Ceci est un Slash Harry Potter / Draco Malfoy. Donc, si vous n'appréciez pas, désolée. Sinon, j'espère que cela vous plaira ! Supposé que je vous fasse partager les idées qui me viennent à l'esprit pour cette fiction, eh bien… Catégorie M !

Disclaimer : Comme habituellement, l'univers appartient à la talentueuse J.K Rowling.

Informations : Je vais faire un peu de pub pour Sulfire, qui écrit sa première fanfiction : « Nouveau Destin, Nouvelle Entrée ». Je m'occupe moi-même de rédiger les POV Draco, ainsi que les dialogues du Serpentard. La majorité de l'histoire se déroule tout de même du point de vue de Harry. Et non, ce n'est pas un Yaoi !

Enfin, voici le cinquième chapitre de Nouveau Chemin ! Nettement plus long que les autres, au passage. Certains personnages perdent leur sang-froid et en viennent aux mains, alors que d'autres se bécotent x) Mais non, ne vous réjouissez pas trop vite, aucun lemon dans ce chapitre ! Âmes perverses, vous serez satisfaites plus tard !

J'espère simplement que vous apprécierez, et si ce n'est pas le cas, je suis heureuse que des gens prennent la peine de lire ce que j'écris.

Bonne lecture à Vous !

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« C'est impossible… »

Hermione lance un regard exaspéré au dos de Ron, qui marche quelques mètres devant nous, la tête basse, se massant lentement les tempes.

« Impossible, impossible… »

Je grimace. Je savais que Ron prendrait mal le fait que je sois attiré par les hommes. Apparemment, ceci ajouté au fait qu'il n'y a plus aucun espoir de me voir marié avec sa sœur cadette a eu un impact considérable sur lui. Le cours de Potions qui se rapproche de minutes en minutes ne va guère améliorer son état de choc. Hermione fait claquer ses doigts devant mes yeux, me tirant de la vague de culpabilité qui me submerge.

« Alors, Harry ? » m'interroge t-elle, les sourcils froncés. « Tu pourrais m'écouter ! Pourquoi as-tu annoncé ceci à Ginny avec aussi peu de tact ? Et en plein milieu de la Grande Salle ! »

Je ne retiens pas un soupir. J'ai une terrible envie de répliquer que, si elle avait du tact, elle ne me poserait pas cette question.

« Écoute, Hermy, tu crois vraiment que j'avais planifié tout ça ? Et puis, je préfère éviter d'en parler, s'il te plait, la prie-je.
- Si tu ne voulais pas en parler, Harry, il fallait faire en sorte de ne pas le divulguer à tout Poudlard ! Et puis, tu ne penses pas que tu aurais au moins pu nous le dire ? »

Je n'ai pas le temps de répondre à ceci, que Ron fait déjà volte-face, fixant sa petite amie comme si elle sort des soins psychiatriques de Saint Mangouste.

« Qu… Impossible ! Hermione, tu penses vraiment que Harry nous aurait dis qu'il prévoyait de rompre avec Ginny ? » ricane t-il. « Et toi, ajoute t-il en me fixant dans les yeux, sache que si tu avais eu le malheur de faire ça, je t'aurais écartelé. »

Je grimace et acquiesce simplement, perdu. Merde. Ils parlent du fait que je sois bisexuel, ou de cette « rupture » avec la sœur de mon meilleur ami ?

« Ron », s'exaspère Hermione. « Tout d'abord, sache que quand les deux personnes ne sont pas vraiment ensemble, cela ne peut pas s'appeler une rupture. ET ! ajoute t-elle, voyant qu'il s'apprête à l'interrompre, je ne parlais pas de ceci, mais du fait que Harry soit homosexuel. »

Cette fois-ci, je crois que Ron va faire une crise d'hystérie, bien que son visage pâlisse instantanément. Nous sommes au bout du couloir des cachots, et je peux apercevoir la quasi-totalité des élèves de Serpentard et de Gryffondor attendre l'arrivée de Rogue. Je m'arrête, peu désireux qu'une telle conversation soit entendue, bien que toute l'école soit maintenant au courant. Mais mes deux meilleurs amis, eux, ne semblent pas se soucier d'étaler encore davantage ma vie privée, et avancent dangereusement vers la salle. Je décide de les rattraper, et entends Ron, qui parle, il me semble, assez fort pour que tout le couloir l'entende.

« Allons, Herm, ne sois pas ridicule ! Harry n'est pas réellement gay ! N'est-ce pas ? demande t-il en se tournant vers moi, un sourire confiant aux lèvres.
- Non, en effet » réponds-je simplement.

Hermione pousse un petit cri en se tournant vers moi, scandalisée. Merde ! Je devine qu'elle pense à présent que tout ceci n'est qu'un stratagème pour rompre avec Ginny, et me rattrape vite. Je ne veux surtout pas la laisser penser une chose pareille.

« Je suis bi. »

Silence pesant. Nous sommes à présent à moins de cinq mètres de la foule d'élèves, et certains nous ont entendu, prêtant à présent toute leur attention à la conversation. Hermione pousse un véritable soupir de soulagement, ce qui me fait esquisser un sourire amusé, qui disparait aussitôt à la vue de l'expression de Ron. Il a pâlit, et me regarde bouche bée, avec une expression d'horreur dans les yeux. Il me semble apercevoir du dégoût, mais je ne veux pas le croire. Toute la culpabilité ressentie, alors que je pensais qu'il était attristé pour sa sœur, disparu instantanément. J'étais à présent en colère. Mais, après tout, je n'étais pas n'importe qui. J'étais Harry Potter. Et ma colère n'était pas n'importe laquelle. C'était en partie grâce à elle que j'avais anéantis Lord Voldemort, et maintenant que la paix était revenue, j'avais pour devoir de contrôler cette fureur. Dumbledore m'avait expliqué que je pouvais faire mal, très mal. Et, au fond de moi, je ne le désirai pas. Hermione semblait avoir compris ce qui se passait, et pressait à présent mon épaule de sa main amicale. Je fixai toujours Ron, mais devinait néanmoins le regard d'avertissement qu'elle lui lança, et auquel il ne prêta pas attention.

« Merde, Harry, te rends-tu compte de ce que tu es en train de dire ? m'interroge t-il d'une voix forte, mais néanmoins tremblante.
- J'ai l'impression de mieux le savoir que toi, Ron. Je te conseille de la fermer, avant d'aller trop loin » lui dis-je sur un ton d'avertissement.

Il devient à présent écarlate, d'un ton parfaitement compatible avec ses cheveux.

« TROP LOIN ?! » explose t-il d'un seul coup, me faisant sursauter, ainsi que toute les personnes présentes. « C'EST MOI QUI SUIS ALLÉ TROP LOIN ?! BORDEL, HARRY ! TU DIS QUE JE SUIS ALLÉ TROP LOIN, ALORS QUE TU ES UN PUTAIN DE GAY ?! OU BI, J'EN AI RIEN A FOUTRE ! »

Je le regarde avec des yeux ronds, la bouche légèrement entrouverte, alors que ses paroles m'atteignent de plein fouet. J'ai envie de pleurer. De fureur, de honte, d'effroi. De tristesse aussi. Comment as t-il osé ? Ne suis-je pas son meilleur ami ? Mes yeux restent parfaitement secs, alors que mon monde s'écroule. Je ne verserai pas une larme. Je ne veux pas le laisser me traiter de gonzesse, en plus de tout cela. Je prends une grande inspiration, dissimulant au mieux mon trouble, ma déception, et lâche d'une voix froide :

« Oui, Ron, je suis un putain de bisexuel. Garde tes propos homophobes, s'il te plait. Et, pour ta gouverne, sache que je ne suis pas le seul. Le putain d'enculeur que je suis a enculé trois personnes ici, et au sens propre du terme. »

C'est la vérité, mais je me garde bien de préciser que deux de ces personnes sont également dans notre dortoir, et que la dernière est… peu fréquentable. J'ai couché avec Seamus Finnigan et Neville Londubat. Ce que je regrette amèrement, d'ailleurs, non pas que ce dernier n'ai pas été un bon coup. Mais peut-être un trop bon ami, bien qu'il le soit toujours. Nous nous étions simplement retrouvés seuls dans la salle commune, une nuit où nous avions beaucoup de devoirs, et il m'avait expliqué qu'il pensait avoir un problème. « Je ne suis jamais sortis avec une fille », m'a-t-il avoué. « Et, à vrai dire, je n'en ai pas envie. Je suis perdu, Harry. » Je ne sais plus exactement comment tout cela c'est déroulé, mise à part qu'il a fait preuve d'une audace que je n'aurais jamais soupçonnée - bien qu'il fut un Gryffondor - en m'embrassant.
Ma troisième « conquête » est sans aucun doute la plus audacieuse, la plus dangereuse, et la plus irréfléchie. Pourtant, Théodore Nott ne m'accorde pas un regard. Il a toujours été un excellent comédien - Serpentard, de surplus. Je ne me souviens plus réellement de cette nuit. Je sais seulement que faire cela était… malsain. Thé… Nott, est un garçon très intelligent et assez solitaire. Comme les autres, il fait parti de la bande de Malfoy, mais n'y est pas réellement intégré. J'ai été un imbécile, cette nuit-là. Cela fait plus d'un mois maintenant, une semaine avant la chute de Voldemort. J'étais terrifié, et il l'était également. Fils de mangemort, il venait de renier son père, sa famille. Il était désormais un traître. Il était tard, et je errai - comme à mon habitude, quand je ne trouve pas le sommeil - dans le parc, contemplant la surface nacrée du lac. Je l'ai alors aperçu, et, pour la première fois depuis notre entrée à Poudlard, nous nous sommes salués. Nous avons parlés. Nous nous sommes confiés, et, désespérés, avons échangé des caresses. Je l'ai pris dans le seul but d'évacuer ma frustration, d'oublier mes peurs, et il m'a accueilli dans ce même but.

« Eh bien, cela fera trente points en moins pour Monsieur Weasley, qui ne sait pas contrôler sa remarquable voix, et quarante points en moins pour Monsieur Potter qui… a alimenté la conversation »

Je sursaute à l'entente de cette voix glaciale qui me sort de ces sombres pensées, et fait volte face, tombant nez à nez crochu avec Severus Rogue, qui me dévisage sans se départir de son sourire narquois.

« Quelque chose à dire, Monsieur Potter ? m'interroge t-il, voyant que je m'apprête à répliquer.
- Non, professeur, réponds-je entre mes dents serrées.
- Alors, qu'attendez-vous ? Rentrez immédiatement en cours. »

Je détourne les yeux, et m'aperçoit que la totalité des élèves sont toujours devant la salle, échangeant des murmures empressés. Merlin, que je hais les ragots. J'entre dans la salle, ignorant royalement Ron, et m'installe au fond de la salle, devant un chaudron usé. Hermione va s'assoir à sa - à notre place habituelle, aux cotés de Ron, m'adressant un regard d'excuse. Je ne lui en veut pas. Après tout, elle est amoureuse de lui. Je ne peux la forcer à laisser tomber Ron sous prétexte que ce n'est qu'un connard, un enfoiré, et bien plus que cela. Mes mains tremblent encore de rage alors que je coupe des racines dont j'ignore la provenance, pour faire un philtre calmant. Les murmures, eux, ne s'interrompent guère. C'est bien la première fois en sept ans que j'assiste à un cours de Potions aussi bruyant. Je relève les yeux de mon chaudron, et m'aperçoit que presque tous les regards sont tournés vers moi, mis à part quelques uns qui dévisagent Seamus. Celui-ci - voyant qu'il a enfin capté mon attention - m'adresse un grand sourire, ainsi qu'un clin d'œil aguicheur. J'aperçois Ron qui nous observe avec répugnance, et esquisse néanmoins un sourire amusé. Seamus a toujours détesté les homophobes. Je sens qu'il y a plus qu'une provocation envers mon mei… mon ex-meilleur ami. Il m'observe avec une réelle lueur de désir dans les yeux. Mais je n'ai absolument pas envie de sexe pour moment. Je souhaite juste que cette journée qui a à peine commencée finisse, et rester seul. Je me détourne de ces yeux trop tentateurs, et m'ancre dans un regard anthracite. Mon couteau se stoppe à quelques millimètres de la racine inconnue, alors que chaque millimètre de mon corps se fige. Draco Malfoy m'observe intensément, les sourcils arqués, comme si il était plongé dans une intense réflexion. Il ne quitte pas mon regard et à l'air profondément à l'aise. Merlin, je le hais, lui et son impétuosité, lui et son foutu charisme. Lui et ses cheveux blonds clairs plaqués en arrière sans la moindre goutte de gel, alors que seule une fine mèche retombe devant ses yeux aciers. Lui et sa peau de porcelaine, lui et la fine ride soucieuse qui sépare ses deux sourcils clairs légèrement froncés. Lui et son nez que je dis trop pointu, mais qui est aussi parfait que le reste. Mes yeux s'attardent sur ses lèvres rosées, avant de parcourir sa nuque si pâle. Sa tenue elle-même se différencie de toutes celles de l'école. Sa fine robe de sorcier est telle l'anthracite, à l'instar de ses yeux. Il est aisé de deviner, en dessous, une chemise d'un blanc immaculé qui, j'imagine, doit le mettre en valeur d'une manière unique. Mon regard glisse le long de ses jambes recouvertes d'un pantalon noir, pour atterrir sur des chaussures classiques d'une couleur identique. Simple et distingué.

Mais Draco Malfoy est tout sauf simple.

L'approche de Rogue me sort de ma contemplation. Malfoy s'est détourné, et je réalise combien j'ai été stupide de le fixer aussi longuement. Je balaye la salle du regard. Personne ne semble avoir remarqué mon trop long intérêt pour mon plus grand ennemi. Je soupirerai de soulagement si Rogue n'était pas à quelques mètres de moi, et que j'étais arrivé à la bonne couleur, et à la bonne texture de ma potion. Hélas, je ne vois nulle part indiqué dans mon manuel que le philtre calmant doit être semblable à de la boue. Je regrette amèrement le départ du professeur Slughorn. Même si je n'appréciais pas Rogue en professeur contre les Défenses Contre les Forces du Mal, il était agréable de suivre les conseils du Prince de Sang Mêlé. Enfin, avant que je n'apprenne qu'il s'agissait de Rogue lui-même. Mais je suis heureux de savoir que Remus a finalement repris les cours. Tonks a accouché il y a peu, et ils auront besoin d'argent. Je ne pense pas qu'il y ai meilleur endroit pour Remus que Poudlard. Et, avec la disparition de Voldemort, la discrimination contre les loups garous va, je l'espère, s'atténuer jusqu'à disparaître. Aujourd'hui est le premier jour de cours du « Professeur Lupin ». Durant les deux mois de cours qui ont précédés la dernière bataille, nous n'avions ni professeur de Potions - Slughorn étant à la retraite, et Rogue infiltré dans le camp ennemi - ni professeur de Défense Contre les forces du Mal.

« Monsieur Potter, pouvez-vous me renseigner sur ce dont il s'agit ? »

Je sursaute, manquant de me couper les doigts sur un corps de reptile desséché. Rogue se tient devant moi, m'observant froidement de tout sa hauteur.

« Il s'agit là d'un Philtre Calmant, professeur, réponds-je avec un sourire mutin.
- Eh bien, soit. Cela vaut un… T. »

Il pointe sa baguette sur mon chaudron et fait disparaitre le philtre d'un coup de baguette. Cela m'importe peu, même si je n'avais jusque là encore jamais hérité de la mention « Troll ». J'observe, pendant le reste du cours, les potions les plus ridicules. Si celle de Neville ne ressemble pas à de la boue, je doute que le résultat voulu soit semblable à de la morve. Je m'interdis de regarder celle de Ron, bien que je sois persuadé de son échec. J'aurais pu le ridiculiser, mais aux vues de mon T, je ne peux me le permettre.
La fin du cours arrive finalement, mettant un terme à mon calvaire. Je m'empare immédiatement de mon sac et me rue hors de la salle, désireux d'échapper à tous ces regards dirigés sur moi. Je m'engouffre dans un passage secret qui me permettra d'arriver plus rapidement - et surtout, plus calmement - au sommet de la plus haute tour de l'École. J'atterris dans un couloir étroit et désert, que je reconnais comme étant à quelques minutes de la Salle de Divination. Je ralentis finalement, soulagé d'être seul. Moi qui pensais que tous mes problèmes seraient oubliés après la Chute de Voldemort, je me trompais lourdement. Je me retrouve à présent perdu dans mes tourments adolescents. J'appui mon front contre la pierre froide du mur et ferme les yeux, espérant remettre de l'ordre dans mes pensées. Je ne supporterai pas un cours de Divination si je suis dans un tel état. Soudain, je perçois un léger bruit de pas. Je n'ai pas le temps de me retourner que, déjà, quelqu'un glisse son bras autour de ma taille, arrachant par la même occasion mon pull de mon pantalon. Je sursaute et me retourne violemment vers le possesseur de ses doigts tièdes, hoquetant de surprise.

« Thé…
- Chut, m'interrompt-il en effleurant mes lèvres de sa langue humide. Ne te pose pas de questions. Nous sommes tout deux seuls dans un couloir toujours désert. Alors, laisses-toi faire », me susurre t-il.

Je reste un moment interloqué, alors qu'il me contemple, amusé. Il est à peine plus petit que moi, et, je dois le dire, particulièrement mignon. Ses cheveux châtains clairs ont la même longueur que les miens, bien qu'ils soient moins rebelles. Je n'aurais normalement aucune envie de résister, mais je suis toujours en colère, et n'ai pas envie de cela pour le moment. Je tente de me dégager de son étreinte, mais il répond en me plaquant davantage contre le mur. Je fronce les sourcils.

« Et que vas-tu faire si je me débats ? demandé-je, m'efforçant de maintenir une voix calme.
- Question inutile. Tu ne vas pas te débattre, me répond t-il avec un sourire. Si tu savais, Harry. Tu es terriblement excitant lorsque tu es en colère ».

Théodore Nott entreprend maintenant de caresser mon abdomen du bout des doigts, ses yeux bleus azur semblant rieurs. Alors, je ne peux me retenir. Je contracte mon poing, et l'abat violemment sur son visage. Je sens son nez craquer sous mes phalanges, et éloigne aussitôt le Serpentard de mon autre main. Il se tient à quelques mètres de moi, le nez caché par sa main pâle. Il n'arbore aucune expression particulière, et n'a pas poussé le moindre cri de douleur, ou même de stupeur. Je sens la rage me gagner, mais m'efforce de la contenir.

« J'ai cours » dis-je, la mâchoire serrée.

Je m'éloigne à pas vifs de lui, et il ne fait rien pour me retenir. Arrivé à l'autre couloir, je commence à courir, tentant de me ressaisir. Depuis combien de temps les autres sont-ils rentrés ? Il ne reste plus personne au pied de l'échelle qui mène à la trappe de la salle de cours. Je la grimpe, et l'odeur d'encens mélangée à divers parfums embrume désagréablement mes sens, alors que tous les regards se tournent vers moi.

« Excusez-moi du retard, grommelé-je à Trelawney.
- Oh, ce n'est rien, mon garçon, répond t-elle d'un ton voilé, m'examinant derrière ses énormes lunettes. Êtes vous sûr de vous sentir bien ? Je sens la m…
- La mort, oui, je sais, l'interromps-je d'une voix sèche en allant m'asseoir le plus loin possible de Ron.
- J'allais parler de misère, mais oui, vous avez raison. Il est inutile de se voiler la face », soupire t-elle.

Je soupire également. Je hais la divination, et me demande bien pourquoi cette matière est devenue obligatoire pour les septièmes années. Je m'installe plus confortablement sur mon pouf, et pose ma tête contre le mur, priant pour que ces deux heures de calvaire s'écoulent rapidement. Et pour que l'histoire de Théodore Nott ne s'ébruite pas dans tout le château.
Il faut réellement que je parvienne à maîtriser mes humeurs.

[…]

Il faut croire que Dieu n'était pas de mon coté aujourd'hui. Bien que je n'entendis guère parler de nez cassé, la journée entière me parut s'étendre sur plusieurs semaines particulièrement chaotiques. Et, maintenant que je suis enfin assis dans un fauteuil de la salle commune, contemplant les flammes dansantes dans l'âtre, les voix d'Hermione et de son imbécile de petit ami me parviennent. Plus que de simples paroles, ce sont des cris. Je ne réagis que lorsque mon nom sort de la bouche de ma meilleure amie pendant la dispute.

« TU ES ODIEUX, RONALD WEASLEY ! COMMENT OSES-TU SEULEMENT FAIRE CELA A HARRY ?! »

Je tente, si possible, de m'enfoncer profondément dans mon fauteuil, mais tout le monde semble déjà m'avoir remarqué. Ron fronce les sourcils et se tourne vers moi. Mon monde s'écroule une deuxième fois lorsqu'il me jauge de toute sa hauteur, et que je perçois à nouveau cette lueur de dégout dans ses yeux d'un bleu profond. Merlin, que cela fait mal !

« Ce n'est pas moi qui ai maté pendant sept ans mon meilleur ami », répond t-il simplement.

Je dois rester interloqué pendant plusieurs secondes. À moins que cela ne se compte en minutes, ou encore en heures. Moi, mater… lui ? J'esquisse un sourire narquois, directement façon Malfoy, avant de me lever du fauteuil pour me retrouver face à lui :

« Ron, tu penses vraiment que… j'ai pu être attiré par toi ? » demandé-je.

Il fronce les sourcils, à présent. Il m'a réellement mis en colère, et tout ce que je désire en cet instant est qu'il le regrette profondément. Qu'il s'excuse. Mais je n'ai pourtant pas envie de lui en donner l'occasion. Je veux lui faire mal, qu'il ressente la douleur qui m'ébranle, et dont il est la cause. Mais déjà, il s'approche de moi, de sorte à ce que nous ne soyons plus qu'à quelques millimètres l'un de l'autre.

« Je n'en ai rien à foutre, que tu sois été attiré par moi ou non. Le simple fait de t'imaginer me toucher me dégoute. »

Je tressaillis. Moi aussi, je n'ai jamais été attiré par lui. Je n'ai même jamais songé pouvoir l'être. Non pas qu'il soit laid, mais c'est mon meilleur ami. Mon frère. Et il me fait ce coup, me traitant comme un vulgaire déchet. Mon trouble dure une demi-seconde, pendant laquelle je me ressaisis. Je suis maintenant réellement en colère, mais me contrôle. J'esquisse un sourire ravageur, et darde mes yeux émeraudes sur lui, en me mordillant la lèvre inférieure. Je passe ma main dans les cheveux, comme pour les ébouriffer, et laisse à présent mon regard que je veux aguicheur parcourir chaque parcelle de son corps, avant de lui susurrer :

« Tu sais, Ron, tu ne devrais pas dire cela. Deux mecs ici présent ont sérieusement pris leurs pieds, grâce à moi. » Je m'approche légèrement de lui, si bien que nos torses se frôlent. « Ils ont gémis comme tu ne peux l'imaginer. Comme tu ne feras jamais gémir Hermione. Demande à ta sœur, si tu en doutes. »

J'esquisse un sourire narquois, vite effacé par le violent coup de poing qu'il m'assène dans la mâchoire, et qui me projette contre le mur.

« RON ! » s'écrie Hermione d'une voix aiguë, se précipitant vers lui, apeurée.

Celui-ci, bien que profondément troublé, m'observe à présent avec un véritable haine qui me ramène sur terre, et m'enserre le cœur.

« Tu n'es qu'une pourriture, me grogne t-il.
- Je te retourne le compliment. »

Je m'essuie d'un revers de main la lèvre inférieure, dont le sang perle bien trop vite, et lui lance à mon tour un regard noir. J'ai mal, horriblement mal, bien que je ne veuille pas le montrer. Un douleur aussi bien physique que psychologique. Je lance un regard d'excuse à Hermione, car je comprends la souffrance qu'elle éprouve en voyant ainsi ses deux meilleurs amis rompre d'une telle façon leur amitié. Elle me regarde avec effroi, alors que je quitte la pièce en silence. Les couloirs sont déserts, ce qui me soulage grandement. Je n'ai aucune envie de retourner à la salle commune, bien que j'y ai oublié ma cape d'invisibilité. Je sors ma baguette magique, et lance un sort qui m'a été appris par Hermione sur ma mâchoire. Immédiatement, la douleur s'estompe. Il faudra quand même que je me rende à l'infirmerie, pour m'assurer que tout va bien. Guéri, je m'engouffre dans un passage secret et en dévale les escaliers, alors que les larmes commencent à me brûler les yeux. Je me retrouve après quelques secondes dans l'immense hall du château, et en sort par la porte entrouverte, pour me retrouver comme proie à la pluie automnale. Je traverse une grande partie du parc, me dirigeant vers le lac, alors que le froid engourdi chaque parcelle de mon corps. Mais je n'y prête guère attention, plongé dans la haine, la colère, et la rancœur. Il me semble percevoir une présence à quelques mètres de moi, mais je l'ignore également, et accélère le pas vers le lac, jusqu'à me retrouver à mon endroit favori. L'endroit est pour beaucoup semblable à n'importe quel coin de l'extérieur du château, mais il me tient particulièrement à cœur. C'était le coin préféré de mon père et de ses amis. Sirius, Remus, et Peter Pettigrow. Cette fois-ci, je me laisse tomber au pied du chêne, et m'effondre littéralement en larmes. Je n'en peux plus. La défection de mon meilleur ami, ainsi que la mort des êtres qui me sont le plus cher me reviennent avec violence. Mes parent, Mrs Weasley, Charlie, et même Percy. Voldemort m'a déjà enlevé tant de personnes, alors pourquoi, après sa disparition, le destin s'acharne t-il a me séparer des gens que j'aime ? Je renifle bruyamment, alors que des larmes brûlantes enflamment mes joues glacées. Je tente de reprendre calmement une respiration égale, en contrôlant mes pleurs. Des bruits de pas m'interrompent.
Je relève immédiatement les yeux et me plonge dans l'anthracite. Plusieurs secondes s'écoulent avant que je ne puisse en émerger.

« Ma… Malfoy ?! » balbutie-je en me relevant brusquement. « Qu'est-ce que tu fous là ?! »

Draco Malfoy m'observe à nouveau d'une étrange manière, derrière les mèches ruisselantes qui lui collent au visage. Il aurait pu paraître dans un état aussi pitoyable que moi-même, si il n'avait pas été si élégant. Je peux maintenant confirmer que sa chemise d'un blanc immaculé le met en valeur d'une façon que je n'osais guère imaginer. L'eau qui l'imbibe colle le coton à sa peau pâle, épousant parfaitement un torse qui semble dessiné par des mains d'artiste. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il doit être engourdi par le froid - non pas que je m'inquiète pour lui, ce con vient de me surprendre dans un état des plus embarrassants - avant de réaliser que je ne suis guère bien plus couvert.

« Je pourrais te retourner la question, Potter. Es-tu au courant qu'il est interdit de sortir de son dortoir à cette heure-ci ? m'interroge t-il d'une voix glacée.
- Je pourrais moi-même te retourner la question, Malfoy », réponds-je avec arrogance.

Même si ce mec est magnifique, je le hais. Davantage, maintenant qu'il m'a vu en train de pleurer. Le jour de la chute de Voldemort me revient de plein fouet. Moi aussi, l'ai surpris, dans un bien piètre état. Pire que le mien en ce moment-même. J'ai vu, cet après-midi là, un Malfoy en pleurs, que je me suis efforcé d'oublier pendant ce dernier mois. J'ai senti ses lèvres effleurer les miennes, chose à laquelle je n'avais plus repensé. Que cela voulait-il signifier ?

« Dois-je te rappeler que je suis Préfet en Chef ? » me demande t-il d'une voix glacée, rompant le fil de mes pensées.

Évidemment. Hermione était en ce moment même dans la salle commune, sûrement en train de tenter de calmer Ron. C'était à lui de faire la ronde.

« Je ne pensais pas que tu prenais tes devoirs tant à cœur. Surtout par un temps pareil », réponds-je simplement.

Je croise à nouveau ses yeux aciers, et nos regards restent accrochés de longues secondes, sans que nous ne prononçâmes un mot. C'est finalement moi qui rompt notre contact visuel au bout de deux minutes, troublé. Il soupire et passe sa main dans ses cheveux, les dépeignant involontairement, l'air d'être plongé dans de profondes réflexions. Il me répond finalement, d'une voix totalement dénuée d'intonations :

« J'aime la pluie ».

Cette étrange réponse me laisse pantois. Finalement, je soupire à mon tour, et m'adosse contre le tronc du chêne, attendant qu'il lâche : « Vingt points en moins, Potter ».
Mais il ne dit mot, alors que je me perds dans la contemplation de la surface nacrée du lac, troublée par les milliers de gouttes qui la poignarde. La pluie engourdit mes sens, me délivrant de la réalité. Son odeur envahie mon cerveau. Le martèlement des gouttes requiert toute l'attention de mon ouïe, si bien que, en fermant les yeux, je me retrouve enivré par leur douce symphonie. Le froid, lui, finit d'engourdir mon corps entier. Je ne vois plus rien à travers mes paupières closes, et me sens transporté ailleurs, loin du monde réel. Ce sont des mains glacées qui me ramènent à la réalité, m'effleurant les doigts, les poignets, avant de saisir mes épaules et de me secouer doucement. J'ouvre les yeux, et me retrouve stupéfait en décelant une lueur d'inquiétude dans les yeux aciers de ma Némésis.

« Potter, tu vas bien ? Je sens son souffle qui embrume davantage mes sens, alors que le rythme de mon cœur s'accélère.
- O…Oui. Tout va bien », réponds-je d'un ton, malgré moi, peu assuré.

Je frissonne légèrement en sentant le vent froid s'engouffrer sous mon pull trop fin, et par la proximité de Malfoy. Il sourit légèrement, et je suis rassuré en voyant la lueur d'inquiétude disparaître, et son regard retrouver son impassibilité habituelle.

« Tu es dans un état pitoyable, Potter », me dis t-il d'une voix enjouée, comme si rien ne pouvait lui faire plus plaisir.

Il approche sa main de mon visage, et ses doigts glacés me brûle lorsqu'ils remettent l'une de mes mèches brunes en place. Je suis troublé, et il le sait, ce qui le réjouit. Lui semble parfaitement à l'aise, et je ne peux deviner si il s'agit d'une façade. Je réalise à cet instant que Draco Malfoy arbore toujours un masque, qui montre les émotions qu'il désire que l'on voit.

« Je peux te retourner le compliment », réponds-je d'une voix tremblante. Merde. Je prie pour qu'il associe cela à la température glaciale.

Alors, pour la première fois de ma vie, je vois Draco Malfoy sourire d'un air amusé. Il s'adosse également au tronc d'arbre, à mes cotés, et je réprime un frisson en sentant son épaule se presser contre la mienne. Il penche légèrement la tête sur le coté, me dévisageant avec le même amusement.

« Ne me mens pas, Potter. Tu me trouves plutôt sexy. »

Merde, le petit con ! À ces mots, je sens immédiatement mes pommettes s'embraser, et détourne instinctivement les yeux. Il me faut plusieurs secondes pour me ressaisir, et trouver le courage de croiser son regard, dont je ne peux finalement plus me détourner. Je laisse mes yeux s'attarder dans les siens, avant de me perdre, comme plus tôt dans la journée, dans la contemplation de son visage parfait. Avec envie, j'admire ses lèvres rosées, son nez fin, sa peau pâle, avant de plonger à nouveau dans l'anthracite de son regard.

« Oui, tu as raison », dis-je d'une voix rauque.

Je crois distinguer une lueur nouvelle dans son regard, alors qu'il se rapproche un peu plus de moi, pour finalement laisser son odeur boisée m'enivrer. Ses lèvres entrent légèrement en contact avec les miennes et se retirent, alors que je réprime un gémissement de frustration. À quoi joue t-il ? Je l'observe, sourcils froncés. Il me sourit narquoisement, mais je parviens maintenant à identifier la lueur qui brille au fond de ses yeux. Lui non plus, ne compte pas s'arrêter là. Mais il est bien trop lent pour moi. Alors, instinctivement, je m'empare du col de sa chemise et l'attire vers moi, pour écraser mes lèvres contre les siennes. Je me décale, pour le plaquer complètement contre le tronc du chêne, avant qu'il ne me repousse presque violemment.

« On ne traite pas un Malfoy comme ça, Potter », susurre t-il à mon oreille, avant d'en mordiller le lobe.

Ma respiration se fait plus rapide alors qu'il renverse la situation. C'est à présent lui qui me plaque contre le chêne, alors qu'il me mordille la lèvre inférieure, comme pour quémander l'entrée. Je ne me fais pas prier, et entrouvre légèrement la bouche, laissant ainsi sa langue caresser la mienne. Merlin, je découvre enfin son goût ! Sucré et amer, une saveur naturelle et envoûtante. Je sens immédiatement une intense chaleur se propager dans mon bas-ventre, me faisant frissonner d'anticipation. Je réponds avidement à son baiser et laisse échapper un faible gémissement lorsqu'il entreprend de glisser une jambe entre les miennes, frôlant mon érection à présent bien éveillée. Je le sens sourire contre mes lèvres, et décide de lui faire payer. Je me détache de ses lèvres, et dirige lentement les miennes jusqu'à sa nuque, que je mords férocement. Il laisse échapper un cri surpris, et je décide de lécher doucement l'endroit douloureux, tout en glissant une main sous sa chemise. Je sens mon érection se faire plus dure, alors que j'effleure du bout des doigts l'abdomen de mon pire ennemi. À nouveau, tous mes sens se retrouvent dépassés par la situation.
Cette peau si douce, cette saveur ensorcelante, cette odeur enivrante, ce vent glacial qui combat avec la soudaine chaleur qui s'est emparée de moi. Je commence lentement à déboutonner la chemise de mon pire ennemi, léchant chaque parcelle de sa peau atteignable pour m'imprégner de ce goût exquis. Je suis de nouveau bien loin de Poudlard, dans une autre réalité si semblable à un rêve.
Mais, derechef, ce sont des mains - brûlantes, me semble t-il - qui me saisissent les épaules et me secoue légèrement, me tirant de ma félicité. Draco m'observe, le regard voilé par le désir. Mais, malgré mon excitation, et mon choc d'avoir été tiré si brutalement de cet instant de béatitude, je peux déceler une lueur d'inquiétude dans ses yeux gris. Je tente de parler, de lui demander ce qui lui arrive, mais aucun son de franchit mes lèvres. Le vent glacial me poignarde, alors qu'un soudain éreintement s'empare de moi.

« Potter ? » Oui, le ton de mon ennemi est inquiet. Vraiment étonnant, venant de Draco Malfoy. « Potter, je crois que ce n'est pas le moment. Tu es vraiment pâle ».

Mon excitation est presque douloureuse, et ce con veut me laisser en plan ?! Je tente de lui jeter un regard noir, mais n'y parvient pas. Je me sens épuisé, et mes jambes menacent de flancher. Que m'arrive t-il ? J'esquisse un pas vers lui, chancelant. Je lui adresse un sourire narquois lorsqu'il s'approche de moi et me saisit par le bras, comme pour m'empêcher de tomber.

« Alors comme ça, Draco Malfoy s'inquiète pour moi ? » dis-je d'un ton que je veux ironique, mais qui est bien trop faible pour cela.

J'ai la satisfaction de voir ses sourcils s'arquer, et son regard s'assombrir. Je laisse échapper un léger ricanement, avant d'effleurer ses lèvres des miennes. Il répond immédiatement à mon baiser, et, alors qu'il me mordille de nouveau la lèvre inférieure, je m'écarte légèrement, un faible sourire aux lèvres, avant de lui susurrer :

« Tu es très mignon quand tu t'inquiètes, Malfoy. »

Alors, mes paupières s'alourdissent et mes jambes se dérobent, me plongeant dans des ténèbres infinis.

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Voila, fin du chapitre cinq. J'espère que vous ne vous êtes pas trop ennuyés x) Je vous remercie d'avoir lu jusqu'au bout. Prochain Chapitre POV Draco.Je vais essayer de faire vite !

Et surtout, n'hésitez pas à laisser des reviews. Positives ou négatives, ça fait toujours plaisir =)