NA: Me revoilà! Avec du retard encore, il me semble, mais pour me faire pardonner, ce chapitre est plus long que d'habitude, et bien plus intéressant, parce qu'on entre enfin dans le vif du sujet ! Merci à Rikurt36, comme d'habitude, pour son soutien ! ;)

Bonne lecture!

Chapitre 11

Les jours qui suivirent, Sebastian finit par remarquer l'attitude plus distante de Raphaël. Son petit ami ne l'embrassait plus le matin quand ils se levaient et ils parlaient à peine pendant le petit-déjeuner. Le soir, quand Raphaël revenait de l'hôpital, souvent plus tard que lui, il parlait à peine et Sebastian avait parfois l'impression d'être seul quand il lui racontait sa journée. Raphaël se contentait de répondre par des hochements de têtes ou de simples « oui ». Ce petit manège dura plusieurs semaines où Sebastian s'inquiéta de plus en plus. Il demanda plusieurs fois à Raphaël ce qui n'allait pas, mais celui-ci disait qu'il était fatigué et sous pression à cause de son travail et de ses recherches avec Mary qui n'avançaient pas. Au début Sebastian le croyait, mais il avait de plus en plus de mal à imaginer que c'était seulement ça. Quand il allait mal Raphaël n'était pas du genre à le laisser à distance, et il n'aimait pas cette gêne qui s'installait entre eux. Il avait beau chercher, il ne voyait pas ce qu'il avait pu faire qui aurait déplu à son petit ami. Il avait décidé d'aller en parler à Lucy. Peut-être que la jeune femme était au courant de ce qui le préoccupait. Il alla donc toquer à sa porte un week-end.

Quand la jeune femme lui ouvrit, il entendit des pleurs au loin. Lucy semblait fatiguée et avait les cheveux en bataille et une couche dans la main.

-Oh, salut, Seb !

-Je dérange peut-être ?

-Non, pas du tout, c'est juste que j'allai lui changer sa couche, et il arrête pas de pleurer, et Ben est au travail, alors je suis un peu débordée…

Lucy avait pris quelques semaines de congé pour s'occuper de Preston. Elle savait que ce n'était pas forcément une bonne idée vu qu'elle venait de devenir une vraie chirurgienne, mais elle voulait être près de son fils au moins quelques temps.

-Je vois. Je peux te donner un coup de main si tu veux.

Lucy soupira de soulagement.

-Ce serait vraiment adorable ! Je t'en prie entre !

Il la suivit jusque dans la chambre du petit qui braillait dans son berceau. Elle le posa sur la table à langer tout en essayant de le calmer. Sebastian fut bien obligé de lui venir en aide car le petit n'arrêtait pas de pleurer et de gesticuler. Il tint Preston tout en lui parlant doucement pour le calmer tandis qu'elle lui changeait sa couche. L'enfant continuait de pleurer.

-Il ne s'arrête pas depuis tout à l'heure, je ne sais pas comment le calmer, soupira Lucy en levant les mains d'exaspération. J'ai tout essayé, je lui ai donné à manger, je lui ai chanté des berceuses, rien ne marche. Je pensais qu'une fois propre il serait content !

Sebastian était amusée par l'air désespérée de la jeune mère.

-Donne-le moi, lui proposa-t-il.

-Tu es sur ?

-Je sais tenir un bébé, t'inquiète pas.

Elle lui tendit l'enfant en le regardant d'un air perplexe. Sebastian prit l'enfant dans ses bras avec une facilité déconcertante et commença à le bercer doucement en fredonnant.

-Là, Preston, ça va, mon petit…

Le bébé pleura encore quelques minutes puis finit par se calmer tranquillement. Lucy s'assit sur une chaise, sciée.

-Comment tu fais ça ?

-Il sent ton agitation. Si tu n'es pas calme, tu ne peux pas le calmer.

Sebastian déposa doucement le bébé dans son lit en continuant à fredonner. Il resta là au moins un quart d'heure à chanter jusqu'à ce que le petit s'endorme. Pendant ce temps, Lucy restait assise et dormait à moitié. Sebastian finit par se lever et Lucy se redressa. Elle lui fit signe de sortir. Ils restèrent silencieux jusqu'au salon et Lucy se laissa tomber dans le canapé.

-J'ai bien cru que j'allais péter un câble. Je l'adore, mais qu'est-ce qu'il peut être fatiguant quand il pleure. A m'en donner mal au crâne.

-Je pensais que t'avais plutôt un bon feeling avec les enfants, vu ton travail.

-Normalement les enfants m'adorent, mais apparemment ce n'est pas la même histoire quand c'est le mien, rit-elle. Par contre toi tu te débrouilles très bien dis moi ! Je croyais que t'étais fils unique.

-Je le suis, dit Sebastian en s'asseyant près d'elle. Pendant un temps ma mère gardait des enfants à domicile, et quand j'étais petit elle était obligée de m'emmener avec elle, alors j'ai vite appris à m'occuper des bébés.

-Oh…

-Ouais. J'ai toujours eu un bon feeling avec les bébés, je sais pas, ils m'aiment bien apparemment.

Lucy rit.

-Ça te dérange si je t'appelle de temps en temps ? Non, je plaisante, faut que j'apprenne à me débrouiller.

-Non, je t'assure, si un jour t'as besoin n'hésite pas. Mais je ne fais pas non plus des miracles !

-Ne sois pas modeste, tu l'as calmé en trois minutes alors que ça faisait plus d'une heure que j'essayais !

Sebastian haussa les épaules.

-Je suppose que tu n'es pas venu là pour voler à mon secours, remarqua-t-elle.

-Non, c'est vrai, mais je suis content d'avoir pu te venir en aide, sourit-il.

-Alors, raconte, qu'est-ce qui t'amène ?

-C'est Raphaël.

Immédiatement, Lucy fut sur le qui vive et se redressa dans le canapé.

-Il y a un problème ?

-J'espérais que tu saurais me dire justement. Je sais pas trop, il me paraît… distant en ce moment. On est plus aussi complices qu'avant, et je ne comprends pas pourquoi.

-Tu lui as demandé ?

-Oui, il dit que c'est à cause de son travail et tout ça, mais je vois bien qu'il y a autre chose. Il refuse de m'en parler.

-Oh…

-Il t'en aurait pas touché un mot par hasard ?

-Non, avoua Lucy. Je le vois pas trop en ce moment, je suis plutôt débordée avec Preston, mais la dernière fois que je l'ai vu il m'a pas paru différent. Mais je me rends peut-être pas compte. Je suis pas vraiment opérationnelle en mode amie en ce moment.

-Je vois. Tant pis.

-Désolée, vraiment. Si tu veux la prochaine fois que je lui parle j'essaie de voir ce qu'il a.

-Non, ça ira, t'inquiète pas. Je suis sur que ça a un rapport avec moi. C'est à moi de régler ça.

Lucy hocha la tête.

-Comme tu voudras. Mais ne t'inquiète pas, je suis certaine que c'est rien de grave.

-J'ai peut-être dit quelque chose qui ne lui a pas plu.

-Ou alors il te dit la vérité, et il est stressé à propos de son travail. Ses recherches n'avancent pas comme il le voudrait si j'ai bien compris.

-Oui, c'est vrai.

-Peut-être que l'arrivée de Leah va lui faire du bien. Elle vient quand déjà ?

-Le week-end prochain.

La sœur de Raphaël venait passer le week-end chez eux. Elle avait un week-end de trois jours et voulait en profiter pour rendre visite à son frère à Lima.

-Peut-être qu'elle pourra t'en dire plus, elle est plutôt proche de lui.

-J'espère ! Merci en tout cas.

-C'est moi qui te remercie, rit Lucy. Et n'hésite pas, si il y a un problème, je suis là.

-Merci, sourit Sebastian. Tu sais, je t'ai jamais vraiment remercié pour ce que t'as fait pour Raphaël et moi. Pour m'avoir ouvert les yeux, à l'hôpital.

-Oh, je t'en prie, c'est rien…

-Si t'avais pas été là, je serais peut-être pas avec Raphaël aujourd'hui, insista-t-il.

-Je vous ai juste donné un petit coup de pouce, vous en aviez besoin, fit Lucy.

-Ouais, c'est sur. Bon, je vais te laisser peut-être, sauf si t'as encore besoin de moi ?

-Non, maintenant qu'il dort ça devrait aller.

-OK. S'il y a un souci, appelle-moi.

-C'est noté !

OoOoOoOoO

Leah arriva une semaine plus tard, le vendredi soir. Raphaël semblait un peu mieux, ils avaient retrouvé un peu de leur complicité, mais Sebastian n'avait eu aucune explication au comportement étrange de Raphaël. Il avait essayé de lui poser des questions, mais son petit ami s'était fermé et lui avait dit que ça allait mieux.

-Salut Sebastian ! lança Leah quand elle entra dans l'appartement.

Raphaël était allé la chercher à la gare et suivait sa sœur.

-Ça me fait plaisir de te voir, dit-il en la prenant dans ses bras.

La dernière fois qu'il l'avait vu, c'était pour Noël dernier, quand ils s'étaient tous regroupés dans la maison de leurs parents. La jeune femme était encore à la fac, en dernière année de droit. Elle faisait un stage depuis le début de l'été et jusqu'à la fin de ses études en mai dans un cabinet d'avocat.

-Moi aussi ! Tu t'es laissé pousser les cheveux dis-moi. Ça lui va bien, dit-elle à l'intention de Raphaël.

-Oui, mais il se plaint toujours d'avoir les cheveux dans les yeux. N'est-ce pas ? dit-il d'un ton moqueur à Sebastian.

Sebastian lui fit une grimace.

-Je compte aller chez le coiffeur.

-On verra ça ! Allez viens, je te montre ta chambre !

L'appartement des deux hommes comportait un petit bureau que Sebastian utilisait pour travailler ses cours. Ils y avaient installés un matelas pour la jeune femme.

-C'est plutôt petit, s'excusa Raphaël.

-C'est pas grave, ça me va très bien, pour trois nuits.

-Je te laisse t'installer, on va bientôt dîner.

-OK, je vous rejoins.

Raphaël retourna dans la cuisine où Sebastian était en train de mettre les couverts.

-Ça lui plaît ?

-Apparemment oui. Ça ne te dérange pas trop, pour tes cours ?

-T'inquiète pas, je me mettrai dans le salon, mais normalement je n'ai pas grand-chose à faire ce week-end. Juste des copies à corriger.

-Tu as tellement de la chance de ne pas travailler le week-end, soupira Raphaël en sortant des assiettes. Enfin, je sais que tu as quand même du travail, mais tu es à la maison, c'est différent.

-C'est vrai, j'ai de la chance. Mais demain tu vas rester avec nous !

-Oui, je suis content d'avoir un jour de libre.

-Ça c'est cool ! lança Leah qui venait d'arriver.

Raphaël sourit.

-Installe-toi, on va manger.

Sebastian sortit des lasagnes du four et les posa sur la table avant de servir tout le monde.

-Tu voudrais faire quoi demain ? demanda Raphaël à sa sœur.

-Aucune idée, ce que vous voulez. Vous pourriez me montrer la ville, j'aimerai bien voir à quoi ressemble Lima.

Raphaël acquiesça.

-Bonne idée. Et j'ai dit à Lucy qu'on passerait la voir.

-Super, ça fait tellement longtemps que je ne l'ai pas vu ! La dernière fois, elle était venu chez les parents, ça devait être il y a au moins 4 ans !

-Tu pourras rencontrer Preston, dit Sebastian. Tu verras, ce garçon est super.

-Et son mari aussi, rit Raphaël. Tu ne l'as jamais vu non plus.

-C'est vrai.

-Alors parle nous de ton stage. Ça te plaît ?

-J'adore. Je trouve que c'est un métier tellement intéressant. En plus, le chef du cabinet m'a fait comprendre que s'il est satisfait de mon travail, il me gardera quand j'aurai mon diplôme.

-Sérieux ? C'est une super nouvelle !

-Ouais, papa et maman étaient très contents. Mais je préfère ne pas me faire de faux espoirs et tout faire pour qu'ils me gardent.

-C'est sûr. Tu veux un peu de vin ?

OoOoOoOoO

Le lendemain matin, ils partirent tous les trois visiter la ville. Raphaël lui montra l'hôpital, et ils allèrent même jusqu'à la Dalton Academy, puis ils déjeunèrent chez Lucy le midi. Leah fut ravie de revoir la meilleure amie de son frère, et tomba littéralement amoureuse de Preston. Ils passèrent une partie de l'après-midi chez Lucy et Ben qui acceptèrent de venir dîner chez eux le soir.

Le lendemain, Raphaël fut obligé d'aller à l'hôpital. Le matin, Leah partit faire les boutiques en ville pendant que Sebastian corrigeait une montagne de copies, et l'après-midi il l'emmena dans la ville voisine visiter une galerie d'art moderne. Leah adorait tout ce qui touchait à l'art, et ils passèrent une bonne partie de l'après-midi à commenter tout ce qu'ils voyaient. Sebastian avait développé une certaine complicité avec la jeune femme. Ils s'entendaient très bien, et Leah lui avait confié à de nombreuses reprises être vraiment heureuse que Raphaël ait trouvé un homme comme lui. La jeune femme était quant à elle célibataire, mais sa situation ne semblait pas la déranger plus que ça. Avec ses études et maintenant son stage, elle n'avait pas vraiment le temps pour ça, et préférait se dire qu'elle aurait le temps de se caser plus tard. Ils s'arrêtèrent au retour dans un café. La jeune femme prit un chocolat et Sebastian un café. Leah but une gorgée avant de poser sa tasse.

-Il faut qu'on parle sérieusement.

Surpris, Sebastian arrêta de touiller sa cuillère.

-Ah oui ?

-Écoute, je n'aime pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais je suis surprise.

-Par quoi ?

-Tu l'aimes, Raphaël, n'est-ce pas ?

-Bien sur que je l'aime ! Pourquoi tu me demandes ça ?

-C'est que j'ai eu une impression bizarre… Je suis pas là pour jouer les trouble fêtes, mais…

Elle semblait hésiter.

-Vas-y, dis-moi ce qui te tracasse.

-Eh bien, ça fait quasiment trois ans que vous êtes ensemble maintenant. Et… Je me demandais pourquoi vous n'étiez toujours pas fiancés.

Décontenancé, Sebastian recommença à faire tourner sa cuillère dans sa tasse.

-Pourquoi tout le monde semble penser que le mariage est si important ? On s'aime, c'est le principal !

-Bien sur, je ne dis pas le contraire, et je sais que le mariage n'est pas quelque chose d'indispensable, mais… tu n'en as pas envie ? De te marier ?

Sebastian haussa les épaules.

-Je sais pas trop. Je suppose que si, mais on en a jamais vraiment parlé avec Raphaël.

-Tu n'es pas contre alors ?

-Bien sur que non, mais je me dis qu'on a le temps. Et puis, c'est vrai que j'ai eu du mal à m'engager avec Raphaël, alors je ne sais pas vraiment… Il ne m'en a pas parlé de toute façon.

-C'est justement ça qui m'étonne. A Noël dernier, je lui en avais un peu parlé, enfin disons que j'avais abordé le sujet, et Raphaël disait qu'il ne voulait pas te brusquer, mais qu'il comptait t'en parler.

-Vraiment ? Il ne l'a pas fait pourtant.

-C'est étrange. Surtout que je sais que c'est important pour lui.

-Le mariage ?

-Oui. Il a toujours dit que le mariage symbolisait vraiment l'union entre deux personnes, et que ça donnait une force nouvelle à une relation. Il tient ça de mes parents, ils ont toujours été très mariage eux aussi.

Sebastian fronça les sourcils. Pourtant, Raphaël ne lui en avait jamais parlé. Il repensa soudain au dîner avec Nick et Jeff. Quand il avait dit à Raphaël qu'ils n'avaient pas besoin de se marier pour savoir qu'ils s'aimaient, le jeune homme avait semblé d'accord avec lui. Et si… ? Il écarquilla les yeux et arrêta de tourner sa cuillère.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Je viens de penser à quelque chose. Il y a environ deux mois, on a parlé du mariage, avec des amis. Sur le coup, j'ai pensé que Raphaël ne voulait pas vraiment qu'on se marie, mais je me suis peut-être trompé.

Il se rendait compte de l'absurdité de la situation.

-En fait, je crois bien que je lui ai fait penser sans vraiment le vouloir que je ne voulais pas me marier...

Leah fronça les sourcils.

-Je n'ai pas fait attention ce soir-là, mais peut-être que c'est ça qui l'a rendu si disant avec moi les semaines suivantes.

-Distant ?

Il lui raconta le malaise qu'il y avait eu entre eux quelques temps.

-Il ne t'en a pas parlé par hasard ?

Leah secoua la tête.

-Non, il ne m'a rien dit. Alors tu penses qu'il se serait senti mal parce qu'il pensait que tu ne voulais pas d'un mariage ?

-Je ne sais pas, c'est possible, non ? Enfin, il m'en aurait parlé quand même ! Et je lui aurai dit que je ne suis pas contre du tout !

Leah haussa les épaules.

-Il t'aime vraiment tu sais. Il est capable d'avoir gardé ça pour lui et d'avoir abandonné l'idée d'un mariage quand il a senti que tu n'en voulais pas.

Sebastian soupira et but une gorgée de café. Ils avaient bien dit plus de cachotteries pourtant.

-Je suis vraiment idiot, j'aurais du y penser plus tôt. Je ne lui ai jamais vraiment demandé son avis sur le mariage, je ne savais pas que c'était important pour lui.

-Je t'assure que si, ça l'a toujours été, et je ne pense pas que ça ait pu changer comme ça.

Leah paraissait gênée.

-Je suis désolée, je t'ai parlé de ça comme ça, je ne voulais pas créer d'histoires.

Sebastian lui sourit.

-T'inquiète pas, tu as bien fait de m'en parler, sinon je n'aurais certainement jamais fait le rapprochement.

-Qu'est-ce que tu vas faire ?

Sebastian resta silencieux quelques minutes, plongé dans ses pensées. Finalement, il releva la tête, un sourire aux lèvres.

-Ne t'inquiète pas. Je vais arranger ça.

OoOoOoOoO

-Essaie de vite revenir, dit Raphaël en prenant sa sœur dans ses bras.

-Dès que j'ai un week-end de plusieurs jours, je te fais signe, sourit Leah en répondant à son câlin.

Elle s'écarta de son frère pour dire au revoir à Sebastian. Elle le prit aussi dans ses bras, et en s'éloignant elle lui fit un clin d'œil.

-Bonne chance, lui murmura-t-elle, mais Raphaël l'entendit très bien et fronça les sourcils.

Mais Sebastian ne répondit pas et le jeune homme laissa tomber.

-Bon allez, tu vas louper ton train.

Ils étaient sur le quai de la gare et les gens se pressaient dans le train. Leah prit sa valise, leur fit un dernier signe de la main et monta dans train. Ils attendirent en silence que les portes du train se ferment et que celui-ci disparaisse de la gare. Raphaël était triste que sa sœur parte déjà.

-Ce week-end est passé trop vite, dit-il.

-C'est vrai… Mais on la revoit pour Noël. Tu penses avoir combien de jours ? demanda Sebastian tandis qu'ils ressortaient de la gare et se dirigeaient vers la voiture.

-Quatre ou cinq jours je pense, j'espère plus.

-Il faudrait qu'on reparte en week-end un jour, proposa Sebastian en montant place conducteur.

Raphaël sentit son cœur se serrer en montant dans la voiture.

-Pourquoi pas, oui.

Il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine gêne dès que Sebastian lui parlait de projets. Il avait toujours en tête ce dîner avec Nick et Jeff, et ce que Sebastian pensait du mariage. Pendant plusieurs semaines, il avait eu du mal à faire passer la nouvelle, mais il avait bien vu que son comportement troublait Sebastian, et il n'avait pas envie de se disputer avec lui, il avait donc préféré mettre de côté son amertume et passer à autre chose. Il pouvait certainement oublier toute idée de se marier un jour avec Sebastian. Ou alors il allait attendre quelques années, puis il lui en parlerait. Ils avaient le temps. Enfin, normalement. Raphaël repensait tout le temps à sa leucémie. Il lui arrivait de faire des cauchemars où les médecins venaient le voir avec de mauvaises nouvelles, et il imaginait la tête de Sebastian quand il découvrait que la maladie était revenue. Il chassa ses pensées. Il devait arrêter de s'imaginer constamment que ce cancer reviendrait. Il était terminé, et Raphaël pouvait vivre sa vie maintenant. Et se tourner vers l'avenir. Ils avaient donc le temps pour se marier.

OoOoOoOoO

Raphaël toqua à la porte en soupirant. Il avait encore oublié ses clés ce matin. Cette vieille habitude n'avait pas disparu. Il faisait la même chose avec Lucy qui n'arrêtait pas de râler. Son petit ami était aussi exaspéré qu'elle. La porte s'ouvrit quelques instants plus tard sur Sebastian qui croisa les bras dans un sourire.

-Il faudrait que je te mette des mémos partout dans l'appart, pour que tu y penses.

Raphaël rit.

-Ce serait pratique oui !

Il s'engouffra à l'intérieur, posa son manteau et ses clés de voiture.

-Il fait un froid de canard dehors.

-Ils disent qu'il va neiger dans la semaine.

Le mois de novembre touchait à sa fin et à Lima la neige recouvrirait bientôt les toits.

-Leah avait choisi le bon week-end pour venir.

-Ouais, il faisait encore beau la semaine dernière.

-Je suis épuisé, soupira Raphaël en se laissant tomber dans le canapé.

Il était déjà plus de 18h et la nuit était tombé.

-Désolé chéri, mais tu ne vas pas pouvoir te reposer pour le moment. Tu ne travailles pas demain matin n'est-ce pas ?

Raphaël se redressa, interdit.

-C'est ça.

-Alors je t'emmène quelque part ce soir, dit Sebastian d'un air énigmatique.

Raphaël sourit et s'approcha de Sebastian.

-Ah oui ? lui susurra-t-il à l'oreille. Alors, c'est quoi, une surprise ?

-C'est ça ! lança Sebastian en le repoussant. Allez, prends ton manteau on y va !

-Maintenant ?

-Oui, maintenant !

-Je n'ai pas besoin de m'habiller un peu mieux ? demanda-t-il, pensant que Sebastian allait l'emmener au restaurant, mais surpris que ce soit aussi tôt.

-Non, pas vraiment, tu es très bien comme ça. Allez viens !

OoOoOoOoO

Raphaël n'en revenait pas.

-La fête foraine ? Sérieusement ?

-Sérieusement oui ! Tu m'as toujours dit que tu adorais ça quand tu étais gosse mais que tu n'y allais pas souvent à cause de ta leucémie, alors je me suis dit qu'on pourrait aller y faire un tour. Elle va bientôt fermer s'il neige, alors c'est le moment !

Raphaël rit et s'accrocha au bras de Sebastian.

-C'est une super idée ! Je n'y suis pas allé depuis des années.

Ils entrèrent dans le parc où avait été installé la fête foraine et firent le tour des attractions. Il y avait des jeux de tirs, de lancer, des manèges aussi, et des stands pour manger. Ils passèrent la soirée à jouer à des arcades et autres stands. Sebastian participa à un concours où les participants devaient tenir le plus grand nombre de verres dans leurs mains et les emmener d'un point à un autre sans les faire tomber. Sebastian remporta ce concours, son expérience de serveur lui permettant de tenir une vingtaine de verres. Il remporta une peluche et Raphaël choisit une tortue ninja qu'ils prévirent de donner à Preston. Raphaël passait une soirée merveilleuse. Tous ses doutes à propos de sa relation avec Sebastian s'étaient envolés. Il s'en fichait qu'il ne veuille pas se marier avec lui, ils s'aimaient comme ça et c'était le plus important. Ils s'arrêtèrent un moment pour manger un hot-dog et s'installèrent sur un banc.

-Merci de m'avoir emmené ici, dit Raphaël en mordant dans son sandwich.

-Ce n'est pas terminé, répondit Sebastian en lui faisant un sourire.

Quand ils eurent fini leur hot-dog, Sebastian lui prit la main et l'entraîna derrière lui.

-Où est-ce qu'on va ?

-Viens je te dis !

Il le tira jusqu'à la grande roue de la fête foraine.

-Il y a une vue magnifique de là-haut, dit Sebastian, tout excité.

Raphaël déglutit. Il n'en avait jamais parlé à Sebastian, mais il avait le vertige.

-Tu es sur que c'est une bonne idée ? Je sais pas si ça fonctionne bien ces trucs avec le froid.

-Mais si, ça marche très bien, regarde il y a pleins de gens. J'adore les grandes roues.

-Tu es un vrai gamin, rit Raphaël.

-Je sais ! Alors, on y va ?

Raphaël leva la tête et observa la grande roue tourner. Il n'avait plus essayé depuis des années, peut-être qu'il ne craignait plus maintenant. Et puis, ça avait l'air de tellement faire plaisir à Sebastian, il ne pouvait pas le laisser y aller seul.

-Bon, t'as gagné, on y va !

-Je vais nous chercher des tickets !

Sebastian s'éloigna en courant jusqu'au guichet. Il le vit parler avec le caissier et revint quelques minutes plus tard avec deux tickets. Il lui prit la main et l'emmena jusqu'à l'homme qui faisait monter les gens dans les nacelles.

-Je vous en prie messieurs.

Raphaël s'installa sur les sièges, pas rassuré du tout, et Sebastian le suivit avec la tortue ninja qu'il installa à côté d'eux. La roue se mit en marche et Raphaël se cramponna au bord de la nacelle.

-Je suis pas sur que ce soit une super idée en fait, dit faiblement Raphaël en sentant le hot-dog lui remonter dans l'estomac.

Sebastian lui jeta un coup d'œil inquiet.

-Ça va pas ?

-Bof.

La roue continuait à monter, et finit par arriver en haut. Là, elle s'arrêta net, et Raphaël eut l'impression qu'il allait mourir de peur.

-Regarde le paysage, c'est super beau ! lui dit Sebastian en observant l'environnement, alors que Raphaël essayait justement de ne pas regarder autour de lui.

Il avait très envie de fermer les yeux. Il s'autorisa un petit coup d'œil au paysage. C'est vrai qu'on pouvait voir toute la ville illuminée. Raphaël ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil vers le bas et sentit son estomac se contracter. Il avait très mal au cœur.

-Pourquoi on s'est arrêté ? Normalement ça s'arrête juste un peu pour faire monter les gens, bredouilla-t-il.

-T'inquiète pas, ça nous laisse le temps de voir le paysage. Tu es tout pale chéri.

-Je crois que je vais vomir.

-Quoi ?

Sebastian se redressa et glissa vers lui.

-Tu te sens pas bien ?

-En fait, je… Je te l'ai jamais dit, mais…

-Mais quoi ?

-Seb, j'ai le vertige. Et en plus on vient de manger.

L'expression toute excitée de Sebastian s'éteignit.

-T'as pas intérêt à vomir ici ! Enfin, Raphaël, il fallait me le dire avant !

-Ça avait l'air de te faire tellement plaisir. Bon, pourquoi cette roue est arrêtée ? Ils veulent ma mort ou quoi ? Je suis sur qu'il y a un problème, ils vont devoir venir nous chercher en hélico ou je ne sais quoi.

Sebastian soupira et sortit son téléphone.

-C'est pas le moment de passer un coup de téléphone !

Mais son petit ami le déverrouilla et mit le téléphone à son oreille.

-T'appelles qui, les pompiers ? Ils vont venir nous chercher ? Peut-être qu'on devrait crier, ils nous ont peut-être oublié en bas ! Je me sens pas trop de crier là, tu pourrais le faire ?

Sebastian ne semblait pas se soucier de ce qu'il disait.

-Allo ? dit-il au téléphone. Oui, c'est monsieur Smythe. Le gars de tout à l'heure, oui.

-A qui tu parles ?

Sebastian lui fit signe de se taire un instant.

-Oui, vous pouvez nous faire descendre. Non, on est pas restés longtemps. Si ça s'est bien passé ? Pas tout à fait non. Monsieur a le vertige. Oui, il est malade. Non, non, il n'a pas vomi, mais ça devrait pas tarder, alors ce serait bien de vous dépêcher, s'il vous plaît.

La roue recommença soudain à tourner et Raphaël soupira de soulagement en fermant les yeux.

-On est sauvés !

Sebastian se prit la tête dans les mains.

-Ça va pas ? demanda Raphaël. Ne me dis pas que t'es malade aussi !

Il releva la tête en soupirant.

-Non, je suis pas malade, non.

Raphaël ne comprenait pas pourquoi il semblait si déçu.

-Je sais, j'aurais du te parler du fait que j'avais le vertige.

-Tu aurais du oui !

-Ça va, c'est pas si grave, tu le sais maintenant.

-J'aurais préféré le savoir avant, vois-tu.

-Avant quoi ?

Sebastian secoua la tête.

-Laisse tomber.

La nacelle finit par arriver en bas et l'homme qui s'occupait des clients aida Raphaël à sortir. Il tremblait de la tête aux pieds et s'éloigna en courant pour aller vomir dans l'herbe. Il vit Sebastian lui tendre un mouchoir et s'essuya avant de se redresser. L'homme de la grande roue s'approcha d'eux.

-Ça va, monsieur ?

-Ça va mieux oui, faut juste que j'aille m'asseoir un petit moment.

L'homme semblait vraiment gêné.

-Je suis vraiment désolé, mon gars, dit-il en posant une main sur l'épaule de Sebastian.

-C'est pas votre faute si monsieur n'a pas jugé utile de me dire qu'il est malade dans les grandes roues. Merci quand même pour ce que vous avez fait. Tenez.

Raphaël le vit donner un billet à l'homme. Surpris, il fronça les sourcils.

-On a déjà payé notre ticket non ?

Mais personne ne lui répondit.

-Ça s'est pas vraiment passé comme prévu, hein ? dit le gars.

-Non, soupira Sebastian. Merci encore, c'était gentil. Bonne soirée à vous.

-Bonne soirée, oui, répéta le type, mal à l'aise, avant de les laisser.

Raphaël croisa les bras.

-Je suis pas sur d'avoir tout compris là.

-Viens, on va s'asseoir un moment, tu trembles.

Il l'accompagna jusqu'à un banc où Raphaël se laissa tomber.

-Ouh, j'ai bien cru que j'allais jamais redescendre de là-haut !

Sebastian s'assit à côté de lui.

-Pourquoi tu lui as donné un billet ?

Sebastian soupira et mit la tête dans ses mains, les genoux sur les cuisses.

-Sérieusement, Seb, je comprends pas. Tu as appelé qui dans la nacelle ? Attends, tu as dit au téléphone qu'il pouvait nous faire redescendre ! Tu parlais à ce type ?

-Oui, je parlais à ce type, avoua Sebastian en se passant une main sur le visage, la mine décomposée.

-Pourquoi tu fais cette tête ? Seb, explique-moi enfin ! s'énerva Raphaël.

Sebastian rigola soudain aux éclats.

-Qu'est-ce qui te fait rire ?

-C'est un rire nerveux!

Raphaël fronça les sourcils tandis que Sebastian, les coudes toujours sur les cuisses, continuait à rire.

-Sebastian ! protesta-t-il.

-Quoi ? Tu veux vraiment que je t'explique ? dit-il en tournant la tête vers lui.

-Oui !

Sebastian rit à nouveau.

-Je sais pas si c'est une bonne idée, je l'avais pas vraiment prévu comme ça.

-Tu n'avais pas prévu quoi comment ?

Sebastian enleva ses coudes des cuisses et se passa une nouvelle fois les mains sur le visage. Raphaël était inquiet. Il ne faisait ça avec ses mains que quand il était vraiment mal à l'aise.

-Bon, très bien ! s'exclama-t-il en se frappant les cuisses avec les mains avant de se lever.

Raphaël fit de même.

-Sebastian, c'est franchement pas drôle là !

-Ok, tu veux que je le fasse quand même, très bien ! Allons-y ! Je suis allé voir ce gars cette après-midi, je lui demandé d'arrêter la nacelle, je l'ai payé pour ça, parce que je voulais être romantique ! Je n'ai jamais été très doué pour le romantisme, mais avec toi je me sens capable de tout ! Alors, je sais pas si c'est ringard, ou mignon, mais c'est sensé être un minimum romantique, sauf bien sûr quand finalement ton copain a le vertige et vomit. Ça perd tout son charme, je t'assure.

Raphaël le dévisageait, perplexe, tandis que Sebastian tournait en rond autour du banc. Il ne l'avait jamais vu aussi mal.

-Alors, j'avais deux options, soit faire comme si rien ne s'était passé, mais on risque de s'engueuler parce que tu vas absolument vouloir savoir pourquoi j'ai fait tout ça, soit faire ce qui était prévu de faire, même si ça paraît vraiment absurde dans cette situation. Mais bon, je ne peux pas attendre plus longtemps. Alors, tu vas essayer d'imaginer le contexte.

-Seb…

-Juste, laisse-moi finir. Je t'en supplie. Essaie d'imaginer le contexte. On était sensés être dans la nacelle, tout en haut de la roue, avec les lumières de la ville, magnifiques, pas à côté d'un banc après que tu aies vomi un hot-dog. OK ?

Raphaël le regardait sans comprendre, et il avait bien l'impression que son copain avait perdu la raison.

-Voilà ce que j'étais sensé faire dans la nacelle. Assieds-toi.

-Pourquoi ?

-Parce que tu étais sensé être assis !

Surpris par sa véhémence, Raphaël se laissa tomber sur le banc.

-Ok. Là, ça me paraît bien.

Sebastian, sous les yeux écarquillés de Raphaël, posa un genou par terre, juste devant lui.

-Seb, qu'est-ce…

Il s'arrêta quand il vit Sebastian fouiller dans sa poche et en sortir une petite boîte noire.

-Raphaël Moore, je t'aime. Je ne sais pas ce que tu as pu penser ce soir-là, quand on dînait avec Nick et Jeff, mais je crois qu'on s'est mal compris. Quand j'ai dit que je n'avais pas besoin qu'on soit mariés pour savoir que je t'aimerai toute ma vie, c'était pour te faire une déclaration d'amour. J'ai jamais été très doué pour les déclarations, alors quand l'occasion s'est présenté, j'en ai glissé une comme ça. Apparemment, tu l'as pas très bien pris, et je suis désolé de ne pas m'en être rendu compte plus tôt. Mais, vois-tu, je ne suis pas du tout contre le mariage. Au contraire. Mais comme on n'en a jamais parlé, je me suis dit que tu n'y avais pas encore pensé. J'ai toujours eu peur de m'engager avec quelqu'un, mais pas avec toi, Raph. Je sais que je veux passer toute ma vie avec toi, alors je n'ai pas peur de te demander ça. Raphaël Moore, est-ce que tu veux devenir mon époux ?

Raphaël n'en revenait pas. Sebastian ouvrit la petite boite noire où trônait une petite bague en argent, un simple anneau.

-Je… je ne sais pas quoi dire… Seb, je ne veux pas que tu me demandes en mariage seulement parce que c'est quelque chose d'important pour moi.

-Ça n'a aucun rapport. Si je le fais, c'est parce que j'en ai réellement envie. Tu vois, j'ai toujours eu des relations sans lendemain, je savais que je ne m'engagerai jamais avec eux. Mais avec toi, c'est différent. Nous marier, ce serait être vraiment ensemble. Ce serait, pour moi, une preuve que j'ai réussi. Que j'ai réussi à changer. J'étais un gros con, Raphaël, avant d'avoir cet accident, avant de devenir prof. Avant de te rencontrer. Et j'ai parfois du mal à croire que j'ai réussi à devenir quelqu'un d'autre. Si tu acceptes, je serais désormais certain que je suis un type bien.

Raphaël avait les larmes aux yeux. Il n'avait jamais pensé que Sebastian pensait ça de lui. C'était certain, Sebastian était un type bien. Pour lui, il l'avait toujours été. Sebastian sourit.

-Et puis, ça fait quand même plus classe, quand je te présente à des gens, de leur dire « mon fiancé », puis « mon époux ». Oui, ça sonne bien, je trouve, pas toi ?

Raphaël rit en essayant de retenir ses larmes.

-Je repose la question, ou tu t'en souviens ? le railla Sébastian.

Raphaël laissa échapper un nouveau rire accompagné d'un sanglot.

-Oui, je veux devenir ton mari, répondit-il. Je veux que tu me présentes comme ton époux. Et, oui, Seb, tu es un type bien. Je t'assure.

-OK, souffla Sebastian, les larmes aux yeux aussi.

Sebastian sortit la bague de son étui et la mit au doigt de Raphaël. Elle lui allait parfaitement, et Raphaël pensa soudain à Leah. C'était certainement elle qui lui avait donné sa taille pour la bague, elle aimait bien lui en offrir.

-Bon, je crois que je vais me lever maintenant, je commence à avoir mal au genou.

Raphaël éclata de rire, se leva et aida Sebastian à faire de même avant de le prendre dans ses bras. Ils restèrent enlacés un long moment, puis Raphaël s'écarta légèrement pour l'embrasser. Apparemment, quelques personnes s'étaient arrêtés pour regarder la scène et applaudissaient. Raphaël n'arrêtait pas de rire et pleurait de joie en même temps. C'était certain, tous ses doutes à propos de l'engagement de Sebastian avec lui s'étaient envolés.

-Tu sais quoi, Seb ?

-Hum ?

-C'était la demande la plus romantique j'ai jamais vu, lui dit-il tandis que Sebastian le tenait par la taille.

-Même si tu venais de rendre ton dîner ?

-Oui ! Et désolé de ne pas t'avoir dit pour mon vertige, ça t'aurait évité tout ce malaise.

-Si tu as aimé quand même, c'est pas grave, sourit Sebastian.

-Félicitations mon gars ! s'exclama l'employé de la grande roue qui avait vu la scène aussi. Ça a marché finalement !

Sebastian tendit la main, le pouce vers le haut.

-Comme sur des roulettes, rit-il.

Raphaël l'embrassa une nouvelle fois.

-On fait quoi maintenant ?

Sebastian lui fit un sourire malicieux et colla son nez contre le sien.

-Je crois que j'ai ma petite idée pour la suite de la soirée, murmura-t-il.

-Je crois que cette fois-ci, je vois de quoi tu parles…


NA: Alors ? Alors? Cette demande en mariage ? Dites moi que c'était pas absolument ringard et que ça vous a plu ! J'ai passé beaucoup de temps sur ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu ;)

On se retrouve bientôt pour l'avant-dernier chapitre de cette histoire ! Qu'imaginez-vous pour la suite? Dites-moi tout!