April, 1912 est à Haley Cullen

Les personnages à S. Meyer


CHAPITRE 5

NUIT NOIRE

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Ma mère m'habille dans une belle robe pour ce soir. Elle me dit que lorsqu'elle a parlé à Esmée et à Carlisle, ils se sont arrangés pour se joindre à eux pour cette histoire de soirée dansante et d'affaires. Donc ce soir ce ne sera qu'Edward et moi pour le dîner. Renée me rappelle qu'ils rentreront probablement très tard et elle est inquiète de me laisser seule dans notre suite. Je la rassure en lui disant que j'ai dix-sept ans et que je suis parfaitement à l'aise de rester seule pour une nuit.

La robe que je porte est de couleur pêche, par-dessus est disposé un voile de paillettes noires. Elle avait appartenu à Renée lorsqu'elle avait mon âge. J'ai tournoyé avec elle avant que Renée m'applique rapidement le maquillage et m'arrange les cheveux. J'ai sorti une paire de chaussures noires et nous sommes allées retrouver Charlie dans la pièce à côté.

Quelques femmes de chambre s'occupent de nettoyer les tables et les chaises. Nous faisons le chemin habituel pour rejoindre la salle à manger et descendre l'escalier un peu plus rapidement que d'habitude. Il est presque huit heures et Charlie commence à être anxieux. Mais nous n'attendons pas bien longtemps avant que les Cullen ne descendent l'escalier eux aussi. Ils semblent marcher un peu plus vite que les gens ordinaires.

Edward vient immédiatement à mes côtés et nous nous donnons le bras. Le contact de sa peau froide provoque des frissons le long de ma colonne vertébrale. Mais ce sont des frissons d'excitation. Il me sourit pendant que nos parents se dirigent vers une salle plus grande.

Edward me conduit silencieusement à travers le hall à une table isolée près du fond. Nous nous asseyons et je le regarde, lui et ses mouvements gracieux. Il est trop parfait pour son propre bien. Je me demande s'il est vraiment un ange, tombé du ciel et accouru pour moi. Il n'y a pas d'autre explication dans mon esprit.

Edward me fait le sourire en coin que j'aime tant. "Vous êtes vraiment magnifique ce soir," me complimente-t-il. Il n'arrête jamais de me flatter sur mon apparence et je rougis. Il rit avec amusement. Je pense qu'il aime me voir rougir.

"Que voudriez-vous manger?" demande-t-il. Je m'assieds en y réfléchissant.

"Je ne suis pas affamée ce soir," dis-je tout haut.

Il sourit, "Moi non plus." Evidemment, Il ne change pas. "Vous devez manger pourtant." Je soupire, "D'accord. Alors juste une petite salade." Il acquiesce, fait signe à un serveur et commande deux salades et deux verres d'eau. C'est assez simple.

Je le regarde l'air accusateur, "Allez-vous enfin manger?" Il parait incertain pendant un moment avant de glousser. "Je vais mâcher quelques bouchées si je suis obligé." Je soupire. Je peux trouver un million de raisons de ne pas l'aimer ou de voir qu'il est juste bizarre. Mais mon cœur ne me laisse pas faire. Le serveur est de retour en quelques minutes. Il pose nos commandes. "Profitez bien de votre repas." Et il s'en va.

Je pique dans ma salade et je mange lentement. Il me regarde avec intérêt. Finalement je le regarde, me sentant mal à l'aise de nouveau, "Vous n'allez pas manger n'est-ce pas?"

Il glousse de nouveau et prend un petit bout de sa salade qu'il mâche lentement. On dirait qu'il peut grimacer avec ses yeux mais non, il se comporte bien. Il boit une petite gorgée d'eau et puis pique un autre morceau de salade et ensuite il repose sa fourchette. Je repose la mienne aussi.

Il semble désapprouver mon attitude," Bella vous ne pouvez pas avoir encore assez mangé!" Je hausse les épaules nonchalamment.

"Puisque vous êtes rassasié, moi aussi," ai-je rétorqué. J'aurai pu rire en voyant son expression irritée. Mais j'ai gardé un visage impassible et fait semblant d'être intéressée par un groupe de personnes à la table voisine.

Finalement il soupire vaincu et je me tourne vers lui. Sa mâchoire est serrée et ses yeux sont pleins d'agacement et d'exaspération. Je ne suis pas intimidée. Il se lève et décide finalement de se comporter comme un ami de nouveau. En souriant, il me tend sa main. Je lui souris aussi, je saisis ses doigts et il me hisse avec facilité. Nous quittons la salle à manger et prenons l'escalier pour aller vers l'extérieur. "Ce fut un dîner rapide," dit-il.

J'ai haussé les épaules. En réalité j'avais perdu l'appétit parce qu'il me regardait avec ses yeux topaze. Mais les quelques feuilles de salade que j'avais mangées allaient m'aider à tenir pour la soirée.

Il me conduit sur le pont et tout près de la rambarde. Il libère mon bras et se penche. Il me fait signe de faire la même chose et nous regardons l'eau noire. Quelques lampes allumées de l'autre côté des fenêtres font scintiller la surface de l'eau. Il fait froid et je n'ai pas pensé à prendre un manteau. J'avais supposé que nous resterions à l'intérieur. Edward m'a vue frissonner et dans un mouvement rapide, il a délicatement placé sa veste sur mes épaules.

Je lève timidement les yeux et il sourit. Nous continuons à regarder l'eau. Je romps finalement le silence. "Depuis que je suis petite j'ai toujours rêvé d'être sur l'océan. Lorsque je suis arrivée en Angleterre j'étais trop jeune pour me souvenir de la traversée. Mais j'aurai préféré que ce soit dans d'autres circonstances que d'être forcée de retourner à New-York. "

Il fronce les sourcils et se penche pour regarder l'eau : "Et tu es malheureuse." Je tressaille légèrement.

J'attends un petit moment avant de répondre, pour trouver les mots justes, "Je pense que j'étais, ou que j'aurai dû l'être, malheureuse. Mais je ne le suis pas. Si je n'avais pas fait ce voyage … Je ne vous aurai jamais rencontré."

Je me suis demandée si j'avais dit une mauvaise chose. Ses yeux sont devenus durs et il regarde droit devant lui. Il semble mener une lutte intérieure. Ses poings se serrent et se desserrent chaque seconde. Il soupire doucement, "Bella, en dehors du fait que tu aurais pu choisir quelqu'un d'autre, comment m'as-tu choisi, pourquoi m'avoir choisi moi?"

Je ne sais pas quoi répondre. Je reste silencieuse et il me regarde frustré de nouveau. "A quoi penses-tu?" demande-t-il. Je ne peux pas le regarder dans les yeux.

"Je ne sais pas," dis-je calmement. "Croyez-moi quand je te le dis, Edward, je ne pense pas que ce soit mon choix. J'aurai pu choisir quelqu'un d'autre, mais je ne peux pas contrôler les choix de mon cœur. Je t'ai choisi parce que … " Je m'interromps, pas certaine de savoir comment continuer.

Il me regarde de nouveau cherchant la réponse sur mon visage.

Edward se tourne et pose ses mains sur mes épaules. Il me tourne de façon à ce que je le regarde dans les yeux. Il a l'air hésitant, triste et nostalgique. Il me fixe un bon moment, "Bella vous avez dit que ça n'avait pas d'importance ; que je sois mauvais ou dangereux. Mais continueriez-vous à éprouver les mêmes sentiments pour moi si j'étais … un monstre?"

J'essaie de me pas paraitre affectée par ses mots mais je grimace intérieurement. Je ressens de la peur pour la première fois. Mais je ressens aussi une vague d'incrédulité qui estompe la peur. Non pas que je ne le crois pas, je sais qu'il est sérieux, mais parce qu'il croit qu'il est un monstre. Et ça, c'est insupportable.

Je secoue la tête, " Peu m'importe. Je n'ai jamais pensé à vous comme à un monstre. Ou autre chose de pire, seulement à quelque chose de mieux. Vous pensez à vous comme ça, mais je ne crois pas que vous soyez une mauvaise personne. Mais ce que je tiens à savoir c'est pourquoi quelqu'un comme vous a choisi quelqu'un comme moi."

Son expression se radoucit, "Décidemment vous ne vous voyez pas très clairement. Vous, Isabella Swan, êtes la plus belle jeune fille sur laquelle mes yeux se sont jamais posés."

Devant ce genre de commentaires je me sens mal généralement mais il l'a dit avec beaucoup de conviction. Je souris et je sens mes yeux piquer d'émotion.

Ce moment ne dure pas longtemps, il se détourne à nouveau. "Il est tard," dit-il, "Vous devriez retourner à ta cabine maintenant. "Je sens la déception monter en moi.

"Je suis seule ce soir," dis-je comme pour le lui rappeler. Il se tourne vers moi et me sourit.

"Je n'ai jamais dit que j'allais vous laisser seule."

Je souris grandement et il prend mon bras sous le sien. Il me conduit à l'intérieur et nous parcourons les couloirs pour arriver à notre suite. J'ouvre la porte avec la clé et nous marchons à l'intérieur. Edward me suit de très près. Il jette un coup d'œil brièvement autour de lui avant de revenir vers moi. "Vous devriez aller vous préparer pour vous coucher."

De nouveau je sens mon estomac se serrer, "Vous allez me laisser, n'est-ce pas?"

Il fait non d'un signe de tête et prend mes mains, "Jamais."

Je souris pendant qu'il me guide jusqu'à ma chambre. Je me demande vaguement comment il peut savoir où est ma chambre mais je suis trop pressée pour y penser vraiment. Je referme la porte et me précipite vers ma penderie. J'ai vite fait l'inventaire de mes chemises de nuit. Je veux paraitre à mon avantage, même si ce n'était pas pour un dîner. Adonis en personne m'attend dans la pièce principale. Et c'est très stressant. Je peux presque sentir l'amusement d'Edward à travers la porte.


Merci d'avoir lu et à bientôt!