Auteur: Bel Uriel Disraeli.
Disclaimer:
Béli :Tite Kubo a écrit Renji et il lui appartient, Béli a écrit Renji donc Renji...
Avocat: N'appartient pas à Béli!
Béli: Mais non! Vous ne connaissez rien au syllogisme et à sa logique!
Avocat: Par contre vous, vous connaissez sa limite...
Raited: T
Couple: Hitsugaya
Résumé: Ce qui nous lie? Je n'en aie pas la moindre idée... Si, peut-être une chose. La neige... Le froid de cet hiver qu'il voudrait éternel. Que faire, si elle fond ?
IL FUT ECRIT
Acte I Partie III: Eternel Hiver.
Chapitre III : Dissonance et résonance.
Fermer les yeux, les garder ouverts, fixer un point ou poursuivre un détail de son entourage. Toutes ces activités n'avaient rien de bien différents, pas vraiment d'impact sur sa conscience. Hinamori serra la mâchoire jusqu'à en avoir mal aux tempes, jusqu'à ce que la sueur perle sur son front, jusqu'à ce que le vertige se calme. Et que le tumulte dans sa poitrine s'apaise, mais juste un peu, un certain temps encore, juste un peu de temps afin de réfléchir vraiment. Autant que son esprit malade le lui permettait. Derrière ce rideau, dans cette échoppe Matsumoto finissait de régler les frais de leur dîner. Rangiku finissait de faire ce geste qui lui coutait tant, parlé aux autres. La brune le sentait, il suffisait que quelqu'un lui adresse la parole, s'approche, lui demande quelque chose pour que son esprit s'éclipse, que le voile sombre lui tombe sur sa conscience. Et cela l'effrayait.
Hinamori était épuisée, la moitié du temps elle luttait contre cette obscurité, l'autre elle luttait contre la fatigue. Et tout l'ensemble, elle canalisait une terreur terreuse qui ralentissait ses gestes. Elle n'avait pas vraiment comprit au début, d'où venait ce poids sur son épaule. Puis il c'était progressivement appesantit sur toute sa nuque. Et cette terreur la maintenait éveillée, alerte, douloureusement tenaillée à chaque instant. Dormir ne lui servait plus à rien, la seule chose qui la soulageait c'était d'aller occuper son poste. Si la rousse ne l'avait pas invité, elle y serait sans doute encore aujourd'hui. Les hommes de la Cinquième faisait leurs possible pour la soutenir, et contrairement à ce qu'on aurait put croire la division du capitaine Aizen continuait de tourner le plus normalement du monde. Ce n'était pas pour rien qu'Aizen-taïcho était un excellent capitaine ! Les seuls fois où elle se sentait vraiment calme et sereine c'était lorsqu'elle s'installait dans son bureau pour remplir les dossiers quotidien, non loin de celui de leur capitaine. Et aussi fou que cela puisse sembler, elle avait envie de retourner immédiatement là-bas. Si seulement Rangiku ne mettait pas autant de temps !
Mais brutalement, elle se souvint que cela ne faisait même pas cinq minutes qu'elle attendait à l'extérieur. Hinamori c'était soudainement levée lorsque le chat de cendre avait décrété – encore moins sobre que d'habitude – qu'elle allait essayer de payer en nature le gérant. Sauf que le gérant était une gérante, plutôt sympathique en plus. Elle n'avait pas supporté de rester là, comme elle ne supportait pas actuellement d'attendre. Il ne faisait pas chaud dehors pourtant, bien au contraire. Mais Hinamori se fichait qu'il ce soit mis à pleuvoir.
Elle avait peur, froid, et confusément mal. Mais cela n'était pas si nouveau, depuis le départ du capitaine Aizen cela n'avait fait qu'empirer. Elle avait déjà des migraines lorsqu'il était là, et ces nuits là, elle demeurait avec lui un peu plus tard. Juste un peu, sa présence la calmait tellement qu'elle sentait la souffrance s'alléger. Puis elle oubliait cette dernière lorsqu'il lui posait la main sur la tête avec ce geste si paternel et tendre qui lui faisait exploser des milliers de papillons dans le ventre et la tête.
Comment un homme si bon pouvait-il choisir une voie mauvaise ? Elle secoua la tête, ne voulant pas ressasser ce sujet de souffrance. Elle avait déjà assez mal.
Rangiku, c'était pour la rousse qu'elle attendait sous la pluie. L'autre fukotaïcho ne disait rien à ce sujet, son amie n'évoquait jamais cette absence. Pourtant Hinamori savait qu'elle aussi le ressentait confusément. La brune savait que Matsumoto, elle aussi sentait qu'il allait revenir. C'était comme si quelqu'un avait laissé une pièce allumé et que le mince filet de lumière filtrait à travers toute une demeure plongé dans l'obscurité la plus profonde. Quelque part, ils étaient tous encore là… La lumière, cette lumière brillait encore… Juste assez pour qu'elle respire. Elle ne se rendait pas compte qu'elle pleurait, que la souffrance c'était réveillé comme une marée et qu'elle était montée en quelques instants.
Pourquoi n'était elle pas au bureau ? Cette pensée lui serra le cœur à la suffoquer, elle devait remplir les dossiers. Même si le Sotaîcho avait déchargé une partie des charges sur la Treizième division. Elle leur montrerait à tous qu'ils c'étaient trompé ! Aussi bien sur elle que sur le capitaine Aizen ! Elle se mordait la lèvre jusqu'au sang, et le voile noir retomba comme une masse. Elle vacilla sur ses jambes en perdant l'équilibre.
- Hinamori, je suis là. La main la rattrapa.
Le bras la serra, très fort contre sa poitrine, la rousse n'avait pourtant tourné la tête qu'un moment. Elle la sentit trembler convulsivement contre ses cotes. La brune lui serra la taille avec une force presque douloureuse, elle l'entendit sangloter comme une désespérée.
- J'suis désolé d'avoir traînée Hina'… On peut rentrer.
Rangiku l'entendit haleter contre sa hanche, alors qu'elle lui échappait un peu. Avec plus de poigne la rousse lui passa les mains sous les bras et la soutint en la soulevant.
- Hinamori ?
L'inquiétude explosa, la faisant se dégriser. La brune porta les mains à ses tempes, et un hurlement de douleur se fit entendre dans le début de soirée. Dans l'échoppe, et dans la rue les gens s'agglutinèrent pour voir ce qui se passait. Un autre cri perça et elle se débattit contre la prise du chat de cendre. La brune tomba par terre, ses mains arrachant presque les cheveux qu'elle tirait avec violence. Et durant cette fraction de seconde, Rangiku en fut stupéfaite, choquée. Hagarde, suffoquant presque Hinamori était en train de hurler de souffrance devant elle. Des gens commencèrent à sortir, elle entendit des voix l'encercler, quelqu'un la bouscula et cela la réveilla. Rangiku percuta l'homme qui c'était avancé sur la brune, l'envoyant valser dans l'eau boueuse.
- Ne la touchez pas ! Ragea la rousse.
- Ne l'approchez pas j'vous dis ! Rajouta-t-elle très vite en tenant la garde de son katana pour les mettre en garde.
Elle se tourna vers Hinamori étalée par terre, gémissante et désorientée. Rangiku serra les dents et prit les devants. Elle attrapa le brune par les épaules, l'autre se débattit de nouveau et avec un mouvement rageur, après s'être excuser silencieusement. La rousse la gifla, et sans lui laisser le temps de comprendre, elle la jeta sur son épaule et disparut en un shunpô.
Hinamori était ballotée, perchée sur son épaule, frappant confusément.
La rousse ne savait pas ce qu'elle avait, alors qu'elle allait commander encore à boire, elle c'était tournée, et en revenant la brune c'était éclipsée. Elle l'avait cherché, puis on lui avait indiqué la porte. Son pressentiment ne lui avait pas mentit. La brune était debout sous la pluie, visiblement ailleurs. Ça ressemblait à une crise d'hystérie.
Puis d'un coup la brune cessa de se débattre, elle se ramollit sur son épaule et elle décida de s'arrêter.
- Hinamori ?
La brune avait le visage ensanglanté, elle chercha la blessure, une lèvre fendue ? Peut-être pire ? Que pouvait-elle faire ? Elle panique, la Quatrième n'était pas à coté, même pour elle. Ou trouver un médecin ? Qui pouvait la soigner ? Il lui fallait trouver quelqu'un ayant les bases en soin… Puis l'idée explosa, elle serra Hinamori contre sa poitrine en la soulevant de nouveau, et fit un autre shunpô.
La pluie rageait contre le toit lorsque le bruit le fit sauter hors de son lit. Quelqu'un venait de tomber contre le toit ? Il pleuvait des gens maintenant ? Et dire que le sommeil venait à peine de lui ouvrir les bras. Il haleta quelques secondes puis le bruit reprit plus violemment.
- …ra…
Dans l'obscurité il se tendit, l'alcool lui donnait mal à l'estomac, il avait trop bu visiblement.
Nouveau tapage.
- … RAAAAA !
Il alluma sa lampe en s'étalant, merde alors il ne s'était même pas déshabillé. Il se dirigea vers la porte en trébuchant sur ce qui traînait.
- KIRAAAAAA !
Le blond attrapa la clé et ouvrit la porte. Le cri lui avait fait peur, la rousse se jeta sur lui, le bousculant en entrant, le flot de parole incompréhensible agressa ses oreilles. Mais son attention se porta aussitôt sur le colis de la jeune femme. Momo inconsciente ? Matsumoto l'allongea sur le futon dans lequel il était tombé, captant les cadavres de bouteille. Il s'avança aussitôt, alors qu'elle s'écartait. Avec soulagement, elle vit le blond commencer à appliquer quelques sorts. Il semblait vérifier ces fonctions vitales.
- Dans la salle de bain, il y a des compresses et des bandages…
La rousse acquiesça, et ravagea la salle de bain avant de revenir avec le nécessaire. Il lui demanda de lui apporter une serviette. Il semblait néanmoins assez calme. Si cela avait été vraiment grave, il lui aurait dit de l'emmener à la Quatrième.
Elle respirait faiblement et de façon assez rapide, elle n'avait pas d'os fracturée, ni d'organe touchée. Des traces de griffures sur les bras, de morsures sur les mains, et le visage barbouillé de sang et une ecchymose sur la joue droite.
- Rangiku… L'appela-t-il doucement.
- Que c'est-il passé ce soir ?
La rousse se laissa tomber, soulagée, s'il posait des questions c'est que son état n'était pas en danger imminent.
La rousse soupira en remerciant le ciel.
- Elle saigne beaucoup… Je savais pas pourquoi, j'ai prit peur… Nous étions trop loin de la Quatrième.
Il fronça les sourcils.
- Ça, je n'en doute pas. Ce n'était pas ma question. Que c'est-il passé avec elle pour qu'elle soit inconsciente ?
- Kiraaa, t'es vraiment pas gentil là, j'ai eut la peur de ma vie t'sais… T'es pas mignon quand tu fais ça…Bouda la plantureuse fukotaïcho.
Il grinça des dents et pesta.
- Je n'aie pas envie de jouer Matsumoto !
Elle tressaillit.
- Je ne vois pas de véritable signe extérieur à son état, pourtant elle ne se réveille pas !
Il s'inquiétait lui aussi, et semblait l'accuser de quelque chose. La rousse le dévisagea un moment, et il sembla se rendre compte de sa rudesse et détourna le regard.
Elle eut un petit sourire triste.
- Si seulement cette idiote se rendait compte de ça… Au lieu de se faire autant de mal.
Il lui jeta un regard et elle capitula.
- Elle ne va pas bien… Aucun de nous d'ailleurs. Mais Taïcho m'a demandé de veiller sur elle. Nous étions au restaurant et… Je ne sais pas pourquoi alors que je commandais, elle est sortit. Il pleuvait, je l'aie trouvé trempé, en train de pleurer dehors.
Elle fit une pose, comme si quelque chose se bloquait.
- Kira… Elle…
La rousse plongea le visage entre ses mains, se voutant.
- Elle est devenue hystérique, elle hurlait en s'arrachant les cheveux, je n'aie rien comprit.
Immédiatement le doute le frappa. La folie ? Hinamori était véritablement devenue folle ?
Rangiku frissonna, il se leva et lui posa une couverture sur les épaules, ce qui la fit relever la tête. La rousse lui fit un piètre sourire, il voyait les larmes danser au fond de ses prunelles.
- Je ne sais pas pourquoi elle saigne, elle a arrêté de se débattre d'un coup… Elle était inconsciente.
Il s'en voulut d'avoir haussé le ton, il s'assit à coté d'elle et lui passa un bras autour des épaules et la serra un peu. Elle gloussa par réflexe d'un petit rire bête.
- C'est bizarre, tu ne rougis plus aussi facilement qu'avant. Lui jeta le chat en détournant la tête.
Il roula les yeux au ciel, il savait qu'elle plaisantait lorsqu'elle était tendue, malheureuse.
- Rangiku… Grommela-t-il d'une fausse voix menaçante.
Elle trembla, et il regarda vers la brune.
- Je suis sûr que ça va s'arranger.
Elle secoua la tête.
- Non Kira… Hinamori… Elle nous en veut. Je ne comprends même pas comment elle peut déteste taïcho autant, j'ai l'impression qu'elle le tient pour responsable de tout… Je crois qu'Hinamori est en train de nous haïr tous… Alors que c'est Lui qui a tenté de la tuer. Murmura la rousse.
Il continua de la regarder.
- Rangiku…
- Elle ne me voit même plus quand je lui parle, Kira elle est vide, je n'arrive pas… Je ne suis même pas fichu de la tenir ! J'ai perdu Hinamori ! S'étrangla la rousse en serrant les dents.
Les traits tremblant sous la peine.
- Je l'aie perdu, perdu Kira ! J'ai perdu…
Elle inspira.
- Gin. Il l'avait coupé avant qu'elle ne reprenne, et elle se crispa.
- Ou devrais-je dire Ichimaru…
Elle se tourna vers lui en le dévisageant.
- Ou encore ton…
- La ferme ! Cracha-t-elle avec force.
Et durant un instant ils restèrent à se regarder sans parler, il y avait beaucoup. De la haine ? Peut-être de la rancœur aussi ? Ou…
- Enfoiré ! Elle le frappa du plat de la main sur la tête.
Et un ricanement roula dans sa gorge alors qu'il se frottait la marque qui allait rester sur son front. Elle ne le comprenait jamais, elle n'arrivait pas à le saisir. Parfois Kira semblait vouloir lui faire vraiment du mal, d'autre… Il passa le bras à sa taille, et posa la tête sur son épaule avec désinvolture.
- Kira ?
Et c'est à des moments pareil qu'il lui ressemblait, Matsumoto n'avait jamais vraiment comprit comment le blond faisait pour agir aussi souvent comme l'aurait fait Gin. Et elle se demanda s'il en avait seulement conscience. Il respira son parfum, ce qui aurait put être très gênant à cause de la proximité. Mais il continuait de regarder Hinamori.
- Tu ne l'as pas perdue… Elle c'est perdue toute seule, et dans ce cas nous ne pouvons qu'attendre.
Elle fronça les sourcils.
- Je croyais que tu l'aimais. Finit-elle par demander doucement.
Et un rire irrépressible secoua Izuru. Un rire profond, roulant qui en franchissant ses lèvres aurait put sonner comme dédaigneux.
- Aimer… Comment peux-tu me demander ça alors que je te tiens contre moi ?
Il ferma les yeux.
- N'utilise pas ce mot… Il m'a apprit à le haïr. A détester de toutes mes tripes tout ce que cela aurait put représenter. Il avait parlé très bas.
Elle se figea, son cœur battant.
- Il n'y a qu'une chose digne de ce fait… Peu importe que se soit bien ou mal… Il n'y a que le Beau que l'on aime… Le reste n'est qu'illusion.
- Tais-toi, tu parles comme lui ! Siffla-t-elle avec un fond de colère mêlé à de la peur.
- Tu crois que si je lui dis que je l'aime, je pourrais la sauver d'elle-même ? Tu le penses sérieusement ? Ou n'est ce pas le moyen de nous perdre tous les deux, elle et moi dans sa souffrance. Il y avait de l'agressivité dans son ton. Il grimaça un sourire bref.
- L'amour sauve ! Cracha-t-il avec dérision.
- Kira ! S'écria la rousse.
Il se détacha d'elle brutalement en se tenant la tête, se repliant sur lui-même. Il détourna la tête.
- Je l'ais aimé… Mais même ça, il me l'a prit.
Il fixa ses mains, hébété, puis se redressa.
- Si je ne tenais pas à Hinamori, je ne serais pas là. Murmura-t-il.
- T'es contentes, tu l'as entendu… Cracha-t-il.
Elle le dévisagea.
- Alors pourquoi tu ne lui as jamais dit ?
- Lui dire ? Elle ne m'aime pas, cela n'arrivera jamais sans doute. Alors cet amour n'a pas de vrai sens. Cet amour n'est qu'un vide de plus… Si je l'avais gardé, il se serait transformé un jour en haine.
Il lui donna un petit sourire, sa main trembla alors qu'il arrangeait les cheveux de la rousse derrière l'une de ses oreilles.
- C'est toi qui rougis cette fois-ci. Lâcha-t-il avec nonchalance.
- Idiot.
Il la fixa.
- Est-ce que je peux ?
Elle l'interrogea du regard, se demandant si elle avait bien comprit. Puis tiqua.
- Crève !
Son sourire s'agrandit un peu.
- J'aurais au moins essayé.
- Kira !
Il s'approcha brutalement de son visage, elle se tût alors qu'il s'arrêtait non loin de ses lèvres.
- Tu me dis non, mais tu ne recule pas ? Remarqua-t-il narquoisement.
Elle sembla troubler et agacer.
- Je ne te plais pas, alors pourquoi joues-tu avec moi ? Elle se mordit la lèvre et détourna son regard.
- Tu me détestes même. Je le sais bien…
Il sembla se radoucir, et effleura la joue de Matsumoto.
- Ce que je déteste c'est le fait que tu sois aussi belle, mais je ne te déteste pas toi.
Il inspira et ferma les yeux, son front vint se poser contre celui du chat.
- Je suis un peu ivre, et toi bien trop indulgente.
Il posa ses lèvres sur les siennes, un baiser insistant et instinctif. Mais elle ne s'offusqua pas. Il lui arrivait souvent de l'embrasser lorsqu'il avait bu, juste quelques baisers comme des excuses jetées. Et dès qu'elle cédait un peu, il reculait. Détournait le regard alors que ses gestes trahissaient de la tendresse, il niait en fuyant ses yeux.
Il se sentait gêner, puis murmura pour la première fois avant de se lever :
- J'ai apprit à t'aimer à travers ses yeux.
…
Il c'était réveillé ce matin en écoutant la pluie, puis il avait rassemblé ses esprits en se rendant compte que quelque chose clochait. Et pour cause, Kurosaki était vautré dans son futon et marmonnait des injonctions à l'encontre d'un… Pervers ? Qui devait lâcher sa Yuzu ? Tout en insultant un vermisseau roux de « saleté des bas fonds » ?
C'est qu'il était bavard Kurosaki ! Kuro… mais qu'est ce qu'il fichait là ? Et il avait dû le secouer un quart d'heure avant qu'il daigne ouvrir les yeux.
- Nquoi ? Marmonna le roux en se levant.
Le drap dévoilant son torse dénudé à cause de son yukata défait.
- Kurosaki ?
Le roux fit une moue en clignant des yeux, à deux doigts de se recoucher.
- Tu ne devrais pas être à l'Académie ?
Le roux l'avait regardé longuement.
- On est dimanche… Y'a pas école.
Le blanc secoua la tête.
- On est Jeudi ! Et les cours vont commencer dans un quart d'heure !
- QUOI ! Au moins il réagissait au quart de tour.
Tôshiro se ressue la couverture sur la tête alors que le shinigami remplaçant se précipitait vers la salle d'eau en attrapant des effets. Cinq minutes plus tard, il en sortait, trempé de la tête au pied, se battant avec l'uniforme pour le refermer, tout en claudiquant pour attacher ses sandales. Marmonnant pour lui-même.
- Ponctualité irréprochable qu'il m'a dit le vieux ! Pas de faveur… Il va me tuer !
Il serra son insigne et fit claquer la porte derrière lui. Le capitaine de la Dixième regarda la place vide où c'était tenu la tornade rousse qui venait de disparaître.
Il avait le pressentiment qu'il allait bientôt regretter d'être aussi tendre.
Il avait fait un détour à la Quatrième et à son habitude la capitaine c'était montrée très attentive, et sa neutralité avait diminué la gêne qu'il ressentait. Il était simplement soulagé de voir que les quatre murs de son bureau était encore intact, enfin de loin… Ça c'était avant de pousser la porte.
Sa mâchoire se décrocha.
- Vous êtes enfin arrivé ! Taïcho ! S'écria d'une voix charmeuse, tout en minaudant sa fukotaïcho.
Mais qu'est ce que c'était que cette horreur ! Kamisama !
- Tu es ivre ! S'écria incrédule son supérieur.
Il fallait qu'elle le soit, cela ne pouvait pas en être autrement ! Sinon, elle ne serait pas en train de …
- Matsumoto ! Descend immédiatement de là !
De marcher sur le dos d'une armoire qui hésitait à répandre son contenue d'ouvrage mais aussi le poids supplémentaire de la rousse. Tout en accrochant un répugnant, hideux et horrible rideau plus rose que les cheveux de la fukotaïcho de la Onzième, orné d'ananas vert et jaune, dansant avec des… Singes mauves !
- MATSUMOTO !
Les hommes de la Dixième se tournèrent vers le bureau de leurs dirigeants, se demandant ce que la plantureuse jeune femme avait fait pour énerver autant leur capitaine. Il s'avança en jetant les dossiers qu'il portait sur son bureau. La rousse avait traîné la table basse jusqu'à l'armoire pour y mettre une chaise, sur laquelle elle avait juchée un tabouret afin de se hisser tout là haut.
Il jura et s'étouffa lorsque son regard fut attiré par des rouleaux par terre. Du papier ? Des rouleaux de papier…
- AAAAAAAAH !
Tout le mur ! Sur tout le mur il y avait des dessins grotesques de pastèque et de cerise se tenant la main ! Sauf que les fruits n'étaient pas sensé avoir de main ! Et en prime le poster d'un énorme chappy posant sur un fond de couché de soleil lui fit un large sourire ! Les lapins ne sont pas sensé avoir autant de dents ! Un lapin qui avait la patte sur… Une hanche, plus précisément celle de sa fukotaïcho. Matsumoto en maillot de bain ! Une photo grandeur nature de la rousse, avec des lunettes de soleil !
Zut ! Elle qui espérait avoir un peu plus de temps… Elle n'avait pas finit de mettre le papier peint ! Ah, ce fichu rideau ! Il avait vu sa surprise en plus ! Ce poster qu'elle avait fait faire exprès et qu'elle comptait cacher sous un voile pour lui montrer. Elle posait à la plage avec Rukia déguisée en chappy.
- MAT… Il en eut le souffle coupé de stupéfaction.
Le rouge monta furieusement le long de son visage, et lui brûla la peau en lui hérissant les cheveux.
- MAAAAAAATSUMOTOOOOOOOO !
Bruit cacophonique de meuble brisé. Rangiku alla s'étaler en tenant son rideau. La bibliothèque s'éventra sur la chaise, brisa le tabouret, et acheva la table basse en déversant tous les livres qu'il contenait. La rousse grimaça en se plaignant, elle avait faillit mourir ! Ouvrant un œil en se demandant si elle n'avait rien de cassée. C'était une chance que le fauteuil soit juste à bonne distance pour la réceptionner ! Mais c'était bizarre, il semblait faire un angle… Etrange ? Quelque chose lui rentrait dans la cote.
Elle était allongée sur le ventre et…
- TAÏCHO !
Se redressa difficilement, car elle écrasait son supérieur, qui avait le visage coincé dans sa poitrine. L'une des mains de Toshiro lui tenait la taille, l'autre serrait…. L'un de ses seins. Pour amortir sa chute il c'était précipité sous elle, faisant un bon pour les jeter dans le fauteuil. Il c'était cogné la tête contre le meuble, et elle continuait de le serrer comme un poupon en l'interrogeant. Il l'écarta afin de pouvoir respirer enfin.
- Vous allez bien ?
Il haleta, puis posa son regard sur elle. C'est ce moment qu'on choisit pour toquer à la porte. Il tressaillit et se jeta hors de portée de sa subordonnée. Matsumoto cligna des yeux, alors que le son se répétait. Quelqu'un insistait pour rentrer. Un peu déboussolée, elle entendit son supérieur donné la permission à l'inconnu d'entrer. Une femme referma la porte derrière elle. L'apparence stricte, des cheveux gris retenu en un chignon stricte, mais surtout… La tenue du clan Kuchiki ainsi que son emblème brodé sur les manches. Elle s'inclina, ne semblant pas faire attention au désordre apparent.
- Mokona Kuchiki, intendante en service du clan Kuchiki. Je suis venue m'entretenir avec Hitsugaya-taïcho.
Pour une nouvelle ! Décidément, aujourd'hui était le jour des surprises ! Que venait lui demander l'intendant du clan du capitaine de la Sixième ?
- C'est moi. Trancha le blanc, porté par sa curiosité maladive.
Elle se redressa, et s'avança simplement.
- Je suis venue vous remettre au nom de notre chef de clan, une invitation. Ce serait un grand honneur pour nous si vous nous faisiez grâce de votre présence à cette humble cérémonie qui se tiendra au manoir Kuchiki.
Elle lui donna la petite enveloppe bleue, puis après d'autre formule de politesse quitta les lieux. Tôshiro avisa l'invitation, alors que Matsumoto le fixait. Il se reprit et la glissa dans sa poche, il devait se reprendre, mais d'abord…
- MATSUMOTO !
Elle rentra sa tête dans ses épaules, sachant d'avance qu'elle allait passer un sale quart d'heure.
….
Le petit capitaine aux cheveux blanc plissa les yeux en relisant le carton, s'assurant de l'heure précisée sur l'invitation, avant de franchir le portail de la famille Kuchiki. Personne ne lui demanda son invitation, il fut convié solennellement au petit salon pour être pris en charge.
Tôshiro Histugaya était l'un des prodiges de l'académie, rien de plus. Rien qui expliqua le carton bleu l'invitant à une réception au manoir Kuchiki... Quelle ne fut sa surprise lorsqu'il découvrit, en entrant dans le petit salon qu'il n'était pas le seul capitaine...
Du vieux Yamamoto, au tordu de Mayuri, par la séductrice Yoruichi en terminant par le taré d'Ukitake... Taré était l'adjectif utilisé par Tôshiro pour qualifier Ukitake, car celui-ci lui avait fait livrer à domicile 20 kilos de chocolat, il y a trois semaines...
« Pour fêter leur victoire sur Aizen! » Disait le carton.
A peine arrivé, il c'était retrouvé installé entre le Sotaïcho d'une part, et de l'autre le capitaine de la Treizième. Ils étaient arrivés un peu plus tôt visiblement, et Rukia qui avait servit d'hôtesse finit d'introduire le reste des membres du Gotei. Il se sentait un peu mal à l'aise de cette situation et toute son attention se focalisa sur l'entrée d'Hinamori. Elle portait un kimono vert pomme, très léger et agréable, sa ceinture d'un vert émeraude, elle avait opté pour les couleurs du clan. Ses cheveux tirés en un chignon haut piqué avec deux baguettes ouvragées, elle fit un petit signe à Tôshiro… Puis rosit lorsque Kyoraku qui venait après elle -galanterie oblige- l'invita à s'installer près de lui. Et cette réception promettait bien des bouleversements, tout le haut gratin de l'aristocratie avait finit par ce joindre à eux, tous les capitaines étaient présents ! Même Kenpachi, qui tout le monde le sait, vouait une haine tenace et bien entretenu par réciprocité au noble. Mais il jura dans sa barbe en voyant que Kurosaki faisait aussi partit du lot ! La petite brune semblait aller un peu mieux, il la trouva enthousiaste même. Surtout à prendre des nouvelles du capitaine Komamura… Tôshiro fronça les sourcils, bien évidement Kurosaki ne portait même pas de kimono, encore vêtu de l'uniforme de l'Académie. Il n'avait pas pensée que le shinigami remplaçant puisse être lui aussi invité. En même temps, il n'avait pas beaucoup l'occasion de voir le roux qui partait toujours en retard et rentrait à des heures effrayantes. Kurosaki était du genre à s'effondrer sur les terrains d'entraînements après y avoir sué sang et eau !
Il n'eut pas l'occasion d'aller parler au roux, et se retrouva installer pour le repas entre Yoruichi et Ukitake. Qu'est ce que c'était ce délire?
Ichigo était coincé, tout seul... Trois nobles le séparaient de Kenpachi. Sans se départir de son expression habituelle, il tentait de se faire petit... A coté de Kaori Nanaya, celle-ci sembla lui porter assez d'attention pour agacer Rukia à l'autre bout de la table. Cette Nanaya était une noble sortit de dieu seul savait où et tellement maniéré qu'il avait l'impression que respirer le même air qu'elle à cet instant était une insulte de premier ordre.
« Mais pourquoi il ne l'avait pas mit à coté de Zaraki? »
Au moins il ferait la paire!
-Heu...
Bredouilla t-il en priant pour qu'elle reste dans son périmètre à elle, mais Kaori Nanaya n'était pas du genre à se frotter à qui que ce soit.
-Merveilleux, vous avez une conversation passionnante!
Gloussa t-elle en le ridiculisant un peu plus, reprenant froidement le fil d'un dialogue inexistant, narquoise, elle poursuivit.
-Donc, vous êtes à l'académie... Et vous allez passer l'examen pour devenir capitaine d'entrée de jeu.
-Oui...
Grinça t-il en s'écartant d'elle.. Il n'avait jamais été très à l'aise avec les femmes, ni avec la noblesse, mais il remerciait- dans son fort intérieur- Rukia de ne pas être ce genre de chose!
Il lui jeta un coup d'œil en pensant à elle, à l'autre bout de la table, si loin... Il voyait bien la différence entre eux... Toute cette classe social. Toshiro put voir le roux lutter avec la femme, à force de sourire contraint et d'excuse bafouiller.
Mais cette soirée avait de quoi laisser stupéfait n'importe qui, car elle avait très vite tourné très court après que Kuchiki eut quitter la table un instant. Et Toshiro n'en revenait pas en marchant pour rentrer chez lui. Accompagné du shinigami remplaçant dont le sourire victorieux en aurait énervé plus d'un. Ichigo était fier jusqu'à s'en étouffer. Il avait pêché en plein dans l'aquarium, devant une soixantaine de convives hystérique, quatre énormes anguilles électrique! Le petit capitaine n'y croyait pas non plus... Tout ça pour récupérer son insigne.
- Kurosaki, vas-tu finir par me dire un jour comment ton insigne c'est retrouvé dans l'aquarium ?
Le roux souffla sur ses mains, les anguilles glacées empêchaient le sang de bien circulé… D'ici demain matin, elles auraient sans doute décongelé et il pourrait aller à l'Académie.
- L'important c'est que je l'ais retrouvé ! Plutôt mourir qu'admettre qu'il était persuadé que ça flottait…
La soirée avait été amusante, mais il n'était pas mécontent de rentrer se reposer un peu.
- C'est froid… Dis… Toshi… Histugaya-Taïcho ?
Il leva un sourcil, surprit de l'entendre l'appeler ainsi. Ichigo sourit.
- Merci encore.
Un grognement lui répondit. Puis Toshiro soupira.
- Tu te rends compte de ce que tu viens de faire ? C'était une cérémonie officielle ! L'une des plus importantes du Seireitei ! Après tout ce n'est pas tous les jours que Byakuya Kuchiki quitte le deuil. Et toi… Toi ! Tu pêches dans l'aquarium devant les convives en utilisant l'argenterie comme appât, et tue tout le reste des poissons ! Si Kuchiki demande ta tête sur un pic au Sotaïcho il sera obligé de la fournir avec des garnitures ! Kurosaki !... Tu m'écoutes quand je te parle au moins ?
Ichigo souffla sur ses mains en grimaçant
- C'est chouette, il pleut pas ce soir ! C'est la première fois depuis mon arrivée qu'on peut voir les étoiles ! Dis… 'shiro ?
C'était la première fois qu'il utilisait un surnom, ce qui le fit lever un sourcil.
- Tu crois qu'on voit ces mêmes étoiles de Karakura ? Je me demande si la Soul Society se trouve sous le même ciel que chez moi…
Puis il se souvint que Kurosaki avait de la famille, un père et deux sœurs, ainsi que des amis qu'il voulait protéger par-dessus tout. Et que tout ceci devait lui manquer. Il leva enfin le nez vers le ciel.
- La lune y est aussi belle. Murmura le blanc.
Ils continuèrent de marcher, et sans le regarder, le petit capitaine se sentait un peu déboussolé et surprit. Maladroitement et difficilement, il sentait que son cadet essayait de lui faire comprendre. Il surprenait ses gestes à son attention, cette volonté dans son regard, cette flamme qui lui disait… Tu n'es pas seul. Autant de chose qui lui donnait confusément envie de s'éloigner comme un chat échaudé. Kurosaki s'imposait à lui… Mais aussi en lui. Le roux cherchait des prétextes, la moindre occasion pour le pousser juste un peu. Et il ne comprenait pas… Tôshiro en avait la migraine à force de réfléchir. Il ne comprenait pas ce que l'autre voulait, pourquoi il agissait ainsi. Depuis quand étaient-ils aussi amis ? Si intime ? Pour que le roux semble donner une confiance aussi totale à chacune de ses présences. Il avait envie de lui dire « laisse-moi tranquille » tout simplement. Il n'avait jamais rencontré personne jusqu'ici qui se batte autant pour lui. Et cela le déconcertait. Il avait ressentit cette force déjà, ce sentiment d'assurance absolu pour quelqu'un… Hinamori. Et aujourd'hui, il ne restait que des cendres. Et Kurosaki était arrivé. Kurosaki lui avait tendu la main… Brisant sa solitude. Et il n'était pas sûr que ce soit une bonne chose.
…
Ichigo posa dans un bac les anguilles, et grimaça en regardant les bandages sur ses mains. Toshiro tendait le bras pour fermer la fenêtre. Il fit un pas.
- Kurosaki… Le moindre geste suspect vers ma personne et je te congèle jusqu'à demain matin.
Il se tourna et dévisagea le sourire du roux qui levait les mains.
- T'as gagné, pas de câlin !
Toshiro étouffa un bâillement. Puis lui jeta un regard en biais.
- T'es vraiment un gamin, tu peux pas vivre sans ?
Le roux eut une expression bizarre, prit à son propre jeu. Ichigo se figea en voyant le capitaine s'approcher de son chef. Juste la distance entre eux… Puis passer ses bras autour de sa taille !
Le roux tressaillit en le sentant se presser contre lui, et pour cette fois, se fut lui qui devint pivoine !
Toshiro avait douloureusement conscience que cela ne devait pas être facile pour le roux de se retrouver coincer ici, loin de toute sa famille, et ses amis, tout ce soutient qui le faisait défaut. Alors qu'il avait le besoin, maintenant plus que jamais de tous ces piliers. Puis… Surtout Kurosaki venait de franchir une sacrée barrière sans savoir. Ce simple geste de tendre la main, l'avait marqué… Et Hyorinmaru soupira de soulagement, lui qui craignait par-dessus tout, la solitude de son jeune maître.
- Rappel-moi de ne jamais me souvenir de cet épisode humiliant Kurosaki…
Un sourire s'étala sur le visage du remplaçant, qui pour la peine fourragea dans ses cheveux en les emmêlant.
- Je crois que tu as parfaitement assimilé ma dernière leçon ! La prochaine se sera de te prendre un fou rire devant toute la population du Gotei !
- Crève ! Marmonna Toshiro en s'écartant, sifflant de colère.
L'habitude reprenant le dessus.
- Mais je vais y arriver ! Tu parles à Kurosaki-futur-taïcho !
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La soirée est disponible en détail dans la première partie. J'espère que ce chapitre ne vous aura pas trop déçu. J'ai besoin de me replonger dedans pour ma part. J'ai l'intention de tisser la relation Ichigo et Toshiro. Matsumoto n'est pas facile à gérer, et Hinamori semble s'enfoncer dans la pénombre. Nous verrons bien jusqu'où ira l'obscurité.
