Bonjour à tous !
J'ai finalement décidé de continuer cette fiction. Les personnages m'inspirant, et j'ai besoin de voir d'autres horizons étant un peu bloquée sur mon autre fiction !
Je vous remercie d'avoir lu et pour vos commentaires !
Ondatra Zibethicus : Merci à toi chère première revieweuse ! J'espère que cette suite te plaira
BobMo : Brassaï est une photographe que j'apprécie beaucoup ! Et merci pour ton commentaire qui m'a ravie !
Chapitre 2
Jamais elle n'avait aussi mal dormit. La pluie n'avait pas cessée de toute la nuit, rendant le petit appartement encore plus humide qu'à son habitude. Mais ce n'était pas seulement le temps extérieur qui la rendait insomniaque, le mystérieux inconnu du bal de la veille ne voulait pas laisser son esprit en paix.
Vaincue, elle se leva sans bruit pour ne pas réveiller ses petits colocataires, et se rendit près de la fenêtre pour y jeter un rapide coup d'œil. Le jour commençait à se lever en compagnie de la brume épaisse des froides journées parisiennes. Dans la rue, seule la boulangerie au bout de la rue prouvait que les lieux n'étaient pas inhabités. Elle resta un moment à observer l'ombre du boulanger à travers la vitrine avant de se décider à s'habiller. Une fois parée de ses modestes vêtements, elle attrapa son porte monnaie pour descendre à la rencontre du seul être éveillé à cette heure ci. Elle ouvrit sa bourse et reteint un soupir en n'apercevant que quelques pièces qui se cachaient entre les plis du tissu. Aujourd'hui encore, elle ne pourra pas offrir de brioche aux enfants. Mais, peut être que la soirée de la veille ne lui avait pas fait rencontrer que de mauvaises personnes.
- Bientôt nous pourrons manger des petits pains et de la confiture. J'espère, soupira t-elle tout bas en enfonçant sa gavroche sur ses oreilles.
Elle claqua la porte et descendit le frêle escalier de bois. Dans la rue, elle failli se cogner contre un ivrogne venu dessaouler devant son immeuble. Celui-ci grogna méchamment mais il n'était pas encore assez lucide pour comprendre ce qui lui arrivait.
- Mieux vaut il peut être qu'il ne s'en souvienne pas, pensa t-elle.
Car oui, tous ces hommes aujourd'hui à terre sur les pavés de Paris, avaient d'abords été à terre dans la boue des tranchées de la première guerre. Cela avait beau fait 6 années que l'armistice avait été sonnée, de nombreux soldats gardaient encore d'horribles séquelles physiques et morales sur leur corps et dans leur esprit.
La jeune femme continua son chemin et arriva devant la boulangerie encore déserte. Elle entra dans la chaleur de la boutique faisant tinter la petite cloche qui informait le boulanger de son arrivée. Elle huma l'air, se délectant de l'odeur du pain chaud et croustillant qui venait de sortir du four. Bien qu'habituée à cet endroit pour y venir presque chaque jour, elle laissa courir avec émerveillement son regard sur les multitudes de mets exposés derrière les vitrines.
- Ah, Olive! S'exclama le boulanger les bras remplis de baguettes de pain fraiches. Que puis-je pour toi aujourd'hui?
- Une baguette s'il vous plait, Monsieur Frozt.
Le vieil homme d'origine allemande s'était vu diminué sa clientèle par trois lors de la guerre, tout cela à cause de ses origines. Du coup, il pratiquait donc des prix bien plus bas que la moyenne dans l'espoir d'attirer de nouveaux clients. Olive avait de la chance car, bien que sa boutique ne fût fréquentée que par les plus pauvres, ses pains étaient de loin les meilleurs du quartier et elle avait les moyens de s'en offrir presque tous les jours.
- 2 francs, dit-il en lui tendant le paquet.
- Combien? S'exclama la jeune couturière. Mais c'est le double de la dernière fois!
- Je sais bien mais l'état à encore décidé d'augmenter les taxes sur la farine. Je suis obligé de pratiquer ses prix la maintenant, ajouta t-il désolé
- Je... Vous pouvez m'en donner une demi dans ce cas là? Demanda t-elle en comptant ses pièces.
L'homme acquiesça tristement devant la détresse de sa plus fidèle cliente quand la porte s'ouvrit brusquement dans un nouveau tintement de cloche. Olive ne se retourna pas, préférant cacher sa misère en payant le boulanger et en empoignant rapidement sa demi-baguette avant de s'enfuir hors de la boutique. Elle sentit son agacement arrivé lorsqu'elle passa à côté du nouveau client et qu'elle vit ses chaussures faites dans un cuir luxueux et propre. Que venait faire ce genre de personne ici? Et malgré sa fierté, comment ne pas avoir honte ? Bien sûr, elle se réjouissait pour le boulanger mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils n'avaient pas besoin de leurs regards hautains ou emplis de pitié !
Dehors, elle frissonna en sentant le vent glacé taper contre sa nuque. Elle resserra son manteau contre elle et voulu traverser la route quand un homme la bouscula faisant tomber son pain chaud sur les pavés encore mouillés.
- Oh! Ragea t-elle contre le fuyard.
Mais celui-ci s'arrêta en entendant sa plainte. Il se retourna vers elle la jaugeant dangereusement du regard.
- Qu'est ce que tu veux toi! Dit-il d'une voix rauque en s'approchant plus près de la jeune femme.
-Vous venez de faire tomber mon pain, monsieur, dit-elle en montrant la baguette à terre.
- Et alors ! Tu veux que je te le ramasse ! Ou tu voudrais peut-être que je te le rembourse ?
-Je… ne demanderai que de excuses, monsieur, dit-elle timidement face à cet imposant personnage.
-Des excuses ? Il ria. Je ne m'excuse pas devant les femmes, encore moins devant quelqu'un comme toi !
-Je… Vais vous laisser, marmonna la jeune femme après un instant d'hésitation.
Elle ramassa son achat désormais trempé, et reprit sa route en direction de son appartement. Mais au moment où elle passa devant l'homme, il lui attrapa le bras et la ramena contre lui.
Tu ne crois pas que tu vas me faire perdre mon temps comme ça, ma belle. Viens donc chez moi, je n'habite pas très loin et son sera tranquille, chuchota t-il à son oreille. Si tu fais bien les choses, peut-être que je m'excuserais, qui sait !
La petite couturière voulu s'échapper de sa poigne mais il ne semblait pas gêné par ses tentatives désespérées. Il l'entraina dans une petite ruelle et de plus en plus apeurée, elle se débâtait toujours sous les rires gras de son agresseur. Sans le faire exprès, et dans la panique, elle lui écrasa violement le talon de sa chaussure sur le pied. Il hurla de douleur la lâcha sous la surprise. Elle en profita pour s'échapper.
Elle courut vers la boulangerie où elle pourra être en sécurité. Dans sa course, elle regarda en arrière pour voir si l'homme la suivait. Mais, à peine eut-elle le temps de détourné le regard qu'elle se cogna contre quelqu'un. Et de nouveau, elle se retrouva dans les bras d'un homme. Quand elle se rendit compte de sa posture, elle se dégagea rapidement en s'excusant mais il ne lui adressa pas un regard. Il passa devant elle sans lui prêter attention et s'avança dans la direction opposée en effectuant de grands gestes. Il grogna dans une langue encore inconnue à la jeune femme et se retourna vers elle.
Elle aperçut derrière lui, son agresseur s'enfuyant à grandes enjambées et remercia son sauveur.
Mais si elle s'attendait à ça !
Vous !
Devant elle se tenait fièrement son second cavalier lors du bal de la veille.
Et bien, vous savez vous attirer des ennuis, même si tôt le matin.
Je n'ai rien à vous dire, dit-elle en prenant le chemin de son appartement.
Elle lui passa sous le nez rapidement mais il ne semblait pas prêt à abandonner la partie.
Voyons, restez ! Je viens de vous sauvez la mise !
Mais elle continua son chemin.
Olive !
Surprise, elle s'arrêta un instant, mais se reprit vite. Après tout, il avait affirmé la connaitre et l'avait retrouvée chez elle, son nom ne devait donc pas être un secret pour lui. La petite couturière accéléra le pas mais elle l'entendit la suivre à grands pas. Elle arriva devant la porte de son immeuble quand il la rattrapa enfin.
Arrêtez-vous ! Rageât-il dans un souffle. Je vous ai dit que je viendrais vous rendre visite hier. Me voilà alors écoutez-moi !
Laissez-moi tranquille, je ne vous dois rien !
Je ne viens pas là, dit-il en désignant les lieux d'un geste désinvolte, pour me faire planter par une roturière !
Mais alors, que peut bien vous offrir une simple femme comme moi, cracha t-elle ironique. Je n'ai rien à vous offrir !
Oh ! Je ne veux point de votre argent ou de votre vertu. Je ne suis pas comme cet ivrogne dont je vous ai débarrassé plus tôt. Non, je possède déjà le premier et peux avoir le second d'un simple claquement de doigt, affirma t-il en mimant le geste. Mais j'ai besoin de vous.
Surprise, elle ouvrit la bouche.
Enfin, de vous, et de vous talents de couturière.
Elle la referma.
Ne me regardez pas comme ça ma jolie, vous m'en devez une, ou bien deux après ce qui s'est passé aujourd'hui! Et c'est de votre faute, si vous n'aviez pas porté cette succulente robe qui mettait si bien vos formes en valeur, je ne vous aurais pas remarqué ! Mais je vous ai reconnu lorsque je vous ai vu parler à ce dandy démodé. Et vous avez confirmé votre identité quand vous avez si délibérément distribué l'adresse de l'atelier dans lequel vous travaillez. Ne soyez pas surprise, dit-il devant le regard effaré de la jeune femme, cette boutique n'est pas très reconnue mais je sais distinguer la qualité quand elle se présente à moi, ajouta t-il en lui lançant un regard appuyé mais moqueur. Je vous y ai vu plusieurs fois et je n'oublie pas un visage comme le votre.
Laissez tomber, je ne suis pas intéressée et je n'ai pas le temps, affirma t-elle en ouvrant la porte
Quel dommage, c'était pourtant si bien payé.
Elle se stoppa et il sut qu'il avait touché la corde sensible.
Vous ne pouvez pas vous permettre de laisser passer mon offre. Ni pour vous, ni pour vos colocataires.
Comment le savez-vous ?
Il y a des gens qui sont payés pour savoir. Je les paye, donc je sais.
Ne voudriez-vous pas leur offrir un avenir meilleur que celui de que leur promet la fin de la guerre ? Vous avez pourtant déjà pensé à les envoyer dans orphelinat, j'en suis persuadé.
Comment pouvait-il dire ça ? Mais, bien sûr qu'elle y avait pensé. Comment ne pas songer à ne plus avoir à les nourrir et pouvoir vivre plus aisément. Mais elle n'avait pas pu. Elle ne pouvait pas infliger à d'autres ce qu'elle avait vécu plus jeune dans ces horribles endroits.
Acceptez donc mon offre et je promets de les placer dans un pensionnat luxueux de la capital où ils seront nourris, logés au chaud et instruis.
Olive se tourna vers lui. Il affichait un rictus victorieux.
Très bien. Que voulez-vous de moi ?
Oh, rien de bien contraignant mais je vous en parlerais plus tard. Demain peut-être, dit-il en s'éloignant.
Contrarié d'avoir cédé à cet homme, elle sera sa baguette de pain contre elle et ouvrit la porte dans un grincement.
Oh ! Au faite, lui cria t-il. Prenez ça !
Il lui lança la brioche qu'il avait achetée plus tôt dans la boulangerie. Par reflexe, elle l'attrapa au vol. Mais sa fierté ne voulait pas de la charité de ce pendant aristocrate. Elle s'apprêta à lui rendre mais il était déjà repartit. Il leva le bras pour la saluer avant d'ajouter moqueur:
J'ai déjà mangé.
A suivre…
J'espère sincèrement que cette suite n'a cependant pas gâchée le premier chapitre qui devait être le seul ! Mais maintenant que c'est commencé : à bientôt !
