Mon ordinateur a bugué et j'ai perdu tout ce que j'étais en train d'écrire *pleure*. Sinon, hey hey ! J'espère que vous allez bien :) Voici le chapitre 11 ! Il a été soigneusement corrigé par Vyersdra, merci beaucoup à toi d'ailleurs :) Vous verrez, il sera beaucoup plus plaisant à lire. Pendant que je poste ce chapitre, je joue en même temps à Pokemon X, et franchement, je ne regrette pas d'avoir ressortie ma vieille 3Ds. En plus à l'instant même où je vous parle, mon Roucoups a évolué en Roucarnage héhé. Je n'ai pas Pokemon Go au vu du fait que mon portable n'est pas compatible (malheureusement) mais les bons jeux Pokemon sur Ds sont super alors je ne suis pas trop triste. Bref, j'arrête de blablater, voici le chapitre !
Couples : J'aime vraiment le AkaKuro mais vu la révélation de Kuroko... C'est peu probable.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Même le petit-ami de Momoi ne m'appartient pas :(
ajiahdompey : On a perdu :'( Et j'ai attendu que tu reviews mais tu ne l'as jamais faire snif. Contente que ce chapitre t'ais plu :)
Lawiki : C'est vrai que depuis le début c'était dit, maintenant comment se fait-il qu'ils soient frères hahahaha ? Pour les dettes oui c'est ça en partie :) C'est vrai que Satsuki ne mérite pas ça, je suis désolée de lui avoir fait ça :( Je suis contente, j'avais peur de m'éloigné du personnage donc merci, ça me rassure :) Pour Akashi... Mmmh... On le saura dans le chapitre 12 normalement ! J'ai essayé de rendre la relation entre Kuroko et Aomine la plus réaliste possible car ce n'est pas une histoire d'amour, et ce n'est pas parce qu'on aime une personne qu'on doit forcément être avec elle. J'aime beaucoup Riko, c'est dommage que je ne parle pas beaucoup d'elle dans cette histoire... Et Kise... Haha je crois que c'est mon personnage préféré dans Promesse. Mon pauvre bébé, je lui fait trop de mal... Je suis contente que tu ais apprécié ce chapitre, j'espère que tu aimeras celui-là :)
Cookiiie : Et ce chapitre est encore plus long haha ! Oui c'était dit depuis le premier chapitre mais ça n'avait jamais été confirmer héhé. Moi aussi j'espère un AkaKuro mais... :( Pour toutes tes questions, tu découvriras une partie dans ce chapitre ! Merci de prendre le temps de commenter, j'espère que tu apprécieras ce chapitre :)
Cassou102 : Awww contente que tu ais aimé mon chapitre ! Pour les dettes et bien... C'est un peu une excuse de la part de Midorima, tu ne crois pas ? Haha. Merci de dire que ma fiction est bien écrite, ça me rend heureuse :)
Vyersdra : Je vais en profiter de ces vacances, après ces deux années que j'ai passé à bosser haha ! Merci encore pour m'avoir corrigé :)
Le chemin du retour avait particulièrement été pénible. Dans les transports en commun, personne n'avait osé piper mot et l'ambiance était tellement pourrie qu'au fond, presque tout le monde avait envie de pleurer. Lorsque les joueurs de Seirin et la Génération des Miracles arrivèrent en dehors de la gare d'arrivée, ils se dirent tous un "au revoir" froid, pathétique et sans sentiment, puis, tout le monde – sauf Aomine qui emmena Momoi avec lui – prit un chemin différent – tirant leurs lourdes valises et portant leurs gros sacs – en se souhaitant une bonne fin de vacances. Ce n'était pas hypocrite, mais cela sonnait tout comme. C'était triste de se dire que des vacances qui avaient si bien commencé, qui s'étaient aussi bien déroulées, se finissaient comme ça ; comme si pendant cette semaine, ce groupe d'adolescents n'avait rien partagé, comme s'ils étaient tous de vulgaires connaissances.
Alors qu'il marchait n'importe où, perdu dans ses pensées, la tête baissée, la lèvre fortement mordue par ses petites dents blanches, subitement, Kise fit demi-tour pour rejoindre une certaine personne. C'était un élan de courage qui s'était emparé de lui, et avant qu'il ne disparaisse… Il fallait qu'il lui parle, il n'aimait pas le voir dans cet état, et il se devait d'être là pour lui, de le réconforter, de le serrer dans ses bras même s'il n'aimait pas les câlins. Il fallait qu'il rattrape Aomine. Et quand ce fut chose faite – Aomine s'apprêtait à rentrer dans son immeuble en compagnie de son amie d'enfance – Kise cria presque son nom pour qu'il s'arrête et le remarque. Le mannequin avait presque l'impression d'être dans un shôjô manga tellement que la scène lui paraissait ridicule et surréaliste… Il fallait qu'il se calme.
- Hum… Je vais vous laisser seuls, avait dit Momoi comme si elle avait deviné ce qu'il s'apprêtait à faire, et elle alla s'isoler un peu plus loin, sous l'œil veilleur du métissé.
Aujourd'hui était donc le jour des révélations. Aomine était un garçon battu, Akashi était devenu fou, ce dernier et Kuroko étaient frères, et lui… Lui, était amoureux d'Aomine. Et il allait enfin le lui dire. Il en avait enfin le courage. Cela faisait des années qu'il attendait ce moment, ce moment où il pourrait enfin le lui dire : « Je t'aime Aominecchi ». Ses sentiments pour son ami étaient horriblement forts, terriblement grotesques et effroyablement sincères.
Un rire moqueur retentit dans sa tête. Comme si sa confession allait changer quelque chose. Comme si cette confession allait faire disparaître l'amour d'Aomine envers Kuroko et l'humiliation qu'il avait subie à cause d'Akashi ou encore les traces que son père avait laissées en lui. Cela n'allait absolument rien changer, le mannequin allait juste à son tour se ridiculiser, se prendre un bon gros râteau – le premier de sa vie – et ne plus pouvoir regarder Aomine en face jusqu'à la fin de sa vie. Et c'était peut-être pour cette raison que Kise changea d'avis. Il se dégonfla à la dernière minute mais il ne regretta pas. Pas encore.
- Avec Kurokocchi… Ça va s'arranger, n'est-ce pas ?
Ce n'était pas du tout ce qu'il comptait dire, il ne savait même pas pourquoi il lui avait demandé ça. Le shôjô manga commençait vraiment à devenir réalité… C'était le moment où la meilleure amie du protagoniste allait voir le personnage principal masculin qui s'était plus tôt dans l'histoire disputé avec sa copine – l'héroïne – et lui demandait si tout allait s'arranger entre eux. Et nous pouvions nous dire que quelle que soit la réponse du personnage principal, cela arrangerait sûrement la meilleure amie. « Oui, cela s'arrangera. Tant pis, mon amie et lui seront heureux comme cela. Non, cela ne s'arrangera pas. Tant pis, je l'aurai pour moi. » Mais à ce moment, Kise ne pensait pas comme cela. La question lui avait échappé par pur hasard car il ne savait pas quoi dire pour justifier son exclamation.
Certainement, Daiki se doutait que le blond allait lui poser cette question – parce qu'après tout, c'était Kise. Et Kise se mêlait toujours de ce qui ne le regardait pas parce qu'il voulait toujours aider les autres – car il soupira lourdement avant de détourner le regard et de répondre :
- J'sais pas. Sûrement puisque c'est lui.
C'est vrai. Avec Kuroko, toujours tout s'arrangeait. Personne ne pouvait lui résister. Aomine – qui était amoureux de lui –, Akashi – qui était toujours incroyablement si gentil avec lui. Bon là, on savait que c'est parce qu'ils étaient frères mais quand même –, et Kagami… Kise l'avait remarqué bien évidement. En fait, tout le monde l'avait vu. Même Kuroko avait dû deviner, il en était certain. Kagami n'était pas vraiment discret.
- Mais même si Akashi est son frère, il avait pas le droit de lui dire ça, j'lui faisais confiance tu sais.
- Oui mais tu connais Kurokocchi. Il a sans doute dû demander conseil à Akashicchi parce qu'il ne savait pas quoi faire pour t'aider. Je ne dis pas que je conçois ce qu'il a fait mais… Je le comprends. C'est dur de garder quelque chose comme ça pour soi, de se sentir inutile quand on veut aider la personne qu'on aime, de se sentir impuissant face à une douleur qu'on aimerait bien partager pour que cette personne que l'on aime de toute son âme soit un peu moins triste.
- Depuis quand tu t'y connais aussi bien sur l'amour, toi ?
Les joues du joueur de Kaijô se colorèrent légèrement d'une couleur rosée quand il se mit à penser que c'était à cause de l'homme en face de lui qu'il était devenu comme ça. Mais bien sûr, il ne pouvait pas lui dire ça.
- J'ai toujours été romantique, Aominecchi ! Je sais parler aux femmes, moi ! Euh… en l'occurrence aux hommes aussi, vu que Kurokocchi est un garçon… Enfin bref, ce que je veux dire, c'est que tu devrais réfléchir aux actes de Kurokocchi à tête reposée, et non en amassant une montagne de haine envers lui. J'aurais… J'aurais sans doute fait la même chose si j'avais un frère.
- Mais tu as des sœurs, non ?
- Comme si j'aurais pu parler de ça à ces vieilles mégères.
Et puis, quand il réalisa l'ampleur de ses paroles, la direction dans laquelle la discussion allait, le tournant qu'elle prenait, le cœur du blond rata un battement et Ryôta manqua de s'étouffer. Oh mon Dieu, il était en train de se vendre lui-même depuis tout à l'heure… « Mais heureusement qu'Aominecchi est un idiot », pensa le blond. Parce que ce dernier n'avait rien compris des sous-entendus.
- Je ne suis pas vraiment fâché contre lui. En réalité, je le ressens plutôt comme une excuse pour m'éloigner de lui. S'il croit que je lui en veux, connaissant Tetsu, il va me laisser "respirer" et ne va pas oser venir me reparler pendant quelques temps. Et en attendant, moi j'aurai le temps de laisser passer tout ça.
- Tu parles de tes sentiments envers lui ?
- Ouais.
- Mais je ne comprends pas : pourquoi vous ne vous remettez pas ensemble alors que vous vous aimez ? Quel est le problème avec ça ?
- Y'a pas de problème, c'est comme ça, c'est tout.
- C'est… dommage.
Et Kise le pensait vraiment. C'était dommage que deux personnes amoureuses, faites l'une pour l'autre, des âmes-sœurs aux yeux de leurs compères, ne soient pas ensemble. Il n'était pas comme la meilleure amie qui voulait à tout prix le protagoniste, quitte à faire souffrir sa camarade, à créer des disputes, des quiproquos, des emmerdes.
- Alors… c'est réellement fini avec Kurokocchi… ?
- Oui…
- Kagamicchi va te le voler, tu sais.
- Il va rien voler du tout vu que Tetsu m'appartient pas.
Il y eut un silence. Puis Kise tourna les talons et annonça à Aomine qu'il devait partir parce qu'il avait quelque chose à faire et qu'il passerait dans la soirée. Le bleu n'eut même pas le temps de lui dire au revoir que le mannequin était déjà parti en courant. Non en direction de sa demeure, mais vers celle d'un de ses autres amis. Lui aussi, il devait lui parler. Il devait savoir. Il devait comprendre. Pour pouvoir être sûr. Mais sûr de quoi ? Lui-même ne le savait pas. Qu'est-ce qu'il était un garçon compliqué… À se mêler toujours de tout, à toujours vouloir jouer les bons Samaritains, à toujours vouloir aider les autres, à préférer souffrir plutôt que d'être heureux. Arrivé devant chez lui, il lui posa exactement la même question qu'il avait demandée à Aomine, il continua son même discours, déclara le même speech.
- Kise-kun, nous avons grandi, nos sentiments ont évolué, peut-être changé, et je veux réellement garder ma belle amitié avec Aomine-kun, et me remettre avec lui serait peut-être une erreur, même si je l'aime encore.
Et c'est à ce moment, perdu en face de Kuroko, que Kise se demanda finalement ce qu'il était en train de faire. N'était-il pas censé se confesser à Aomine ? Alors… pourquoi essayait-il de les remettre ensemble alors que lui-même aimait Aomine ? La meilleure amie, elle avait raison. Elle voulait être heureuse avec l'homme qu'elle aimait, et c'était pour cela que – quelques fois sans le vouloir – elle créait toute ces embrouilles, ces situations de merde, ces disputes, ces cris, ces pleurs. Elle voulait juste être heureuse. Et Ryôta voulait aussi être heureux. Mais il ne pouvait faire ça. Il ne pouvait pas être heureux. Il se l'interdisait. Le bonheur de ses deux amis, c'est ce qui comptait le plus pour lui, quitte à ce qu'il en ait mal lui aussi.
- Est-ce que tu vas bien, Kise-kun ?
Ryôta se mordit les lèvres, puis en moins d'une seconde, fit un de ces sourires faux qu'il avait appris pendant le tournage d'une de ses publicités pour dentifrice de pacotille.
- Oui. Tout va bien.
L'amour, que ce soit en amitié ou de façon romantique, c'était vraiment chiant.
oOoOo
Midorima était assis à son bureau, quelques feuilles de cours en face de lui pour reprendre le rythme de l'école alors que la rentrée n'était que dans deux semaines, mais il n'était pas concentré. Comme certainement tout le monde, il repensait à cette fin de vacance pathétique qui lui donnait envie de se faire un lavage de cerveau pour pouvoir oublier tout ça. Et le fait que Kuroko ait avoué qu'Akashi et lui soient frères… Il ne s'attendait pas à ce que le bleu le fasse. Cette histoire était taboue, Akashi n'aimait pas en parler et Kuroko n'en parlait justement pas pour ne pas gêner Akashi. Et lui… Lui aussi, n'en parlait pas, parce qu'il savait que cela faisait souffrir son meilleur ami. Il était le seul au courant, le seul à connaître la vérité, ce qui se tramait entre les familles Kuroko et Akashi. Et il savait bien que personne d'autre ne devrait savoir le fin fond de l'histoire, au risque de déshonorer les deux familles.
Ce ne fut que lorsque quelqu'un sonna à la porte que Shintarô put se libérer des entrailles de ses songeries et qu'il put enfin se focaliser sur les papiers posés sur la table. Mais cet instant fut de courte durée. Sa sœur venait de crier que le visiteur n'était autre que ce crétin de Takao. Il venait à peine de rentrer et voilà déjà que cet imbécile voulait le voir… Sûrement pour connaître tous les détails croustillants de l'histoire. Quand le vert descendit les escaliers pour "accueillir" à sa façon son ami – c'est-à-dire d'un air froid et ennuyé, comme d'habitude, alors qu'au fond il était heureux le revoir – il surprit Kazunari littéralement en train de draguer sa sœur. Sa sœur de quatorze ans. Lorsque les deux garçons remontèrent dans la chambre du lunetteux, ce ne fut qu'après le moment où la bosse sur le crâne de Takao fut réellement voyante. Cependant ce n'était pas ça qui avait fait disparaître le sourire des lèvres du brun. A peine arrivé dans la pièce, il se coucha sur le lit de Shintarô et quand il fut bien installé, le visage de Kazunari changea tout d'un coup, et son sourire disparut pour laisser place à un air sérieux.
- Alors ?
- Quoi, alors ?
- Je le vois bien quand quelque chose ne va pas, Shin-chan. Et tu sais bien que tu peux tout me dire. Alors je t'écoute.
Midorima ne put s'empêcher de soupirer. Takao le connaissait si bien… Et quelquefois c'était si énervant de se dire que quoique tu fasses, quoique tu ressentes, une personne sera toujours là pour le remarquer. Cette personne pour lui, c'était son coéquipier. Cet homme qui le suivait partout, faisait tout un tas de chose pour lui et se laissait "utiliser", tel un vassal, toujours par lui.
- Ce qui s'est passé là-bas reste là-bas, c'est ce que nous avons conclu.
C'était faux, mais il fallait absolument qu'il trouve un motif pour ne pas tout révéler à son ami. Parce que Midorima se connaissait également, et il savait très bien qu'il lui disait tout. Le comportement différent d'Akashi, les problèmes qu'il y avait entre ses parents, la relation entre Kuroko et Aomine, le "petit ami" de sa sœur, ses propres doutes… Voilà pourquoi Takao le connaissait autant. Il ne pouvait rien lui cacher, c'était plus fort que lui et ça commençait à lui faire peur. Et la seule chose qu'il avait toujours réussi à ne pas dire était le véritable lien entre Kuroko et Akashi. En même temps, il n'avait jamais été vraiment sûr. Akashi lui avait fait de nombreux sous-entendus mais n'avait jamais dit clairement la chose, et il avait fini par deviner mais n'avait jamais posé la question. Et pourquoi parler de quelque chose qui ne nous regarde pas en plus d'être quelque chose dont nous ne sommes pas sûr ?
- Donc tu ne vas rien me dire ?
Bien sûr, il pouvait raconter les petits déboires du début des vacances, ce n'était pas très important. Mais la suite, il devra la garder pour lui. C'était une obligation. Pourtant, comme expliqué précédemment, lorsque Takao lui demandait quelque chose, Midorima ne pouvait pas le lui cacher. Et puis de toute façon, à quoi bon ? Akashi ne lui avait jamais dit de ne pas le dire, et c'était Takao, ce n'était pas comme s'il allait le raconter à tout le monde, il avait toujours gardé tous ses secrets. Il pouvait lui faire confiance. Et en plus, Shintarô sentait qu'il avait besoin de se confier. Alors voilà. Il ne lui fallut pas longtemps pour craquer et lui dire tout ce qu'il avait sur le cœur : de l'horrible découverte du corps mutilé de Momoi jusqu'à ce qu'ils décident tous de rentrer à l'hôtel, l'ambiance étant trop mauvaise pour aller dans un restaurant.
- Frères… ?
- Oui, Akashi-kun et moi sommes frères.
Le petit bleu se tourna vers les autres – qui le regardaient comme s'il venait d'une autre planète – puis croisa le regard du petit rouge qui s'était approché de lui, avant de lui sourire tristement et de continuer :
- Je suppose que nous avons des choses à vous dire.
- Oui, parce que là, je ne comprends plus rien… avait renchéri Kise.
Kuroko se mordit la lèvre tandis que le capitaine de Rakuzan recommença à regarder au loin. Il n'était pas prêt à parler de ça. Tetsuya devrait se débrouiller seul.
- Akashi-kun et moi sommes demi-frères. Nous avons la même mère mais pas le même père.
La révélation était vraiment brutale. Qu'est-ce que les joueurs de basket et les deux jeunes femmes pouvaient répondre à cela ? C'était inconcevable que de se dire que ces deux-là étaient frères ? Mais comment se faisait-il que la première fois qu'ils s'étaient vus, ils avaient paru être des inconnus ? Et pourquoi avaient-ils gardé le secret ? Etait-ce donc ça, la raison de cette proximité entre eux ? Le fait qu'Akashi était beaucoup plus doux avec Kuroko qu'avec les autres ? Mais aussi… Le "grand frère", il y a trois mois pendant la Winter Cup, c'était ça aussi ? L'équipe de Seirin n'y avait plus y pensé avec tout ce qui était arrivé.
- Pourquoi est-ce que tu ne me l'as pas dit avant, Tetsu ? dit Aomine, d'une petite voix, comme s'il avait la gorge serrée.
- Je l'ai su… Un peu avant notre séparation. Et puis c'était dur à avaler, Akashi-kun et moi-même n'en parlions pas. Nous avons pris du temps avant de pouvoir accepter… ça.
- Nous avons été séparés quand nous étions petits car mon père a obtenu ma garde. Il n'y a rien d'autre à dire.
La discussion aurait très bien pu se terminer là, mais le groupe d'amis comportait un membre qui ne réfléchissait pas avant de parler, qui posait beaucoup de questions innocemment, sans se rendre compte des fois qu'elles pouvaient être gênantes. Ainsi, la phrase sortit tout naturellement de sa bouche, c'était une vraie interrogation qu'il se posait, et vraiment, il ne comptait embarrasser personne. Mais le mal était déjà fait.
- Mais comment cela se fait-il… ? Kurokocchi est né avant Akashicchi et… Oh.
Oui, il avait bien fait de fermer sa bouche. Tout le monde se disait ça à ce moment. Si Kuroko était né avant, Akashi après, mais que la mère de Kuroko était avec le père de ce dernier, il n'y avait qu'une seule raison à ça. L'infidélité. C'était la seule réponse qui venait à tout le monde et cela devait être la cause même de ce lien unissant l'ancien capitaine et l'ancien passeur de Teiko. Kise regretta amèrement d'avoir posé cette question et se mordit la lèvre. L'atmosphère était vraiment lourde maintenant, le regard d'Akashi s'était assombri et Kuroko n'osait même pas le fixer dans les yeux.
- Je… Je suis désolé.
- Pourquoi tu t'excuses ? Ce n'est pas à toi de t'excuser.
L'intervention d'Akashi fit tous les regards se tourner vers lui. Ce dernier s'approcha un peu plus de son frère – maintenant, nous pouvions le dire – et attrapa sa main. Et c'est avec un pauvre regard rempli de toutes les tristesses du monde mais d'une certaine façon, d'une espèce d'once de joie – peut-être était-ce à cause du fait que Seijurô souriait – il déclara à Tetsuya :
- Excuse-moi d'exister.
C'était clair, net, tout le monde comprenait pourquoi il disait cela. Un enfant né hors mariage, illégitimement, dans un couple d'amants infidèles… L'enfant aura toujours cette envie, ce besoin de s'excuser auprès de la vraie famille. Cela n'avait pas dû être facile pour les parents. La gifle que Kuroko venait de donner à Akashi surprit tout le monde.
- Akashi-kun, je suis heureux que tu sois là. Et je suis sûr que je ne suis pas le seul. Alors ne t'excuse jamais d'être ce que tu es.
Seijurô avait massé sa joue en silence tandis que Kuroko s'était tourné vers Aomine pour lui présenter ses excuses. C'était vrai, il en avait parler à Akashi. Juste à Akashi, parce qu'ils se disaient tout. C'était sa seule excuse. Aomine n'avait rien dit. Il avait juste gratté le derrière de sa tête, avant d'attraper Momoi par la main et prendre le chemin de l'hôtel. Tout le monde l'avait suivi en silence.
Takao l'avait toujours écouté sans un bruit lorsqu'il lui racontait une de ses mauvaises aventures, un événement qui l'avait énervé, contrarié ou attristé, et aujourd'hui rien n'avait changé. Jusqu'à la fin, le brun avait été attentif. Il n'avait pas bougé, ne s'était même pas gratté, n'avait pas ri, pas dit un mot… Et maintenant que l'histoire prenait fin, celui qui possédait le Hawk Eye se releva délicatement du lit de son ami, et dit ces quelques mots :
- Je vois. Mais tu devrais pas te prendre la tête avec tout ça, Shin-chan.
Toujours aussi doucement, lentement, Takao s'approcha de Shintarô, passa par derrière ses bras autour de la nuque de son ami toujours assis à son bureau et lui chuchota à l'oreille :
- Détends-toi, c'est toujours toi qui dois régler les problèmes de tout le monde. Viens dormir à la maison, il n'y a personne ce soir.
Se détendre… Ce mot ne faisait pas vraiment partie de son vocabulaire mais…
- Pourquoi pas…
Takao avait toujours les mots justes pour l'amener dans ses conneries. Il arrivait tout le temps à lui faire dire ce qu'il voulait, à lui faire faire n'importe quoi, à lui faire entendre ce qu'il désirait. Ou alors, peut-être que c'était juste parce que c'était Takao justement, qu'il acceptait de le suivre sans penser aux conséquences.
oOoOo
Kagami pensait au fait qu'il voulait vraiment se déclarer à Kuroko avant de partir. C'est vrai qu'avant… Il pensait que le fait de ne rien dire à Kuroko était peut-être mieux pour tous les deux et surtout pour le petit bleu mais… Plus il y réfléchissait – non-stop depuis maintenant une semaine depuis le retour des vacances – plus il se disait qu'il ne voulait pas partir sans lui avoir dit ce qu'il ressentait réellement à son égard. Il ne voulait pas garder ça pour lui pour après, en revenant, voir Kuroko dans les bras d'un autre. Il ne le supporterait pas. Et même s'il avait dit qu'il ne le ferait pas, finalement, dans le cas où il se prendrait un râteau – et il y avait beaucoup de chance pour que ça finisse comme cela – il se disait qu'au moins, il aurait une année tout entière pour s'en remettre et pour faire face à son ami. Oui, c'était décidé, il allait le lui dire aujourd'hui. Ou peut-être pas… "Taiga, tu fais vraiment chier", pensa-t-il. Oui, il se soûlait lui-même. Parce qu'il était si indécis que cela en devenait vraiment… Chiant. Il était pratiquement sûr que quand il avait su qu'il était amoureux de Kuroko, Aomine n'avait pas fait autant de simagrées. Il s'était déclaré, sans penser que cela aurait pu poser un problème à son équipe ou que sa relation avec Kuroko aurait pu en pâtir. Il l'avait fait parce que le lui dire lui semblait normal, et il n'avait pas dû attendre des semaines avant de se décider. Eh, mais déjà, depuis quand il se comparait à Aomine ? Cette histoire lui faisait complètement perde la tête.
- Kagami-kun, concentre-toi.
Les paroles de Riko eurent un effet immédiat et Kagami se força à se remettre dans le bain pour ne pas énerver son coach. L'équipe de Seirin s'était bien reposée et avait perdu beaucoup de temps à ne rien faire pendant les vacances. Maintenant, le basket allait reprendre, et il devait être prêt pour l'Inter-High, qui se dérouleraient dans quelques mois. Enfin… Il ne sera même pas là pour les accompagner à ce championnat… En fait, il n'avait même plus besoin de s'entraîner puisqu'une fois en Amérique, il était hors de question de jouer en compétition dans sa nouvelle école. Après tout, il allait juste passer un an là-bas, puis il reviendrait ici, à Tokyo, et il retrouverait ses bons vieux amis, le Maji Burger, Nigô et surtout Kuroko. Et puis, dire qu'il n'avait pas besoin de s'entraîner était complètement idiot en fin de compte. Le basket était toute sa vie, et s'il voulait encore plus s'améliorer et ne pas perdre ses repères, il devait continuer à jouer, coûte que coûte.
- Kagami-kun, tu es sûr que tu vas bien ? Tu n'as pas l'air d'être parmi nous et tu n'as pas parlé depuis que tu es arrivé.
Tous les yeux de ses coéquipiers se tournèrent vers lui pour le dévisager. Maintenant que Riko le disait, c'est vrai que Kagami agissait bizarrement. « Peut-être était-il malade ? » Avait pensé l'équipe. Taiga pouvait également sentir le regard de Kuroko sur lui, comme si ce dernier le scannait pour découvrir ce qu'il cachait – ce qui était un peu effrayant, il fallait bien l'avouer, à cause du regard incroyablement impassible du passeur. L'As soupira. Il serra les poings, prit une grande inspiration et, c'est là que, sans qu'il ne sache comment, sans qu'il ne doute de lui, sans que la peur ne s'empare de son corps, il eut la force d'annoncer son départ car il semblait que c'était le moment idéal pour le faire.
Donc, il le fit.
Au début, personne ne réagit. Même pas de "c'est une blague ?" ou de "qu'est-ce que tu racontes ?" ou encore de coup de poing de la part de la coach. Rien, le silence absolu. Et puis, avec un calme déconcertant, Riko lui demanda les raisons de son départ, Hyûga chercha à avoir un peu plus de détails comme le temps de son absence et si tout était déjà prêt tandis que Kiyoshi déposa une main sur son épaule pour la caresser délicatement, comme pour le rassurer. En voyant tout de même le visage un peu attristé – la tristesse de devoir quitter un ami – des – bientôt anciens – premières années, Kagami assura à tout le monde qu'il reviendrait dans un an pour ne pas perturber ses études, mais qu'il reviendrait, et que c'était le plus important. Et il finit son speech avec le cliché de la promesse. Tout le monde – sauf Kuroko qui était resté à sa place – se jeta alors sur lui pour lui faire un câlin, lui gratouiller les cheveux – ça c'était les senpai – et il le reçut, ce coup de poing qu'il redoutait. Néanmoins, il avait imaginé des cris, une colère noire venant de Riko, un dégoût de la part de certains de ses coéquipiers au vu du fait qu'il les abandonnait juste avant une compétition mais… Non. Tout le monde l'encourageait à y aller, lui disant qu'il devait être avec sa famille et qu'ils comprenaient son choix. Et Kagami se demanda bien pourquoi il avait pris autant de temps à leur dire. Cette équipe, elle était ses amis, et il les considérait déjà presque comme sa propre famille.
- Au fait, quand est-ce que tu pars ?
- Dans trois jours.
Par contre, la réponse du roux ne plut mais alors pas du tout à la jeune femme. Soi-disant il avait mis beaucoup trop de temps à le leur dire – ce qui était vrai – et qu'elle pouvait concevoir qu'il avait peur mais son départ était beaucoup trop précipité et que maintenant, ils devaient vite trouver un temps pour lui faire une fête de bon voyage. Tout le monde se mit alors d'accord pour demain soir – pour ne pas que Kagami soit trop fatigué avant son départ – et la fête se ferait d'ailleurs chez le principal intéressé – qui n'avait pas eu son mot à dire.
Une fois tout le monde éloigné et la discussion terminée, Taiga put le voir, le sourire de Kuroko. Le genre de sourire sincère, pleins de bons sentiments, qui vous font craquer et vous rend encore plus amoureux que vous ne l'êtes déjà ; et Kagami eut envie de le prendre dans ses bras, mais cette fois-ci, il n'en eut pas l'audace. De toute manière, il devait se déclarer ce soir alors bon… Il aurait tout le temps de prendre Kuroko dans ses bras.
Bien évidemment, là aussi sur ce coup, sa bravoure disparut. Et Taiga se demanda bien quand il allait pouvoir se confesser au vu du fait qu'il partait dans deux jours, vingt-deux heures, cinq minutes et trente-six secondes.
oOoOo
Assis sur le soyeux tapis en poils dont on ne sait quoi de la grande chambre de Shintarô Midorima, un oreiller en plumes d'oie en-dessous de ses fesses parce que Monsieur était beaucoup trop fragile et de ce fait, la douceur du tapis ne lui suffisait point, Kise s'arrachait presque les cheveux tant que le sujet de sa discussion – avec le propriétaire de la chambre mais aussi avec Murasakibara – lui donnait mal à la tête, envie de vomir, de péter un câble, de tout casser, mais principalement, de pleurer tellement qu'il était désespéré. Akashi, Kuroko, Aomine et Momoi n'avaient pas été convié à cette réunion secrète de la Génération des Miracle – une idée de Kise, vous l'aurez tous deviné – alors que Atsushi se demandait bien pourquoi il était venu tandis que Midorima se demandait pourquoi la réunion était chez lui – parce que justement, cette discussion secrète était à leur propos.
- Entre un Akashicchi qui perd la tête, une Momoicchi qui… qui a un petit ami violent – d'ailleurs personne n'a reparlé de ça, faudrait qu'on prenne de ses nouvelles… – et un "couple" qui jouent aux cons, on est mal barré les gars. La Génération des miracles a sombré.
Midorima se contenta de soupirer alors que Murasakibara engloutit à une vitesse son troisième paquet de chips, pour pouvoir prendre la parole tranquillement :
- Hey, je dis ça comme ça mais je pense que vous ne devrez pas vous occupez de ça.
- Comment ça ? demanda Kise.
Le violet prit un nouveau paquet qu'il ouvrit sans trop de difficulté grâce à ses grosses mains, et attrapa une énorme poignée de chips qui finit dans sa bouche. Il mâcha lentement, sous le regard de ses deux amis qui attendaient sa réponse avec un peu d'impatience. Midorima trouvait déjà impoli que le garçon commence une discussion avec eux mais la coupe juste pour se goinfrer, de plus en faisant d'horribles bruits se rapprochant de porcs dévorant leurs abjects repas – si on pouvait qualifier ça de repas. Mais le supplice s'arrêta pour le plus grand bonheur du vert et le suspens prit enfin fin. Murasakibara secoua ses mains pour se débarrasser du sel collé à sa peau – Shintarô sentit la colère monter en lui, c'était vraiment dégueulasse – et répondit :
- La seule personne pour qui on doit se faire du souci c'est Satchin, parce qu'Akachin ne nous dira jamais rien et Kurochin et Minechin font leur vie. S'ils veulent pas se remettre ensemble, même s'ils s'aiment, c'est leur problème, on peut rien y faire. Je pense.
Il reprit une bouchée de chips, sous les yeux – quelques peu médusés – de ses camarades. C'était rare de voir Murasakibara parler dans une discussion aussi… complexe. D'habitude, il ne donnait pas son avis, s'enfermant dans sa bulle. Mais le pire restait à venir car, Ryôta n'eut même pas le temps d'en placer une – en réalité oui vu le temps qu'Atsushi prenait pour avaler mais il était tellement déconcerté qu'il n'eut pas le temps de saisir cette occasion – que le joueur centre de Yosen reprit :
- Vous devriez plutôt vous occuper de vous, vous avez sûrement des problèmes ou quelque chose à vous reprocher vous aussi.
Et c'était vrai. Kise aimait Aomine et Midorima se sentait redevable à Akashi. Mais comment pouvait-il le savoir ? Ou du moins, s'en douter ? Les observait-il en cachette ? Ou peut-être qu'en fait, Murasabikara n'était pas aussi idiot qu'il en avait l'air, même s'il agissait tout le temps comme un enfant de deux ans et qu'il faisait du bruit en mangeant, ce qui commençait vraiment à irriter Midorima.
- Mais Murasakibaracchi, d'accord pour Aominecchi et Kurokocchi, mais je ne comprends pas comment tu peux être aussi calme, aussi je-m'en-foutiste par rapport à Akashicchi.
- Bah… Je suis pas au courant de toutes vos histoires, vos secrets ou vos manigances. Enfin, ce que je veux dire c'est qu'on me met jamais au courant et si on le fait pas, je suppose que c'est parce que je suis pas censé être au courant ou alors on a peu confiance en moi pour me le dire. Midochin, je suppose que Akachin t'a parlé, et pareil pour toi Kisechin avec Minechin. Moi, je vais pas chercher à creuser plus si je vois que le sujet est délicat ou douloureux, alors on dirait peut-être que je m'en fous mais ce n'est pas vraiment le cas. Je crois.
Et puis après ça, il vida d'un coup de main tout son paquet de chips en laissant tomber les rondelles de pommes de terre frites dans sa grande bouche et en les mâchant à un rythme saccadé. Mais pour la première fois, ces gestes n'énervèrent pas Shintarô et Kise, lui, ne pouvait détacher son regard de son ami aux cheveux couleur lilas. Alors… Murasakibara s'en souciait mais ne disait rien pour ne pas déranger personne… Ils n'avaient tous les deux pas réalisé. Et c'était malheureux que de se dire que depuis tout ce temps, ils négligeaient un ami qui se faisait du souci pour eux. Au fond, ils ne connaissaient pas vraiment Murasakibara, même s'ils le considéraient bien évidement comme un de leurs meilleurs camarades.
- Je… Je suis désolé Murasakibaracchi… murmura Kise, et même Midorima prononça cette phrase, ce qui était bien rare chez lui.
Murasakibara les regarda de son air ennuyé. Maintenant, ils étaient désolés ? Ils n'avaient pas besoin de l'être. Tout allait bien, ce n'est pas comme si tout cela le rendait triste. Ou pas. Il ne savait pas vraiment. Il ne voulait pas le savoir. Savoir le rendrait triste, et il ne voulait pas être triste. Triste, parce qu'il saurait qu'il est triste. Et triste parce qu'il saurait qu'il ne l'est pas – ce qui le forcerait à se poser des questions sur sa façon à recevoir des émotions.
- Je… Je suis amoureux de Aominecchi. C'est pourquoi j'ai envie que les choses s'arrangent avec Kurokocchi.
Après son premier bégaiement, Ryouta avait déballé sa phrase tellement rapidement que les deux autres n'étaient pas vraiment sûrs de l'avoir comprise. Pourtant, aucune surprise ne se lut sur leur regard, comme s'ils étaient déjà au courant ou que tout simplement, cette révélation ne les étonnait pas. Après tout Kise était un grand sensible, et il trainait tout le temps dans les pattes du grand bleu avec ses "Aominecchi" par-ci et ses "Aominecchi" par-là.
- Ce n'est pas un peu contradictoire ? Remarqua Midorima.
- Ne te moque pas, Midorimacchi ! Leur bonheur à tous les deux est très important pour moi !
Shintarô ne répondit pas, ne trouvant pas fondamental d'essayer de comprendre la logique de Kise. Il se contenta juste de remonter ses lunettes d'un air embarrassé et déclara :
- Akashi est mon meilleur ami, je suis obligé de l'aider.
Bien évidemment que les histoires de dettes, de sentiment redevable ou autres n'étaient juste que des excuses pour le lanceur à trois points. Devant les autres, il déclarait que Akashi était son rival, mais en réalité, il était la personne la plus proche de lui. Son meilleur ami.
- C'est la première fois que tu le dis à voix haute mais on le savait déjà, tu sais.
- Tais-toi.
Kise rit un moment avant de se tourner vers Atsushi.
- Et toi, tu n'as rien à nous dire, Murasakibaracchi ? On est là pour toi tu sais, et on ne te mettra plus jamais de côté.
"Tout de suite les grands mots", pensa Midorima. Kise était beaucoup trop compatissant…
- Hum… réfléchit un moment le géant, comme s'il hésitait entre un tas de choses pour finalement avoir une illumination.
Il continua donc, d'un air soucieux au visage :
- J'aime un peu trop les chips.
Le blond et le vert ne purent retenir un éclat de rire devant le violet qui ne comprenait absolument pas ce qui les amusaient autant, et tout cela rendit l'atmosphère un peu plus légère.
- Il n'y a pas quelque chose d'autre que tu aimes trop à part les chips ? Parce que ça aussi, on le savait déjà hein.
- Non, je ne vois pas autre chose.
Atsushi continua cependant de réfléchir. Les umaibo... ? Les fraisiers de chez le pâtissier d'en face… ? La soupe miso de son grand frère… ? La soupe de Mochi lors de la nouvelle année… ? Murasakibara fut pris dans ses songeries pendant quelques minutes, lorsqu'un mot apparut dans sa cervelle, terrassant tous les autres. Oui, il y avait bien autre chose. Comment avait-il pu… sortir de sa tête ? Lui qui y pensait pratiquement tout le temps. Et c'était même quelque chose qu'il aimait plus que les chips. Quand son nom lui vint à l'esprit, Atsushi n'hésita pas et le prononça. Oui, c'était ça, qu'il aimait le plus au monde.
- Muro-chin.
oOoOo
Ils étaient déjà tous à l'aéroport – les trois jours avaient passé si vite… – en train de pleurer pour les sensibles et de faire leurs adieux à Kagami. Enfin, tous, c'était vite dit car il manquait une personne essentielle à l'appel, et cette personne n'était autre que Kuroko. Tout le monde n'attendait plus que lui, alors qu'il ne restait plus que cinq minutes à Taiga avant de partir. Ce dernier était un peu contrarié car Tetsuya était la personne à laquelle il avait le plus envie de voir maintenant, et il n'était toujours pas là. Cependant, il y avait bien une raison à tout ça et Kagami ne désespérait pas.
- Il avait rendez-vous avec la Génération des Miracles, alors peut-être qu'il n'a pas réussi à se libérer plus tôt, dit Kagami.
- Oui mais quand même, il avait dit qu'il serait là et ce n'est pas son genre de dire des choses pour ne pas les respecter après, répondit Riko.
En tant que maman du groupe, elle s'inquiétait déjà de ce qui avait pu arriver à son camarade, mais son inquiétude disparut vite pour faire place à de l'agacement quand elle le vit arriver au loin en s'excusant de son retard, et elle l'enguirlanda presque devant tout le monde, alors que le passeur resta comme à son habitude stoïque, n'ayant même pas l'air de l'écouter. Tout ce qu'il voulait, c'était voir Kagami, une dernière fois, et de lui dire au revoir. Quand la coach comprit les intentions de Tetsuya, elle le laissa tranquille et s'éloigna avec les autres pour leur laisser un peu d'intimité.
- Yo, Kuroko.
- Kagami-kun.
Les deux garçons se regardèrent dans les yeux un moment, avant que Kuroko ne sorte un petit porte-clé avec un – Nigô – Husky sibérien ou un Malamute de l'Alaska* accroché avec, expliquant que c'était la raison de son retard car il s'était décidé à l'acheter qu'il n'y a quelques minutes, c'est-à-dire sur l'allée du chemin vers l'aéroport.
- J'espère que tout se passera bien avec ton père, fais attention à toi et je te souhaite un bon voyage et un bon séjour là-bas. On s'appellera.
Taiga hocha la tête et en entendant la voix de l'informatrice expliquant que les passagers du vol 187 en direction de **** devait se rendre en salle d'embarquement, il attrapa son sac et un sourire triste se forma sur ses lèvres. Voilà, il allait enfin quitter Kuroko, ses amis, Tokyo… Kuroko… Ce dernier le fixait, de son regard impassible, de ce fait Kagami n'arrivait pas à lire en lui, à savoir s'il était attristé de par son départ ou s'il s'en fichait juste. La seconde option l'étonnerait beaucoup. Après tout, Kuroko et lui étaient devenus meilleurs amis et… Il ne put réfléchir plus longtemps car au loin, il aperçut le regard tueur d'une Riko, une étrange aura l'entourait, lui faisant signe de faire quelque chose. Quelque chose ? Il ne comprit qu'en voyant Kiyoshi – tout en lui lançant un regard désolé – faire un cœur avec ses mains. Et puis, tout Seirin se mirent à faire le même geste. Et Kagami devint aussi rouge que le sang à l'intérieur de son corps qui commençait à chauffer. Ok, il fallait qu'il se lance. Il allait le faire. Il était prêt.
- Écoute, Kuroko, j'ai quelque chose à te dire.
Tetsuya lui lança un regard concerné, pour lui faire comprendre qu'il l'écoutait, et Kagami sentit sa respiration s'affoler et son cœur battre la chamade. L'Ace inspira un bon coup, se sentant vraiment mal tout d'un coup, mais il ne pouvait plus reculer maintenant. Ainsi, il se lança, déchargeant un immense poids de son cœur, relâchant une énorme bouffée de mal-être :
- Je t'ai-
- Shht…
Le doigt de Tetsuya se posa délicatement sur ses lèvres, et un sourire vint prendre place sur son visage. Le même sourire qu'il faisait lorsqu'il était vraiment heureux, et même si dans la tête de Kagami c'était l'apocalypse parce que Kuroko venait de le stopper alors qu'il s'apprêtait à relâcher tout ce que son cœur contenait, il ne put s'empêcher d'admirer ce sourire. Ce sourire si rare qu'il aimait tant.
- Kagami-kun, tu sais sûrement que je ne peux pas encore te répondre par la réciprocité.
En une seconde, le monde de Taiga s'écroula, et son cœur se brisa en de millions de morceaux de verres impossibles à recoller sans en voir les fissures. Mais il s'en doutait… Il savait que ce serait la réponse de Kuroko… Sauf que même en sachant, cela faisait si mal…
- Je suis désolé.
Eh bien, c'était terminé. Il allait partir maintenant. Bon… Il ne devait pas s'en aller sur de mauvaises bases avec Kuroko. Il devait se reprendre, sourire, combattre ses démons et…
- Mais conserve ta confession s'il te plait. Car j'aimerais que tu me la fasses le jour où je pourrai te répondre : "Moi aussi, je t'aime".
Que… Quoi… ?
- J'attendrai ton retour. Je te le promets.
Kuroko lui donnait une chance, Kuroko acceptait de lui donner une chance…
Et ce geste, cet acte, il ne put s'en empêcher, c'était plus fort que lui, incontrôlable, indépendant de sa volonté… Ses lèvres se posèrent sur celles de Tetsuya, et ce dernier ne le repoussa pas. Des bruits de pas résonnaient au loin, deux personnes – deux hommes – couraient à vive allure, comme si elles poursuivaient quelqu'un ou quelque chose. Soudain, elles s'arrêtèrent brusquement, de par le choc qu'elles venaient de recevoir en apercevant ce baiser. Ce baiser timide, doux, sucré, et… Horriblement court. L'un des garçons – le blond – attrapa la main de l'autre homme – celui au cheveux bleus – et l'entraina doucement vers la sortie. Il n'avait pas besoin de voir ça. Son ami – sûrement – se laissa faire. Quelle idée stupide il avait eue d'accepter de venir ! Son cœur était maintenant en miette.
- Tu vas rater ton vol, Kagami-kun. Vas-y.
Après un moment d'embarras de la part de Kagami qui ne savait pas comment réagir devant son ami maintenant – en plus Seirin n'avait rien arrangé car ces derniers avaient applaudi comme des malades en les observant se bécoter –, une dernière embrassade – ils se prirent juste dans les bras – et un ultime au revoir, Taiga disparut au loin dans la salle d'embarquement. Tetsuya resta là, regardant par la grande fenêtre de l'aéroport, jusqu'à ce qu'un certain avion décolle.
Il sourit, ayant hâte de retrouver Kagami dans un an.
oOoOo
En cette veille du départ de Kagami Taiga, la Génération des Miracles – ou du moins ce qu'il en restait – était assise sur le banc dans leur terrain de basket préféré, lieu emblématique de leurs réunions habituelles. Manquaient à l'appel Momoi Satsuki et Akashi Seijurô. Midorima avait rapidement expliqué que la raison de l'absence du roux venait du fait qu'il avait un rendez-vous important chez le médecin. Il avait ensuite jeté un coup d'œil à Kuroko, histoire d'essayer de deviner si le garçon était au courant – ou pas – mais le petit bleu était resté stoïque et n'avait rien dit. Ce fut Kise qui demanda au lunetteux l'état de santé de son ancien capitaine, ce à quoi on lui répondit qu'il n'avait rien car c'était juste un bilan de santé. Bien évidemment, personne ne le crut, même Murasakibara qui ne semblait pas concentré dans la discussion mais qui en réalité écoutait très bien.
- Et Momoicchi… ?
Cette fois, ce fut au tour d'Aomine de déclarer qu'elle était cloitrée chez elle. Elle avait finalement avoué à ses parents pour son copain – avec son "aide", entre guillemets vu qu'il l'avait pratiquement forcée – et ces derniers lui avaient pour l'instant interdit de sortir, de peur qu'elle aille le retrouver.
- Satsuki n'a pas bronché. Elle sait très bien que c'est pour son bien et elle est d'accord avec la décision de ses parents. Elle a droit aux visites mais bon, on sait toujours pas qui est le connard qui s'en est pris à elle, elle refuse de le dire. Donc ils se méfient un peu de tout le monde.
- Ça veut dire que si je vais chez Momoicchi, ses parents pourraient se méfier de moi et croire que c'est moi son petit ami démoniaque ? dit Kise, un peu blême.
Personne n'y répondit. Ils comprenaient tous les parents de Satsuki et c'était normal de leur part de protéger leur unique fille. Ainsi, pour ne pas plomber l'ambiance, la conversation divergea vers un autre sujet, tournant un peu sur Kagami car tout le monde était maintenant au courant qu'il devait partir, s'allongeant sur le fait que les vacances allaient bientôt prendre fin et qu'elles étaient passées beaucoup trop vite, passant par le point des nouvelles lunettes de Midorima – ce dernier expliquait que celles qu'il portait habituellement n'étaient plus adaptées à sa vue – et finissant sur le cas du départ de Kuroko pour rejoindre Kagami – départ un peu trop tôt pour Ryôta et Daiki. En conséquence, le petit bleu s'en alla après avoir salué ses amis.
- Vous trouvez pas que Kurokocchi était bizarre ?
Daiki haussa les épaules et Shintarô resta silencieux tandis qu'Atsushi continuait de manger ses chips, avant de se lever à son tour, déclarant qu'il venait de se rappeler qu'il devait faire quelque chose. « Himuro », pensèrent le vert et le blond. Quand il fut parti, Midorima se leva également, se rappelant subitement que lui aussi n'était pas libre, jetant un petit regard complice à Kise, et s'en alla avant que le joueur de Kaijô ne comprenne les intentions de son ami. Et quand l'information monta enfin dans son cerveau, il se sentit rougir si fort qu'il aurait pu en mourir.
- Il reste que nous deux on dirait. Tu veux passer à la maison ?
Qui refuserait une proposition de ce genre de la part de la personne qu'on aime ? Il ne fallut pas lui répéter deux fois, et Ryôta se surprit à répondre avec un peu trop d'entrain, mais bon, pour Daiki, c'était juste le caractère trop joyeux de son ami qui le mettait dans cet état. Il ne se doutait pas du tout que la cause de cette profonde gaieté était les sentiments qu'il ressentait pour lui. Et apparemment, il ne le saurait jamais.
Chez le bleu, les deux garçons parlèrent un long moment avant de jouer aux jeux vidéo, de manger un petit en-cas préparé par le métissé puis, ils recommencèrent à discuter. Mais pas sur n'importe quel sujet.
- Alors Kagamicchi s'en va…
- Ouais.
- Depuis tout ce temps, Kurokocchi est avec lui.
- Qu'est-ce que tu cherches à faire, Kise ?
- Moi ? Rien.
Un ange passa avant que Kise ne reprenne.
- Tu ne veux pas qu'on aille les rejoindre ? Comme ça, on pourra dire au revoir à Kagamicchi.
- Kagami n'est pas mon pote. T'a qu'à y aller tout seul.
- Mais Aominecchi… Tu sais… Les jours du départ comme ça… ça me rappelle un shôjô que j'ai lu. Et de toute façon c'est toujours la même chose dans les shôjô. L'un des personnages principaux fait sa déclaration juste avant un départ, et quand l'autre revient, ils finissent ensemble.
- Et alors ?
- Tu veux vraiment que l'histoire se finisse comme cela, Aominecchi ?
- Tu commences vraiment à me soûler, Kise.
Il eut un petit silence, avant qu'il ne reprenne :
- Si elle doit finir comme ça, et bien tant pis. Pourquoi tu forces avec ça ? Kuroko et moi, c'est fini. Accepte-le.
- Mais je le vois bien, que tu es triste.
- Je vais parfaitement bien.
- Mais dans les shôjô …
- Toi, tu me fais penser à une fille dans un manga qui essayait de caser son meilleur ami avec une de ses copines et à la fin ça a fini par un bain de sang parce qu'elle aussi aimait le mec**.
Le blond ne répondit pas. Aomine ne dit rien lui non plus. Avait-il enfin deviné ? Ça y est, il était démasqué… Mais peut-être était-ce une bonne chose ? Enfin, il serait débarrassé de ce point qui le hante depuis plusieurs années.
- Putain de merde, t'es vraiment chiant Kise.
Oui, il avait vraiment compris. Oh mon Dieu, Ryôta n'osait pas le regarder dans les yeux, il ne savait pas comment réagir, et il avait peur que… que Daiki le voit différemment maintenant.
- Allons-y.
Hein ?
- Qu-quoi ?
- Allons les rejoindre. Kuroko et Kagami.
Et tous ses espoirs s'effondrèrent. Avant que sa raison ne revienne contrôlée son corps qui se leva, enfila sa veste machinalement sans qu'il ne le contrôle, de même que le sourire qui était maintenant scotché sur ses lèvres. Il avait raté sa chance, s'était fait des idées mais… Mais peut-être que c'était mieux comme ça. Aomine ne devrait pas savoir pour lui, il devait être avec celui qu'il aimait réellement, et il n'était pas cette personne.
Et même si Kise avait un peu mal au cœur en se disant que peut-être qu'enfin, Aominecchi et Kurokocchi allaient enfin se remettre ensemble – ou qu'alors l'histoire se finirait en bain de sang – il sourit. Il sourit parce qu'il pensait qu'Aomine allait enfin être heureux.
Il ne s'attendait pas à surprendre un baiser qu'il n'aurait jamais dû voir en temps normal.
Et même lui, put entendre les craquements du cœur de l'homme à qui il tenait maintenant la main, l'emmenant vers une destination inconnue, pourvu qu'ils soient loin de cet endroit pourri.
Alors, ce chapitre ? Le lien unissant Kuroko et Akashi, vous en pensez quoi ? Kise qui veut absolument le bonheur de ses deux amis ?
Midorima (avec Takao, on se demande bien ce qu'ils ont pu faire, n'oubliez pas que les parents de Takao n'étaient pas là haha) ? Mon bébé Murasakibara, le pauvre garçon laissé de côté ? Il aime son Himuro haha. D'ailleurs le MidoTaka et le MuraHimu ne sont pas explicitement décrit dans Promesse car je trouve que faire trop de couples homosexuels (même s'ils sont tous gays dans knb) rend l'histoire moins réaliste. Alors je ne ferai que des sous-entendus :) Bon, Kagami est enfin parti... Sa confession, mignonne ou pas ? Kuroko qui va l'attendre héhéhé, désolée les fans de AoKuro. Surtout pour la fin, avec Kise et Aomine qui les surprend... J'ai vraiment été méchante quand même... Pas de Satsu dans ce chapitre, elle est bloquée chez elle. Vous aurez fait quoi à la place des parents ?
Bon, dans le prochain chapitre déjà, pas de Kagami comme vous l'aurez deviné et il risque d'être un peu court. J'ai mis tout le paquet dans celui là et en écrivant le résumé du prochain je me suis rendu compte que j'avais déjà tout dit et que le reste devrait s'étalé dans le chapitre 13. Au fait, normalement (j'en suis pratiquement sûr), il y aura 14 chapitre et peut-être un épilogue l'accompagnant. Puis je pense écrire une autre fiction sur Knb mais je dois d'abord finir celle sur Daiya No Ace. J'espère que vous la lirez !
Sur ce, je vous laisse ! N'oubliez pas que je mets toujours le pourcentage de l'avancée d'un chapitre sur mon profil, et merci à tous pour vos commentaires. Vous pouvez continuer à m'en laisser, j'en ai besoin pour avancer ! Vous pouvez également m'envoyer un MP, j'y répondrais de suite ! J'espère que vous avez apprécié ce chapitre, je ne sais pas quand le prochain sera poster au vu du fait que j'ai juste écrit le résumé mais j'espère que comme celui-là, il sortira dans 10 jours.
Bisous !
*L'auteur ne sait pas lui même de quelle race Nigô est et hésite entre ces deux races haha (vu dans une interview).
**Je fais référence au Manga School Days pour ceux qui connaissent :)
