Voici la suite de coha, qui arrive un peu plus rapidement cette fois ^^
C'est que j'en ai deux autres terminé à publié ^^
J'espère que cette suite vous plaira. Un petit com pour savoir si cela vous plait toujours.
Bonne lecture
sheppard 26 : Merci, voici un autre chapitre qui j'espère te plaira.
Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
- Dix-neuf, rouge, impair et manque.
- Encore ?
- Ben oui.
- Mais ça fait 36 fois que le 19 sort !
- Ben oui.
- Ce n'est pas possible, vous trichez.
- Ben oui.
- Dites donc, Raymond, vous vous fichez de moi !
- Ben oui.
Elizabeth émergea de son duvet, la bouche amère. Elle tourna la tête vers le cadran lumineux de son réveil. 19H30 ? Pas possible, elle avait dormi toute la journée ? Elle repoussa les couvertures, glissa les pieds dans ses pantoufles. Une sensation inhabituelle lui fit froncer les sourcils. Pas de frissons, pas de claquements de dents ? Était-il possible que… ? Sa main pressa l'interrupteur de sa lampe de chevet. Une douce lumière se répandit dans la pièce. Miracle, l'employé de l'EDF était passé !
- Ce n'est pas trop tôt…
La jeune femme tressaillit en entendant sa propre voix, se racla la gorge.
- 1 2 3 4. 1 2 3 4.
C'était bien ce qu'elle craignait : elle était aphone ! La voix de John retentit dans la pièce voisine :
- Cette fois, c'est moi qui fait le croupier !
- Comme vous voudrez, patron.
Elizabeth enfila sa robe de chambre et se dirigea vers la porte. Que se passait-il à côté ? Elle ouvrit et recula aussitôt, suffoquée par une effroyable odeur de cigare. Raymond et John étaient assis à la table, un havane à la bouche. Sur la table : une nappe en papier sur laquelle on avait dessiné au feutre noir une sorte de quadrillage mystérieux. Sur ce dernier : une boîte de haricots secs et un objet rond, non identifié, qui ressemblait à…
Elle reconnut la superbe plate à escargots que lui avait offerts son oncle Paul. Chaque alvéole avait été pourvue d'un numéro fixé avec du sparadrap. On avait transformé le plat à escargots de son oncle en roulette de casino ! Ces messieurs jouaient pendant qu'elle dormait !
Son indignation fut à son comble lorsqu'elle découvrit que, non contents de polluer la pièce avec leurs infâmes cigares, ils dévoraient gaiement une assiette de canapés au saumon agrémentés d'un certain petit vin blanc…
- Faites vos jeux…
John préleva quelques haricots secs dans le tas qui se trouvait devant lui, et les disposa avec soin sur le quadrillage. Raymond en fit autant de son côté.
- Les jeux sont faits ! Rien ne va plus ! Annonça John en lançant une bille d'acier dans le plateau d'escargots.
Les 2 hommes suivirent la progression de la bille, le visage tendu. Elizabeth pinça les lèvres et avança dans la pièce, le regard furibond.
- Ne vous gênez surt…
- 12, noir, pair et passe.
- J'ai encore gagné, constata Raymond en raflant la mise.
- De vous à moi : vous avez un truc ?
- Bien sûr, patron.
- Si je comprends bien, je n'ai aucune chance de gagner ?
- Aucune.
Elizabeth se planta devant eux, les mains sur les hanches.
- Je ne vous dérange pas trop ? Demanda-t-elle d'une voix inaudible.
John tourna la tête vers elle et se leva avec un grand sourire.
-Elizabeth ! S'écria-t-il en lui envoyant en plein visage une bouffée de fumée qui la fit tousser.
- Patronne ! Renchérit Raymond en remontant ses bretelles.
- Comment vous sentez-vous ? Demandèrent-il d'une seule voix.
A quoi elle répondit d'une quinte éraillée.
- Vous avez une mauvaise toux. Je me demande s'il ne serait pas plus prudent de faire venir un médecin, s'inquiéta John.
- Cessez de faire des inepties et ouvrez la fenêtre ! Ragea-t-elle.
John se tourna vers Raymond, le regard perplexe.
- Qu'est-ce qu'elle a dit ?
- Je sais pas, patron, j'entends rien.
- Je suis aphone !
- Comment ?
- APHONE ! S'égosilla-t-elle.
L'expression abrutie des deux hommes lui donna envie de les faire écharper. Elle émit un grognement sinistre, s'approcha de la fenêtre et l'ouvrit à la volée.
- Dans votre état, ce n'est pas raisonnable, protesta John. Moi qui ai fait des pieds et des mains pour qu'on branche l'électricité…
Elizabeth vrilla sur lui un regard furibond, croisa les bras sur sa poitrine.
- … !
- Ma parole, mais vous êtes aphone ?
Elle tapa dans ses mains d'un air sarcastique, lui arracha son cigare de la bouche et l'écrasa dans un cendrier.
- Mon havane ! Protesta-t-il en se précipitant pour sauver quelques débris. Vous auriez pu me dire que la fumée vous gênait. Je l'aurais éteint !
Elizabeth ricana et pivota vers Raymond qui la dévisageait, bouche bée. Il recula précipitamment en la voyant avancer sur lui d'un pas vengeur.
- Ne… ne touchez pas à mon cigare !
Elle le foudroya du regard. Il était grotesque avec son chapeau vissé sur le crâne, son maillot de corps et ses bretelles. Elle pointa du doigt la porte, les dents serrées.
- Je m'en vais, balbutia-t-il en attrapant son manteau Je pars tout de suite. Je suis parti…
La porte d'entrée claqua derrière lui. Elizabeth récupéra son plat à escargots et détacha une à une les étiquettes sacrilèges qui le défiguraient.
- Vous êtes fâchée ?
- On s'ennuyait, Raymond et moi, alors on s'est dit qu'une petite partie de roulette nous aiderait à passer le temps.
- Bon. Vous êtes fâchée, soupira-t-il. Dommage. Vous êtes beaucoup plus affectueuse quand vous avez de la fièvre.
Elizabeth lui lança un regard noir, prit un bloc dans son sac et griffonna quelque chose d'un geste rageur.
- Qu'est-ce que vous avez mis dans mon lait ? Déchiffra John. Rien, juste un peu de Théralène. J'en ai toujours une bouteille à portée de main à cause de Ramsès II.
- Le stylo de la jeune femme gratta furieusement la page de papier.
- Vous m'avez droguée !
- Oh, comme vous y aller… protesta John en lisant par-dessus son épaule. Je ne vous ai pas droguée, je vous ai juste aidée à vous endormir. Je constate que ça vous a fait du bien et que vous allez nettement mieux.
Elle écrivit rapidement, brandit le bloc dans sa direction :
- Vous appelez ça allez mieux ?
John lui effleura la joue souriant.
- J'aime bien quand vous êtes muette. Ça repose.
- Sale individu, imonde personnage !
- Immonde, ça prend 2 « m » !
Elizabeth lui envoya son bloc-notes à la figure et s'enferma dans sa chambre. Il était impossible de discuter avec lui !
