Bonjour à tous !

Et voilà un nouveau chapitre après presque 4 mois! Je suis désolé, le temps passe à une vitesse effrayante! Je vous avait prévenu que la suite risquait d'être longue à arriver, mais sincèrement je pensais ne pouvoir la poster qu'en Mai. Heureusement, avec ce week end prolongé j'ai pu écrire ce nouveau chapitre et ainsi passe le cap des trois!
Mais qu'est ce que le cap des trois?
C'est un phénomène qui se passe chez moi. Lorsque j'arrive au chapitre 3, impossible d'écrire le 4. J'ai le syndrome de la page blanche et cela peut durer des siècles!
Je suis donc contente de vous livrer ce chapitre!

Ondatra Zibethicus: je ne dis pas que je ne m'en suis pas inspirée ;)
Bonne lecture!


Après la disparition de son maître chanteur, Olive eu du mal à se concentrer sur son travail. Elle s'y plongea tout de même afin de ne pas prendre un retard irrattrapable sur ses nouvelles commandes. elle n'avait malheureusement pas reçu les matières premières promises par ses nouvelles clientes, et s'obligea à passer deux jours sur le patronage des futures robes. Bien que ce soit la partie qu'elle exècre le plus, mieux valait faire croire à la vieille Cagelle, qu'elle ne se tournait pas les pouces au risque de voir son salaire réduit de moitié.

Il était 15 heure. Enfin elle pouvait prendre une pause en ce lourd mercredi d'Octobre. La petite couturière arrêta sa grinçante machine à coudre et sortit à l'arrière de la boutique.

- Tiens Olive, prend en une, tu sembles au bord de la crise de nerf, lui confia Austine, pour te remercier de m'avoir remplacée hier.

Olive ne se fit pas priée et attrapa la cigarette qu'elle lui tendait. La jeune femme ne fumait que rarement, n'ayant pas les moyens de s'acheter les longs tubes blancs. Heureusement, elle trouvait toujours le moyens de s'en procurer quand il fallait qu'elle se relaxe. Elle n'avait rien trouvée de mieux que le tabac pour la détendre. Elle s'assit sur un caisse retournée dans la petite cour et alluma sa cigarette. Elle ferma les yeux pour les reposer un instant. Mais sitôt fait, elle les rouvrit en sursaut. Le visage de ce fameux S.R, cet homme qui la torturait depuis ces quelques jours, c'était imposé a son esprit. Ce fut la première fois qu'elle vit son visage dans ses pensées. Son esprit lui montrait ou se situait la cause de son angoisse. Car bien qu'elle lui tienne tête à chacune de leur rencontre, elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine crainte à son encontre. Était-ce son aura ou sa prestance? Elle n'en savait encore rien. Mais le pouvoir qu'il détenait grâce à sa fortune, la mettait toujours sur la défensive. Le pouvoir de l'argent était effrayant, et encore plus puissant en ces temps d'après-guerre.

- Perret! Rentrez immédiatement! Je ne vous paie pas à rien faire!

La jeune femme fut si surprise de cette brusque apparition sonore entre ses pensées qu'elle en lâcha sa cigarette. Et, évidemment, la chance étant toujours de son cote, celle-ci vint écraser son bout encore fumant sur le dos de sa main gauche, posée sur son genou. Elle la retira rapidement et la secoua de haut en bas pour tenter de faire s'estomper la douleur. Et avant que sa patronne ne revienne la chercher elle se précipita dans l'atelier, toujours en pressant sa main endolorie. Elle se remit a sa table afin de continuer son œuvre: une splendide robe au dos largement dévoilé pour une cliente qui venait spécialement de Dunkerque. Elle devait avoir fini avant la fin de la semaine et cela n'était pas pour la rassurer. Les heures supplémentaires allaient se faire sentir.

Ce n'est qu'une fois les vingt heures passées qu'Olive se décida à rentrer chez elle. Le dernier métro étant à la demi, elle se dépêcha de sortir et fermer l'atelier avant de courir en direction de la bouche du métropolitain la plus proche, dix minutes à pied.

Cinq minutes en courant vite et sans talon.

Huit minutes pour Olive.

C'est donc à bout de souffle que la petite couturière arriva près de l'entrée du souterrain. Elle dévala les escaliers et couru dans le dédale des couloirs pour arriver sur le bon quai. La synchronisation fut en sa faveur puisque le métro entrait en gare quand elle arrivait. Elle se précipitait dans le wagon le plus proche qui était presque vide a cette heure ci. Elle pût s'affaler sur une des banquettes miteuse et déchirée, se soulageant ainsi, de douze heures de travail et d'une intense course a pied. Elle serra la robe qu'elle avait emmenée avec elle et sur laquelle elle avait travaillé plus tôt dans la journée afin de l'avancer dans la nuit.

La tram s'arrêta a une station dans un grincement sonore. Un homme y entra et vint s'installer en face d'elle. Cette dernière râla intérieurement de le voir envahir intentionnellement son espace vitale. Elle lui jeta un regard désapprobateur mais celui-ci ne parut pas s'en impressionner. Il portait un long paquet entre les mains et la regarda suspicieusement. Ce n'est que quand le métro reparti qu'il prit la parole. Olive, perdu dans des pensées et à moitié somnolente sursauta quand il prononça son nom de sa voix éraillée.

- Mademoiselle Perret.

Elle releva brusquement la tête, le regard interrogateur cette fois ci. Il ne prit pas la peine d'attendre qu'elle confirme son identité qu'il lui tendit une enveloppe de même qualité que celle qu'elle reçut la veille.

-Mon maître souhaiterais que vous lisiez cette lettre. Maintenant, ajouta t-il.

- Pourquoi?

- Il veut s'assurer, comme à chaque fois, qu'il a bien été lu.

Excédée, Olive prit la missive et l'ouvrit.

C'était la même écriture penchée et sèche que la veille, mais malgré la belle calligraphie, elle eut du mal à la lire. Préoccupée par le regard de son voisin qui ne la lâchait pas et anxieuse de découvrir les écrits de son supérieur.

Paris, le 26 Octobre 1923.

Ma chère Olive,

Je suis navré de ne pas avoir pu vous donner le règlement en main propre hier après midi. Malheureusement une affaire urgente a requise ma présence. Le travail d'un homme de bonne famille est bien éreintant, mais probablement n'en n'avez vous pas conscience. N'ayez crainte, vous êtes pardonnée.

Mais retournons maintenant au but premier de cette lettre. Comme je vous l'ai dis plus tôt, je souhaiterais m'associer a vos talents de couturière. Mais je ne souhaite pas évoquer les termes de ce contrat par le biais d'une simple lettre. Je vous attendrai donc demain soir à 20h00 précise à mon domicile.

324 Rue Faubourg St. honore.

Je vous fait confiance pour trouver la rue. Elle est relativement grande mais vous ne devriez pas vous y perdre.

Je vous souhaite une agréable soirée, Milady.

S.R

Encore ce ton cynique et pédant qu'elle ne supportait plus. Olive replia soigneusement la lettre et la donna au messager.

- Vous devriez la garder, Mademoiselle. Vous en aurez plus besoin que moi, dit-il en levant les mains devant lui.

Elle ne répondit pas mais enfonça la missive dans sa poche. L'homme lui tendit aussi le paquet enrubanné qu'il tenait entre ses mains.

- De la part de Monsieur avec ses sincères salutations.

Toujours muette, Olive prit le colis et le posa sur le siège à ses côtés. Elle regarda son messager et lui esquissa un rapide sourire de remerciement.

Le métro s'arrêta une nouvelle fois dans un long crissement. L'homme se leva, la salua et sortit du wagon. La jeune femme pu enfin souffler. Elle jeta un coup d'œil au colis avant de fermer les yeux pour ne les rouvrir qu'a l'arrivée du train souterrain à la station Château Rouge.

Une fois sortie, elle marcha rapidement dans les rues du 18eme arrondissement. L'appelle du gains étant très fort dans cette partie de Paris, mieux valait ne pas traîner dehors aussi tard le soir. En particulier lorsque vous transportez d'aussi gros paquets.

Heureusement, elle pût atteindre son petit appartement sans encombre. Elle y monta rapidement pour y retrouver ses orphelins et eut la joie de voir qu'ils avaient préparés de quoi dîner avec leur maigres provisions. Olive leur sourit, posa rapidement ses affaires sur un lit et s'assit à table avec eux. Elle pût manger tranquillement et oublier un instant les derniers événements.

Le monde était endormit mais une jeune couturière continuait son œuvre fastidieuse, le dos courbé par la concentration. Elle piquait, repiquait et surpiquait sans relâche depuis plusieurs heures. La fatigue lui faisait fermer les yeux mais la détermination continuait de lutter. Malheureusement, il fallut se rendre à l'évidence et la jeune femme, ne tenant plus, posa son ouvrage. Elle s'appuya contre le dossier de sa chaise et étendit les jambes avant de se lever un peu trop rapidement. La tête lui tourna et des vertiges s'imposèrent. Elle s'appuya contre un mur jusqu'à qu'ils s'estompent suffisamment pour qu'elle retrouve l'usage complet de ses sens. Elle entra dans la salle de bain éclairée par les lampadaires allumés de la rue, projetant deux raies de lumière jaune sur le sol et le mur. Elle s'assit sur le rebord de la baignoire, toujours dans le noir et son regard tomba sur le paquet qu'elle reçut plus tôt. Elle le prit entre ses mains et le considéra un instant avant de commencer à le déballer.

Elle dût enlever les plusieurs rubans qui maintenaient la boite close avant de soulever le couvercle. Un papier de soie pourpre recouvrait le présent. Olive l'enleva du paquet et fut surprise de son poids. Au vu de sa consistance, il paraissait claire qu'il s'agissait d'une étoffe, pourtant elle avait rarement soulever d'aussi lourds vêtements. Curieuse, elle entreprit à enlever soigneusement le papier qui l'entourait. Enfin, elle pouvait apercevoir le tissus. Bien que le peu de lumière l'empêche de voir clairement , elle pu distinguer sa couleur.

Il s'agissait vraisemblablement d'une robe, d'un éclatant vert de jade parsemé de broderies en fils d'Ivoire. La petite couturière fut soufflée de tenir entre ses mains un aussi luxueux vêtements. Elle le regarda encore un instant avant de se décider à le passer. Malgré son visage marqué par la fatigue, la robe n'en restait pas moins éclatante. Durant se déballage, sa curiosité lui avait fait oublié la provenance de se paquet. Néanmoins, la forme de la robe su lui rappeler. En effet, celle-ci, bien que merveilleuse de part son étoffe, était marquée de plongeants décolletés aussi bien dans le dos que devant. Olive s'abaissa vers le colis pour vérifier qu'elle n'avait pas oubliée une pièce du vêtement dans la boite. Malheureusement, elle ne trouva rien, et se fit une raison quand à l'esprit opportuniste de son maître chanteur.

Elle souleva l'ensemble du papier de soie qui protégeait la robe et découvrit une nouvelle enveloppe. Décidément, cet homme semblait aimer la correspondance. Ces lettres à répétition traduisait bien de son désir de contrôle. Mais, cette fois ci, il avait fait plus simple. Plus sec aussi.

Vous trouverez dans ce paquet de quoi vous vêtir convenablement demain soir. Je ne tiens pas à ce qu'on voit un femme du bas peuple entrer chez moi par la grande porte. Mettez donc ses atours, et ajoutez y votre ravissant bandeau de la dernière fois.

Bien à vous.

S.R

Olive regarda une nouvelle fois la robe et se demanda s'il était raisonnable de sortir ainsi vêtue un soir. Bien que cela lui ajouta une nouvelle pointe d'anxiété, elle ne pouvait décemment pas porter une telle robe. La jeune femme rangea donc ce fastueux cadeau dans sa boite avant de se déshabiller et de prendre une rapide douche. Malheureusement à cette heure ci, elle ne pouvait espérer avoir de l'eau chaude. C'est donc passablement frigorifiée qu'elle se coucha dans son lit.

Une nouvelle journée de pluie stagna sur Paris. Olive rentra de l'atelier trempée jusqu'au os. Son parapluie n'ayant pas supporté la dernière tempête. Elle n'avait pu quitter son lieu de travail avant dix neuf heure, sa patronne veillant bien à ce qu'elle finisse ses tâches, il fut donc bien tard lorsqu'elle rentra à son appartement. Elle avait eu le temps de repenser à son tête à tête imminent avec cet homme qui la harcelait depuis quelques jours. Et elle s'était battue avec les deux parts de son esprit. Et bien que les deux parties soient emplies de peur, elle ne traduisaient pas la même sensation.

L'une était effrayée de se retrouver face à lui, et ne voulais donc pas y aller, mais l'autre était tétanisée à la simple idée de penser à ce qu'il pourrait lui faire s'il elle n'y allait pas. C'est une fois à l'intérieur de sa miteuse demeure qu'elle dut quand même faire son choix. Bien qu'il ne lui plaise pas, son instinct de survie la poussa à se rendre à ce rendez-vous.

Elle s'enferma donc dans la salle de bain, se regarda dans le miroir et se dit que tant qu'à être en retard, au moins être propre et présentable. La jeune femme s'octroya donc le luxe d'une rapide douche. Une fois qu'elle eut finie, elle passa la robe qu'il lui avait offerte. Olive se regarda de la tête au pied. Elle appréciait de se voir aussi séductrice, mais était bien trop timide pour oser porter cela devant lui. Et l'idée qu'il ait choisit cette robe pour profiter de la vue qu'elle offrait lui était insupportable. Elle se rendit dans la pièce adjacente en se demandant comment elle pourra s'y rendre sans cet atours. Elle fit voler son regard dans la salle quand elle tomba sur son sac. Aujourd'hui encore, la petite couturière avait rapportée son ouvrage. Emplie d'un nouvel espoir, elle se jeta sur son sac pour saisir la robe. Heureusement, la tenue était suffisamment avancée pour être portée sans tourner au ridicule.

20h24, elle n'était pas si en retard. Néanmoins, elle attrapa son manteau, et le bandeau qu'il lui avait demandé de porter. Elle s'était étonnée de cette demande mais y avait consenti. Elle ne portait déjà pas la robe qu'il avait prévu. Mieux valait minimiser les dégâts quant à son humeur. Elle seule en pâtirait pas la suite.

C'est donc parée une nouvelle fois de ses créations qu'elle sortit dans la rue noire. La jeune femme s'engagea sur une grande rue quand une grosse main calleuse s'abattue sur son épaule. Déjà peu rassurée par le noir ambiant, elle hurla à ce brusque contact.

-Calmez-vous Mademoiselle, s'il vous plaît, ce n'est que moi.

-Vous, je vous reconnais, que faite vous ici ?

-Je vous attendais, Mademoiselle, selon les ordre de Monsieur, afin de vous emmener en toute sécurité et plus rapidement à son domicile.

-Depuis combien de temps êtes vous là, à m'attendre ?

-Depuis seulement quelques minutes. Vu que vous n'étiez pas présente à l'heure dite, Monsieur nous a envoyé vous chercher.

Olive rougit, mais suivit son guide jusqu'à une longue voiture à essence, noire. Elle monta à l'arrière, il la suivie. Elle n'était jamais montée dans un de ces véhicule. Et comme un enfant découvre le monde, elle regarda partout autours d'elle. Elle fut surprise du confort qu'offraient les banquettes de velours mais se raidit quand la voiture démarra. Elle n'avait jamais eu ce genre de sensations. La cabine se dandinait de droite à gauche, et les virages étaient secs. Cela n'avait rien à voir avec le métro. Elle réussit cependant à se détendre au bout de quelques minutes, une fois habituée aux mouvements de l'automobile.

-Je suis désolée de vous avoir fait attendre, dit-elle enfin.

-N'ayez craintes, je ne vous en veux pas. Néanmoins, je vous conseillerait d'être prudente avec Monsieur. Il était assez énervé de ne pas vous voir à l'heure. Il n'aime pas attendre vous savez.

-Je tacherais de m'en rappeler, promit-elle plus anxieuse que jamais.

Cet homme ne semblait ni patient, ni compréhensif, et très autoritaire. Olive commença à s'inquiéter de plus belle face à sa tenue. Elle espérait ne pas à avoir à subir ses foudres. Elle triturait le pan de son manteau, le malaxant et le tirant dans tout les sens quand la voiture s'arrêta enfin.

Son guide sortit le premier et l'aida à descendre de la cabine. Elle le remercia de son aide discrètement tremblante de peur, les entrailles réduites en charpies par l'anxiété.

Olive prit quand même le temps d'observer la rue. Elle ne pouvait qu'être des plus luxueuse. La large route séparait deux barrières d'immeubles haussmanniens illuminés et qui se faisaient face dans toute leur splendeur. Des flaques d'eau, héritage de la pluie passée, s'étendaient sous les porches lumineux des bâtisses, les faisant se refléter pour paraître deux fois plus hautes qu'à l'accoutumé.

Elle même se retrouva face à une gigantesque porte ouvragée de métal forgé et courbe. La vitre translucide placée derrière, faisant ressortir le motif de fer. Elle s'approcha de la porte avec l'homme de main du maître des lieux. Celui ci actionna la cloche suspendue dans l'encadrement. Elle tinta d'un bruit sonore mais cristallin, et presque instantanément, un homme, qui devait être le majordome, leur ouvrit le passage vers la demeure.

-Mademoiselle Perret, je présume, s'enquit-il de sa voix snobe.

-C'est cela, Monsieur, répondit-elle quelque peu intimidée.

-Bien, Monsieur Sargvård vous attends.


Voilà la fin de ce chapitre. Je pensais faire bouger un peu plus les choses sur celui-ci, mais au final je n'ai pas eu la place.
Bon après je sais que vous allez me dire que je pouvais écrire 4000 mots, mais je ne souhaite pas avoir de chapitres déséquilibrés!
Vous aurez plus de précisions sur l'action dans la chapitre 5!
Et si j'ai le temps (je crois que je le dis à chaque fois), mais si j'ai le temps, je ferais une illustration d'Olive!
Parce que j'ai très envie de dessiner pour moi pour une fois, mais le bac c'est dans 43 jours pour ma première épreuve et d'ici là je dois reprendre 20 dossiers d'art, faire mon sujet d'option art plastique, faire une robe (voir deux si j'ai le temps), aller à droite a gauche de Paris, et Roubaix pour des entretiens. Bref! Je suis mal barrée!

Enfin, je me plains, je me plains, mais vous ! Qu'en avez-vous pensé ?