Ce chapitre a été écrit par Ruumi! Amusez vous bien des déboires de Keii-chan!
« Ne pas paniquer ! Ne pas paniquer ! Ne pas… »
Le jeune homme s'arrêta net dans le couloir désert de la Jimusho. Il n'avait pas rêvé ! Il avait bien entendu des bruits de pas derrière lui ! Keiichiro respira plus vite, essayant de ne pas céder à la folie.
« Allez… Tu es dans un des endroits que tu connais le mieux, mon Keii. Rien ne peut t'arriver ! Pas même le soir de Halloween ! ».
Il reprit sa marche rapidement. Un cri s'échappa d'entre ses lèvres lorsque les lumières s'éteignirent. S'en fût trop pour lui. « Shige, je te déteste ! » murmura-t-il.
Ce soir-là, il avait passé la soirée avec son meilleur ami et amant… Oui, les doutes sur leur relation étaient fondés. Pourquoi se retrouvait-il seul à 22h maintenant passé dans les locaux de son agence alors ? Tout simplement parce qu'il avait oublié un dossier très important avant de partir précipitamment rejoindre Shige. Dossier sur lequel il devait travailler pendant ses deux jours de congés pour le mercredi suivant.
Il avançait maintenant dans le noir complet. Il se rendit alors compte qu'il ne connaissait pas si bien que ca son agence. C'était simple, il était complètement perdu dans l'étage. Il s'arrêta un moment et tendit l'oreille. Peut-être entendrait-il quelque chose ? Quelqu'un qui, par chance, serait dans la même galère que lui !
« AH NON HEIN ! C'EST QUOI ENCORE CETTE HISTOIRE ! SANS LA LUMIERE LE SUPER BOND RYO IL NE PEUT PLUS RIEN VOIR ! LA SCENARISTE DU FILM ELLE EST VRAIMENT DEBILE MOI JE VOUS LE DIS ! »
Ryo ? La voix de Ryo ? D'où venait-elle ? « Reparle Ryo-chan… Que je sache où tu es… » murmura-t-il.
Un « plop plop plop » lui répondit.
« Oh, ce n'est que de l'eau qui coule ! »
« Pouic pouic »
« Et quelqu'un qui marche en couinant. »
Keiichiro se remit à avancer en souriant légèrement : Ryo n'était pas très loin, mais s'arrêta de nouveau presque aussitôt. De l'eau et des bruits de pas qui couinent ? Il était proche des douches alors ? Mais...qui était la avec lui ? Les pas s'approchaient lentement, il les entendait sur sa gauche, tandis qu'il s'empêchait de se mettre à complètement paniquer. Keiichiro tremblait légèrement. Il était complètement terrifié si bien qu'il n'aurait même pas pu crier pour demander de l'aide. Son corps se tendit plus quand d'autres bruits de pas, précipités ceux-là, se firent entendre dans son dos. Il était cerné ! Il allait mourir ! Il allait mourir et il ne pouvait même pas dire une dernière fois à Shige combien il l'aimait ! Il allait mourir et il avait oublié son coup de fil quotidien à sa mère ! Il allait mourir et...
Une main se posa rapidement sur son épaule. Non, il ne pouvait pas mourir ! Pour Shige, pour sa mère, il ne pouvait pas mourir ! Il enleva brusquement la main qui s'était posée et partis en courant droit devant lui sans s'occuper de ce qui devait être le spectre de la femme de la baignoire qui était toute proche. Les douches, les douches ! S'il tournait au fond du couloir à droite, il arriverait aux escaliers ! Et s'il montait, il serait à l'étage des juniors. Il accéléra sa course et ouvrit la porte des escaliers à la volée. La personne à la main le suivait. Il l'entendait distinctement. Il le suivait et il voulait le tuer ! Il devait s'en sortir ! Il devait montrer qu'il était fort et courageux.
Il montait les marches deux par deux manquant de tomber plusieurs fois. Son cœur battait à tout rompre dans sa cage thoracique. S'il ne mourrait pas des mains de son poursuiveur, il mourrait de son cœur qui explose. Ça allait être la fin pour lui. Quoi qu'il arrive, il était fini.
Il s'arrêta en haut des escaliers pour tenter de reprendre un rythme cardiaque normal. Son agresseur peinait à monter rapidement les escaliers. C'était la sa chance ! Et s'il le poussait une fois en haut ? Il allait faire ça !
Son cœur battait de nouveau à une vitesse supportable quand il entendit un cri terrifiant et terrifié briser le silence. S'en était trop pour lui ! Il s'appuya dos au mur et se laissa lentement glisser. Il ravala ses larmes qui menaçaient de couler. Il ne pouvait pas se montrer faible maintenant. Il devait tout faire pour s'en sortir. Quitte à tuer cette personne qui montait lentement les escaliers vers lui.
Il se releva tout aussi lentement, retroussa ses manches et se mit en position de combat. Il l'aurait ! Ce ne serait pas lui qui mourrait, mais cette personne qui lui en voulait.
« Keii ? »
Ce n'était qu'un murmure mais Keiichiro l'entendit très nettement. Il ne reconnaissait pas la voix qui avait soufflé son surnom mais elle lui disait vaguement quelque chose. Alors là, c'était clair ! La personne était un stalker qui lui en voulait personnellement. Il ne pouvait pas grand chose contre ce genre de fou.
« JE NE VEUX PAS MOURIRRRRRRRRRRRRR ! JE NE SUIS PAS ASSEZ VIEUX ! LAISSEZ MOI ! »
Ryo ? Que lui arrivait-il ? Sa vie était en danger ?
Tandis qu'il réfléchissait, son stalker venait de gravir la dernière marche. Keiichiro vit parfaitement sa silhouette avancer vers lui. Dans un moment de courage, il rassembla ses forces et poussa son agresseur. Il n'entendait pas le bruit caractéristique de quelqu'un qui tombe dans les escaliers, mais, à la place, ce fût celui de la porte qui claqua contre le mur. Quelqu'un arrivait ! Il n'attendit pas plus longtemps pour se jeter sur la porte de l'étage pour s'engouffrer dans le couloir. Ils laissaient ses mains glisser sur les parois des murs pour retrouver la salle dans laquelle il voulait aller. Celles des JUMP ! Là, il y avait des tonnes d'endroits pour se cacher.
Première porte : Kis-my-ft2
« AAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! » entendit-il dans son dos. « Désolé Ryo-chan… » murmura-t-il.
Deuxième porte : les douches de l'étage.
Troisième porte ! Troisième porte : JUMP !
Il y était ! Il poussa sur la porte et celle-ci s'ouvrit sans protester ! Il la claqua derrière lui et s'appuya dessus. Un rire nerveux s'échappa d'entre ses lèvres. Il était vivant ! Il avait réussis ! De nouveau, il tendit l'oreille. Le silence était même assourdissant. Koyama n'était absolument pas rassuré. Lui, il était rassuré seulement quand il était entouré, quand il y avait du bruit, des paroles et… Des bruits de pas aussi, oui oui ! Il se rassurait lentement. « EH ? » lâcha-t-il avant de plaquer une main contre sa bouche. Des bruits de pas ? Quelqu'un marchait donc dans le couloir ? A quatre pattes, il avança à tâtons dans la salle, en quête d'une arme potentielle. Il tomba sur des feuilles, des papiers de bonbons, des emballages de bento… Inutiles, inutiles, inutiles ! Puis sa main se referma sur une baguette de batterie. Yuto-kun n'était pas très soigneux de ses affaires. Il empoigna fermement son arme blanche et se releva. De nouveau en position de garde, il attendit. Trente secondes, une minute, deux puis trois. Mais rien ne se produisit. Il baissa alors son bras et soupirant. C'est à ce moment précis que la porte s'ouvrit lentement, en un grincement significatif. Le corps tout raide, il regardait fixement l'ombre de cette porte bouger et laisser deviner un corps. Puis l'ombre bougea plus rapidement, claquant la porte derrière elle. Cette fois, c'était vraiment la fin s'il ne faisait rien. Il fondit alors sur le nouvel arrivant avant de l'attaquer de sa baguette. Un coup sur la tête, un coup dans le cou, un coup dans le ventre, un coup…
« Keii ! Keii ! Aïe ! Calme-toi ! Keii ! »
Koyama s'arrêta net.
« Shige ? SHIGE ? »
Il le poussa alors contre la porte et se remit à le frapper en l'insultant comme jamais il n'avait insulté personne. Toute sa peur était en train de partir, laissant place à la sécurité d'être avec celui qu'il aime. Arrêtant de le frapper, il le serra fort contre lui un moment, avant de s'en séparer.
« Shige ! Il faut se barricader ! La femme de la baignoire rode, et quelqu'un a agressé Ryo-chan. Shige, il faut qu'on se barricade ! »
Abandonnant Shigeaki contre la porte, il avança précautionneusement dans la salle. Une table ! Il la poussa alors contre la porte avec l'aide de son amant qui l'avait rejoint. Une guitare, des fauteuils. Tout était bon pour les bloquer !
Il s'appuya contre son barrage de fortune en soupirant quand des coups sur la porte se firent entendre. Un Koyama complètement paniqué se tourna vers un Kato pas beaucoup plus rassuré. Ils ne bougeaient pas d'un pouce. Mais au bout de plusieurs minutes, ce fût Maruyama-kun et Taguchi-kun qui se présentèrent à eux.
« BANDE DE CRETINS ! HORS DE QUESTION QU'ON VOUS OUVRE MAINTENANT ! »
Peu importe l'amitié que Koyama pouvait leur porter, jamais ô grand jamais il ne leur ouvrirait maintenant. Et puis, peut-être que c'était des imposteurs ! C'est alors épuisé que Keii se lova dans les bras du plus jeune et s'y endormit.
Premier novembre 2011, 8 heures du matin.
Le concierge avait déjà assisté à des choses particulières dans cette agence mais il n'arrivait pas à mettre des mots sur le carnage qu'il venait de découvrir : de l'eau dans les couloirs, un rideau près de la porte d'entrée, et il en passait.
Quand il arriva au premier étage et qu'il voulut vérifier l'état de la troisième pièce, c'est avec stupéfaction qu'il ne put l'ouvrir. Il poussa alors un peu plus sur la porte, mais rien ne bougeait ! Il frappa alors fortement et, au bout de plusieurs minutes et beaucoup de bruits, il put enfin découvrir un Koyama-san et un Kato-san lui souriant.
Non, il ne voulait rien savoir ! Il partit alors continuer son inspection.
