Une semaine plus tard, Sasuke sut que quelque chose n'allait pas dès qu'il poussa la porte de la salle de danse. Comme chaque début d'après-midi, il se dirigea vers sa bande d'ami arrivée plus tôt, mais le silence de la salle l'inquiéta. Pas de musique entêtante qui lui donnait envie de danser, pas de murmures admiratifs qui l'exaspéraient. Juste le calme plat, l'ambiance triste, les regards désolés des élèves, les larmes dans les yeux de ses amies, les poings serrés de ses amis, et l'absence du professeur…
-Où est Gaï-senseï ? Demanda-t-il.
Karin et Ino avaient fondu en larmes à ce moment là pendant que Tenten serrait encore plus les poings pour s'empêcher de craquer à son tour. Gaara la prit par les épaules posant sa main sur son front pour la rassurer. Sasuke fronça les sourcils face aux réactions de ses amis. Kiba se leva et le prit par les épaules, aggravant sa confusion.
-Kiba ? Mais qu'est-ce que tu... Commença Sasuke.
-Surtout, reste calme, ok ? Il faut que tu restes calme, on a tous besoin de ça, le coupa Kiba.
-Que se passe-t-il ?
Kiba ne répondit pas à sa question. Jetant un petit coup d'œil à ses deux amies qui pleuraient toujours, Sasuke répéta plus fermement :
-Que se passe-t-il, Kiba ?
La réponse lui tomba dessus, comme si le monde s'écroulait :
-Lee s'est fait renversé par une voiture, il est à l'hôpital.
Il se trouvait sur une scène, face à un bon nombre de spectateurs impatients.
Une musique démarra et il reconnut une capoeira.
Il tourna la tête à droite et à gauche. Il était seul. C'était donc à lui de jouer.
Il se mit à danser, laissant la musique créer un cocon de bien-être autour de lui.
A la fin de la chanson, il s'arrêta le poing en l'air, comme il en avait l'habitude.
Les spectateurs le huèrent. Il regarda surpris ces inconnus qui le montraient du doigt, qui se moquaient de lui et qui le huaient.
Il baissa les yeux. Et le sol se déroba sous lui. Sa chute allait être infinie.
-Lee ? A l'hôpital ? C'est une mauvaise blague, c'est ça ? S'exclama Sasuke.
Kiba secoua la tête, désolé. Sasuke sentit les larmes lui montaient aux yeux. Kiba, et tout ses autres amis étaient dans le même que lui. Suigetsu se détacha de Karin en laissant Kiba la prendre dans ses bras à son tour, Ino vient se coller à eux pendant que Suigetsu refermait ses bras autour que Sasuke.
-Il partait pour aller s'acheter de nouveaux bandages et en sortant du magasin, un chauffard saoul l'a renversé. On ne sait pas comment il va, chuchota-t-il.
Sasuke serra très fort les épaules de son meilleur ami à son tour. La petite bande était très soudée et comme chacun de ses autres amis, Lee lui était très cher. Ils avaient l'habitude de tout se dire, de passer des soirées dans une de leur chambre, blottis dans des couvertures. Rien ne serait plus pareil si l'un d'entre eux n'était plus là. Il avait peur. Peur que Lee meurt ou soit mort. Il se sépara de son ami au moment où Gaï entra dans la pièce et se dirigea vers eux accompagné de leur professeur principal, Tsunade.
-Nous sortons du bureau du directeur, annonça celle-ci, vous êtes dispensés de cours pour cette après-midi. Vous pouvez aller à l'hôpital.
Sasuke hocha la tête, calmé. Il fit signe à ses amis et ensemble ils sortirent.
Il se trouvait sur une scène, face à un bon nombre de spectateurs impatients.
Une musique démarra et il reconnut une capoeira.
Il tourna la tête à droite et à gauche. Il était seul. C'était donc à lui de jouer.
Il se mit à danser, laissant la musique créer un cocon de bien-être autour de lui.
Soudain, au milieu de la chanson, sa cheville se tordit. Sa jambe céda sous le poids de son corps et il ferma les yeux, se préparant à un impact dur et violent avec le parquet de la scène.
Mais au lieu de ça, il continua à tomber, encore et encore, dans les ténèbres. Sa chute allait être infinie.
Naruto entra précipitamment dans la salle d'attente, suivi de près par ses amis. Sakura, Temari et Hinata se précipitèrent pour prendre Tenten, Karin et Karin dans leurs bras. Shikamaru, Choji, Sai, Neji et Sai s'assirent sans un mot à côté de Suigetsu, Kiba et Gaara, un peu gauche avec leur sentiment et ne savant tous les cinq pas quoi faire d'autre. Naruto s'approcha de Sasuke et en posant rapidement la main sur son épaule, il demanda :
-On est venu dès qu'on a su, comment va-t-il ?
Sasuke le remercia d'un hochement de tête et d'une voix qu'il espérait neutre, mais qui tremblait légèrement d'inquiétude :
-Il est plongé dans le coma depuis l'accident.
Sa réponse fit fondre Sakura en larme, dans les bras de Tenten qui pleurait déjà silencieusement. Hinata étouffa tant bien que mal ses sanglots dans le haut d'une Ino ravagée par la tristesse et Temari et Karin laissèrent échapper de fines larmes, essayant de rester fortes.
Sasuke continua, ignorant sans réellement en être capable les larmes des jeunes filles :
-Les médecins ont dit qu'ils ne savent pas quand est-ce qu'il va se réveiller…D'ailleurs la question n'est même pas de savoir quand il va se réveiller, mais s'il va se réveiller…
Ce fut au tour des garçons d'écraser une larme, même les futurs musiciens qui avaient eut le temps d'apprendre à bien les connaitre et à les apprécier durant les derniers jours. Sasuke resta droit et malgré tout, annonça :
-Rentrons ça ne sert de toute façon…
Les filles essuyèrent leurs larmes et tout le monde accepta avec un hochement de tête ou simplement en se levant.
-J'ai une idée ! S'exclama Temari sur le chemin du retour. Et si on faisait une soirée pyjama ?
Les autres la regardèrent, interdits et surpris.
-Quoi de mieux pour remonter le moral des troupe qu'une petite pyjama partie ? On apportera des sodas, des chips, des bonbons…Ce soir, à vingt heures dans notre chambre, à Tenten et à moi, ok ?
Parce que personne n'avait la force de refuser, tout le monde accepta.
Il se trouvait sur une scène, face à un bon nombre de spectateurs impatients.
Une musique démarra et il reconnut une capoeira.
Il tourna la tête à droite et à gauche. Il était seul. C'était donc à lui de jouer.
Il se mit à danser, laissant la musique créer un cocon de bien-être autour de lui.
Il sentit sa colonne vertébrale se craquelait en morceaux soudainement, au milieu de la chanson. Ses jambes le lâchèrent, il ne les sentait plus. Il essaya de les bouger en vain, les larmes lui montant aux yeux.
Il tapa sur le sol avec rage. Son désespoir ne cessa de grandir, et il se mit à griffer le parquet de la scène, à le griffer jusqu'au sang. Il ne s'arrêta pas pour autant. Il le griffa jusqu'à qu'il n'en reste plus rien, ses ongles étaient arrachés, ses doigts saignaient abandonnement mais lui, il ne fixait que le vide noir qui était apparu sous le bois, les ténèbres qui semblaient l'attirer, cruelles et destructrices.
Il plongea dans ces ténèbres, tête la première. Il chuta, mais même en essayant de se retenir à la parcelle de réalité qui brillait au dessus de lui, la seule chose qu'il réussit à faire était de tomber encore plus profondément, sa chute allait être sans fin, comme un enfer infini.
-Alors, fit Kiba en déballant les sacs en plastique. Pour le sucré, on a des Chamallow, des Dragibus, des Fraises Tagada, des Carambars et d'autres Haribo dans le genre. Et pour le salé, on a des gâteaux d'apéro et des chips normales, à la moutarde, au barbecue et même au poulet !
-Que des trucs bons pour la ligne ! Ironisa Temari en passant plusieurs duvets à Shikamaru qui le passa à Choji et à Suigetsu qui les ouvrèrent et qui les placèrent au sol.
Ino s'approcha discrètement de Sakura et la fit sursauter en disant :
-On a les même reflexe.
-Hein ? Sursauta Sakura.
-Concernant les habits, on est toutes les deux très accrochées à la mode alors quand on voit des gens, on analyse leurs habits pour connaitre leurs styles, n'est-ce pas ?
-Tout à fait, approuva l'autre en souriant, alors que penses-tu de l'ensemble pantacourt et haut façon kimono chocolat de Tenten ?
-Joli mais sportif, tout à fait elle quoi, plaisanta Ino, et la nuisette rouge de Temari ?
-Trop décolté et trop courte.
-Moi je l'aime bien.
-Le petit ensemble d'un short et d'un débardeur bleu nuit d'Hinata ?
-Il la met vraiment en valeur…
-Remarque, ta petite nuisette violette te met vraiment en valeur aussi.
-La tienne aussi, mais je suis pas trop pour le rose…
-Chacun ses goût, ajouta Sakura en haussant les épaules, le pyjamma qui est vraiment jolie c'est la salopette noire de Karin…
-C'est vrai mais…
-Eh ! Les filles ! Les coupa Neji, si vous veniez, qu'on puisse commencer ?
-On arrive, répondirent-elles en cœur.
Les jeux partirent de bon train. Entre le « je n'ai jamais », le « action chiche ou vérité » ou encore le « cap ou pas cap », ils eurent de temps de découvrir la liaison amoureuse secrète de Gaara et Tenten (même si tout le monde s'en douté), pratiquement tous les petits secrets honteux d'Ino, ils eurent le temps d'embrasser et de câliner au moins la moitié des personnes, de mélanger du sucré avec du salé pour fabriquer des goûts indevinable…
Les Taka avaient compris : ils n'avaient pas le droit d'abandonner. Lee n'était pas mort. Il allait se réveiller. Et ils monteraient ensemble, tous. Mais en attendant son réveil, ils devaient croire en lui, venir le voir tous les jours, rire, sourire, s'amuser, s'améliorer, pour qu'il soit fier d'eux à son réveil.
Il se trouvait sur une scène, face à un bon nombre de spectateurs impatients.
Une musique démarra et il reconnut une capoeira.
Il tourna la tête à droite et à gauche. Il entouré de ses amis. Le groupe Taka. Ils allaient donner le meilleur d'eux-mêmes.
Il se mit à danser, laissant la musique créer un cocon de bien-être autour de lui.
Soudain, il sursauta et s'arrêta. Habituellement à ce stade de la chanson, il lui arrivait quelque chose. Il baissa son regard, le sol restait intact, il sauta, ses jambes lui obéissaient, il regarda le public, pas de moquerie, mais les cris d'encouragement et d'allégresse des membres d'Uta no shinkan. Eux aussi étaient là. Eux aussi étaient ses amis.
Il entendit un bruit de tissu sur sa droite et tourna la tête dans cette direction. D'une pirouette souple et gracieuse, Sasuke s'approcha de lui et lui tendit sa main. Comme une invitation muette à venir danser avec lui. Les autres se rapprochèrent de lui, d'un geste qui lui réchauffa le cœur.
Il recommença à danser et ses amis calquèrent leurs rythmes sur le sien.
Il n'était plus seul. Il avait ses amis. Tout allait bien. Sa chute était enfin finie.
Tout doucement, Lee ouvrit les yeux.
