AVRIL 1912
CHAPITRE 6
Elna et Selena
N/A : dans ce chapitre j'ai introduit deux nouveaux personnages : Selena et Elna. Je n'ai pas inventé ces personnages parce qu'elles ont existé. Ce sont des personnes qui sont mortes dans le naufrage du Titanic le 14 avril 1912. J'ai senti que bien que ce soit une histoire Twilight c'est aussi une histoire concernant le Titanic. Ainsi pour rendre hommage aux victimes j'ai ajouté ces deux personnages. J'ai mis beaucoup d'émotions en elle, alors j'espère que vous aimerez ce chapitre.
Après m'être débarrassée de la veste d'Edward sur le lit je passe ma garde-robe au crible. Je vais devenir folle de nervosité et je commence à hyperventiler. Je dois m'arrêter quelques instants pour récupérer ma respiration. Après un moment je me sens mieux et je trouve la chemise de nuit parfaite. Elle est belle. Renée se l'est procurée lors d'un voyage à Paris avec Charlie il y a environ deux ans. Je n'avais jamais trouvé l'occasion de la porter. Je me demandais même pourquoi Renée l'avait prise.
C'est une longue robe blanche avec une veste courte à manches longues brodée de noir. Elle est ouverte à partir des genoux et est très ample et donc très confortable.
Je l'enfile doucement. Je me précipite dans la salle de bain et me brosse les dents rapidement avant de m'asseoir devant la coiffeuse. J'enlève mon maquillage et brosse mes cheveux jusqu'à ce qu'ils soient raides.
Finalement je me lève et me dirige vers la pièce principale. Je suis très nerveuse et je marche très lentement, à petits pas. J'essaie de ne pas faire de bruit mais je ne sais pas comment il m'entend, il est assis sur une chaise et il relève la tête. Son visage est tranquille malgré son étonnement avant qu'un doux sourire n'éclaire son visage.
Il se lève et vient vers moi très vite. Il est en face de moi avant que j'ai le temps de compter jusqu'à deux. Il prend mes mains dans les siennes blanches et froides. Il me sourit chaleureusement, "Tu es très belle," me dit-il. Je souris timidement. Il rigole et me conduit vers ma chambre. Il éteint la lampe de sorte qu'il n'y ait que la lumière de la lune qui entre par le hublot et éclaire la pièce. Il me couche dans le lit et s'installe à coté de moi.
Bien que je suppose que nous n'avons jamais vraiment admis 'je t'aime' ou autre chose, je me sens à l'aise avec lui. Comme si je le connaissais depuis des années. Il passe son bras autour de moi et tire les couvertures jusqu'à ma taille. J'enfouis mon visage dans son épaule et je respire son odeur.
Il sent bien meilleur que n'importe quelle fleur. Son odeur est forte et très douce, douceâtre même. Il passe son autre bras autour de moi en hésitant. Il me regarde pour déceler un signe de protestation mais il voit que je suis à l'aise.
Je pose mon bras sur son épaule et je ferme les yeux. Je ne suis pas fatiguée mais je veux prolonger ce moment autant que possible.
J'ouvre les yeux pour le voir me regarder. Il a des yeux insondables et son visage est impassible. Il sourit lorsque je le regarde dans les yeux. Ses yeux sont sombres de nouveau. Est-ce que c'est juste moi ou deviennent-ils plus sombres au fil des jours? Je me soulève un peu et essaie de toucher son visage mais sa main m'arrête. Je dois avoir l'air déçue parce qu'une expression se dessine sur son visage.
"S'il te plait, Bella," murmure-t-il.
"Pourquoi," dis-je. Ma voix est monotone de curiosité. Il expire et me regarde. Il réfléchit un moment avant de dire, "Je ne voudrais pas te blesser."
Je lui demande : "Comment pourrais-tu me blesser?"
Il semble frustré. Je suis perdue. Il semble toujours vouloir me repousser lorsque je veux être plus proche de lui. Mais lorsque j'essaie de lui donner de l'espace, c'est lui qui me ramène près de lui. Il m'a convaincue, je sais qu'il est une mauvaise personne et qu'il peut me blesser même sans le vouloir.
Je baisse ma main. J'essaie de paraitre concernée, " J'ai besoin de comprendre. Je sais que tu veux ça aussi. Mais je ne peux pas si tu me repousses. Il n'y a pas besoin d'être très intelligent pour comprendre que tu fais ça uniquement pour me protéger. Mais ça m'est égal. Je te jure que je ne t'estimerai pas moins."
Il semble triste de nouveau. "Peut-être," dit-il. Il soulève une main et l'approche de mon visage. Il s'arrête un instant comme s'il n'était pas certain. Il me regarde et je ne fais aucun mouvement pour l'arrêter.
Il me caresse avec le dos de sa main de la mâchoire jusqu'en haut de ma joue. C'est un doucher doux, comme un papillon, mais qui m'envoie des frissons dans le dos.
Sa main est gelée. Je lève la mienne de nouveau. D'abord il fait un mouvement pour m'arrêter encore mais il parait plus sûr maintenant. Il laisse retomber sa main et je tends la mienne et je passe mes doigts le long de son visage. Il me regarde attentivement. Il semble attendre quelque chose.
Finalement il se saisit de ma main gentiment. Il la prend et la fait glisser le long de sa joue avant de porter mon poignet près de son nez et de prendre une profonde inspiration comme s'il me sentait. Il a un problème avec quelque chose. Ses yeux montrent du désir et aussi un contrôle forcé et de la sincérité. Je veux savoir ce qu'il est. Mais ça me parait presque impossible. Je me sens très mal, je ressens tellement de choses pour lui mais c'est comme s'il portait un masque. Je ne sais rien de lui. Il ne souhaite rien me dire. Je sais que je devrais être effrayée mais je ne le suis pas.
Il laisse tomber ma main et prend une autre profonde inspiration. Il parait satisfait et il sourit de nouveau. Mais il ne dira rien. Je lui murmure " Dis-moi."
Il se renfrogne de nouveau. "Il est tard, Bella. Tu devrais essayer de dormir, " dit-il.
Il semble comprendre même si mes mots ne veulent pas sortir. "Je resterai aussi longtemps que possible. Il y a encore tes parents, tu sais," répond-il doucement. C'est assez pour maintenant. Je soupire de contentement et me blottis contre lui. Dieu qu'il est froid. Mais je ne partirai jamais de là. Je me serre contre son corps dur.
Je suis en train de m'endormir quand je l'entends fredonner une douce mélodie. Quelque chose que je n'avais jamais entendu auparavant, magnifique. Mais c'est assez pour m'enfoncer dans les ténèbres du sommeil.
Le matin suivant je me réveille, le soleil brille à travers le hublot. Je suis seule dans mon lit et je m'assis doucement. Je savais qu'il fallait qu'il me laisse mais j'avais espéré qu'il resterait. Je soupire et me lève. Une servante frappe et entre. "Excusez-moi, Mademoiselle. Votre petit déjeuner sera servi dans quelques minutes. Voulez-vous que je prépare votre bain?"
"Oui," dis-je avec un sourire. Elle me rend mon sourire avant de se diriger vers la salle de bain.
Je me déshabille rapidement et me mets un peignoir. Je coiffe mes cheveux avant d'y aller. La servante a ajouté de la lavande dans l'eau. Elle commence à sortir mais s'arrête brusquement. "Oh, Mademoiselle Swan? Il y a un message pour vous de la part de Monsieur Edward Cullen qui est passé ce matin. Il voudrait vous voir ce soir sur le pont principal à 20 heures."
Je cligne des yeux de surprise, "Merci. Et avant que vous ne partiez s'il vous plait voulez vous vérifier s'il y a des vêtements qui sont revenus du lavage dans le panier?" Elle acquiesce et sort en fermant la porte derrière elle.
J'enlève mon peignoir et m'installe dans la baignoire. Je me lave vite fait avant de sortir tout aussi rapidement. Je vois que la servante à déjà sorti une longue robe simple à manches jaunes. Je soupire et me la mets. Je ne sais pas ce que je vais faire aujourd'hui jusqu'à mon rendez-vous avec Edward. Je fais les cent pas dans ma chambre. Je prends ma veste et je marche à l'extérieur.
Je me dirige directement vers le pont principal. Il y a des passagers sur l'entrepont qui se prélassent au soleil du matin. Des enfants des seconde et troisième classes jouent gaiement en toute sécurité au milieu du pont. Ceux de la première classe ne jouent pas avec eux. Ils ont été conditionnés à être les meilleurs et à se tenir comme il faut, comme moi, depuis qu'ils sont petits. Ils ne pourraient pas aller jouer avec les autres même s'ils le voulaient.
Je m'assieds sur un banc et croise les jambes. Il fait frais mais je resserre ma veste autour de moi pour garder ma chaleur.
Je regarde les enfants jouer autour de moi. Les filles font quelques pas sur une musique imaginaire tandis que les garçons jouent à la balle. J'ai un léger sourire pendant que je les regarde. Si un jour j'ai des enfants c'est ainsi que je voudrais qu'ils soient. Peu importe ce qu'on dit!
Je suis occupée à regarder les enfants quand une petite fille de huit ou neuf ans court vers moi. Elle a des larmes sur son visage et me regarde complètement paniquée.
"Maman?" elle crie hystériquement. Je pense que c'est un passager de troisième classe vue la façon dont elle habillée. Personne n'est assez près pour l'entendre, à part moi. "Maman!" appelle-t-elle de nouveau.
Je me lève précipitamment et cours vers elle. Elle me voit arriver et vient vers moi pour que je l'aide. Je m'agenouille, elle porte une robe blanche à manches longues. Mais elle me parait bien légère pour le temps qu'il fait. Il lui faudrait une veste.
Les larmes continuent à couler le long de ses joues. Je pose mes mains sur ses épaules. Je lui demande : "Chuuut, tout va bien. Que s'est-il passé?"
Les larmes redoublent, " J'ai perdu ma maman!" bégaie-t-elle. Je lui souris pour la rassurer.
"Calme-toi, nous allons la retrouver d'accord?" lui dis-je, "Maintenant dis-moi quel est ton nom."
Elle essuie ses larmes,"S -Selena Strom. Ma maman c'est Elna Stron. Je l'ai perdue, je n'arrive pas à la trouver.
Je prends ma veste et la lui pose sur les épaules. Elle me regarde avec un air ahuri comme si elle ne s'attendait pas à ce que je sois aimable. Je lui souris, "Bonjour Selena je suis Bella Swan. Je suis ravie de te connaître." Je lui serre la main. J'essaie de la distraire, ce qui a l'air de marcher puisqu'elle me sourit. Je me lève et pose ma main dans son dos. Je la dirige vers les escaliers et nous arrivons dans la salle à manger de la première classe.
Elle regarde autour d'elle avec crainte et émerveillement. Je peux dire qu'elle n'est pas à l'aise ici. Je m'approche du membre d'équipage le plus proche, "Excusez-moi? Y a-t-il ici quelqu'un du nom d'Elna Strom? J'ai trouvé sa fille mais je ne sais pas où est passée sa mère."
Le garçon parait soulagé, "Oui, elle est en bas avec la sécurité. Ils ont envoyé quelqu'un tout à l'heure pour chercher une Selena Strom. Sa mère parait être sur le point de s'évanouir. " Il nous a montré le couloir et j'ai hoché la tête pour le remercier.
Nous avançons dans une grande pièce au fond du couloir. "Maman!" crie Selena. Elle court et se jette dans les bras d'une jeune femme. Je remarque qu'elles ont les mêmes cheveux foncés et les mêmes yeux. La mère serre sa fille et la fait tournoyer. "Oh ma Selena!"
La femme pleure aussi. Elle est morte d'inquiétude. Elle lève les yeux et me voit. Elle accourt vers moi et m'embrasse la joue avec un sourire. Je me recule mais je souris aussi. La femme parle avec un accent français, " Oh merci d'avoir retrouvé ma Selena! Comment puis-je vous remercier?"
Je secoue la tête, "Vous n'avez pas besoin de me remercier." Selena revient vers moi et me serre étroitement. Elle fait un mouvement pour me rendre ma veste mais je l'arrête. "Garde-la," dis-je avec un sourire. La mère parait reconnaissante. Je hoche la tête, "J'ai été ravie de vous rencontrer." La femme fait de même et je quitte la pièce.
Ça m'a fait plaisir de les voir toutes les deux contentes. Je souris à cette pensée. Je commence à retourner vers ma cabine lorsque je sens une présence étrange. Je regarde derrière moi et vois deux hommes. Ils viennent de l'entrepont ou ce sont peut-être des membres de l'équipage et ils me fixent.
Je me retourne et marche plus vite. Je jette un coup d'œil mais ils sont toujours derrière moi. Je traverse un couloir mais il y a deux hommes de plus. Je commence à paniquer et à marcher encore plus vite. Je suis dans un couloir très long et je remarque qu'il n'y a qu'une seule porte au fond. Je n'entends personne alentour et je commence à avoir de plus en plus peur.
Je regarde derrière moi et quatre hommes me barrent le passage. Je cours vers la porte au fond du couloir et j'essaie de l'ouvrir. La poignée ne bouge pas, "Non, non, non," je murmure pour moi-même. Je me retourne et appuie mon dos contre la porte. Les hommes arrivent au milieu du couloir, se rapprochant de moi. Et maintenant quoi?
Merci à vous toutes d'apprécier cette histoire
A bientôt!
