Un jour, Dean frappe. Olivia, surprise se jette dans ses bras, émue. Il la serre lui aussi, ferme les yeux pour profiter de son contact, respirer son parfum. Il lui caresse les cheveux, et y pose un baiser léger.
Puis elle s'éloigne de lui, et le regarde souriante. Aucun mot n'a encore été prononcé : elle se sent un peu maladroite mais brise ce silence.
- Dis-moi que tout est fini ! Que tu es en sécurité désormais
- Oui, autant que quiconque dans un monde rempli de maniaques et de dingues de la gâchette ! - - Il dit en souriant - Je suis heureux de te revoir, en pleine forme. Et radieuse je trouve !
- Eh merci
Il la regarde intensément, toujours en souriant, la tête légèrement penchée : ce qui lui donne son petit air si craquant, elle trouve.
- Émilia ? Tu peux venir ma puce ? - - Olivia crie vers la chambre pendant qu'elle fait rentrer Dean et ferme la porte.
- C'est pas ma faute ! J'ai pas fait exprès de casser le verre !
- C'est pas pour ça ma chérie. Viens voir qui est là
La petite arrive avec un hippopotame bleu dans les bras, qu'elle lâche, surprise :
- Papà ! - - Elle court vers Dean, qui se baisse à sa hauteur. Elle se jette dans ses bras. Il la serre et la soulève.
- Comme tu es grande, maintenant ! Une vraie dame, je vois
Elle rit, et se recale contre lui. Il regarde Olivia. Elle s'est éloignée, et a préféré se retourner pour cacher ses émotions : à la fois heureuse de le revoir, qu'il soit vivant, heureuse de leur joie à tous de se retrouver, du rire de la petite qui lui réchauffe le cœur, tant il est vrai qu'il lui a été difficile pendant ces mois de la faire rire, mais une douleur surgit, qui enfle et submerge tout : il vient la reprendre ! La pensée qu'elle va perdre cette enfant qu'elle aime intensément la laisse brisée, son équilibre perdu. Elle retient les larmes qui lui emplissent les yeux : « ne pas pleurer. C'est normal, c'était prévu ».
Dean a décelé le changement chez Olivia. Il se rapproche d'elle, toujours la petite dans ses bras, qui joue avec ses cheveux désormais mi-longs.
- Tu as l'air d'une fille ! - - lui dit l'enfant.
- Oui, j'ai pas eu le temps d'aller chez le coiffeur
- Tu étais où, tout ce temps ?
- Je me cachais. Tu te souviens ce que je t'avais expliqué ?
- Les méchants qui te cherchaient ?
- Oui, mais maintenant, il n'y a plus rien à craindre. Les méchants ont perdu
- Tu vas rester avec moi et Olivia alors ?
Un long silence s'installe. Ils sont à côté d'Olivia, qui est appuyé contre son comptoir de cuisine, en leur tournant le dos. Il demande gentiment : - Olivia ?
Elle prend une grande inspiration et se retourne pour les regarder. Elle a les yeux humides. Elle caresse les cheveux de la petite fille, et essaie de lui sourire le plus chaleureusement possible.
- Ma puce, tu vas retourner vivre avec ton papa. Tu te rappelle que tu étais chez moi juste pour quelques temps. Maintenant il est revenu et tu dois rentrer chez toi
- Tu va venir avec nous ?
- C'est impossible mon cœur
- Pourquoi ? - - La petite commence à pleurer.
- On n'est pas obligé de faire ça tout de suite. Je suis venu vous voir aussitôt mais je n'ai pas pris encore le temps de m'installer. Puis …il lui faut peut être quelques jours pour assimiler
Il sembla réfléchir, en regardant Olivia
- On devrait en parler ensemble avant … de la méthode, des conséquences …enfin, faire ça plus en douceur
- Oui tu as raison Dean
Il pose la petite par terre.
- Si tu allais dans ta chambre jouer un peu. Olivia et moi, nous devons discuter ensemble
La petite part en s'essuyant les yeux.
- Olivia … Je ne sais pas comment te remercier...je… je ne veux pas te faire souffrir...
- Non, tout va bien - - dit-elle en faisant bonne figure, mais elle ne put empêcher sa voix de sortir cassée.
- Elle s'est beaucoup attachée à toi, je vois. Toi aussi, n'est ce pas ?
Olivia préféra ne rien répondre, sachant qu'elle ne pourrait pas se contenir. Il s'approche et pose ses mains sur ses épaules.
- Je ne veux pas vous faire souffrir. Aucune de vous deux
Il avala sa salive : - Peut être … peut être que c'est toi qui devrait la garder
Elle leva la tête vers lui :
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Un enfant a plus besoin au quotidien de l'affection d'une mère que de celle d'un père
- Dean, tu ne songe pas…à… ?
- Tu es une mère fabuleuse, je n'arrive pas à ta cheville. Tu es douce et chaleureuse, je suis froid et maniaque.
- Arrête, c'est faux. Tu es affectueux avec elle
- Pas à chaque instant. Toi, c'est naturel. Moi, je suis un loup solitaire
- Dean… tu es en train … de l'abandonner !
- Non ! J'essaie de faire ce qui est le mieux pour elle. Et te la laisser au quotidien ne veut pas dire que je vais disparaître de sa vie. On peut peut-être faire comme les couples séparés. Réfléchir à ce qu'il serait possible… ce qui serait le mieux pour nous trois.
Je vois qu'elle s'est attachée à toi, je le comprends très bien - - Son regard sur elle se fit plus tendre : « comment quelqu'un pourrait-il ne pas s'attacher à toi ? » pensa-t-il. - - Dois-je lui faire de la peine, sous prétexte qu'elle est sous ma garde ? Vous séparer à jamais ? A qui ça rendrait service, tu peux me le dire ? Ni à elle, qui perdra une seconde mère en un an ! Ni à toi, qui t'es attachée sans condition à elle, qui ne t'était rien ! Ni même à moi, qui aura récupéré une enfant juste pour lui briser le cœur ! « et en brisant encore une fois celui de la femme que j'aime » .
Qui suis-je pour avoir le droit de vous faire tant de mal ? C'est la dernière chose que je souhaite, Olivia, crois-moi ! La dernière chose !
Bien sûr que je l'aime, et justement c'est son bonheur qui m'importe ! Je vois qu'elle est mille fois plus souriante avec toi qu'elle ne l'était avec moi. Dois-je penser à moi en premier, me soucier des convenances etc…ou dois-je, en vrai père, chercher le bonheur pour elle ? Et ce que je vois, c'est que pour elle, le bonheur passe par toi. Alors, je te le demande, Olivia, es-tu comme moi, prête à tout pour faire le bonheur de cette enfant ?
Olivia le regarda en face.
- Oui, je suis prête à tout
- Alors, on va trouver la solution
Après un silence apaisant :
- Je vais rentrer chez moi. Je t'appelle demain pour qu'on se voie et qu'on en rediscute calmement. Ok ?
- Oui, je suis d'accord
- Bien. Je vais dire au-revoir à Émilia
- Vas-y. Elle est dans la chambre
Il va dans la pièce où la petite joue avec des poupées.
- Émi ?
- Papà, tu joues avec moi ?
- Une autre fois mon cœur. Je dois partir
- Encore ?
- Non, pas si longtemps ! Je rentre ranger un peu la maison, dormir un peu. Et je reviens demain, ok ? Olivia et moi, nous devons encore parler. Tu es sage, j'espère ?
- Oui je suis sage
- Bien. Bisous, la mia cara* - [*(ma chérie)]
Elle l'embrasse. Il sourit et sort
- Bonne soirée Olivia
- A demain
- Oui bye
- Bye
Il sort
Quelques jours plus tard
Olivia et Dean ont trouvé un arrangement : Émilia dort tous les soirs chez Olivia. Dean passe quand il veut, prend la petite ses jours de repos, quelques we aussi. Et chacun appelle spontanément l'autre lors des changements de dernière minute. Tout se passe fort bien.
C'était pas mimi, ça? Allez encore un chapitre, courage
