Voilà bien longtemps que je ne m'étais pas manifestée. Malheureusement, le manque de motivation, les obligations du master et la reprise de la compétition ont eu raison de mon inspiration. L'air du grand nord Scandinave m'aura sûrement redonné cette motivation car je suis fermement décidée à finir ces fictions (: Je viens de réécrire complètement ce chapitre et suis dans la réécriture de la fin de En voiture colonel. la première version ne me plaisant plus.
J'ose espérer que je serai ''pardonnée'' (:
Le lendemain arriva bien vite au goût de ce pauvre Alphonse qui n'avait aucune envie de jouer les chasseurs de fantômes dans une gare imaginaire. Cependant il n'avait pas eu l'occasion d'avoir le choix, sa présence s'étant avérée indispensable. Selon les termes du pari, ils partiraient en fin d'après midi, Winry ayant préféré ajouter l'ambiance et misant sur le courage légendaire de Edward dans l'obscurité pour parvenir à ses fins.
Ed griffona un message à l'attention de Pinako, qui, officiellement, n'était pas au courant des manigances des jeunes. Il lui écrivit qu'ils iraient explorer la gare hantée de Risembool, et donc qu'elle ne s'inquiète pas de ne pas les voir à la tombée de la nuit. Il précisa aussi que Den les accompagnerait. Enfin il ajouta en post scriptum de garder le dîner de côté pour eux.
Au crépuscule, les trois jeunes et le chien quittèrent la maison. Ils sortirent du village et se dirigèrent à la lisière de la forêt, selon les indications du petit blond. La route de campagne était relativement agréable pour une marche à pied, quelque soit le but de cette marche. Den appréciait notamment sortir du chemin et d'aller gambader dans les prés alentour, provoquant sur son passage des envolées spectaculaires d'insectes de tout genre. La nuit commençait à tomber lorsqu'ils s'arrêtèrent à la bifurcation avec un autre chemin, apparemment moins fréquenté des véhicules, mais toujours abordable. Ed se planta fièrement à l'entrée de ce chemin et regarda Winry en aborant un air conquérant.
-Voilà : dit-il fièrement. Vous avez là l'ancien chemin de fer qui mène tout droit à la gare...
Aucune réaction de l'auditoire. Winry conserva une moue dubitatrice qui semblait dire 'Bien sûr, bien sûr, on te croit tous mon petit,'
Constatant l'absence d'enthousiasme ou de déception au fait qu'il avait raison, Ed se sentit forcé de prouver ses affirmations. Il se dirigea vers un piquet en bois, planté au bord du chemin tel un panneau sans indication, et il ramassa à son pied, une planche de bois, vierge de toute inscription, mais qui semblait avoir été accrochée au piquet de bois pour indiquer un quelconque endroit.
-C'est l'ancien panneau qui indiquait la direction de l'ancienne gare ! Convaincue maintenant ?
Toujours pas de réaction. Winry lui fit agréablement remarquer que ceci ne constituait en rien une preuve, car rien n'était écrit sur ce bout de bois et que par conséuent ça aurait très bien pu indiquer n'importe quoi sauf une gare ou bien que c'était tout simplement un faux panneau. La confirmation de son frère énerva notre blondinet, alors il les invita à suivre ce chemin. Au bout, ils seraient forcés d'admettre qu'il y avait ce qu'indiquait le panneau. Notre trio emprunta donc ce chemin forestier, Den sur les talons.
A Risembool, une brise fit s'agiter légèrement la feuille sur laquelle était écrite le message à l'attention de Pinako qui semblait ne l'avoir pas encore lu. Une ombre obscurcit progressivement la feuille de papier, puis un rond de fumée sombre vint s'écraser contre les mots rédigés grossièrement.
La nuit tombait de plus en plus alors que nos trois compagnons s'enfonçaient de plus en plus à travers le chemin bordé d'arbres, censé les amener à la vieille gare selon Ed. Winry, bien que toujours convaincue de sa victoire imminente et dont la vision d'un Ed, les mains dans les sous vêtements l'enchantait, se sentait de moins en moins rassurée par la nuit tombante, et le fait qu'il allaient on ne sait où, et aussi par la détermination de Ed à vouloir les perdre encore plus qu'ils ne l'étaient déjà. Ed continuait d'avancer avec constance à travers le chemin. Il avait l'air tellement sûr de lui qu'on ne pouvait s'empêcher de le suivre, rien que pour voir ce qu'il y avait au bout, en cas d'absence de gare. Alphonse, lui ne savait que penser. Il se contentait de suivre bien que non concerné directement par l'enjeu du pari, mais surtout parce qu'il avait été presque forcé d'arbitrer ce combat, mais finalement parce qu sa curiosité sur ce qu'il pouvait tant motiver son frère à poursuivre avec tant d'insistance alors que lui même était convaincu que la gare hantée n'était rien de plus qu'une fable racontée pendant la guerre histoire de se faire un peu peur...
Ce bon vieux Den lui, se contentait de trottiner joyeusement entre les buissons, trop heureux d'être dehors, et ne se souciant peu de ces histoires de fantômes, qu'ils soient Ishbals, Aerugolais ou même Kavoukstoukais, lui, il s'en fichait royalement du moment que ça l'arrangeait dans ses affaire personnelles comme celle de gambader dans les bois.
-Ed ! Se plaignit Winry, c'est quand tu veux que tu reconnais ta défaite, ça doit faire une heure qu'on avance et je suis sûre qu'on tourne en rond...
Ed s'apperçut qu'ils passaient devant le même rocher repère pour la quatrième fois. 'Mais non !' répliqua-t-il, on y arrive là, c'est toi qui devrait t'inquiéter.' Il émit un rictus, plus pour se convaincre lui-même de la bonne direction qu'il empruntait plutôt que pour prouver à Winry qu'ils n'étaient pas perdus, et que de toute façon, elle avait perdu depuis le moment où ils avaient décidé de parier. Car en effet, cette gare existait peut être, mais il ne s'était jamais rendu sur les lieux de lui-même, alors du coup, il ne connaissait pas forcément la bonne direction.. il s'était arrêté à l'indication du petit chemin, mais ensuite l'itinéraire dans ce chemin, ça lui était passé à côté. S'il avait pris le mauvais, alors mieux valait ne pas imaginer ce qui l'attendait par la suite... Ed réprima un frisson d'effroi.
Ils s'engagea à nouveau dans une bifurcation 'c'est juste après' assura-t-il d'un ton pourtant moins assuré.
Al, lui, ne savait pas vraiment que penser, son frère était tellement ambigu... il était si sûr de lui qu'on devait forcément le croire, mais en même temps, il perdait toute crédibilité à les perdre comme ça..
Finalement, ils arrivèrent à une petite place dégagée, éclairée par le clair de la lune qui commençait à se lever et par l'absence d'arbres. Le chemin continuait au loin, on le voyait, avant de se fondre dans une masse sombre, peu rassurante. À quelques mètres devant eux, se dressait une espèce de clôture avec un panneau défraîchi et à moitié détaché, interdisant l'accès au delà de la barrière, juste avant cette clôture, légèrement retirée sur la droite, se dressait une bâtisse dont la silhouette se découpait dans le ciel obscur. Elle avait l'air abandonnée depuis des décennies. À la lumière de la lampe torche, nos trois compagnons pouvaient voir que les ronces, les arbustes et les mauvaises herbes s'étaient proclamés maîtres des lieux, sans opposition aucune. Le crépi se détachait ça et là et laissait voir la base de brique du bâtiment. Le toit s'affaissait et il aurait semblé que si une feuille de plus y tombait, il céderait sans autre forme de procès..
Ed leva le faisceau de la lampe sur le pourtour de ce qui semblait avoir été l'entrée principale, au dessus, on pouvait encore lire l'insigne suivante : 'Gare ferroviaire de Reesembool'... le tout dans une peinture rouge presque effacée, sur une plaque de bois mort.
-HAH ! S'exclama Ed en signe de triomphe, ''qui c'est qui avait raison hein ?'
Winry, incrédule continuait de fixer l'écriteau indicatif, en espérant y lire quelque chose qui démentirait l'impensable vérité : elle venait de perdre ce pari, ce qui impliquait non seulement trois semaines de lessive de la génération qui les hébergeait, mais en plus, l'humiliation face à Ed, alors que c'était habituellement le contraire. Comment se pouvait-il qu'elle ait ignoré l'existence de cette ancienne gare dans son propre village natal ? Et pourquoi avait-elle proposé ce gage ? Elle s'en voulait, d'autant plus qu'elle se souvenait maintenant qu'un tunnel de voie ferré avait été fermé à la circulation pour être reconverti en fromagerie non loin de chez elle...
Al était surpris, mais sans l'être.. bien sûr il croyait son frère, il avait une intuition et une connaissance qui incitait à la confiance, mais en même temps, il commençait à envisager l'éventualité que pour une fois , il avait raconté une vieille histoire inventée par les vieux d'ici, aussi crédible que celle par exemple de l'Ishbal qui nourrissait des chats, bref une histoire idiote. Et pourtant, cette histoire s'avérait bien réelle, au grand dam de Winry. Al songea en son for intérieur à vérifier la véracité de l'histoire de l'Ishbal et des chats.
Quant à Den, lui, loin des histoires de ses maîtres, il continuait de gambader partout, notamment près de la clôture et du mur de la gare, histoire d'y laisser son bon souvenir.
Après un moment de silence, Winry suggéra non sans amertume que maintenant que le pari avait pris fin, il serait peut être temps de rentrer, parce qu'il était tard, parce que mamie Pinako allait quand même finir par se demander pourquoi ils ne rentraient pas, et qu'elle n'aimait pas être dans la forêt après la tombée de la nuit. Elle pensa qu'elle n'avait pas parlé assez fort lorsqu'elle vit que Edward entreprenait de rentrer à l'intérieur. Parfois, se disait-elle, elle ne savait pas ce qui lui avait pris de l'aimer.
Elle le menaça de le laisser seul, qu'elle et Alphonse et Den repartiraient sans lui, et qu'elle prenait la lampe, mais cette menace fut vite étouffée dans l'oeuf lorsqu'elle remarqua que 1) Ed avait la lampe, 2) Den le suivait allègrement et 3) Al sembla préférer la compagnie de son frère... alors, 4) elle se résolut à les suivre, car elle ne comptait pas rester là, toute seule à les attendre.. qui sait ce qui peut nous surprendre durant la nuit...
L'extérieur de la gare ne payait pas de mine, mais l'intérieur était encore plus radin en mines... le sol, en planches de bois, grinçait à chaque pas de nos protagonistes, et était disséminé de trous, par ci par là..bref, rien que le fait de marcher présentait un risque éventuel de chute. Les murs ne se voyaient pas très bien dans le noir, mais le faisceau de la lampe y projetait des ombres peu amènes. Ce même faisceau permettait d'éviter un certain nombre de toiles d'araignées, certainement aussi vieilles que mamie Pinako, voire même aussi vieilles que Hohenheim. Ed, sourd aux protestations apeurées de Winry et aux suggestions plus prudentes de son frère, poursuivait l'exploration de chaque recoin et chaque pièce de la bâtisse.. il cherchait certainement la preuve de l'existence d'un ancien cimetière Ishbal, ou bien des traces suggérant la vendetta des contrôleurs de gare, ou encore la présence d'un fantôme qui ne se serait pas rendu compte que le lieu avait été abandonné depuis au moins des millénaires...
L'ambiance glauque et angoissante de l'endroit commençait sérieusement à peser sur nos trois amis, lorsqu'au bout de plusieurs instants qui avaient paru plus longs à certaines, Ed se rendit compte que 1) le temps passait, 2) il commençait à être un peu affamé et 3) les fantômes semblaient être des gens peu sociables et loquaces. Et puis, il fallait se le dire, l'endroit n'était pas joyeux.
'bon, on va se rentrer je pense' suggéra-t-il doucement..
Winry, plus que soulagée, lâcha un énorme soupir et s'apprêta à lui faire remarquer que ce n'était pas trop tôt, lorsqu'un grincement étrange interrompit toute entreprise de râlage et qui figea nos trois protagonistes.
'mais qu'est ce qui vous fait peur ?' grommela Ed, qui avait aussi cessé de bouger.. le sol grince depuis tout à l'heure, c'est juste l'un de nous qui a du...
Un nouveau grincement l'interrompit.. et cette fois, sa lampe braquée sur winry et alphonse lui confirmait qu'aucun d'eux n'était à l'origine de ce grincement nouveau.
Un troisième grincement envoya Ed dans les bras de son frère.. il pensa qu'il n'aurait pas du chercher ces fantômes avec tant d'insistance, maintenant il allait être servi. Qui sait ce qui allait les attraper. Allaient-ils ressortir vivants ? Ed en était de moins en moins sûr.. Les grincements s'accentuaient et semblaient se rapprocher malgré l'obscurité qui les entourait. Les trois se taisaient, se faisaient aussi petits et invisibles que possible (tache qui n'aurait pu du être trop sorcière pour notre Ed national) en regardant dans la direction d'où semblaient provenir les grincements. Den aussi semblait ne plus bouger, il reniflait l'air avec avidité, cherchant à connaître la consistance et la probable intention de ce visiteur. Ed éteignit sa lampe, suivant les suggestions de Winry pour augmenter leurs chances de discretion. Mais au moment où il l'éteignit, un autre faisceau, plus faible, illumina le mur face à eux, projetant sur celui-ci, une ombre gigantesque aux formes anormalement changeantes et peu rassurantes.
Den se mit à aboyer, les supplications des adolescents ne purent le calmer et ils se précipita joyeusement vers l'origine de cette lumière et de cette ombre sous les regards horrifiés des trois jeunes. Les aboiements se turent en même temps que le chien disparaissait de leur champ de vision restreint. C'en était fini de Den, il était parti en laissant les trois jeunes vulnérables face à cette ombre qui grandissait au fur et à mesure qu'elle semblait se rapprocher et que la lumière se faisait de plus en plus vive.
C'était fini pour eux...
Soudain, Den réapparut et sauta joyeusement dans les bras de Alphonse qui laissa tomber son frère, par surprise. Puis ils furent aveuglés par la lumière vive d'une lampe torche autre que la leur. Le 'et béh' prononcé par une voix rauque arracha à Winry et Edward, un cri d'effroi, tandis que Alphonse reconnut le propriétaire de cette voix et se mit à rire. Derrière le faisceau de la lampe torche se tenait Pinako, qui au vu de l'heure qui tournait vite, s'était décidée à aller les chercher. Toutes les questions furent vite résolues, Mamie Pinako connaissait bien cette ancienne gare, (pas étonnant, pensait Ed). Aux dernières nouvelles, elle n'était pas spécialement hantée car elle n'avait pas été bêtie sur un ancien cimetière Ishbal, sinon un ancien champ de vaches. Et selon Pinako, les vaches de l'Est du pays étaient parmi les animaux les plus pacifiques, alors difficile à croire qu'elle fussent capable d'égorger qui ou quoi que ce soit.
Une seule question resta en suspens : Pourquoi donc ne lui avaient-ils pas demandé ?
Quelques jours plus tard.
Alphonse caressait tranquillement Den sur le parvis de la maison, savourant ce beau soleil. Un vent léger passait entre le linge fraichement étendu et le faisait danser, lui donnant l'apparence d'un ballet de fantômes en robes de mariée. Ed passa devant son frère, portant un lourd panier rempli de linge. Il indiqua rapidement à son frère que ce linge était destiné à être lavé, puis ne s'attarda pas.
Il entra dans la buanderie et posa en soufflant, son lourd panier sur la table, déjà bien gâtée de linge.
-Encore ! s'écria Winry en voyant le panier rempli. J'ai dans l'impression qu'elle le fait exprès.
Ed se contenta de hausser les épaules. A ce qu'il sache, Pinako n'avait pas été mise au courant des enjeux du pari avant qu'il n'ait eu lieu. Il attrapa du bout des doigts une pièce de linge et l'étala face à lui. La pièce s'avérant être un dessous en dentelle aux dimensions Armstronguiennes.
-C'est incroyable ça ! S'exclamait-il. Qui aurait pu croire qu'une si petite chose puisse mettre ça !
-Tu devrais savoir depuis le temps, que mamie Pinako n'est pas une humaine normale ! Soupira winry en lui arrachant le dessous des mains avant de le plonger dans la lessiveuse. Je devrais inventer une machine qui lave le linge toute seule, ça nous faciliterait tellement la vie.
Elle soupira avant d'essorer le dessous et de le mettre dans un autre panier.
-en attendant pas question de tricher, rétorqua innocemment le blondinet, La machine, tu pourras toujours l'inventer après avoir fini ton gage.
Il lui tira la langue et s'enfuit rapidement, suivi de près par ce qui ressemblait à un dessous rose vif.
