Avertissement : Je m'excuse à l'avance pour le déroulement de ce chapitre. Je n'ai pas trouvé d'autres solutions que de fragmenter le récit. Comme toujours vos opinions sont les bienvenues.
Chapitre 8 : Another Love
Lily revenait peu à peu à elle. Elle pouvait sentir des draps frais contre sa peau et la lumière qu'elle percevait à travers ses paupières closes avait quelque chose de différent de celle qui la réveillait d'habitude. Elle bougea et chercha à analyser l'état de son corps avant de s'agiter. Mmmm … Déshydratation, maux de tête, trou de mémoire … Gueule de bois. Par delà ces symptômes classiques elle n'avait pas besoin de se lever pour sentir déjà que tout un coté de son corps lui faisait mal. Suis – je tombée ? Enfin, il fallait ajouter à cela un inexplicable mal de gorge et la désagréable impression d'avoir l'estomac rempli d'acide.
Elle perçu un léger mouvement à côté d'elle, de quoi s'ancrer dans la réalité et se forcer à ouvrir les yeux.
- Tu as finis par l'avoir ce séjour à l'infirmerie, lui dit Remus Lupin avec un sourire en coin.
Elle cligna des yeux, plus pour s'habituer à la lumière qu'en signe d'incompréhension, néanmoins il crut bon de se justifier.
- Cela fait quelques temps que tu flirtes avec l'infirmerie sans vraiment y faire séjour et ce coup ci James et Sirius étaient bien trop paniqués pour songer à te l'éviter. Merlin ! C'est James qui t'a porté jusqu'ici.
Combien d'épisodes est ce que j'ai raté ? Elle volait poser la question mais la douleur qu'elle ressentait au fond de sa gorge lui déconseillait de se servir de sa voix, pour le moment. Elle se redressa sur ses oreillers sans quitter Remus du regard. Enfin, quand elle fut assise son regard se porta sur la table de chevet en quête d'un verre d'eau. Elle tendit la main vers celui-ci mais le Maraudeur la coupa dans son élan.
- Non, tu dois d'abord boire ça, dit il en lui tendant une petite fiole remplit d'un liquide clair. Mme Pomfrey t'as fait régurgiter le contenu de ton estomac cette nuit et elle a dit que tu devais boire ceci à ton réveil.
Que s'est il passé exactement ? Elle brulait d'envie de le lui demander. Elle prit la fiole qu'il lui tendait et en bu le contenu. Tout de suite, la douleur qu'elle ressentait dans sa voie digestive s'apaisa. Elle poussa un soupire de contentement et pu enfin se saisir du verre d'eau sur la table. Avant de la porter à ses lèvres elle se risqua tout de même à poser une question.
- Comment est ce que je suis me suis retrouvé ici ?
Le désarroi que Remus lisait dans les yeux de Lily était sincère. Il voyait bien que cette dernière savait qu'elle n'avait pas suffisamment bu pour se retrouver à l'infirmerie et lui cacher la vérité aurait surement été contre productif car cela l'aurait conforté dans le peu d'illusion qui devait lui rester – puisque manifestement il lui en restait suffisamment pour ne pas surveiller son verre – et l'aurait empêché d'être réellement sur ses gardes.
- Tu as été empoisonné.
La nouvelle lui fit l'effet d'une douche froide. Ca doit être une mauvaise blague.
- Ce n'était pas des potions extrêmement dangereuses, et l'alcool a aussi joué un rôle important dans l'équation … Mais après avoir étudié le contenu de ton estomac Mme Pomfrey a conclu que tu avais du ingérer du veritaserum et de l'élixir de Pasiphaé qui comme tu le sais est désinhibant. Devant son expression horrifiée, il continua : ce dernier n'a pas eu le temps d'agir, tu t'es évanouies avant.
Elle laissa mollement retomber sur les draps la main qu'elle avait portée à ses lèvres. C'est déjà ça …
- Est ce qu'on sait qui … qui a fait ça ? lui demanda t elle.
- Non. Il y a eu une telle agitation au moment où tu t'es écroulée sur le sol … Et les souvenirs de tout le monde sont assez vagues … Laisse moi te dire que James et Sirius en sont furieux.
Elle accusa le coup. Peut être était elle conditionnée maintenant mais, elle avait l'impression qu'il lui cachait délibérément quelque chose. James et Sirius … Il s'est passé quelque chose avec James et Sirius … Elle en était sure. Simplement, elle était incapable de se rappeler quoi.
- Tu as dit que James m'avait … portée jusqu'ici… Mais qu'est ce qu'il s'est passé au juste ? Et combien de temps suis je restée ici ?
Elle commençait à paniquer, Remus prit son visage le plus bienveillant et se pencha vers le lit pour lui saisir les mains. Tout son être se voulait rassurant.
- Détend toi. James t'as amené ici vers 2h du matin cette nuit et il est maintenant … il jeta un rapide coup d'œil à sa montre, environ 10h.
Tellement de choses pouvait se passer en ce si court lapse de temps … Pourtant l'idée qu'une journée entière ne s'était même pas écoulée la rasséréna. Elle expira, ce qui lui fit réalisé qu'elle avait retenu sa respiration jusque là.
Elle se calla un peu plus contre les oreillers et prit son air sérieux, celui qu'elle réservait aux théories complexes de métamorphoses. En d'autres circonstances Remus aurait surement sourit.
- Bon, qu'est ce qu'il s'est passé hier soir ? A l'actuelle soirée … Et ne prend pas cet air de Maraudeur, tu sais que ça ne marche pas.
Là il sourit franchement.
- Comment refuser un ordre direct de la préfète en chef ? Très bien, alors de quoi est ce que tu te rappelles exactement ?
- Je me souviens de la soirée de Slughorn, d'avoir danser avec James et d'avoir frolé l'incident diplomatique avec un aurore. Je me souviens de mon horrible costume et d'avoir quitté la soirée relativement tôt. Après, j'ai joué à un jeu d'alcool … Et c'est le trou noir.
Remus ne savait pas quoi lui dire. Manifestement elle sentait que quelque chose d'important s'était passé, il ne pourrait donc pas éviter de le lui raconter. Mais comment lui expliquer ça ? Si ça avait n'importe quelle autre fille, elle en aurait été ravie, James et Sirius qui en viennent aux mains … Mais ça ne serait pas arrivé pour n'importe quelle autre fille.
- Tu dois te demander pourquoi est ce que c'est moi qui suis à ton chevet, comme elle allait protester il lui fit signe de la main de se taire. Madame Pomfrey a décidé compte tenu de la soirée que tu avais passé qu'il ne fallait pas ajouter à ton stress (stress qui a entre autre causé ton état) et a donc décidé que tu aura droit à un visiteur à la fois. Ça s'est joué entre Elwes et moi et nous avons décidé que comme j'étais le mieux placé pour te raconter la soirée il viendrait te voir plus tard dans la journée.
Elle acquiesça, une foule de pression se bousculait dans sa tête. Elle le laissa cependant continuer par peur de le retarder en l'interrompant. Cependant elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de la déception. Et où étaient James et Sirius dans tout ça ? Cela devait se lire sur son visage quand Remus continua.
- Je t'ai déjà dit que James t'avait porté jusqu'ici, avec Sirius sur ses talons. Rien qu'à leur allure Madame Pomfrey a compris qu'ils avaient trempé dans quelque chose de louche, elle les a même soupçonné d'être la cause de ton stress, elle a donc refusé qu'ils soient présents au moment de ton réveil. Mais tu les connais … Ils se sont mis d'accord, et finalement James est resté ave toi toute la nuit jusqu'à ce qu'il se fasse mettre à la porte quand l'infirmière a jugé ton réveil imminent.
Une vague de soulagement la submergea, suivie de près par une vague de culpabilité. Elle n'avait aucun droit, surtout pas celui d'exiger la présence de James à son chevet ni où que ce soit à ses côtés. Qu'en sa présence elle ait finalement l'impression d'être à sa place quelque part ne changeait rien. Ou sinon ça aggrave encore les choses …
- Avant de continuer, il faut que tu saches que tout est arrangé. Peter a pris le reste de la soirée en main et tout est rentré dans l'ordre, et James et Sirius se sont enfin compris.
Remus marqua une pause, il ne voulait pas que Lily culpabilise davantage et il ne voulait surtout pas la mettre de nouveau mal à l'aise. Enfin, il capta son regard, elle avait l'air déterminée et il comprit qu'il en était arrivé au point ou prolonger le suspense ferait plus de mal que de bien.
- Hier soir, quand tu t'es sentie mal Sirius a tenté de s'occuper de toi. James avait déjà les sangs échauffés par l'alcool et parce qu'il semble toujours contrarié en ce moment … Il a mal compris la situation et a cru qu'il se passait quelque chose entre Sirius et toi. Alors il s'est jeté sur lui. Ils n'ont pas eu le temps de se faire trop de mal parce que c'est à ce moment là que tu t'es évanouie ce qui les a dégrisé d'un coup.
Lily qui s'était légèrement redresser pour écouter au fur et à mesure que le récit touchait à sa fin se laissa retomber contre les oreillers. James et Sirius se sont battus … Comme si ruiner mes amitiés n'était pas suffisant ! Elle ferma les yeux et laissa le temps à l'information de faire son chemin dans son esprit. Mal compris la situation … Oh mon Dieu ! Et Kate ?! Elle osait à peine imaginer ce que celle ci avait du comprendre en voyant son petit ami se battre avec son meilleur ami au dessus du corps d'une jeune fille.
- Je gâche toujours tout … laissa t elle échapper dans un soupir avant de porter la main à ses lèvres. Pardon Remus, je ne voulais pas dire ça, ajouta t elle quand elle réalisa qu'elle l'avait dit à voix haute.
Et, si c'était exactement ce qu'elle ressentait, l'expression de son interlocuteur lui signifiait clairement qu'il n'était pas d'accord avec elle. Mais Remus, qui partageait tout de même un dortoir avec les autres maraudeurs connaissait bien les remords que l'ont pouvait éprouver après une soirée. La descente de l'alcool qui vous entraine avec elle. Bien sur Lily devait culpabiliser mais elle ne serait jamais naturellement aussi encline à s'avouer vaincue et à s'auto flageller.
Lily devait sans doute penser quelque chose de similaire : elle renifla, appuya ses mains contre ses yeux puis regarda directement Remus dans les yeux.
- D'accord.
Remus pensait que ce serait plus difficile de raisonner Lily.
- Et comment va Kate ?
Aïe. Celle là, il ne l'avait vraiment vu venir. Aucun des Maraudeurs n'était spécialement proche de la brune, excepté James, et aucun, surtout Sirius, ne cherchait à la devenir.
- Je suppose qu'elle va bien ? Honnêtement Lily, je n'en sais rien. Elle ne vous a pas suivi jusqu'à l'infirmerie et elle n'est pas non plus restée à la soirée, Peter me l'aurait dit … Elle a du rentrer à son dortoir quand James est parti…
Lily n'avait pas l'air convaincu par ses explications et il savait que certains éléments de cette histoire devaient lui échapper. Bien sur que la question de Lily devait en cacher d'autres. Alors il essaya d'étayer.
Lily, quoiqu'il se soit passé pour James, rien n'est de ta faute. S'il s'est battu avec Sirius ou s'il s'est disputé avec Kate c'est simplement parce qu'il est James Potter : un insupportable Gryffondor qui croit toujours avoir raison et qui en comprend pas que les autres n'ont pas forcement le même ordre de priorité. Ça fait 17 ans qu'il est comme ça, il a l'habitude et il s'en remettra. Inquiète toi plutôt pour toi ! C'est toi qui es coincée à l'infirmerie !
- Tu n'as pas tort, concéda t elle avec un petit sourire.
Il lui rendit son sourire, prit ses mains dans les siennes et les serra légèrement avant de l'embrasser fraternellement sur la joue. Puis il quitta doucement l'infirmerie non sans avoir formuler des vœux de prompt rétablissement. Tout Poudlard serait désespéré si tu ne nous revenais pas très vite !
Elle se laissa glisser sous les draps et une vague sensation de solitude la submergea. Celle –ci aurait pu être liée au fait que Remus venait de refermer la porte sur lui mais elle savait que ce n'était pas le cas. Depuis la rentrée chaque fois ou presque qu'elle s'était glissée sous ses draps, elle avait sentit la présence de James à quelques mètres d'elle. Et, de poser le regard sur la chaise qu'il avait déserté, même involontairement, lui était pratiquement insupportable.
123
Devoir quitter cette chaise avait été un véritable déchirement. D'ailleurs ce n'était pas tant la perspective d'autres retenues qui viendrait s'ajouter à celle qui l'aurait manqué pour rester auprès d'elle, que celle de peut être de nouveau la cause pour elle d'une quelconque forme de stress.
Si j'avais su … En effet, quelques minutes auparavant Remus à travers le jeu des miroirs (Sirius avait gracieusement prêter son miroir à Remus pour que celui ci puisse les tenir au courant de l'état de Lily, ceci avait définitivement joué un rôle dans la discision de James de quitter sa place au chevet de la jeune femme) lui avait annoncé que les souvenirs que Lily gardait de la soirée étaient flous au mieux pour ne pas dire quasi inexistant.
Au moins, le temps qu'il avait passé en retenu - la première depuis qu'il avait été nommé préfet en chef - lui avait permis de voir plus clair en lui et en ce qui concernaient les récents évènement. Ce n'était certainement pas le bout du tunnel, mais il commençait à voir de la lumière.
En effet, la veille, dans l'urgence il avait pris pour acquis les mots de Sirius.
Bien sur qu'elle est fabuleuse, avait il dit en la regardant dans son lit d'hôpital, elle est belle, intelligente, et toute pétrie de gentillesse … Mais elle est aussi … Là Sirius avait pris une grande inspiration avant de lâcher : elle est aussi à toi. Enfin, tu me comprends … c'est de l'amitié.
Sur le moment James avait vaguement hoché la tête et avait recommencer à scruter le visage de Lily, à la recherche de signe qui pourrait indiquer un quelconques problème.
Mais les yeux de Sirius été revenu le hanté dans le silence de la salle des trophées alors que les surfaces polies n'aurait rien du lui renvoyer d'autres que son propre regard brun. Et finalement il avait compris.
Quand le corps inerte de la jeune femme avait touché, ils s'étaient tout deux précipités à ses côtés, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche si bien qu'ils se faisaient face une fois encore. Il avait été frappé par la profondeur de la détresse qu'il avait lu dans le regard de Sirius. Ce n'était pas le regard d'un homme amoureux, il n'avait pas deviné de similarité entre leurs deux expressions. Non, c'était le même regard que celui qu'il avait eu pour Remus après l'incident avec Rogue. Un regard fraternel. Pis encore, dans le visage de Sirius il avait surtout reconnu l'expression d'un enfant, d'un garçon effrayé.
Au moins ça … Bien sur ce n'était pas le seul problème engendré par la soirée. Il en avait un plus gros sur les bras, un qui n'avait fait qu'empirer depuis la rentrée, depuis que Lily est revenu dans mon champs de vision, un qu'il ne pouvait plus repousser : Kate.
Clairement il avait utilisé Kate. D'abord pour se faire croire à lui même et aux autres qu'il était passé à autre chose et ensuite comme bouclier. Et ça a si bien marché, n'est ce pas ? Il n'avait dupé personne et la situation été maintenant encore plus chaotique. Il avait besoin de se recentrer sur lui même. Et si Kate avait, au début, été un bon moyen de détourner son attention de Lily elle ne l'avait à aucun moment aidé à voir plus claire en lui même.
Pourtant, la pauvre, été tout ce qu'il avait cru vouloir : douce et jolie. Une fille sans aspérité aucune, une fille qui ne soufflait pas sur les braises en lui. Et voilà qu'il avait encore réussi à tout gâcher.
Il arriva enfin dans le couloir qui le menait à ses appartements. A peine avait il tourné l'angle qu'il reconnu la silhouette qui se tenait devant le portrait : Kate. Elle était aussi suffisamment près pour qu'il puisse déchiffrer sans peine l'expression de son visage : Tu me dois quelques explications.
Bien sur il l'avait vu venir, cependant il avait eu la naïveté de croire qu'il aurait droit à une nuit de sommeil avant. Mais, Kate n'était plus d'humeur conciliante.
- Il faut qu'on parle, lui dit elle froidement.
Si elle en est à oublier ses bonnes manières c'est que la nuit a été très très longue. Au moment où il pensa cela, James prit le temps de la regarder. Evidemment, il connaissait son visage, mais cela faisait quelques temps qu'il n'avait pas attentivement regardé sa petite amie.
Ce qu'il voyait devait clairement être le résultat des dernières heures, il voulait croire que si son état de stress avait été aussi visible il l'aurait remarqué avant. En effet, celle qu'il avait devant lui ressemblait plus à la jumelle - ébouriffée débraillée et souffrant clairement d'un manque de sommeil - de celle avec qui il sortait.
Kate se tenait extrêmement droite, ses yeux étaient cernés et injectés de sang, des restes de maquillage étaient encore visibles autour d'eux. Elle a du se frotter les yeux … ou pleurer. Les racines de ses cheveux brillaient plus que d'habitude et ils étaient sans cesse décoiffés par la main – aux ongles rongés – qu'elle y passait.
Il acquiesça silencieusement, avant de lui faire signe de le suivre à l'intérieur. Une fois qu'il eu prononcé le mot de passe, elle le bouscula presque pour entrer le plus vite possible à l'intérieur. Il la suivit, doucement, comme il aurait suivi un animal sauvage et inconnu. Il n'avait encore jamais été réellement confronté à cette partie là de sa personnalité. Bien sur elle avait été légèrement froide après ce fameux cours de défense contre les forces du mal, mais cela n'était comparable en rien au comportement qu'elle avait en ce moment.
James décida de se tenir en retrait, avec la sortie juste dans son dos, alors qu'elle avançait vers le centre de la pièce. Quand elle compris qu'il ne la suivait plus, elle fit volte face, son visage soudain plongé dans la pénombre et le feu dans son dos.
- Tu ne viens pas plus près, chéri ?
Le ton qu'elle avait utilisé ne lui ressemblait pas, un grincement moqueur qu'elle avait plus craché qu'autre chose. James, ne sachant quoi répondre, garda le silence.
- Tu es fatigué, c'est ça ? reprit elle. Tu as du avoir une longue nuit, hein ?! Voyant qu'il s'obstiné dans son silence elle avança dans sa direction. Je te parle James !
Elle se tenait plus près de lui maintenant et il était résigné à affronter sa colère, il n'avait mérité. Et il faut bien que ce courage de Gryffondor serve à quelque chose … Alors, il releva le menton et la regarda droit dans les yeux.
- Oui Kate, la nuit a été longue, dit il enfin, laissant transparaitre toute la fatigue qui emplissait son corps à travers ces simples mots.
Elle ne devait pas s'attendre à ce qu'il lui réponde aussitôt, car sa réplique sembla brièvement lui couper le souffle. Mais, brièvement seulement car elle repris vite la parole.
- Et, peut on savoir où tu l'as passé cette nuit au juste ?
Il grimaça, elle n'y va plus par quatre chemins …
- J'étais au chevet de Lily Evans, c'était ma responsabilité en tant que pref…
- En tant que président du club des éternels amoureux de Lily Evans. Le coupa t elle.
Voilà, c'était dit. Peut être qu'un autre jour il aurait eu la force de nieret de continuer à mentir à tout le monde et surtout à lui même… Mais pas aujourd'hui, pas après avoir passé la nuit à veiller le corps trop calme –mais grâce à Merlin encore rempli de vie – de Lily Evans, pas non plus après la rage qu'il avait ressenti – pour son propre meilleur ami – quand il avait cru que celui ci avait des vues sur elle…
Kate eu un sourire sans joie.
- Et dire que j'ai été si stupide. Tout le monde m'avait mise en garde tu sais. Il est amoureux de Lily Evans, tu es une simple distraction… Même Cressida Throlloppe. Mais tu t'en doutes, non ? C'était évident vu comment je l'ai rejetée après ce cours de défense contre les force du mal … Je ne pouvais pas supporter de la regarder.
James avait le souffle coupé, comme après un uppercut à l'estomac. Il tenta néanmoins de se justifier.
- Kate, tu ne…
- Je ne comprends pas, c'est ça ? Le coupa t elle encore, furieuse. Oh non, James, je ne comprends que trop bien ! J'ai des yeux figure toi, je vois comment tu la regardes, comment tout le monde la regarde ! Et figure toi que tous les autres hommes de cette école ne sont pas comme toi. Oui, elle est très belle, oui elle est gentille … OUI, ELLE EST PARFAITE ! Mais ce N'EST PAS une excuse !
- Mais c'est différent, tenta t il encore.
- Différent ?
Maintenant que sa colère avait explosé, le ton de sa voix s'était modifié. Elle avait reprit son expression calmement, mais la douleur aigue qui pointait dans son regard ne lui laissait rien présager de bon.
Différent en quoi exactement ? Différent parce que c'est Lily Evans et que tu es James Potter ? Et que donc tout est excusable ? Parce que vous êtes tellement au dessus du commun des mortels toi et tes amis ? Au dessus de moi ?
- Tu dis n'importe quoi, c'est la colère qui parle, reprends toi on va en parler calmement Kate.
Il fit un pas dans sa direction et tendit un bras vers elle. Elle le repoussa.
- Non, je n'ai jamais été aussi lucide depuis le début de notre relation. Tu sais pourquoi est ce que c'est différent James ? Parce qu'elle, tu l'aimes ! Et que tout ce temps quand tu me disais que tu m'aimais, moi, pauvre gourde, je t'ai cru !
Que pouvait il opposer à ça ? Moi aussi j'ai voulu y croire ? Rien, absolument rien, ne pouvait justifier ce qu'il avait fait. Il aurait voulu pouvoir être en colère contre lui même à cet instant mais cela aurait été indécent il devait affronter la colère et la déception de Kate avant. C'est cruellement ironique que de la prendre véritablement en considération au moment de notre rupture.
- Et maintenant tu n'as plus rien à dire n'est ce pas ? Elle avait des trémolos dans la voix. Parce que j'ai raison.
Il tenta une dernière approche, pour au moins la réconforter alors qu'il voyait déjà des larmes briller dans ses yeux. Et le repoussa encore, et avec une violence qui le désarçonna.
- Ne te fatigue pas, je connais la sortie.
Elle baissa la tête et pressa le pas en se dirigeant droit vers le portrait, en n'oubliant pas cependant de le bousculer au passage.
Kate, qui avait toujours été si calme et placide venait de quitter sa vie, comme un ouragan.
123
- Et qu'est ce que tu crois qu'il va se passer maintenant ? demanda Peter, légèrement anxieux.
- Maintenant, Kate va quitter James et il va vouloir arracher les yeux de tout ce qui s'approche de lui dans un rayon de six mètres, répondit calmement Sirius.
Peter se redressa sur son lit en s'appuyant sur ses coudes. Il pouvait clairement voir le profil parfait de Sirius. Celui ci s'était allongé avec indolence sur le dos au milieu de son lit, son bras droit était tendu vers le haut et il faisait habilement tournoyer sa baguette entre ses doigts.
Il se dégageait de lui un tel calme, différent de sa nonchalance habituel, qu'il semblait puisait de la confiance qu'il avait dans le déroulement des évènements. Peter avait assez tramé de mauvais coups avec lui pour le reconnaître.
- Et cela ne devrait il pas nous préoccuper davantage ? Ou as tu un plan ? s'enquit ce dernier.
- Ah … soupira Sirius. Queudver si anxieux et pourtant si impatient… Non, je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai un plan ou que j'en ai eu un clairement défini. Et James va bien finir par se reprendre, c'était une question de temps.
Finir par se reprendre. Les choix de mots de Sirius étaient pour le moins étrange. Comme si, tout chagrin que pouvait ressentir James après sa rupture avec Kate faisait parti de la spirale descendante qu'il avait empruntée depuis le début de sa relation avec elle et non pas un évènement à part entier. Peter ne pouvait pas nier que James avait, avec plus ou moins de succès, tenté de changer ce changement, même raté, l'avait trop effrayé pour qu'il l'ignore.
- Et tu ne crois pas que Kate aurait pu l'aider à aller mieux ?
Surtout que Lily n'est apparemment pas disposée à le faire … Pensa t il.
Sirius roula brusquement sur le coté pour lui faire face. Tout au long de la discussion il s'était amusé à déchirer avec sa baguette des pans du baldaquin de plus en plus grand pour pouvoir ensuite les réparer d'un simple mouvement sans prononcer le moindre sortilège. Il s'était interrompu en plein milieu de son « œuvre » aussi le tissus rouge pendait il autour de lui, créant une jungle de soie et lui faisant ressortir en lui un coté sauvage.
- Es tu aussi stupide que ce que les gens pensent Peter ? Grinça t il. Est ce que tu croyais vraiment que Miss Parfaite pouvait arranger les choses ? Elle est pratiquement la raison pour laquelle cette farce a continué aussi longtemps !
Peter gardait le silence. Sirius allait reprendre la parole quand quelque chose les surpris tous les deux : les lambeaux du baldaquins frémirent puis s'enroulèrent sur eux même et se fondirent de nouveau avec le tissus rester en place.
- Et bien et bien, on s'amuse à effrayer Queudver Patmol ? demanda Remus d'une voix légèrement moqueuse depuis l'entrée de la pièce où il se tenait, la porte de leur dortoir était fermée dans son dos.
Une tension invisible se relâcha dans les épaules de Peter, l'expression et le regard de Sirius s'assagirent d'un coup.
- Je devrais savoir depuis le temps qu'on ne peut pas vous laisser seuls tous les deux, continua Remus en souriant. Il se laissa tomber sur le sol entre les deux lits.
- Il faut bien que l'un d'entre nous se dévoue pour éclairer la lanterne de Peter de temps en temps …
- Oui, si par éclairer sa lanterne tu entends lui communiquer ta haine viscérale de Kate Spencer ?
Remus s'aplatit contre le sol de la pièce et glissa son bras jusqu'à l'épaule sous le lit de Peter tâtonnant visiblement à la recherche de quelque chose. Ce dernier en profita pour poser une question.
- Mais sérieusement Sirius, pourquoi est ce que tu adores Lily alors que tu détestes Kate ? Toute chose égales par ailleurs, elles sont toutes les deux capables de te « voler » James. D'ailleurs, Lily en est certainement plus capable que Kate …
Remus retira son bras de sous le lit, il avait à présent à la main une tablette de chocolat qu'il s'appliquer à déballer.
- Peter a raison, dit il sans lever les yeux de sa friandise. Et Peter a tort … Oui, si James sortait avec Lily, il nous échapperait clairement … Mais ce n'est surement pas sur ce critère que tu te bases pour décider de tes affections ?
Sirius s'était maintenant complètement redressé sur son lit et avait croisé les bras sur son torse. Malgré son expression sérieuse il y avait quelque chose de l'enfant boudeur en lui à cet instant.
- Vous ne comprenez vraiment rien ! Kate est un paravent, un obstacle, quelque chose à quoi James se raccroche pour s'éloigner véritablement de nous. D'accord, on le voit souvent et de plus en plus tellement on pourrait croire qu'il la fuit … Mais il n'est pas véritablement là. Alors que Lily … Lily nous le rend. Elle nous rend le vrai James.
- L'ancien James, tu veux dire, corrigea Remus en levant enfin les yeux de son chocolat pour planter son regard dans celui de Sirius.
Voilà. Encore une vérité venait d'éclater : la peur panique de Sirius et son incapacité à accepter le changement lorsqu'il n'en était pas l'instigateur. Elle était posée la au milieu de la pièce et du triangle que formaient leur trois corps, tellement insoutenable que Sirius détourna les yeux. Puis, presque aussitôt, ne laissant aucune place à la honte, il els releva et les défia tour à tour du regard.
- J'aime suffisamment James pour vouloir son bien, et si ce changement l'avait rendu heureux je l'aurait accepté mais ce n'est pas le cas et vous le savez.
Lentement un sourire étira enfin les lèvres des deux autres Maraudeurs. Oui, ils le savaient.
123
Gary avait tenu à l'accompagner jusqu'à ses appartements, elle avait réussi à négocier qu'il la laisse au bout du couloir. Il avait accepté, après avoir vérifié d'un rapide coup d'œil que celui ci était désert. Tu pourrais être prudente maintenant que la menace s'est conformée, lui avait il dit plus tôt.
Elle savait qu'il avait raison : tout portait à croire qu'elle n'était pas vraiment en sécurité en ce moment. Pourtant, après son bref séjour à l'infirmerie, elle avait l'impression très nette qu'un abcès imaginaire avait éclaté quelque part et que maintenant qu'elle y était passée pour de bon, elle n'y retournerait plus. Ou je suis encore trop optimiste et peut etre en sortirai je les pieds devant. Elle pouffa de ces pensés ridicules et entra dans la salle commune qu'elle partageait avec James.
Au premier abord, la pièce semblait déserte. Mais, elle n'avait pas fait trois pas plus en avant dans la pièce que son nouvel angle de vision lui permit de distinguer les jambes de son homologue masculin qui se balançaient au bout du sofa. Celui ci devait être étalé de tout son long sur le canapé.
- James ? tentât elle doucement.
S'il était réveillé il lui répondrait. Sinon, le volume de sa voix était suffisamment bas pour ne pas perturber son sommeil. Elle entendit un bruissement de tissus puis la tete de James Potter apparu au dessus du sofa.
Il était plus décoiffé que jamais et ses lunettes étaient de travers sur son nez. Lily se mordit la lèvre inférieure pour réprimer un sourire à sa vue.
Il se frotta les yeux derrière ses lunettes avant de la regarder. Il lui sembla nerveux et fatigué.
- Je … reprit elle.
- Plus tard Lily, la coupa t elle. Plus tard.
Il y avait quelque chose de définitif dans sa voix aussi, elle acquiesça. Pourtant, elle ne se laissa pas complément démonter.
- Je voulais juste te dire merci pour hier soir, dit elle calmement sans le quitter des yeux.
Il eut un sourire qu'elle ne pu que qualifier d'amer, bien qu'elle n'était pas habituée à voir cette expression sur son visage.
- Et bien de rien Evans.
Puis il se laissa retomber sur le fauteuil, lui signalant ainsi la fin de leur conversation. Elle se pressa vers sa chambre sans demander son reste. Pourtant, même à travers sa hâte, elle ne pu faire abstraction de son rire froid qui résonnait faiblement dans son dos. Et, lorsqu'elle referma la porte de sa chambre, elle pu seulement faire semblant de ne pas l'avoir entendu renverser la table basse.
Décidemment, chaque fois qu'elle croyait l'avoir rattrapé, il faisait en sorte de la distancer de nouveau. Mais plus pour très longtemps j'espère …
123
Premièrement désolée pour ce retard, dès que je me fixe un délai, je le transgresse.
Ensuite, vous croyiez vraiment que Kate allait être docile jusqu'au bout ?
Enfin, j'attends avec impatience vos impressions. Et je fais des BISOUS A PAILLETTES à tout ceux qui prennent le temps de lire et de reviewers. Je crois vraiment que vous illuminez mes journées !
Bisous bisous
