Coucou tout le monde !
Et non je ne vous ai pas oublié, je suis simplement partie en vacances pendant un mois dans un endroit sans internet, et après c'était la course à la rentrée et donc je n'ai pas eu le temps de poster... Les vacances d'été, surtout aout, c'est souvent une période difficile de postage pour les auteurs j'ai l'impression xD
Bref' voilà donc enfin le chapitre 13, où la "romance" (si on peut appeler ça comme ça) commence ;) . je suis ravie de voir toutes les réactions du chapitre précédent ! Merci beaucoup pour tout ça !
Voici donc les réponses :
luffynette : merci comme d'habitude de tes reviews, lecture et compliments ! :D
Azest : Merci beaucoup pour cette review bien détaillée ! :D En ce qui concerne la scène, c'était fait exprès de le faire sous le pdv de Tom uniquement, afin qu'on ne ressente nous même que de la haine envers eux, et peut-être qu'on prenne un peu pitié de lui... Après c'est vrai que cela aurait pu être sympa. Quant au retour du père, je dois avouer que j'avais eu une idée de faire un OS sur ça ahah En tout cas j'espère que la suite va te plaire et au plaisir de ravoir ton avis !
Patacitrouille : merci ! J'espère que la suite te plaira.
La Hyne : Wow ! Me comparer à Boules de cristal et feuilles de thé et dire qu'elle est mieux c'est beaucoup trop :p Car cette fanfiction est également une de mes révélations, celle qui m'a réconcilié avec les Tomiones :p (que j'adorais déjà mais j'avais fini par être dégoutée par toutes les fictions gnagnan). En tout cas merci, c'est un ééééééééééééénorme compliment pour moi ! J'espère que la suite te plaira, ainsi que la discussion avec Sirius ;)
Tipheen : Voici la suite ;)
Hayden. E : Merci beaucoup ! Et oui, Janus je l'aime eheh. D'ailleurs, il va bientôt réapparaitre ! Et oui en effet c'est moi sur hpff. Je n'ai pas le même pseudo car je n'ai pas fait les deux comptes au même endroit et j'ai changé de pseudo entre temps :)
Les vacances touchaient enfin à leur fin, et Hermione traversait lentement le mur de la voix 9 ¾ avec appréhension. Elle avait peur de ce qu'elle trouverait derrière, et surtout de qui. Depuis qu'il avait tué ses parents, Sirius et elle, désespérés, n'avaient plus pris la peine d'essayer de le surveiller.
Désemparée, Hermione avait passé le reste de ses vacances dans sa chambre du Chaudron Baveur, à se maudire d'avoir été aussi faible, aussi peu méthodique, aussi imprudente. Si seulement elle s'était un peu plus impliquée dans sa mission… Elle ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir, de se dire qu'elle aurait pu faire plus. Sirius ne faisait que lui rappeler que ce n'était pas sa faute, que si cela avait été écrit, rien n'aurait pu l'en empêcher de commettre ces meurtres. L'homme semblait presque rassuré à vrai dire… Pour lui, c'était une preuve que jamais Voldemort n'aurait pu être changé. Même si l'animagus avait essayé l'année précédente de prendre sur lui, Hermione voyait bien qu'il n'avait pas vraiment envie de « sauver » Tom, il aurait voulu le tuer. Et la jeune fille ne pouvait pas lui en vouloir, n'arrivait pas en lui en vouloir. Il avait raison… Elle commençait elle aussi à en douter… Peut-être ne méritait-il pas d'être sauvé ?
Ainsi, elle ne savait même plus à quoi s'attendre. Comment était-il ? Commençait-il déjà à perdre son semblant d'humanité ? Avait-il toujours ces traits si fins, aristocratiques comme l'étaient ceux de son père ? Et la regarderait-il toujours avec ces yeux si obscurs et pénétrants ? Etait-il toujours ce jeune homme sombre, mais toujours humain, ou commençait-il déjà à se transformer en cet immonde serpent ? Elle scruta le quai des yeux, cherchant désespérément à croiser son regard. Finalement, elle ne le vit pas mais retrouva rapidement Filius, Sasha et Isaac qui l'attendaient à l'entrée du train. Elle les salua chaleureusement et ils s'empressèrent de rentrer dans le Poudlard Express. Ils ne trouvèrent qu'une seule cabine de libre, tout au bout du dernier wagon.
-Alors, comment se sont passés vos vacances ?, commença Filius quand tout le monde fut installé. Rien de spécial pour moi. Pas plus que ce que je vous ai dit que j'allais faire. J'ai déjà commencé à m'avancer sur le programme de métamorphose des ASPICs. Je crois qu'il y autant de pages que nos trois premières années réunies.
-Tu ne penses vraiment qu'à ça Filius ! Travailler, tout le temps. Tu peux pas profiter tranquillement de tes vacances, comme tout le monde ?
-Ne me fais pas croire que tu n'as rien fait…
-Bon… C'est vrai. Peut-être que j'ai feuilleté le manuel d'astronomie et de botanique. Mais pas plus ! A vrai dire, je n'ai pas eu le temps de faire plus. Je ne me suis pas arrêté une seconde. Je crois que je suis encore plus fatigué qu'avant les vacances. Et toi…
Il ne termina pas sa phrase car la porte de la cabine s'ouvrit sur personne d'autre que le grand et arrogant Tom Jedusor. Et « grand » était dorénavant un adjectif qui le qualifiait à la perfection. Il avait pris une bonne dizaine de centimètres pendant les vacances, et il dépassait maintenant largement Isaac, et même Avery et Lestrange qui entrèrent à sa suite. Elle prit alors le temps de l'observer avec attention, ne pouvant s'empêcher de prier le ciel pour que rien n'eût changé. Elle retint un soupir de soulagement quand elle remarqua qu'il était toujours le même. Surtout ses yeux. Il avait tué, il s'était transformé en monstre, mais ses prunelles étaient identiques. Pourtant, on disait bien que les yeux étaient le miroir de l'âme, non ? Ils auraient dû être différents. Mais non, leur couleur était toujours la même, d'un marron si sombre qu'on aurait pu croire à de l'ébène. Ils n'étaient pas plus foncés, pas plus rouges, pas plus cruels. « Pas encore…. »
-Ce n'est pas que nous apprécions particulièrement votre compagnie, commença Lestrange d'un ton désinvolte. Mais aucun autre wagon n'est libre.
Les trois garçons s'assirent sans parler et Tom ne prit même pas la peine de s'excuser quand qu'il jeta par terre le sac à dos d'Isaac pour installer ses pieds sur la banquette de manière nonchalante. D'ailleurs, Scamander fulminait, voyait rouge.
-Oh, c'était à toi ? Excuse-moi, ironisa Tom sans prendre la peine de ramasser le sac.
Plus personne ne parlait et Hermione jetait parfois des regards furtifs vers ses camarades alors qu'elle observait Tom. Evidemment, elle n'avait pas tardé à le revoir. Elle l'observa sortir La Gazette du Sorcier de sa valise et remarqua une grosse bague particulièrement laide à son doigt. Il ne l'avait pas avant de tuer ses parents… Elle devait venir de là, ou peut-être de Gaunt. Quoi qu'il en soit, c'était un souvenir de ses meurtres. C'était particulièrement morbide…
-Eh bien, je vous en prie, ne vous sentez surtout pas obligés d'arrêter de parler juste parce que je suis là, encouragea Tom sans lever les yeux de son journal.
Personne ne répondit, et Hermione se contenta de regarder par la fenêtre. Soudain, le train s'ébranla et commença enfin à faire route. La gare défila sous ses yeux avant de disparaître à l'horizon. La jeune fille déglutit et jeta sa tête en arrière avant de fermer les paupières. L'ambiance était particulièrement pesante. C'était bien le but de Jedusor… Elle savait qu'il n'était pas là par hasard. Il devait bien y avoir d'autres wagons assez vides pour accueillir les trois garçons.
Ce fut la voix d'Isaac qui rompit enfin le silence.
-Qu'est-ce que tu fais ici Jedusor ?
-Je vais à Poudlard Scamander, comme tout le monde dans ce train, gloussa-t-il avec une pointe d'arrogance.
-Alors que tu n'aurais jamais dû y retourner, marmonna Isaac.
-Que veux-tu dire par là ?
-C'est toi qui a lâché le basilic dans l'école ! J'en suis sûr !
-Tss, tss, ne revenons pas là-dessus Scamander. C'était Malfoy, il a été arrêté et ces malheureux incidents ne se dérouleront plus jamais. C'est tout ce qui compte, non ?
Isaac ne répondit pas et lui lança un regard meurtrier, auquel Jedusor se contenta de répondre d'un sourire narquois. Il ouvrit à nouveau son journal et se plongea dans une lecture qui semblait véritablement passionnante, si bien qu'il ne releva les yeux qu'une demi-heure après.
-Et bien, on dirait bien que ce Grindelwald aime faire parler de lui, lâcha-t-il brusquement refermant le journal, troublant à nouveau le silence de mort qui régnait dans la cabine.
Hermione plissa des yeux. Que se passait-il encore ? Qu'avait fait Grindelwald de plus que d'habitude pour mériter à nouveau d'apparaitre dans le journal ? Elle espérait que rien de grave n'était arrivé, car Dumbledore ne l'arrêterait que deux ans plus tard. De plus, elle savait que les théories du temps étaient bien nébuleuses mais que l'une des moins discutées car semblant avérée était celle de l'effet papillon. Et d'après celui-ci, la moindre action à petite échelle pouvait avoir de grandes et graves conséquences. Ainsi, elle craignait que ses actions eussent amené Grindelwald à frapper plus fort, même si elle n'avait jamais interagi avec lui. En effet, sa quête était de préserver le monde d'une future guerre, et surtout pas d'en créer une autre.
-Ça t'intéresse Jones ? Tiens, proposa-t-il en lui tendant la gazette.
Les doigts tremblants, la jeune fille s'en saisit lentement et ses yeux le parcoururent rapidement.
« Nouvelles attaques meurtrières à Manchester », par Owle McKenney
L'armée de Grindelwald gagne du terrain de jour en jour et sa destination ultime, qui semblait se dessiner peu à peu, est désormais bien plus flou. Après Londres, Worcester et Stafford, c'est Manchester qui a fait office de la pièce de théâtre macabre présentée par le mage noir et ses sous-fifres.
C'est un massacre qui s'est produit en cette fin d'aout qui s'annonçait particulièrement agréable pour les habitants du quartier sorcier de Manchester. L'armée de Grindelwald a profité de la guerre qui règne actuellement chez les moldus pour s'infiltrer dans le village, se faisant passer pour des soldats moldus britanniques arrivant en renfort pour ravitailler les habitants. A peine arrivés, ils se sont dirigés vers le quartier sorcier pour tuer toutes les personnes croisant leur route, ne faisant aucune distinction entre sang pur, sang mêlé et né-moldus.
Une guerre féroce s'est entretenue toute la journée, les camps de Manchester ayant été rapidement renforcés par l'arrivée des aurors de la vingtième division. Malheureusement, cette bataille s'est soldée par une victoire de Grindelwald qui est reparti sans demander son dû, laissant derrière lui presque un millier de morts, dont seulement une centaine appartenant à son propre camp. Les pertes, autant humaines et matérielles, s'alourdissent de plus en plus.
Cette façon d'agir est en contradiction avec ses précédent agissements, Grindelwald ayant l'habitude de tuer les nés-moldus et ceux les protégeant en premier. La brigade d'aurors et de criminologie magique est en plein émoi à la suite de cette malheureuse bataille, qui est déjà inscrite dans les annales comme la Bataille de Manchester, car elle marque la fin de la compréhension de Grindelwald et son armée. Désormais, toutes les théories quant au pourquoi de ses agissements sont écartées, et aucune autre n'a encore été corroborée. Il semble donc maintenant impossible de prédire ses prochains agissements.
Néanmoins, ses déplacements semblent le diriger vers l'Ecosse, terre de Poudlard, l'école de sorcellerie mondialement connue et actuellement dirigée par Armando Dippet. Nous ne savons pas encore ce qu'il compte y faire, lui-même n'y ayant jamais mis les pieds, ayant fait toute sa scolarité à Dumstrang. Que compte-t-il y faire ? En attendant confirmation et pour ne pas perturber le bon fonctionnement de l'école, des brigades d'aurors, médicomages et oubliators seront placées tout le long de la frontière pour se préparer à de futures batailles. Les protections magiques autour du château ont été largement renforcées et un réseau de cheminette sera également mis en place entre Poudlard et le ministère pour une arrivée immédiate d'aurors en cas d'attaque.
Encore une fois, en ce jour de rentrée scolaire, Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, directeur adjoint, professeur de métamorphose et directeur de la maison de Gryffondor, demande aux parents de ne pas s'inquiéter et de ne surtout pas ramener leurs enfants chez eux. Poudlard reste encore l'endroit le plus impénétrable du Royaume-Uni, juste après Gringotts. « Le but de Grindelwald est de perturber notre vie quotidienne et il y sera arrivé si l'école venait à fermer à cause d'un trop peu d'élèves. Ils seront plus en sécurité à Poudlard que chez eux. Pour faciliter la communication entre parents et élèves, chaque cheminée des salles communes seront raccordées à celles des parents pour que seule une communication orale soit possible. » a-t-il affirmé lors d'une interview réalisée seulement quelques minutes après la fin de la Bataille de Manchester.
Hermione replia le journal en soupirant. Il faudrait encore quelques années à Dumbledore pour le battre. Peut-être épargnerait-elle bien des souffrances à la population sorcière si elle poussait le professeur de métamorphose à attaquer plus vite ? « Non… Je ne suis pas là pour ça. »
Le trajet fut particulièrement silencieux, troublé seulement par le bruissement des pages, le clapotis de la pluie britannique puis écossaise et le chariot de sucrerie qui passait à heures régulières. Arrivée à la gare de Pré-au-lard, la jeune fille se dépêcha de descendre, voulant s'éloigner le plus rapidement possible de Jedusor.
La cérémonie de répartition se déroula sans encombre et Hermione monta rapidement dans son dortoir, épuisée. Demain serait le début d'une troisième nouvelle vie, avec, encore une fois, de nouveaux camarades. Elle serait à nouveau en sixième année, elle reprendrait à nouveau les cours du premier semestre, devrait se montrer encore plus forte… Car être en sixième année signifiait être dans la promotion que Voldemort et tous ses petits « copains », être plus souvent avec eux, donc devoir mieux se protéger, être plus attentive et ne pas tomber dans de stupides pièges. La jeune fille mit du temps à s'endormir malgré la fatigue, trop occupée à ressasser ses pensées et ses souvenirs de Jedusor… Elle avait tellement cru qu'elle aurait pu le changer… Maintenant, cet espoir mourrait d'heures en heures.
Elle se réveilla rapidement à peine trente minutes plus tard, en sueur, la respiration saccadée, le cœur battant à toute vitesse dans sa poitrine. Elle venait à nouveau de faire cauchemars. Ceci hantait ses nuits depuis que Jedusor avait tué ses parents…
oOo
Le premier cours de l'année s'avérait être celui défense contre les forces du mal, et Hermione paniquait à l'idée qu'il fût en commun avec les Serpentard. Elle ne s'était pas encore complètement habituée au fait que le futur Voldemort déambulait à sa guise dans l'école, et voilà qu'elle se retrouvait dans les mêmes cours que lui. Elle soupira de dépit en entrant dans la salle de classe. Celle-ci était légèrement différente par rapport à l'année d'avant. Les murs avaient été repeints et les chaises et bureaux polis et cirés. La disposition habituelle en U avait été remplacée par des tables de deux en rangées et colonnes.
Même si elle n'était pas en retard, tous les élèves étaient déjà présents. Elle déglutit, de peur, ne connaissant personne à part le professeur Têtenjoy, déjà présent, qui la regardait avec un grand sourire d'encouragement. Elle devait croire que son malaise était dû au fait qu'elle avait un an de plus que tout le monde et que redoubler était une première à Poudlard, mais ce n'était que des formalités pour Hermione. Non, Tom était là, devant, et comme par hasard, la seule place libre était à côté de lui. La jeune fille fut alors contrainte de le rejoindre et tomba lourdement sur sa chaise, bien décidée à ne pas lui adresser ne serait-ce qu'un regard de tout le cours. Elle ne pouvait pas supporter de le regarder, lui et ses yeux encore si humain, lui et son visage impassible, lui et son affreuse bague. Cela lui rappelait trop son échec.
-Bien ! Bonjour à tous et bienvenue pour cette nouvelle année qui s'annonce riche en émotions et apprentissages !, s'exclama le professeur. Si vous êtes ici, c'est que vous avez eu votre buse avec Effort Exceptionnel ou Optimal, et je vous en félicite. Les choses sérieuses vont enfin commencer. Jusqu'à présent, nous avions surtout abordé la théorie des forces du mal, en dehors de quelques sortilèges et les classes de duel. Mais tout ça était un jeu d'enfant. Savoir désarmer, ou stupéfixier quelqu'un vous sera en réalité bien inutile en combat contre un mage noir ou pour vous protéger face à des créatures magiques. Enfin… parfois si, si vous savez comme les utiliser. Et pour les utiliser correctement, il faut maîtriser les sortilèges informulés. Ils seront travaillés dans chaque matière, que ce soit en sortilèges, défense contre les forces du mal, métamorphose, et même botanique et potions ! Tout cela pour que vous les maîtrisiez à la perfection à la fin de votre année scolaire. Mais nous n'allons pas de suite commencer par ça, car c'est au rôle du professeur Aquila de vous apprendre les bases. Pour commencer notre nouvelle aventure au pays des forces du mal, nous initierons cette année par l'enseignement de nouvelles formules de protection. Celles-ci, beaucoup plus puissantes, rendront votre protego habituel bien pâle à côté.
Têtenjoy commença alors son récit sur l'histoire de la création des différentes formules de protection et lesquelles ils allaient devoir apprendre. Finalement, elle s'attarda un peu plus sur un sortilège spécial qui avait la particularité de former un mur opaque, rendant ainsi les sorciers invisibles à l'ennemi. Hermione se dit que cela ressemblait fortement à un mélange d'un simple protego et de poudre d'obscurité instantanée du Pérou. Après une démonstration du professeur, ce fut aux élèves d'essayer. La jeune fille se leva sans prêter attention à Tom et lança le sortilège avec une facilité qui l'impressionna elle-même. Elle réussit du deuxième coup et, satisfaite, revint s'asseoir à côté du jeune homme qui n'avait même pas pris la peine de se lever pour s'entraîner. Evidemment, il avait réussi du premier coup ! Il tenait sa baguette entre ses longs doigts fins et faisait virevolter autour de lui un filet de nuage noir censé composer le mur de protection. Il le maîtrisait à la perfection, pouvant même le manier en une forme précise.
-Tu m'impressionnes…, chuchota-t-il.
Qu'avait-il à lui parler ? Elle ne voulait pas entendre sa voix. Il avait l'air comme avant… Mais il ne l'était pas. Il avait changé. Son apparence si humaine lui rappelait trop son échec. Hermione devait lutter pour ne pas pleurer. Non… Il valait mieux parler. Se disputer, s'énerver, évacuer son trop plein d'émotions de cette façon, quitte à le provoquer. C'était ce qu'elle faisait de mieux… Pourtant, ce n'était pas dans ses plans. Que faire ?
-Pourquoi ? Tu ne me pensais pas capable d'y arriver, aussi facilement et rapidement ?
-Oh non, je savais que tu y arriverais. J'ai largement fini de te sous-estimer. Tu ne manques pas d'esprit pour…
-Pour une né-moldu ?, le coupa-t-elle.
Il ne répondit pas, mais le coin de sa bouche tremblota légèrement. Un sourire narquois déforma son beau visage.
-J'allais dire Serdaigle, mais soit. Si tu l'avoues toi-même…
-Ne fais pas l'innocent Jedusor. Nous savons tous les deux très bien ce que tu en penses.
-Je n'aime pas le ton que tu emploies Jones. Il semble accusateur.
En effet… Il y avait de quoi l'accuser… De tous les mots de la terre.
-Tu manques drôlement d'esprit Jedusor pour…
-Un serpentard ?
Hermione joua au même jeu que lui et se contenta de sourire.
-J'allais dire un sang-mêlé mais soit. Si tu l'avoues toi-même…
La mâchoire de Tom se crispa, presque imperceptiblement mais il se détendit rapidement. Ses yeux, eux, brillaient de colère. Un voile écarlate les recouvrit fugacement. Hermione trembla et manqua de se recroqueviller sur sa chaise. En cet instant, il faisait peur. Mais la jeune fille inspira profondément par le nez et rassembla tout son courage de Gryffondor pour ne pas bouger. Jedusor, quant à lui, avança sa main vers l'encrier de la jeune fille et frôla son bras au passage, lui envoyant des décharges électriques dans tout le corps. Il attrapa sa plume.
-Ça te dérange ? J'ai oublié la mienne dans mon dortoir.
Hermione déglutit et hocha la tête. Ce simple contact semblait avoir paralysé son corps mais son esprit était aux aguets. Elle remarqua à nouveau la grosse bague qu'il portait à son annulaire droit. Un frisson de dégoût lui parcourut l'échine.
-Tu m'as l'air étrange Jones. A quoi penses-tu ?
Il arborait une expression arrogante et séductrice. Attendez une seconde… Séductrice ? Comment Hermione pouvait-elle penser à ça ? Cela ne pouvait pas être le cas. Il était censé la détester et il aurait été plus logique qu'il veuille l'étrangler. De plus, elle était censée le séduire. Enfin, le séduire était un bien grand mot… Elle devait se rapprocher de lui. D'ailleurs, ce qui s'était passé avant les vacances n'allait pas aider. Bref, elle n'avait pas avancé dans sa mission. Pire encore, elle avait l'impression d'avoir reculé. Elle avait reculé. Il avait tué.
-Jones ?
Hermione sursauta. Tom gloussa et la regarda en souriant. La jeune fille sentit son cœur se serrer. Le sorcier n'avait pas le droit de la regarder comme ça. Personne n'avant le droit de la regarder comme ça… Excepté Ron. Lui, l'avait déjà fait, souvent, quoiqu'il avait l'air un peu plus timide, beaucoup moins mauvais et vraiment plus sincère. D'ailleurs, cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas vu son visage. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux mais elle les maintint de toutes ses forces.
-Pourquoi es-tu comme ça ?, demanda-t-elle.
-Comme ça quoi ? Que veux-tu dire ?
-Tu sembles si gentil.
-Mais enfin, je suis gentil, ironisa-t-il.
« La bonne blague… »
-Il n'y aucune relation amicale entre nous Jedusor. Avec ce qui s'est passé avant les vacances, je pensais que c'était plutôt clair. Limpide même, déblatéra-t-elle à toute vitesse.
-Au contraire. Quand on sait autant de choses sur quelqu'un, je pense que le stade d'amis a largement été dépassé.
-Comme si tu connaissais la signification du mot 'amis', pouffa-t-elle.
Tom ne répondit pas et continua de jouer avec sa baguette. Hermione détourna son regard et fixa le tableau le reste du cours. La jeune fille continuait de débattre avec ses propres pensées contradictoires qui se bousculaient sans cesse dans sa tête. D'un côté, elle se détestait elle-même d'avoir raté sa mission, elle haïssait Tom d'être aussi cruel, inhumain, dépourvu de tout sentiment. D'un autre, elle savait que sa mission allait être compliquée, et qu'il restait toujours quelque chose d'humain en lui. Il restait toujours de l'humanité dans n'importe qui, il fallait juste la faire ressortir. Si elle n'avait pas encore été renvoyée dans le futur, c'est qu'elle n'avait pas encore réellement échoué. Il fallait qu'elle continue d'essayer… Il fallait qu'elle lui montre le pouvoir des sentiments, ce que Voldemort n'avait jamais compris. C'était son rôle, vraiment grand pour ses frêles épaules.
-Bien !, s'exclama Têtenjoy. C'est tout pour aujourd'hui. Pour préparer le prochain cours, je vous demande de m'écrire deux parchemins sur les patronus.
Elle inspira profondément et souffla doucement. C'était le moment de faire une sortie remarquable. Il fallait qu'elle suive enfin son plan. Elle rangea ses affaires à la hâte et se pencha vers Tom. Elle posa sa main sur son épaule.
-Nous ne sommes pas amis Jedusor. Mais nous pourrions l'être. Si le cœur t'en dit, je ne suis pas contre, bredouilla-t-elle.
Elle avait prévu de dire ça d'une voix assurée, mais elle n'avait jamais fait ça et sa timidité avait repris le dessus. Son visage prit une teinte écarlate et elle se dépêcha de quitter la pièce, laissant un Tom Jedusor quelque peu surpris. Il haussa un sourcil. Jamais sa voix n'avait autant tremblé de gêne, jamais sa peau n'avait été aussi rouge. En fait, jamais elle n'avait eu l'air si vulnérable, comme si elle était déjà sous son emprise. Cela n'était pas le cas évidemment, cela n'aurait pas dû être aussi facile. Quelque chose se tramait. Essayait-elle elle-même de le séduire ? Pourquoi ferait-elle une chose pareille ? Quoi qu'il en soit, cela ne rendrait que son plan personnel plus facile. Elle allait tomber dans son propre piège.
Tom rassembla ses affaires et sortit de la salle de classe, bien décidé à la rattraper. Il devait encore avoir potions avec les Serdaigle et il comptait l'intercepter avant. Le jeune homme se précipita vers les cachots et la rattrapa rapidement.
Hermione sentit une main agripper son bras et elle fut attirée dans une pièce vide. Ce n'était pas là où elle voulait aller. Elle remarqua enfin qu'elle était plaquée contre un corps au col vert et argent. Elle leva la tête et se retrouva nez à nez avec Jedusor. Ses joues se mirent à chauffer et elle essaya de se dégager mais le garçon la tenait fermement. « Tiens le coup Hermione ! Courage ! N'aie pas peur, i ne te fera pas de mal ici, pas maintenant. »
-Tu as l'air bien moins sûre de toi tout à coup Jones, murmura-t-il d'une voix suave. Attends une seconde… Oui c'est bien ça. Tu as l'air tout aussi vulnérable que les autres. C'est dommage, tu étais beaucoup plus intéressante il y a quelques mois, mais je ne vais pas me plaindre, cela aurait été plus difficile de faire. J'y aurais peut-être réfléchi à deux fois.
Hermione écarquilla les yeux alors que le visage de Jedusor s'approchait dangereusement d'elle. Qu'allait-il se passer ? Elle devait absolument s'échapper ! Mais elle n'arrivait pas à bouger.
Tom riait intérieurement. En ce moment, elle était comme tout le monde. Faible. Il aurait tellement plus apprécié le moment si elle lui avait tenu tête.
Sans crier gare, il posa brusquement ses lèvres contre les siennes et attendit quelques secondes avant de l'embrasser fougueusement. Hermione se surprit à lui répondre. Elle ne s'était pas attendu à ça, pas à ce que ce soit aussi facile. La jeune fille ne savait pas quoi penser. Elle ne sentit ni bien, ni dégoutée. Tout comme Tom. Ils étaient tous les deux là, debouts dans cette salle à s'embrasser, sans même ressentir ce petit pincement au cœur, ces papillons si caractéristiques dans l'estomac. Elle les aurait ressentis si elle avait embrassé Ron. Elle les ressentait même quand elle embrassait Krum en quatrième année. Là, rien. Elle devait lui faire découvrir le pouvoir des sentiments, mais comment se faire si ils s'emprisonnaient dans une relation dénuée de toute émotion ? Certes, il ne fallait pas parler trop vite, il n'y avait encore aucune relation entre eux… Mais s'ils continuaient ainsi, cela arriverait peut-être.
Mais non. Il n'y avait aucun sentiment. Ils mettaient simplement tous les deux leur plan à exécution. Chacun pensait, ou plutôt espérait, berner l'autre. En réalité, aucun des deux n'échouait certes, mais aucun ne réussissait non plus. Finalement, Tom laissa tomber ses bras le long de son corps et Hermione put enfin se détacher de lui. Elle planta ses yeux marron dans ceux du garçon et admira à nouveau son regard si sombre. Ils brillaient légèrement. Hermione y lut de la satisfaction et ne sut si c'était une bonne chose ou non. Encore une fois, elle vit ce voile argenté qui recouvrait toute l'école et les yeux de chaque personne qu'elle croisait. Les traces de la magie de Janus, ou la sienne apparemment.
-Tu sembles beaucoup moins dégoutée par ma simple présence Jones, souffla Jedusor d'une voix doucereuse. Je dois avouer que je préfère te faire taire de cette façon plutôt que de crier ou te jeter un sort. Quoique… Je ne serais pas contre ajouter un peu de magie à tout ça mais bon… C'est tout même nettement plus agréable pour nous deux.
Hermione déglutit.
-Tu es plus causante d'habitude. Aurais-tu perdu ta voix Jones ? Enfin, si tel est ton vrai nom. Je suis sûr que ce n'est pas le cas. Mais bon, je vais continuer de t'appeler Jones. Ou Hermione. Je n'ai pas encore choisi. Ça dépendra de mon humeur.
Cela revenait déjà sur le tapis. Evidemment, cela n'aurait pas pu être aussi simple.
-Tu n'as pas à avoir peur Hermione, pouffa Tom. Comme je l'ai dit, je préfère t'embrasser plutôt que de te faire mal. Tu n'imagines même pas à quel point certaines personnes voudraient que je leur dise ça, alors profites-en. Cela vaut mieux pour toi.
Silence.
-Allons, ne fais pas cette tête. Et dépêche-toi, nous allons être en retard en cours. Slughorn m'adore peut-être, mais je préfère ne pas pousser le bouchon trop loin dès maintenant. Je pense que j'aurais besoin de lui à une toute autre occasion. Oh et, résiste à ton envie de t'assoir à côté de moi cette fois. Je sais que tu en meurs d'envie, mais cette place est déjà prise. Passe une bonne journée Hermione.
Il s'approcha de la jeune fille mais s'écarta au dernier moment pour sortir de la salle, sans manquer de lui voler un baiser sur le front au passage.
oOo
La bibliothèque était étrangement silencieuse ce soir-là. Après tout, la rentrée n'avait eu lieu qu'il y a trois jours et la plupart des élèves n'avaient même pas encore pris la peine de commencer leur devoir, excepté les septièmes années, mais même eux s'accordaient le vendredi soir pour se reposer. C'était ainsi qu'Hermione se retrouvait seule, assise à sa place habituelle, derrière la première étagère, dans l'immense pièce à l'odeur enivrante de vieux parchemins. Attablée devant un énorme bouquin à la couverture en cuir et relié à la main par un fil doré, elle écrivait avec avidité, sa plume parcourant le papier marron d'un mouvement fluide et assuré. La jeune fille avait décidé de passer la soirée entière à écrire sa dissertation sur le sortilège de patronus bien qu'elle aurait pu le faire de tête en cinq minutes, tout ça afin de se vider l'esprit.
Luttant contre la fatigue qui lui brûlait les yeux, elle entamait à présent son deuxième paragraphe, qu'elle consacrait aux souvenirs devant être invoqués pour qu'un patronus corporel puisse se matéraliser. Durant toute l'écriture de son récit, elle se demanda si elle arriverait encore à en produire un, après tout ce qui s'était passé… Déjà, il y a près d'un an et demi –dieu que le temps passait vite !-, elle ne maîtrisait pas ce sortilège à la perfection, pas comme Harry. Mais maintenant ? Maintenant que les personnes auxquelles elle tenait le plus étaient loin d'elle, que toute son innocence passée avait disparu, pourrait-elle un jour être assez heureuse pour penser à des souvenirs de bonheur aussi puissants ? Elle avait du mal à s'en convaincre.
Soudain, elle leva la tête et remarqua que, plongée dans ses pensées depuis quelques minutes déjà, elle avait arrêté d'écrire. Une longue tracée noire brisait son parchemin pourtant si parfait. Soupirant, elle agita sa baguette magique et l'encre coupable s'effaça progressivement pour ne laisser à nouveau qu'une feuille parfaitement immaculée, hormis le premier paragraphe. Elle attira alors le livre devant elle et l'ouvrit aux derniers pages pour se renseigner un peu plus sur la pure théorie magique du sortilège du patronus.
-Hermione ?
Elle plissa les yeux et regarda autour d'elle. Personne.
-Oh désolé, c'est moi. Je suis là.
Sirius apparut de derrière une étagère.
-Tu m'as l'air fatiguée.
Il tenait un livre d'une main, et une tasse remplie d'un liquide fumant de l'autre. La jeune fille sourit en le voyant et referma son propre bouquin d'un geste sec. Cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas vu. Enfin, juste une semaine, si l'on omettait le cours de sortilège auquel elle n'avait pas pu lui parler, mais cela représentait une éternité compte tenu du fait qu'ils avaient passé la totalité des vacances d'été ensemble. Devait-elle lui dire ce qui s'était passé avec Tom ? Non, cela ne semblait pas être une bonne idée. Il se serait inquiété, ou pire, l'aurait sans nul doute traité de pauvre folle. Jamais cela n'aurait pu être pire, à part peut-être si elle avait embrassé Rogue, compte tenu de l'amour fou qui régnait entre le professeur de potions et le nouvellement professeur de sortilège. Elle frissonna de dégoût à cette pensée.
Sirius haussa un sourcil devant le mutisme soudain de la jeune fille et s'approcha d'elle, avant de s'asseoir à ses côtés.
-Prends-ça. Ca te fera du bien.
Il posa sa tasse sur la table en bois et la dupliqua pour en donner une à la jeune fille. Celle-ci s'en saisit en fronçant les sourcils et huma le liquide brûlant. L'odeur était étrange, et pas franchement agréable. Mais on pouvait distinguer derrière une senteur d'algue marine, lui faisant penser à ses vacances au bord de l'océan avec ses parents. Elle sourit légèrement et en but une longue gorgée. Le goût lui rappelait étrangement celle de la potion de sommeil sans rêve, mais en moins fort.
-Elle a été légèrement modifiée. Elle ne prendra effet que quand tu t'endormiras. Je pense que tu en auras besoin, tu m'as l'air bien anxieuse ce soir. Bien plus que d'habitude…
-Tu bois ça tous les soirs ?, se contenta-t-elle de demander.
-Oui, affirma-t-il tout simplement, comme s'il agissait de la chose la plus normale au monde. Et tu devrais, tu crois que je ne t'ai pas entendu pendant ces vacances ? Presque toutes les nuits, tu fais des cauchemars Hermione.
Elle soupira et son regard évita celui de l'animagus alors qu'elle planta ses yeux sur une étagère remplie à craquer. Ses cauchemars étaient encore plus virulents depuis qu'elle était rentrée à Poudlard, depuis qu'elle avait revu Tom. Tom à qui elle n'avait pas reparlé depuis presque une semaine, depuis qu'ils s'étaient embrassés, alors même qu'ils avaient de multiples cours en commun.
-Depuis quand est-ce que cela t'arrive ?
-Un peu plus d'un mois…
Les prunelles de Sirius s'illuminèrent.
-Depuis… ce qu'on a vu ?
-Oui. Mais c'est encore pire depuis la rentrée. Toutes les nuits, je me réveille en sueur. Je n'arrive pas à dormir, ça m'assaille. Je les vois tous. Tous, absolument tous. Harry, Ron, mes parents, Hagrid, toi… Et même Isaac, Sacha et Filius… Ils meurent tous. Tous. Absolument tous… A cause de lui.
-Y a-t-il autre chose ?
-Cela fait un an déjà que je suis ici. Le temps passe trop vite… Nous n'avançons pas assez vite. Nous n'y arriverons jamais. Peut-être que nous ne pourrons jamais le changer, le sauver, l'éloigner de sa funeste destinée.
-Je vois… C'est donc ça. Tu n'es plus aussi confiante qu'avant Hermione. Je l'ai remarqué depuis un moment, même au tout début des vacances, même avant tout ça. Et pourtant, c'était toi qui m'encourageais. Comment allons-nous réussir si tu n'es pas là pour espérer ?
La jeune fille soupira encore et hocha lentement la tête.
-Je sais… Mais j'ai tellement du mal… Je n'arrive pas à y croire qu'il… Il…
Sa voix se mit à trembler, suivie par ses mains qui, frissonnantes, firent bouger la tasse encore pleine, envoyant quelques gouttes de la potion sans rêve sur la table. Sirius inspira et força un sourire à apparaître sur son visage.
-Je ne vais que te citer en disant ça mais… «Tu vas y arriver car tu as de l'espoir. Même si tu ne veux te l'avouer, tu as de l'espoir. L'espoir de pouvoir sauver Harry, Ron, Isaac… Tous ceux qui te sont chers. Tous ceux qui sont morts ou auxquels tu as été arraché à cause de lui. »
-Tu as une bonne mémoire, gloussa Hermione.
-Je préfère te voir comme ça.
La jeune fille sourit difficilement et finit sa tasse d'une traite avant de le reposer lourdement sur la table. Sirius avait vraiment décidé de l'aider alors… Alors que lui-même n'avait pas envie de le sauver, alors qu'elle savait qu'il aurait voulu voir Tom mourir, il avait décidé de l'aider à le sauver. Il avait confiance en elle, et Hermione avait confiance en lui. Elle ne pouvait rien lui cacher. Déterminée à lui dire la vérité, elle se lança alors que ses joues devenaient écarlates. Sa voix était hésitante, faible, bredouillante.
-Lundi, il s'est passé quelque chose d'étrange Sirius. Je… J'ai eu peur de te le dire, j'ai eu peur de ce que tu allais dire, en penser. J'ai peur de te dégouter si je te dis ça, que tu perdes toute confiance en moi… Mais je te fais confiance pour ne pas me tourner le dos. J'espère y croire… Je… J'ai… Il… On… On s'est… embrassés.
L'animagus laissa échapper un petit cri de surprise en écarquillant les yeux. Il s'immobilisa alors, son regard fixé sur le mur derrière la jeune fille. Il était en colère. Pas contre elle pour l'avoir embrassé, non, il savait que tout faisait partie du plan. Non, il était en colère contre elle pour le danger avec qui elle semblait toujours danser. Certes, elle était une vraie gryffondor, et lui aussi… Et lui-même n'hésiterait pas à braver les pires dangers pour sa cause, mais il s'inquiétait pour elle. Il bouillonnait de rage. Néanmoins, lui aussi l'aurait fait… Pour James, pour Lily, pour Remus… Il savait qu'il ne pouvait pas lui en vouloir.
-Sirius ? Tu ne dis rien ?
-Je ne t'en veux pas. Mais s'il te plait Hermione, ne te mets pas en danger inutilement. Tu sais très bien qu'il ne fait ça que pour t'utiliser. Tu en as conscience n'est-ce-pas ?
-Bien sûr que oui… Et moi aussi. Seulement pour l'utiliser… Pour notre cause.
-Très bien… Tu comptes rester ici toute la soirée ? Tu devrais aller te coucher Hermione. Tu dormiras bien cette nuit avec la potion.
-Je dois finir ce devoir…, soupira-t-elle.
-Tu auras bien le temps de le faire demain Hermione, et tu auras encore un Optimal sans aucun doute. C'est sur quoi ?
-Les patronus… Au fait, pourquoi avais-tu cette potion à la main ? Tu la prends tous les soirs ? Pourquoi ? Depuis quand ?
Sirius pouffa légèrement mais son rire était étrangement sombre, totalement dénué de joie.
-C'est une drôle de coïncidence que tu me demandes ça alors que tu travailles sur les patronus, et donc les détraqueurs. J'en prends depuis que je suis sorti d'Azkaban. Enfin, depuis que j'ai enfin pu habiter aux quartiers de l'ordre. C'était Rogue qui l'avait modifié à la demande de Dumbledore. Bien sûr, je n'allais pas lui réclamer moi-même… C'est la seule chose qui m'aide à dormir en paix… La seule chose qui m'empêche de revivre ces nuits de cauchemars, d'avoir l'impression de retourner dans cette affreuse prison.
-Mais n'est-ce pas dangereux d'en prendre tous les soirs ?
-A long terme, cela aurait pu. Mais normalement, Rogue l'a modifié pour atténuer ses effets : la potion n'endort pas mais fait seulement effet quand on trouve tout seul le sommeil. Et il ne fait pas complètement disparaître les cauchemars mais les rend moins virulents, je me réveille beaucoup moins la nuit. Je devrais pouvoir en prendre jusqu'à la fin de mes jours sans aucun soucis.
-Je vois…
-Allez, je rentre à mon bureau. A la base, j'étais venu ici pour chercher des idées d'examens pour les septièmes années, histoire d'innover un peu. Va te coucher, et je demanderai à un elfe de te laisser une tasse de potion sur ta table de chevet tous les soirs. Dors bien.
Il lui adressa un clin d'œil entendu et s'éloigna pour sortir de la bibliothèque. Au détour d'un couloir, il croisa Tom qui se dirigeait vers la librairie. Celui-ci lui adressa un hochement de tête poli mais ne prit pas la peine de s'arrêter. Néanmoins, Sirius l'interpela.
-Tom ?
Le garçon fit volte-face et se tint droit devant lui, les mains croisées dans son dos, un air surpris mais parfaitement courtois au visage.
-Oui, professeur Aquila ?
L'animagus devait trouver un moyen d'aider la serdaigle dans son périple. Certes, d'après la prophétie et ce que Janus lui avait révélé, il ne devait pas trop interférer, et être simplement là pour protéger Hermione, mais il ne pouvait pas la laisser tout faire toute seule. En un an, son regard avait déjà tellement vieilli, beaucoup plus que ce qu'il n'aurait dû. Ses cernes devenaient de plus en plus grands sous ses yeux, et son sourire de moins en moins lumineux. La fatigue physique et mentale finirait par la tuer s'il ne faisait rien pour l'aider, pour la protéger. C'était donc son rôle. Il devait lui aussi essayer d'influencer Voldemort.
-Allez-vous à la bibliothèque ?
-C'est exact professeur.
-Par cette belle soirée, la veille d'un week-end ? La plupart des autres élèves se reposent dans la salle commune ou sont encore dans le parc. C'est l'une des dernières fois où un si beau ciel recouvrira Poudlard.
-Ce n'est pas en me reposant que j'avancerai dans la vie… Je préfère travailler plutôt que de perdre mon temps de cette manière. Je compte bien avoir un bon métier plus tard.
-Je crois n'avoir jamais rencontré quelqu'un d'aussi ambitieux que vous Tom.
-C'est bien pour cela que je suis le meilleur élève de cette élève, déclara-t-il d'un air arrogant.
-La modestie ne vous fera qu'encore plus avancer Tom… Faîtes attention à cela. Enfin, ce n'est pas pour cela que je voulais vous parler. Vous m'aviez bien dit l'année dernière que vous aviez le souhait de devenir professeur de défense contre les forces du mal ?
Une lueur avide éclata dans les prunelles presque rouges du garçon. Il la chassa rapidement et acquiesça d'un hochement de tête bref.
-Et bien, j'ai besoin d'un assistant pour m'aider à diriger les clubs de duel des deuxièmes et troisièmes années avec le professeur Têtenjoy. Nous avons décidé que cette année, nous prendrions un élève pour nous aider et lui offrir l'occasion de se former à l'enseignement. De plus, des élèves aidant des élèves ne peut être que bénéfique. On ne commence jamais à apprendre trop tôt, le professeur Dippet est d'accord avec nous. Et le choix nous a de suite sauté aux yeux. Qui de mieux que le meilleur élève, qui a récemment reçu une médaille pour service rendu à l'école pour remplir ce rôle. Ce serait un tremplin pour votre future carrière, et je pense qu'Armando aurait moins de réticences à vous engager malgré votre jeune âge si vous avez ce stage inscrit sur votre CV.
Cette fois-ci, Tom ne réussit pas à chasser cette avidité de ses yeux. Il souriait largement, presque sincèrement. Mais ce beau sourire était masqué par une expression presque carnacière qu'il avait du mal à contenir. Après une seconde d'égarement, il se reprit et arbora à nouveau son expression poli. Il se maudit d'avoir laissé tomber ce masque si rapidement, même si c'était pour un infime moment.
-Ce serait un honneur, et un bonheur pour moi.
-Très bien. Je vous enverrai un hibou avec l'heure et le lieu du premier rendez-vous. Bonne soirée, et travaillez bien Tom. Je vous fais confiance pour cela.
Jedusor observa Sirius partir et resta planté comme un piquet. Des papillons volaient dans son estomac et il sentit une vague de bonheur l'envahir mais celle-ci disparut bien vite. Pourquoi lui avait-il demandé ça ? C'était bien lui, avec Jones, qui avait décidé de le surveiller l'année précédente ! Mais bien sûr, c'était évident… C'était seulement pour le garder un peu plus sous surveillance… Evidemment. Comment avait-il pu croire que c'était seulement pour lui ? Il étouffa un grognement de colère et fit volte-face, bien décidé à passer sa soirée à la bibliothèque.
Une fois arrivé, il remarqua avec plaisir que Jones y était également assise, mais ne semblait pas vraiment concentrée sur son devoir. Un énorme livre –il put en lire le nom « Patronus et cie »- était ouvert et son parchemin était pratiquement vide. Elle tenait sa plume d'une main et avait l'autre fermement enroulée autour d'une tasse. Un sourire narquois, qu'il effaça rapidement, se dessina sur son visage et il vint s'installer silencieusement en face d'elle. D'un mouvement agacé de sa baguette, il attira un livre d'une étagère voisine devant lui et se mit à le lire, sans un mot. Etrangement, Hermione ne semblait pas porter attention au garçon et avait toujours les yeux dans le vide. Jedusor ne supporta pas plus longtemps ce silence. Personne n'avait le droit de l'ignorer !
-Si tu rêves tellement de ce qui s'est passé la dernière fois Jones, nous pouvons recommencer, déclara-t-il sans quitter son livre du regard.
Silence. La colère montait à petit feu. Il la réprima difficilement. Cette fille avait le pouvoir de toujours le mettre sur les nerfs et il aurait arrêté de lui parler depuis bien longtemps si elle ne cachait pas un secret… Ses provocations intempestives, son arrogance, son innocence apparente… Tout était horripilant. Comment savait-elle tout ça sur lui ?!
Bien décidé à avoir toute son attention, il s'approcha d'elle et s'assit sur la chaise d'à côté, posa ses coudes sur la table, croisa délicatement ses doigts devant son visage. Il pencha la tête sur le côté et lui lança un regard lubrique auquel aucune fille n'avait jamais résisté. Pourtant, elle ne lui réagit pas et se remit à écrire avidement sur son parchemin. La mâchoire du garçon se crispa et ses poings se serrèrent si forts que ses phalanges en devinrent blanches. Comment osait-elle l'ignorer à ce point… ?!
N'y tenant plus, il glissa sa main derrière le crâne de la jeune fille pour la forcer à le regarder.
Et tadaaaaa ! J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas partager vos avis ! :D
Au programme du prochain chapitre : une discussion dans la bibliothèque, Janus et l'infirmerie.
A bientot,
Lacey Oke :)
