Twilight appartient à S. Meyer
April, 1912 à Haley Cullen
Chapitre 11 : Fuir
Je me réveille d'une excellente nuit de sommeil. Je baille et m'étire. Ça me prend un moment pour réaliser que ce mouvement aurait dû me faire tomber du lit. Je me retourne et rencontre une paire d'yeux topaze éblouissants. Je me love contre sa poitrine et Edward enroule ses bras autour de ma taille.
"Bonjour," dit-il. Je ferme les yeux encore et souris dans son cou. Il fait courir ses doigts dans mes cheveux et murmure "Je t'aime" à mon oreille. Je lève mes yeux vers lui et me perd dans son regard parfait. Il me sourit affectueusement. "J'ai besoin d'une minute humaine," dis-je. Je suis sûre que je ressemble à un train qui vient de dérailler.
Edward acquiesce et s'assied. Je m'assieds aussi et fait un mouvement pour sortir du lit avant qu'il ne m'arrête. "Seulement si je choisis ce que tu dois porter," dit-il. Je peux dire rien qu'en voyant son regard amusé que je ne vais pas nécessairement profiter de ce qu'il a prévu. Je lui jette un regard soupçonneux qui le fait rire.
"Je promets que ce ne sera rien d'horrible," dit-il avec sa main sur son cœur. Je soupire quand il me regarde de nouveau avec beaucoup d'intensité. "D'accord," dis-je. Il sourit et m'embrasse sur la joue avant de sortir du lit et de se précipiter sur ma penderie. Je ris à son empressement évident et j'entre dans la salle de bain.
Je prends un bain rapide et me brosse les dents. Je sors avec mon peignoir pour voir ce qu'il a trouvé pour me torturer. Il s'assied sur le lit avec un sourire innocent, ce qui me fait rire. Je me dirige vers lui et je me penche pour l'embrasser. Il m'embrasse passionnément avant de me repousser. Je gémis en signe de désapprobation et il me fait un signe vers la tenue qu'il a déposée là, sur le bord du lit. C'est une robe en batiste rose avec de la dentelle œillet. Elle a des manches courtes et est assez délicate. Fantaisie oui mais très simple. Ça me rappelle un peu ce que peuvent porter les passagers des deuxième ou troisième classes.
Je la prends et la regarde pendant un moment. Elle est jolie, pas aussi belle que les tenues que je suis habituée à porter mais elle me convient parfaitement. Je regard Edward avec mes sourcils relevés, mes cheveux mouillés qui tombent sur mes épaules.
Il doit trouver ça amusant parce qu'il rit. Un petit sourire apparait sur mes lèvres et je me mets à rire avec lui. Lorsque j'ai besoin de reprendre mon souffle je demande, "Et c'est pour quoi?"
Il sourit de son sourire tordu et je lui souris en retour. "Oh, j'ai juste pensé que nous pourrions passer du temps tous les deux seuls sans avoir besoin d'interagir avec les autres," dit-il avec un éclat dans les yeux. Je souris toujours et je sais qu'il y a plus mais je ne veux pas le pousser davantage maintenant. Au lieu de ça je le regarde dans son costume et lui demande : " Et toi tu porterais quoi?" Il sort immédiatement un pantalon noir, une chemise blanche et une veste noire. Je regarde ces vêtement et honnêtement je ne peux pas l'imaginer les porter. Je ris un peu, en pensée. Il me fait signe d'aller vers la salle de bain où je m'habille rapidement. Je brosse mes cheveux et les frise un petit peu. Quand je sors, Edward porte son 'déguisement'. Même avec des vêtements plus simples il ressemble toujours à un dieu.
Ses bras sont autour de moi en une fraction de seconde. Je lui souris et il embrasse mes lèvres doucement. "Wow, tu es très belle," dit-il. "Et toi tu es très beau."
Il commence à rire avant de redevenir très calme tout à coup et de rester parfaitement immobile. Je le regarde bizarrement, on dirait qu'il écoute quelque chose. Avant que je puisse lui demander quoi que ce soit un coup retentit à la porte. "Oh non", je souffle. J'ai complètement oublié mes parents et c'est certain qu'ils ont entendu nos rires et notre discussion. J'ai été tellement distraite que j'avais totalement oublié ça.
Il est trop tard pour qu'Edward puisse se cacher nous sommes pris sur le fait. "Idiot," gronde Edward pour lui-même alors que la porte commence à s'ouvrir. Il laisse tomber ses bras et s'écarte de moi avant que Renée ne se précipite dans la chambre. Elle s'arrête net en se rendant compte qu'Edward est à côté de moi. Elle est mortifiée.
Je sens mes joues chauffer et je regarde mes pieds. Renée se tourne vers moi avec un mélange d'incrédulité et d'ahurissement sur son visage, "Bella," dit-elle. Je lève mon visage, elle croise les bras. Pour amplifier mon embarras, Charlie une expression furieuse sur le visage, apparait à la porte derrière elle. Il regarde Edward et lui dit de la voix la plus calme dont il est capable, "Monsieur Cullen, je pense que vous devriez quitter cette chambre pour le moment."
Edward regarde vers moi avec une expression d'excuse et de nostalgie avant de faire son chemin silencieusement en dehors de la pièce. Charlie le suit et Renée ferme la porte derrière eux. Je m'assieds sur le lit avant qu'elle se tourne vers moi, et n'explose : "Bella à quoi pensais-tu!" Son visage est rouge. Je regarde mes mains sur mes genoux mais ne dit rien.
Renée s'approche et se tient devant moi, "Regarde-moi quand je te parle, jeune femme." Je lève les yeux et elle recommence, "Bella honnêtement je ne peux pas croire ça venant de toi! Oh mon Dieu s'est-il passé quelque chose entre Edward et toi? Sais-tu ce qu'il va arriver si quelqu'un l'apprend? La réputation de notre famille est gâchée. Et regarde un peu ce que tu portes! Ce n'est pas du tout approprié pour une lady!"
La colère bouillonne en moi et je me lève, "Edward et moi n'avons rien fait de mal, mère! Comment pouvez-vous insinuer une chose pareille? Et ça ne m'inquiète pas du tout que quelqu'un d'autre le sache, ça m'est égal."
Renée croise ses bras de nouveau, "Ce n'est pas rien. Je ne peux pas croire ça de ma propre fille! Tu viens tout juste de le rencontrer! J'espérais bien mieux de lui. Et à propos de ta virginité? Tu prévoyais de la lui donner alors que tu ne le connais même pas et en plus avant le mariage?"
Je crie : "Non, mère!" Je ne sais pas vraiment quoi dire d'autre.
Ma mère prend une grande inspiration et redevient silencieuse. Après plusieurs minutes elle dit finalement : "Je suis désolée, Bella mais si Edward menace ta réputation ou ta virginité, tu ne peux plus le voir."
Ma bouche s'ouvre sous le choc, " Vous ne pouvez pas faire ça! Rien n'est en jeu, Renée! Nous n'avons jamais rien essayé, et vous avez tort! Je le connais, il me fait confiance et je lui fais confiance."
"Assez pour lui donner tout ce qu'il demande," dit-elle vivement.
Je la regarde avec incrédulité. Elle ne peut pas faire ça. J'avale difficilement, luttant contre les larmes, avant de passer devant elle et de regarder par le hublot. Je refuse de la regarder. Renée soupire derrière moi avant que j'entende ses pas faire demi-tour pour quitter la pièce, j'entends la porte se refermer et je tressaille en entendant le clic de verrouillage extérieur.
Je me laisse aller finalement et pleure devant mon hublot. Je ne sais pas combien de temps je pleure mais quand enfin je n'ai plus de larmes je regarde l'horloge. Je vois qu'il est une heure de l'après midi. J'essuie mes yeux. Je rassemble ce qu'il me reste de courage et je vais jusqu'à ma penderie. Je sors un grand sac et commence à plier mes vêtements. Je prends une chemise de nuit, deux châles, une robe longue et mes affaires de toilette.
Je cours à ma coiffeuse et j'emballe mes brosses avec quelques épingles et autres accessoires pour les cheveux. J'ajoute une vieille paire de chaussures et je cours vers la porte. Je regarde par la serrure. Il n'y a pas d'employé ni aucun signe de mes parents. Ils ont dû sortir pour déjeuner en me laissant seule enfermée dans ma chambre. Je prends une des épingles qui tient ma coiffure en place. Je la tords et la fais passer dans le trou de la serrure. Je joue avec pendant quelques secondes avant d'entendre un déclic et la porte s'ouvre. Je vais dans la pièce principale et cours vers notre coffre. J'entre les chiffres et je l'ouvre. Je prends quelques rouleaux de billets et trouve aussi une grosse boîte noire. C'est là que se trouve notre héritage familial. Il est transmis de mère en fille depuis quatre générations. J'ouvre la boîte et en sors un magnifique collier. C'est un gros diamant bleu taillé en forme de cœur, souligné par des diamants avec une chainette en diamants aussi.
Je le fixe pendant quelques minutes. C'est définitivement la chose la plus précieuse que possède ma famille. Ma grand-mère l'appelait 'le cœur de l'océan'. Je fais courir mes doigts dessus avant de le glisser dans ma poche. Je referme le coffre puis la porte de ma chambre.
Je cours vers l'entrée de la suite et me précipite vers la porte. Je me hâte de parcourir le couloir, avançant rapidement mais je réalise que cela est extrêmement stupide. Je cours loin de ma famille et de la vie que je connais. Je suis sur un paquebot. Je ne pourrais pas me cacher éternellement. Et il n'est pas sûr qu'Edward approuve. Mais ça m'est égal ; je ne veux pas rester là si je ne peux pas être avec Edward. Je prends un couloir différent juste au cas où mes parents seraient sur le chemin de retour. Je monte sur le pont supérieur et me retrouve à l'air libre.
Je tourne les talons et je cours. Peu importe qui peut me voir. Je remarque que tous les passagers de première classe me regardent de travers. Sans les vêtements qui correspondent à ma condition il ne me reconnaissent pas. Ils me prennent pour quelqu'un d'une classe inférieure. Cela me fait rire et je continue à courir. Je cours jusqu'à ce que mes jambes n'en puissent plus. Je m'arrête, à bout de souffle. Je lève les yeux pour constater que je suis arrivée à l'arrière du navire.
J'avale et jette un coup d'œil derrière moi. Il n'y a personne. Je recule jusqu'à ce que je puisse m'appuyer à la rambarde. Je regarde en bas et vois l'eau s'agiter au tour de l'hélice. Je me penche en avant et pendant une minute horrible je réalise combien ma vie est misérable. Je n'ai jamais connu rien d'autre, aucune liberté, avant Edward. J'étais l'esclave de la haute société. Et j'ai pensé aussi à m'échapper. Je pourrai être prise si je restais sur le bateau, mais il y a d'autres façons.
Sans réfléchir, je grimpe sur la rambarde et me penche par-dessus. Je sens mon poids m'entrainer. Quelques centimètres de plus et je passe par-dessus bord. La peur parcourt mes veines en pensant à ma propre mort et je tremble mais je ne change pas de position.
Je laisse échapper un sanglot et quelques larmes glissent sur mes joues. Inconsciemment je me penche un peu plus, distraite et mes mains glissent sur la rampe.
Avant que je puisse arrêter, je tombe. Je crie et couvre mes yeux de mes mains avant de sentir des bras de pierre me saisir par la taille. Ils me tirent durement en arrière et je me retrouve sur le pont arrière. Je tremble violement et je lève les yeux pour rencontrer l'expression mortifiée d'Edward qui me regarde. Je commence à sangloter et je jette mes bras autour de lui en pleurant contre sa chemise.
Il me serre étroitement et me berce d'avant en arrière. "Chhhuuut tout va bien Bella. Je suis là, chut, tout va bien. Tu es saine et sauve, mon amour," murmure-t-il encore et encore. Après un moment les tremblements s'arrêtent et je recommence à respirer normalement. Edward prend mon visage dans ses mains, "Pourquoi, Bella? Pourquoi voudrais-tu faire une chose pareille!" dit-il fâché. Je mords ma lèvre. Il m'observe attentivement alors que son expression se radoucit mais son attitude montre qu'il est toujours blessé. "Etais-tu entrain d'essayer de te suicider?" demande-t-il calmement.
"Non!" je hurle. Il me regarde dans les yeux et acquiesce, soulagé. Après un moment je suis assez calme pour formuler des phrases entières, "Il fallait que je parte de là."
Il hoche la tête et me redresse. Il prend mon sac et m'enlace par la taille et m'entraine avec lui. Après avoir marché un peu, il me demande sur un ton réconfortant, "Je sais pourquoi tu as voulu fuir, Bella. Mais je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure chose à faire."
Je secoue la tête, "Ça m'est égal. Je veux être avec toi." Il enfouit son visage dans mes cheveux et inspire profondément.
"Bon, alors," dit-il, "Nous pouvons discuter de cela plus tard. Que dirais-tu de te changer les idées? Que penserais-tu d'aller à une fête?"
Lorsqu'il dit fête, des images de gens guindés, qui marchent tout en ayant une conversation ennuyeuse emplit ma tête et je grimace. Il rit doucement avant de dire, "Non Bella. Tu penses que je t'aurai faite habiller comme ça? Non, il y a une fête en troisième classe et je pense que nous pourrions y assister."
Je lui demande : "Troisième classe?"
Il hoche la tête et je réfléchis pendant une minute. Je suis curieuse de voir comment ça va être. Je ne suis jamais allée à une fête qui n'était pas luxueuse et habillée. Je le regarde et accepte avec un léger sourire sur le visage. Il sourit largement.
Il prend ma main et nous dirige vers des escaliers tous proches. Après quelque temps je commence à entendre de la musique. Une musique rapide et entrainante, des sons sur lesquels on peut danser et chanter. Je souris pour moi-même car nous nous en rapprochons. Edward s'arrête à un étage et nous courons dans le couloir en riant. Nous entrons précipitamment par deux portes dans une grande salle. Il y a un petit groupe qui joue et des gens dansent sur la piste. Il y a des tables partout avec des gens qui parlent et boivent de grands verres de bière. A d'autres tables, des hommes parient sur des matchs de bras de fer.
Je ris et Edward me pousse vers la piste de danse. Mes yeux s'élargissent, "Non Edward, non!" Je crie par-dessus la musique. "Pourquoi pas?" il rit. Je regarde par terre timidement, "Je ne peux pas danser. Je ne sais pas danser quand la musique est lente, alors là!..."
Il rit et me tire de force vers le milieu de la piste. Personne ne nous regarde, nous sommes juste comme eux. Edward pose mon sac sur une table voisine et met ses bras autour de moi. "Ne t'inquiète pas," dit-il, "Tout est dans le danseur. Mais nous devons nous rapprocher." Il pose une main sur le bas de mon dos et me tire plus près de lui. Ma poitrine est pressée contre son torse et je rougis. Il attrape ma main et on commence à suivre le rythme. Je fais comme lui. "Je ne connais pas les pas!" dis-je. Il sourit," Bouge juste des pieds et ne pense à rien," dit-il.
Après quelques danses sur une musique entrainante, Edward et moi sommes bien accordés pour virevolter et danser en rythme. C'est très amusant et beaucoup plus facile que les danses lentes auxquelles on m'avait habituée. Je ris et je suis plus détendue. A la fin du morceau et avant qu'un autre ne commence nous sortons de la piste de danse. Je ris comme une folle.
Il sourit, "Je ne peux pas boire mais je me doute que tu as soif." J'ai tiré ma langue et il a attrapé un verre. Je le porte à mes lèvres et en boit une longue gorgée. Quand je finis il est à moitié vide. Je lève les yeux pour voir Edward qui me regarde les yeux écarquillés. Je lui demande : "Quoi? Tu penses qu'une fille de première classe ne peut pas boire? " Je ris en voyant son expression et attrape un peu de nourriture pour mon estomac affamé.
Après quelques heures de plus à parler avec différents passagers et à danser sur la musique. Edward récupère mon sac et m'amène en haut des escaliers. Je le questionne : "Où allons-nous?"
Il me sourit par-dessus son épaule, "Le soleil va se coucher et je pensais que nous pourrions aller voir ça."
Je souris en montrant mes dents. J'enlève mes chaussures et les mets dans mon sac. Il me tient toujours par la main et nous courons sur le pont. Il n'y a personne, tous sont en train de dîner en ce moment. Edward doit aller à une vitesse humaine pour que je puisse le suivre et il rit avec moi. Nous avons ralenti pour finalement marcher lorsque nous arrivons en vue de la proue du paquebot. Edward se tourne vers moi, attrape mes deux mains et me conduit vers l'avant. La scène à l'horizon est à couper le souffle.
La robe de Bella : http : / www . tias . com / 568 / PictPage / (enlever les espaces)
A bientôt!
