Et bonsoir tout le monde !
Me voici avec un peu de retard… Je m'excuse j'étais en période de rattrapages (et ouais j'ai eu un rattrapage…) et donc n'étais pas en vacances. Mais ça y est je le suis ! Je viens donc poster. Félicitations à tous ceux qui ont le bac/brevet/leur année.
Et également merci à Azest et luffynette pour vos reviews ! :D
Je ne parle pas plus longtemps, voici le chapitre. On se retrouve en bas
Le lendemain soir, Hermione était assise dans la Grande Salle à la table des Serdaigle, à côté de ses camarades habituels. En sortant des toilettes, la veille, elle s'était évanouie et Mimi l'avait ramenée à l'infirmerie. Cette fois-ci, elle n'avait pas pu échapper à Rowena et avait dû y rester jusqu'à maintenant. Venant tout juste d'en sortir, elle avait seulement eu le temps de prendre une douche bien méritée dans son dortoir avant de descendre diner. Cela faisait bien trop longtemps qu'elle n'avait pas mangé un vrai repas, parlé, bougé, respiré de l'air frais. Elle comptait donc faire un tour dans le parc du château un peu plus tard dans la soirée.
En attendant, la jeune fille souriait en parcourant la pièce du regard. Filius et Isaac discutaient avidement, le nain agrémentant ses paroles de grands gestes théâtraux. Sacha les écoutait parler en riant joyeusement. Un peu plus loin, Mimi mangeait seule, un livre ouvert devant elle. Elle sourit timidement en apercevant le regard perçant de Hermione, enleva ses lunettes rondes, les essuya avec un pan de sa robe avant les poser à côté d'elle et de se mettre à manger son assiette de petits pois.
Le brouhaha régnait dans la Grande Salle, en particulier entretenu par les gryffondor. « Certains choses ne changent jamais » pensa-t-elle en tant que fière gryffondor. Malgré la nostalgie qui frémissait dans son ventre en pensant à Harry et Ron, Hermione se dit qu'elle n'avait pas été aussi heureuse depuis qu'elle était arrivée à cette époque.
Elle jeta un coup d'œil à la table des professeurs et attrapa rapidement le regard de Sirius. Celui-ci la gratifia d'un large sourire qu'elle lui rendit avec plaisir. Finalement, elle acheva son tour de Salle chez les Serpentard. Même les visages de Tom et de ses camarades ne purent gâcher son bonheur. Ses yeux s'attardèrent longuement sur Jedusor. A l'instant même, celui-ci avait l'air d'un adolescent parfaitement normal. Quelque peu timide et peut-être un peu sombre, mais normal. Il semblait écouter ses amis, mangeait lentement son assiette et disait quelques phrases entre deux bouchées. Mais il était Voldemort !
Non.
Hermione secoua la tête. Elle avait récemment décidé –à vrai dire à peine quelques minutes avant- qu'elle arrêterait de se rappeler sans arrêt qu'il était Voldemort. Car il ne l'était pas. Il allait le devenir mais il ne l'était pas. Pour l'instant, il n'était qu'un adolescent.
Il était encore humain.
Malgré la violence qu'elle avait déjà pu entrapercevoir chez lui, il n'était pas encore ce monstre sans émotion sur lequel elle avait tant lu dans les livres retraçant l'histoire de la guerre des sorciers
Ce monstre sans émotion dont lui avait parlé Harry. Celui qu'il avait pu voir dans le cimetière. Harry… Il allait le tuer. Non.
Il ne l'était pas. Il était encore humain.
Il éprouvait des émotions. La colère, l'incompréhension, le dégoût, l'envie… Des sentiments pas forcément positifs, mais des sentiments tout de même. Il avait encore un cœur qu'il fallait simplement apprivoiser, auquel il fallait apprendre d'autres émotions, plus belles, plus chaleureuses, plus puissantes. Elle y arriverait. Elle deviendrait son ami. Même s'il n'oserait sûrement pas se l'avouer, il ne dirait pas non à une amie. Un ami était utile à n'importe qui.
Néanmoins, avant cela, la Chambre des Secrets devait être définitivement fermée. Mimi avait peut-être été sauvée mais c'était sa mort qui avait obligé Tom à mettre un terme aux escapades de son basilic dans la plomberie du château. N'étant pas morte, allait-il le faire ? Hermione avait réussi à empêcher un meurtre mais elle n'arriverait pas à reproduire cet exploit n'ayant aucune idée de la tournure des événements. Elle fut subitement sortie de ses pensées par la voix de Dippet. Elle aperçut alors Jedusor qui la fixait et écarquilla les yeux. Alors qu'elle était plongée dans ses pensées, elle ne l'avait pas quitté du regard. Elle ne put empêcher, à son grand étonnement, un sourire narquois de se dessiner sur les sèvres avant de diriger son attention sur le directeur.
-Bien… Excusez-moi de vous interrompre dans votre diner, mais je tiens à ce que tous les élèves écoutent. Comme vous pouvez le voir, nous avons enfin pu réveiller vos camarades paralysés. Ce qui est évidemment une excellente nouvelle… commença-t-il en souriant.
Un tonnerre d'applaudissement explosa dans la salle. Dippet attendit quelques secondes avant de taper des mains pour faire le silence. Puis, son visage s'assombrit brusquement. Un voile noir sembla recouvrir ses prunelles. Il balaya l'assemblée du regard.
-Néanmoins, les bonnes nouvelles sont généralement accompagnées de mauvaises. Et malheureusement, je ne dérogerai pas à la règle. Même si nous avons maintenant un remède, le coupable de ces crimes n'a toujours pas été arrêté, et je ne peux laisser les élèves en proie à de si graves dangers. La décision que je m'apprête à prendre a été murement réfléchie et discutée avec tous les professeurs de Poudlard. Si le coupable ne se dénonce pas ou n'est pas retrouvé d'ici la fin de l'année scolaire, le château ne rouvrira pas en Septembre.
Un silence de mort s'abattit sur la salle. Les élèves se regardaient, ébahis. Certains haussaient les sourcils tandis que d'autres se demandaient sûrement si c'était une blague. Lentement mais sûrement de légers chuchotements naquirent au sein des poufsouffles. Puis ils se turent et à nouveau, on pouvait entendre une mouche voler. Hermione ne broncha pas et regarda Tom. Il fronçait les sourcils en fixant avec une attention brûlante son assiette. Sa mâchoire était serrée et il leva subitement la tête. Des flammes de rage brûlaient dans ses yeux.
Jedusor bouillonnait. Il ne pensait pas que Dippet allait vraiment le faire, surtout s'il n'y avait aucun mort. Poudlard ne pouvait pas fermer, jamais l'école ne pouvait fermer, tout simplement parce que Tom ne pouvait pas la quitter. Il refusait de retourner dans cet horrible orphelinat. Oh bien sûr il y retournerait pendant les vacances d'été, mais ce n'était que quelques mois et il réintégrerait rapidement le château. Il refusait d'y passer plus longtemps, de quitter le monde magique à jamais. Jamais d'autres écoles ne l'accueilleraient, Tom n'avait pas d'argent et Poudlard était la seule école à proposer une bourse d'étude à ses élèves pour payer les frais d'inscription et les affaires de cours absolument indispensables. Le garçon était fait pour être sorcier, il ne pouvait pas vivre parmi les moldus. Ils n'étaient pas dignes de lui.
Il expira bruyamment en plantant sa fourchette dans un bout de viande et la fourra dans sa bouche. Mâchant lentement, il luttait pour ne pas hurler. Plus aucun choix ne s'offrait à lui, le basilic ne pouvait plus jamais sortir de sa cachette. Résigné, ses yeux se fermèrent. Peut-être même que le basilic devait être tué. Il ne voulait pas en venir jusque-là… Le serpent était son héritage, il était la preuve de sa puissance, de son pouvoir, de sa supériorité. S'il venait à mourir, Salazar se retournerait sûrement dans sa tombe.
Néanmoins, Tom n'avait pas d'autres choix. Malfoy serait accusé et s'il voulait donner la preuve de sa culpabilité, il devait fournir le cadavre du monstre à Dippet. Mais la chambre des Secrets ne disparaîtra pas. Elle était à lui et il ne pouvait se résoudre à la quitter. C'était bien l'une de seules pièces à la hauteur de sa prestance, qui n'était qu'à lui. Poudlard était bien évidemment extraordinaire mais elle n'était pas à lui. La chambre, elle, lui appartenait.
Rien à qu'à lui. Enfin, pour la première fois de sa vie, quelque chose lui appartenait. A l'orphelinat, les jouets n'étaient à personne et les autres enfants se débrouillaient toujours pour que jamais Tom ne mette la main dessus. Il était trop étrange. Les plateaux étaient déjà presque vides lorsqu'ils arrivaient enfin au bout de la table, là où le petit garçon aux cheveux si noirs mangeait tout seul. Ses vêtements avait d'abord été la propriété d'autres enfants qui avaient fini par quitter l'orphelinat, adopté par une famille aimante. Jamais Tom n'avait connu de famille aimante pour s'occuper de lui. Il faisait même peur aux adultes qui toquaient à sa porte.
Beaucoup trop maigre…
Beaucoup trop sombre…
Beaucoup trop calme…
Beaucoup trop effrayant.
Il fut sorti de ses pensées par Dippet qui reprit enfin la parole.
-Je suis vraiment désolé d'avoir à en venir jusqu'ici. Je ne souhaite pas fermer l'école mais je risque de ne pas avoir de choix. Je me doute que certains d'entre vous, s'ils ont quelconque informations, ont peur de les révéler, de peur d'être attaqué. Mais je sais qu'il s'agit de quelqu'un habitant ici, élève ou professeur. Un basilic n'aurait jamais pu venir tout seul dans cette école. Oui, vous avez peur… Mais je vous le demande, je vous en supplie presque : venez nous le dire. Nous sommes là pour vous protéger, et nous voulons mettre un terme à ce massacre avant qu'un élève ne soit tué. Et si nous n'arrêtons personne, comme je l'ai dit, je vais devoir fermer l'école. Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de soirée et bonne chance pour les examens à venir.
Tom soupira et finit son repas dans le silence. Il n'écouta pas ses camarades parler, se plongeant dans un mutisme encore plus profond que d'habitude. Il mangea son dessert lentement, attendant que la Grande Salle se vide complètement. A la fin, il ne restait que quelques professeurs et les elfes qui s'affairaient déjà à tout nettoyer. Quelques minutes plus tard, Slughorn, voyant qu'il était le seul élève encore présent, s'approcha de lui et posa une main sur son épaule. Le garçon tressaillit et leva la tête, un sourire poli et absolument charmant au visage.
-Professeur ?
-Tom, mon garçon, vous me semblez bien malheureux ce soir. Que vous arrive-t-il ?
-Ce n'est rien professeur…
Son sourire s'affaissa et il retourna à nouveau son attention vers son assiette vide. Il avait un plan.
-A vrai dire…, commença-t-il. Le discours du professeur Dippet m'a particulièrement marqué. Je ne veux pas que l'école ferme.
-Personne ne le veut mon cher Tom. Mais ne vous inquiétez pas, n'importe quel école vous accueillerait à bras ouvert.
-Je ne veux pas n'importe quelle école professeur, murmura-t-il entre ses dents. Poudlard est ma maison. Je ne me suis jamais senti aussi heureux que lorsque je suis ici. Le château est extraordinaire, les professeurs passionnants et je suis entouré de mes meilleurs amis. A vrai dire, je commence même à m'enticher d'une jeune fille. Si je quitte Poudlard, je ne connaîtrai plus jamais ça.
Il fallait l'attendrir. Se faire passer pour le pauvre petit élève anéanti par les événements récents. Se confier pour gagner la compassion d'un professeur qu'il savait déjà dans sa poche.
-Ne dites pas ça Tom. Vous êtes surement le jeune sorcier le plus doué auquel j'ai eu la chance d'enseigner. Un avenir extraordinaire vous attend. Je peux vous l'assurer.
-Non professeur, affirma-t-il en se levant brusquement. Je suis orphelin, je n'ai pas d'argent, je n'ai pas de parents. A l'orphelinat, je suis complètement coupé du monde de la magie et je n'ai pas le luxe de pouvoir me payer une autre école.
-Si ce n'est que ça, je suis sûr que Salem vous accueillera gratuitement.
-Aux Etats-Unis ? Vous savez très bien qu'ils n'offrent des bourses qu'aux américains. Ils ne feront pas exception à la règle, que ce soit pour n'importe quel élève, aussi doué soit-il. Encore plus s'il est britannique !
Il se tut. Slughorn n'osa dire un mot mais Tom pouvait apercevoir ses yeux briller d'émotion, sa peau pâlir. Le garçon s'empêcha d'afficher un sourire satisfait.
-Mais ce n'est rien par rapport à ce que je ressens en voyant tous ces élèves pétrifier… Comment peut-on faire subir ce sort à quelqu'un ? Il ne faut pas avoir de cœur, ne pas avoir d'âme. C'est abject, monstrueux. On ne peut pas laisser une telle personne arpenter les couloirs ou même marcher sur cette terre. Je ne dormirai pas en paix tant que je ne saurais pas qu'elle a été arrêtée. Tant que je n'aurais pas la certitude que j'ai fait tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher la fermeture du château. Ce n'est pas en tant que préfet que je me dévoue à faire, mais en tant qu'être humain doté d'un cœur.
-Mon cher Tom, je souhaiterais que tout le monde parle comme vous. Tous les professeurs vont œuvrer pour trouver le coupable. Je n'ai aucun doute à votre sujet, j'espère seulement que tous les autres élèves suivront votre exemple. Maintenant rentrez à votre dortoir et reposez-vous. Vous avez eu une soirée riche en émotions. Et ne vous inquiétez pas, si le château devait vraiment fermer, je m'assurerais personnellement que vous ne restiez pas sans due.
Un sourire encourageant se dessina sur ses lèvres avant qu'il ne sorte. Tom le regarda partir avant de lui-même quitter la pièce. Il descendit rapidement les escaliers menant aux cachots et finit par entrer lentement dans la salle commune de Serpentard.
Un sourire mauvais étira ses lèvres quand son regard se posa sur Malfoy. Le blond jouait aux échecs avec Avery alors que Lestrange lisait un magazine de quidditch. Des activités bien stupides mais allant parfaitement bien à des idiots dans leur genre. Le sorcier s'approcha d'eux d'un pas lent et posé. Chaque mouvement semblait calculé, chaque trait de son visage travaillé à la perfection. Quand il s'arrêta près des fauteuils, il fixa avec intensité l'échiquier quelques secondes avant de diriger son regard vers le blond. Celui-ci essayait de dissimuler sa rage sous un masque d'indifférence, mais sa colère, et également sa peur, étaient palpables. Tom ne put s'empêcher de légèrement glousser avant de lever la tête.
-Malfoy. Et les autres. Dans la Salle-sur-demande. Maintenant, prononça-t-il d'une voix froide, hautaine et autoritaire.
Lestrange et Avery se levèrent et quittèrent la salle commune à toute vitesse. Malfoy lui ne bougea pas. Ses poings étaient serrés, ses phalanges blanches. Sa mâchoire tremblait légèrement et il n'osait poser le regard sur Tom. Ses yeux étaient dirigés vers le carrelage brillant, il semblait sur le point d'exploser. A côté de lui, Jedusor était l'incarnation même du calme et du self-control. Il souriait légèrement et regardait le crâne du blond. Dans ses yeux dansaient des étincelles de colère. La tension était tangible alors qu'il se saisit de sa baguette. Il jouait de ses doigts avec, faisant parfois mine de la pointer sur le Serpentard assis devant lui.
-Tu ne te lèves pas Malfoy ?
-J… Jamais, bredouilla-t-il avec un long moment.
-Tu ne veux tout de même pas que je t'y force. Crois-moi, cela ne sera pas agréable. Pour aucun de nous deux. Tu te doutes de ce qu'il arrivera si tu tentes de me dénoncer, ou même de déserter ?
Il avait prononcé ça d'une voix parfaitement calme. Aucun de ses mots ne trahissait sa rage ou son ennui devant une telle bêtise. Il pouffa légèrement quand le blond se leva lentement, tremblotant. Son visage était déformé par la colère et l'impuissance. Il passa devant Tom qui lui emboita le pas d'un air satisfait. Ils arrivèrent rapidement devant la porte de la Salle va-et-vient. Les deux autres garçons attendaient devant avec anxiété. Ils fixaient tous le sol en se mordant les lèvres. Quand Avery aperçut Tom s'approcher, il ouvrit la porte et attendit qu'ils rentrent.
Ils arrivèrent dans une salle immense au plafond étrangement bas. Le sol était recouvert d'une moquette parfaitement noire, les murs inexistants. Seuls des grandes fenêtres parfaitement propres les entouraient. Au centre de la pièce trônait un grand fauteuil eu velours vert autour duquel s'enroulait un serpent en argent. Tom alla s'asseoir nonchalamment dessus alors que les quatre garçons se placèrent en face lui. Le jeune mage prit enfin la parole après un long silence. Sa voix résonnait lugubrement :
-Comme vous l'avez entendu, Dippet veut fermer l'école. Enfin une décision responsable et qui fait preuve d'un peu de bon sens sort de cet homme… M'enfin…. Tout ça parce qu'ils n'ont toujours pas trouvé le coupable. Ils ont peur qu'un élève meurt et préfère fermer avant que cela n'arrive. Ce qui veut dire… que Poudlard n'ouvrira pas l'année prochaine.
Il se tut, attendit la moindre réaction venant de son assemblée. Rien n'arriva. Il plissa les yeux.
-Néanmoins, je ne peux laisser ça arriver.
Il se leva et s'approcha du groupe, s'arrêta devant chaque garçon, les regarda dans les yeux. Tous ses mouvements étaient d'une lenteur cruelle, terrifiante, affolante. Il se mit alors à tourner autour d'eux, comme un serpent rode autour de sa proie avant de l'engloutir.
-J'ai réfléchi, réfléchi, et ce pendant des heures. Je me suis dit qu'il n'y avait absolument aucune chance qu'ils attrapent le coupable, il était trop bien caché et jamais personne ne penserait à l'accuser en particulier. Il est si parfait, si apprécié. Jamais, ô grand jamais il ne viendrait à l'esprit de ce garçon si calme et respectueux de faire une chose pareille. Il ne trouverait donc jamais. Bien évidemment, c'était le but. Je ne voulais pas qu'il m'attrape, cela aurait été bien idiot de ma part. Ils resteront à jamais bredouille… Mais je ne peux laisser ça arriver. L'école fermerait pour toujours et je refuse catégoriquement que ça arrive. Savez-vous ce que cela veut dire ?
Il revint s'assoir et regarda les garçons un par un. Aucun d'eux n'osait ouvrir la bouche. Même le visage de Malfoy avait perdu toute trace de colère. Il luttait seulement pour ne pas partir en courant.
-Personne ? C'est bien ce que je pensais. Cela signifie qu'il va falloir que je leur fournisse un coupable. Vous vous doutez que je ne vais surement pas aller me dénoncer bien tranquillement.
Il observa les garçons tressaillir. Ils commençaient à comprendre. Enfin.
Lestrange regardait le sol avec intensité, comme si c'était la chose la plus importante au monde, comme si c'était la seule sur laquelle il pouvait comptait. Le sol ne le laisserait jamais tomber plus bas.
Malfoy ferma les yeux. Il savait. Il l'avait su dès que Tom avait commencé à parler. Ses doutes se confirmèrent rapidement.
-Je vais devoir te dénoncer Malfoy.
Celui écarquilla les yeux en entendant son nom. Il fit un pas vers Tom et ouvrit la bouche avant de la refermer. Il ne savait pas quoi dire. Le blond sentait ses jambes trembler, elles pouvaient se dérober à n'importe quel moment. Il regarda le garçon en face de lui, la peur au ventre. Jedusor était plus petit que lui, moins musclé. Il aurait pu le battre à plate couture dans un combat à mains nus. Mais face à lui, il n'était qu'un misérable insecte quand il s'agissait de la magie. C'était ce que Tom ne cessait de répéter. Jedusor était imprégné de la magie, elle flottait autour de lui, vivait en lui. Et il savait la maîtriser à la perfection. Malfoy avait beau le détester, il ne pouvait s'empêcher de l'admirer pour ce pouvoir. C'était pour ça qu'il avait commencé à le suivre, et pour ça qu'il avait tant de mal à se détacher de lui. Ce pouvoir était effrayant et hypnotisant. Il le haïssait mais il l'admirait. Le rebutait mais l'attirait.
-Ne feins pas la surprise Malfoy. Tu aurais dû t'en douter, railla Tom. Tu crois vraiment que je n'avais pas remarqué ton étrange comportement, toutes ses manigances que tu essayais de perpétuer dans mon dos ? Heureusement que les autres sont plus fidèles que toi. Ils seront récompensés. Toi, tu seras puni.
-Que… que va-t-il m'arriver ?
-Tu seras viré de Poudlard, évidemment. Je ne pense pas que tu seras envoyé à Azkaban, tu es encore mineur et personne n'est mort. Bien sûr, c'est une possibilité que l'on ne peut écarter.
-Pourquoi me laisserais-je faire ?
-Parce que je te l'ordonne. Et parce que si tu ne le fais pas, tu auras à faire à moi. Et crois-moi, contrairement à ce que tu pourrais penser, tu n'as encore rien vu de ce que je suis capable de faire.
Il avait prononcé ça d'une voix parfaitement calme et pourtant, parfaitement glaçante. Son visage revêtait encore ce masque d'indifférence qui lui était si cher. Il jouait de sa baguette, la faisant rouler, tourner, entre ses doigts. Assis nonchalamment sur son fauteuil, on aurait pu croire qu'il n'était qu'un étudiant qui s'ennuyait à mourir.
-Ne fais pas cette tête Malfoy. Comme tu l'as si bien fait remarquer, je ne suis rien. Si je me retrouve viré de Poudlard, qu'est-ce que je vais faire ? Je n'ai pas de riche famille derrière moi comme tu aimes si bien le faire remarquer. Ton père t'enverra à Dumstrang, ou à Salem. Tu as l'embarras du choix. Moi…. Je n'ai personne. Je ne peux me permettre de quitter Poudlard.
-Je…Je…
-Tu…Tu… Tu as perdu ta langue ? Bizarrement, d'habitude tu n'as pas de mal à t'exprimer. Si tu ne te laisses pas faire Malfoy, je t'y obligerai. Et ce n'est pas à Dumstrang que tu finiras, mais bien à Azkaban finalement. Je ferai en sorte que tu ne t'en sortes pas aussi facilement. Alors… choisiras-tu la manière douce, ou la manière forte ?
Tom se pencha en avant, appuya ses coudes sur ses genoux et pencha la tête sur le côté. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire innocent alors qu'il attendait avec impatience la réponse de Malfoy. En réalité, Tom préfèrerait qu'il choisisse la manière forte. Cela serait beaucoup plus amusant.
-Très… Très bien.
Malfoy s'étonnait d'avoir prononcé ces mots. Il se détestait de lui obéir mais il ne pouvait faire autrement. Jedusor avait raison, son père l'enverrait sûrement à Dumstrang. Et à vrai dire, il se disait que ce serait sûrement enfin l'occasion de se libérer de l'emprise de Tom. Il n'aurait pu à subir ses séances de torture, lui obéir au doigt et à l'œil. Il serait libre. Ce n'était peut-être pas si mal après tout. Et grâce à son nom de famille, sa réputation ne serait sûrement pas détruite. Quand on était un Malfoy, on le restait à vie, et on était respecté dans n'importe quelle circonstance. C'était la bonne solution. Peut-être même aurait-il une meilleure réputation auprès de la communauté sang-pur.
Le blond jeta un coup d'œil à Lestrange qui le fixait avec une intensité déconcertante. Il semblait choqué mais également dépité. Malfoy avait du mal à se le dire, mais il appréciait vraiment ces garçons. Ils étaient amis depuis leur plus tendre enfance, et malgré que cette amitié ait été quelque peu forcée par leurs parents, elle était réelle. Il allait devoir les quitter et se retrouverait au milieu d'autres sorciers dont il ignorait l'existence.
Avery lui, les poings serrés, les ongles enfoncés dans la paume de ses mains, regardait ses pieds avec intensité. Il n'osait jeter un coup d'œil à Malfoy, de peur de craquer. Il l'aimait, essayait de refouler ce sentiment dégoûtant et anormal depuis des années, et le blond allait le quitter. Il aurait tellement voulu lui dire, mais il savait que Abraxas allait le repousser, le traiter de malade. L'homosexualité était extrêmement mal vue, Avery savait qu'il serait même renié par sa propre famille s'il révélait son secret au grand jour. Il se forçait donc à sortir avec des filles. Oh bien sûr, elles ne le dégoutaient pas mais il ne les aimait pas vraiment. Pas autant que Malfoy. Et maintenant, il allait partir. A cause de Jedusor. Si seulement il avait écouté le blond dès le début… Ils auraient peut-être déjà déjoué les plans du sorcier noir.
Abraxas sentit une larme lui couler le long de la joue. Il l'essuya rageusement alors que Tom reprit enfin la parole :
-A genoux.
Malfoy se crispa. Il fallait encore tenir quelques jours. Bientôt, ce serait fini. Il n'aurait plus à subir son courroux. Il fallait qu'il tienne encore un peu, qu'il obéisse encore une fois. Il inspira et souffla lentement avant de poser doucement un genou à terre. Puis l'autre. Il leva la tête et prenant son courage à deux mains, plongea ses yeux dans ceux de Tom. Jamais encore il n'avait osé faire ça, le défier de cette manière. C'était la dernière occasion qu'il avait de le faire. Des flammes de colère semblaient brûler dans les yeux marron de Jedusor. Une lueur rouge brillait lugubrement. Malfoy détourna rapidement son regard. Il n'y arrivait pas.
-C'est simple. Tu as apporté au début de l'année un œuf de basilic que tu as acheté à un voyageur lors de ton voyage en Roumanie pendant les vacances d'été. Tu es bien allé en Roumanie n'est-ce pas ?
-En Albanie…
-En Albanie, peu importe. Arrivé en septembre, tu l'as déposé dans la tuyauterie du château le temps qu'il éclose. Tu voulais éliminer tous les sang-de-bourbes du château, les considérant misérablement inférieurs à toi. Ce que je ne peux, certes, pas nier… Bref', ne parlant pas fourchelangue évidemment, il ne t'obéissait pas et tu as perdu le contrôle. Tu ne voulais pas que l'école ferme et tu t'es alors adressé à moi pour t'aider à le tuer. Ce que j'ai bien évidemment fait avec courtoisie, sans poser de questions. Tu voulais alors garder ça secret mais je t'ai dénoncé, car c'est ce qu'un préfet fait. Il œuvre pour protéger les élèves et le château.
-Tu promets que je ne serais pas envoyé à Azkaban, implora le blond. S'il te plait… Voldemort, s'il te plait…
Tom pencha la tête sur le côté. Il lui faisait pitié, et c'était probablement ça qui allait le pousser à tout faire pour qu'il n'aille pas croupir dans cette satané prison. Vivre à Azkaban était un destin funeste qu'il ne souhaitait à personne. Il s'étonna lui-même de cette pensée. Venait-il vraiment d'éprouver de la compassion pour lui ? Non, ce n'était pas ça. Il réfléchirait à ça plus tard. Il ignora sa supplication et reprit la parole :
-Comme je l'ai dit…, appuya-t-il, tu as fini par éprouver des remords et tu t'es adressé à moi. C'est également pour ça que tu m'as laissé te dénoncer. Et personne n'est mort… Il y a peu de chances que tu sois envoyé à Azkaban. Je pense que cette histoire restera à jamais enfouie entre les murs de cette école.
Malfoy hocha la tête et finit par quitter la pièce, suivi par les deux autres sorciers quand Tom finit par les congédier. Le brun se leva et s'étira de tout son long en baillant bruyamment. S'entretenir avec ces trois idiots devenaient de plus en plus prenant et fatiguant. Heureusement, l'un d'eux ne sera bientôt plus un problème et il n'aura plus à traiter avec lui. Le seul de ses disciples en qui il portait plus d'estime n'était pas là. Il aurait deux mots à lui dire, pour lui faire part de ses plans.
Jouant de sa baguette, il lança quelques enchantements informulés. Rapidement, la pièce fut envahie par des nuages colorés, des paillettes dorés, des musiques enchanteresses et des odeurs enivrantes. Jedusor adorait se plonger dans la magie et même s'il n'osait se l'avouer, ces quelques sorts inoffensifs était particulièrement plaisants à utiliser. Pour la première fois depuis longtemps, un sourire sincère apparut sur son visage tandis qu'il s'allongea sur le dos, à même le sol, sa tête reposant sur ses mains.
Ses pensées se mirent inévitablement à vagabonder vers son orphelinat, comme à chaque fois qu'il s'entourait d'une magie si pure, comme à chaque fois qu'il oubliait son passé quelques secondes. Il revenait toujours à toute vitesse. Il ne savait pas ce qu'il serait devenu s'il avait dû passer toute son enfance et son adolescence, jusqu'à ses dix-huit ans, dans cet orphelinat, moqué et rejeté par tous ces horribles moldus. Ici, à Poudlard, il pouvait enfin exprimer toute sa puissance et sa supériorité. Son sourire sincère devint carnassier. Le pouvoir était une sensation grisante, et jamais il ne le laisserait s'en aller. A ces pensées, les sortilèges précédemment lancés s'évanouirent instantanément.
Il quitta la Salle-sur-demande une heure après. C'était l'heure de sa ronde. Après avoir arpenté les couloirs avec ennui, il descendit dans le hall. Les portes étaient grandes ouvertes et une bourrasque de vent s'engouffra dans la pièce. Le brun sortit alors du château et se dirigea vers le lac d'un pas rapide. Arrivé devant, il ferma les paupières quelques secondes et respira l'air frais. Il se sentait tellement bien. Malgré son masque d'indifférence, on pourrait voir éclater quelques étincelles dans la prunelle de ses yeux. Des étincelles de béatitude.
Soudain, un bruit de broussaille le sortit de ses rêveries. Il brandit de suite sa baguette et se mit en position de duel, prêt à contrer la moindre attaque. Un énorme chien au pelage noir se présenta alors à lui. Le garçon abaissa lentement sa baguette et s'approcha de lui en fronçant les sourcils. L'animal fit quelques pas vers lui et le renifla quelques secondes avant de couiner et de se coucher à ses pieds. Tom s'accroupit, posa sa main sur la tête du chien et la caressa lentement. Il crut l'entendre grogner légèrement mais il se laisse faire. La courbure des lèvres du garçon frémirent légèrement mais rien de plus. Il portait toujours ce masque d'indifférence.
Le garçon connaissait Poudlard, ses tableaux, ses statues et ses créatures magiques à la perfection. Il avait déjà vu de maintes fois le calmar géant qui habitait le lac et les nymphes des eaux et des bois. La forêt interdite ne lui cachait désormais plus rien mais jamais il n'avait vu ce chien. Comment avait-il atterri ici ? Il resta de longues minutes à le caresser et à réfléchir. Le château ne fermerait pas grâce à Malfoy et heureusement. Il avait encore quelques secrets que Tom devait absolument découvrir. Il avait encore deux ans devant lui et il ne comptait pas les laisser s'échapper.
oOo
Hermione attendit que Isaac, Sacha et Filius se soient couchés avant de sortir de la salle commune en silence. Elle se jeta un sortilège de désillusion avant de descendre rapidement les escaliers, prenant garde à ne pas faire de bruit. Sirius venait de lui donner rendez-vous dans le parc pour parler. La jeune fille le rejoignit rapidement près du lac. L'animagus attendait calmement en regardant l'immense surface d'un air vide. Son visage était sombre mais un sourire chaleureux se dessina sur ses lèvres quand il aperçut Hermione. Celle-ci respirait rapidement et sa peau était légèrement rouge d'avoir couru.
-Oh te voilà, je ne t'attendais pas aussi tôt. Tu aurais dû prendre ton temps.
-Ce n'est rien. Cela fait du bien de courir.
Il hocha plusieurs fois la tête, perdu dans ses pensées. Sirius ne parla pas, Hermione attendait qu'il prenne la parole. Après tout, c'était lui qui l'avait appelé. Le silence commençait à se faire pesant. Que lui voulait-il ?
-Sirius, pourquoi m'as-tu fait venir ici ?, tenta Hermione.
-Nous devons dénoncer Voldemort, prononça-t-il tout simplement.
Son regard était toujours perdu. Hermione n'avait pas vu ce regard depuis longtemps. Depuis sa troisième année, lorsque Harry, Ron et elle l'avaient rencontré pour la première fois. La jeune fille ne put s'empêcher de l'observer attentivement. Il avait tellement changé depuis qu'il était arrivé ici. Il avait pris quelques kilos, ce qui lui donnait un air beaucoup plus robuste, il n'était plus de cette maigreur maladive. Ses cheveux noirs étaient légèrement plus courts, tout juste au niveau de ses oreilles, et brillaient de propreté. Sa peau, parfaitement propre et parsemés de quelques légères rides, n'était plus recouverte de tâches noirâtres. Seuls ses yeux étaient toujours les mêmes à certains moments, lorsqu'il revenait dans cette horrible prison. Des yeux imprégnés de folie, de noirceur et de soif de vengeance.
-Il doit être arrêté, continua-t-il. C'est le seul moyen.
-Non, il doit y en avoir un autre.
-Il s'agit de Voldemort Hermione !
-Non. Ce n'est pas lui. Pas encore. Et nous devons faire en sorte qu'il ne le devienne jamais.
Il posa ses mains sur ses épaules et la regarda comme si elle était folle. Hermione soutint son regard.
-C'est impossible. Si tu n'étais pas arrivée à temps, il aurait tué Mimi Warren. Tu ne seras pas toujours là temps. Il tuera forcément. Il est Voldemort.
-On y arrivera. On le doit. C'est écrit. Si tu es si sûr de toi, si tu penses qu'on n'y arrivera jamais, pourquoi es-tu encore ici ? Pourquoi n'es-tu pas retourné dans le futur ? Janus ne nous l'interdit pas.
Il cligna des yeux, ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit :
-Je suis libre ici, je n'ai pas à me cacher, murmura-t-il. Et je ne suis pas un danger pour Harry, regarde ce qu'il a fait quand il a cru que j'étais en danger…
-Non. Ce ne sont pas les seules raisons… C'est parce que tu as de l'espoir. Même si tu ne veux te l'avouer, tu as de l'espoir. L'espoir de pouvoir sauver James, Harry, Lupin, Lily… Tous ceux qui te sont chers. Tous ceux qui sont morts ou auxquels tu as été arraché à cause de lui. Moi aussi j'ai l'espoir. J'ai l'espoir car je sais que l'histoire peut être changée. C'est écrit.
La brune se détacha de lui et s'éloigna de quelques pas. Dos à lui, elle entreprit alors de lui raconter son étrange entrevue avec Janus : une prophétie avait été écrite, les multiples tentatives de Janus pour le sauver, envoyant à chaque fois différentes filles, chacune d'elle ayant échoué. Que Sirius n'avait pas été dans le plan initial, mais ayant traversé le voile, il avait finalement été envoyé en tant que protecteur et guide. Celui-ci l'écouta attentivement. A la fin de son discours, Hermione se remit face à lui. Il secouait la tête lentement, comme s'il essayait de se persuader que tout était faux.
-Peut-être que ce que personne n'a compris, c'est qu'il doit être tué. Ou du moins, nous devons l'éloigner de la magie. Le sauver… C'est peut-être le tuer.
-C'est la solution de facilité, nous pourrions…
-Tais-toi, la coupa-t-il. Quelqu'un arrive.
Il fit signe à Hermione de le suivre et ils se cachèrent derrière un buisson. Quelques secondes plus tard, Tom apparaissait. Il leur faisait dos. Hermione tenta de se décaler pour le voir un peu mieux mais subitement, un bruit de craquement la fit s'arrêter net. Son pied s'était posé sur une branche. Elle pesta intérieurement en voyant Jedusor brandir sa baguette. Il s'approchait lentement. Le cœur de la jeune fille battait à toute vitesse. Sirius attrapa brusquement son bras et lui fit signe de se taire. Hermione fronça les sourcils.
Quelques instants plus tard, un énorme chien se tenait à la place de l'homme. Il sortit des broussailles et se dirigea vers Tom. Celui-ci baissa sa garde en voyant l'animal s'approcher de lui. Hermione observa la scène attentivement, prenant garde à ne pas bouger d'un cil. Elle ne voulait pas refaire la même bêtise. Cette fois, personne n'était là pour lui sauver la mise. Tom partit après ce qui sembla une éternité et Hermione put enfin sortir de sa cachette. Sirius se présenta à nouveau à elle, un voile sombre teintait son visage. Il se mordit la lèvre inférieure avant de prendre la parole.
-Tu n'as rien connu Hermione. Tu ne sais pas comment c'était la guerre. Il n'y avait que crainte et méfiance. On avait peur pour nos vies, pour celles de nos amis et de notre famille. On ne pouvait faire confiance à personne d'autres qu'à soi-même. On avait beau se persuader que cette personne qu'on connaissait depuis si longtemps ne représentait aucun danger, on ne pouvait jamais être sûr à cent pour cent. Tous les jours, on attendait le journal avec appréhension. Qui était donc mort cette fois-ci ? Qui avait mystérieusement disparu ? Le ministère était-il tombé ? C'était notre plus grande inquiétude. A cause de lui, beaucoup trop de personnes sont mortes. Les Londubat ont été torturés jusqu'à devenir fou, des villages entiers ont été brûlés. Rien de tout ça ne doit se reproduire. Et nous avons une solution toute faite, une qui ne peut rater.
-La solution de facilité… Il n'a encore tué personne. Et non, pour répondre à ta question, je ne compte pas toujours être là pour sauver ses victimes. Je compte mettre un terme à son envie de tuer. Le faire devenir humain.
-Il n'est pas humain.
-Nous devons lui laisser le bénéfice du doute. On ne te l'a pas laissé à toi, et regarde ce qui est arrivé. Tu aurais voulu qu'on te le laisse. Au lieu de ça, on t'a tout de suite accusé, t'a traité de fou. Sans procès équitable, sans jugement objectif on t'a envoyé à Azkaban. Ce genre de choses ne doit arriver à personne d'autres. Tu n'es pas d'accord ?
-Ne commence pas avec ça Hermione…
-S'il te plait Sirius… Nous devons essayer.
-Et s'il en venait à te faire du mal. A toi.
-Nous sommes déjà censés être morts, railla-t-elle.
-Et même si nous ne le dénonçons pas, comment va-t-il s'en sortir ? Il est censé dénoncer Hagrid, mais maintenant, nous savons tous que c'est un basilic, son araignée géante ne pourra donc pas être le bouc-émissaire.
-Je suis sûr qu'il a déjà trouvé une solution, affirma Hermione.
La jeune fille soutint son regard. Son sang bouillonnait dans ses veines, elle l'entendait battre à ses oreilles. Elle ne comprenait pas la soudaine réaction de Sirius. Bien sûr, elle savait qu'il avait vécu des temps de guerre et qu'à cause de Voldemort il avait passé treize ans de sa vie à Azkaban, il avait encore plus de raison de lui en vouloir… Mais comment ne pouvait-il pas comprendre qu'il n'était pas encore Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ? Elle avait elle-même pris du temps à le comprendre, et elle devait encore se le répéter encore et encore pour ne pas faire l'amalgame. Elle devait le convaincre.
Soudain, une sensation étrange s'empara d'elle. Sa vision se brouilla, aucun son ne parvenait à elle. Une vague de chaleur curieusement agréable l'envahit, commençant par son ventre et se propageant dans ton son corps. Bizarrement, ce n'était pas une sensation désagréable. Bien au contraire, elle se sentait beaucoup plus puissante, presque invincible. C'était alors qu'une douleur intense assaillit sa tête, comme si on lui comprimait les os du crâne. Elle ferma les yeux. La douleur était tantôt lancinante, tantôt brûlante, tantôt perçante. Elle voulait crier mais aucun son ne sortait de sa bouche. Quelques secondes plus tard, la vague de chaleur ainsi que la douleur disparurent aussi brusquement qu'elles étaient apparues. Hermione rouvrit les yeux. Sirius n'avait pas bougé, ne semblait pas avoir remarqué quelque chose.
-Soit, gronda-t-il. Très bien, on ne dira rien. Mais s'il ose s'en prendre à toi, je le tuerai moi-même. Il ne mérite que ça. Maintenant rentrons, il est temps de dormir.
Hermione cligna des yeux plusieurs fois.
Elle rentra rapidement au dortoir et se coucha directement. Elle n'arrivait pas à dormir. Allongée dans son lit, les yeux fixés sur les rideaux bleu nuit, elle réfléchissait à ce qui venait de se passer. Il avait changé d'avis trop rapidement. Que s'était-il passé ? La douleur avait été horrible, presque insoutenable. D'où sortait-elle ? Soudain, elle comprit. Etait-ce pouvoir dont Janus lui avait parlé ? D'après le dieu, cette magie était là pour la protéger, pour la guider mais elle n'était pas censée pouvoir l'utiliser. Ou en tout cas, pas la maîtriser.
« Pour me guider… » Cette magie était là pour l'aider, elle avait donc fait changer Sirius d'avis. Hermione ferma les yeux et s'engouffra sous les draps. C'était bien trop étrange. Et bien trop utile. Janus l'avait prévenue qu'elle n'arriverait sûrement jamais à maîtriser cette magie. Elle était trop puissante. Savoir l'utiliser, malgré la douleur, serait forcément utile. Elle pouvait supporter la douleur. Elle n'était que brève, insignifiante par rapport à tout ce qu'elle pourrait faire. Elle pouvait essayer. Elle essaierait. Elle avait l'étrange pressentiment que cette magie était la clé, la solution à tous ses problèmes et ceux avenir.
Et voilààààààà ! J'espère que ça vous a plu !
Une petite review s'il vous plait, et vous pourrez être à la place de sirius le chien )
J'ai également quelques questions pour vous (surtout si vous ne savez pas quoi dire dans vos reviews... car évidemment, même si je n'écris pas que pour ça, il est évident que les reviews et avis, positifs ou non, sont très importants pour les auteurs et ça les motive, ou même les débloque dans l'écriture ) ) : comment trouvez-vous l'histoire en général ? Est-ce que la manière de remonter le temps vous plait/vous parait originale ? Que pensez-vous de Janus ? Que pensez-vous des personnages, des caractères, et y en a-t-il certains que vous voudriez plus voir ?
Voilà voilà ! Au programme du prochain chapitre : des souvenirs viennent hanter un certain personnage, et une conversation un peu houleuse vient perturber nos chers Tom et Hermione.
A bientôt !
