dirigèrent vers la petite pièce où était supposé être Baelfire. Pendant ce temps, David était sur les nerfs et faisait les cent pas devant son fils des plus pensifs tandis que son épouse accompagnée d'une domestique et de la trappeuse aidait sa fille à mettre sa robe de mariée et se coiffer. Quelques minutes plus tard, Blanche-Neige sortit doucement de la pièce.

« -Elle est prête, annonça-t-elle à son mari ce qui l'arrêta dans son élan.

-Euh… d'accord…

-Tout va bien, mon chéri ?

-Inquiet, mais il faut rester positif. Tout devrait bien se passer au vu de la sécurité.

-Tout le monde est venu en grande partie armé. On ne dirait pas un mariage, mais une déclaration de guerre, confia sa femme, un brin triste.

-C'est vrai… Mais on doit protéger ses enfants. Ils se sont tant battus pour préserver leur relation et leur amour. Ils ont droit au bonheur, déclara le Roi avec sérieux.

-Oui… Tu sais si tous les invités sont déjà installés ?

-Je n'ai pas compté… J'en ai vu passer quelques-uns, mais il doit y avoir des retardataires.

-Je vais aller vérifier », répondit-elle puis elle partit.

Au même moment, Manny ouvrit la porte et sortit à son tour.

« -Je vais aller prendre place... À tout à l'heure », déclara la vieille femme au Roi avec gentillesse, un sourire aux lèvres.

David hocha de la tête.

« -Léo va t'installer aussi…, lança-t-il d'un ton posé.

-Mais je veux rester avec toi !

-Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. Je reste là, près de ta sœur. Allez, du vent jeune homme !

-D'accord… », capitula le jeune prince, bien que sceptique.


« -Enfin libre, que ça fait du bien de retrouver la magie, de voir la lumière du jour, de sentir le vent et d'admirer autre chose que des murs…, lâcha Albéric tout en s'étirant, venant de quitter le sanctuaire en compagnie de la sorcière.

-C'est vrai… Maintenant… » commença Cora à dire le bras chargé d'un petit coffre et l'ouvrant.

Le fixant, le mage acquiesça et lâcha un sourire mauvais. Les choses sérieuses allaient pouvoir commencer…


Baelfire serrait son père contre lui depuis bien deux minutes, touché par son geste. Il n'en croyait pas encore ses yeux. Rumplestiltskin faisait beaucoup d'effort pour lui, pour Belle. C'était presque un miracle… Le futur marié retrouvait peu à peu le père qu'il était avant. Le ténébreux s'écarta de son fils, lui souriant quelque peu ému, mais s'abstenant de dire quoi que ce soit. Devinant l'état émotionnel de son père, Belle prit doucement la main de Rumple et c'est ce qui poussa ce dernier à libérer son fils.

« -Nous allons nous installer dans la nef. À tout de suite », lança la bibliothécaire d'une voix affectueuse au fils du ténébreux.

Celui-ci acquiesça et les regarda quitter la pièce. Il ne restait que Graham, son loup et Pinocchio aux côtés de Baelfire.

« -C'est un grand moment…, répondit son meilleur ami, son loup assis à ses côtés.

-Oui, souffla le futur fauconnier d'un air tremblant.

-Tu es prêt ? » questionna le témoin de sa future femme.

Baelfire médita à cette remarque. Au fond, il ne l'était pas. Il avait vraiment peur. Peur pour Emma. Pour eux. Mais il devait essayer d'être optimiste, de mettre son inquiétude de côté, de garder son calme pour tous ceux qui étaient présents en ces lieux pour son mariage.

« -Oui. Vous pouvez y aller. Je vous suis », déclara le futur marié.

Ils hochèrent la tête et partirent suivis à la trace par le loup gris plutôt silencieux, laissant leur ami en pleine rêverie. Il se regarda une nouvelle fois devant le miroir et contempla sa tenue dans les tons marron/verts foncés. Sa sacoche en cuir marron avait été ajustée à son ensemble. Elle était cachée sous sa cape, attachée à la ceinture. Baelfire la toucha pour vérifier encore une énième fois que l'objet était toujours là pour se rassurer puis il inspira profondément. Toutes ses pensées étaient tournées vers sa Emma. Devait-il s'assurer qu'elle allait bien ?


La princesse était à présent toute seule dans la sacristie, son père et quelques gardes faisant office de gardiens à l'entrée avant l'accès à la grande nef de la chapelle. Elle devait attendre que son père ait le signal avant de l'appeler. Emma admira sa jolie robe de mariée faite de plume, de broderies argentées, de soie blanche et de tulles scintillants. Ses cheveux étaient relevés en un chignon lâche, son diadème de princesse sur la tête. Elle entendit du mouvement à l'extérieur, des déplacements, des murmures et une porte lourde qui se referme. Cinq minutes plus tard, elle décida de s'asseoir tranquillement sur un petit sofa et de garder son calme. Au fur et à mesure des minutes, sa peur devenait grandissante. Elle effleura le bas de sa robe, là où sur sa cheville, elle avait attaché son poignard. Soudain quelqu'un toqua à la porte et une voix familière l'interpella :

« -Emma, c'est moi. Je peux entrer cinq minutes ? » demanda-t-il.

Elle entendit de l'anxiété dans sa voix et lui ouvrit. Baelfire apparut et il était décidément très élégant dans cette tenue.

« -Bae… Qu'est-ce qui se passe ? questionna-t-elle, inquiète.

-Rien. En fait c'est moi qui m'inquiétais pour toi. Je voulais savoir si tu allais bien avant… de rejoindre tout le monde. Tu es… magnifique, avoua-t-il avec un petit sourire.

-Ça porte aussi malheur, tu sais.

-Mais non, on doit rester confiant, assura-t-il en l'étreignant dans ses bras tendrement.

-Bae… je voulais te remercier, commença-t-elle à dire avec sérieux, tout en le dévisageant.

-À quel sujet ?

- Tu sais pour cet attrape-rêve que tu m'as achetée, pour éviter de faire des cauchemars. Je crois que ça fonctionne plutôt bien. Je dors comme un bébé depuis, confia-t-elle avec un sourire.

-Je t'en prie… Tu sais que je ferais tout pour toi.

-Oui, je le sais »

Elle sourit, lui toucha la joue puis soudain, elle grimaça.

« -Qu'y a-t-il ?! s'exclama-t-il, anxieux par son état.

-J'ai mal à ma jambe… Attends…., murmura-t-elle avant de se baisser pour soulever légèrement sa robe et sans plus attendre, elle récupéra son poignard et le mit sous la gorge de son fiancé.

-Emma ?! Mais qu'est-ce qui te prends ?! s'écria-t-il, choqué.

-Cesse de feindre. Je sais que c'est toi, Albéric, lança la princesse avec un regard froid.

-Franchement Emma, comment peux-tu penser une chose pareille sachant qu'Albéric l'a déjà fait ?

-Justement. Tout le monde savait que Cora et toi seriez venus à la cérémonie. Comment ? C'était la grande question… Nous n'avons pas mis en place que la sécurité dans la chapelle. Mon fiancé et moi, on a parlé de toi. Selon lui, tu es parfaitement assez fourbe et sournois pour réitérer l'expérience et te faire passer pour lui. Après tout, tu avais presque réussi la dernière fois si Pinocchio n'était pas intervenu et bien sûr, Baelfire est le seul à obtenir ce que toi tu n'auras jamais. Alors Bae a proposé une solution. Pour nous reconnaître mutuellement, nous avons décidé d'avoir un code entre nous. Quand l'un de nous commence à s'interroger et à s'inquiéter, on l'utilise et on vérifie ainsi l'identité. Notre code était « attrape-rêve ». Bae ne m'a jamais offert cet objet. Si ça avait été lui, il l'aurait dit. Tu es tombé droit dans notre piège, Albéric! ».

Elle regarda l'homme qu'elle retenait grâce à son poignard et ce dernier partit dans un fou rire. Il changea alors d'apparence. Il redevint le mage aux cheveux roux.

« -Bien joué, princesse ! C'est que vous êtes devenu malins…

-Qu'as-tu fait à mon père et aux gardes ?! » s'exclama Emma en pressant le couteau contre sa gorge.

Un filet de sang apparut.

« -Cora les a envoyés aux pays des rêves bleus. Mais tu sais que ce n'est pas le plus important… Tu devrais plutôt t'inquiéter pour toi, princesse. Tu penses que tu fais le poids face à moi, que tu es plus forte que moi maintenant que tu as ta magie ? Permets-moi de te détromper », déclara-t-il en attrapant la main de la blonde qui tenait fermement l'arme.

L'enchanteur maléfique fit une pression douloureuse sur son poignet et Emma grimaça face à cette prise.

« -Je suis plus fort que toi ! » gronda-t-il, menaçant.

L'étau se serra et la princesse poussa un cri de douleur. Elle relâcha le poignard, qui tomba au sol. Quelques secondes plus tard, Cora s'invita dans la pièce avec un petit sourire satisfait.


En ayant vu le père d'Emma posté devant la porte de la sacristie où se trouvait sa fiancée et les gardes présents dans le couloir, Baelfire se fia à leur protection ainsi qu'à celle magique de Merlin et décida d'aller rejoindre tout le monde dans la grande salle. Il tenta de se rassurer tout en traversant l'allée avec sérieux. Il avait alors pris place au niveau du petit autel de la chapelle. Le prêtre présidant la cérémonie se tenait au milieu. Manny vint se glisser derrière lui et lui adressa un sourire qui se voulait rassurant. De l'autre côté de la petite estrade, il manquait la princesse, mais Pinocchio était à sa place de témoin. Il ne manquait plus qu'elle. Les derniers retardataires arrivèrent… Flynn, Raiponce… Quelques serviteurs discrets présents sur les lieux fermèrent les portes derrière eux selon les indications de la Reine puis les deux époux allèrent s'asseoir tout devant et Blanche-Neige alla s'installer sur le premier banc réservé à la famille royale. Léo y était déjà assis avec sa gouvernante et bien d'autres amis. Sur le premier banc du côté de Baelfire étaient installés Belle, Hansel et Gretel, Graham et son loup exceptionnellement autorisé pour l'occasion. Le fils du ténébreux chercha alors son père du regard. Ce dernier était adossé contre un mur, la mine grave, tout au fond près de la grande porte, en compagnie de Merlin et de la fée supérieure. Il n'était qu'une trentaine. Seules deux rangées de chaque côté furent bien remplies. Les gens chuchotèrent, se saluèrent puis finirent par faire silence. La fée Bleue frappa trois coups contre la grande porte. C'était le signal. Il n'y avait plus qu'à attendre que les portes s'ouvrent sur l'arrivée d'Emma dans sa robe de mariée, accrochée au bras de son père. Seulement, les secondes devinrent des minutes… Bae scrutait avec inquiétude cette porte fermée. Il regarda alors Étoile perchée sur le banc aux côtés de Belle. Il tournait la tête dans tous les sens, alerte. Le futur fauconnier observa alors le comportement du loup de Graham. Ce dernier était assis, mais la tête redressée, les oreilles en l'air, semblant capté quelque chose qu'eux autres ne pouvaient entendre. Il sut alors… Le chasseur remarqua le regard de son ami et se releva.

« -Baelfire…, commença celui-ci à dire.

-Restez ici », annonça le futur marié d'un air grave avant de quitter sa place et de se diriger à grands pas vers la porte.

La Reine perdit des couleurs et tout le monde se leva de concert, préoccupé par la situation.

« -Bae… », interpella son père en voyant son fils arriver à lui.

Le ténébreux était anxieux et tenta de l'arrêter dans son élan, suivi de Merlin et de Bleue.

« -Restez ici pour l'instant. Pour les invités. Il n'y a peut-être pas de quoi s'alarmer », les tranquillisa son fils, bien qu'ils ne fussent pas dupes.

Mais ils lui accordèrent quelques minutes, se comprenant d'un regard. Baelfire ouvrit donc la porte et la referma derrière lui. Ce qu'il vit alors lui glaça le sang.


« -C'est maintenant qu'il faut agir, Albéric ! s'écria Cora dans l'urgence.

-Ne t'inquiète pas, ma chère ! J'ai l'intention d'y mettre fin maintenant, sans perdre de temps. Cette attente va devenir sinon trop suspecte du côté des invités et de la famille. »

La princesse avait les mains dans son dos, retenues par la poigne de fer d'Albéric. Elle tenta de se débattre.

« -Lâche-moi, sale monstre ! Tu ne m'auras pas. Tu n'obtiendras rien de moi, s'écria-t-elle.

-Je le sais. C'est pourquoi j'ai décidé d'en finir avec toi, de la plus cruelle des manières. Ton Baelfire ne pourra même pas te sauver, lança-t-il en retournant la princesse et la collant à lui.

-Qu'est-ce que vous faites ? Lâchez-moi !

-Je te lâcherai définitivement Princesse quand j'aurai scellé mes lèvres aux tiennes, décréta-t-il, en forçant à incliner son visage vers le sien.

-JAMAIS ! » cria-t-elle en tentant de se dégager de toutes ces forces.

Mais ce fut vain, il avait une telle force qu'elle en eut le souffle court et c'est avec frayeur qu'elle le vit peu à peu atteindre son but. Elle était tellement tétanisée par la peur qu'elle n'arrivait même pas à utiliser sa magie.

« -Non ! » hurla-t-elle, impuissante.

C'est alors qu'il atteignit sa cible et toucha les lèvres de la princesse, le regard impitoyable. Après ce contact, il la libéra brutalement. Les larmes aux yeux et hébétée, Emma toucha ses lèvres qui avaient pris une teinte grise. Elle sentit alors un mal se reprendre dans tout son être.

« -Puisque je ne pourrais jamais t'avoir, personne ne t'aura Princesse, annonça Albéric avec un sourire entendu.

-Bae… », souffla-t-elle avant de tomber par terre, soudainement affaiblie et engourdie.

Sa vision n'était plus qu'un voile et des flashs accélérés de sa vie. Son enfance, ses secrètes envies, ses devoirs, Bae, leur amour, leurs disputes, leurs amis, leurs balades… l'une l'avait marqué en particulier… Le jour où Bae lui avait montré une biche avec son faon dans une prairie et un colibri bleu dans un arbre.

« -Pardonne-moi, Bae… Je suis désolée », pensa-t-elle avant de perdre l'étincelle dans ses yeux, une dernière larme glissant sur sa joue et les yeux se refermant pour ne plus s'ouvrir.

La princesse se retrouva au sol, étendue, le corps gris et pâle. La robe de mariée se métamorphosa et se transforma en un noir corbeau sans explication. Présage de malheur. Le cygne blanc devint noir…


« -On ne peut pas le laisser partir seul, qui sait ce qu'il se passe ! Qui vient avec moi ? » s'écria Graham, faisant fi de la demande de son ami.

Flynn se dirigea vers lui dans la cohue. Quant à Pinocchio, il fut retenu par son père et Grace. Ces derniers le scrutèrent avec inquiétude. C'est vrai… l'homme de bois n'était pas en mesure de se défendre. Il était juste un cerveau, un écrivain alors que le chasseur et Flynn connaissaient le combat. Les deux hommes allèrent jusqu'à la grande porte, gardés par les plus grands maîtres en matière de magie.


Tous les soldats étaient à terre, même le père d'Emma. Il toucha son pouls et sut alors que c'était un charme de sommeil. Ils n'étaient pas morts. Il en était rassuré. Baelfire se dirigea vers la porte derrière laquelle sa princesse se trouvait quand il entendit cette voix détestable :

« Puisque je ne pourrais jamais t'avoir, personne ne t'aura princesse »

D'un seul coup, le jeune homme reçut comme un coup de couteau en plein cœur qui le bloqua quelques instants.

« -EMMA ! » cria-t-il et sans plus attendre, il ouvrit la porte, habité par une terreur sans nom.

Cora se trouvait dans un coin du mur et se délectait du spectacle. Quant à Albéric, il sourit de joie sadique en voyant ce Baelfire, cet avorton, réaliser que son grand amour n'était plus de ce monde. En voyant, sa princesse inerte et sans vie, il tomba à genoux. Il la toucha. Elle était froide. Morte. Elle était morte. Le chagrin fut immense. Il la prit dans ses bras et la serra contre lui, en larmes.

« -Qu'est-ce que tu lui as fait ?! PARLE ! Je te jure que tu vas le regretter » cria-t-il au mage avec rage.


« -NOUS devons y aller, asséna Graham en soutenant le regard des trois professeurs de la magie.

-On ne voulait donner à Baelfire que cinq minutes d'avance, le rassura la fée Bleue.

-Le temps est écoulé », marmonna le ténébreux, nerveux.

C'est à ce moment-là que tous entendirent le cri du fils de Rumplestiltskin. Graham, Flynn et Rumple furent les premiers à se ruer vers la porte sous les exclamations et cris de l'assemblée. Merlin et Bleue bloquèrent le passage en voyant Blanche courir vers eux ainsi que le reste des invités. Le vieil homme et la fée se fixèrent d'un air grave, ne sachant comment agir.


La menace du fils du ténébreux lui fit ni chaud ni froid.

« -Je lui ai donné le baiser de la mort. Un sort très ancien, qui n'a aucun recours. C'est irrémédiable », avoua alors Albéric d'un air satisfait.

Baelfire cessa de tenir le corps de sa bien-aimée et se releva, un air combattif.

« -Je vais te tuer », annonça-t-il alors.


Au même moment, les trois arrivants aperçurent tous les corps par terre et immobiles.

« -Sont-ils morts ? murmura Graham, anxieux.

-Non… le pouls est faible mais ils sont vivants. Un sort ? » s'enquit Flynn en touchant les poignets du Roi et de deux gardes.

Rumplestiltskin acquiesça.

« -Pouvez-vous les ramener ? demanda Flynn.

-Oui, certifia le ténébreux bien que tiraillé par son fils et l'agitation dans la pièce d'à côté.

-J'y vais, ne vous inquiétez pas ! » assura le chasseur en sortant son poignard, avant de se lancer vers la pièce annexe.


« -Oh, non… Je ne crois pas, mon cher ! clama Cora en levant la main, prête à s'en prendre à Baelfire quand la porte s'ouvrit avec fracas et que Graham intercepta Cora avec une agilité et une rapidité digne d'un plus grand chasseur.

-Vous disiez ? » lança ce dernier, un couteau pointé sur sa gorge.

Cora cessa tout mouvement. Soulagé, le futur fauconnier se concentra de nouveau vers son adversaire.

« -Eh bien, on dirait que tu vas l'avoir ton combat…, répondit Albéric, d'un air amusé.

-Dans ce cas, sois un homme. Ne te cache pas derrière ta magie sinon je penserais que tu n'es qu'un faible et un lâche. Bats-toi comme moi ! clama-t-il en montrant ses poings.

-Comme tu voudras… »

Baelfire le laissa s'approcher de lui et lui donner l'illusion qu'il allait réussir à le toucher. Albéric fit un revers du droit en direction de son visage et son adversaire para son coup au dernier moment, lui donnant un coup de genou inattendu dans le ventre. Le souffle coupé, le mage tomba à terre et le fils du ténébreux se jeta sur lui pour le bourrer de coups. Il le frappa encore et encore sur le visage. Celui-ci se tuméfia à vue d'œil alors qu'Albéric éclata d'un rire dément. Bae était comme possédé. Ce monstre avait tué sa bien-aimée. Il ne lui pardonnerait jamais.

« -Baelfire, arrête ! » clama son ami, retenant Cora prisonnière.

Il ne l'écouta pas et continua toujours plus fort.

« -Ça c'est pour l'avoir kidnappé, pour l'avoir tourmenté… ça, c'est pour t'être fait passer pour moi, pour lui avoir fait une demande en mariage en mon nom et pour lui avoir jeté un sort. Et par-dessus tout, parce que tu as détruit sa vie, la mienne pendant de nombreux mois… », s'écria-t-il en larmes en appuyant chaque coup alors que le mage était à présent évanoui.

C'est à cet instant que Rumplestiltskin intervint, horrifié par le visage déformé par la haine de son fils. Il l'attrapa et l'éloigna de sa victime.

« -Bae, calme-toi ! lui ordonna son père posément, tout en surveillant d'un œil Cora.

-Non ! Il doit mourir…, s'emporta Belfire.

-Non, il sera jugé comme tu le souhaitais dès le départ, tempéra son père en tenant les épaules de son fils, lui communiquant d'une certaine façon sa force.

-Il ne gagnera pas. Ni lui, ni Cora. On va sauver Emma », assura Baelfire d'un air déterminé tout en prenant la femme qu'il aimait dans ses bras.

Celui-ci savait qu'il y avait une solution de dernier recours, mais il souhaitait envisager toutes les possibilités et ne pas prendre en comptes les dires de ce monstre. Le ténébreux claqua des doigts d'un air contrarié. Cora et Albéric se trouvèrent attachés par des liens magiques et suspendus dans le vide. Ils scrutèrent Rumplestiltskin d'un air mauvais. Graham les prit par le col et les entraîna vers la sortie. En jaillissant de la pièce, Baelfire aperçut que les gardes et le Roi s'étaient réveillés, bien que complètement déstabilisés. Flynn avait un bras posé sur l'épaule du Roi et conversait avec lui. Ce dernier et Flynn levèrent alors les yeux et le vit, portant un corps inerte dans ses bras. La gorge nouée, le fils du ténébreux ne put le supporter et appela la seule personne susceptible de l'aider.

« -MERLIN ! » cria-t-il d'un air affolé en ouvrant la grande porte précipitamment.

Le concerné ayant vu les choses venir ne tarda pas pour prendre en main la situation.

« -Reculez tous ! Un périmètre de sécurité est nécessaire ! clama le vieil homme en faisant apparaître sa baguette et créant une barrière magique séparant les invités de Merlin, Bleue et tous ceux au niveau de l'entrée.

-Oh, mon dieu ! soufflèrent Bleue et plein d'autres personnes en voyant Baelfire porter sa fiancée évanouie dans ses bras.

-Merlin… Je suis arrivé trop tard. On… On doit la sauver. Elle ne peut pas être… », balbutia le jeune homme en tombant à genoux, gardant Emma contre lui.

Blanche dépassa tout le monde et les vit alors. David apparut également aux côtés de Flynn, suivi par Graham, les gardes et le ténébreux qui tinrent à distance le meurtrier et sa complice.

« -EMMA ! » hurla sa mère en éclatant en sanglots et voulant se jeter sur son corps.

Elle essaya de franchir le bouclier, mais Rouge, Granny et Gepetto la retinrent. Il y avait le champ de protection, ça ne servait à rien d'insister. Les larmes aux yeux, David n'eut aucune réaction à cette vision macabre. Sa fille était morte. Ils l'avaient tué. Il avait perdu toute joie et envie de vivre.

« -Je vais les tuer ! s'écria le Roi s'éveillant soudain.

Il se rua vers les concernés avant d'être retenu par Flynn.

-Non, David ! Ne fais pas ça…

-ÇA SUFFIT ! » tonna Merlin l'enchanteur d'une voix sombre que ça fit trembler les murs de la chapelle.

Un tel emportement de la part d'un homme si gentil et si sage de coutume eut tendance à calmer direct tous les esprits. Albéric et Rumplestiltskin firent les yeux ronds face à tant de véhémence de sa part.

« -Mon garçon… en quoi puis-je t'aider ? demanda le vieil homme plein de sollicitude à l'intention d'un Baelfire complètement démuni, serrant désespérément sa belle dans ses bras.

-Dis-moi s'il y a un moyen de changer son état, que le bien peut l'emporter ?

-Sais-tu ce que lui a fait Albéric ? »

Le futur fauconnier acquiesça avant de regarder avec haine l'homme en question. Une larme glissa sur sa joue.

« -Le baiser de la mort. Il prétend que le sort est impossible à défaire, mais je ne veux pas croire ce monstre… », annonça le fils du ténébreux d'un air torturé.

Merlin se figea, légèrement pâle. Le cœur de la fée supérieure se serra douloureusement.

« -Baelfire… De ce que j'en ai entendu pour ma part, depuis de nombreuses années, d'après des rumeurs… aucune des victimes ne fut sauvée de ce sort très ancien. Malheureusement, je pense qu'il dit vrai… », répondit Bleue à contrecœur.

David, son épouse, Léo dans les bras de sa mère et Baelfire lâchèrent des sanglots douloureux. Le chapelier enleva son chapeau et baissa la tête. Elsa fut prise de tremblements et sa famille la serra contre elle. Jiminy, sur l'épaule de Gepetto, fut également envahi par l'émotion. Tous les invités ainsi que l'homme de cérémonie furent profondément blessés par cette triste et malheureuse nouvelle.

« -C'est vrai, Bleue… Mais… j'ai néanmoins une autre théorie, Baelfire », informa l'enchanteur dans sa tenue bleue.

Le jeune homme riva alors ses yeux marron aux siens, sentant un regain d'espoir renaître. Peut-être qu'il y avait une autre solution que celle à laquelle il pensait à l'instant…

« -Quelle est-elle ? le questionna-t-il.

-Le baiser du véritable amour. On dit qu'il peut défaire tous les sorts. Pourquoi dit-on cela, si ce n'est pas vrai ? C'est peut-être ça, la clé, confia Merlin.

-Oh, Merlin… C'est totalement censé, il y a donc de l'espoir ! » assura la fée Bleue, rassurée.

Clochette, Regina, Robin sourirent suite à cette remarque. Les autres reniflèrent et eurent un sentiment de soulagement. Emma pouvait revenir à la vie et tout ceci serait qu'un sombre cauchemar. Bien évidemment, pour Baelfire ce fut un sentiment tout autre. De la peur. Albéric ricana en voyant l'amoureux d'Emma, perdre des couleurs. Rumple le fit taire en lui enlevant la parole par magie, d'un air énervé. Il était si peiné pour son fils…

« -Et… si ça ne fonctionnait pas ? C'est vraiment le seul moyen ? » demanda Bae à Merlin, d'un air préoccupé.

Beaucoup froncèrent des sourcils à cette remarque.

« -Pour moi, c'est la seule. Et elle vaut la peine d'y croire, certifia l'homme sage.

-Je ne sais pas… »

Le fils du ténébreux contempla sa Emma, d'un air mélancolique et incertain.

« -Tu ne penses pas être digne d'elle ? » réalisa Bleue, en comprenant ses sentiments.

Tout le monde se figea à cet aveu. Le futur fauconnier ne montra aucune expression à cette cruelle vérité, à son ressenti des plus enfouis.

« -Je sais qu'il y a une autre solution. C'était mon plan B. Depuis des semaines, nous étions tous convaincus qu'un malheur arriverait. Emma l'avait vu. C'était elle. Elle savait qu'elle allait mourir c'est pourquoi elle avait tant tenu à m'éloigner. Seulement, elle aurait dû se douter que… je serais prêt à faire tout pour elle, pour la sauver… même si la voie que je prends, risque de déplaire à tout le monde.

-Quel plan ? s'enquit Graham, soucieux.

-Bae ? » l'interpella le ténébreux, ayant un mauvais pressentiment.

Tous furent muets de stupeur. L'enchanteur sut alors de quoi il était question. Le bien-aimé de la princesse l'allongea avec délicatesse au sol et se redressa.

« -Mon garçon… non, débuta le vieux.

-C'est notre dernier recours. Si je ne peux la sauver de cette manière alors…, commença à exprimer Baelfire en sortant de sa sacoche un objet, familier aux yeux de Rumplestiltskin.

-Tu as été le prendre dans ma réserve personnelle… C'est hors de question, Baelfire, s'exclama son père sachant de quoi il était question, à la fois ébahi et furieux.

-Je suis désolé, Papa mais je devais trouver un moyen de contourner la mort s'il arrivait un malheur à qui que ce soit ici. Avec cette bougie, on peut sauver Emma, déclara son fils avec sérieux.

-C'est de la magie noire.

-Je sais. Le prix est terrible, mais je suis prêt à l'accepter. Je suis capable de sauver la vie de la femme que j'aime et d'enlever la vie à l'homme qui la mit dans cet état. Sans remords, affirma-t-il en allant fixer Albéric dans le blanc des yeux.

-Tu ne le penses pas, Baelfire… En faisant cette action, ton cœur se noircira, l'alerta Merlin, d'un air mécontent.

-J'en prends le risque. »

Bae avait fait son choix. Il était déterminé en contemplant la bougie à deux faces, séparée en deux couleurs : un côté noir et un côté blanc. Tout son entourage ne sut que penser, que dire face à une telle situation. Certaines expressions sur le visage montrèrent du désaccord et d'autres, simplement de la tristesse.

« -Je crains malheureusement que ce ne soit pas possible », lança alors Cora avec un sourire, jusqu'alors simple observatrice.

Cette remarque eut le don de mettre Baelfire en colère.

« -Qu'est-ce qui fait te dire cela ? » s'exclama ce dernier.

Flynn et David le retinrent, lui apportant un soutien silencieux.

« -Eh bien, il faut que les deux parties aient un cœur avant de faire l'échange, éclaira la sorcière.

-Ciel, elle a enlevé le cœur du mage, souffla Regina à son mari et à Clochette.

-Albéric n'a plus le sien et moi non plus, depuis des années. Les cœurs sont en sureté, cachés loin d'ici. Il n'y a aucun moyen de les retrouver. Donc la question c'est… avec qui vas-tu faire l'échange par conséquent ? l'interrogea-t-elle avec un sourire en coin.

-Tu mens ! rugit le fils de Rumplestiltskin.

-Je vais vérifier, gronda le ténébreux et sans demander l'accord du mage, il plongea sa main dans sa poitrine.

-Ma mère a dû mettre son cœur avec celui d'Albéric. Elle ne se déplace jamais sans son coffre, sous bonne protection. Il doit être quelque part ici. Il faut en parler à la fée Bleue. Elle est la seule à être légèrement détachée de Merlin et des autres. Robin, prends soin d'Henry, murmura la fille de Cora à Clochette et à Robin avant de confier son petit garçon à son mari.

-Fais attention à toi, s'il te plaît, chuchota celui-ci, inquiet.

-Ne t'inquiète pas, tu sais qu'elle ne peut pas me voir grâce à ce médaillon », assura sa femme en montrant son collier.

Robin acquiesça puis vit Clochette et son épouse se diriger discrètement vers la fée supérieure. Le ténébreux enleva la main de la poitrine d'Albéric, qui le fusillait douloureusement du regard et adressa une mine grave.

« -Rien. Pas de cœur, soupira son père, quelque peu soulagé.

-Non…non, ce n'est pas possible, lança Baelfire en s'écartant du père d'Emma, de Flynn et faisant les cent pas.

-Mon garçon, reprends-toi. Ce n'était pas la bonne solution de toute façon, soutint Merlin, consterné par le comportement du jeune homme.

-Il ne peut pas y avoir que le baiser du véritable amour… Mais en même temps, je n'échangerai aucune de vos vies, à part celles de ces deux-là… Je… »

Clochette interpella Bleue qui se retourna, soucieuse. Au côté de la blonde, Regina lui fit signe de venir. La femme brune se leva alors dignement et l'air de rien, alla parler à son bras droit.

« -Qu'y a-t-il ? murmura Bleue.

-Cora cache le coffre ici. Elle ne s'en sépare jamais. Il faut le trouver pour avoir le contrôle sur eux, mais avec cette barrière… », coupa Regina, un pli soucieux sur le front.

La fée Bleue hocha lentement la tête et murmura une incantation avec sa baguette. Instantanément, les deux femmes furent de son côté. Regina mit un doigt sur sa bouche et adressa aux témoins de n'émettre aucun son, ni rien dire. Les quelques curieux n'en montrèrent rien.

« -Allez-y ! » déclara la fée supérieure, tout bas.

Clochette et Regina passèrent inaperçus face à l'agitation qui régnait au sujet de Baelfire. Ce dernier ne tint pas compte des conseils de Merlin, de son père et de ses amis. Toutefois arrivées à la porte, le ténébreux ainsi qu'Albéric les remarquèrent toutes les deux. Ne pouvant parler, Albéric se contenta de froncer des sourcils. Cora scruta la petite fée blonde à la porte et se questionna sur la raison de sa présence ici. Il y avait quelque chose qui n'allait pas… Comprenant qu'il s'agissait là peut-être d'une mission compte tenu de la présence de Regina, Rumplestiltskin leur ouvrit la porte et les laissa sortir puis reporta son attention sur son fils, totalement perdu.

« -Baelfire… Tu dois croire en toi, souffla Belle alors près de Pinocchio, de Grace et de Blanche-Neige.

-Je n'ai jamais cru aux contes de fées. Avec elle, je pouvais imaginer que tout était possible, mais sans elle, les choses sont différentes… »

Il sut alors le prix qu'il devait payer pour la ramener.

« -Je vais la ramener, avec ou sans baiser, révéla-t-il avec un faible sourire.

-Que veux-tu dire ?! s'écria Belle, catastrophée.

-Non, Bae… pas ça ! clama le ténébreux, laissant le chasseur veiller sur les deux énergumènes et s'opposant à son fils.

-C'est ma décision. Je ne reviendrais pas là-dessus. »

Tous prirent une mine affligée et résignée face à tant d'obstination. Cora se mit à rire et Elsa s'énerva.

« -Faites la taire ! Ou je m'en charge ! » clama la reine d'Arendelle en faisant apparaître de la glace dans sa main, à fleur de peau.

Furieux également, Rumplestiltskin évita de regarder Belle et serra la gorge de la sorcière.

« -Encore un mot et tu connaîtras la douleur, avec ou sans cœur. Il y a des sorts bien pires », menaça le sorcier.

Cette remarque eut le don de remettre Cora à sa place.

« -Papa… si ça ne fonctionne pas, je veux que ça soit toi qui utilises la bougie…

-Non, Bae… Tu m'en demandes trop… Tu es mon fils…, répondit son père en relâchant alors la pression sur la sorcière.

-Papa, Emma est tout pour moi et par-dessus tout, elle a un grand rôle à tenir. Elle est l'héritière de la Couronne, tout le monde a besoin d'elle. Elle est la fille du véritable amour. Elle est un symbole de l'espoir. Grace à elle, le monde se portera bien, je le sais. Elle a l'étoffe d'une grande Reine…

-Elle ne sera pas heureuse… sans toi, lâcha tristement Blanche-Neige au fiancé de sa fille.

-Je n'ai pas une grande destinée, comme elle. Je ne suis qu'un fils de berger, c'est ce que je suis.

- Bae…, murmura Rumplestiltskin, attristé.

-Je te le demande par amour pour moi. Tout ce que je souhaite c'est que tu la fasses revenir, si je ne peux y parvenir moi-même », supplia son unique fils, ravagé par la douleur et les larmes.

C'est le cœur gros, que son père acquiesça péniblement à cette tâche confiée. Bae se mit à genoux, prit sa Emma dans ses bras et l'observa.

« -Je t'aime, Em'… »

Une larme glissa sur la joue de Blanche-Neige. Belle mit ses deux mains contre sa bouche et pria pour que cela fonctionne. Robin serra son fils contre lui, les yeux humides. Graham ferma les yeux un bref instant. Grace serra la main de l'homme de bois, de toutes ses forces. Baelfire se pencha vers le visage de sa belle et déposa un doux baiser sur ses lèvres cendrées. Merlin et Bleue guettèrent le résultat avec appréhension. Le jeune homme se détacha alors et contempla la fille du véritable amour. Aucune réaction… Exténué d'avoir trop pleuré, il porta un regard vide sur son père. Des sanglots éclatèrent dans l'assemblée, désespérée face à cette conclusion décevante. À cette dure vérité. Le loup hurla à la mort et Étoile poussa des cris, volant dans la grande salle. Merlin tremblait et tentait de dire quelque chose à Baelfire, mais ce dernier le devança.

« -Je le savais… Je suis désolé… Pardon, Emma. Ne m'en veux pas. Je t'aimerai toujours », répondit-il en la rallongeant et en s'allongeant à ses côtés.

Flynn retint David, peinant à tenir en voyant son ex-futur gendre prêt à tout pour ramener sa petite fille. Il ne méritait pas ça, aucun des deux. Mais égoïstement, il ne pouvait pas l'arrêter… il se sentait mal rien que d'y songer. Baelfire prit la main de la princesse et la serra puis son père s'agenouilla, le visage marqué par un profond tourment. Son fils lui remit la bougie et lui sourit faiblement.

« -Ça va aller, papa. Merci…, répondit son unique fils.

- Je t'aime, mon fils… bredouilla-t-il en tenant la bougie au-dessus de la poitrine de celui-ci et l'allumant avec la magie.

-Je t'aime… papa »

Les larmes coulèrent, le chagrin était grand. Baelfire ne croyait peut-être pas aux contes de fées, mais c'était un héros aux yeux de tous. Il était prêt à se sacrifier pour son grand amour. Le mage maléfique ne pouvait s'empêcher de sourire et plein de rage en lui, le chasseur le frappa au visage pour effacer cette expression de bonheur malsain. Léo tenait la main tremblante de sa mère et assistait à la scène avec effroi. Pourquoi ? Pourquoi Baelfire n'était-il pas son véritable amour ? Il avait tout fait pour elle. Sa sœur l'aimait de tout son cœur. Il scruta alors le corps sans vie d'Emma et aperçut quelque chose d'étrange. Sa main n'était plus pâle comme la mort, en fait c'est comme si sa peau se réchauffait peu à peu à l'intérieur. Le bas de sa robe commença à changer également. Ce n'était plus d'un noir ténèbre, mais d'un blanc éclatant… celui de l'espoir. Étant trop focalisé sur l'acte du ténébreux envers son fils, personne ne remarqua peu à peu cette métamorphose.

« -… Bae…, commença à murmurer le père avant qu'il fût interrompu.

-BAE, NON ! » cria le jeune prince et c'est alors que dans un soubresaut, Emma reprit sa respiration et revint à la vie les yeux écarquillés en scrutant le plafond.

À son réveil, une onde de choc orangée d'une telle violence se propagea alors dans toute la chapelle, brisant les vitraux et éteignant la bougie.


Au même moment, Clochette et Regina fouillèrent les pièces annexes à l'aide de la baguette de la fée. Mais ce fut vain. Puis la blonde eut une idée et usa de sa réserve de poussière de fées. Dans le couloir d'entrée, Clochette en prit une poignée et souffla dessus pour que la poussière magique se répande dans toute la pièce. C'est alors qu'elle remarqua un scintillement étrange derrière une plante. Soudainement, un vent inattendu surprit les deux femmes et elles tombèrent, se cognant la tête au passage et perdant ainsi connaissance.


Tout le monde fut secoué par l'évènement. Certains avaient perdu l'équilibre et étaient tombés, d'autres avaient réussi à faire face à cet impact puissant. Merlin se mit à sourire de joie en comprenant ce qui s'était passé puis peu à peu tout le monde réalisa le miracle qui venait de se produire. Graham se mit à rire nerveusement, d'autres pleuraient de joie. Albéric eut un regard sombre et grinça des dents. Cora n'était pas non plus heureuse de ce retournement de situation. Rumple n'ayant pas prononcé le prénom de son fils au complet, le sort ne fut pas lancé à son grand soulagement, comme à celui de tous. D'un air fébrile, Baelfire se tourna vers sa belle toujours allongée à ses côtés, mais à présent pleine de vie et dans une robe de mariée blanche. Il serra désespérément sa main, de peur de la voir s'envoler de nouveau. Sa princesse le contempla avec tendresse et amour.

« -Dis-moi que je ne rêve pas… Suis-je mort ?…, lui répondit-il.

-Tu ne rêves pas… Dire que j'avais cru avoir vu mon enterrement… je me suis complètement trompée sur tout. Bae, tu m'as sauvée, souffla-t-elle en posant sa main libre sur la joue de son bien-aimé.

-Vraiment ?

-Oui… grâce au baiser d'amour véritable. Comme c'est un sort très ancien, le processus était plus long c'est tout, rassura-t-elle d'une voix douce.

-Je suis donc vraiment…, bafouilla-t-il avant de perdre l'usage de la parole, la fixant d'un air surpris.

-Mon grand amour ? Mon âme sœur ? Oui, espèce d'idiot ! Comment peux-tu en douter ! s'écria-t-elle.

-Je… Eh bien c'est que… Je… »

Elle l'attrapa par le col et l'embrassa avec passion, les bras à présent autour de son cou. Il l'étreignit follement. Des larmes de bonheur coulèrent sur leur joue. Ce baiser et cette étreinte touchèrent toute l'assemblée.

« -La dernière fois ce n'était pas mon baiser, c'était ta magie qui avait fonctionné, qui t'avait permis de retrouver la mémoire…, confia-t-il d'un air préoccupé.

-Ma magie est venue grâce à toi. Tu étais l'élément déclencheur. Il a juste suffi d'avoir été malmené par Albéric, d'avoir eu des pouvoirs qui n'étaient pas les miens, pour que finalement les miens se réveillent à ton contact. De plus, tu as brisé la malédiction d'Albéric. N'était-ce pas grâce à l'amour que tu me portais, que l'on se portait?

-Tu as raison », admit-il avec un sourire tout penaud, en passant une main maladroite dans ses cheveux bruns.

Puis il se releva et avec délicatesse, aida sa belle à faire de même. Emma constata alors tout l'attroupement autour d'eux, tous émus et souriants. Elle piqua un fard. La fée Bleue scruta Merlin, ce dernier sentit son regard et lui sourit faiblement. D'un geste de sa baguette, il leva la barrière magique. En le voyant faire, Blanche, son mari et Léo se lancèrent vers les deux amoureux puis avec reconnaissance pour Bae, les enlacèrent tous les deux. Il n'y avait rien de plus beau. Le ténébreux, toujours à genoux, fit disparaître l'objet, se leva et osa un regard sur Belle. Celle-ci se dirigea vers lui et le serra contre elle. Elsa mit ses mains contre son cœur, heureuse de ce dénouement. La famille d'Emma resta aux côtés des futurs mariés. Rumplestiltskin brisa alors l'enchantement porté sur la voix du mage. Son fils semblait vouloir lui parler. Graham, Flynn et les nains s'écartèrent pour se mettre sur le côté, laissant la place à leur ami. De toute manière, Cora et le mage étaient prisonniers et coincés par tout ce monde.

« -Tu as perdu, Albéric. Tu auras beau tout tenter, nous saurons toujours se sauver l'un l'autre. C'est fini pour toi… Tu vas être jugé et condamné à vie pour tes crimes, annonça Baelfire sans émotion.

-Tu peux toujours essayer de l'imaginer, de le croire… », lâcha-t-il d'un ton condescendant.

Cette menace voilée fut de trop pour Emma. Furieuse, poussée par son instinct de survie et par l'adrénaline, elle s'avança vers lui, tendit sa main et serra sa gorge avec sa magie. Ce geste choqua tout le monde.

« -Emma ! s'exclama son compagnon en l'observant avec inquiétude.

-Je ne le laisserai plus jamais nous faire le moindre mal. S'il faut le tuer pour que nous soyons tranquilles, je le ferais ! déclara la princesse, d'un ton déterminé.

-Princesse, reprenez-vous… Ce sont encore les effets du sort noir. Vous devez reprendre votre calme. Si vous ne le faites pas, rien de bon n'en sortira », la prévint son professeur de magie en allant vers elle.

N'ayant peur de rien, Albéric adressa un sourire amusé à Emma malgré les ravages sur son visage. La princesse le dévisagea et médita alors.

« -C'est toi qui as fait ça. » dit-elle soudain en se tournant vers son fiancé en remarquant le visage tuméfié du sorcier.

Ce n'était pas une question.

« -Oui… répondit-il.

-D'accord. Très bien » capitula-t-elle d'un geste de la main avant de propulser le mage vers le mur d'à côté avec fracas et de le libérer de son emprise.

-Emma chérie…, souffla sa mère, ébahie.

-C'est un coriace apparemment », la tranquillisa sa fille avant de prendre la main de Baelfire.

Ce dernier ne savait pas s'il devait être contrarié ou non par cette action. Ce qu'il retint juste, c'est qu'au lieu de le tuer, sa princesse lui avait donné une leçon. Lui avait prouvé qu'elle n'aurait plus jamais peur de lui. Malheureusement en faisant cela, les liens magiques furent brisés. Par conséquent, Cora et lui étaient libérés du charme commun du ténébreux. Il n'eut alors qu'un quart de seconde pour agir et réfléchir. Sentant le danger venir, Merlin changea sa baguette en un grand bâton. La fée Bleue prit une posture de défense tout en reprenant sa véritable apparence, ainsi que les gardes. Rumplestiltskin plaça Belle derrière lui et prépara une boule de feu. Quant à Elsa, elle sortit un pic de glace prête à en découdre également. Tous les autres, en majorité armés, sortirent leur arme. Le prêtre prit un air effaré.

« -On va leur montrer notre savoir-faire ma chère Cora. Nous aurons notre vengeance et nous aurons le pouvoir, clama Albéric avant de prendre son apparence monstrueuse.

-Al, je ne te savais pas si sentimental… », souffla la sorcière, un brin touché avant de commencer à envoyer des boules de feu et à propulser des gens en l'air.

Le ténébreux lança sa flamme et renvoya celles de Cora dans sa direction. Cette dernière les évita in extrémis.

« -Tu vas me le payer, Rumplestiltskin ! s'écria-t-elle, avec rage.

-Belle, va protéger les autres. Je m'occupe d'elle », assura-t-il.

Cette dernière bien qu'inquiète acquiesça et partit rapidement. À l'aide de la source magique de son bâton, Merlin réceptionna les personnes projetées par la sorcière et les reposa à terre.

« -Protégez les enfants ! » cria David.

Quelques nains servirent de bouclier humain aux plus démunis, aux plus petits. S'étant déplacé en plein vol, la fée Bleue les interpella. Ils amenèrent le groupe vers elle dans un autre coin de la salle. Ensuite, elle réalisa un bouclier autour d'elle, protégeant ainsi les enfants, les anciens et ceux dépourvus d'arme. Elsa tenta de toucher la créature avec son pouvoir de glace. Graham essaya de la viser avec une arbalète qu'il avait dissimulé jusqu'à présent sous sa cape, mais le monstre volait et il était impossible de l'atteindre. Emma se détacha de son amoureux.

« -Où vas-tu ?! s'exclama Baelfire en la retenant.

-Albéric est la plus grande menace. Je dois les aider avec mes pouvoirs. Ils ont besoin de moi. Tu me fais confiance ?

-Bien sûr. Toujours. C'est juste que… Faisons-le ensemble », répondit-il avant de siffler son faucon pèlerin.

Comprenant son amoureux, elle hocha de la tête. Il sortit son couteau et la suivit. Quelques secondes après, avec ses mains, la princesse déversa sa magie blanche sur la chauve-souris monstrueuse. Baelfire le visa avec son arme, mais la bête était plus rapide. Il chercha donc à sa portée tout ce qui était possible de toucher Albéric. Étoile était déjà à l'attaque et n'hésitait pas à se jeter toutes serfs et bec dehors sur le mage jusqu'à ce qu'il lui assène un coup et que le faucon fut envoyé à terre, sans connaissance. La chauve-souris géante se mit à lâcher un cri strident. La bête était déchaînée par les assauts constants contre elle. Les plus proches assaillants tombèrent au sol, inconscients dont Blanche-Neige, son époux, leurs amis les nains et les jumeaux. Elle battit ensuite violemment des ailes et fit valser Elsa, Graham, Emma et Baelfire à l'autre bout de la pièce.

Au même moment, Clochette et Regina réapparurent dans la grande salle avec le coffre. Les deux femmes avaient chacune un hématome au visage. Avec terreur, elles assistèrent à cette scène de guerre. Tout était pratiquement détruit. Cela sentait l'odeur du brûlé. Regina vit sa mère se battre avec le ténébreux et aperçut à l'œuvre, les pouvoirs du mage. Merlin arrêta des attaques dangereuses, créant des barrières magiques pour ceux qui étaient coincés, juste pour bloquer son ennemi.

« -Il n'y a qu'un moyen pour calmer cette situation », reconnut la femme de Robin avant de chercher son mari des yeux.

L'ancien voleur au grand cœur et Flynn s'étaient cachés, comme bien d'autres tels que Raiponce, Belle, Rouge, Victor et Jiminy Criquet, sous des bancs ou dans des angles de la salle. Regina ouvrit le coffre que tenait Clochette et sortit un des cœurs les plus sombres qu'il existait. Elle exerça une pression soutenue dessus. C'est alors qu'elle entendit un cri familier. Ce cœur était celui de Cora. Celle-ci cessa ses attaques et s'écroula au sol. Rumplestiltskin regarda alors dans leur direction. La jeune femme brune rangea le cœur et prit le couteau de Clochette.

« -Mais ?

-Ne t'inquiète pas. Je te le rends bientôt », la rassura Regina avant de se diriger vers sa mère qui s'était relevée et cherchait partout son coffre avant de voir le bras droit de la fée Bleue avec son bien le plus précieux.

Regina devança sa mère prête à s'en prendre à son amie et l'attrapa pour lui mettre le couteau sous la gorge.

« -Quoi ? Qui es-tu ?! s'écria Cora, énervée.

-Devine… », chuchota une voix dans son oreille.


De l'autre côté, il ne restait plus que Merlin debout et face à la créature. Albéric méritait un châtiment. L'homme sage décida d'user des pouvoirs de son chapeau magique. Il le toucha et commença à marmonner une incantation en latin. Soudainement, la créature fut forcée de reprendre forme humaine. Le mage roux ne fut que plus nerveux et colérique.

« -Je m'en charge, alerta le vieil homme en allant vers lui, tout en s'appuyant sur son bâton.

-Faites attention, Merlin », répondirent les amoureux en se redressant péniblement.

Le magicien leur adressa un sourire rassurant puis s'approcha de son ancien apprenti. Ce dernier tenta de lui serrer la gorge à distance avec un regard empli de haine. Il voulait le pouvoir. Son pouvoir depuis toujours. Merlin l'enchanteur réussit sans effort à le contrer avec sa magie.

« -Ça suffit, Albéric ! gronda Merlin d'une voix autoritaire.

-Enfin tu daignes m'adresser la parole. Tu sais pourtant que c'est toi qui es à l'origine de toute cette histoire… »

Cette information en surprit plus d'un.

« -J'aurais dû t'arrêter depuis des années. Je compte bien me rattraper, admit Merlin.

-C'est toi qui es le détenteur du grand pouvoir maintenant. Je compte bien te le voler, l'informa son opposant en fixant le chapeau.

-Il faudra me passer sur le corps pour ça, répliqua le vieil homme.

-Je ne demande que ça !»

Albéric fit apparaître une épée et commença à charger son ancien maître. Celui-ci le bloqua avec son bâton… Il s'en suivit un échange des plus houleux sous les regards plein d'appréhension de tout le monde et plus particulièrement de la fée supérieure.


« -Regina ? s'enquit Cora, surprise.

-En effet. Mère, c'est fini. Arrête de te battre. Si tu persistes dans tes plans machiavéliques, si tu restes bornée, tout ce que tu récolteras c'est la mort, déclara-t-elle en enlevant son médaillon, réapparaissant tout en scrutant le ténébreux qui vint à elles.

-Depuis tout ce temps, tu te cachais de cette manière…

-Tu ne devrais pas être étonné par ce tour de passe-passe, ma chère Cora, lança Rumplestiltskin d'un ton sarcastique.

-Je ne te le pardonnerais jamais, cracha la sorcière à celui-ci.

-Jamais, c'est bien long. Malheureusement pour toi, tu peux dire adieu à ta liberté. Il y a une cellule qui t'attend dans les cachots royaux, confectionnée rien que pour toi.

-Tu ferais mieux d'accepter ce sort, Mère.

-Tu as su pour le coffre et c'est toi qui as…

-Si c'était à refaire, je le referais. Pour mes amis, pour ma famille.

-C'est moi, ta famille ! rétorqua Cora, froidement.

-Non. Ma famille ne m'imposerait pas ses choix. Tout ce qu'elle souhaiterait c'est mon bonheur. Tu n'as jamais souhaité le mien. Tu voulais juste réaliser ton rêve. Et… tu as tué, Père et Daniel, mon premier amour. Je ne l'oublierai jamais. Je ne regrette pas de m'être enfuie et de m'être cachée. J'ai à présent ma propre famille. Elle m'aime pour ce que je suis vraiment.

-Je t'ai dit et répété… L'amour est une faiblesse !

-Tu as raison, Regina. Ta mère n'aurait dû jamais oublier ces actions et surtout se passer d'émotions lors de ce genre d'actes. Je propose de résoudre ce problème définitivement », déclara le ténébreux en faisant un signe à la fée blonde.

Celle-ci vint à lui d'un air circonspect.

« -Que comptes-tu faire ? questionna la femme de Robin, d'un air interdit.

-Je vais remettre le cœur de ta mère à sa juste place. Tu retrouveras l'espace d'un instant… ta vraie mère. Elle va ressentir tout ce que jusqu'alors elle a voulu s'épargner, informa-t-il tout en prenant un cœur.

-Non ! » s'écria Cora, ne voulant pas récupérer son cœur.

Il appuya légèrement dessus et un râle retentit de l'autre côté de la salle.

« -C'est l'autre… Impossible de les distinguer », marmonna le père de Baelfire avant de prendre l'autre cœur et de le remettre dans la poitrine de Cora d'un geste brusque.

Elle écarquilla les yeux puis les larmes coulèrent sur son visage. Rumplestiltskin lança ensuite un sort, empêchant que qui que ce soit ne l'enlève, incluant la sorcière.

-Qu'as-tu fait ! » s'exclama-t-elle, ressentant peu à peu les affres des sentiments désastreux de son pauvre cœur.

Regina la relâcha et scruta sa mère avec étonnement. Elle était méconnaissable à présent.

« -Voici ta pénitence Cora. Bien sûr, la rédemption n'est plus possible pour toi, mais soit heureuse d'être toujours en vie. Et ça…, il fit apparaître un bracelet noir et quelconque, te privera de tes pouvoirs »

Le ténébreux le mit à son poignet. Cora tenta de l'enlever, mais en vain, tout en reculant.

« -Tu ne peux pas t'échapper. Adieu, au plaisir de ne jamais te revoir ! » décréta le sorcier avant de l'envoyer par magie dans la cellule faite en son honneur.

Regina détourna le regard et ignora les yeux suppliants de sa mère. Un problème était déjà résolu. Elle rendit le poignard à son amie puis courut auprès de son mari. Rumplestiltskin prit le coffre et Clochette s'élança vers Bleue.


Lors de sa confrontation avec le magicien, Albéric ressentit un broiement dans sa poitrine et se courba légèrement dans un cri rauque avant de fondre de nouveau sur le vieillard avec rage. Le front en sueur, Merlin para les attaques, bien que, peu à peu, il commença à fatiguer avec tous ce condensé de magie et d'attaques physiques. Il n'était plus tout jeune, tout de même ! Face à un manque d'inattention, le mage en profita pour l'érafler sur le flanc droit et la douleur fut si intense, qu'il s'écroula au sol.

« -MERLIN ! s'exclamèrent Emma, Baelfire et Bleue, d'un air horrifié.

-AH AH AH AH ! » lâcha l'enchanteur maléfique en s'approchant de son ancien maître, savourant sa victoire.

Ne supportant pas cette scène, la fée supérieure rompit le bouclier, prête à protéger Merlin. Clochette arriva pile à ce moment et elle lui proposa de prendre sa place, utilisant sa dernière réserve de poussières de fées pour rétablir de nouveau un champ de protection et adressant un sourire apaisant aux jeunes enfants. Bleue acquiesça rapidement puis fonça comme une flèche vers l'homme qu'elle aimait. Le vieil homme grimaça, tout en compressant sa blessure. Albéric brandit son épée, prêt à porter le coup final quand la fée lui bloqua le passage.

« -Ne le touche pas ! gronda-t-elle, d'un ton menaçant.

-Tiens tiens tiens…, réalisa-t-il ébahi, en dévisageant les deux personnages.

-Que fais-tu Bleue ? demanda Merlin faiblement, quelque peu surpris.

-Il est hors de question qu'il touche de nouveau à un de tes cheveux. Il est hors de question que tu meurs, tu m'entends ! s'écria-t-elle, furibonde.

-Intéressant… Depuis quand cela dure? » questionna Albéric, arrêtant son geste et les fixant d'un air amusé.

Ils l'ignorèrent, se regardant avec sérieux.

« -Que… Que veux-tu dire ? Qu'est-ce que ça signifie ? marmonna le vieillard.

-Que je ne te laisserai plus jamais. Jamais…, affirma la fée supérieure en prenant forme humaine, s'agenouillant près de lui et touchant le cœur de son Merlin à deux mains.

-Voyez-vous ça… », ironisa l'ancien apprenti.

Un attroupement se rassembla autour de lui. Plus personne ne se cachait à présent. Quelque chose se tramait… Alerte, il scruta les environs. C'est alors que Rumplestiltskin apparut aux côtés de Merlin et qu'il lui tendit un cœur.

« -Il est à vous. Faites-en bon usage, déclara le père de Baeflire.

-Quoi ?! s'exclama Albéric en réalisant ce que le vieux sage avait en sa possession.

-Comptez sur moi, répondit Merlin, l'œil redevenu vif et alerte, il disparut en même temps qu'Albéric sous les yeux médusés de tous.

-Où… Où sont-ils ? demanda Bleue au ténébreux, inquiète.

-Quelque part où ils doivent régler ça entre eux. Merlin va revenir, ne vous inquiétez pas. Ensuite, nous nous occuperons de sa blessure. Il y a deux docteurs ici, la rassura-t-il.

-Alors c'est fini ? questionna la princesse, en tenant fortement la main de Baelfire et s'avançant vers lui.

-Oui. Plus personne ne vous fera le moindre mal. »

Emma éclata en sanglot et des larmes de joie coulèrent sur son visage. Son compagnon l'enlaça tendrement et lui chuchota des mots d'amour que seuls eux peuvent entendre.

« -Maintenant, nous devrions soigner les blessés et tenter de réveiller les autres, intervint Belle accompagnée de Robin, Regina, Flynn et bien d'autres.

-J'ai presque l'impression d'avoir été invité dans ce but, lança Victor avec un peu d'humour.

-Mais non », souffla Rouge, embarrassée.

Clochette libéra alors le petit groupe et tous allèrent retrouver leurs familles ainsi que leurs amis. Blanche-Neige et David, ainsi que les autres, reprirent peu à peu leurs esprits. Ne quittant jamais sa mallette, ce fut une chance que le docteur Frankenstein ait en sa possession un kit médical. Avec Doc, ils entreprirent de soigner et de panser quelques blessures.

-Que… Que fait-on maintenant ? s'enquit la fée supérieure, désireuse d'avoir l'avis du ténébreux, tout en assistant à tout ça.

-Ma chapelle, ma pauvre chapelle…, sanglota l'homme de cérémonie en passant devant eux, profondément attristé.

-Et si nous remettions tout dans son état d'origine ? » proposa-t-il avec un sourire carnassier.

Il n'eut pas à le dire deux fois. Ensemble, ils utilisèrent leur magie pour effacer tous les ravages causés par Cora et Albéric.


Merlin et Albéric réapparurent près d'un grand chêne entouré de bancs et d'une chaumière en pierre, le tout caché par une forêt luxuriante. Vêtu de nouveau de son chapeau, Merlin essaya de se tenir droit malgré la blessure, le cœur dans sa main droite. Albéric scruta les lieux et le reconnut. Quelques personnes curieuses de cette scène s'approchèrent, silencieuses.

« -Pourquoi m'as-tu emmené ici ? demanda son ancien apprenti d'un air craintif, tout en reculant et se retrouvant coller au chêne magique.

-Parce que c'est ici que cela a commencé et ici, que cela finira. Ton nom ne sera jamais oublié Albéric. Le châtiment que je te réserve permettra aux futurs apprentis à ne jamais prendre les choses pour acquis, à ne jamais se perdre et à ne jamais être égoïste.

-Tu vas me tuer, Merlin ? »

Il se détacha de l'arbre et l'observa. Les formateurs et apprentis écoutèrent religieusement cet échange.

« -Je suis Merlin l'enchanteur, détenteur du grand pouvoir de la magie et l'homme qui parle aux dragons. Tu es jugé Albéric Von Rothbart, qui est loin d'être issu de la noblesse et est encore moins une fierté pour notre peuple. Ma sentence est irrévocable. Tu as su nous montrer à maintes reprises que tu étais sournois, méchant et sans cœur. Or, un homme avec un cœur de pierre mérite le même sort, déclara-t-il.

-Non… Merlin, par pitié ! Non ! » cria-t-il en réalisant ses intentions.

Mais rien n'allait l'arrêter. Merlin transforma le cœur du mage roux en roche et peu à peu celui-ci, agonisant, ne fut plus qu'une statue. On pouvait voir la rage et la douleur se dégager du visage en pierre.

« -Ce lieu sera son tombeau. Je laisse à mes frères et sœurs le soin de choisir le lieu qu'il lui convient le mieux. Vous autres, reprenez vos activités ! » clama-t-il avec sérieux avant de disparaître dans une tornade bleutée.


Bleue était satisfaite du résultat. La chapelle était même plus belle qu'avant. Soudain elle sentit un vent violent derrière elle. Elle se retourna et elle le vit quelque peu souffrant.

« -Merlin est de retour ! J'ai besoin d'un docteur ! lança-t-elle avant d'attraper le vieil homme.

-Tout est réglé…

-Tant mieux. Bon retour… », lui murmura-t-elle avec douceur.

Merlin effleura d'un doigt sa joue avec tendresse et c'est à ce moment-là que Victor apparut et se chargea du sage, faisant ainsi s'éloigner les deux amoureux.

Vingt minutes plus tard, tout le monde avait repris place. Comme au tout début… du moins, à un détail près. Le ténébreux était aux côtés de Belle. Merlin était assis aux côtés de sa Bleue, très content du dénouement qu'il vivait avec elle. Plus personne ne surveillait les portes. Même les 6 nains avaient pris place sur un banc. Emma avança aux côtés de son père sur l'allée principale, un bras enroulé autour du sien puis elle fixa l'autel où l'homme de sa vie l'attendait. Étoile était posé sur l'épaule de Manny et grignotait quelque chose. Il n'avait rien eu de casser heureusement. Tous ses amis et sa famille la contemplèrent avec admiration et émotion. Sa mère tamponna ses yeux avec un mouchoir et son petit frère lui adressa un sourire jovial. Oui, tout était parfait à présent. Enfin, Baelfire et elle allaient se marier… Arrivés à l'autel, son père l'embrassa sur le front et donna sa main à son futur gendre. Ce dernier lui sourit et la prit. C'est alors que l'homme de cérémonie entama son discours… Tous attentif, un silence tranquille régna. Seule la voix de celui qui présidait le troublait. Tout en écoutant, le fils du ténébreux posa ses yeux sur sa princesse. Elle sentit son regard et l'observa à son tour, pleinement heureuse. Puis vinrent les vœux traditionnels…

« -Maintenant, les futurs mariés vont échanger leurs vœux. Ils ont décidé à cette occasion, étant un couple des plus unique : la fille du véritable amour et le fils du ténébreux, de reprendre cette tradition à leur façon, avec leurs propres mots aux yeux de vous tous réunis », déclara l'homme calmement en les montrant à deux mains.

Il leur adressa un signe discret à tous les deux. Ils n'avaient rien préparé. Ils avaient prévu de se laisser porter par leur cœur.

« -Em'… Il y a quelque chose de magique entre toi et moi. C'est comme un champ magnétique qui ne s'explique pas…, entama-t-il en tenant ses deux mains.

-Bae… Il y a quelque chose de physique qui défie les lois. Un charme ésotérique entre toi et moi », ajouta-t-elle, complétant sa phrase.

Le couple se sourit mutuellement face ce lien irréfutable.

« - Ma jolie princesse… Moi, Baelfire sans aucun titre, simple fils de berger de naissance, fils du ténébreux depuis quatre ans, mais complètement fou de toi, je te prends toi, Emma, pour légitime épouse…, déclara-t-il tout en tendant une main vers Manny.

La vieille dame lui confia alors la bague qui symboliserait leur union. C'était une bague en argent qui avait la forme d'une couronne avec des cœurs et quelques diamants. Elle représentait la royauté et l'amour, tout comme sa belle.

« -… À partir de ce jour et à jamais, je serais toujours à tes côtés. Je te soutiendrai, je t'encouragerai dans tout ce que tu voudras entreprendre, je te protègerai et je t'aimerai jusqu'à mon dernier souffle. Mais même la mort n'y changerait rien. L'amour que je te porte est infini. Que ce soit dans la santé ou dans la maladie. Jusqu'à la fin et au-delà, nous serons unis », acheva-il d'un air ému, tout en glissant l'alliance à l'annulaire gauche d'Emma, en compagnie du solitaire en forme d'étoile.

Dans l'assistance, beaucoup de femmes eurent facilement la larme à l'œil, mais il y avait aussi quelques sensibles chez les hommes, notamment Merlin, Gepetto, Graham et Flynn. Une larme de bonheur s'échoua sur la joue d'Emma. Baelfire tendit la main et l'essuya avec affection.

« -Mon bel amour… Moi, Emma, héritière de la couronne, fille du véritable amour, rebelle et totalement amoureuse de toi, je te prends toi, Baelfire, pour légitime époux… »

Pinocchio remit alors l'alliance du futur marié à sa meilleure amie. C'était un anneau en argent, sobre et épuré. Il symbolisait la nature et la fidélité, tout comme son bien-aimé.

« -… À partir de ce jour et pour toujours, je serais près de toi. Je t'aimerai, je te chérirai, je t'encouragerai dans tout ce que tu voudras entreprendre, que ce soit dans la santé ou dans la maladie. Jusqu'à ce que la mort nous sépare… Mais je l'ai déjà traversé et j'ai survécu grâce à notre amour. Alors comme tu le dis si bien… ça ne changera rien. L'amour que je te porte sera éternel. Jusqu'à la toute fin, nous serons unis, conclut Emma en glissant l'alliance sur l'annulaire gauche de son compagnon.

-Par les pouvoirs qui me sont conférés ici en ce jour, je déclare, Emma et Baelfire… mari et femme… » déclara d'une voix forte et claire l'homme de cérémonie.

À peine eut-il fini de discourir, que les jeunes époux s'embrassèrent follement, les mains en coupe sur le visage de leurs âmes sœurs. Tout le monde se leva alors et il eut une salve d'applaudissements, de sifflements. La joie éclatait enfin. Doc frappa joyeusement dans ses mains et quand il vit Grincheux stoïque, il lui donna plusieurs coups de coude contre son épaule. C'était toujours pareil. Déjà au mariage de Blanche-Neige et de Charmant, la situation avait été la même. Le frère étant persistant et d'un engouement bien trop contagieux, Grincheux capitula face à tant de mièvrerie, sourit et frappa aussi gaiement dans ses mains. Les jeunes mariés se prirent la main et passèrent l'allée principale ensemble, suivis par tout leur ami et leurs proches. Ils s'embrassèrent plusieurs fois en chemin, ivres de bonheur. Puis de façon inattendue, le faucon pèlerin se posa sur l'épaule de son maître et se frotta contre ses cheveux. Ni Emma ni lui n'oublieront ce moment-ci.

« -Merci, Étoile. Nous sommes également très heureux » répondit le couple, au comble du bonheur.

L'instant d'après, Blanche-Neige interpella tout le monde et leur demanda à tous de se rendre au château pour célébrer la suite de ce mariage avec les autres invités. Tout le monde reprit leurs calèches et s'impatienta sur la suite des festivités.


Tout se déroula à merveille, que ce soit au vin d'honneur, au repas et pendant la soirée. Emma et Baelfire ne se quittèrent pas une seule fois. Tout le monde vint les féliciter, les remercier, les embrasser et les serrer dans leurs bras. Tous les couples, même naissants, se faisaient des plus complices. Les musiciens continuaient de jouer leurs morceaux. Tout était effusions et rires.

Bien sûr en dehors de cet évènement, il y avait une promesse que le Roi devait tenir aujourd'hui. Il alla délivrer en personne le pirate en compagnie de Clochette. Dans les cachots, on pouvait entendre des pleurs incessants. En les voyant arriver, Hook fut soulagé. David lui ouvrit la cellule et le laissa sortir.

« -Mais qui pleure comme ça ? J'ai failli devenir dingue, s'enquit l'ancien marine, contrarié.

-Cora », se contenta alors de dire le Roi.

Le pirate écarquilla les yeux avant de poser son regard sur la fée blonde. Cette dernière acquiesça d'un air grave.

« -Ok, c'est bon de savoir qu'elle est hors d'état de nuire. Bon eh bien, merci pour votre hospitalité…

-Je vais te montrer la sortie », proposa la jolie blonde avec un sourire aimable.

Le Roi partit de son côté. Quelques minutes plus tard, ils étaient devant l'entrée du château.

« -Est-ce que nous nous reverrons ? J'ai pris l'habitude de te voir et… j'ai apprécié ces moments, souffla-t-il, préoccupé.

-Oui. À bientôt », promit-elle.

À ces mots brefs mais encourageants, il acquiesça tout en passant une main nerveuse dans ses cheveux jais puis prit la route, seul.


Clochette revint dans la grande salle de bal quelque temps après, elle croisa en chemin Merlin et Pinocchio discutant avec sérieux. L'homme de bois acquiesça et le vieil homme lui tapota son épaule, d'un air ravi.

« -Je vais annoncer mon départ. Cela ne prendra pas longtemps…, prévint Pinocchio.

Ce dernier salua tous ces plus proches amis et sa famille. Il promit d'écrire à Emma et à son père puis passa en dernier voir Grace qui discutait avec Gretel et le petit-fils ainé du Roi Midas. En le voyant venir à elle, son visage se décomposa. La fille du Chapelier ressentait effectivement un mauvais pressentiment. Non loin d'elle, son père discutait avec Victor et son amie, mais gardait un œil sur elle. Sur eux maintenant. Elle se dirigea vers lui, inquiète.

« -Tu t'en vas ? le questionna-t-elle, le cœur battant.

-Oui… »

Pinocchio lui remit une lettre et lui prit les deux mains avec tendresse.

« -Tu as toutes les réponses à tes questions dans ce courrier. J'espère que tu comprendras et… s'il te plaît, attends-moi », murmura-t-il tristement sur la fin en serrant les mains de celle qu'il aimait avant de partir, sans un regard en arrière.

Grace fut interloquée. Elle n'eut même pas le temps de dire quoi que ce soit. Elle contempla cette lettre et l'ouvrit dès que Pinocchio et Merlin quittèrent les lieux.

Au même moment, Emma et Baelfire dansèrent amoureusement sur la piste improvisée. Ils étaient dans leur bulle.

« -Oh, avec tout ça… j'avais oublié… Bon anniversaire, ma chère femme… Que ressens-tu maintenant que tu as 18 ans ? demanda son mari en souriant malicieusement, un brin curieux.

-La liberté. Je nage en plein bonheur. Je suis là avec toi… Mon mari…, confia-t-elle d'un air ému.

-Pour toujours.

-Pour toujours…

- Tout portait à croire depuis de nombreux mois que notre amour était impossible et pourtant…, avoua-t-il, pensif.

-Nous sommes là. Nous sommes mariés malgré toutes les difficultés. Le destin était finalement avec nous, pas contre nous…, reconnut la princesse en caressant la nuque de son époux.

- Comme quoi… l'impossible est possible », révéla le fils du ténébreux tout en regardant sa moitié avec amour.

FIN

"Voilà c'est fini" après 3 ans de chemin parcourut avec cette fic. J'espère que vous aurez apprécié cette histoire tout comme moi, j'ai apprécié l'écrire :). Maintenant pour moi, il n'y a plus qu'à poursuivre mes autres fics en cours ;).

Si j'arrive à atteindre 20 review en tout en l'honneur de ces 20 chapitres, vous aurez peut-être une surprise... :)