Ohayo mina (à 03H17 du matin) ! Voici un long chapitre de mon cru, un nouveau personnage entre en scène, vous me direz ce que vous en pensez...

Comme il est très long, je ne m'étale pas et passe aux reviews :

Meng Zhou : XD Mes chapitres sont plutôt long, enfin, cela tient surtout que mes paragraphes sont en bloc, il faut du courage pour l'entamer si tôt le matin. Moi je ne l'aurais pas fait non plus XD

Le caractère de Naru n'aurait pas été respecté si il avait été tout de suite au secours de la belle (si je peux dire) Naru est méchant (contente)

Ptdr oui l'arnaque ahaha, tu as du être déçue à la fin du chapitre (quoi c'est tout ? pas de scène MaixNaru ?)

En tout cas merci beaucoup ! Je suis contente que les explications t'aient plus (euphorique) j'ai bosser dessus niark. Mdr, merci aussi pour John, grace à toi je sais l'écrire maintenant !

Pour ce chapitre, il y a encore du macabre, j'aime le macabre, mais ce n'est pas encore fini...éhé

Risyuna : Tu ne sentais pas cela venir ? J'en suis contente ! (c'est un peu le but dans ce genre d'histoire en fait ) Naru est toujours aussi rassurant, en effet. (il ne s'améliore pas).

Les conflits intérieur de Mai se poursuivront tout le long de la fanfic, mais je ferais en sorte que ce ne soit pas trop lourd non plus (ça gacherait tout)

Gome ! J'ai compêtement oublié la note. Je la rajouterai en fin de chapitre, comme d'habitude.

PS : On rediscutera de la possession de Lin-san mdr

Darkbutterfly : Une nouvelle lectrice ? Merci beaucoup pour ta review ! Naru n'a pas fini d'être inhumain.

Elarmi : Merci beaucoup ! Pour l'histoire du frère de Naru, c'est un spoiler. Mais étant donné que je n'en sais pas plus sur cette histoire, l'histoire entre lui et Mai sera inventée (bien que sans doute ionfluencée par diverses sources en anglais XD les anglophones sont les rois du spoil)

Encore un grand merci à vous tous ! Félicitation aussi à Meng Zhou qui viens de publier une oneshot.

Bien, place au chapitre !


"Malgrès que je sois restée cloitrée dans ma suite hier après-midi, je n'ai pas l'intention d'en faire de même aujourd'hui, par conséquent je vais te donner les consignes à suivre..." Mai ronchonna, malheur, mais il semblait que rien ne pouvait arrêter la longue tirade qui sortait de la bouche de la brune follement antipathique. "Tout d'abord, tu dois absolument, AB-SO-LU-MENT, ne pas parler sauf si l'on t'adresse la parole. Non seulement c'est le devoir d'une assistante, mais sinon tu pourrais prouver que tu n'es PAS mon assistante. De ce fait tu te tais, point. Secondo, si tu veux m'adresser la parole fait le discrêtement et poliment, évidement le "-sama" est toujours de mise, nous n'avons pas élever les cochons ensemble, souviens-t-en. Tertio, malgrès que Kazuya-kun t'ait ordonné de juste m'assister, je ne veux pas que tu sois inutile donc tu observes. Tu sais voir, regarder, et écouter ? Donc tu sauras. Et pour finir..." Enfin ! "Je veux que tu répondes à toutes mes attentes et questions est-ce clair ?" Soupir. "C'est très clair Kugumiya-sama. Je ne vous ferais pas honte.

- Commences déjà par t'habiller correctement. Je t'ai préparé quelques affaires, elles sont sur le lit. Ensuite tu peux aller dans ta chambre. C'est celle d'à coté non ?" Sans répondre, Mai prit les vêtements qu'elle lui désignait et sortit sans attendre de la pièce. Elle avait cru que cette femme serait aussi autoritaire que Naru, elle avait tout faux : elle était pire que lui. Mai semblait comprendre pourquoi ils s'entendaient si bien, d'après les dires de sa nouvelle patronne. En entrant dans sa propre chambre, la jeune fille jeta un coup d'oeil aux vêtements qu'elle tenait dans ses mains. C'était un simple tailleur mais son instinct lui dit que le prix, lui, ne devait pas être autant. La coupe était belle, il fallait l'admettre, elle n'avait jamais porté de vêtements d'aussi bonne qualité. Il lui restait une heure avant la prochaine sortie, dîtes importante, de Kugumiya-sama, elle pouvait donc prendre sa douche tranquillement, d'une certaine façon elle remerçiait le jeune femme de l'avoir réveillée si tôt, sept heures pour être exacte, et ainsi ne pas la faire courir dans tous les sens pour être prête. Mai ne pouvait s'empêcher de penser que la façon d'agir de l'exorciste était étrange. Elle était désagréable, mais elle était respectueuse d'une certaine manière. Depuis qu'elle avait reçu l'ordre de Naru de seulement lui obéir, Kugumiya-sama ne l'avait jamais mise volontairement dans une situation déplaisante. Quand John était passé plus tard dans la soirée pour installer la caméra de surveillance, alors qu'elle était elle-même encore au lit, plus à cause du fait que le frère de Naru soit seulement l'esprit d'un mort que par la vision de l'après-midi, elle l'avait rembarré vertement, annonçant que seule Mai était sous son service et qu'elle n'avait pas besoin d'un autre larbin, pour l'instant son employée dormait, elle installerait la caméra demain matin. L'étudiante avait voulu la remercier, mais le regard outré que lui avait lançé l'exorciste l'avait coupé net. Cette femme avait ce qu'il manquait fondamentalement à Naru : le respect envers les autres. Mai acceptait en souriant les tâches que lui imposait l'exorciste sans pour autant la surcharger de travail.

Le rendez-vous de Kugumiya-sama était en réalité un thé avec d'autre personnalités présentes. Mai eut un sourire désabusé en pensant à la définition du mot "important" de l'exorciste, en quoi boire le thé avec d'autres personnes si tôt le matin, il était huit heures et demie, pouvait apporter quelque chose à l'enquête ? Se tenant debout à droite du siège de sa patronne, Mai examina les personnes installées autour d'elle. Masako et John étaient présents, le blond aux cotés de Fond-san qui se révéla être le collègue de labo du Professeur Davis, lui aussi présent. Curieuse de voir cette personne si célèbre (et étant bel et bien vraie cette fois), Mai l'observa soigneusement. C'était ce qu'on aurait pu nommer un anglais typique, maigre et grand, le costume gris soigneusement repassé, la cravate nouée avec soin, tout en lui montrait une application, un être incroyablement soigneux. Elle songea avec une grimace qu'elle ne put montrer qu'il rivalisait avec Naru. A tel point qu'elle croyait revoir l'adolescent dans sa façon de parler, bien que beaucoup plus courtoise. Cet homme aux cheveux grisonnants semblait d'ailleurs gentil, trop gentil, à tel point qu'il en parraissait louche aux yeux de la chasseuse de fantôme. Impression qui disparue instantanément quand soudainement il lui adressa la parole, plantant ses yeux doux dans les siens. "N'êtes-vous pas dans une position peu confortable mademoiselle ? Ne préfereriez-vous pas vous asseoir ?" Voilà qu'il jouait au parfait gentleman, avec talent en plus. Mai sourit et s'inclina respectueusement, respectant à la lettre le règlement de sa chef-exorciste : "Merci beaucoup professeur. Mais tout va bien, je vous assure." Du coin de l'oeil elle crut voir Masako étouffer un rire, son éternelle manche levée contre ses lèvres. Légèrement énervée par le comportement de son amie, Mai se retint de lui jeter un regard assassin. Lui rendant son sourire, le professeur Davis continua tout de même son discours engageant : "Allons, qui préfererait être debout ainsi plutôt qu'assise à nos cotés ? Je suis certain que Mademoiselle Kugumiya ni voit pas d'inconvénient.

- Je...

- Asseyez-vous donc Taniyama." coupa la renomée exorciste d'un ton sec avant de reprendre d'un ton radouci : "Ca ne dérangera personne, nous sommes entre amis après tout.

- Voilà qui est bien dit !" conclu Fond-sensei en frappant dans ses mains. "Ne nous connaissons nous pas depuis des années ? Shinichi, pouvez-vous apporter une chaise à notre nouvelle participante ?" Le chercheur japonais acquiessa en riant avant d'apporter courtoisement un siège à Mai, plutôt mal-à-l'aise au centre de l'attention. Juumi Shinichi-sensei était le principal orchestrateur de l'échange entre les deux pays, il était aussi celui ayant fait appel à leur service. Une fois la jeune assistante installée, la conversation dériva vers un sujet plus sérieux, les phrases se dévellopèrent tantôt en Anglais, tantôt en Japonais. Mai remercia son ancien professeur de s'être acharnée sur sa compréhension sans pour autant qu'elle sache le parler couramment, Mai avait un accent épouvantable. "Vous connaissez donc la signification de toute cette affaire," disait le chercheur japonais au Professeur Davis. "Je me doute que les médias n'auront de cesse de saisir et de dévorer la moindre petite info leur parvenant... Après tout des enfants ont été impliqués.

- Des enfants ?" demanda Masako choquée. "Je pensais que la loi interdisait les expériences sur les mineurs." Le Professeur Fond soupira : "C'est vrai, mais certain parents sont tellement affolés qu'ils nous confient leurs enfants dès que leurs pouvoirs psychiques se réveillent. Finalement, tant que nous ne les suivons pas cas par cas, ils finissent par prendre peur de leur propres enfants. Cela c'est déjà produit autrefois et c'est loin d'être guéri aujourd'hui. Cependant cette terrible affaire vient du fait que l'enfant à été arraché de force à ses propres parents.

- Que c'est-il passé pour que cela réapparaisse à présent ?" questionna Kugumiya-sama. "Après tout cela fait des années que cette erreur s'est produite.

- Il semblerait que cet enfant disparu ait laissé une trace de lui quelque part. Peut-être que cela viendrait d'une taupe à l'intérieur même de notre centre." confia le Professeur Davis. "Impossible !" Mai ne comprenait pas de tout ce dont-ils parlaient, mais elle comprit quand même que cet enfant arraché à ses parents ne méritait pas de recevoir si peu d'égard. Etre arraché à sa famille est sans doute la pire chose qui puisse arriver à un être humain. Elle en était convaincue, alors entendre parler ces personnes d'une "erreur" cela la mettait en colère, et voir que deux de ses proches semblaient approuver lui faisait plus mal encore. Soudainement elle s'excusa, prétextant qu'elle devait déjà préparer la réception de ce soir. Des rires compréhensifs lui pardonnèrent son départ en même temps que le regard de Kugumiya-sama qui semblait l'approuver. S'efforçant de ne pas marcher trop vite, elle s'éloigna de la table et sortit de la salle. Dans le couloir elle resta immobile un instant, encore choquée par la conversation précédente, soudain une voix la surpris dans ses pensées troubles : "C'est répugnant n'est-ce pas au début, de les voir parler ainsi des autres êtres humains ?" La jeune fille releva promptement la tête. Un jeune homme européen qui devait avoir vingt ans se tenait à ses cotés. Son look surprit Mai alors qu'elle circulait jusqu'à présent entre tailleurs et costumes. Les cheveux longs et chatains se parsemaient élégamment sur son visage et chutaient à hauteur de son épaule sur le blouson de cuir noir, lui-même ouvert sur un t-shirt rapiécé. Les yeux verts et rieurs du garçon la regardèrent étonné : "Tu es tant surprise que ça ? Y'a pas que des blaireaux qui sont chercheurs tu sais, seulement c'est eux qui ont droit aux tasses de thé et aux clafoutis. Au fait moi c'est Sean. Enchanté." Mai se reprit lui adressant un sourire se rapprochant plus d'une grimace : "Mai. Alors tu es un chercheur toi aussi ?

- Un vrai de vrai. Mais je suppose que ça doit-être moins passionnant qu'assistante de la Princesse." La jeune fille ne put se retenir de rire : "Ca lui va parfaitement. Mais elle n'est pas si difficile à vivre en fin de compte." Il cligna des yeux : "Non ! Une personne au monde peut réussir à supporter son Altesse. Je tombe de haut. Mais comment êtes-vous parvenue à l'honneur d'intêgrer son service ?" la questionna t-il en la suivant dans le couloir. "Mon employeur m'a recommandé." mentit Mai tout en se disant que se n'était pas totalement faux, à ses cotés se fut à Sean d'éclater de rire : "L'ignoble ! Vous avez dut le faire souffrir pour qu'il vous confie cette tâche ! Toutes ses assistantes disparaissent au bout d'une semaine, la plupart du temps.

- Vraiment ?

- Je vous le garanti. Vous n'êtes pas avec elle depuis lontemps n'est-ce pas ?" Mai déglutit : "Non.

- Je m'en doutais.

- Taniyama-san !" Ils se retournèrent d'un même geste. Derrière eux, Ayako se tenait les hanches, fixant Mai plus que nécessaire. "Puis-je vous parler un instant ?" fit-elle avec une voix tendue. Détectant que la femme n'avait pas l'air tout à fait sereine, Sean salua Mai avant de s'éclipser discrêtement. Une fois qu'il fut partit, la miko saisit la bras de la jeune fille tout en lui jetant un regard assassin. "Je rêve, je bosse comme une folle et toi tu flirts ?

- Je ne flirt pas !" se défendit Mai les joues brusquement rouges. "Je viens juste de le rencontrer.

- Pourquoi c'est jamais à moi que ça arrive ! Il est beau !" se plaignit la rousse en faisant son éternelle moue. "Tu dis ça simplement parce que tu te retrouves mariée à un soixantenaire Ayako." répliqua Mai en souriant d'un air moqueur. La prêtresse ronchonna tout en s'engouffrant dans l'ascenseur : "Je n'y peux rien. Quoi qu'il en soit Naru nous convoque tous immédiatement, il m'a demandé de venir te chercher en personne." Elle soupira. "Evidemment tu étais déjà partie du thé. Franchement, l'histoire d'hier ne t'as pas suffit ?

- Je suis désolée." répondit l'adolescente en baissant la tête. "C'est leur conversation qui m'a poussé à partir, comment est-ce qu'il peuvent être aussi immoral ? Parler comme d'un enfant...

- Ce sont des scientifiques Mai, les sentiments passent après. Naru-chan est de la même trempe après tout, et pourtant, il ne nous a jamais déçu.

- Tu parles comme Bô-san." remarqua Mai ce qui fit réagir Ayako au quart-de-tour : "Ne me compare pas à ce moine ingrat ! Il s'est fichu de moi toute la soirée ! Il oublie bien vite qui à réalisé l'exorcisme de la dernière fois, sans moi il ne serait peut-être même pas là !" Elles entrèrent dans la base, tout de suite acceuilie avec chaleur par le commanditaire des lieux : "Vous voilà. Commençons." Son employée se dit qu'il ne s'améliorait vraiment pas. "Nous allons faire un résumé de tout ce dont nous avons appris jusqu'à présent. Hara-san, John, qu'est-ce que vous avez pu apprendre de l'entourage des scientifiques ?

- Pas grand chose, mais d'après la réunion dont nous revenons, une affaire à propos d'un jeune garçon disparu il y a des années est parvenue au média, mais ils n'ont pas assez d'indices pour incriminer le groupe.

- Un jeune garçon ?

- Il aurait été arraché à sa famille à cause de ses capacités psychiques. Mais il s'est enfuit alors qu'il était gravement blessé. Le professeur Davis et le professeur Fond pensent qu'il est mort." Continua John. La nouvelle ne sembla pas alerter Naru : "J'ai été tenu au courant de cette affaire, mais rien n'indique un lien avec notre dossier. Cependant se serait bien d'enquêter la dessus, au cas où. Hara-san des nouvelles de l'esprit ?

- Aucune." répondit la médium apparement inquiète sur le sujet. "Je ne perçois aucune présence, c'est comme s'il avait complêtement disparu après avoir attaqué Mai.

- Ca renforce l'hypothèse de la projection astrale de Mai, non ?" déclara Bô-san d'un ton circonspect tandis que Mai répétait le terme sans comprendre de quoi il s'agissait sous l'oeil exaspéré de Naru. "C'est le fait d'envoyer son propre esprit dans un lieu ou une époque auquel notre corps n'appartient pas. Mais je doute de cette possibilité : Mai est une des très rare personne que j'ai connue capable de faire ça, et elle a été attaqué par un jeune garçon qui ne pourrait sans doute pas les controler ainsi.

- Tu penses donc encore à un esprit." conclu le moine. "Je n'en sais rien. Toutefois cet esprit en a peut-être seulement après Mai, après tout, seul des faits de poltergeists avaient été réalisés jusque là." La concernée frissona, serrant ses mains contre son coeur, à ses cotés Ayako murmura furieusement : "Il pourrait être plus rassurant pour une fois.

- Quoi qu'il en soit," continua Naru, "John et Hara-san continuerons d'enquêter dans ce sens. Bô-san, qu'as-tu découvert sur le quatrième étage." Le quatrième étage. Mai se souvint brusquement de sa conversation avec le majordome : "Tu parles des lieux de culte Naru ?

- Tu es donc au courant.

- Il est clair que Mai fréquente beaucoup de beau monde." Lacha Ayako avant de recevoir un brusque coup de coude. "Aïe !" Le regard impênétrable de Naru se posa quelques secondes sur son assistante. "Je vois." Qu'avait-il vu ? Mai avait la désagréable impression que ce n'était pas de bon augure pour elle. "Bô-san, reprenons.

- Bien, les lieux de culte du dernier étage sont particulièrement beaux et purs. Je les ai déjà exorcisé au cas où, mais je pense que ça n'a servi à rien.

- Lin, les relevés ?

- Aucun changement de température dans la nuit et la matinée. Tout est stable, dans les pièces surveillées du moins.

- Je vois. Matsusaki-san, du coté des médias ?" La miko croisa les bras et répondit d'un ton pensif : "Deux seulement ont été repérés ce matin. J'ai réussi a aborder l'un d'eux et... Quoi ? Ne recommencez pas à rire vous deux !" Cela n'arrêta pas cependant le fou rire maladroitement restreint de John et Bô-san. "Bref, le paparazzi ne savait même pas pourquoi on l'avait envoyé là, sa mission était de photographier tout ce qui bouge.

- Je vois. Fais en sorte de brouiller les éventuels indices que pourrais laisser la SPR. Continues à les berner si nécessaire." Encore une fois la phobie des médias avait repris Naru, mais Mai ne fit aucun commentaire. Finalement, le beau brun se tourna vers elle. "Mai, as-tu remarqué quelque chose d'étrange ou de particulier à l'hôtel ?

- Eh bien... A part les choses dont on a déjà parlé... Ah si peut-être les couloirs de service !" Les paires d'yeux se fixèrent sur elle, sans comprendre, il lui sembla deviner à quel point se devait être désagréable à Naru de se retrouver dans ce genre de situation. "Les employés n'utilisent pas les grands couloirs de l'hôtel, mais d'autres couloirs plus petits qui mènent aux services. Ils se fondent à travers le décor de l'immeuble. On peut facilement les utiliser si l'on découvre leur emplacement je pense...

- Je vois, beau travail Mai." Le moral de la jeune fille remonta brusquement à un point culminant. Les compliments de Naru étaient rares. "Matsusaki-san, avant de reprendre ta tache, fabriques un charme pour Mai, sinon que tout le monde reprenne son travail. Mai...

- Oui ?

- Continues tes observations, cherche les ouvertures des couloirs... Sans flirter avec n'importe qui." Le moral en hausse de la jeune fille redescendit légèrement avec une sensation de gêne extrème. "Bien, chef Shibuya.

- Oh ! Tu entends ça Jhon ? Sans flirter avec n'importe qui." reprit Bô-san dans une parfaite imitation de Naru. "Ca devient sérieux.

- Plus que votre travail. Ouvrez l'oeil." De rieur, le ton du moine devint dépité. "Compris."

A tour de rôle, les exorcistes sortirent de la chambre à quelque minutes d'intervalles. Quand Bô-san croisa Mai dans le couloir il lui glissa un : "Finalement il n'a pas nié." faisant rougir la jeune fille, qui essaya de ne pas penser à cette éventuelle possibilité. En vain. A moitié en colère contre elle même, elle se frappa pour pouvoir reprendre son travail correctement. Kugumiya-sama lui avait commandé un déjeuner, ce qui lui offrait la possibilité de découvrir quelques portes cachées. Elle soupira, c'était un travail ennuyant... Elle crut abandonner quand une troisième personne passa devant elle, les yeux ronds, mais restant immobile à la fixer cette fois-ci. Il voulait sa photo ? Au bout de quelques instants, il continua sa route en marmonnant : "Il y a des personnes qu'on ne devrait pas laisser entrer dans cet hôtel." Les nerfs de Mai palpitèrent dangereusement et la jeune fille décida de demander le chemin des cuisines directement à la réception. Ce serait plus simple finalement...

Dix-huit heures. Il était déjà si tard ? La réception commençait dans une heure, alors... Les draps glissèrent de son corps dans un doux bruissement de tissu. Il étaient plutôt rêches pour des draps d'un hôtel si cher quand même. Un fil retint son bras, lui causant une vive douleur dans le poignet. Ses yeux se posèrent sur lui. Du sang. Une transfusion ? Pourquoi ? Son ouïe répera le son cadencé d'un cardiogramme. Ses yeux s'écarquillèrent face à cet imprévu, puis, tout doucement, comme si elle sortait d'un rêve, le décor se mit en place. Dans cette pièce carrelée et froide, des moniteurs s'entassaient autour d'elle. Un défibrilateur ? Qu'est-ce que ça faisait ici ? Qu'est-ce qu'elle faisait dans cette pièce ? Ses pieds touchèrent le sol glacial, ses mains se crispèrent sur la tenue d'hopital qu'elle portait. Froid, il faisait si froid. Un peu plus loin, la porte était restée entrouverte. Elle pouvait partir d'ici. Alors, comme prise d'une subite frayeur ou s'une nervosité soudaine, elle arracha précipitament l'aiguille et le fil qui perçaient son bras, ses ongles griffant fortement sa peau au passage. Le sang goutta lentement, coula le long de son bras, puis, tomba sur le sol, arrachant un clapotis poisseux au sol. Elle avait beaucoup de mal à marcher, elle ne savait pas pourquoi. Les quelques pas menant à la sortie de la chambre lui parurent si long... Se tenant au mur, elle claudiqua dans le couloir sombre. Les rumeurs qui venait d'une des rares pièces éclairées se stoppèrent quand ils entendirent son râle inquiétant. Des personnes sans visage en sortirent, poussant des bruits d'alerte tandis qu'elle s'efforçait de marcher plus vite. Voulant fuir, elle essaya d'ouvrir une grande porte. Fermée, son esprit se percuta contre elle dans la folie du désespoir.

La porte éclata.

"Mai, ce n'est pas le moment de dormir ! La réception est dans moins d'une heure, dépêches-toi !" Qu'elle voix adorable au réveil, vraiment... Elle aurait aimé que se soit celle de Naru. Les yeux de Mai s'ouvrirent lentement, éblouis par la lumière du lustre. Son rêve avait du mal à sortir de son esprit et des images lui parvenaient encore par flash. Elle se sentait épuisée. Finalement, elle se redressa, un sentiment de peur s'empara d'elle à l'idée de reposer ses pieds sur le sol. Et s'il était aussi froid que dans cette pièce ? Elle se frappa mentalement. Idiote, ce n'était qu'un rêve, que dirait Naru s'il te voyait encore une fois endormie en plein travail ? Laissant un sourire s'esquisser sur ses lèvres, elle saisit l'obi (1) posé sur le divan. Sa patronne voulait apparaître vétue d'un kimono. N'ayant jamais porté ce genre de d'habit, Mai se demanda comment elle allait pouvoir nouer cet immense ceinture dans le dos de sa patronne. L'espace d'un instant elle regretta que Masako ne fut pas ici, mais après un quart d'heure de bataille avec le morceau de tissu, l'immense noeud tint enfin en place, à son grand soulagement. Malheureusement pour elle, Kugumiya-sama entendait bien à ce qu'elle porte la même chose et lui engouffra dans les bras un magnifique kimono noir. Quant elles furent fin prêtes, il était grand temps de descendre à la réception. Par malheur, alors que l'ascenseur s'était arrêté impitoyablement à l'étage d'en dessous, Sean entra à l'intérieur. Les mains dans les poches, furieusement beau dans son costume à moitié débraillé. Une goutte de sueur perla sur le front de la jeune fille, maintenant qu'on lui en avait fait la remarque, le terme flirter semblait voler sans aucune discrétion autour de sa propre tête. Malheur. Le jeune homme lui fit un grand sourire, auquel elle ne put s'empêcher de répondre, et lui lança un joyeux : "On se retrouve encore ! Est-ce le destin ?" Ringard, mais Kawaiii ! Sa patronne à ses cotés semblait trouver la phrase complêtement stupide comme s'empressa de le souligner son immense soupir. Avec à clin d'oeil appuyé à Mai, le scientifique se tourna vers la grande et renomée exorciste : "C'est un honneur de vous rencontrer, Kugumiya-sama.

- Sean, fais-moi plaisir et tais-toi." répondit-elle d'un ton cassant qui surprit Mai. "Taniyama, vous avez surement déjà fais la connaissance de Monsieur Broad. Je me trompe ?

- Oui je...

- Vous êtes ravissante en kimono !" coupa l'autre en lui prenant la main, puis écarquillant les yeux d'un air déçu. "Mais cela ne va t-il pas vous gêner pour danser ?" Danser ? Mai ravala difficilement sa salive, elle n'avait jamais été experte dans ce genre de chose, mais Kugumiya-sama répondit à sa place, le ton toujours aussi sec. "Nous n'aurons pas le temps pour ces débilités occidentales(2) ! Laisses mon assistante tranquille Sean.

- Je parle pas à l'asistante mais à la jeune femme qui à presque mon âge." souligna t-il d'un air ingénu qui ne lui allait pas du tout. "Mais une vielle personne telle que toi...

- VIELLE ?" Aux cotés de leur dispute, Mai ne fut que trop heureuse qu'ils continuent la conversation sans elle et, tandis qu'ils marchaient devant elle sur le chemin de la grande salle, le garçon criant à tue-tête "Oba-san, oba-saaan (3).", elle se demanda si un phénomène poltergeist allait enfin se présenter sous leur yeux. Naru était sûrement en train d'inspecter avec Lin toute trace d'apparition quelconque, pour une fois, elle regrettait de ne pas être à leur cotés. Si la tâche était fastidieuse, elle avait le mérite d'être au calme... Les deux protagonistes qui faisaient à présent leur entrée dans la réception (l'ordre étant "Toi tu reste trois pas derrière moi sale petit morveux !", Sean ne posait pas de problème, trop heureux de se détacher de la présence de la femme aigrie) lui faisaient penser à Ayako et Bô-san. Les éternelles disputes de ses deux amis lui manquaient, et pour une fois, elle regretta la fonction que lui assignait son travail. Comme quoi chasser les fantômes n'était pas toujours aussi excitant que ça n'en n'avait l'air, dire qu'au lieu de bavasser et supporter la vielle folle elle pourrait être en train de trouver un appartement convenable. Tâche beaucoup plus urgente et, plus important encore, chercher dans ses cartons son fichu contrat de résilliation de bail qu'elle avait posé elle-ne-savait-où... Si elle ne le rendait pas dans les temps, le vieux renard qui louait l'immeuble n'allait certainement pas lui donner ses indémités. Soupir. C'était fatiguant, terriblement. Chaque jour, sa peur de finir à la rue s'injectait dans son esprit, pourquoi accumulait-elle les problèmes ? Magnifiquement décorée, la réception était réussie, pourquoi alors que tant de personnes s'évertuaient à rire et plaisanter, à danser autour d'elle, pourquoi sa solitude se faisait si grande ?

"A quoi penses-tu ?" La voix froide de Masako lui fit l'effet d'un électrochoc. Bafouillant lamentablement, Mai s'excusa en prétendant qu'elle ne pensait à rien de particulier. La lamentation de Masako ne se fit pas attendre : "Pourquoi alors n'es-tu pas en train de surveiller ta patronne ? S'il lui arrive quelque chose Naru sera en colère. Ils s'apprécient beaucoup.

- C'est ce que j'avais cru comprendre." répondit Mai en riant jaune. "Après tout, ils se ressemblent, le narcissisme les rapprochent." Un léger blanc s'installa, puis le rire de Masako s'échappa légèrement de sa manche, éternellement plaquée devant sa bouche, le torse secoué par son fou rire. "C'est si drôle que ça ?" fit l'assistante d'un air consterné. Il fallut quelques instants à Masako pour pouvoir lacher d'un ton étranglé : "C'est juste toi Mai. Tu es trop drôle." Flatteur. Vraiment. Mai ne savait pas comment réagir exactement. La médium fit par s'expliquer tout en prenant une grande inspiration, pour se redonner une contenance, sans doute : "Tu n'arrêtes pas d'énumerer ses défaults et de les lui balancer à la figure, mais tu arrives quand même à l'aimer. C'est étrange." Une brusque rougeur apparut sur les joues de la jeune fille. "Mais... je... C'est pareil pour toi aussi, non ?" Son amie secoua la tête, son regard s'effaçant légèrement : "J'idéalise Naru. Je ne vois que ses bons cotés, et je passerais volontier sur le reste... Mais ce n'est pas possible. Tu as de la chance, d'être aussi forte." C'est quoi ce délire Masako ? Pourquoi tu me sors ça maintenant ? Seulement la question ne put être posée, la médium était déjà partie. Cherchant son amie dans la foule, elle vit la silhouette de Sean s'éclipser de la salle. Il en avait sûrement eut assez, elle aurait aimé en faire autant. Kugumiya-sama discutait avec son éternel compagnon le professeur Davis. Fond-san n'était pas avec eux. Et puis, perdu dans la rumeur générales. Un coup. Le coeur de Mai rata un battement. Elle en était certaine, elle avait entendu un coup, comme venant des murs eux-même. D'un bond, elle se rapprocha de Kugumiya-sama. C'est alors, comme dans les films d'horreur, les lumières s'éteignirent, causant un silence pesant dans la salle. Mai saisit le poignet de sa patronne. Un coup. Les respirations des invités s'arrêtèrent avant de reprendre bruyamment. Un deuxième, un troisième. Les premiers cris s'élevèrent dans la salle. Du coin de l'oeil, elle vit Bô-san dans son costume de serveur, obligeant la foule à s'asseoir et à garder leur calme. Les bruits de coups n'arrêtaient d'augmenter leur fréquence et leur force. Un lustre au dessus d'eux se brisa. Poussant l'exorciste hors de danger, se fut le sang de Mai qui éclaboussa le sol tandis qu'elle ne put retenir un cri de douleur. Parmis les invités, les cris d'horreur reprirent, la débandade fut terrible. Rampant sur le sol, la jambe blessée, la jeune employée de la SPR ne dut son salut qu'à Kugumiya-sama qui entreprit de la trainer vers le mur. Seul les scientifiques au courant de la menace semblaient réussir à garder leur calme. Un flash attira l'attention de Mai. Il venait d'un mur. C'était impossible n'est-ce pas ? La douleur faisait vaciller son esprit. Pourquoi la coupure de sa jambe lui brulait-elle autant la peau ? Pourquoi voyait-elle ces points noirs ?

"Mai." fit une voix.

Tout était si flou. Son beau kimono taché de sang, et le visage inquiet d'Ayako qui se penchait au dessus-d'elle.

"Mai, ne vas pas par là-bas. Restes avec moi." continua la voix si familière et si rassurante. "Tu peux rester avec moi le temps que tu n'ais plus mal.

- Vraiment ? Je suis si contente." répondit Mai. "Finallement, tu es vivant n'est-ce pas ?" Les bras chaleureux de Naru, où plutôt ceux de son frère l'entourèrent. Ils semblaient dire : "Ne t'inquiètes pas pour ça." Avec rien d'autre la jeune fille n'aurait pu se sentir plus sereine. Un sourire aux lèvres, elle lui prit la main et lança d'un ton joyeux : "Où allons-nous cette fois ?"


Notes : Tout d'abord celle que j'ai oubliée la dernière fois (Goooomeeeee!) :

Chanelling : c'est le fait d'invoquer des esprits comme le fait Masako, c'est-à-dire de lui prêter son corps en quelque sorte.

Celle de ce chapitre à présent :

(1) Obi : C'est l'immense ceinture qui forme un noeud à l'arrière du traditionnel kimono. Il doit être noué à l'arrière c'est donc pour cela qu'on ne peut pas se vêtir du vêtement seul. S'il est noué à l'avant cela est une marque de prostitution '

(2) Quand Rie Kugumiya parle de la danse comme d'une débilité, c'est à cause du fait que les danses dîtes européennes (soit le charleston, la salsa, la valse ect...) ont très très peu perçées au Japon. On peut supposer que ce qui remplace les danses des receptions occidentales sont remplacées par la cérémonie du thé et autres traditions au Japon.

(3) Vous aurez sans doute entendu dans l'anime où le manga Ayako interpellée avec "Oba-san" ce qui la met dans une belle fureur. Cela veux dire "vielle femme" en japonais.

Note de fin de l'auteur : N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez des nouveaux personnages, ainsi que du caractère des principaux. Vos théories sont aussi les bienvenues même si ce n'est pas si compliqué (comment ça c'est de l'incitation à rewiever ? Nah !)

Ja ne !