Bonjour tout le monde !
Voici un nouveau chapitre, celui qui marque les vacances d'été, celui qui marque un événement qu'on attendait tous... (enfin, moi particulièrement. J'étais vraiment pressée d'écrire cette scène, encore plus de la publier).
Merci aux reviews ! :D
Azest : merci beaucoup d'avoir pris le temps d'écrire une review et de ton compliment :) J'espère que la suite te plaira ! Hâte de lire ton avis sur ce chapitre qui me tient vraiment à coeur :)
Laethorine : eheh et oui Hermione lui tient enfin tête ! Elle devient de moins en moins equilibrée mentalement... xD En tout merci ! :D J'espère que la suite te plaira et j'espère pouvoir relire ton avis sur ce chapitre qui comme je le dis pour la troisième fois en quelques lignes, me tient à coeur.
Donc voilà, voici un nouveau chapitre !
Disclaimer : les phrases en italique proviennent soit directement du livre (Harry potter et le prince de sang-mêlé), soit en fourchelang, soit les deux.
Tom respira profondément avant de sortir du Poudlard Express. Sa descente ne fut pas difficile, sa valise étant ridiculement petite. Après tout, il ne possédait pas beaucoup d'affaires. Il n'avait que deux tenues moldus, dont une qu'il endossait déjà, un simple pantalon en tissu marron et un t-shirt beige. Le reste de la valise était rempli par son uniforme scolaire et quelques bouquins. Son chaudron était resté à Poudlard, il ne pouvait se permettre de l'amener à l'orphelinat et que quelqu'un le trouve. Il n'avait presque aucun livre personnel, empruntant ceux-ci à l'année à la bibliothèque de Poudlard. Le garçon n'avait jamais eu d'argent, à part la maigre bourse qui lui était accordée chaque année. Mais il n'avait vraiment plus rien en descendant de ce train, ayant fini de dépenser sa bourse annuelle deux mois auparavant à Pré-au-lard. Il n'avait pas pu résister à ce magnifique livre en cuir marron traitant de rituels magiques.
Etant le dernier à descendre du train, celui-ci s'ébranla derrière le jeune homme et quitta bruyamment la gare. Un air sombre sur le visage, Tom observa le quai se vider progressivement. Le brun essayait de retarder le plus possible le moment où il devrait retourner à l'orphelinat. Au bout d'une heure, quelques garçons -des deuxièmes années de Serdaigle semblait-il- attendaient encore leurs parents. Un peu plus loin, Hermione Jones était assise sur sa valise en caressant doucement son chat, les yeux perdus dans le vide.
Tom fronça les sourcils. La jeune fille ne semblait pas attendre quelqu'un. Elle était seulement là, avait l'air de réfléchir à ses futures actions. Le brun serra les dents en repensant à leur dernière conversation. Comment savait-elle tout ça sur lui ? Où avait-elle découvert tout ça ? Il n'y avait aucun moyen qu'elle ait trouvé tout ça à Poudlard ! Personne ne l'avait jamais suivi ! Personne n'était au courant de la chambre à part ses sbires et jamais ils n'auraient dit quelque chose ! Elle avait même eu l'audace de le faire chanter pour qu'il ne dise rien et la laisse tranquille… Il avait cédé. Il ne pouvait pas se permettre de prendre le risque. Une boule de colère se forma dans son estomac. Elle lui avait tenu tête… Elle était décidemment très intéressante. Il ne laisserait jamais tomber, c'était sûr. Il suffisait de changer de plan… Ou plutôt, de vraiment suivre celui de la séduire. Le jeune homme dut admettre qu'il n'avait pas vraiment essayé même s'il l'avait décidé. Il faudrait s'y mettre plus sérieusement l'année d'après. Surtout qu'elle serait dans la même promotion que lui… Beaucoup trop facile.
Le serpentard resta sur le quai encore quelques instants. Il ne restait plus qu'eux deux. Tom ferma les yeux avec frustration après avoir regardé sa montre. Il se devait de rentrer à l'orphelinat s'il ne voulait pas passer sa nuit dans les rues du Londres moldu.
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Assise sur sa valise, Hermione regarda Tom Jedusor sur le quai. Il ne bougeait pas mais la fixait également. Elle détourna alors subitement son regard et se mit alors à observer les rails vides qui accueillaient auparavant le Poudlard Express. La jeune fille avait peur ne serait-ce que de le regarder. Comment avait-elle osé le faire chanter ? Son stupide courage de gryffondor avait refait surface. Elle essaya d'effacer la scène de ses pensées. Elle avait tout l'été pour y repenser et réfléchir à comment affronter Tom.
Elle attendait que Sirius arrive pour qu'ils puissent ensemble se rendre au Chaudron baveur. Pattenrond sur ses cuisses, elle le caressait d'une main et avait l'autre sur sa valise. Elle soupira de soulagement quand Tom quitta enfin la gare. Elle se sentait de plus en plus mal à l'aise en sa présence. Rien de bien étonnant.
Sirius et elle avait décidé de vivre au Chaudron Baveur et de surveiller Jedusor pendant les vacances d'été. L'animagus jetterait un sortilège sur l'orphelinat dans lequel il vivait pour recevoir des informations à chaque fois que Tom quitterait le bâtiment et pouvoir le suivre à la trace. Ainsi, ils pourraient s'assurer qu'il ne fasse pas de bêtises.
-Hermione ? Tu es prête ?, demanda Sirius.
L'interpelée leva les yeux et sourit avant de hocher la tête. Cela ne serait pas des vacances de tout repos. A vrai dire, elle était habituée. Mais c'était la première fois qu'elle ne verrait pas ses parents. Elle gloussa légèrement, ironiquement, de façon à ce que personne ne l'entende. Ils n'étaient même pas encore nés. Elle ne les reverrait sûrement jamais, ou en tout cas, ils ne seraient pas les mêmes…
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Sa valise à la main, il quitta la voie 9 ¾ et se retrouva dans la gare moldue. Un soupir lui échappa devant la banalité de la scène qui s'offrait à lui. Des dizaines de personnes, certains vêtus de haillons, s'agitaient dans tous les sens. A quelques mètres de lui, devant un poteau, un vieil homme, une jambe en moins et le visage défiguré, jouait de l'accordéon. Une petite fille chantait une vieille musique traditionnelle anglaise en remuant un chapeau devant elle. Un seul train, miteux par rapport au Poudlard Express, siégeait au milieu des multiples rails et attendait patiemment que les dernières retardataires daignent monter dans les wagons.
Tom traîna sa valise derrière lui et sortit lentement de la gare. Les rues étaient étrangement vides –enfin, pas tant que ça en ces temps de guerre-. Sûr de lui, il s'engouffra dans le labyrinthe des ruelles londoniennes qu'il ne connaissait que trop bien et en sortit quinze minutes plus tard. En face de lui, de l'autre côté de la route, se dressait l'orphelinat Wool. Le grand bâtiment carré, aux murs gris, sinistre et protégé par de hautes grilles en métal n'était pas des plus accueillants. Le jeune homme grimpa les escaliers en pierre et pénétra dans le hall d'entrée dans le tintement d'une petite clochette accrochée à la porte. Il pencha la tête sur le côté. « Tiens, c'est nouveau ça. ».
Mrs Cole apparut rapidement devant lui. Elle se força à sourire en apercevant le garçon. Ses joues étaient comme d'habitude étrangement rouges.
-Oh, Tom. Vous arrivez bien tard. Je vous attendais il y a deux heures déjà.
-Veuillez m'excuser Madame Cole, il y a eu un problème avec le train, prononça-t-il d'une voix extrêmement poli.
Il savait très bien que la femme ne le croyait pas, qu'il ne servait à rien de jouer le garçon parfait devant elle mais il n'aimait que trop ce petit jeu auquel il jouait toute l'année. La dame ne releva pas et plongea sa main dans la poche de sa robe et en sortit une petit clé avant de la tendre à Tom. Celui-ci saisit la clé de la chambre et la remercia d'un hochement de tête. Il entreprit alors de grimper les escaliers le menant au dortoir puis rentra dans le sien, dépité. Le garçon détestait revenir ici, surtout dans cette chambre. Elle était également occupée par trois garçons d'à peu près son âge.
Depuis qu'il avait été admis à Poudlard, et par conséquent ne logeait plus à l'orphelinat que deux mois par an, il avait dû abandonner le privilège d'une chambre individuelle. Désormais, il était condamné à vivre deux mois aux côtés de ces insupportables idiots de moldus. L'un d'eux, assis sur son lit, des cartes à la main, leva d'ailleurs la tête en entendant la porte grincer. Il haussa un sourcil blond en observant Tom se diriger vers son lit.
-Tiens, le retour de Jedusor. Je n'attendais que ça. On commençait à s'ennuyer sans toi, railla-t-il.
La main de Tom se crispa, voulant désespérément se diriger vers la poche de son pantalon. S'il le pouvait, il lui arracherait la bouche d'un mouvement de baguette pour ces paroles. Jamais quelqu'un à Poudlard n'aurait eu l'audace de lui parler de cette manière. A vrai dire, peu de personnes connaissant sa vraie personnalité osait lui adresser la parole tout court. Il déglutit difficilement et serra la mâchoire pour contenir sa colère. « Ne rien faire, ne fais rien. Retiens-toi Tom. Si tu fais quelque chose contre lui, on te privera à vie de ta baguette. »
Toujours dans ses pensées, il hissa facilement sa valise sur le lit et entreprit de l'ouvrir quand la voix de l'autre blondinet retentit à nouveau dans la pièce.
-Eh le monstre ! Réponds-moi quand je te parle ! T'as pas trop intérêt à m'ignorer. J'te rappelle qu'on va encore vivre ensemble un petit moment, donc ignore-moi si tu veux que je fasse de ces deux mois un cauchemar.
Tom expira fortement par le nez et tourna la tête vers le fauteur de troubles. Celui-ci était grand, très musclé des bras mais gringalet des jambes, lui donnant une allure de gorille. Ses cheveux blonds, coupés en brosse, semblaient abominablement sales alors qu'il devait être extrêmement facile et rapide de les laver. Il portait l'habituel pantalon d'uniforme gris de l'orphelinat mais un t-shirt marron déchiré sur la manche gauche.
-Oh, je ne t'avais pas vu. C'est quoi ton nom déjà ? Désolé, je ne retiens que ce qui m'intéresse.
Gloss, tel était son nom et Tom le savait parfaitement, se leva brusquement de son lit.
-Tu te crois malin Jedusor ? Fais gaffe à toi, ou tu risques de passer les pires vacances de ta vie.
-Ta seule présence y contribue fortement Gloss.
Tom devait se forcer pour garder sa voix calme. Il mourrait d'envie de lui lancer un sortilège de doloris pour lui fermer son clapet et imposer un peu de respect. Mais il ne pouvait rien faire contre ce sale moldu. Qu'est-ce qu'il pouvait le détester ! Gloss était arrivé à l'orphelinat alors que Tom était encore à Poudlard, en deuxième année. Bien évidemment, les autres pensionnaires lui avaient déjà parlé de ce Tom Jedusor, très étrange et effrayant, et Gloss avait décidé d'en faire son souffre-douleur avant même qu'il ne le rencontre.
Quand il était rentré de Poudlard alors qu'il n'avait que treize ans, Madame Cole lui avait annoncé qu'on lui avait retiré sa chambre individuelle, n'étant plus un pensionnaire permanent. Il avait été alors condamné à vivre dans ce dortoir. A peine avait-il passé le pas de la porte que ce gorille l'attaquait déjà. Tom était devenu le bouc émissaire de son groupe d'amis. Le jeune homme avait été habitué à subir les moqueries de ses camarades pendant toute son enfance, mais cela avait été pire depuis l'arrivée de Gloss. Malgré la peur qui régnait définitivement dans leurs yeux, plus personne ne la montrait. Surtout que Tom ne répliquait plus… Il n'en avait pas le droit s'il voulait continuer à étudier à l'école de magie. Ainsi, tous les pensionnaires se moquaient allégrement de lui et le groupe de Gloss avait tendance à être quelque peu violent. Rien de bien méchant, mais déjà amplement trop. Tom attendait avec impatience ses dix-sept ans. Dès l'été prochain, il pourrait enfin se venger d'eux.
Gloss s'approcha brusquement de Jedusor et l'attrapa par le col de son t-shirt. Il pointa son doigt sur le nez de Tom, les yeux criant de rage. Le mage noir serra la mâchoire et plongea son regard sombre dans les yeux verts de Gloss.
-Je sens qu'on va bien s'amuser ensemble le monstre. C'est pas parce que tu vas dans cette école que t'es au-dessus de nous Jedusor. Crois pas ça. T'es rien.
Il le poussa violemment contre le mur avant de donner un coup de genou dans la valise qui tomba par terre. Celle-ci s'ouvrit en touchant le sol et son contenu se déversa sur le parquet miteux. Un grognement s'échappa de ses lèvres quand Tom heurta les briques. Il ferma les yeux et s'assit sur son matelas. La tête dans ses mains, appuyé sur ses genoux, il luttait pour ravaler sa colère. Comment osait-il ? Gloss attrapa par terre la robe de sorcier étalé sur le sol et la souleva pour la regarder dans toute sa longueur. Le gorille éclata d'un rire moqueur.
-C'est ça qu'on te fait porter dans ton école de tarés ? Pas étonnant que t'y ailles, je me demandais comment quelqu'un comme toi pouvait être admis dans un pensionnant. Ca me fait penser à une tenue d'hôpital psychiatrique. Pas étonnant… C'est ce que tout le monde a toujours dit sur toi. Que t'étais malade, dans tous les sens du terme. Tu vas vraiment une maison de fous ! Tu dois bien t'y fondre.
Il se dirigea vers sa table de nuit, toujours la robe à la main. Gloss attrapa une paire de ciseaux et fit une énorme encoche dans le tissu avant de la déchirer entièrement et de le lancer sur le lit de Tom. Les deux morceaux de robe atterrirent sur sa tête. Jedusor n'en pouvait plus, il n'arrivait plus à se retenir. Comment osait-il faire ça ? Souiller sa robe de sorcier avec ses mains dégoutantes de moldu ? Le sorcier se leva et ne put s'empêcher de se jeter sur Gloss. Il leva son poing et celui-ci s'écrasa sur la joue du blond qui fut propulsé contre le mur. Gloss éclata de rire en tenant sa mâchoire.
-Tu vas me le payer Gloss…, grogna Tom entre ses dents.
-Ben dis donc, il a bien changé le petit Jedusor.
Il éclata de rire avant de quitter la chambre. Tom se précipita sur son matelas et attrapa les deux pans de tissu qui gisaient misérablement dessus. Sa robe de sorcier… L'une des choses auxquelles il tenait le plus au monde… Comment avait-il osé faire ça ? Oh, il allait le payer. Tom était seul dans sa chambre et il décida alors de sortir de sa baguette. Une sensation de plaisir l'envahit quand il sentit sa magie pulser à travers le bout de bois. Il avait le droit d'utiliser sa magie en dehors de l'école depuis que la guerre avait éclaté dans le monde moldu. Il savait qu'il ne pouvait faire de mal à personnes avec sa baguette car le ministère l'apprendrait mais il avait le droit de lancer des sortilèges de protection autour du pensionnat. Il ne l'apprendrait jamais s'il l'utilisait également pour recoudre sa robe de sorcier, non ?
Il hocha doucement la tête, comme pour s'en convaincre lui-même, avant de passer lentement sa baguette au-dessus du tissu. Sans un mot, la robe se répara et se plia toute seule avant de se ranger à nouveau dans la valise. Un léger sourire s'étala sur le visage de Tom. Il aimerait tellement faire plus. Il le pouvait encore.
Il se leva et se dirigea vers la fenêtre après avoir fermé la porte du dortoir à clé et leva les mains.
-Protego maxima. Protego maxima…, récita-t-il plusieurs fois en pointant sa baguette vers l'extérieur.
Il observa un voile dorée entourer progressivement l'orphelinat jusqu'à former une immense bulle autour de celui-ci.
oOo
Tom ouvrit les yeux et s'étira de tout son long en baillant. Il était allongé dans le lit de son dortoir et regardait le vieux plafond miteux, les paupières mi-closes. Cela faisait déjà un mois qu'il croupissait dans ce maudit orphelinat et les journées commençaient à se faire beaucoup trop longues. Il passait des heures à déambuler dans le Londres moldu qu'il ne connaissait que trop bien et à lire encore et encore les deux pauvres livres qu'il possédait. Et bien que très intéressants, Tom les connaissait déjà par cœur et il lui était de plus en plus difficile, voire écœurant, de parcourir une fois de plus leur page. La seule chose qui lui permettait de tenir le coup était le programme qu'il avait prévu. Il attendait avec impatience le jour où il pourrait l'accomplir. Cela serait aujourd'hui. Cela serait bientôt le moment. Bientôt, il pourrait enfin rencontrer sa chère famille, celle qui lui a légué son pouvoir de sorcier.
Un sourire avide déformait son visage alors qu'il se redressa et posa les pieds sur le parquet. Il jeta un coup d'œil au réveil posé sur la table de chevet. 5h30. Tout le dortoir était encore endormi. Ses yeux, pétillant d'un dégoût non dissimulé, balayèrent les trois autres lits. Ses camarades de chambre avait bien tenu leurs promesses. Une journée ne passait pas sans qu'ils n'insultent Tom et Gloss l'avait même frappé à plusieurs reprises alors que Jedusor essayait désespérément de l'ignorer royalement. Sa mâchoire se crispa quand il souleva son t-shirt de pyjama et observa le léger hématome qu'il lui avait donné deux semaines auparavant. Il n'était plus douloureux et avait déjà presque disparu, mais sa rage et sa haine ne faisaient que grandir depuis. Si seulement il pouvait riposter ! Gloss n'oserait même plus le regarder. Enervé par ses pensées, il se leva brusquement, attrapa son uniforme étendu sur une chaise en fer et sortit pour se diriger vers les douches, claquant la porte derrière lui.
Il en sortit vingt minutes plus tard, vêtu des vêtements gris et sinistres que l'orphelinat l'obligeait à porter. Le pantalon, beaucoup trop court, lui arrivait au milieu des mollets. Après tout, Mrs Cole n'avait pas pris la peine de le changer depuis l'année précédente et il avait également pris plusieurs centimètres depuis le début des vacances d'été. Le bâtiment était encore endormi. Plongé dans un profond silence, c'était seulement dans ces moments-là qu'il ne mourrait pas d'envie de le faire exploser.
Il descendit les marches d'escaliers deux par deux pour rejoindre la salle à manger. Un simple panier rempli de petits pains rassis de la veille traînait sur une des tables en bois. Tom en rangea un dans la poche de sa veste et entreprit d'en manger un autre en sortant de la pièce. Normalement, il ne pouvait sortir qu'à partir de huit heures mais personne n'était là pour le voir. De plus, depuis qu'il était rentré Madame Cole faisait tout pour ignorer royalement Tom, en particulier lorsqu'il était victime des railleries et autres insultes de Gloss et son troupeau de singes.
Tom roula les yeux en pensant à ce gorille qui dormait encore paisiblement dans son lit. « Qu'il profite encore de cette vie tranquille… ».
Jedusor sortit alors du bâtiment et atterrit dans la rue encore silencieuse du pensionnat. Le soleil montrait le bout de son nez et un vent frais s'engouffrait dans l'avenue. Tom ferma deux boutons de sa veste et tourna à gauche.
Normalement, cela devait être le grand jour. Il lui restait encore un peu d'argent à récolter et il pourrait acheter un billet de train. Il arriva quelques minutes plus tard devant la Tamise. La boulangerie qu'il visitait tous les jours fumait déjà et Tom y entra par dépit. Il détestait faire ça mais c'était le seul moyen de récolter quelques pièces. Tous les jours, il venait aider le pâtissier en livrant des produits à des clients à domicile. Ce travail était d'une simplicité déconcertante pour Jedusor qui connaissait Londres comme sa poche. Pour quatre heures de travail, il avait le droit à deux scones au chocolat et quatre livres sterling. Ce n'était pas grand-chose mais ainsi, en un mois, il avait réussi à récolter une centaine de livres.
Ainsi, quelques heures plus tard, Tom ressortit de la boulangerie un scone à la bouche, en regardant le contenu de son portefeuille. Le coin de ses lèvres s'étira. « Enfin…. »
Les rues étaient un peu plus remplies que tout à l'heure et la vie reprenait doucement son cours. Tom arriva rapidement à Piccadilly Circus. La rue avait bien changé depuis ses onze ans remarqua-t-il. Bien évidemment, la guerre qui régnait chez les moldus y était pour quelque chose. Quand il était enfant, Tom avait l'habitude de s'y rendre. Là-bas, le propriétaire d'un magasin de bonbons lui en offrait toujours un paquet dès qu'il jouait le numéro du pauvre orphelin. Dorénavant, à son ancien emplacement, il n'y avait qu'un tas de ruines. Jedusor remarqua aussi avec étonnement qu'une épicerie française dans laquelle il avait l'habitude de voler du chocolat et des gâteaux n'était plus là. Sûrement une des conséquences du bombardement d'il y a une semaine. Les bouts de bois étaient encore fumants et la propriétaire de l'épicerie était là, à faire l'inventaire de ce qui pouvait encore être sauvé, c'est-à-dire pas grand-chose.
Encore une fois, Tom se félicita de l'excellent sortilège de protection qu'il avait jeté autour de l'orphelinat, sinon il aurait été mort à coup sûr. Le seul avantage aurait été que Gloss aussi serait mort. Mais cela ne valait pas le coup, il ne pouvait pas mourir. Il ne mourrait jamais. Au bout de quelques minutes à observer la vie à Piccadilly Circus, Tom se décida enfin à se rendre à King's Cross. Il ne savait pas quel était ce sentiment qui l'envahissait un peu plus à chaque fois qu'il faisait un pas. Etait-ce de la peur ? De l'anxiété ? Non. C'était seulement de l'excitation. Voilà, c'était seulement ça. Il avait imaginé tellement de fois le moment où il rencontrerait enfin sa famille… Le temps passait beaucoup trop lentement à son goût.
oOo
Tom descendit du train puis inspira profondément en regardant autour de lui. Le voyage avait été plus long que prévu. Il était déjà dix-huit heures et des nuages gris cachaient le soleil qui commençait déjà lentement à se coucher. Il semblait évident qu'il ne rentrerait pas à l'orphelinat avant le lendemain et si Madame Cole daignait enfin lui accorder un peu d'attention, il écoperait bien évidemment d'une punition sévère. Mais il s'en fichait, cela valait le coup.
Il se tenait dans la gare de Great Hangleton, Little Hangleton étant à un peu moins de dix kilomètres à l'ouest. Il devait se dépêcher de s'y rendre. Sa main se dirigea vers la poche de son pantalon et caressa sa baguette par-dessus le tissu. Devait-il se lancer un sortilège de vitesse ? Il savait que le ministère ne pourrait jamais savoir que c'était lui qui avait lancé un sortilège ici, mais il ne valait mieux pas prendre le risque. Il loua un vélo avec les quelques livres qu'il lui restait et entreprit de se rendre à Little Hangleton. Une fois arrivé là-bas, il faisait très sombre même si, vu l'heure, le soleil aurait encore dû être dans le ciel. Les gros nuages gris prévoyant un orage y étaient pour quelque chose.
-Excusez-moi Monsieur, interpela Tom un vieil homme dans la rue. Je cherche la maison des Gaunt. On m'a dit qu'ils habitaient ici, à Little Hangleton.
-Oh… soupira l'homme. Oui, il habite près de la forêt, à côté de la mairie au bout de l'allée principale. Vous ne pouvez pas la rater, elle est au pied de la vallée. Je ne sais ce que vous voulez à Gaunt mon garçon, mais faites bien attention à vous. Cet homme n'est pas de bonne compagnie…
Tom lui adressa un sourire poli et hocha la tête.
-Merci Monsieur. Ne vous inquiétez pas pour moi, je sais ce que je fais. Passez une bonne soirée.
Tom grimpa à nouveau sur son vélo et traversa à toute vitesse l'avenue principale. Il abandonna la bicyclette au pied de la mairie, vola une vieille lanterne qui permettait d'éclairer la rue et s'approcha de la forêt. Il s'aventura sur un petit chemin rocailleux qui aboucha sur une petite clairière jonchée de ronces et de mauvaises herbes. Enchevêtrée dans une végétation luxuriante, on pouvait à peine distinguer la maisonnette qui semblait incroyablement sale. Jedusor grimaça. Jamais il n'avait vu d'endroit aussi dégoûtant. Les murs en bois étaient recouverts de moisissures et le toit n'avait presque aucune tuile. La petite terrasse croûlait sous un amoncellement de déchets alimentaires et de boue. Tom écarquilla les yeux en voyant un serpent cloué à la porte du taudis. Sa famille habitait-elle vraiment ici ? Ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas être lié à de telles personnes ! Des descendants de Salazar Serpentard ne pouvaient pas traiter des reptiles de cette façon ! Il devait en avoir le cœur net.
Tom s'approcha et toqua à la porte qui s'ouvrit de suite dans un grincement sinistre. Il grimaça en parcourant l'intérieur de la maison du regard. Les meubles croulaient sous une épaisseur impressionnante de poussière et d'objets répugnants. Des centaines de toiles d'araignées recouvraient le plafond. Jedusor finit par poser sa lanterne par terre et ses yeux sur un homme à l'aspect pitoyable affalé sur un fauteuil. Ses cheveux et sa barbe étaient si longs, sales et emmêlés qu'il était presque impossible de distinguer ses yeux au strabisme divergent. Trois pauvres dents se battaient en duel dans sa bouche aux gencives presque noires. Malgré sa barbe, l'homme semblait beaucoup trop jeune pour être le grand-père de Tom. L'homme se leva d'un pas titubant et s'approcha difficilement de Jedusor qui ne cacha pas un rictus de dégout.
-TOI !, hurla-t-il. TOI !
L'homme attrapa un couteau et sa baguette sur le fauteuil et se précipita sur Tom qui fit un pas sur le côté pour l'éviter.
-Arrêtez, ordonna-t-il en fourchelang d'un ton parfaitement calme.
L'homme trébucha sur une bouteille vide mais se rattrapa sur le mur. Il releva la tête et regarda Tom d'un air suspicieux.
-Tu le parles ?, demanda-t-il.
-Oui, je le parle.
Tom se demanda une fraction de seconde s'il devait continuer à parler à cet immonde personnage. Le sorcier n'arriverait pas à croire que cet homme faisait partie de sa famille, était lui aussi le descendant de Salazar. Il n'en avait pas la carrure, il était pitoyable ! Néanmoins, il devait en être sûr à cent pour cent. Il devait retrouver son grand-père.
-Où est Elvis ?, demanda Tom, toujours dans ce sifflement étrange.
-Mort. Ça fait des années.
C'était bien ce qu'il pensait. Mais dans ce cas, qui était cet homme ? Tom fronça les sourcils.
-Qui êtes-vous dans ce cas ?, questionna-t-il.
-Je suis Morfin.
Il avait déjà vu ce nom quelque part.
-Son fils ?
-Bien sûr, c'est moi…
Son oncle ? Cet homme, immonde, laid, dégoûtant, était le frère de sa mère. Morfin dégagea une mèche de cheveux de son visage et observa Tom. Il renifla.
-Je croyais que tu étais ce moldu, susurra Morfin. Tu lui ressembles tellement.
Jedusor plissa les yeux. Pourquoi lui parlait-il d'un moldu ? « Non… Ce n'est pas possible… Ça ne peut pas être lui… »
-Quel moldu ?, demanda-t-il brusquement.
-Ce moldu pour qui ma sœur avait le béguin, le moldu qui habite dans la grande maison, de l'autre côté de la route.
Il cracha soudainement par terre, devant les pieds de Jedusor. Celui-ci esquissa un mouvement pour attraper sa baguette mais se ravisa quand Morfin reprit la parole.
-Tu as la même tête que lui. Jedusor, il s'appelle.
« Non… »
-Mais il est plus vieux que ça, non ? Plus vieux que toi, maintenant que j'y pense.
Morfin vacilla, tomba sur le côté mais se rattrapa au dernier moment sur le coin d'une table recouverte de casseroles rouillées et crasseuses.
-Il est revenu, ajouta Gaunt d'un air absent.
Le regard de Tom restait fixé sur Morfin mais en réalité, il ne lui prêtait guère attention. Jamais il ne s'était attendu à cette éventualité, à celle de voir son père. Voulait-il le faire ? Voulait-il voir l'homme qui l'avait abandonné avant même qu'il soit né ? En avait-il envie et si oui, pour quelle raison ? Le tuer… Oui c'était sûrement ça. Il voulait voir ce Jedusor, son géniteur, celui qui lui avait légué ce nom immonde, ce prénom si banal. La mâchoire de Tom se crispa. Dans ses veines coulait le sang de cet individu dégoûtant, de ce sale moldu, lâche et arrogant. Pire que tous les autres qu'il ait pu rencontrer. Pire que Gloss !
-Jedusor est revenu ?, reprit Tom après un silence pesant.
-Bah, il l'a laissée tomber, ça lui apprendra à avoir épousé cette saleté !
Il cracha à nouveau.
-En plus, elle nous a volés avant de décamper ! Où est le médaillon, hein ? Il est où, le médaillon de Serpentard ?
« Un médaillon ? A serpentard ? Je le veux. Il est à moi. » Morfin brandit son couteau à la lame rouillée et tachetée de sang coagulé.
-Elle nous a déshonorés, la petite trainée ! Et toi, d'abord, qui tu es pour entrer ici et poser des questions sur tout ça ? C'est fini, pas vrai ? C'est fini…
Tom fit un pas vers Morfin sans se contrôler. Lui-même ne savait pas ce qu'il allait faire. Gaunt eut un brusque mouvement de recul et tituba en arrière avant de tomber lourdement au sol. Sa baguette lui échappa des mains et roula sur le parquet crasseux. Tom s'en saisit et se pencha au-dessus de lui, une grimace de dégoût et de colère déformant son élégant et beau visage.
-Moi ? Je suis le fils de la petite trainée et du moldu, susurra-t-il, toujours en fourchelang.. Je viens récupérer mon héritage. Où est le médaillon ?
C'était la première fois qu'il admettait son héritage à voix haute, autre que celui de Serpentard. Ces mots avait été incroyablement difficiles à prononcer, tant ils tachaient Tom Jedusor. Morfin écarquilla les yeux et tendit une main pour essayer d'étrangler Tom. Celui-ci l'écarta nonchalamment et se redressa avant de faire les cent pas. Gaunt prit enfin la parole.
-Quoi ?! Toi ! Etre infâme, au sang sale et dégoûtant ! Tu ne mérites même pas de lécher la boue de mes chaussures. Tu contamines mon sang et cette maison rien qu'en te tenant devant moi ! Et en plus tu parles fourchelang ! Comment oses-tu te promener ainsi en souillant le pouvoir du grand Salazar Serpentard ?! Tu es encore pire que cette sale trainée de cracmole de Merope, le pire déshonneur de cette famille ! Tu n'es pas digne d'exister ! Espèce de…
-Stupefix, souffla Tom.
Le sortilège fusa du bout de la baguette de Morfin et s'écrasa sur lui. Il se tut instantanément et se figea, les yeux grands ouverts. Quel était ce pincement dans sa poitrine ? Pourquoi avait-il été affecté par les insultes de cet homme ? Non, ce n'était que de la colère. Rien que ça. Gaunt ne méritait même pas que Tom lui ait adressé la parole. Le jeune homme ferma les yeux. Que faire maintenant ?
oOo
-Hermione ! Il est parti.
Quelqu'un toquait rapidement et bruyamment à la porte de sa chambre. Hermione ouvrit les yeux et se précipita à la porte pour l'ouvrir. Sirius se tenait devant elle, la respiration haletante, vêtu d'une robe de sorcier marron typique des années quarante. Pourquoi était-il déjà habillé ? Il faisait à peine jour. Quelle heure était-il ?
-Sirius ? Que se passe-t-il ?, questionna la jeune fille, encore à moitié endormie. Il est encore allé à sa boulangerie, rien de plus.
-Aussi tôt ? Il prépare un mauvais coup.
-Comment peux-tu le savoir ? Je suis fatiguée…
-Hermione… Je le sais très bien mais il ne faut pas le quitter des yeux. Et si justement, aujourd'hui, il faisait autre chose ?
-Oui, tu as raison. Je vais me préparer.
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Tom hésita quelques instants mais finit par frapper à la porte du manoir. Une lumière s'alluma derrière la fenêtre voisine et la porte s'ouvrit. Une jeune femme, peut-être d'une trentaine d'années, portant un uniforme de gouvernante apparut. Elle souriait poliment.
-Bonsoir, que puis-je faire pour vous ? Oh ! Monsieur Jedusor, je ne vous avais pas reconnu dans le noir. Que faites-vous donc dehors et pourquoi avoir toqué ? Avez-vous encore oublié vos clés ? Le diner est prêt, vos parents vous attendent dans la salle à manger.
-Je ne suis pas Monsieur Jedusor, siffla Tom.
-Oh… Je vois. Vous lui ressemblez drôlement.
Tom plissa des yeux.
-Je suis ici pour le voir. Laissez-moi entrer, ordonna-t-il.
-Je ne suis pas sûre que vous ayez le droit d'être ici Monsieur. Mais vous pouvez prendre rendez-vous avec lui.
-Non, je veux le voir de suite.
Il bouscula la jeune femme et n'attendit pas pour entrer. Toujours l'air sûr de lui, il se dirigea d'un pas déterminé vers la porte à sa gauche et débarqua dans une pièce immense. Moulures au plafond, pierres apparentes aux murs, magnifiques parquets, une immense table en chêne garnie de plats variés et délicieux, la salle à manger était d'une beauté époustouflante. Les propriétaires du manoir devaient être immensément riches. Tom aurait dû être immensément riche. Sa main se crispa autour de la baguette de Morfin, toujours dans la poche de sa veste. Deux vieillards, un homme et une femme, était assis. L'homme était sur le point de porter un verre de vin blanc à sa bouche quand il remarqua Tom. Il écarquilla les yeux et son visage se teinta immédiatement de rouge. Tom leva fièrement la tête.
-Toi !, grogna le vieillard. Toi ! Non ! Qu'es-tu venu faire ici ?! Tu viens souiller le nom de notre grande famille ?!
Qu'avaient-ils tous avec ça ce soir ? Il grimaça.
-Qu'est-ce que tu veux ? Tu n'obtiendras rien de nous ! Vas-t'en avant que je n'appelle la police !
La veille dame restait silencieuse mais ses yeux lançaient des éclairs en direction de Tom.
-Moi, Thomas Jedusor, n'autoriserais, jamais un bâtard dans ton genre à entrer dans notre famille ! Tu n'es rien pour nous !
-Père ? Qu'est-ce ?, retentit une voix parfaitement pompeuse.
Un autre homme, encore dans la jeunesse de l'âge, fit son apparition. Tom écarquilla les yeux. C'était son portrait craché, avec des cheveux poivre-et-sel et quelques ridules aux coins des yeux. Il fronça les sourcils en apercevant Tom. Celui-ci déglutit et ne put s'empêcher de baisser les yeux par réflexe. C'était son père.
-Qui es-tu ?, demanda Tom Senior.
Le jeune sorcier releva à nouveau la tête, un rictus au visage.
-Tu sais très bien qui je suis, père.
Il avait craché ce dernier mot avec haine, comme si le simple fait de prononcer ce mot lui demander un effort insurmontable, comme si cela le dégoutait au plus haut point.
-Ne m'appelle pas comme ça !, ordonna Tom Senior. Je ne suis pas ton père. Tu n'es rien à mes yeux. Ta mère n'était qu'une sale trainée qui m'a ensorcelé avec ses pouvoirs de démons. Je ne te dois rien du tout.
-Je n'attends rien de quelqu'un comme toi, grogna Tom.
-Alors qu'es-tu venu faire ici ?
« Qu'est-ce que je suis venu faire ici ? »
-Sors de cette maison avant que je ne…
-Ça suffit !, interrompit Thomas en tournant son attention vers son fils. C'est à cause de toi que notre famille subit le déshonneur d'un bâtard pourrissant notre nom. C'est toi qui lui as donné ce fils. C'est à toi de réarranger les choses. Je ne veux plus jamais le revoir. (Il pointa Tom du doigt.) Mais tu ne lui donneras pas le moindre sous. Débrouille-toi comme tu veux mais qu'il ne revienne plus jamais ! J'aurais dû te déshériter dès que tu es parti avec cette souillon.
Il quitta alors la pièce, sa femme et son fils sur ses talons. Tom se contenta de les suivre, sans savoir que dire. C'était la première qu'il se retrouvait muet face à quelqu'un. Il ne savait pas quoi dire quoi faire… Il avait mal à la poitrine. Il grimaça. C'était de la colère et de la haine. Il ne connaissait que ça. Jedusor ne tenait plus. Il sortit la baguette de Morfin de sa poche et la pointa vers Thomas. Celui-ci éclata de rire.
-Que comptes-tu me faire avec ça ? Tu es aussi fou que ta mère.
-Avada Kedavra.
Il écarquilla les yeux devant ce qu'il venait de faire. Un éclair vert jaillit de sa baguette et fonça droit sur Thomas Jedusor qui tomba en arrière, raide mort. La vieille dame hurla de douleur, Tom Senior de haine. Le sorcier sourit et pointa la baguette vers la femme. Il n'en pouvait plus de ces cris. Encore ces deux mots, ces deux mots pleins de haine, de rage et de désespoir s'échappèrent de ses lèvres et elle mourut elle-aussi.
Tom laissa mollement tomber son bras et fixa ses pieds avec intensité. Il n'avait pas réussi à se contenir. Il aurait peut-être dû ? Il n'avait jamais réalisé ce que cela ferait de tuer quelqu'un de ses propres mains. Il avait failli le faire avec Mimi Warren mais ce n'était pas arrivé. Là, il avait ôté la vie de son propre gré, de sa propre magie. Il ne pouvait plus revenir en arrière.
-Qu'as-tu fait ? Qu'as-tu fait ?!, rugit Tom Senior en se jetant vers son fils.
Il l'attrapa par la gorge et se mit à serrer le plus possible. Son visage était déformé par la rage. Le sorcier écarquilla les yeux mais le reste de ses traits restaient étrangement parfaitement détendus alors que l'air commençait à manquer. Toujours aussi sûr de lui, il agita sa baguette et son père fut propulsé en arrière. Il atterrit lourdement sur la moquette du salon, devant la cheminée.
-Je n'ai fait que ce qu'il mérite, et tu vas bientôt les rejoindre père, murmura Tom. Tu ne me mérites pas. Avada Kedavra.
-NON !, retentit un cri strident.
Tom tourna brusquement la tête vers la fenêtre. Il s'y précipita et regarda dehors. Personne. Qu'était-ce ? Il fronça les sourcils en se retournant vers les trois cadavres devant lui. Finalement, il ne ressentait absolument rien. Pas de tristesse mais pas de joie non plus. Rien du tout. Il expira fortement par la bouche et leva alors sa propre baguette en l'air.
-Accio argent.
Quelques secondes après, une sacoche vola vers lui à travers le salon et atterrit dans sa main. Elle était pleine de billets et de pièces. Il devait presque y avoir un millier de livres dedans. Il ne méritait pas moins.
Le lendemain, Tom n'arriva à l'orphelinat que vers midi. Il était retourné chez Morfin après l'assassinat de son père et de ses grands-parents et avait modifié sa mémoire pour faire croire à son meurtre. Le garçon lui avait également volé une bague et lui avait rendu sa baguette.
Madame Cole semblait presque déçu de revoir Tom débarqué. Il l'était aussi. Il y retournait seulement pour ne pas avoir à dormir dans la rue. La femme n'avait même pas pris la peine de crier sur lui pour sa « fugue » mais l'avait consigné deux semaines dans sa chambre. Il ne pouvait en sortir que deux heures par jour et pour les repas. A vrai dire, cela n'était pas plus mal. Il aurait moins à subir Gloss et son troupeau de singes, ceux-ci passant le plus clair de leurs temps dehors. Ces deux semaines terminées, il ne prit même pas le temps de changer ses habitudes, ne sortant qu'une seule fois pour aller faire des emplettes sur le chemin de traverse, une fois sa liste de fourniture et sa bourse scolaire reçu. Il n'avait jamais passé d'aussi bonnes vacances d'été, ce qui, en soit, n'était pas bien compliqué.
oOo
-NON !, cria Hermione.
Elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle avait espéré, vainement et naïvement, que Tom ne tue pas son père. Il avait déjà tué ses grands-parents mais il y avait encore un léger espoir. Mais non. Il avait à nouveau levé sa baguette et l'éclair vert s'en était échappé avant de percuter Tom Senior. Trois corps sans vie étaient dorénavant allongés sur le sol du salon du Manoir des Jedusor. Des coquilles vides, la fin d'un espoir naïf qu'elle avait eu. Tout était terminé, non ? Il avait tué.
Elle écarquilla les yeux et recula précipitamment quand elle vit le jeune homme se diriger vers la fenêtre. Elle n'aurait pas dû crier, que faire maintenant ? Un chien énorme se jeta sur elle avant de se changer en Sirius. Celui-ci posa sa main sur l'épaule d'Hermione et elle se sentit emportée dans la pression habituelle du transplanage. Ils réapparurent dans une rue londonienne que la jeune fille ne connaissait que trop bien. Le square Grimmault.
Et voilààààà ! Alors, qu'en avez-vous pensé ? Et oui, Hermione a beau avoir réussi à sauver Mimi Warren, elle ne pouvait pas tout réussir... Tom tombe peu à peu dans la noirceur... Arrivera-t-elle à le sauver ? La réponse dans les prochains épisodes, eheh.
A vos claviers, j'aimerai beaucoup avoir des avis là dessus ! La scène avec ses grands parents vous a-t-elle paru réaliste/probable ? J'ai adoré écrire ce chapitre en tout cas et j'espère que vous avez adoré le lire !
Au prochain épisode : la rentrée scolaire et Hermione découvre le nouveau Tom, une conversation assez personnelle entre Sirius et Hermione.
A la prochaine !
Lacey Oke
