Twilight est à S. Meyer

April, 1912 est à Haley Cullen

CHAPITRE 8

La vérité : une vertu.

Je regarde l'heure : six heures et demie. J'ai dû m'assoupir dans mon lit. Je bâille et m'étire pendant un moment. Je remarque qu'il fait nuit dehors et je me lève. Je brosse rapidement mes cheveux et mets ma veste. J'ouvre doucement la porte de ma chambre. Le salon est vide et je pense que mes parents sont déjà couchés.

J'ouvre les portes du salon de quelques centimètres et je me glisse à travers l'ouverture avant de refermer silencieusement derrière moi. Les lumières dans le couloir sont allumées, il n'est pas si tard, des gens doivent encore être dans la salle à manger.

Je serre ma veste plus près de moi en marchant dans le couloir. Mais à mon grand embarras, je ne suis pas encore arrivée au milieu du couloir que je trébuche sur mes propres pieds. Je fais en sorte de me recevoir sur mes bras, pas sur mon visage, et ça me fait mal. Je me relève et marmonne des jurons en soufflant et en reprenant mon chemin.

Je rejoins le pont principal du navire en moins de cinq minutes. Je sors et le froid me fait frissonner. Le ciel est couvert et il n'y a pas d'étoiles. Il fait complètement noir excepté quelques lampes ici et là accrochées sur les murs.

Je vais plus loin et regarde autour de moi. Il n'y a personne d'autre ici. Je plisse les yeux, perplexe et j'appelle : "Edward?"

"Oui?" répond une voix douce comme le velours derrière moi.

Je fais demi-tour, la main sur ma gorge, "Oh, tu m'as fait peur!"

Il rit, "S'il te plait pardonne-moi Bella," dit-il amusé. Je soupire et acquiesce, "Je te pardonne." Il sourit et enlace doucement ma taille. Je pose mes mains sur son torse en m'assurant de garder une distance respectable entre nous.

Je lui souri sen retour avant qu'il ne fronce les sourcils. Je sais que ça va commencer, c'est ce que je veux. J'avale, nerveuse et lève une main. Je laisse mes doigts courir sur sa joue. Il ferme les yeux il ne semble même pas respirer. Mais je le vois se pencher involontairement à mon contact. Je retire ma main et il ouvre les yeux.

Je suis complètement sérieuse, "Maintenant que me diras-tu?"

Il soupire et regarde par terre ; vaincu? Va-t-il vraiment me dire ce qu'il essaie de garder si profondément secret? Je retiens ma respiration en prévision. Edward me conduit, une main sur ma taille, vers un petit banc dans l'obscurité. Une fois que nous sommes assis il me tire sur ses genoux. Sa peau est glaciale mais je me rapproche de lui. Il passe légèrement ses doigts dans mes cheveux et je laisse ma tête reposer contre son épaule.

Il commence "Bella." Il fait attention. On dirait qu'il soupèse toutes les options, ma réaction, ce qu'il va dire, tout cela en même temps. Son expression est pensive et un peu frustrée. J'attends patiemment. "Ce que je suis est compliqué."

Je l'interroge : "Ce que tu es?". Il se tend comme s'il attendait que je me lève et m'en aille à tout moment, mais je reste là. "Je te promets de rester tranquille," je l'implore pour qu'il continue. Il grogne comme s'il ne me croyait pas mais il continue quand même.

"Bella, comme je t'ai déjà dit, ce que je suis est compliqué. Ma famille… n'est pas normale. Nous ne sommes pas comme les autres." Il fixe l'obscurité en réfléchissant intensément et je me blottis encore plus. Je commence à jouer distraitement avec l'un des boutons de sa chemise et j'observe son visage.

Il soupire, "Il n'y a pas moyen d'aborder cela avec délicatesse. Mais je ne sais pas comment le dire sans que tu ne mettes en doute ce que je dis ou que tu me traites de fou. Mais…" Il inspire profondément, "As-tu déjà entendu parler de vampires, Bella?" demande-t-il. Il semble être plus confiant depuis qu'il a prononcé mon prénom.

Je hausse les épaules légèrement, en essayant de garder mon sang-froid, "Renée me racontait des histoires à leur sujet quand j'étais petite. Des histoires d'horreur pour la plupart. Mais elles sont juste…"

"Ce n'est pas de la fiction, Bella," dit-il brutalement. Je ferme ma bouche en faisant un bruit. Je regarde son visage. Est-ce qu'il plaisante? Non, il est très sérieux. Sa mâchoire est crispée et ses yeux paraissent extrêmement désespérés. Je lui demande : "Que- quoi?".

Il prend une autre inspiration et place doucement l'une de mes mains sur sa joue. Il regarde au fond de mes yeux en déplaçant ma main. Il parle lentement, "Bella, regarde-moi. Touche mon visage et dis-moi : peux-tu penser à moi comme tu penserais à quelqu'un d'autre?" il ferme les yeux et laisse retomber sa main, laissant la mienne posée sur son visage. Je suis figée pendant un moment avant de bouger ma main tout doucement le long de son visage de marbre. Il est toujours aussi froid. Ses traits sont parfaits, son odeur délicieuse, sa peau si dure. Je laisse ma main courir sur sa mâchoire.

Je remarque avec horreur que ses sourcils se touchent comme s'il pleurait et il se penche à mon contact, de nouveau. Alors je caresse ses joues avec mes deux mains. "Edward," je murmure, "Regarde-moi." Il ouvre les yeux, ils sont éteints. Je sens les larmes couler sur mes joues. Si je n'avais pas vu ce regard dans ses yeux, j'aurai pu penser qu'il plaisantait. Non, il est sérieux. Et je constate en le regardant que je le croie.

Je lui demande en retenant un sanglot : "Tu me dis la vérité, n'est-ce pas?" Il hoche la tête lentement et prend ma main dans les deux siennes dans un geste rassurant. Je détourne le regard de ses yeux éblouissants, ne voulant pas me laisser distraire. Lorsque la force de la vérité me frappe, durement, je laisse échapper un sanglot. Je murmure : "Oh mon Dieu."

Il met une main de chaque côté de mon visage et tourne ma tête vers lui. Je serre mes yeux fermés, retenant les larmes avec un grand effort et place mes mains sur les siennes. "Bella s'il te plait regarde moi," dit-il d'une voix étranglée. J'ouvre mes yeux et quelques larmes s'échappent sur mes joues.

Beaucoup de fortes émotions défilent dans ses yeux ce qui me fait lâcher un autre petit sanglot. Il avale, "Bella, s'il te plait, je ne veux pas te blesser. Je n'ai jamais voulu le faire. Je ne veux pas que tu aies peur, tu n'as pas à avoir peur."

Je respire pour stabiliser ma voix, "Je sais que tu ne le feras pas. Je te l'ai dit, je sais que tu n'es pas mauvais. Peu importe ce que tu es."

Il cligne des yeux complètement abasourdi. Puis ses yeux deviennent s'éteignent à nouveau et je m'attends à en voir tomber des larmes, mais non. Il appuie doucement ses lèvres sur le haut de ma tête avant d'appuyer son front contre le mien. Je ferme les yeux et respire son doux souffle glacé. J'inspire par saccades, "Pourquoi me dis-tu tout cela?"

Il me regarde droit dans les yeux, "Parce que je t'aime."

Je halète sous le choc. Il jauge attentivement ma réaction alors que je le regarde dans les yeux aussi. Et je sais que je l'aime profondément et vraiment. Je sanglote de nouveau mais cette fois, de bonheur, "Je t'aime aussi, Edward Cullen." En un instant nos lèvres se pressent ensemble. Je halète de nouveau, contre sa bouche cette fois. Il tient encore mon visage entre ses mains et mes mains bougent pour se poser sur ses épaules.

Je peux goûter son souffle et il me donne le vertige. Il est parfait. Il est mon amour. Oh dieu et un vampire! Nos lèvres dansent ensemble comme si elles avaient été faites les unes pour les autres. Le temps est suspendu, toujours ou quelques secondes. Mais c'est toujours trop peu avant qu'il ne décide d'arrêter.

Il me regarde, exprimant un pur bonheur et je peux sentir la même expression sur mon visage. Il embrasse le dessus de ma tête encore et je passe ses bras autour de mes épaules. Il m'attire plus près et je repose ma tête contre sa poitrine. Je ferme les yeux de contentement alors qu'il effleure ma joue du dos de ses doigts. Je souris malgré moi et il me répond en appuyant son visage dans mes cheveux.

Je sais que j'aurai beaucoup de questions à lui poser mais ça peut attendre. Pour maintenant. Ce moment est juste pour nous, ensemble.

Après un bon moment je le sens bouger et il me prend facilement dans ses bras. Je lève les yeux vers lui, "Qu'est-ce que tu fais?"

Il rit," Je t'emmène au lit, amour. Il est tard." Je bâille tout d'un coup, je marmonne "C'est vrai?"

Il rigole, "Ferme les yeux," murmure-t-il. Je fais ce qu'il me dit. Je n'ai pas peur. A cet instant précis je sens le vent souffler dans mes cheveux, mais les mouvements d'Edward sont ceux de quelqu'un qui marche. Lorsque j'ouvre les yeux nous sommes dans ma chambre. Je regarde autour de moi incrédule.

Il rit en voyant mon expression et me dépose sous les couvertures. Il enroule ses bras autour de ma taille et me tient serrée. Je repose ma tête à nouveau sur sa poitrine. "Dors Bella," m'ordonne-t-il.

Je chuchote : "Comme si je pouvais dormir alors que tu es là." Il rit de nouveau et me caresse le dos tout doucement. Je ferme les yeux de contentement encore. Je me rends compte que je tombe dans le sommeil, comment fait-il cela? La dernière chose que je perçois c'est le doux fredonnement du plus bel air que j'ai jamais entendu, avant que la douce obscurité ne m'emporte.