Twilight est à S. Meyer
April, 1912 appartient à Haley Cullen
CHAPITRE 3
CONFESSIONS
Je ne suis pas du genre à me préoccuper de mon apparence bien qu'il m'arrive parfois de me demander si je suis jolie mais là, dans le miroir c'est comme si je voyais une personne totalement différente.
Cette robe met très bien mes courbes en valeur et me fait paraitre plus mince que je ne le suis en réalité. J'ai ajouté un collier violet en cristal avec des fleurs et des feuilles vertes assorti à mes boucles d'oreilles. Je porte de belles chaussures en satin noir avec des fleurs imprimées. Les attaches sont blanches avec des anneaux en cristal.
Je porte une ombre à paupière violette et de l'eye liner. Mon rouge à lèvre est de couleur chair avec un gout de lavande. J'ai utilisé un fard à joue rosé et embelli le tout d'une belle coiffure.
J'ai relevé mes cheveux en un petit chignon serré et j'ai laissé quelques mèches s'en échapper. Il tient par un ruban violet.
Un coup d'œil dans mon miroir m'apprend que je ne suis plus Bella Swan. Je ressemble à une de ces dames, guindée et délicate, qui se promène en agissant comme si elle était la fleur de l'humanité. J'ai presque envisagé de me changer mais le fait de penser à Edward m'a convaincue de rester ainsi.
Je suis sortie doucement de ma chambre pour rejoindre la pièce principale où mes parents attendent. Renée et Charlie sont prêts à partir, debout à la porte, bras-dessus bras-dessous. Ils retiennent leur souffle tous les deux lorsque je fais mon apparition. Renée sourit, "Tu es magnifique Bella! Tu t'es vraiment surpassée." Je souris en remerciement avant de les suivre dans la cabine puis dans le couloir.
Je vois beaucoup de passagers de première classe prendre la même direction que nous, vers la salle à manger. Je marche les mains jointes poliment mais je regarde le sol. Je ne me sens pas appartenir à ce monde, aisé et respecté. Ce n'est pas moi et je me sens comme si j'étais un vilain petit canard voulant me faire passer pour un beau cygne.
Nous marchons le long d'un balcon et je remarque qu'il y a un grand escalier. Je regarde avec émerveillement l'architecture dorée et l'horloge magnifique ornée d'anges, en haut de l'escalier. Mes parents ont commencé à descendre comme s'ils entraient dans une salle de bal après avoir été annoncés. Je ne les suis pas tout de suite.
Je regarde autour de moi nerveusement, en tortillant mes mains et je vois Edward debout en bas de l'escalier qui attend poliment avec un couple derrière lui. Ils sont au moins aussi beaux que lui. Ils se tiennent par le bras et se fixent. Ils paraissent tellement jeunes pour être les parents d'Edward. Ils doivent avoir vingt ans, trente ans tout au plus. Mais c'est ainsi.
La première que je suppose être Esmée est bien plus que jolie. Elle a des cheveux caramel et un visage doux et affectueux. Son mari Carlisle est blond. Et il parait très professionnel.
Esmée porte une robe bleue comme la mer qui descend jusqu'à ses pieds. Elle est très serrée et froissée. On dirait du velours et elle a de longues manches. Un ruban argenté en souligne la taille. Je l'envie, elle est absolument éblouissante. Je remarque que beaucoup de jeunes hommes ont leurs yeux posés sur elle mais leur visage se décompose lorsqu'ils s'aperçoivent qu'elle est déjà accompagnée.
Carlisle a mis un costume noir mais il porte une chemise dorée en dessous. Le contraste avec sa peau blanche est parfait.
Je remarque autre chose. Ils sont pâles, la peau très blanche comme celle d'Edward. Ils ont aussi les mêmes yeux que lui, topaze. C'est très intéressant étant donné que la couleur de leurs cheveux ainsi que les traits de leur visage sont très différents.
Mais c'est Edward qui attire mon regard. Il a le même costume que Carlisle mais il porte une chemise bleue marine. Ces deux couleurs ensemble le rendent parfait. Je l'observe depuis un bon moment avant de réaliser que je suis toujours sur le balcon.
J'inspire profondément et je descends l'escalier en marbre. Edward regarde les gens passer pendant que mes parents saluent M. et Mme Cullen. Alors que je commence à descendre, ses yeux se posent instantanément sur moi. Il me fixe avec stupéfaction. C'est de l'admiration pure qui se reflète dans son regard et je détourne les yeux timidement bien que je sois radieuse.
J'arrive enfin au bas de l'escalier et il vient vers moi. Il sourit gentiment et embrasse ma main, " On dirait un ange, Bella," dit-il. Sa douce voix résonne à mes oreilles et je rigole légèrement. Il m'a surprise mais c'est agréable. D'accord je l'admets. Je commence à apprécier vraiment Edward Cullen. Plus qu'il ne m'apprécie lui, je suppose. Je ne veux pas utiliser le mot amour. Nous venons juste de nous rencontrer. Mais je me sens moi-même quand je suis à ses cotés, et je n'ai plus seulement l'impression de jouer un rôle.
Je prends son bras avec le mien et il me fait avancer. Nous allons vers ses parents, "Carlisle, Esmée," dit-il d'une voix assurée, "Voici Isabella Swan."
Carlisle hoche la tête pour me saluer. Il a un regard étrange comme s'il avait été impatiemment de me rencontrer. Je le salue de la même façon. Esmée me fait un sourire éblouissant, "Bella c'est tellement agréable de vous rencontrer enfin. Edward nous a parlé de vous ainsi que de votre famille," je rougis et baisse la tête, "Merci Mme Cullen."
Elle agite sa main, "S'il vous plait Bella. Appelez-moi Esmée. Et idem pour Carlisle." Je souris à nouveau. Au moins ils semblent m'apprécier. Edward étudie consciencieusement mes expressions comme s'il était frustré ou quelque chose. Mais il semble heureux de la façon dont nous interagissons ses parents et moi.
Charlie rit," Bien ça suffit pour les présentations. Nous sommes affamés et nous devrions aller dîner."
"J'en conviens," sourit Esmée.
Nous marchons le long du couloir pour rejoindre la salle à manger : mes parents en premier, les parents d'Edward derrière eux et Edward et moi en dernier. "Vos parents semblent très agréables," dis-je. Il rit, "Ils avaient hâte de vous rencontrer. Je suis sûr que leur réaction est très liée à votre merveilleuse apparence." Je rougis violemment. Pourquoi, oh pourquoi continue-t-il à faire ça? Je serai plus rouge qu'une cerise à la fin de la soirée.
Nous nous approchons de la plus grande table qui est disposée au centre de la pièce. Un homme revêtu d'un uniforme de capitaine est debout à l'extrémité de la table. Il parait être aimable avec une barbe blanche. Son nom est le capitaine Smith. Il est plus âgé mais semble très enthousiaste lorsque nous nous présentons.
Nous prenons chacun une chaise et des apéritifs nous sont immédiatement servis ; je mange peu. Je préfère écouter la conversation. L'architecte du Titanic est aussi assis avec nous. Il s'appelle Bruce Ismay. Il parle des idées et du déroulement de la construction du Titanic. J'écoute poliment mais je n'ai pas envie de participer à la conversation.
Lorsque le diner est terminé, Edward se tourne vers moi, "Vous êtes bien sage ce soir. Quelque chose ne va pas?"
Je secoue ma tête, "Non. Je m'ennuie terriblement à ce genre de dîner. La dernière fois c'était à Southampton. Et c'était pire."
Il glousse, "Je n'apprécie pas ces mondanités non plus." Je jette un coup d'œil à son assiette, "Je vois ça, vos parents et vous avez à peine touché à votre nourriture." Il hausse les épaules mais il semble se tendre," Nous ne mangeons pas beaucoup pendant les dîners en public."
Je suis perdue, je ne comprends pas comment tout ça est lié. Mais je ne vais pas l'embêter. Le dîner est fini et tout le monde se lève et se dirige vers la salle fumeur. Je me suis levée et j'attends les adultes. J'ai supposé que tout le monde allait là bas pour le reste de la soirée, à ma grande déception surtout pour une personne en particulier. Je me suis esquivée et me suis retrouvée sur le pont.
Il fait très sombre dehors. Il doit être dix ou onze heures maintenant. Je m'appuie sur le balcon avant de commencer à m'ennuyer. Je me dirige vers les escaliers du pont principal et je commence à marcher pour atteindre l'arrière du navire.
Je mets mes bras autour de moi car il fait plus froid maintenant mais je ne veux pas revenir à ma cabine pour y prendre un châle ou une veste. Je vois une petite lanterne et je me dirige vers elle. Je suis très près de la poupe du navire. J'avance vers la balustrade et pose mes mains sur le garde-fou. Je me penche légèrement et je regarde comment les vagues s'écrasent contre le navire. De grandes lettres blanches R. M. S. Titanic ornent l'arrière du navire.
Je m'appuie contre la rambarde. Je n'ai pas remarqué que quelqu'un m'avait suivie jusqu'à ce que j'entende une voix de velours derrière moi. "Vous n'auriez pas dû revenir ici." Je sursaute de surprise et me laisse retomber en arrière. Edward m'attrape par la taille facilement et me tire en arrière. Il glousse, "Avec votre chance vous pourriez passer de nouveau par-dessus bord."
Je halète, "Pourquoi m'avez-vous suivie? N'êtes-vous pas allé avec les autres?"
"Non," dit-il, "Je préfère parler avec vous." Il me fait un gentil sourire mais ses yeux sont graves. Je le regarde encore : "A propos de quelque chose en particulier?"
Il hoche la tête, "Bella est-ce que nous pouvons nous considérer comme des amis à partir de maintenant?" "Et bien…" je bégaie, "Je vous apprécie beaucoup Edward Cullen. Et, je suppose que je vous considère déjà comme un ami."
Sa mâchoire se serre. Il me regarde avec irritation et je me demande si ce que j'ai dit ne lui convient pas. Il regarde par-delà la rambarde. "Ce n'est pas une bonne chose, Bella. "Je fronce les sourcils ne le comprenant pas. Il est très sérieux mais j'espère seulement que ce soit une plaisanterie. "Je ne suis pas bon pour vous, " chuchote-t-il.
Je regarde son visage. Il m'évite presque. "Edward, je ne comprends pas. Je veux dire que nous venons tout juste de nous rencontrer mais je n'ai rien vu de mauvais en vous."
Il me regarde à nouveau, "Pourtant c'est ainsi, Bella. Que feriez-vous si j'étais mauvais? Si j'étais dangereux?" Je désapprouve. Ça n'a pas de sens.
Je soutiens son regard," Si c'était le cas, ça me serait égal. Ça peut paraitre idiot mais vous êtes la première personne que je rencontre, qui me comprend. Si vous êtes mauvais et bien tant pis. Vous pouvez être dangereux, mais vous ne pouvez pas être mauvais. Je nous considère comme des amis. Je veux dire que je vous apprécie sans doute plus que vous ne m'appréciez."
Je m'arrête. J'ai parlé très vite et je n'ai pas vraiment fait attention à ce que je lui ai dit. Il me regarde à nouveau. Il semble savoir ce que je vais lui dire maintenant. Il me fait un petit sourire, "Vous pensez que vous m'appréciez plus que je vous apprécie?"
Je rougis et regarde mes pieds. C'était vraiment la dernière chose que je voulais qu'il sache, mais c'était trop tard pour revenir en arrière. Un long silence s'installe entre nous puis il prend l'une de mes mains, et dans un souffle il dit :"Vous avez tort."
Je relève la tête vers lui. Il me regarde plus intensément. "Bella," dit-il, "Je ne vous connais pas depuis plus de douze heures et je pourrai donner ma vie pour vous. Vous devez penser que c'est fou mais je ne peux pas arrêter de penser à vous. J'ai envie d'être avec vous à chaque instant. Et je sais que cela parait absurde mais c'est ce que je ressens. Et croyez-moi lorsque je dis que c'est irréversible."
Il me regarde attentivement pour apprécier ma réaction. Je le fixe la bouche ouverte. Vient-il juste d'admettre qu'il ressent envers moi la même chose que je ressens pour lui? J'ai senti mes yeux s'écarquiller alors que je lui donne un sourire timide. "Edward ce n'est pas absurde. Je n'arrive pas à m'arrêter de penser à vous non plus."
Il sourit, ce sourire tordu, celui qui je le sais me fait tomber amoureuse de lui, puis il prend mes deux mains. Il parait indécis mais il a vraiment l'air ravi. Nous nous sourions. Je me sens comme si je pouvais le dire, je pense que je peux réellement le dire, 'Je vous aime.'
"Oy, je suis désolé mais les passagers ne sont pas autorisés à venir ici," dit une voix déterminée. Je me suis retournée et j'ai vu un homme d'équipage debout avec une lanterne dans une main. J'ai vu des silhouettes derrière lui et Charlie est apparu.
Il s'avance vers nous, "Désolé, vous deux, mais il est tard et Bella doit rentrer. Edward nous nous sommes arrangés pour déjeuner ensemble avec vos parents, demain à une heure. Voulez-vous vous joindre à nous?"
Edward acquiesce d'un hochement de tête, "J'en serai heureux, M. Swan." Je regarde mon père et l'homme d'équipage derrière lui, ils viennent sûrement de ruiner le meilleur moment de ma vie. J'aurai voulu pouvoir les frapper et leur dire de partir. Mais ces pensées s'évanouissent lorsque je regarde Edward à nouveau. Il me sourit, ému. Je lui souris en retour et rougit. Il embrasse le dos de ma main. "Demain, Mlle Swan."
Ensuite Charlie me raccompagne à la cabine B57. Et pendant tout ce temps mon cœur palpite comme un fou. Je me sens comme si je volais. Edward est toujours aussi énigmatique et réservé. Et il est très clair qu'il a des secrets qu'il ne veut pas partager avec moi. Mais je sais une chose : je suis irrémédiablement et irrévocablement amoureuse d'Edward Cullen.
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A la prochaine fois!
