Bonsoir à tous. Navrée de cette interruption, je me suis un peu égarée. Je remercie chaleureusement Lady Black S et Kuumquat de m'avoir encouragée et secouée aussi :D Je poste la suite de cette fic pour ces deux lectrices prévenantes et pour les remercier, je viens de rallonger ce chapitre ci-dessous :)
Yulard marchait dans la rue principale de Pré-au-Lard. Kyle ne devrait plus tarder, ils s'étaient donnés rendez-vous devant Zonko, le magasin de farces. Il entendit un bruit qu'il connaissait bien et se retourna. Mais ce n'était pas l'Auror Kyle Thomas qui venait de transplaner...
-Monsieur le Ministre, salua Potter en fronçant les sourcils.
-Yulard, soupira Yubley.
Il remonta sa cape pour empêcher le froid de Septembre de lui glacer les os. Des passants inclinaient respectueusement la tête en le voyant. D'autres le regardaient, méfiants.
-Où est Kyle, s'il vous plaît ? Il devait me rejoindre ici...
-Comprenez-moi Yulard, soupira Yubley à nouveau. Je suis contraint de prendre certaines mesures par les temps qui courent.
-Où est Kyle ? répéta Potter, agacé par la manie du ministre de prononcer son prénom sans arrêt.
-Dumbledore n'est pas très lucide, Yulard, répondit le ministre. L'auror Thomas est revenu à la raison. Le ministère a plus besoin d'aurors que l'école de Poudlard.
-Si vous considérez qu'instruire les jeunes sorciers n'est pas une priorité, ce n'est pas le directeur de Poudlard qui manque de lucidité.
Yubley releva la tête et toisa le regard de son ancien employé. Ses traits étaient durs et francs.
-Yulard, je vous en prie...
-Désormais, je serai pour vous l'Auror Richard Potter, monsieur le ministre, le coupa Yulard. Veuillez m'excuser mais je crains d'être en retard.
Sur ce, il tourna les talons et se mit en marche en direction du château.
-MONSIEUR POTTER ! s'écria Yubley dans une tentative désespérée. La communauté magique serait saisie de terreur ! Comprenez-moi !
-A défaut d'avoir un ministère compétant, laissez-lui au moins avoir des aurors ponctuels, répliqua Yulard sans se retourner.
Pop.
Sirius, Peter et James revenaient de la cabane de Hagrid, le soleil déclinant. James jubilait. Peut-être n'avait-il jamais été aussi joyeux depuis le jour où son oncle lui avait offert un étrange parchemin aux propriétés magiques puissantes. Parchemin que les maraudeurs avaient transformé en une incroyable mine de secrets. Sirius et lui se ruaient joyeusement dans le Hall. Peter les suivait, son habituelle expression mêlée d'étonnement et de ravissement sur le visage. Ils ouvrirent la porte du placard à balais dans le Hall et se cachèrent derrière. Sirius eut un sourire rayonnant et mit ses pouces en l'air lorsque James croisa son regard. Il lui rendit son sourire avant de continuer à scruter l'escalier menant aux cachots. Après quelques minutes en faction, la chance leur sourit. Des bruits de pas et de cape glissant sur le sol froid résonnèrent dans le hall silencieux. Thorfin Rowle apparut, le visage inexpressif. Il fit quelques pas en direction de la Grande Salle...
-Levicorpus, murmura Sirius en pointant sa baguette sur le Serpentard.
Ce dernier s'éleva instantanément dans les airs, prenant une expression de surprise ahurie. Il tentait de relever sa cape pour découvrir son visage rendu rouge par l'effort. Ses yeux balayaient le hall vide pour essayer de deviner d'où provenait la force invisible qui retenait sa cheville en l'air. Il commençait à haleter lorsque James, Sirius et Peter sortirent de leur cachette.
-Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point ce plafond était haut, déclara James d'un ton faussement sérieux.
-C'est vrai, admit Sirius. Regarde Rowle, je suis certain que tu ne peux toujours pas distinguer les motifs gravés dans la pierre.
Il joignit un moulinet de baguette à ses paroles et Rowle fut projeté quelques mètres plus haut. Il poussa un gémissement de terreur.
-Faites... moi... de~descendre ! s'essoufla-t-il. Traitres à votre... sang !
-Sirius, tu as entendu, le réprimanda James. Notre hôte veut descendre !
-Fais le toi-même ! s'exclama Sirius en lui lançant sa baguette magique.
Rowle poussa un hurlement en perdant une bonne dizaine de mètres d'altitude avant que James
rattrape avec agilité la baguette et la pointe à nouveau en l'air.
-Remarquable !
James se tourna vers Peter qui avait le regard vers le plafond, l'air un peu stupide. Ses yeux étaient aussi ronds que sa bouche qui formait un O parfait. James fronça les sourcils. Un certain malaise s'insinuait en lui. Comme lorsqu'un phénomène complètement étranger au décor se déroule pendant un rêve. Les deux sont incompatibles rendant leur association saugrenue. James eut un rire nerveux, fixant toujours les lèvres de Pettigrow. Et en un éclair, comme lorsque l'on comprend la signification d'un rêve nébuleux, James trouva la réponse. Il eut une moue d'appréhension. Son regard croisa celui de Sirius, sourcils froncés, nez plissé. Très lentement, tous deux se retournèrent.
-Bonsoir jeunes gens !
Yulard remarqua qu'aucun des deux ne furent surpris, ils avaient bien trop l'habitude d'être pris la main dans le sac.
-En d'autres circonstances, j'aurais été ravi de vous voir monsieur Potter, dit Sirius.
Peter se retourna soudainement, d'un air fautif.
-Depuis le temps qu'on se connait Sirius, tu peux m'appeler James, répondit celui-ci.
-C'est trop d'honneur, trop d'honneur, affirma Sirius en serrant joyeusement la main de James.
-Il est vrai que tu tombes assez mal, avoua James à son père. Je pense que nous aurons fini d'ici quelques minutes. Qu'est-ce que tu en penses Peter ?
Peter rougit furieusement jusqu'à la pointe de ses cheveux et bafouilla quelques excuses incompréhensibles.
-Vous pourriez peut-être repasser plus tard ? proposa Sirius à l'adresse de monsieur Potter.
Yulard soupira doucement puis fit redescendre Rowle au sol qui soufflait comme un bœuf. Ce dernier lança un regard haineux aux Gryffondor avant de partir en direction des cachots.
-On dirait qu'il n'a plus faim, commenta nonchalamment Sirius.
-Oh non ! Papa ! se lamenta James. Tu ne te rends pas compte comme il est dur de capturer ces bêtes là !
-C'est qu'elles se méfient, confirma Sirius.
Peter dansait d'un pied à l'autre, visiblement mal à l'aise. Yulard abaissa sa baguette.
-Ayez au moins l'obligeance de ne pas les examiner en public.
James se retînt de faire remarquer que le Hall était vide avant qu'il arrive. Une question lui brûlait les lèvres mais Peter le devança.
-Que vous faites-ici monsieur ? interrogea-t-il poliment.
-J'avais furieusement envie de rencontrer ma future belle-fille, répondit Yulard, très sérieux.
Il scruta avidement le Hall, tendant le cou comme pour chercher quelqu'un des yeux. James eut une expression horrifiée, perdant soudainement son assurance. Sirius émit un rire semblable à un jappement.
-Allez donc dîner, leur intima monsieur Potter. Vous saurez bien assez tôt la raison de ma présence à Poudlard.
Plusieurs élèves de Serdaigle descendirent l'escalier de marbre et entrèrent dans la Grande Salle. James, Sirius et Peter les suivirent après avoir pris congés de Yulard.
Pop.
Lily regardait Lupin dormir. La pâleur de son visage reflétait les cruels tourments qui l'agitaient dans les linges immaculés. Quelques gouttes de sueur brillaient sur son front moite, laissant deviner une douloureuse fièvre. Lily sortit un flacon de sa poche, l'ouvrit et imbiba un mouchoir de son contenu. Elle le tamponna délicatement sur le front du malade.
-Ça te soulagera un peu, murmura-t-elle. J'espère...
Elle remonta le drap sur son torse humide, lui souhaita du courage et sortit de l'infirmerie. En suivant le grand escalier qui menait au rez-de-chaussée, des voix lui parvinrent. Elle s'arrêta immédiatement au son de l'une d'elle. Comme ils murmuraient presque, elle descendit quelques marches supplémentaires, prenant bien soin de ne faire aucun bruit. Elle s'assit délicatement sur le marbre froid pour que sa silhouette n'attire pas leur regard.
-...Londubat, qui est à Gryffondor, dit une voix.
-Ils sont tous à Gryffondor, ces traitres à leur sang, cracha quelqu'un que Lily pensait être Mulciber.
-Celui qui est ami avec cette Sang-de-bourbe, Truman, répondit la deuxième voix.
Lily fronça les sourcils, elle ne parvenait pas à retrouver à qui appartenait cette froide et traînante façon de parler. Alors qu'elle se concentrait pour se remémorer son nom, son cœur fit un bond.
-N'emploie pas ce mot Avery, ordonna sèchement Severus.
-Je...
-Qu'est-ce que tu disais à propos de ta sœur ? coupa Mulciber.
-Mes parents veulent la marier. Ils se sont arrangés avec M et Mme Londubat, qui bien-sûr ont toujours été attentifs à ne pas souiller leur rang. Il n'y a que des sang-pur dans leur famille depuis des générations.
-Londubat ne leur fait pas honneur, qu'est-ce que tu en penses Severus ?
Mulciber s'adressait à lui avec une note d'avertissement mêlé de provocation. Lily serra machinalement sa baguette dans son poing. Son cœur battait à tout rompre dans sa cage thoracique. Une singulière douleur s'y était installée. Une douleur remplie d'un espoir perdu...
-Pénéloppe va se marier avec Londubat ? s'exclama Rogue, choqué.
Avery eut une sorte de grognement de dédain. Lily s'imaginait son visage peint d'un rictus méprisant.
-S'il réussi ses A.S.P., nous célébrerons leur mariage l'été prochain...
Lily entendit les rumeurs de la grande salle puis la porte se refermer. Elle aussi devait aller dîner. Mais elle restait là, le regard dans le vide et la bouche incroyablement sèche. Des ombres vertes vinrent hanter sa mémoire. Le soleil caressait une petite rivière et l'herbe dégageait une odeur agréable.
« -Est-ce que ça fait vraiment une différence d'être née moldue ?
-Non, ça ne fait aucune différence. »
Severus pensait-il vraiment ce qu'il disait ? Ou bien avait-il changé d'avis au cours de ses années à Poudlard ? Lily fut tirée de ses pensées par un atroce grondement de son ventre. Elle se secoua mentalement puis repris son chemin.
James regarda Lily passer dans la Grande Salle. Depuis qu'il avait été percuté par l'horrible révélation cet été de n'apporter qu'une attention dérisoire aux autres, il parvenait mieux à percevoir certaines émotions chez autrui. Cette soudaine remise en question de son indéfectible orgueil ne s'était pas fait sans douleur mais lui avait au moins apporté certaines satisfactions. Telles que de se rendre compte de cette troublante réalité : Lily était tourmentée. Elle passa devant les trois maraudeurs pour aller rejoindre ses amis, installés un peu plus loin à la table des lions. James tenta de cacher sa jalousie lorsqu'elle posa une main affectueuse sur l'épaule d'Arthur Londubat. Il n'entendait pas leur conversation. Il aurait du la mépriser pour son attitude, quelques jours auparavant. Il savait que si quelqu'un d'autre s'était permis de lui dire aussi sèchement son avis sur les blessures qu'il avait infligées à Dolohov, sans connaître la situation, il se serait immédiatement mis en colère et lui aurait jeté un sort à lui aussi. Au mieux, il l'aurait ignoré avec un dédain appuyé. Pourtant, il n'arrivait pas à lui en vouloir. A elle, Lily Evans. Peut-être cela venait-il des réflexions dans lesquelles il s'était plongé cette année ? Il fronça les sourcils. Maintenant qu'il y pensait, il n'en avait jamais voulu à Lily Evans. Lors du premier voyage dans le Poudlard Express, elle les avait, Sirius et lui, considérés hautainement. Il s'en était bien-sûr pris à Rogue. Pendant leur premier cours de sortilèges, elle s'était moquée de son incapacité à exécuter le sort (ce qui était légitime puisqu'il n'avait pas écouté ce qu'il fallait faire). Il avait calmé ses nerfs en faisant léviter le professeur Flitwick qui lui faisait des réprimandes. Puis, elle avait dit pour réconforter Servilus qui volait très mal sur un balais que lui-même savait très bien le faire parce qu'il était plus entraîné. James avait alors malencontreusement cogné le nez de Servilus avec le manche du Brossdur 71 pour apaiser la frustration qu'on ne reconnaisse pas assez ses talents. Et quand elle lui avait jeté une boule de neige à Pré-au-Lard en voulant viser Sirius. Lorsqu'elle lui avait fait rater les calèches en début de quatrième année à force de le houspiller pour avoir lancé un croc-en-jambe à un premier année. Ou encore lorsqu'elle avait interrompu une fête après un match particulièrement victorieux sous prétexte qu'elle devait réviser ses B.U.. Ou pire ! Quand elle les avait dénoncés à McGonagall, lui, Peter, Rémus et Sirius, pour avoir ensorcelé une armure au troisième étage. Quand elle lui avait renversé du sang de Strangulot dans les cheveux en cours de Potions. Il avait d'ailleurs mis trois bonnes heures à se les peigner avec acharnement. Mais là encore il avait tourmenté Franck qui lui avait innocemment fait remarqué que c'était la première fois qu'il le voyait se coiffer les cheveux. A la fin de sa cinquième année, Lily, folle de rage, l'avait traité d'arrogant personnage devant plusieurs élèves. Immédiatement après, il avait furieusement ridiculisé Rogue. Lorsqu'elle était parvenue plus rapidement que lui à maîtriser les Sortilèges informulés, l'année précédente, le propulsant ainsi violemment contre une table, il avait fait mine de rater sa cible pour faire disparaître la chaise de Servilus dont le dos avait alors méchamment craqué. Et aujourd'hui qu'elle le traitait si injustement... Non, songea James, il n'avait jamais rien reproché à Lily Evans. Depuis leur toute première rencontre. James regarda à nouveau sa condisciple. Pour le première fois depuis qu'il la connaissait, il la voyait réellement. Petit à petit, une réalité vint s'insinuer en lui. James était amoureux de Lily Evans.
Sans lui laisser de répit, un second déclic se fit en lui, fustigeant son cœur tel un tyran, Lily Evans, pour sa part, lui en avait toujours voulu. Bien-sûr, il ne pouvait pas prétendre qu'il n'avait jamais mérité ses reproches mais cela signifiait clairement qu'elle n'avait jamais été attirée ni même attendrie par lui.
Était-ce possible de se rendre compte au bout de six longues années que l'on était amoureux de quelqu'un ? James n'en revenait pas. Lui qui se pensait si perspicace !
Pourtant, cette fois, Lily semblait mal à l'aise de l'avoir traité injustement. Maintenant elle savait que Dolohov sénior avait capturé puis torturé Mme Potter sous les ordres du Mage Noir qui sévissait actuellement dans le pays. James s'imagina le regard désolé de Lily, son petit visage timide se tournant vers lui tandis qu'elle sortait de la Grande Salle en lui adressant un sourire gêné. Elle penserait certainement à lui ce soir, ne pouvant pas trouver le sommeil.
Plusieurs élèves de Gryffondor se levèrent, sortant James de sa torpeur. Il n'avait presque rien mangé. Lily tenait la main d'Arthur. Quand elle sortit dans le Hall, elle ne lui accorda aucun regard et riait avec ses amis. Le scénario de James s'effondra et il se renfrogna. Sirius fixait son ami, ne comprenant pas les raisons de son humeur maussade...
-Je vais aller me coucher, les gars, soupira-t-il.
Sirius et Peter échangèrent un regard éloquent.
-Dis-moi Cornedrue...
Celui-ci grogna sans lever les yeux de sa tarte à la mélasse.
-Où est Lunard à ton avis ?
James leva instantanément la tête. Lupin ne se trouvait pas à leur table, ni nulle part ailleurs dans la Grande Salle.
-Très bien, l'encouragea Sirius en s'adressant à lui comme à un enfant particulièrement arriéré. Maintenant, regarde notre merveilleux plafond puis soulève ta robe de sorcier.
James leva les yeux au ciel, sceptique. La nuit n'allait pas tarder à tomber. Il souleva alors sa robe, comme Sirius le lui avait suggéré et découvrit sa cape d'invisibilité, bien serrée contre son torse. Ses lèvres s'élargirent en un sourire de malice. Il en oublia même momentanément Lily.
-On y va ! s'écria-t-il.
Pop.
Queudver sortit de la cape d'invisibilité en courant vers le tronc noueux du Saule Cogneur. Avant que l'arbre n'ait pu amorcer un geste pour l'écraser, il posa sa patte sur le nœud du tronc, immobilisant ainsi le Saule. James et Sirius avancèrent jusqu'à lui, en prenant soin de rester cachés sous la cape. Lorsque les trois maraudeurs furent descendus, James déposa sa cape dans une cavité rocheuse et tous trois se métamorphosèrent. Sirius aboya joyeusement pour défier les deux autres de le rattraper puis partit en courant le long du tunnel.
-Vous en avez mis du temps ! haleta Lupin, allongé dans un coin de la pièce.
Sirius reprit son apparence humaine puis lança :
-Cornedrue semblait avoir oublié la pleine lune. Si tu veux mon avis, je trouve ça particulièrement louche, ajouta-t-il en baissant la voix.
-Il a bien de la chance, grogna Rémus.
En voyant l'expression de James, son visage se radoucit. Sirius crut l'entendre souffler « Ah l'amour » avant que ses ongles s'agrandissent furieusement, faisant trembler ses mains. James comme à son habitude se pencha vers Rémus pour lui dire :
-Souviens-toi, on est là Rémus. T'as aucune raison d'avoir peur.
Il lui adressa un sourire rassurant puis regagna sa forme de cerf. Patmol fit mine de se faire les dents sur son élégante ramure avant que Cornedrue le gratifie d'un regard dissuasif. Le chien noir alla donc lécher le visage de Rémus qui commençait à se tordre de douleur. Sa respiration devenait de plus en plus haletante tandis que son nez s'étirait en un fin museau. Sa peau se tendait sous les muscles du Loup-garou qui grandissait en lui. De longs poils gris poussèrent partout sur son corps puis ses dents devinrent de redoutables crocs. Rémus fut pris d'une crise de folie, renifla longuement avant de pousser un cri de détresse. Il ne sentait aucun sang humain. La soif de sang l'emporta soudainement et se mit alors à se mordre violemment les pattes. Patmol et Cornedrue lui sautèrent dessus, l'immobilisant de ce fait. Le choc les propulsa tous les trois à terre. Rémus eut encore des soubresauts durant une petite heure puis lentement il se calma. Il parvenait à prendre le dessus sur sa nature de Loup-garou, sentant l'odeur familière de ses trois amis. Lorsque Rémus reprit complètement ses esprits, Patmol se tourna, les pattes avant sur le mur. Ses trois camarades allèrent alors se cacher dans la Cabane Hurlante, Queudver sur les épaules du Loup-garou pour ne pas le laisser seul. Au bout d'un moment, Patmol se remit à quatre pattes et renifla longuement. Rémus, qui était un lycanthrope, gardait ses sens aiguisés lorsqu'il retrouvait sa forme humaine. Sirius, en tant qu'animagus, appréciait ces moments où il pouvait bénéficier de la vue perçante et de l'odorat développé de son double, Patmol. Il trouva rapidement Rémus grâce à la sueur que laissaient ses coussinets sur le parquet. Queudver s'était volatilisé en l'entendant arriver.
Accompagné de Rémus, il remonta la piste de Cornedrue. Il sentit une odeur différente, puisque ses sabots lui permettaient de rester discret. Cependant, il semblait être dans un vif émoi émotionnel, ce qui se traduisait par une période de rut pour son cerf. Patmol remua la queue d'excitation avant de pousser avec forces les portes branlantes de la seule armoire restante. Le cerf lui sauta dessus joyeusement. Tous trois se mirent à se pourchasser dans la vieille maison, sentant l'envie de parcourir de longues distances. Ce fut Lunard qui retrouva Queudver dans la cheminée. Les maraudeurs une fois réunis descendirent au rez-de-chaussée. Queudver ouvrit la fenêtre et Patmol en tira les battants, trop lourds pour la fragile forme de Peter. Cornedrue s'élança alors, ses longues pattes au galop puis sauta par la fenêtre. Les trois autres le virent s'éloigner dans la nuit qu'éclaircissait l'ombre de la lune. James fit un tour rapide mais complet du village de Pré-au-Lard afin de vérifier qu'aucun humain ne se trouvait dehors. Une fois qu'il en eut la certitude, il repris le chemin de la Cabane Hurlante et émit un bref brame pour alerter les autres. Chacun leur tour, ils sortirent de la bâtisse avec une agilité et une aisance propre à leur espèce. Ils s'éloignèrent rapidement du village qu'ils avaient l'occasion de visiter sous forme humaine afin de prévenir toute rencontre désagréable. Jusqu'alors Queudver pouvait couvrir les pas de ses amis mais alors qu'ils arrivaient à la sortie du village, Patmol s'arrêta pour le laisser monter sur sa tête. Queudver se saisit de l'abondant et désordonné pelage de son hôte. Ils coururent ainsi dans les montagnes surmontant le village de Pré-au-Lard jusque tard dans la nuit.
Après cette course effrénée, Cornedrue eut une soudaine envie de se rafraîchir et prit la tête du périple. Il entraîna ses amis jusqu'aux rives du lac noir puis réa bruyamment pour les défier de ne pas sauter dans l'eau gelée. Patmol plissa les yeux et tendit tous ses muscles d'appréhension en s'élançant à pleine vitesse dans le lac peu avenant. Lunard ouvrit sa patte avant droite et poilue pour attraper Queudver qui semblait hésiter. Dans sa course, il poussa volontairement Cornedrue dans l'eau avec tant de force, qu'il mit quelques secondes supplémentaires que ses amis pour réapparaître à la surface. Avec grâce et dignité, Cornedrue nagea jusqu'au rivage opposé. Nager l'obligeait à maintenir sa tête haute, lui conférant ainsi une superbe rayonnante. Patmol était frigorifié, il espérait au moins que ses puces se noieraient ou bien gèleraient. Il se promit de demander à Hagrid s'il connaissait les optimum vitaux des puces. C'était très peu probable puisque ces créatures n'étaient ni dangereuses, ni magiques. Il pestait intérieurement contre son ami pour différentes raisons dont la principale demeurait le rapport de ses poils et de ses cheveux. S'il se reprenait sa forme humaine alors que ses poils dégoulinaient encore, ses cheveux seraient affreusement trempés et empesteraient. Mais il savait pourquoi il leur avait fait prendre ce chemin. Il glissa un regard derrière lui et aperçut Queudver férocement agrippé à la tête de Lunard. Ce dernier avait la sensation de revenir quelques années en arrière quand Sirius et James, se moquant de ses cheveux trop longs, lui avait mis par la force des bigoudis sur la crâne. Lunard se sentait épuisé mais heureux. Se rappeler ses souvenirs durant la transformation était une occasion inespérée, rendue possible grâce à ses fidèles amis.
Lorsqu'ils eurent tous les quatre gagné la terre ferme, ils se ruèrent jusqu'à la forêt interdite. Patmol jappa de satisfaction, ses membres s'étirant pour gagner de la vitesse. Il courrait presque aussi vite qu'il volait sur un balai. Il en était de même pour l'agilité qu'il manifestait dans les virages. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent à la lisière d'une petite clairière. Ils s'arrêtèrent à l'orée du pré-bois où s'insinuait le pâle éclat de la lune. Le chemin pour parvenir à cet endroit était incroyablement tortueux et dangereux, même pour des sorciers expérimentés. Les capacités physiques exceptionnelles que les animagi offraient aux maraudeurs leur avaient cependant permis de trouver ce lieu féerique et enchanteur. James l'avait rajouté sur la Carte de Maraudeur, assurant que nul sorcier n'était venu jusqu'ici.
Un bruit de sabot leur parvint. Dans un même souffle, Lunard, Patmol et Cornedrue s'immobilisèrent. Queudver, dont les pas ne produisaient strictement aucun son, se rapprocha doucement afin de mieux voir la clairière. Une licorne avait surgi des bois, suivie par ses deux petits au pelage doré. Le spectacle était fabuleux. Les trois créatures marchèrent avec la grâce des Cieux pour atteindre la petite rivière qui émettait une douce mélodie, achevant de compléter la beauté paradisiaque de cet endroit. Sans méfiance, la licorne adulte se pencha puis s'abreuva. Les yeux de Queudver pétillèrent. Il était en effet extrêmement rare pour les humains mâles de pouvoir approcher une licorne mais cela relevait de l'impossible que de l'observer dans son environnement naturel, sans crainte.
Patmol montra du museau le jour qui commençait à pointer et ils estimèrent qu'il était temps de rentrer. Ils firent la course jusqu'à la Cabane Hurlante, passant devant Zonko au moment où ses portes en ferraille se levaient dans un crissement assourdissant. James fut le premier à passer par la fenêtre car il avait fait un croche-sabot à Rémus tandis que Patmol avait du s'arrêter pour ramasser Queudver qui avait chuté. Au moment où Patmol pénétra dans la maison, Rémus, sur le sol était secoué de soubresauts. Le soleil s'insinuait à travers les carreaux, illuminant le visage de Rémus, fendu d'une grimace de douleur. Il reprenait peu à peu sa forme humaine.
Palam :D J'espère que ça vous a plu, voici un chapitre un peu descriptif pour inclure au moins le récit d'une nuit pleine lune car c'est tout de même grâce à elle que les maraudeurs sont ce qu'ils sont ! ;P
Poutoux ! :)
