Voici le troisième chapitre qui s'est fait attendre!
Mais la fin d'année niveau travail c'est très lourd...
M'enfin! Je vous souhaite une bonne année avec ce nouveau chapitre tout frais!
BobMo : Merci pour ton commentaire, ils me font toujours autant plaisir ! Etje le garde en tête si un jour j'ai l'occasion d'aller du côté de Bastille ! Merci pour l'info !
Ondatra zibethicus : Merci beaucoup ! J'espère donc que la suite va te plaire même si on en apprend par encore trop de l'homme. Tu auras juste droit a ses initiales dans ce chapitre ) !
Chapitre 3
Olive resta quelques temps interdite devant tant de désinvolture. Mais après tout, sa classe le lui permettait sans que cela ne choc qui que ce soit. Elle rentra brusquement dans la cage d'escalier, furieuse de se retrouver avec la marque de pitié qu'elle semblait lui inspirer. D'un autre côté, ils pourront avoir un réel petit déjeuner sans qu'elle n'ait eu besoin de sacrifier ses dernières économies.
Lorsqu'elle pénétra dans l'unique pièce de son appartement les orphelins étaient déjà éveillés. Trois se battaient gentiment pour pouvoir inspecter la rue en toute quiétude tandis que le plus grand s'avança vers elle pour la débarrasser de ses paquets. Il inspecta suspicieusement la brioche et regarda la jeune femme.
- C'est le monsieur qui te l'a donné? C'est ton amoureux?
Olive failli s'étouffer en entendant la question. Qu'avaient-ils vu du haut de la fenêtre?
-Bien sur que non! Qu'est ce qui te fait dire ça? S'enquit-elle.
- Le grand monsieur t'as prit dans des bras près de la boulangerie. Nous l'avons vu, declara t-il avec un grand sourire, persuadé d'avoir découvert son secret.
Interloquée elle ne répondit pas. Il est vrai que la boulangerie était bien visible depuis la fenêtre, mais ces gosses avaient une vue incroyable pour avoir distingué cela à travers la brume. Elle lui adressa un sourire préférant qu'il croie avoir vu un homme bon plutôt que cet incroyable manipulateur.
Elle les installa tous autours de la table puis s'assit sur le rebord de la fenêtre. Elle observa les hauteurs de Paris qui commençaient à apparaitre a travers le brouillard. Cette vision de la capitale encore endormie avait le don de l'apaiser et de la faire partir dans ses pensées les plus folles. Mais bien vite elle dû s'arracher de ses rêveries pour revenir à la dure réalité du travail. Il était presque la moitié de sept heures et la jeune femme commençait tôt ses journées. Elle empoigna son manteau avant de s'enfuir dans les escaliers après un rapide au revoir aux jeunes enfants. Cette fois ci elle fit attention à l'ivrogne et couru presque jusqu'au métropolitain. Elle descendit dans les sous-sols en sautant presque une marche sur deux mais il fallait bien cela pour ne pas manquer le métro de 7h34. Sa patronne ne lui pardonnait aucunes fautes et les retards étaient un motif de renvoi dans cet atelier. Heureusement le métro l'amenait non loin de la boutique en seulement une dizaine d'arrêts. Il n'en faillait pas plus pour lier la bute de Montmartre à l'île de la cité.
Elle sortit des souterrains.
Olive était toujours émerveillée devant la grande Notre-Dame. Une telle prestance architecturale et ce quartier remplit d'histoire lui faisait toujours impression. Elle qui, à l'orphelinat, avait passé tous ses temps libres à lire du Victor Hugo, travailler dans les décors d'un de ses plus grands ouvrages l'emplissait de fierté.
Elle traversa lentement le marché aux fleurs qui s'éveillait en même temps que les premiers rayons de soleil. Une douce lumière d'un jaune puissant filtrait aux travers des grands immeubles haussmanniens de la rive d'en face et venait illuminer les fleurs aux incroyables couleurs. La Seine reflétait le soleil avec force et ce dernier semblait prendre un malin plaisir à venir rencontrer les yeux de la jeune femme dans une lumière aveuglante.
Olive marchait sur les pavés éclairés afin de se chauffer le visage malgré le vent froid qui sortait de l'ombre des rues. Elle gardait ses mains dans ses poches pour les protéger de l'air glacé qui mordait ses doigts.
Elle marchait dans la rue principale de l'île de Paris quand elle bifurqua dans une autre pour atteindre la porte de l'arrière boutique de l'atelier dans lequel elle passait toutes ses journées. Elle fut surprise d'y voir un homme d'apparence assez âgé et légèrement plus petit qu'elle. Elle choisi de ne pas y prêter attention mais ce dernier semblait n'être là que dans le but de la voir.
Olive Perret, demanda t-il de sa voix tressautante.
Le petite couturière se retourna vivement sur lui, méfiante. Mais le vieil homme, inoffensif, ne lui tendis qu'une simple lettre sans un mot. Elle la prit et le rangea dans sa poche.
Vous devez la lire devant moi, mademoiselle.
Pourquoi, ne put-elle s'empêcher de demander.
Mon maître veut être sûr que vous l'ayez bien lu.
La jeune femme regarda sa montre, elle afficha impitoyablement huit heures passées.
Navré, monsieur, je n'ai pas le temps de la lire, je suis en retard.
Sur ces mots elle se précipita à l'intérieur de la boutique, claquant la porte au nez du vieil homme sans qu'il n'ait pu répliquer. Elle accrocha rapidement son manteau dans le petit vestiaire et enfila son tablier de travail.
Perret !
Olive tressailli à l'entente si sauvage de son nom.
Madame Cagelle, répondit-elle de son plus beau sourire forcé.
Vous êtes encore en retard ! Je ne supporte plus d'arriver avant vous, alors que le ménage n'est toujours pas fait !
Je suis désolé madame, le métro a eu un problème, il s'est arrêté de longues minutes, mentit-elle.
Malheureusement même le plus vrai des mensonges de l'adoucissait pas. La jeune employée baissa les yeux et empoigna un balai pour préparer la boutique avant l'arrivée des premiers clients.
Olive travaillait depuis maintenant deux ans dans cet atelier. A l'époque, sa patronne avait cruellement besoin de main d'œuvre et avait pris la jeune femme sans qualification. Elle avait apprit le métier en observant ses trois collègues. La formation avait été difficile mais elle s'était vite mise derrière la machine. Malheureusement, ces derniers temps, de nombreux chômeurs, parfois mieux qualifiés se présentaient à la boutique. Il était dur d'y garder sa place. Olive était encore là grâce à une riche dame qui lui confiait toujours ses commandes. Celle-ci lui envoyait même quelques amies. C'est de cette façon qu'Olive avait réalisé la robe de bal de Mme Harstrosh et s'était accessoirement retrouver à la soirée qu'elle avait organisée.
Mme Harstrosh a-t-elle bien reçu la robe, demanda justement sa patronne.
Oui, madame, je l'ai portée moi-même à son appartement. Mais elle n'a pas pu la mettre, elle était souffrante et alitée pour la soirée.
Les gens tombent malades quand il ne faut pas ! Et moi qui espérais récupérer d'autres clients par le biais de cette soirée, ragea t-elle.
Olive ne dit rien mais sourit intérieurement. Les vœux de sa patronne pourraient bien être exaucés !
Madame Cagelle vit l'imperceptible sourire d'Olive et ragea de plus belle.
Cessez de rêvasser et retournez travailler !
Elle ne se le fit pas redire une seconde fois et se plaça derrière sa machine à coudre. Malheureusement, elle n'avait pour le moment aucune commande et dû continuer un ouvrage que lui avait confié une de ses collègues souffrantes. C'était un costume d'homme d'un bleu nuit presque noir, orné d'un liseré doré. Olive soupçonna les fils d'être des fils d'or d'une grande richesse mais elle n'avait pas besoin de s'en occuper. Il ne lui restait que les finitions. Elle consolida les poches internes et broda le nom de l'atelier au niveau du col. Elle s'appliqua sur ce détail car c'était grâce à cet élément que l'on pourra identifier la provenance du vêtement dans les décennies à venir.
A peine eut-elle finit que la brusque voix de sa patronne la fit sursauter.
Perret !
Olive se précipita dans la boutique pour répondre à l'appel et elle fut surprise d'y retrouver déjà une des femmes de la veille, probablement accompagnée de deux autres amies. Toutes portaient de sculpturaux chapeaux qui prenaient à eux seuls la moitié de l'espace. Cagelle discutait avec elles avant de se tourner vers la couturière.
Ces deux jeunes femmes souhaitent que leurs commandes soient exécutées par tes soins. Je vous en pris mesdames, dit-elle en s'adressant à ses nouvelles clientes, Olive vous écoute.
La gérante les lui confia tendis qu'elle s'occupait de la dernière. Les deux jeunes femmes étaient surexcitées et lui commandèrent deux robes extravagantes et richement décorée.
Je vous ferais parvenir les perles d'Italie directement à votre atelier, et la soie que j'ai commandée au Cambodge devrait arrivée dans la semaine, annoça la première.
Nous aimerions qu'elles soient finies le mois prochain, nous nous rendons à la grande réception en l'honneur d'un prince du nord, ajouta la seconde. Il nous faut l'impressionner !
Olive acquiesça difficilement, le mois à venir allait être pénible. Réaliser ces deux commandes en si peu de temps relevait presque de l'exploit. De plus, elles ne semblaient même pas savoir de quel pays venait ce mystérieux prince et elle ne pu s'empêcher de les trouver ridicules. Elle entendait encore leurs gloussements provoqués par la perspective de cette soirée quand elle écrivit leur nom sur le registre. Mais, la jeune femme les salua quand même et les raccompagna à la porte avant que sa patronne ne l'interpelle une nouvelle fois.
Perret ! Le client d'Austine et arriver pour l'essayage de son costume. Il vous attend aux cabines, dépêchez-vous, bon dieu !
Elle se précipita dans l'atelier pour récupérer le vêtement tout en maudissant sa collègue d'être malade en cette journée si remplie. Elle posa l'habit sur la table et inspectant une dernière fois les finitions.
Je vois que vous n'avez pas lu ma lettre.
La petite couturière se retourna vivement.
Encore vous, s'écria t-elle.
Je me douterais de votre réaction, s'amusa l'artistocrate. Mais je suis déçu, j'aurais aimé être surpris. Avez-vous aimez ma brioche, demanda t-il moqueur.
Votre commande et là, je vous laisse l'essayer, répondit-elle en sortant de la pièce.
Il la rattrapa et lui tendit l'enveloppe.
Prenez quand même le temps de la lire, je ne voudrais pas que vous vous sentiez piégée.
Elle lui arracha la lettre avant de fermer la porte sans un mot.
Maintenant qu'il était là, il ne lui restait plus qu'à l'ouvrir.
Paris, le 24 Octobre 1923
Ma chère Olive,
Si vous lisez ces lignes c'est que j'ai réussis à vous faire plier. Bien que je n'en eusse douté.
J'écris cette lettre ce soir, juste après que vous vous soyez enfuie de la réception de Mme Harstrosh, alors qu'un de mes fidèles vous suis à la trace pour me rapporter votre adresse. N'aimez-vous pas ces grandioses soirées ?
Mais peux m'importe. Comme j'ai dû vous le dire, plus tôt ce matin, vous allez devoir me servir quelques temps. Rien de bien méchant je vous le promet.
Pour commencer, je n'essuie et ne devrais jamais essuyer de refus, même de votre part. C'est pourquoi je vous attends dans deux jours, à 20h, à mon domicile.
Quelqu'un vous transmettra mon adresse en temps voulu.
S.R
PS : Evidemment, je vous ferais parvenir un habit qui sera le votre et non celui d'une de vos clientes.
Olive termina sa lecture légèrement énervée. Plus elle le rencontrait, plus il devenait pédant. Elle chiffonna la lettre et la fourra dans la poche de son tablier avant de rentrer brusquement dans la cabine.
Mais elle était vide. Sur la table un unique chèque était posé.
Il était partit.
A suivre…
Voila pour ce troisième chapitre!
Dans le prochain je vous donnerai le nom du maitre chanteur en entier!
A la prochaine!
