Bonjour tout le monde !
Me revoilà encore avec un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira ! Comme je l'ai dit, au programme, du Tom du Tom et encore du Tom. Et cela continuera encore pour les prochains chapitres.
C'est partir pour les réponses aux reviews : (RaR)
Oriflame: Merci pour ta review. J'espère que le reste continuera à te plaire !
Magouille : Merci pour ta review ! Les choses commencent un peu à avancer dans ce chapitre. Je te laisse donc pour le gentil mimi Tom. Peut-être te laisseras-tu berner par ce chapitre, mais ne t'inquiète pas, comme je l'ai dit (ou peut-être pas je sais plus (a) ), Tom est méchant. Un méchant méchant méchant Tomichou. Bref, je te laisse à la suite. J'espère que ça te plaira et n'hésite pas à poster une review pour me dire ce que tu en penses !:D
Sirius était assis dans son bureau et regardait sa baguette avec curiosité. Quelque chose avait changé. Elle était différente. Non seulement son manche était décoré d'un simple trait vertical, mais elle dégageait une étrange chaleur à chaque fois qu'elle la prenait en main. Plus puissante peut-être, mais il avait de plus en plus de mal à la contrôler. Il devait se concentrer pour qu'elle l'écoute, pour qu'elle daigne exécuter les sortilèges. Il s'en saisit et pointa la porte quand quelqu'un toqua. Il l'ouvrit d'un coup de baguette.
-Bonsoir Tom, sourit-il.
-Professeur.
Tom le salua d'un hochement de tête poli, rapide, strict. Il ferma la porte avec délicatesse et se mit face à Sirius. Il regardait devant lui, la tête haute, et attendait une réaction de son professeur. Que voulait-il de lui ? Il n'avait rien fait de spécial. Enfin, rien de remarquable. Il agissait toujours avec discrétion, et jamais, au grand jamais, un professeur ne l'avait soupçonné de quoi que soit. De plus, toujours attentif malgré la simplicité extrême des cours à son goût, son niveau n'avait pas flanché. Certes, ses quelques recherches lui monopolisaient la plupart de son temps, mais il n'avait pas besoin de beaucoup travailler pour avoir d'excellentes notes.
-Puis-je ?, demanda-t-il en désignant un siège d'un mouvement de tête
Sirius acquiesca. Il fallait jouer le jeu, rien ne devait transparaître. Non, maintenant qu'il le savait, il ne devait rien changer à son comportement. Il lui donnait froid dans le dos. Comment un garçon de quinze ans arrivait à lui procurer des pareilles sensations ?
Jusqu'à présent, Sirius ne savait rien, il ne connaissait pas le vrai prénom de Voldemort, il ne savait même pas quel âge il avait réellement. Maintenant qu'il était au courant, il essayait de se remémorer ces cinq dernières années. Tom avait toujours été un élève brillant même s'il n'avait été baigné que très tard dans la sorcellerie. Calme, puissant, poli, incroyablement doué, maniant sa baguette avec une grande dextérité malgré son jeune âge, il n'avait rien remarqué d'étrange en lui à part une extrême froideur.
Un visage impassible. Des yeux sombres dans lesquels on ne pouvait rien lire à part le vide. Un cœur noir, vidé de toute émotion. Mais était-ce suffisant pour le suspecter de devenir l'un des plus puissants mages noirs que le monde ait jamais porté ? Sirius voulait croire que oui. Après tout, c'était à cause de lui que James et Lily étaient morts, à cause de lui qu'il avait passé douze ans à Azkaban, deux ans en fuite, survivant seulement grâce à son statut d'animagus. Mais une petite voix lui disait que le jeune garçon devant lui n'était pas encore Voldemort. Oh bien sûr il était en voie de le devenir. Néanmoins, il ne l'était pas encore. Personne n'était encore mort par sa faute.
Il l'invita à s'asseoir. Tom s'installa en silence sur le fauteuil en tissu marron. Il était droit comme un piquet, stoïque et pourtant naturellement élégant. Il fixait Sirius avec une intensité déconcertante, comme s'il essayait de deviner quelque chose. Il finit par détourner son regard et fixa un parchemin déroulé sur le bureau. Il reconnut son écriture et fronça les sourcils. Il y avait un problème.
-Quelque chose me dérange dans votre devoir Tom, commença Sirius. C'était un travail de groupe.
-J'étais censé le faire avec Lestrange et Avery qui -malgré qu'ils fassent partie de mes plus proches amis- ne semblaient pas décidé à le faire. J'ai donc préféré prendre les devants.
-Vous êtes préfet Tom. Vous devez montrer l'exemple.
-Veuillez m'excuser Professeur.
Il était tellement poli, bon acteur. Il avait baissé les yeux, semblait regarder ses mains posées délicatement sur ses genoux. Tout était parfait pensa Sirius. Le ton légèrement tremblant, le regard baissé, le léger rougissement de son visage. N'importe qui serait tombé dans le piège s'il n'était pas au courant de la véritable identité du jeune homme. Il en avait presque envie lui aussi, de se laisser prendre.
-Que voulez-vous faire plus tard Tom ?
-Je ne sais pas vraiment professeur...
-Voyons, un élève brillant et ambitieux comme vous doit forcément avoir une idée.
-Et bien...
Il leva les yeux. Ceux-ci pétillaient d'une étrange lueur, une joie malsaine qu'il n'arrivait pas à contenir. Sirius ne l'avait jamais remarqué jusqu'à présent. Si on n'y payait pas attention, on ne voyait que le regard rêveur de n'importe quel adolescent -impassible la plupart du temps certes- mais un adolescent tout de même. Mais cette joie le rendait humain. Il semblait enfin ressentir une émotion. Il avait presque l'air heureux.
-J'ai le souhait de devenir professeur de défense contre les forces du mal. Ici, à Poudlard.
-Vous conviendrez donc qu'en tant que membre d'un corps professoral, l'esprit d'équipe est une qualité non négligeable, voire indispensable.
Tom hocha la tête. Où voulait-il en venir ? Jamais le professeur Aquila ne s'était donné la peine de le convoquer dans son bureau pour une telle broutille. Il l'avait déjà fait plusieurs fois et cela ne pouvait pas être la première fois qu'il le remarque. Il était étrange. Jedusor avait l'impression que quelque chose se jouait autour de lui et il n'aimait pas du tout ça.
-J'espère que vous ne me décevrez plus Tom.
-Je tiens à me rattraper.
-Et bien, je suppose que vous restez encore à Poudlard pendant les vacances de Noël ?, demanda Sirius.
-C'est exact.
-Le professeur Brulopot et Beery tiennent encore à organiser un spectacle cette année. Ils le monteront pendant les vacances et cherchent quelqu'un pour les épauler, quelqu'un qui arrivera à travailler avec des élèves, à leur prodiguer des conseils... Si vous vous portez volontaire pour prendre ce rôle, celui d'assistant -ou d'acteur même, je sais qu'ils en seraient plus que ravis-, je penserais peut-être à oublier ce léger accident de parcours.
Tom ne réagit pas. Non, malgré les milliers de pensées qui se bousculaient dans sa tête, son visage ne trahissait pas la moindre réflexion. C'était donc pour ça qu'il l'avait convoqué ? Il lui fallait trouver une excuse pour lui coltiner ce boulot. Non, c'était beaucoup trop simple. Il y avait autre chose et il le découvrirait.
-Je serai assistant, affirma Tom en hochant la tête avec conviction. Ce sera avec plaisir.
-Je ne doute pas de votre implication dans ce spectacle. J'espère que cela sera un vrai succès.
Sirius sourit. Il le congédia d'un mouvement de main après lui avoir proposé une tasse de thé que Tom refusa poliment. Il s'adossa sur son fauteuil et regarda le jeune homme quitter la pièce. Oui, c'était la bonne solution.
Il devait le surveiller, être au courant de ses moindres faits et gestes et c'était le meilleur moyen d'avoir un œil sur lui. Après plusieurs minutes de discussion quelques heures plus tôt, Hermione et lui en avaient conclu ainsi : ils n'employeraient pas la violence tant qu'ils n'auront pas la garantie qu'il deviendra Voldemort. Tout pouvait encore changer. Ils feront tout pour l'empêcher de tuer Mimi Warren cette année-là, l'année de l'ouverture de la Chambre des Secrets lui avait dit Hermione.
C'était son premier meurtre, et cela ne devait pas arriver. Sirius surveillerait les toilettes des filles du deuxième étage toutes les nuits, tandis que Hermione ferait tout pour ne pas attirer l'attention de Tom tout en l'observant de loin. Ils ne devaient pas se mettre en travers de sa route, ne devaient surtout pas se retrouver dans son collimateur. Ce spectacle de Noël était une aubaine, une excellente occasion d'avoir un œil sur le jeune homme pendant toutes les vacances, de jour comme de nuit.
OOO
« C'est en 1539 que le médicomage allemand -et accessoirement grand maître des potions- Eschyle Liton Von Liebile a fabriqué la première potion attrape-sens. Un matin, alors qu'il ajoutait, sous les conseils de sa femme Armande Von Liebile, un flacon de poison de Lobalug (encore appelé Verlieu, cf. Vie et Habitats des Animaux fantastiques de mon fidèle confrère Newton Scamander) à son chaudron de potion, celui-ci prit une étrange couleur brunâtre qui tirait vers le jaune.
S'empressant d'essayer cette nouvelle création, sous les applaudissements de sa femme, il attrapa un rat qui se promenait quelques mètres plus loin à la recherche d'un morceau de fromage. Il versa une louche de potion dans un bol que l'animal s'empressa de la boire. Il n'observa rien d'étrange, si ce n'est que le rat n'éprouvait pas plus de réticence à manger une feuille de salade qu'un carré de gruyère fraîchement coupé et importé de France. Sous la colère de cette découverte insignifiante, Von Liebile fit tomber le chaudron de potion par terre, ce qui eut le malheur de lui asperger tout le visage avant qu'il ne puisse fermer les yeux. D'après ses dires, il les cligna plusieurs fois, se les frotta plusieurs minutes mais rien ne semblait changer : il avait perdu la vue. Sous la panique, il voulut courir pour rejoindre sa femme partie dans la cuisine mais glissa dans la flaque de potion et s'écrasa, face contre terre, lèvres entrouvertes, sur le parquet trempé. Il m'a raconté qu'il roula par terre avant de se relever, se tenant contre le canapé non loin de là. Quand il se releva et essaya d'appeler Armande, aucun son ne put sortir de sa bouche et il n'entendit pas le cri désespéré de sa femme revenue en panique dans le salon après avoir entendu le fracas de la chute de Eschyle. Le verdict fut frappant : il avait perdue la vue, la parole, l'ouïe, le goût et toute sensibilité au niveau du visage.
Il lui fallut des années avant de découvrir un antidote, qui fut finalement inefficace sur lui. En effet, celui-ci doit être pris dans le mois qui suit la prise de la potion pour être effectif et doit être donné par le maître de potions ayant concocté le poison initial. Ayant perdu presque tous ses sens, Eschyle fut plongé dans la folie la plus totale, n'ayant presque aucun moyen de communiquer avec le monde extérieur. Il mourut en 1545 alors qu'il était en voyage en Thaïlande. Endormi dans sa hutte, il n'entendit pas -évidemment- mais ne sentit pas non plus le Lethifold (cf. Moremplis dans Vie et Habitats des Animaux Fantastiques) qui se faufila dans sa chambre et monta sur son visage pour l'étouffer. Sa mort n'est qu'une supposition mais étant donné qu'aucune trace de son corps n'a été trouvée, il est fortement probable que un Lethifold en soit vraiment la cause .»
Hermione leva les yeux et parcourut la bibliothèque du regard. Isaac était debout quelques mètres devant elle, parcourant les étagères du doigt. Il s'arrêta sur un livre et s'en saisit avant de venir s'asseoir près de la jeune fille. Elle regarda derrière elle et son cœur s'arrêta. Il était là.
Tom Elvis Jedusor était nonchalamment assis sur sa chaise, les pieds sur la table, un livre ouvert sur les cuisses. Ses yeux étaient presque immobiles, ses paupières ne clignaient pas. Ses cheveux étaient épais, noirs, et tombaient délicatement sur son front. Hermione se demanda si des cheveux pouvaient tomber « délicatement » mais c'était le seul mot qui lui venait à l'esprit. Tout semblait être mesuré au millimètre près. La position de son coude sur le fauteuil, son visage pâle appuyé sur sa main aux doigts longs et fins, tout était travaillé. A la lumière du clair du lune filtrant à travers la fenêtre, on aurait dit un fantôme. S'en rendait-il compte ? Probablement. Voldemort ne laissait rien au hasard. Tom Jedusor non plus.
Une véritable statue de verre étincelante à la lumière nocturne. Exceptionnelle, unique, presque fragile, mais dégageant une aura si puissante qu'elle vous aveuglerait presque. Il tourna une page. Hermione suivit son mouvement des yeux, presque hypnotisée par la scène qui se déroulait devant elle. Ses doigts s'agrippèrent au papier brunâtre, terni par le temps, comme s'il s'agissait de son bien le plus précieux. Il fit glisser son index sur le bord de la feuille qu'il tenait entre son pouce et son majeur.
Il finit par lever les yeux et remarqua que Hermione le regardait. Rien ne trahissait ce qu'il pensait. Il cilla pas, ne trembla pas, aucun muscle de son visage ne daigna se contracter. Il ferma son livre et se leva, quitta la bibliothèque à grand pas après avoir rangé son bouquin.
-Isaac ?, demanda Hermione
Plongé dans son devoir, il avait une tâche sur la joue. Plusieurs lignes étaient écrites maladroitement sur son parchemin. Il finit sa phrase et reposa la plume sur la table. Une goutte d'encre s'écrasa en silence sur le bois et s'infiltra dans les rainures.
-Oui ?
-Tom Jedusor, il...
Isaac posa sa main sur le poignet d'Hermione et le serra affectueusement. Son regard était chaleureux, plein d'amour. Elle avait vu cette lueur dans les yeux de Filius, de Sasha, d'Isaac. Elle avait vu cette lueur dans les yeux de Harry, de Ron, de ses parents... Elle déglutit. Elle ne pouvait pas se permettre de penser à eux pour de mauvaises raisons, elle ne pouvait pas se permettre de penser à eux pour pleurer. Non. Elle se devait d'y songer dans les moments difficiles, dans les moments où elle serait faible. Ils seraient là pour l'encourager.
-Ne t'inquiète pas pour moi. Je sais me défendre, souffla-t-il.
-Comment ça ?
-Je sais que je ne dois plus jamais me mettre en travers de son chemin, ironisa Isaac en levant les yeux au ciel. C'était stupide de ma part de l'insulter comme ça. Mais la façon dont il s'est adressé à Filius... Ce n'était pas ses mots, non, il est toujours d'une politesse insupportable. Son ton hautain, suffisant, même s'il paraît si posé pour les autres... Je l'ai senti. Ses yeux indifférents... Il se sentait supérieur. Il le prenait pour une créature indigne de respect. Et puis tu me connais, je suis beaucoup trop impulsif. J'aurais presque pu être à Gryffondor.
Il prit une légère pause et lâcha le poignet d'Hermione qui le rapporta sur ses genoux. Isaac reprit sa plume et la trempa dans l'encrier.
- Il n'osera rien faire. Il ne voudrait pas perdre la confiance des professeurs, encore moins de Slughorn. Il l'a à sa botte. Mais au pire des cas... Rassure-toi. Je l'ai également à la mienne, finit-il avec un clin d'oeil.
Elle hocha la tête. Isaac n'avait visiblement aucune idée de à qui il avait à faire. Voldemort. Il n'hésiterait pas à le blesser, ou pire le tuer, s'il se sentait insulté. Elle soupira et replongea dans son devoir. Ils restèrent silencieux, Isaac écrivant les ingrédients nécessaires à la potion attrape-sens et à son antidote, Hermione s'occupant de la biographie de son inventeur.
Une heure plus tard, ils avaient tous les deux fini et rassemblèrent leurs parchemins avant de quitter la bibliothèque.
-Le couvre-feu n'est pas encore passé, souffla Isaac en regardant sa montre. Mais on a que quelques minutes pour rejoindre notre dortoir.
-Je... je dois aller voir le professeur Slughorn, mentit Hermione. J'ai une question et il m'a proposé de venir lui en parler ce soir. Il me fera un mot pour le couvre-feu.
Isaac hocha la tête en souriant et finit par partir après avoir déposé un baiser sur la joue d'Hermione. Celle-ci rougit légèrement mais se reprit lorsqu'elle se trouva seule dans le couloir. Les torches étaient toujours allumées, signifiant que ce n'était pas encore l'heure de se rendre au dortoir. Elle ne voulait pas aller se coucher.
Non. En réalité, elle ne voulait pas se rendre dans la salle commune de Serdaigle. C'était beaucoup trop pour elle, beaucoup trop à encaisser en une seule journée. Changer de maison, se retrouver à Serdaigle... Elle savait qu'elle ne supporterait pas de ne pas retrouver les fauteuils confortables, la cheminée, les couleurs chaleureuses de la salle commune de Gryffondor. Elle rentrerait plus tard, il fallait qu'elle fasse le vide dans son esprit.
Elle erra dans les couloirs du château, ne sachant pas vraiment où elle allait. Elle s'arrêta devant plusieurs tableaux, discuta quelques minutes avec les personnages qui se préparaient à aller se coucher. Elle finit par rejoindre la peinture de Barnabas Le follet et se demanda si elle ne ferait pas mieux de dormir dans la Salle sur Demande.
Cela serait certes suspect, et elle attirerait encore l'attention sur son étrange comportement, mais elle ne se sentait vraiment pas la force d'aller dormir dans le lit de Hermione Jones. Elle ne supportait pas ce nom. Elle était Hermione Granger ! Ses parents étaient dentistes, elle était née le 19 septembre 1979 et non en 1925.
Elle finit par s'adosser sur le mur en face de la peinture de Barnabas le Follet et se laissa glisser par terre. Elle enfonça sa tête dans ses genoux repliés et se laissa aller à verser quelques larmes. Les torches finirent par s'éteindre, la laissant dans le noir le plus complet, mais elle s'en fichait. Elle ne bougea pas, ses sanglots faisant écho tout le long du couloir. Sensible, elle était trop sensible. Elle se frotta les yeux et, relevant la tête :
-Avis, murmura-t-elle.
Elle entendit le piaillement de quelques oiseaux qui se matérialisèrent autour d'elle. Ils volaient sereinement dans le couloir, le plongeant dans un florilège de mélodies envoutantes. Ses doigts s'eroulèrent autour de sa baguette qu'elle pointa devant elle.
-Lumos.
Le bout de sa baguette s'illumina et elle sursauta en voyant que quelqu'un était là. Hermione leva les yeux et son regard se posa sur le visage d'un certain sorcier au visage d'ange. Le chant des oiseaux s'arrêta. Les lèvres entrouvertes, elle respirait bruyamment tandis que Tom la regardait en plissant les yeux. Il sourit légèrement, cela semblait tellement naturel. Pourtant, Hermione ne vit qu'un masque qui se voulait chaleureux. Il était parfait.
-Encore toi Jones. Deux soirs de suite, il faudrait penser à rester dans ton dortoir. Ou bien à faire plus attention. On ne sait jamais sur qui, ou quoi, tu pourrais tomber à te promener toute seule dans les couloirs.
Même s'il avait dit ça calmement, en souriant gentiment, ses paroles ressemblaient plus à des menaces qu'autre chose. Hermione se releva et épousseta sa robe. Elle leva sa baguette pour éclairer un peu plus son visage.
-Je t'ai vu me regarder tout à l'heure. A la bibliothèque.
Hermione ne répondit pas. Trop obnubilée par les traits du visage de Tom. Il semblait si humain, si jeune et pourtant, si dangereux. Charmant, élégant, les traits fins et délicats, ses yeux n'étaient pas noirs finalement. Non, ils étaient marron.
-Quoi que tu veuilles Jones, je te conseille de faire attention.
Hermione se ressaisit et abaissa sa baguette qui s'éteignit, les plongeant tous les deux dans l'obscurité. Ce fut à son tour de conjurer un lumos. Il s'éloigna de quelques pas et la fixa avec un regard ennuyé.
-Tu n'as toujours pas retrouvé la parole on dirait.
-Que je fasse attention ?, bredouilla-t-elle. A quoi ? A toi ?
Il fronça les sourcils.
-Bien sûr que non. Pourquoi moi ? Je ne veux de mal à personne.
Hermione s'empêcha de rire nerveusement. Son discours semblait tellement vrai ! Il était un menteur hors pair.
-Attention car tu risques de faire perdre beaucoup de points à Serdaigle. Non pas que cela me dérange, je serais ravi de voir à nouveau Serpentard remporter la coupe des quatre maisons. D'ailleurs, en parlant de ça, je t'ai prévenu hier soir. Je t'amène au bureau du professeur Aquila, il s'occupera de te donner la punition adéquate.
Tom lui montra le chemin avec son bras, prenant garde à ne pas la toucher. Il lui somma d'avancer, éclairant toujours le couloir de sa baguette. En haut des escaliers, elle dut choisir entre aller à gauche ou à droite. Elle s'arrêta et déglutit. Elle ne savait pas où aller. Qui était le professeur Aquila ?
-En plus de la parole, tu as perdu la mémoire aussi ? Ou tu as un très mauvais sens de l'orientation.
Elle soupira. Elle pouvait faire passer des accidents comme celui-ci comme de la fatigue devant les autres, mais pas devant Tom. Il était réputé si intelligent. Elle était sûre qu'il avait remarqué quelque chose. Hermione se retourna et le scruta. Impassible. Comme toujours. Il leva les yeux au ciel d'exaspération, la contourna et entreprit la descente de l'escalier. La jeune fille le suivit jusqu'à arriver devant le bureau du professeur Aquila. Sirius Aquila. Evidemment. Hermione se maudissait tandis que Tom toqua et entra sans attendre. Sirius était assis sur son fauteuil, encore à regarder la cheminée. Il tourna la tête.
-Tom ? Que se passe-t-il ?
-J'ai cru bon de vous amener Miss Jones. Elle se promenait dans les couloirs après le couvre-feu.
Il entra dans le bureau, permettant à Hermione de se révéler. Elle avait la mâchoire serrée et se forçait à sourire. Timidement. Sirius posa le regard sur elle et soupira, feignit la déception.
-Hermione. Je suis déçue par votre comportement. Le professeur Slughorn m'a prévenu que vous n'aviez pas été attentive en classe aujourd'hui. Je me vois obligée d'enlever dix points à Serdaigle. Merci Tom.
Celui hocha la tête et sourit légèrement. Il s'apprêtait à partir quand Sirius l'interpella.
-Restez donc un peu Tom. Hermione, avez-vous déjà lu les contes de Beedle le Barde ?
-Non Monsieur. Enfant, je lisais les contes de Grimm, ou de Perrault. Et je pense être un peu trop âgée pour lire des contes de fées.
-Vous devriez. Ils vous apprendront beaucoup de choses intéressantes. Vous aussi Tom soit dit-en passant. Allez donc lire La Fontaine de la Bonne Fortune. Hermione, vous m'avez bien dit que vous restiez à Poudlard pour les vacances de Noël ? Et bien, le professeur Berry et Brulopot préparent encore un spectacle pour la rentrée. Je pense que vous feriez une très bonne comédienne.
Hermione écarquilla les yeux. Qu'était donc en train de faire Sirius ? Et puis pourquoi ici, pourquoi avec Tom dans la pièce ?
-Vous ne pensez pas Tom ?, demanda Sirius.
L'interpellé tourna la tête pour regarder Hermione. Il la jaugea des pieds à la tête et s'arrêta sur ses cheveux ébouriffés.
-Elle serait parfaite en Asha, acquiesca-t-il.
-Parfait !, s'exclama Sirius. Vous avez déjà une actrice Tom. Bon et bien je pense que vous pouvez partir maintenant Tom. L'heure des rondes est bientôt terminée et je ne voudrais pas avoir à retirer des points à vous aussi.
-Bonne nuit professeur, bonne nuit Jones.
Il leur adressa un sourire poli et quitta la pièce sans plus attendre. Hermione soupira et croisa les bras devant sa poitrine. Elle fulminait.
-Qu'est ce que c'est que cette histoire Sirius ?
Celui-ci éclata de rire, ses cheveux bouclés tombèrent en broussaille devant son front. Il semblait beaucoup plus jeune ainsi, pas plus de trente-cinq ans.
-C'est le meilleur moyen de le surveiller. Je lui ai proposé le rôle d'assistant de Beery et Brulopot. Tu seras comédienne. Tu auras ainsi tout le loisir de le surveiller pendant les vacances. Il ne sera pas seul une seule seconde. Le soir, je m'en occuperais.
Elle haussa un sourcil.
-Tu penses vraiment que c'est une bonne idée ? Il trouvera sûrement ça bizarre...
Hermione leva les yeux au ciel mais finit par acquiescer. Elle savait que c'était la meilleure solution. En attendant, elle surveillerait Jedusor de loin. Elle souhaita une bonne nuit à Sirius et se rendit le plus rapidement possible vers la salle commune de Serdaigle tant qu'elle en avait encore le courage. Elle sourit quand elle découvrit Isaac endormi devant le heurtoir en forme d'aigle, et le réveilla.
-Je n'ai pas réussi à répondre à l'énigme du heurtoir, bougonna-t-il en se levant. J'espère que tu auras plus de chances sinon je pense qu'on va devoir passer la nuit ici.
-L'énigme ?
-Et bien oui... L'énigme.
Il plissa les yeux mais finit par se détourner d'elle et se plaça en face du heurtoir. Celui-ci s'anima instantanément :
-Scamander, tu dois attendre quelqu'un d'autre avant de pouvoir entrer, piailla l'aigle.
-Il y a quelqu'un d'autre. Hermione est ici.
L'aigle fixa la jeune fille et même si ce n'était qu'une statue en pierre, Hermione pouvait presque voir de la suspicion dans les yeux perçant de l'oiseau. Elle déglutit.
-Bien, finit par dire l'heurtoir. Ecoute-bien. Je suis blanc quand tu m'utilises, et je disparais quand tu m'oublies. Qui suis-je ?
-Un chemin, proposa Hermione après quelques secondes de réflexion. Il laisse une trace claire dans le paysage quand il est souvent emprunté, mais finit par se couvrir de végétations quand il est laissé à l'abandon, se fondant dans la nature.
-Joliment formulé, accorda l'aigle. Vous pouvez entrer.
Le mur coulissa et Hermione put entrer dans la salle commune. La pièce était tout aussi belle que celle de Gryffondor, bien que complètement différente. Elle leva les yeux au plafond et remarqua que celui-ci ressemblait à une nuit étoilée. Des toiles de soie bleue étaient tendues sur les murs et tombaient délicatement en rideau autour des immenses fenêtres. Celles-ci donnaient une vue impressionnante sur la montagne. Les fauteuils étaient en velours bronze et semblaient incroyablement douillets.
-Bon et bien, bonne nuit Hermione, commença Isaac. A demain.
Il lui dit au revoir d'un mouvement de main et tourna à gauche, monta des escaliers pour se diriger vers son dortoir. La jeune fille quant à elle s'enfonça un peu plus profondément dans la salle commune et se dirigea vers la bibliothèque. Elle avait déjà lu la plupart des livres mais remarqua quelques titres -sorciers comme moldus- dont elle ignorait complètement l'existence. Elle s'accouda ensuite sur le bord de la fenêtre et admira la montagne avec nostalgie. Elle aperçut quelques lumières au milieu des arbres et des tâches de neige.
-Vous n'êtes pas d'ici.
Hermione sursauta et se retourna. La Dame Grise, le fantôme de Serdaigle se dressait devant elle. Elle était grande. Ses cheveux longs lui tombaient délicatement dans le bas des reins. Sa robe de sorcière était un peu trop longue, si bien qu'on ne voyait pas ses pieds. Les traits de son visage étaient hautains, fiers. Malgré son regard mélancolique, elle semblait méfiante.
-Co... Comment ça ?, balbutia Hermione.
-Vous n'êtes pas d'ici. Vous n'êtes pas à Serdaigle. Vous n'êtes même pas de... de cette époque. Comment êtes-vous arrivée ici ?
-Je ne vois pas de quoi vous parler... souffla la jeune fille. Je... Je...
-Ne vous en faites pas.
Le fantôme sourit et s'approcha lentement, s'arrêta devant la fenêtre à quelques centimètres de Hermione. La Dame Grise regardait la forêt qui s'étalait à perte de vue sur la montagne.
-Je suis le fantôme de Serdaigle. Si vous êtes entrée ici, c'est que vous en avez les moyens, que vous avez répondu à l'énigme. Cela signifie que vous êtes digne d'être ici. Je suis le fantôme de Serdaigle, répéta-t-elle. Je suis là pour protéger tous les élèves de cette maison. Racontez moi.
Hermione hésita quelques instants mais finit par céder. Après tout, même si elle ne disait rien, la Dame Grise irait probablement s'empresser de tout dire aux autres fantômes sur sa nature de voyageuse du futur et rapidement, toute l'école serait au courant. Il serait donc beaucoup plus prudent de la mettre dans le secret et de la convaincre de ne rien dévoiler.
-C'est... C'est vrai, commença Hermione. Je ne suis pas d'ici. Je suis une Gryffondor. Et je suis née en 1979. Je... Je viens du futur.
-Tout comme Sirius...Comment êtes-vous arrivée ici ? Et pourquoi ?
-Ce sont deux questions auxquelles j'aurais moi-même du mal à répondre, je n'en suis même pas vraiment certaine. Quelqu'un, quelque chose je ne sais pas vraiment, m'a envoyée ici alors que je devais... mourir probablement.
Hermione s'arrêta. Oui, elle ne s'en était pas rendue compte jusqu'à présent mais elle aurait du mourir à la bataille du ministère, elle aurait du mourir quand elle était passée à travers le voile. Mais Janus en avait décidé autrement. Un dieu romain l'avait envoyée ici, lui sauvant la vie.
-Et je suis là pour empêcher quelqu'un de... Devenir un monstre.
-Qui ça ?
La Dame Grise s'était retournée en prononçant ces mots et se mit alors à fixer l'immense statue de Rowena Serdaigle qui se dressait dans une niche face à la porte d'entrée.
-Je... Je ne pense pas pouvoir le dire. C'est... trop dangereux. Même si vous n'êtes qu'un fantôme. Je ne sais même pas vraiment qui je suis ici. Comment vous vous en êtes rendue compte, et pourquoi personne d'autres ?
-Un sortilège de faux-souvenirs, affirma la Dame Grise d'une voix rêveuse. Qui que soit la personne qui vous a envoyé ici, il devait être un sorcier d'une puissance extraordinaire pour berner tant de personnes, implanter tant de choses dans leur mémoire. Mais la magie ne fonctionne pas sur nous fantômes. Les sortilèges fusent à travers nous, ricochent même pas parfois. Ce sort ne marche pas non plus sur les statues, tableaux... Après tout, ce ne sont pas de vrais personnes.
-Qu'est ce que vous allez faire maintenant ?, demanda prudemment Hermione. Qu'est ce que vous allez faire de moi ?
-Moi ? Rien. Je ne vais rien dire à personne. C'est une bien noble tâche que vous avez là Miss...
-Granger. Enfin, Jones, ici c'est Jones, rectifia-t-elle.
-Jones, acquiesca la Dame Grise. Vous devriez aller vous coucher. Vous êtes en sixième année n'est ce pas ? Votre dortoir est la première porte sur votre gauche, dans le couloir de droite. J'ai remarqué qu'un lit vide était apparu cette nuit. Personne ne semblait y faire attention. J'imagine que cela doit être le votre.
-Merci. Merci beaucoup.
-Ne me remerciez pas Hermione. Reposez vous, vous avez besoin de dormir. Vos yeux semblent si ternes.
OOO
6 décembre 1942
Me surveiller ? Jones et Aquila, ils veulent me surveiller. Je les ai entendu hier soir en quittant le bureau. Ils devraient apprendre à être un peu plus discrets, vérifier leurs arrières. Quoi qu'il en soit, je les ai entendus. Ils veulent me surveiller. Pourquoi ? Quelque chose me dérange.
Deux soirs de suite, deux soirs de suite que je la trouve complètement perdue dans le couloir. Elle ne parle presque pas, semble ne pas comprendre ce qui se passe mais elle connait Poudlard à la perfection. Deux soirs de suite que je la trouve près de la Salle-sur-Demande. Que cherche-t-elle là-bas ? Pourquoi Aquila lui propose de me surveiller ? Que me veut-il ? Je savais que cette histoire de spectacle était bizarre, que quelque chose clochait. J'ai l'étrange impression qu'ils savent ce que je manigance, ce que je cherche. Mais comment ? Je ne pouvais pas être plus discret, même le vieux fou ne semble rien suspecter.
Cela veut dire...
Quelqu'un m'a dénoncé.
Avery ? Lestrange ? Nott ? Malfoy ? Yaxley ?
Cela ne peut être que l'un d'entre eux. Eux seuls savent que je suis l'héritier de Salazar Serpentard, que je cherche la Chambre. Je vais découvrir qui m'a dénoncé, et il va le payer.
Tom Elvis Jedusor.
Et voilà c'est déjà terminé. J'espère que ça vous a plu ! N'hésitez pas à laisser à une review, ça me fait toujours plaisir et m'encourage à écrire:D
Au programme du prochain chapitre : une sortie à Pré-au-lard, un petit tour dans la cabane hurlante et un cours de défense contre les forces du mal.
A la prochaine !:)
Lacey Oke.
