Et bonsoir tout le monde !
Me revoilà avec un nouveau chapitre. Je comptais le mettre un peu plus tôt mais avec les cours qui ont repris, je dois avouer que j'ai eu très peu d'occasions de me retrouver sur l'ordinateur, et encore moins trouvé le temps de poster un nouveau chapitre. Mais le voilà enfin, prêt à être lu.
Ce chapitre est, vous le verrez, peut-être un peu gnan-gnan sur les bords et je m'en excuse royalement mais il est également important pour faire avancer l'intrigue etc. Et j'avoue m'être beaucoup amusé à l'écrire, en particulier la dernière scène hihi. J'espère qu'elle vous plaira.
Réponses aux reviews :
Magouille : Merci pour ta review ! Hihi tu sauras en temps et en heure qui est cette personne sous la cape. En attendant, bonne lecture et au plaisir de revoir un de tes messages. ;)
Daria : Même question que Magouille, même réponse que Magouille ahah. Tu le sauras tu le sauras. En tout cas, merci pour ta review ça fait plaisir !:D
Et maintenant que tout ça est terminé, je vous souhaite une bonne lecture. On se retrouve en bas:)
Le premier samedi des vacances, Hermione se réveilla seule dans son dortoir. Aucune élève de sixième année n'était restée pour les vacances. Elle flâna quelques minutes dans son lit, appréciant la douceur de la literie en soie du Poudlard des années quarante. Celle en coton de son époque semblait bien rêche à côté. Elle se demanda pourquoi ils avaient décidé de changer la matière, ils étaient tellement agréables.
Elle se glissa sous les draps et se roula en boule, ferma les yeux. Le visage de Ron se dessina sous ses paupières. Il riait à pleins poumons, et la tenait dans ses bras. Hermione fut emplie d'un bonheur intense, associé à un sentiment de mélancolie. Il lui manquait tellement. Elle ne faisait que penser à lui depuis sa dernière escapade à Pré-au-lard, se sentant presque coupable d'oublier Harry.
Encore en pyjama, elle descendit dans la salle commune, voulant lire un peu avant de prendre son petit déjeuner. Elle fut surprise de trouver quelqu'un allongé sur le canapé en face de la cheminée, un plaid étalé sur les jambes.
-Isaac ?, demanda-t-elle.
Il ne bougea pas, endormi. Elle posa sa main sur son épaule et le secoua légèrement. Il grogna de mécontentement en ouvrant un œil.
-Isaac ?
-Finis pas tout... marmonna-t-il. Donne moi une part... Et une bièraubeurre.
Elle rit légèrement et le secoua un peu plus fort. Il ouvrit brutalement les yeux et se redressa, le regard hagard. Ses cheveux étaient encore plus en pagaille que d'habitude. Il portait un simple t-shirt blanc ainsi qu'un pantalon à carreaux bleus. Ainsi vêtu, il avait l'air d'un simple adolescent moldu.
-Hermione ? Qu'est ce que tu fais là ?
-C'est plutôt à moi de te poser cette question. Tu ne devais pas rentrer pour les vacances ?
Il hocha la tête tristement et s'installa mieux sur le canapé, invitant Hermione à s'asseoir à côté de lui. Il semblait déçu. Ses yeux habituellement si éclatants semblaient bien ternes à présent. Il abaissa ses paupières et se mordit les lèvres. Il n'arrivait pas à parler. La jeune fille se contenta d'attendre sans un mot de plus. Elle ne voulait pas le presser.
-Bien sûr Isaac ! On fêtera Noël tous ensemble qu'il m'a dit, railla-t-il. J'aurais du m'y attendre. C'est tous les ans la même chose. L'excuse cette fois-ci ? Le Brésil ! Qui dirait non à un petit voyage ? Il veut étudier un créature visible uniquement en hiver. Et ça lui donne une raison de ne pas me voir. Évidemment, il n'aurait pas pu attendre quelques jours, pour au moins passer les fêtes avec moi. Non, évidemment que non. Et ma mère qui le suit partout. Ça sert à quoi d'avoir un fils si on le voit jamais ?
Il se leva brusquement, envoyant valser la couverture sur les genoux d'Hermione. Celle-ci pouvait voir le rouge lui monter aux joues.
-Tu as tellement de chances d'être le fils de Newton Scamander, Isaac ! Je peux rencontrer ton père ? Tu peux lui demander un autographe pour moi ?, s'exclama-t-il en levant les bras. Apparemment, je suis le seul à ne pas en être si heureux que ça.
Il se posta en face de la cheminée dans laquelle crépitaient quelques flammes. Il attrapa un rappeltout posé une étagère et jongla avec. Une fumée rouge apparut dans l'enveloppe de verre mais il ne sembla pas la remarquer.
-Il m'a prévenu ce matin. Une lettre minuscule et un paquet de souris glacées à la menthe. Je n'aime pas la menthe ! Il devrait le savoir tout de même !
Il fit une pause. Elle crut entendre un sanglot.
-J'avais fait mes valises, j'étais prêt à les rejoindre. Ça aurait été le premier Noël que je passe avec mes parents depuis cinq ans. Mais non bien sûr, son livre est tellement plus important que son seul et unique fils. Les Poufsouffles sont censés être loyaux, gentils et dévoués non ?
Hermione ne dit rien. Tremblante, elle écoutait Isaac avec attention. Il semblait tellement désemparé.
-Tu sais depuis combien de temps je n'ai pas vu mes parents Hermione ?
Il se retourna. Ses yeux étaient rouges, ses lèvres tremblaient. Il faisait tout pour s'empêcher de pleurer. Il secoua la tête.
-Plus de six mois. Je ne les ai même pas vu cet été. Ils ne sont jamais là. Au Mexique, en Chine, au Cambodge. Je ne suis jamais venu avec eux. Il ne leur viendrait même pas l'idée de m'emmener ? Non, bien sûr que non. Je suis un fardeau pour eux. Ils m'ont envoyé dans une maison au fin fond de la campagne américaine pendant les vacances, histoire de dire qu'ils m'ont mis à l'abri de la guerre en Europe. Ils se sont donnés bonne conscience et ont continué leurs magnifiques escapades.
Hermione se leva et s'approcha de lui. Elle hésita un peu mais l'entoura de ses bras et se serra contre lui. Toujours dos à elle, il trembla et tourna légèrement la tête.
-Je suis désolée Isaac. Vraiment.
Il sourit tristement et la fit complètement face. Sans que la jeune fille n'eut le temps de réagir, il pressa ses lèvres contre les siennes et glissa ses doigts dans ses cheveux. Hermione écarquilla les yeux mais se laissa aller dans ses bras, ne sachant pas vraiment quoi faire. Elle ne se sentait pas la force de le repousser, lui qui était si gentil avec elle, lui si protecteur, lui qui semblait si seul alors qu'il était toujours entouré.
Elle répondit alors à son baiser, les bras ballant le long du corps. C'était étrange, improbable, mal. Comme quand elle embrassait Krum. Elle n'avait pas de paillettes dans les yeux. Elle avait plusieurs fois rêvé d'embrasser Ron, ressentant toujours une chaleur se former dans son bas-ventre. Il finit par reculer. Son visage était à quelques centimètres, son regard plongé dans le sien. Finalement, il s'éloigna et se mit à rire. Il refit face à Hermione. Celle-ci, incrédule, ne savait comment réagir.
-C'était... étrange, commença-t-il. Je ne m'attendais pas à ça.
-Moi non plus, balbutia-t-elle.
-Vraiment pas à ça. J'ai eu envie de le faire depuis... un bon bout de temps. Je ne m'attendais pas ça, répéta-t-il. Ce n'était peut-être pas le bon moment.
-Probablement pas non.
-La... magie n'a pas opéré. C'est ce qu'on dit chez les moldus, non ? C'était étrange.
Hermione déglutit et se mit à contempler le sol.
-Faisons comme si rien ne s'était passé hein ? Ça va être difficile à oublier. J'espère que cela ne va pas être bizarre entre nous dorénavant. Je tiens beaucoup à toi Hermione.
-Non. Bien sûr que non... Je tiens à toi aussi Isaac. Tu es mon meilleur ami. Je vais m'habiller. On se rejoint dans la Grande Salle ?
Elle quitta rapidement la salle commune, sans regarder derrière elle, laissant Isaac tout seul, appuyé contre la cheminée.
Après un petit déjeuner particulièrement silencieux, Hermione décida d'aller à la bibliothèque pour commencer ses devoirs d'étude des runes. Sa table habituelle, celle derrière la première étagère, l'attendait patiemment. C'était l'endroit le plus silencieux de la pièce, toujours éclairé par les rayons du soleil et de la lune. Il ne faisait jamais ni trop chaud ni trop froid. Le bois était encore lisse, nullement abîmé par les gribouillis des générations d'élèves.
Elle étala ses trois dictionnaires autour d'elle et sortit son parchemin, bien déterminée à finir de traduire son texte dans la journée. Elle fut surprise de découvrir que ces runes correspondaient à une très ancienne forme d'écriture magique romaine, vieille de plus de trois mille ans. Lentement mais sûrement, elle se mit à remplir son parchemin. La jeune fille finit vers le milieu de l'après-midi. Son ventre criait famine mais elle prit le temps de relire son devoir.
« Le chaos entourait la terre, des monstres volaient dans les airs,
Du sang, des morts, la maladie, la paix était loin partie.
Les dieux et les titans se combattaient. La magie, lentement, mourrait.
Jupiter, Neptune, Pluton finirent par gagner,
Janus, le dieu du commencement, était à leur côté.
Il créa un nouveau monde, une nouvelle vie, les dotant d'un moyen de défense.
En effet, il ramena ce qui avait été perdu. La magie était finalement revenue.
Il la donna aux humains, leur offrant certaines capacités.
La plupart au départ décontenancés, effrayés,
Ne pouvaient avoir d'autres choix que de les admirer.
Mais après plusieurs malheureux accidents,
Ils finirent par les chasser, chantant, marmonnant, criant.
« Vous n'êtes pas des dieux, le diable est en vous !
Ne nous approchez plus, ne nous parlez plus jamais.
Même sans vos pouvoirs, on est capables de tout !
Restez en autarcie, à moins que vous ne teniez à être blessés.
Vous n'aurez ni nos hommes, ni nos femmes, ni nos enfants.
On ne veut pas se mêler à votre sang. »
Devant cette catastrophe, Janus voulut remonter le temps.
Récupérer ce bien si précieux qui avait été sien pendant si longtemps.
Il leur donna le choix : Saturne reviendrait remonter le temps, Janus ouvrirait un portail.
Mais il y avait un prix à payer, on n'abandonne pas les offrandes d'un dieu !
Ils seraient à nouveau plongés dans les ténèbres. Et pour se défendre, aucun attirail.
Mais s'ils acceptaient la magie, Janus les protégerait, toujours à côté d'eux.
Néanmoins, les sorciers, mécontents d'avoir été bannis,
Ne voulaient plus se mêler aux communs des mortels. Tout était fini.
Et de ceci, ils en ont bien évidemment juré de leur vie.
Tous les hommes vivront dans la même terre,
Pendant des années, des siècles, les sorciers seront persécutés,
Quatre grandes personnes seront là pour les aider,
Rassemblant leurs forces, ils offriront aux jeunes gens un havre de paix.
Entre disputes et désaccords, un monstre sera crée,
Celui-ci n'obéissant qu'à son père,
Pendant près d'un millénaire, il hibernera sous terre,
Attendant patiemment son digne héritier qui se révélera après son seizième anniversaire.
Menaçant même les dieux, Janus le surveillera de près,
Ils lui enverront son plus grand nemesis qui réussira à l'éliminer.
Mais Janus voyant son grand potentiel cherchera à le sauver.
Usant de son pouvoir et s'unissant à Saturne, il voudra le guider vers le droit chemin.
A travers voyage dans le temps, il essaiera de l'empêcher de se transformer en ce monstre inhumain.
Pythie, Oracle de Delphes.»
Hermione tiqua devant les quelques tournures de phrase bancales, mais elle se dit que le professeur la féliciterait probablement d'avoir pris la peine de conserver les rimes. Elle rangea ses affaires et quitta la bibliothèque. Sur le chemin, elle prit le temps de réellement réfléchir au contenu de son devoir. Il ressemblait étrangement à un sorte de récit historique, mais également à une prophétie. Elle ne put s'empêcher de penser à Tom. Elle parlait de lui. C'en était certain. Quelqu'un avait prévu sa venue, mais également celle de Harry, il y a des millénaires. Et elle était un personnage de cette prophétie, même si on ne parlait pas d'elle. Elle sentit s'alourdir le poids sur son épaule.
La Gryffondor alla faire un tour aux cuisines pour prendre un en-cas, et après avoir récupéré sa cape, sortit du château. Elle s'installa près du lac et s'allongea sur la pelouse. Quelques flammes bleus fraîchement fabriquées brillaient dans une jarre transparente. Celle-ci diffusait une chaleur réconfortante, si bien que malgré le givre qui enfermait les brins d'herbe, elle n'avait pas froid.
Elle sentit soudainement quelque chose d'humide lui caresser la joue. Elle ouvrit les yeux et découvrit un immense chien noir lui reniflant le visage. Elle ne put retenir un petit cri et se redressa. L'animal se mit alors à trottiner vers la Forêt Interdite. Hermione attrapa ses flammes, son sac à dos et lui courut après. Ils s'enfoncèrent légèrement dans les bois et finalement, elle arriva dans une petite clairière qui semblait étrangement paisible. Sirius apparut devant elle.
-Je ne t'ai pas vu au repas à midi. Isaac était là cependant, il semblait inquiet. Ou étais-tu ?
-A la bibliothèque.
Hermione baissa les yeux. Elle avait beaucoup de mal à regarder Sirius en face, elle ne lui avait toujours pas parlé de la mésaventure du dernier week-end à Pré-au-lard.
-Tu sembles distraite.
Elle secoua la tête. Elle ne supportait pas de lui mentir mais elle ne pouvait pas lui dire. Elle savait qu'il allait l'empêcher de se rendre à la Cabane Hurlante. Il aurait probablement eu raison mais elle ne voulait pas l'entendre. Découvrir ce que Tom trafiquait était son seul et unique objectif.
-Non. Pas du tout... Je suis... fatiguée.
-Ne me fais pas croire ça Hermione. Tu sors beaucoup cette excuse ces derniers temps.
Elle soupira. Il ne la laisserait pas partir tant qu'il n'obtiendrait pas la vérité. Elle finit par tout lui raconter. Le visage de Sirius s'assombrit petit à petit. Il finit par soupirer.
-Je ne pensais pas qu'il en serait déjà là... Et je suppose que tu as l'intention d'y retourner ce soir, n'est-ce pas ? Tu ne peux pas. C'est trop dangereux. Il pourrait te voir et te faire du mal.
-Il ne me verra pas...
-Hermione ! Promets-moi que tu n'iras pas.
Elle se mordit la lèvre inférieure mais finit par hocher la tête. Elle n'irait pas. Non... Elle voulait s'en persuader mais elle savait qu'elle ne tiendrait pas. Elle voulait savoir.
OOO
Le soir-même, aux alentours de dix-neuf heures trente, elle sortit du château, bien déterminée à se rendre à la Cabane Hurlante. Tout était calme dehors. Parfois, quelques hululement de chouettes émanaient de la Forêt Interdite. Hermione parcourut le parc, à la recherche du futur lieu de plantation du Saule Cogneur. Elle sortit sa baguette et murmura 'Lumos'.
La jeune fille passa bien dix minutes à chercher l'entrée du passage secret. Sans le grand arbre pour se repérer, la tâche se fit bien difficile. Quand elle le trouva enfin, elle se faufila à l'intérieur avec prudence et se laissa glisser dans le tunnel. Celui-ci semblait un peu plus petit que lors de sa troisième année, ou peut-être était-ce elle qui avait grandi ? Elle marcha lentement pendant ce qui lui sembla des heures. Elle atterrit finalement dans un long couloir. Tout au bout de celui, une porte était entrouverte.
Hermione l'ouvrit avec prudence et rentra dans la pièce. Elle était beaucoup plus belle que dans ses souvenirs. Probablement car elle n'était pas couverte de poussières, saletés et meubles cassés. Le sofa sur lequel était assis Tom était d'un côté de la pièce. De l'autre, un immense lit à baldaquins trônait contre le mur.
Il était somptueux, brillant de propreté. Les rideaux argentés tombaient délicatement autour du matelas recouvert d'un drap vert. Les couleurs parfaites pour un Serpentard. Elle s'avança dans la salle, la baguette tendue devant elle. Les murs en bois en revanche semblaient légèrement ternes. Les carreaux des fenêtres étaient sales, bien évidemment barricadées.
Elle entendit la porte se fermer derrière elle et quelques secondes après, sa baguette lui échappa des mains. Elle sursauta et se retourna. Un petit cri de surprise lui échappa.
-Je savais que tu viendrais Jones, railla Tom.
Sa voix était grave, semblait venir des profondeurs. Hermione recula jusqu'à se cogner contre le lit à baldaquins. Elle bascula en arrière, s'étala sur le matelas. Une seconde plus tard, elle était à nouveau debout et le défiait du regard.
-Je te pensais plus intelligente que ça. Comme quoi, peut-être que tu es plus Poufsouffle que Serdaigle. Moi qui ait cru pendant un instant que tu avais peut-être l'étoffe de Serpentard.
Ou Gryffondor... Un piège évidemment ! Pourquoi n'y avait-elle pas pensé ? Il était presque impossible qu'il ne l'eut pas vu quand elle l'observait dans la cabane. Mais trop heureuse d'avoir un moyen de trouver ce qu'il fabriquait, elle n'avait pas réfléchi. Trop téméraire, parfois un peu trop irréfléchie.
Elle s'était toujours interdit d'agir sur un coup de tête, de peser le pour et le contre avant chaque action. C'était ce qui l'avait sauvé en première année lors de l'épreuve des potions de Rogue. Ce qui lui avait permis de ne pas mourir sous le regard du Basilic. Cela l'avait avantagé pendant ses multiples voyages dans le temps. Elle avait pu aider Harry pendant le tournoi des trois sorciers et enfin avait pu cacher l'AD à Ombrage pendant leurs rendez-vous. Et la voilà qu'elle se retrouvait en compagnie de Voldemort, seule dans une pièce, loin de toute personne pouvant entendre ses cris.
-Qu'est ce que tu fais là ?
-Je te retourne la question Jones, continua-t-il en faisant tourner la baguette de la jeune fille entre ses longs doigts fin.
-Je... Je...
-Tu es là pour moi ? Je ne pensais pas que cela allait marcher. C'était tellement simple. Je dois dire que j'ai presque eu honte d'élaborer un plan comme celui-là. Mais bon... Apparemment, il n'en fallait pas plus pour que tu le suives à la lettre. C'en est presque décevant.
Il semblait beaucoup trop satisfait. Son regard moqueur, son léger sourire en coin... Tout avait le don de faire grandir une colère dans le ventre de la jeune fille, mais également d'attiser sa peur. Elle déglutit quand il fit un pas de plus vers elle.
-Que me veux-tu ?, questionna-t-elle.
-Tsss... C'est à toi de me répondre ma chère.
-Je... Je ne te veux rien du tout. Je ne savais pas que tu serais là, je... je.
-Oh ? Tu vas me dire que tu as malencontreusement atterri ici alors que tu te baladais tranquillement dans le parc. Ne me prends pas pour un idiot. Je vais reposer la question Jones. Qu'est ce que tu me veux ?
-Je ne vois pas de quoi tu parles, assura-t-elle.
Elle le fixa avec intensité, n'ayant pas d'autres choix que de maintenir son regard. Si elle voulait paraître crédible, le fuir était une bien mauvaise idée.
-Je crois que si. Je sais que tu me surveilles. Tu crois réellement que je n'ai pas remarqué tous ces regards suspicieux, cette haine grandissante. Dire qu'il y a seulement quelques semaines, tu n'osais même pas m'adresser un mot. Aujourd'hui, tu te tiens là, devant moi, à me mentir comme un arracheur de dents. Tu caches quelque chose.
-Non. Bien sûr que non. Je ne cache rien du tout.
Il s'approcha encore d'elle mais se détourna au dernier moment et se dirigea vers la fenêtre. Il semblait pensif.
-Tout a commencé le soir où je t'ai trouvée, errante dans les couloirs, murmura-t-il pour lui même.
Il était dos à elle. Hermione prit son courage à deux mains et se jeta sur lui. Ils basculèrent tous les deux sur le côté. Tom, surpris, ne put l'empêcher de récupérer sa baguette. Néanmoins, elle n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit. Le jeune homme était déjà debout et la dardait du regard.
-Mauvaise idée Jones. Décidément, tu les accumules en ce moment. Petrificus Totalus !
Instantanément, ses jambes se serrèrent, ses bras se collèrent à son corps. Les yeux écarquillés de peur, elle resta allongée sur le parquet. Le visage triomphant de Tom apparut dans son champ de vision. Il la transporta par magie sur le lit. Il se tenait debout au-dessus d'elle.
-Vu que tu ne sembles pas vouloir parler. Je pense que je vais devoir chercher par moi-même.
Il respira profondément et tendit fortement ses bras devant lui. Finalement, il pointa sa baguette sur le visage de la jeune fille, pétrifiée de peur.
-Legilimens !
Elle eut juste le temps de crier. Une force étrange semblait vouloir pénétrer son esprit. Elle comprit soudainement la douleur que ressentait Harry à chaque fois qu'il voyait des images de Voldemort. Un mal de tête l'assomma.
Elle se vit enfant, dans une maison qui lui était inconnue. Un homme entra dans la pièce. Sa longue barbe et ses cheveux auburn s'accordaient parfaitement avec son étrange robe de sorcier aux couleurs écarlates. Des lunettes en demi-lune reposaient sur son nez aquilin, recouvraient des yeux d'un bleu éclatant. Dumbledore. Il lui annonça qu'elle était une sorcière. Une femme aux traits fatigués écarquilla les yeux et sortit un pistolet de sa poche, le pointa sur le mage blanc. La scène se fit floue.
Elle était désormais assise sur un tabouret sur l'estrade de la Grande Salle, le Choixpeau sur sa tête. Après plusieurs minutes d'hésitation, il cria le nom de Serdaigle. Une lueur triomphante brillait dans les yeux de la petite fille. Celle-ci alla s'installer à la table des bleus et bronzes et serra la main à de jeunes versions de Isaac, Filius, et Sasha. Tout disparut à nouveau.
Les scènes se firent de plus en plus rapides. Elle se voyait volant sur un balai, puis transformant une chouette en une magnifique rose blanche.
La jeune Hermione était en cours de potion, buvant avec avidité les mots de Slughorn.
Puis elle était à nouveau dans la Grande Salle, un petit garçon aux cheveux bruns s'installa sur le tabouret. Avant même que le Choixpeau n'eut touché sa tête, le mot Serpentard s'échappa de ses lèvres.
Elle était à nouveau dans la première maison, une lettre dans les mains. La femme au pistolet se tenait devant elle. De grosses cernes se dessinaient sous ses yeux. Son jeune double lut la lettre à haute voix :
« En raison des malencontreux événements sévissant dans le monde moldu, tous les membres du ministère ont décidé d'un commun accord de retirer la marque des sorciers né-moldus ou habitant seul avec des moldus. Vous avez donc l'autorisation, miss Jones, de pratiquer la magie en dehors de l'école pour lancer des sorts de protection autour de votre maison. Les autres sortilèges sont également autorisés, dans la limite du raisonnable. »
Les souvenirs de la petite fille se bousculaient dans sa tête. Granger assistait à la vie de Jones. C'était particulièrement perturbant. Elle avait réellement l'impression d'avoir vécu ces événements alors qu'il n'en était rien.
Quand elle reprit conscience, le visage de Jedusor n'était qu'à quelques centimètres du sien. Il semblait essoufflé et la fixait avec une intensité déconcertante. Hermione remarqua à nouveau cet étrange voile dans ses prunelles. Il plissa des yeux et s'éloigna brusquement.
Elle voulut partir, s'enfuir mais ne bougea pas. Elle sentit son corps se détendre, le sortilège se défaire. Pourtant, elle ne prit pas la peine de prendre ses jambes à son cou. Tom semblait presque perdu. Néanmoins, il retrouva rapidement son masque. La jeune fille s'empêcha de soupirer de soulagement. Il n'avait rien vu. Comment se faisait-il qu'il n'avait rien vu ? Pourquoi était-ce les souvenirs de Hermione Jones ? Elle n'était pas occlumens. Sûrement l'œuvre de Janus.
-Satisfait ?, tenta-t-elle.
-Pas encore.
Un dernier sourire et il quitta la pièce, laissant Hermione sur le lit. Son cœur battait la chamade, des larmes perlaient du coin de ses yeux, sa peau n'avait jamais été aussi moite. Assise sur le lit, elle ne s'était jamais sentie aussi seule, aussi désespérée et désemparée. Sa petite mission personnelle n'était pas une réussite. Tom la surveillerait.
OOO
Le lendemain matin, elle pénétra dans la Grande Salle avec anxiété. Celle-ci avait été métamorphosée pour les vacances de Noël. Des flocons de neige tombaient du plafond magique et virevoltaient dans une brise de vent légèrement tiède. Pourtant, ils ne fondaient pas avant de toucher quelque chose : sol, élèves, professeurs... Mais ils ne mouillaient pas, se volatilisant en quelques paillettes qui disparaissaient aussi vite.
Un sapin gigantesque trônait au milieu de la pièce. Les guirlandes changeaient régulièrement de couleurs, passant du rouge gryffondor au vert serpentard, sans oublier le jaune poufsouffle et le bleu serdaigle. Des stalagmites et stalactites poussaient ça et là, formant par endroits des colonnes glacées en se rejoignant. Les murs avaient été changés en miroir, de sorte qu'on se croyait dans une immense galerie des glaces.
L'estrade des professeurs avait été magiquement agrandie pour accueillir plusieurs dizaines de personnes mais était vide. Des fauteuils moelleux lui faisaient face dont le trône du directeur en plein milieu. Le professeur Beery était assis dessus et discutait allégrement avec une élève de Poufsouffle. Hermione s'approcha lentement, quelque peu perturbée par les miroirs, et se retrouva à côté de Sirius qui était adossé à une chaise près du sapin.
-Impressionnée ?, demanda-t-il avec un clin d'oeil.
-C'est magnifique !, s'émerveilla-t-elle
-Je n'en suis pas peu fier. Je l'ai décoré avec l'aide du professeur Dumbledore et Beery. Les miroirs, c'était mon idée.
Hermione sourit mais se renfrogna immédiatement. Il venait d'entrer dans la pièce.
-Sirius... Il faudra que je te parle. J'ai... Je crois que j'ai fait quelque chose de mal. De très mal.
Il fronça les sourcils, ses yeux étaient morts d'inquiétude.
-Qu'est ce qui se passe ?
-On ne peut pas en parler ici.
Elle jeta un coup d'œil à Tom qui se servait innocemment un verre de jus d'orange. Sirius hocha la tête en signe de compréhension.
-Tu y es allée n'est ce pas ? Bon... Dans mon bureau. Fais attention à toi en attendant.
Elle hocha la tête et alla s'asseoir en face de l'estrade, attendant avec appréhension la suite des événements.
-Bonjour Miss Jones, susurra une voix grave derrière.
Un frisson lui traversa l'échine. Elle fit tout pour le repousser.
-J'espère que tu as passé une bonne nuit, que tu as repris des forces. Après tout, la dernière soirée a été... riche en émotions dirons-nous.
Hermione ne se retourna pas, se contentant de fixer avec intensité l'estrade vide. Etait-il seulement capable de ressentir quelque chose ? Elle pouvait presque le voir sourire ironiquement et sentait son regard abrasif dans son cou.
-Je découvrirai ce que tu caches Jones. Je peux te l'assurer. Je ne maîtrise pas encore la légilimencie à la perfection, mais je sais encore reconnaître des étrangetés quand j'en vois, railla-t-il. Tu as une vie bien pathétique, j'aurais presque eu de la peine pour toi. Si seulement j'y avais cru. Non, tout semblait tellement faux. Comme si ce n'était pas tes souvenirs. Un étrange voile planait autour de toi, je n'ai jamais rien vu de tel.
-Ne sois pas idiot, tenta-t-elle avec assurance. On ne peut pas changer nos souvenirs de cette façon. Et ne jamais avoir rien vu de tel ne signifie pas que ça n'existe pas. Comme tu dis, tu ne maîtrises pas encore la légilimencie à la perfection. Tu ne sais pas encore tout ce qu'i savoir sur cet art.
Quelle défense pitoyable Hermione. Il gloussa légèrement.
-Tu caches quelque chose Jones. Tu as changé ces derniers temps.
-Et pourquoi crois-tu ça ?
-Parce que je t'ai remarquée.
Elle se tourna et l'aperçut du coin de l'œil croiser les bras devant sa poitrine. Aucune émotion ne perçait à travers son visage impassible. Elle ferma les yeux et secoua la tête. Il ne savait rien, rien du tout. Après tout, il avait seulement vu la vie de Hermione Jones. Et pourtant il avait remarqué que quelque chose sonnait faux. Il continuerait à chercher, Tom Jedusor n'était pas du genre à abandonner.
Hermione crut que le temps s'était arrêté. Elle était assise sur son fauteuil, Tom derrière elle. Elle ferma les yeux et respira lentement. Ne montre surtout pas que tu as peur Hermione. Elle déglutit et finit par rouvrir les paupières. Elle le sentait toujours. Comment peut-on être si imposant à seulement quinze ans ? Elle avait toujours trouvé Harry -ou même Malfoy, elle ne pouvait le nier- charismatique. Ils attiraient tous les deux les foules, et n'avaient pas de problèmes particuliers pour gagner la confiance des autres.
Mais Tom ne jouait pas dans la même catégorie. Il était bien au-dessus des autres. Finalement, se créer ses Mangemorts, trouver des personnes qui se rallieraient à sa cause, n'avaient pas du être si compliqués. Le suivre à tout jamais, l'admirer, était tellement tentant. Si la jeune fille ne savait pas qui il allait devenir, n'était pas en courant de toutes les choses horribles qu'il allait accomplir, elle ne douterait jamais de sa bonté de cœur. Il était d'une perfection irritante.
Elle se détendit quand la répétition du spectacle commença. Tom ne pouvait pas lui faire de mal ici. Les rôles furent répartis rapidement entre les quelques élèves présents pour les vacances de Noël. Isaac fut sélectionné pour jouer Sir Sanchance, tandis que Walburga Black -qui s'avérait être celle ayant insulté Hermione au Trois Balais- jouerait Asha. Altheda serait personnifiée par une Serdaigle de deuxième année, Mimi Warren, mieux connue sous le nom de Mimi Geignarde.
Le professeur Beery était très exigeant, ce qui ne rendit pas la tâche aisée. Tom Jedusor était toujours à côté de lui, le visage impassible, et se plaisait à donner des ordres aux comédiens. Hermione, n'ayant jamais fait de théâtre de sa vie, était stoïque comme un balai.
-Coeur de lièvre ! Tirez votre épée chevalier, et aidez-nous à atteindre notre but !, déclara-t-elle d'une voix monotone à Isaac, ridicule dans son costume de chevalier.
-Jones ! Tu es censée être en colère ! Tu appelles ça de la colère ?, ironisa Tom en montant sur scène. Recommence !
Hermione récita à nouveau son texte, criant, hurlant, d'un façon très peu convaincante.
-Pitoyable, murmura Jedusor pour lui-même.
La jeune fille mourrait d'envie de le stupéfixier sur le champ. Il était exaspérant. Elle serrait fortement sa baguette entre ses mains, s'empêchant de lui jeter une ribambelle de maléfices. Ils restèrent toute la journée dans la Grande Salle, ne prenant une pause que pour le repas apporté par les elfes du château. Le pire restait à venir. La fin de la pièce approchait et avec elle, la demande en mariage de Sir Sanchance à Amata. Autrement dit, la demande en mariage de Isaac à Hermione.
Le jeune homme s'agenouilla difficilement au sol dans un bruit métallique et prit la main d'Hermione. Tout le monde les observait. Le regard brûlant de Tom se posa sur la jeune fille. Elle pouvait deviner un sourire moqueur se dessinant sur ses lèvres. Le professeur Beery s'était levé, attendant avec impatience qu'Isaac se mette à parler. Le texte n'avait pas été spécifiquement écrit dans le conte, il allait donc devoir improviser. Il s'éclaircit la gorge et fixa le mur derrière Hermione. Il ne semblait pas vouloir la regarder dans les yeux.
-Herm... Je veux dire Amata. Je vous aime. Voulez-vous m'épouser ?
Il déglutit et secoua la tête.
-Excusez-moi ! Je vais recommencer !, hurla-t-il soudainement, faisant sursauter Hermione. Bien. Amata. Plonger dans cette fontaine m'a réellement amener la bonne fortune. Je sais désormais une chose : je vous aime. Voulez-vous m'épouser ?
Le professeur Beery soupira de désespoir.
-Cela ne va pas du tout Mr Scamander. Où est l'émotion ? Où est la passion !? Où est l'amour !? Sir Sanchance est censé être fou amoureux de Amata ! Il ne la laisserait partir pour rien au monde. On a l'impression que vous déclarez l'amour fou que vous avez pour la tarte à la citrouille ! On reprend !
Ils répétèrent la scénette plusieurs dizaines de fois, chaque tentative étant plus catastrophique l'une que l'autre. Beery grognait dans son fauteuil, hurlait à chaque fois que le jeune homme ouvrait la bouche. Finalement Tom se leva, enleva sa cape de sorcier, et monta sur scène. Il poussa doucement Isaac qui, déséquilibré, roula par terre avant de se lever en un bond.
-Prends exemple Scamander. Je ne le referai pas deux fois.
L'héritier de Serpentard s'agenouilla devant Hermione. Il plongea ses yeux dans ceux de la jeune fille. Un petit sourire charmeur se dessina sur ses lèvres. Il lui prit délicatement la main et y déposa furtivement un baiser. Puis, d'une voix grave, absolument exquise se mit à parler :
-Ma chère et douce Amata. Dès que mon regard s'est posé sur vous, j'ai su que ce moment arriverait. On ne se connaît que depuis quelques heures, mais c'est amplement suffisant pour savoir certaines choses. Vous êtes la femme la plus belle qu'il m'ait été donné de rencontrer. Je me demande encore quel Dieu a décidé de me faire croiser votre chemin. Je ne cesserai de me battre pour faire votre bonheur. Je ne pourrai vivre tant que vous ne répondrez pas oui à la question que je m'apprête à vous poser. Je vous couvrirai d'amour et d'or jusqu'à la fin des temps, ne vous abandonnerai jamais. Me feriez-vous l'honneur d'être ma femme ?
Il se leva alors et s'approcha dangereusement d'elle. Le cerveau d'Hermione s'était presque arrêté de fonctionner. Elle pouvait réfléchir mais ne pouvait pas bouger. Comment quelqu'un comme lui, le futur Voldemort, pouvait parler ainsi ? Que connaissait-il à l'amour ? Et pourtant, son discours avait semblé tellement réaliste.. On aurait pu croire qu'il avait déjà ressenti un amour aussi intense. Il était vraiment un acteur parfait.
Hermione hocha la tête.
-Vous épouser serait la chose la plus merveilleuse qui puisse m'arriver.
Son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien. Il rompit alors la distance entre eux et ses lèvres se collèrent sur les siennes. Elles étaient douces, chaudes et dangereusement attirantes. Il était étrangement doux. A peine quelques secondes après, il s'éloignait déjà. Il souriait à pleines dents. Tom était absolument radieux et avait l'air tellement sincère. Il prit Hermione dans ses bras et tournoya sur lui-même. Tout près d'eux, Beery applaudissait chaleureusement.
-Ça ! C'était parfait mon cher Tom ! Mr Scamander, vous devriez suivre son merveilleux exemple ! Dix points pour Serpentard !
Et c'est terminé ! J'espère vraiment que cela vous a plu. Attention message subliminal : j'adooore les reviews *-* N'hésitez pas à en laisser;)
Au programme du prochain chapitre : un petit déjeuner aux allures de règlement de comptes, Dumby fait son apparition et un petit tour dans les oubliettes.
A bientôt j'espère !:D
