Et dernier chapitre par Domi! On finit avec Shige!
Je marchais tranquillement dans les rues aux côtés de Keii, nous avions passée une bonne soirée et nous étions sur le chemin du retour. Nous rentrions chez nous, enfin chez lui. Il était mon meilleur ami officiellement, mais officieusement, nous étions en couple. La situation était un peu compliquée à gérer, pour nos familles, nos proches, nous devions nous cacher. Cela durait depuis un moment, Keii et moi avions pris cette décision pour éviter les ennuis à l'agence. Ainsi, je gardais mon appartement, mais je vivais auprès de celui que j'aimais. Notre travail nous prenait énormément de temps, c'était la seule solution pour qu'on puisse être ensemble. Ce soir là, nous fêtions Halloween, beaucoup de gens s'étaient déguisés pour l'occasion, et les enfants recevaient des friandises. Keii n'aimait pas trop ces déguisements effrayants, il préférait voir ceux en forme de citrouille, ceux qui ne font pas peur. Il était adorable, intéressant, ses expressions me fascinaient. Il n'était pas mon modèle préféré pour rien, mes photos de lui étaient toujours réussies. Seulement, je ne pouvais pas les publier, j'avais dû me contenter de quelques unes lors d'un voyage en sa compagnie. Soudain, il s'arrêta et me fit de grands yeux tout en se pinçant la lèvre inférieure. Son comportement signifiait qu'il avait fait quelque chose de travers.
- Chéri... je dois passer à l'agence, j'ai oublié mon dossier dans le vestiaire !
- Tu abuses... je m'en fou, je t'attendrais dehors.
Parfois, il pouvait aussi m'agacer, il pouvait être tête en l'air et il nous faisait perdre un temps précieux. Il avait de la chance que nous avions deux jours de congés, autrement, je me serai énervé. Une fois au pied de l'immeuble, il me sourit et s'engouffra à l'intérieur. Quelques minutes plus tard, le gardien vint me saluer et me prévint qu'il allait fermer les portes. Je regardais ma montre et vis en effet l'heure de la fermeture dépassée. Il fallait que je rejoigne Keii et qu'on sorte d'ici. Une fois le gardien dos tourné, je me faufilai et me dirigeai vers notre étage. Malheureusement, l'extinction des lumières présageait que le gardien était en train de verrouiller l'entrée. Génial, il ne manquait plus que ça, la fin de soirée que j'avais planifiée était foutue. On allait dormir dans notre lieu de travail, alors que nous étions en congés, si ce n'était pas le comble. Il me restait à retrouver mon amant, avant qu'il ne meurt de peur. J'étais énervé mais je m'inquiétais pour lui, le pauvre devait être perdu recroquevillé sur lui même. Je tâtonnais les lieux et parvint à m'introduire au bon étage. J'avais reconnu la poignet de la porte, elle était plus petite que les autres. J'étais assez bon observateur, mon talent allait peut être me servir pour me diriger dans l'obscurité. L'emplacement des salles, pots de fleurs ou encore réservoirs d'eau allaient m'être utile. Plus j'avançais dans ce couloir, plus je percevais des bruits de pas. Il était juste devant moi, je devais accélérer pour le rattraper. Mais des bruits étranges résonnaient, je ne pouvais pas m'empêcher d'angoisser. On avait beau dire, ce genre de situation ne pouvait pas nous laisser de marbre. Je ne voyais quasiment rien, mais il me semblait voir une silhouette non loin. Je fis les quelques mètres qui me séparait d'elle et déposait ma main sur son épaule. Il allait me sauter dans les bras et être heureux de m'avoir à ses côtés. Au lieu de ça, il s'était enfuit en courant ne me laissant même pas le temps de le rassurer. J'étais persuadé que c'était lui, sa respiration, son épaule, le toucher de sa veste, je ne me trompais pas. A l'autre bout de l'étage, deux cris terrifiants retentirent, nous n'étions donc pas seuls. Je me demandais qui pouvait bien être ces imbéciles, mais n'y prêtais pas attention. Je devais retrouver Keii, s'il avait entendu ça comme moi, il devait encore plus paniquer. Le vestiaire était au fond du couloir, mais je doutais qu'il puisse penser à son dossier en cet instant. A mon avis, il devait chercher un endroit où se cacher et se protéger. Je ne voyais que l'étage supérieur, il le connaissait mieux que le notre. Koyama aimait rendre service et encourager nos juniors, il était tout le temps fourré là haut. Je me pressais à atteindre les escaliers et l'entendais grimper plus haut. J'étais essoufflé, je commençais à en avoir marre de courir après lui, il m'avait fait monter les quatre étages à pied. Je me dépêchais et en perdis même ma chaussure droite. Je m'arrêtai et haussa les épaules, je n'avais pas le courage de redescendre ces fichus escaliers pour la rechercher. De plus, je l'entendais se précipiter, je repris l'ascension interminable et atteignis enfin le palier. Il s'était accroupi, je l'entendais sangloter. Je ne voulais pas l'effrayer comme tout à l'heure et l'appelais pour qu'il sache que je suis là.
- Keii ?
A l'étage inférieur, la voix de Ryo venait de briser le silence, il hurlait et voulait être épargner. Qu'est ce qu'il faisait là lui ? Il révisait peut être une scène de drama vu la voix qu'il avait. Si je ne le connaissais pas, j'aurai pu croire qu'il paniquait. L'idée me faisait rire, Ryo hurlant de peur et tremblotant. Ah si c'était vrai, il serait fier de voir que son petit Kato n'était pas un froussard. Je me voyais le rassurer et obtenir un Ryo reconnaissant à vie. Le rêve. Puis, je sortis de mes pensées, un sourire aux lèvres. Et pour toute réponse de mon petit ami, je me retrouvais projeté contre la rembarre avec une douleur affreuse dans le dos. Il était fou, j'aurais pu passer au dessus ou encore tomber dans les escaliers ! Il n'avait même pas reconnu le son de ma voix. Étrangement, ça me rendait triste. Je savais qu'il était terrifié, mais pourquoi n'avait il pas reconnu ma démarche, ma poigne, ou même l'odeur de mon parfum comme moi j'avais reconnu la sienne, ma voix ? La douleur passée, je restais toujours assis contre la rembarre. J'étais fatigué, et je n'avais pas envie de me lever. Il attendrait un peu, en plus je commençais à avoir froid au pied. Quelques minutes plus tard, je décidai de me relever, et descendis les escaliers pour chercher ma chaussure. J'étais à quatre pattes en train de tâter le sol, j'étais pitoyable. Je sentais la poussière sous mes mains, et attrapais enfin cette maudite chaussure. Je l'enfilai et me relevai en direction de l'étage. Je ne voulais pas m'éterniser plus longtemps en le sachant seul et apeuré comme ça. Seulement, une voix m'interpella et je reconnus Tegoshi.
- Shige qu'est ce que tu fais là ?
- Je pourrai te poser la même question tu sais !
- Moi ? Et bien je voulais me détendre pour réfléchir un peu mais toute l'agence semble s'être donnée rendez-vous ici !
- Tu es toujours préoccupé par Ryo ne ?
- … De quoi tu parles ?
- Arrêtes. Tu penses que je ne vois pas comment tu le regardes ?
- Oh , c'est le même regard que ceux que tu échanges avec Keii-chan peut être ? Demanda le plus innocemment possible Tegoshi.
- Je... Oui mais ne le répète pas s'il te plaît ! Tu comptes faire quoi maintenant ?
- Et bien je vais chercher le moyen de rejoindre Ryo dans son placard quand il y sera.
- Ryo dans un placard, tu rigoles ?
- Non pas du tout ! Bon je te laisse ! Je vais me replonger dans mon bain le temps de le laisser paniquer un peu. Bonne soirée Shige-chan ! Passe le bonsoir à Keii-chan de ma part !
- Je n'y manquerai pas !
Alors là, je n'en revenais pas. Non pas que Tegoshi se trouvait ici, en fait j'aurai dû m'en douter, il m'avait déjà dit qu'il aimait passer des nuits ici pour réfléchir et faire le point quand ça n'allait pas. Mais Ryo paniquait vraiment ! Il se trouvait dans un placard, alors ça, je ne manquerai pas non plus de lui faire la remarque quand on se reverra. Pour le moment, j'espérais que Tegoshi tenterait sa chance. J'avais repéré son changement d'attitude envers Ryo, il me rappelait moi avec Keii-chan à nos débuts. Apparemment, Tego m'avait aussi grillé avec Keii, il était vrai que je ne cessais de le regarder. Je me devais de veiller sur lui et de l'admirer. Cependant, je savais que le secret serait bien gardé, je connaissais le vrai Yuya et il n'avait pas intérêt à me trahir. Remontant tranquillement les escaliers, je finis par franchir le seuil du quatrième et arpentais le couloir. L'étage semblait vide, mais je continuais d'avancer en tendant l'oreille. Je dépassais une porte et je souris, j'avais entendu du mouvement à ma gauche. Calmement, je me dirigeai vers elle et l'ouvrit lentement. Mes yeux s'étaient habitué à l'obscurité depuis le temps et je distinguais des formes. Je voyais l'encadrement des fenêtres, les tables, les chaises et quelque chose de plus foncé devant moi, c'était peut être lui. Je fis un rapide pas et le système de fermeture tira fermement la porte derrière moi. A peine, avais-je eu le temps de me retourner que je recevais une multitude de coups. Mais avec quoi me tapait il ? C'était douloureux, il allait me tuer s'il continuait !
- Keii ! Keii ! Aïe ! Calme-toi ! Keii !
- Shige ? SHIGE ?
Il lâcha son arme de fortune et tapa de ses poings contre mon torse. Je me souviendrai de ne plus jamais l'effrayer, il était incontrôlable. Il s'était ensuite blotti dans mes bras et commençait à se calmer. J'en profitais pour le serrer contre moi, et plongeais mon visage dans son cou. Je l'avais enfin retrouvé, je ne le laisserai plus partir seul. Bien vite, il se sépara de moi et s'écria qu'il fallait se barricader. Il craignait qu'on se fasse agresser. A part moi, il n'y avait personne à cet étage mais si cela pouvait le calmer, j'allais l'aider. Il poussait la table, le fauteuil, et tout ce qui pouvait bloquer la porte. Une fois rassuré, il se glissa au sol et soupira. J'allais pouvoir le prendre dans mes bras et peut être que notre soirée n'était pas si foutue que ça. Soudain, quelqu'un essaya d'enfoncer la porte, me faisant sursauter. J'étais maudit, je ne pourrais jamais être en paix avec mon petit ami, j'allais péter un câble. Une voix s'éleva enfin et il s'avéra que ce n'était que ces deux idiots de Maruyama-kun et de Junnosuke-kun. Ils venaient de nous foutre la trouille et ils désiraient passer la fin de soirée avec nous. Ils rêvaient là ! J'allais leur dire le fond de ma pensée mais Keii me précéda.
"BANDE DE CRETINS ! HORS DE QUESTION QU'ON VOUS OUVRE MAINTENANT !"
J'étais fier de lui, ces deux bakas avaient de la chance d'être de l'autre côté de cette porte. Dans le cas contraire, mon amour les aurait battu à mort. Je souris et prit Keii dans mes bras. Ces évènements l'avaient exténué, et très vite il s'endormit. J'étais un peu frustré, mais je comptais me rattraper le lendemain. Je défis ma veste et la déposa sur ses épaules. Je lui embrassais le haut de son crâne et me permis de fermer les yeux cherchant à trouver le sommeil à mon tour.
Premier novembre 2011, 8 heures du matin.
Le concierge avait déjà assisté à des choses particulières dans cette agence mais ce matin là, il allait de surprise en surprise. Il en venait à se demander si ces jeunes hommes ne lui faisaient pas une farce. De l'eau, des serviettes et un balais jonchaient les couloirs, tandis qu'il retrouvait au fur et à mesure de son avancée certains majors de l'agence. Il avait cependant compris les visites nocturnes de Tegoshi Yuya à l'agence, en le retrouvant dans les bras d'un Nishikido Ryo. D'ailleurs, il préférait oublier l'endroit dans lequel il les avait surpris. Ensuite, il avait réveillé Maruyama Ryuhei et Junnosuke Taguchi dans les vestiaires des juniors. Ils ne les savait pas si proches, et évitait de se poser des questions. Mais la salle barricadée des Jump, dépassait l'entendement. Shige Kato et Koyama Keiichiro s'y trouvaient et s'étaient simplement excusés avant de s'éclipser.
Ce pauvre concierge était cependant content que son inspection prenait fin, ces jeunes lui donnait bien du travail avant l'ouverture complète de l'agence. Mais ce qui l'intriguait le plus étaient certainement ces questions sans réponses.
