CHAPITRE 8
Comme je l'avais pensé, mon frère était venu me rendre visite. J'avais fait semblant de dormir, bien que je sache pertinemment qu'il écoutait les battements de mon cœur et le rythme de ma respiration.
Il n'avait rien dit, il était resté là à m'observer, sans bouger, pendant un long moment. J'étais trop en colère, je refusais de faire le premier pas. Puis il est parti et j'ai fini par m'endormir jusque tard dans la matinée
A mon réveil, ma décision était prise. Je partais. Non je ne fuguais pas, puisque j'avais l'intention de revenir. Non je décidais de partir sur les premières traces de mon père. J'avais déjà imaginé ce voyage, mais je l'avais gardé pour moi.
Je sortis les cartes que j'avais préparées. Je choisi ma destination. COZIA et son monastère. Je savais que mon grand-père, puis mon père y avaient séjournés en leur temps. Peut être que je trouverais des choses là-bas. Quoi ? Allez savoir.
J'ouvris un coffre rangé dans un coin. Mes affaires de camping que je n'avais pas utilisé depuis de nombreux mois. En fait depuis l'été précédent le décès d'Andreï. Je les sortis et les vérifiais. Tout étais en ordre. Mon Maître d'Arme m'avais toujours appris à ranger mes affaires proprement pour pouvoir les utiliser directement en cas d'urgence. J'attrapais la boite où je rangeais mon argent de poche. Il n'y avais pas grand-chose, mais cela suffirais.
Je posais mes affaires dans l'entrée, et allais chercher des provisions dans la cuisine et le cellier. Au moment de sortir, je croisais Justine.
Que fais-tu avec tout ce barda ?
Je part camper, lui indiquais-je.
Pardon ?
Tu m'a très bien entendu !
Elle semblais affolée.
Tu… tu ne veux pas attendre que Nik et Sandor rentrent… Tu pourrais discuter, on pourrais trouver une solution…
Je n'ai pas le temps d'attendre, je veux faire un maximum de chemin avant la nuit, je suis déjà très en retard.
Mais où vas-tu ?
Cozia
Cozia ? Mais c'est loin ça…. As-tu de l'argent au moins ?
Ne t'inquiète pas, j'ai tout ce qu'il me faut…
Je montais sur mon cheval que j'avais préparé pendant la discussion. Je la saluais mais elle me retint une dernière fois :
Attend et que dira Monsieur ?
Monsieur ? Dis-je d'un ton ironique. Monsieur a intérêt de rester tranquille et de ne pas venir me chercher s'il ne veux pas que je décide de faire un autre voyage du genre de celui de ma mère. Il comprendra. De toutes façons, ainsi il ne m'aura pas dans ses pieds….
Je lançais mon cheval. Derrière moi j'entendais la pauvre Julie qui m'appelais.
Nous étions dans un lieu très reculé, et les chemins étais tout juste entretenu, du moins assez bien pour que Rovine ne se blesse pas. De temps en temps je descendais, pour le soulager de mon poids. Je traversais plusieurs petits villages. Mais on ne faisais pas attention à moi. Tant mieux.
Lorsque la nuit commença à tomber, je m'installais. Je déchargeais Rovine et l'attachais à un arbre à proximité. La longe étais assez lâche pour le laisser paître à son goût. J'installais mes affaires. Puis j'allumais un feu. Nous étions au bord de l'été mais les nuits étaient encore bien fraîches. Lorsque je fut bien installée, je sortis ma carte et ma boussole. J'étais sur la bonne route, mais le chemin étais encore long. Dans les jours à venir, je ne croiserais pas beaucoup de village. Il fallais que je rationne ma nourriture.
- O -
J'arrivais enfin en vue du Monastère. Il y avait des touristes alentours. Ils venaient visiter l'église et les batiments récents. Moi je voulais pénétrer au cœur. Je me dirigeais donc vers la porte du monastère.
Je descendis de cheval et tirais sur la cloche pour prévenir de mon intention. Un jeune moine ouvris le clapet et m'observa un instant, puis referma. Je sursautais et retirais sur la cloche. La clapet s'ouvris encore. Le moine paraissait troublé. Mais il me demanda tout de même ce que je voulais. Je demandais à voir le père supérieur. Il me demanda d'attendre.
Je flattais Rovine, le remerciant d'avoir bien voulu me porter jusque là. Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit sur un autre moine.
Vous êtes seule ?
Juste mon cheval et moi.
Entrez. Et silence.
Je remerciais et le suivais. Il m'indiqua où je pouvais laisser mon cheval. Puis il me guida à travers le jardin intérieur, puis les couloirs, jusqu'à une pièce reculée. On me fit entrer et on me demanda d'attendre encore.
Ainsi c'était donc vrai…
Je me retournais. Un moine d'une prestance incroyable étais devant moi. Je n'aurais su dire quel
