Salut tout le monde, je poste ce soir le troisième chapitre, j'espère qu'il vous plaira, on retourne vers Raphaël pour ce chapitre :)
Bonne lecture, et merci à Rikurt36 et Sissi1789 pour leur soutien !
Chapitre 3
Raphaël se lavait les mains. Il venait d'opérer un de ses patients et cela faisait maintenant trois heures qu'il n'était pas sorti de la salle d'opération. Il se retrouva enfin dans le couloir et alla annoncer la bonne nouvelle à la famille.
-Votre père va mieux, madame, dit-il quand il arriva dans la salle d'attente de l'hôpital.
Un couple accompagné d'un homme qui devait avoir dans les vingt ans attendaient impatiemment des nouvelles du vieil homme.
-On lui a posé un pacemaker, son cœur n'arrivait plus à fonctionner correctement, mais il s'en sortira.
Ils paraissaient tous les trois rassurés.
-Merci beaucoup Docteur Moore. Sans vous, mon grand-père ne serait peut-être plus là.
-N'importe quel médecin aurait pu le sauver. Vous êtes Théo, n'est-ce pas ? Votre grand-père a souvent parlé de vous la dernière fois qu'il est venu pour son malaise cardiaque.
Raphaël remarqua qu'il portait un tee-shirt avec le nom d'un restaurant situé dans un petit quartier de Lima : Le Cordon Bleu. Il n'avait jamais posé les pieds là-bas mais il paraissait que c'était une adresse très sympa.
-Vous travaillez au Cordon Bleu ? demanda Raphaël en souriant.
-Oui, dit Théo en répondant à son sourire. Vous y êtes déjà allé ?
-Non, jamais, mais on ne m'en a dit que du bien.
-D'ailleurs, j'ai du les laisser en plan quand vous m'avez appelé...
-Combien de temps mon père va rester dans cet hôpital ? demanda la mère de Théo.
-Une à deux semaines je pense.
-Merci encore, docteur Moore.
-C'est mon travail, sourit Raphaël avant de s'éloigner.
-Attendez ! le suivit Théo.
Raphaël se retourna, le jeune homme semblait gêné et inquiet à la fois.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Tout à l'heure, quand on attendait votre retour, des infirmières sont vites passées, elles semblaient pressées et j'ai cru entendre qu'elles parlaient d'un accident qui aurait eu lieu dans le quartier où se trouve le Cordon Bleu. Je sais bien que ça n'a certainement aucun rapport avec mon lieu de travail, mais je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter...
-Je comprends, dit Raphaël en hochant la tête. Vous vous inquiétez certainement pour rien, mais je vais me renseigner si vous voulez.
-Ce serait vraiment gentil, mais si vous avez trop de travail...
-Non, ça ira, de toute façon je suis là toute la nuit alors bon, je trouverai bien un moment. Je vous donnerai des nouvelles quand vous viendrez voir votre grand-père.
-Merci.
Raphaël s'éloigna. Le docteur alla remplir quelques papiers suite à l'intervention sur le grand-père de Théo, prit des nouvelles de quelques patients et dut s'occuper près d'une heure du service des urgences. Il n'avait pas encore eut le temps de faire quelques recherches sur le soi-disant accident dont lui avait parlé Théo. Vers 1h00 du matin, Raphaël n'avait plus aucune occupation. Il avait un petit moment de calme. Le médecin croisa Mary Gordon et l'interpella.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda la jeune femme.
Elle était habillé en tenue normale et devait certainement rentrer chez elle.
-Tu as fini ?
-Oui, je rentre, sourit-elle.
-J'ai un petit service à te demander. Est-ce que tu aurais entendu parler d'un accident dans Lima survenu il y a quelques heures ?
-Bien sur que oui, c'est moi qui suis en charge du blessé. C'est bien pour ça que je suis encore ici. J'aurais du finir à 22h, mais j'ai du l'opérer.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-C'est pas très clair, le conducteur a soudain vu un homme arriver en courant sur la chaussée et s'écrouler par terre. Le piéton s'est relevé mais n'a pas bronché. A cette allure-là, le conducteur n'a pas eu le temps de freiner à temps.
-Et il s'en est sorti ?
-Il avait une hémorragie interne, on a du l'opérer, mais il va s'en sortir. Il est salement amoché de partout. Une jambe cassée, des côtes brisées, et le reste de son corps est plein d'hématomes. Il s'est cogné le crane contre la chaussée, il y a donc un risque de traumatisme crânien mais on ne le saura qu'à son réveil. Et il risque de mettre un moment avant de pouvoir remarcher correctement. Il a eu une sacrée chance de ne pas y rester celui-là. Pourquoi tu me demandes tout ça ? Tu le connais ?
-Non, c'est un petit-fils d'un de mes patients qui a entendu parler de l'accident, et comme ça a eu lieu près du restaurant où il travaille, il s'inquiétait un peu.
Mary fronça les sourcils.
-Il travaille au Cordon Bleu, celui qui t'a demandé de te renseigner ?
-Oui, comment... ?
-Il fait bien de s'inquiéter. Le patient avait aussi un tee-shirt de ce restaurant à son arrivée. D'ailleurs son nom me dit quelque chose aussi. C'est le même qu'un de tes patients il y a quelque jour. Tu te rappelles, j'avais travaillé avec toi sur ce cas, un procureur où je ne sais plus quoi.
Raphaël sentit une vague de froid lui traverser le corps en écoutant parler sa collègue.
-Smythe, ajouta-t-elle.
-Smythe ?
-Oui. Sebastian je crois.
Mary regarda sa montre.
-Oh la la, je dois vraiment y aller, je me lève tôt demain ! Salut !
La jeune femme s'éloigna, laissant un Raphaël hébété au milieu du couloir. Le blessé était Sebastian ? Le fils de Josh Smythe ? Mais qu'est-ce qu'il foutait au milieu de la route à cette heure-ci !
Raphaël se rendit au secrétariat de l'hôpital et demanda à voir le dossier du jeune homme. La secrétaire, Cindy, ne voulut d'abord pas lui donner mais en voyant l'air angoissé du titulaire, elle finit par lui tendre un épais dossier en lui indiquant le numéro de la chambre.
Le docteur s'élança jusqu'à la chambre 205 et resta pétrifié sur le seuil de la porte. Sebastian était méconnaissable. Sa jambe droite était dans un plâtre, et son torse était entouré de bandages. On devinait qu'il avait des hématomes sur tout le corps et un bandage recouvrait également le haut de sa tête. Seul son visage prouvait que c'était lui. Raphaël reconnaissait bien les traits fins de son visage. Il devinait les yeux d'un beau vert sous les paupières closes du jeune homme et ses cheveux châtains dépassaient du bandage, tombant sur son front. Le bip régulier montrait les battements de cœur du jeune homme et une perfusion lui administrait de la morphine. Vu l'état du jeune homme, il ne serait pas sur pied avant un moment.
-Docteur Moore ? demanda l'infirmière, Elsa, qui venait d'entrer.
-Il se réveillera dans combien de temps ?
-Vous le connaissez ?
-Un peu, oui.
-Dans quelques jours certainement. Le Docteur Gordon a demandé à ce qu'il soit gardé dans un coma artificiel pour laisser le temps à son organisme de se remettre en route. Il a eu une grave hémorragie interne et a été sauvé de peu. Nous le réveillerons certainement vendredi ou samedi, dans deux-trois jours.
Raphaël hocha la tête.
-Qui a prévenu les secours ?
-Le conducteur, répondit l'infirmière. On a eu du bol de ne pas tomber sur un conducteur qui aurait paniqué et se serait enfui. Il ne s'en serait pas sorti sinon.
Raphaël acquiesça.
-Je me demande bien pourquoi il a soudain traversé la route à cette heure sans faire attention aux voitures, ajouta Elsa.
-Oui, vous avez raison. On le saura à son réveil.
L'infirmière lui fit un bref sourire avant de sortir de la chambre. Raphaël s'assit sur une chaise près du lit, pensif. Alors Sebastian travaillait dans un restaurant. Qu'est-ce qu'il faisait à pied dans les rues de Lima à cette heure-ci ? Peut-être qu'il rentrait chez lui. Raphaël pensa soudain aux parents du jeune homme. Devait-il les prévenir ? Apparemment Sebastian semblait avoir quelques problèmes avec eux vu ce qui s'était passé quand on père était à l'hôpital quelques jours plus tôt. Raphaël n'eut pas besoin de se poser de questions plus longtemps. Katherine Smythe entra soudain dans la chambre, complètement paniquée.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Oh Sebastian !
-Madame Smythe ! Qu'est-ce... ?
-Docteur Moore ! s'exclama-t-elle en reconnaissant le médecin de son mari. Une certaine Docteur Gordon a laissé un message sur le répondeur en disant que notre fils avait eu un accident. Je me suis levée pour aller boire un verre d'eau et j'ai vu la lumière du répondeur clignoter. J'ai écouté le message et j'ai couru vers l'hôpital.
-Et votre mari ?
-Il se repose encore beaucoup après son malaise, j'ai préféré ne pas lui faire peur, je lui ai laissé un petit mot. Qu'est-ce qui s'est passé?
-Il s'est fait renversé par une voiture près de son lieu de travail.
-À cette heure-ci ? Il n'a pas vu les phares de la voiture ?
-Je n'en sais pas plus madame, le conducteur a simplement dit qu'il est arrivé en courant sur la chaussée, il ne sait pas pourquoi.
-Comment va-t-il ?
Raphaël lui expliqua ce que son fils avait comme blessure.
-Mon Dieu... murmura Katherine en s'approchant de son fils, les larmes aux yeux. J'espère que tu n'as pas fait de bêtises Seb...
Raphaël fronça les sourcils.
-Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Madame Smythe secoua la tête.
-Il ne va pas très bien depuis quelques temps, et c'est en partie à cause de moi. Son père et lui ont des problèmes, et je n'ai jamais fait comprendre à Sebastian que je l'aimais et que je m'inquiétais pour lui. L'autre jour, dans cet hôpital... murmura-t-elle en fermant les yeux.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Raphaël. J'ai retrouvé votre fils dans le couloir, il était pale comme un linge.
-C'est Josh... Il... Il a dit des choses... De terribles choses à son fils... Et je n'ai pas défendu Sebastian... J'ai laissé croire à mon fils que je pensais la même chose...
-Mais quand vous dites qu'il aurait pu faire une bêtise ?
Raphaël avait peur de ce que voulait dire Katherine.
-Je ne sais pas... Depuis qu'il a quitté le lycée, Sebastian a beaucoup changé. Surtout ces derniers mois... Et je n'ai pas été là pour le soutenir... J'espère qu'il... Qu'il n'a pas provoqué lui-même cet accident...
Katherine laissa échapper un sanglot et Raphaël écarquilla les yeux.
-Vous pensez qu'il en est capable ?
-Je ne sais pas... Il a tellement changé...
Raphaël posa une main sur son épaule.
-Je suis certain que ce n'était qu'un accident.
Pourtant, au fond, lui aussi avait un doute. Il ne savait pas à quoi ressemblait la vie de Sebastian, mais le peu qu'il avait vu laissait entendre qu'il était très tourmenté.
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Raphaël entra dans l'appartement, épuisée. Il avait passé toute la nuit à l'hôpital, et avait du enchaîner plusieurs opérations urgentes. Il avait pris le plus souvent possible des nouvelles de Sebastian. Sa mère était resté près de lui toute la nuit et les infirmières avaient accepté d'installer un lit à côté de celui de son fils. Raphaël avait enfin pu partir, à 8h du matin. Il ne travaillait pas de la journée et comptait bien en profiter pour se reposer. Il s'écroula sur le canapé et ferma les yeux. Il sentit soudain quelque chose devant son visage et rouvrit les yeux. Il poussa un hoquet de surprise en se retrouvant face à face avec le visage de Lucy à quelques centimètres du sien.
La jeune femme éclata de rire alors que Raphaël lui donnait une gentille tape sur le bras.
-Hé, tu m'as fait peur !
-Désolée, c'était trop tentant ! s'exclama Lucy en pouffant. T'aurais vu ta tête !
Raphaël grogna et se laissa retomber dans le canapé.
-Ça va, fais pas la tête !
-Je fais pas la tête, je suis fatigué.
-La nuit a été dure ?
Raphaël pensa instantanément à ce qui était arrivé à Sebastian, mais, étrangement, il décida de ne pas en parler à sa meilleure amie. Il lui répondit simplement en hochant la tête.
-Repose-toi alors. Je pars moi.
Lucy se pencha vers lui et l'embrassa sur le front en lui souriant. Raphaël répondit à son sourire en fermant les yeux.
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Quand il se réveilla, une couverture avait été déposé sur lui. Lucy s'occupait vraiment bien de lui. Le jeune médecin se releva en grimaçant, des courbatures le faisant souffrir de partout. Il était 13h. Il se sentait bien mieux après ces quelques heures de sommeil. Raphaël décida de prendre une douche et laissa l'eau chaude s'abattre sur lui pendant de longues minutes. Cela détendait ses muscles endoloris et apaisait son esprit. Parfois, Raphaël doutait et se disait qu'il n'était pas fait pour se métier. Il côtoyait chaque jour la mort et la souffrance, encore et encore.
Il les avait pourtant connues pendant de longues années quand il était plus jeune, alors pourquoi se faisait-il du mal en restant près d'elles ? Ses parents lui avaient répété de nombreuses fois qu'il devrait aller faire quelque chose d'autre, sortir, voir du monde. A leurs yeux, on aurait dit qu'il pouvait disparaître du monde à tout instant. Pourtant, Raphaël ne comptait pas mourir tout de suite. Jamais, même. Ce n'était plus dans ses plans depuis longtemps.
Le jeune homme, une fois sorti de la douche, sortit déjeuner dans un petit snack près de son appartement. Il connaissait bien le propriétaire car il venait souvent dans son restaurant.
Après ça, il partit se balader un long moment dans un des parcs de la ville. Il aimait bien marcher au milieu des arbres et de la pelouse. Quand il faisait beau, comme aujourd'hui, de nombreux couples s'installaient dans l'herbe et organisaient un pique-nique. Parfois ils étaient accompagnés d'enfants qui couraient partout dans l'herbe et jouaient à cache-cache entre les arbres. De temps en temps, Raphaël venait faire un jogging ici. Il en avait été privé si longtemps quand il était plus jeune. Il avait toujours été persuadé qu'il ne pourrait plus jamais venir se balader dans un parc ou même faire du sport. Il avait une vision plutôt pessimiste de sa vie à l'époque. Il avait du mal à croire qu'il était si heureux maintenant. A Cleveland, il avait pour habitude d'aller courir avec son père, grand sportif lui aussi. Maintenant, il le voyait très peu. Il espérait pouvoir rendre très vite visite à sa famille dans sa ville natale.
L'après-midi, il se rendit à l'hôpital pour voir Sebastian. Cette fois-ci sa mère n'était pas là. L'infirmière parut surprise de le voir mais ne fit aucun commentaire.
-Bonjour Docteur.
-Je ne suis pas en service, lui sourit Raphaël. La mère du patient est partie ?
-Elle devait aller retrouver son mari.
Raphaël acquiesça.
-Je peux rester un instant ?
-Oui, je vous en prie.
L'infirmière sortit de la chambre et Raphaël s'installa sur une chaise en observant le jeune homme allongé. Il paraissait vraiment mal en point. Il n'arrêtait pas de repenser à cet accident. Les paroles de la mère de Sebastian lui revenaient tout le temps en tête. Et si elle avait raison ? S'il avait volontairement percuté cette voiture ? Il fallait vraiment être désespéré pour faire une chose pareille. Il espérait de tout cœur qu'il y avait une autre explication.
-Raphaël? Qu'est-ce que tu fais là ?
Il se tourna vers Mary qui venait d'entrer.
-Oh rien je passais par là.
-Tu le connais ?
Raphaël haussa les épaules.
-C'est le fils de monsieur Smythe, un de mes patients.
-Oui, je sais bien, mais ça t'arrive souvent d'aller voir la famille d'un de tes patients ? remarqua-t-elle d'un ton sarcastique.
-Quand ils se retrouvent à l'hôpital dans cet état-là, oui.
Mary haussa à son tour les épaules.
-Comme tu veux. Je viens vérifier ses constantes.
-J'ai déjà regardé, tout va bien.
Mary haussa un sourcil.
-Je suis médecin moi aussi je te signale.
-T'es pas en service je dois quand même vérifier.
Raphaël hocha la tête. Si jamais il avait mal regardé et qu'il y avait un problème, c'était elle qui allait devoir prendre la responsabilité. Mary resta quelques minutes dans la chambre avant de s'éclipser en lui souhaitant une bonne journée. Raphaël resta au moins une heure avec Sebastian. Il ne savait pas pourquoi il restait là sur cette chaise à l'observer alors qu'il ne le connaissait pas. Quand il se décida enfin à se lever, la porte s'ouvrit sur Théo, l'employé du Cordon Bleu dont il avait soigné le grand père la veille.
-Oh bonjour docteur.
-Théo, c'est ça ?
-En effet. Je venais voir Sebastian. Comment il va ?
-Toujours en coma artificiel pour le moment. Il se réveillera dans quelques jours je pense.
Théo s'assit sur la chaise que Raphaël venait de quitter.
-Vous le connaissez bien ? demanda Raphaël.
-Pas trop non. Il travaille au restaurant depuis quelques mois et on a un peu sympathisé, mais sans plus. Il est plutôt distant et solitaire. Il ne parle jamais de lui.
-Vous savez ce qui s'est passé hier ?
-Pas vraiment. Je suis allé travailler ce midi et j'ai demandé à mes autres collègues. Ils m'ont dit qu'il était en train de servir une table quand il a fait tomber son plateau. Après le patron lui a recommandé d'aller se coucher. Apparemment il avait pas l'air bien. Il est directement parti et après ils ont entendu des cris dehors. J'en sais pas plus, conclut-il.
-Je vois. Bon, je vais vous laisser.
Raphaël salua le jeune homme et quitta l'hôpital. Peut être que c'était parce qu'il ne se sentait pas bien qu'il n'avait pas fait attention aux voitures sur la route. Mais le conducteur avait bien dit selon Mary qu'il était resté planté au milieu de la route sans broncher. Même s'il n'avait pas le temps d'éviter la voiture, il aurait normalement dû au moins essayer. Question d'instinct de survie.
Raphaël secoua la tête. Ça ne servait à rien de se donner mal au crâne à émettre des hypothèses. Il reprit sa voiture et se rendit au centre commercial de Lima pour faire des courses. Il acheta de quoi cuisiner ce soir et des provisions pour toute la semaine avant de retourner à l'appartement en fin d'après-midi. Il prit une douche avant de se glisser dans un peignoir. Il passa un petit moment devant la télé puis finit par s'habiller et à se mettre aux fourneaux. Lucy et lui avaient décidé que le premier qui rentrait du travail préparait le repas, pour équilibrer les taches.
Quand Lucy rentra dans la soirée, ils mangèrent les croques monsieur et la salade préparés par Raphaël et discutèrent de leur journée. Finalement, Lucy, épuisée, alla directement se coucher, laissant Raphaël tout ranger. Elle n'aimait pas le laisser débarrasser tout seul, mais il ne lui avait pas laissé le choix. Il n'avait pas travaillé de la journée, il pouvait au moins faire ça.
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-Excusez-moi, on peut savoir où se trouve la chambre de Sebastian Smythe ?
Raphaël releva la tête vers le comptoir de l'accueil, où il remplissait des dossiers. Deux hommes se tenaient devant l'infirmière de l'accueil. Celle-ci commença à chercher dans son ordinateur.
-C'est la 205, répondit Raphaël à sa place.
-Vous êtes son médecin ? demanda l'un des deux hommes, un blond.
-Non, je suis le docteur Raphaël Moore. Je me suis déjà occupée de son père, j'ai donc suivi son rétablissement.
-Oh je vois, nous sommes des amis, expliqua le second. Je suis Nick, et voici Jeff. Nous avons appris ce qui s'est passé. Il est réveillé ?
-Non, toujours pas, il était en coma artificiel hier. Nous l'en avons sorti aujourd'hui, il devrait se réveiller dans la journée ou demain.
La pensée que Sebastian ait quand même des amis malgré son air solitaire le rassurait.
-On peut aller le voir ?
-Bien sûr, suivez-moi.
Il guida les deux hommes jusqu'à la chambre de Sebastian. Jeff mit une main sur sa bouche en découvrant leur ami dans cet état.
-Sebastian... murmura Nick.
-Il va devoir rester un long moment à l'hôpital pour se remettre, expliqua Raphaël.
-Je n'arrive pas à y croire.
-On ne le revoit pas depuis des mois, et on le retrouve comme ça... ajouta Jeff.
Raphaël fronça les sourcils. Il s'était trompé apparemment. Sebastian était bien plus solitaire qu'il le pensait.
-Ne vous inquiétez pas, il va se remettre. Il a déjà de la chance d'être encore en vie.
-Vous savez ce qui s'est passé ?
-Il a certainement traversé la route au moment où la voiture arrivait. Elle n'a pas pu s'arrêter. Je vais vous laisser avec lui, si vous voulez bien. J'ai du travail.
-Oui bien sur, acquiesça Nick. Merci.
En sortant, Raphaël remarqua que les deux garçons se tenaient par la main. Il esquissa un sourire. Sebastian avait des amis gay, ce qui prouvait que ce genre de choses ne le dérangeait pas. En général, les gens avaient du mal à accepter le fait qu'il soit lui même homosexuel. Il avait déjà eu des copines quand il était plus jeune, mais il était certain qu'il n'y avait qu'avec les hommes qu'il était vraiment bien. Il n'avait pas eu beaucoup de relations cependant, seulement deux. Le premier garçon avec qui il était sorti était incroyable. Il avait vraiment cru au grand amour, jusqu'à ce que Raphaël ait ces petits problèmes pendant son adolescence et qu'il le quitte soudainement sans le soutenir dans les épreuves qu'il avait subi. Il avait connu le deuxième pendant ses études de médecine, mais ça n'avait pas été très sérieux. Ils se voyaient de temps en temps quand ils n'étaient pas épuisés par le boulot mais ne s'étaient jamais réellement engagés.
-Raphaël !
Il se tourna vers Lucy, qui agitait la main en accourant vers lui.
-Il faut que je te raconte !
-Qu'est-ce qui se passe ?
Elle l'entraîna à l'écart dans un couloir quasiment vide et sortit son téléphone de sa poche. Elle le déverrouilla et lui tendit avec un grand sourire. Raphaël remarqua tout de suite la photo de fond d'écran. Un homme aux cheveux buns coupés court avec des yeux couleur noisette.
-Plutôt charmant. Qui est-ce ?
-Il s'appelle Ben, répondit Lucy en presque sautillant sur place. Je l'ai rencontré il y a deux semaines à l'hôpital, il m'a bousculé dans un couloir, et depuis il a fait en sorte de revenir juste pour me voir !
-Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? Et pourquoi tu as une photo de lui d'abord ?
Elle se dandina, gênée.
-J'ai eu plusieurs rendez vous avec lui depuis la semaine dernière. Il m'a emmené au cinéma, au restaurant et à la fête foraine. C'est là qu'on s'est pris en photo.
-Alors quoi, c'est ton petit ami ?
-Je crois oui, sourit-elle. Tu sais, il est vraiment super, et...
-Tu ne m'en as pas parlé, l'accusa Raphaël.
-Oui je sais, c'est parce que je ne savais pas si ça allait être sérieux entre nous alors je ne voulais pas t'en parler avant d'être sûre !
-Et d'un seul coup, tu t'es dit que tu allais m'en parler ? Ici ?
-C'est parce que j'ai contribué à sauver un nouveau-né qui n'était sensé avoir aucune chance. Un vrai miracle. Ça m'a mise de bonne humeur, et je me suis dit que je ne pouvais pas te cacher ça plus longtemps !
Raphaël resta de marbre.
-Je t'en prie, fais pas la tête...
Il la laissa culpabiliser encore quelques secondes avant de lâcher un grand sourire et de la prendre dans ses bras.
-Mais c'est super ça ! Je suis vraiment content pour toi ! En plus, il est plutôt mignon, s'exclama-t-il en lui faisant un clin d'œil.
-Hé, t'as pas intérêt à me le piquer ! C'est mon copain !
Elle lui donna une fausse tape sur l'épaule en rigolant.
-Tu sais ce qu'on devrait faire ce soir ?
-Non, dit-il.
-Aller dîner au restaurant ! Ça fait longtemps qu'on est pas sorti de l'appart tout les deux. Ça te dit ?
-D'accord !
Voilà pour ce chapitre, alors, ça vous a plu ? Vous ne m'en voulez pas trop pour avoir fait ça à Sébastian ? Et Jeff et Nick, vous êtes content qu'ils apparaissent ? Dites-moi tout !
A dans deux semaines certainement!
