April, 1912 appartient à Haley Cullen
CHAPITRE 22
Réunion
La douleur ne ressemblait à rien de ce que j'avais expérimenté avant. Je me sentais comme si je nageais dans une mer de feu. Peu importe combien j'essaie de m'échapper, les flammes lèchent ma peau et passent à travers moi. Presque comme si on m'écorchait vive puis me jetait au feu. J'avais imaginé que la douleur serait difficile, mais c'est presque trop à supporter. Mais je l'ai voulu, je l'ai voulu pour Edward. C'est mon choix, il n'y avait pas d'autre choix pour m'en sortir, et je l'ai fait parce que je l'aime. Peu importe que la douleur soit horrible. Je la supporterais.
Bientôt je ne suis plus consciente de rien autour de moi. Je suis seulement capable de sentir la brûlure et d'entendre mes propres cris. Ils m'écorchent les oreilles au point que c'est comme si elles sonnaient. Crier n'aide pas ma gorge non plus. Quand la brûlure s'est installée, le fait de crier fait seulement paraitre ça pire, bien que je ne puisse pas m'arrêter. Je pense que c'est l'endroit qui me faisait le plus mal.
Il n'y a aucun moyen de s'habituer à cette douleur ou de la changer en quelque chose de plus supportable mais après un certain temps je peux concentrer mon esprit, une très petite part de celui-ci, sur ce qu'il se passe autour de moi. Bien que je ne distingue pas qui, mais des silhouettes vont et viennent dans la pièce. Je ne prends pas la peine de demander, comme si je le pouvais. Mais il y a une personne que je connais qui est avec moi. Edward ne me quitte jamais, pas un seul instant. Il est toujours au-dessus de moi, et bien que je ne puisse pas le comprendre, il murmure son amour pour moi et me dit des mots de consolation.
L'avoir avec moi, savoir qu'il est là, me réconforte. Ce réconfort n'est que dans ma tête car à l'extérieur j'expérimente une douleur inconcevable que mon esprit ne pourrait jamais espérer embrasser. Je fais mon possible pour retenir mes cris mais en vain.
Pendant trois jours je suis torturée, et chaque jour semble devenir pire. Je suis incapable de manger, de dormir ou de parler. Tout ce que je suis capable de faire c'est être dans une extrême agonie. J'essaie vraiment de me concentrer sur autre chose que la brûlure mais c'est impossible.
Avant que je n'attrape cette infection, j'étais au moins consciente de choses autour de moi. Le bruit des pas, les sanglots, même ma respiration. Maintenant il n'y a plus rien. Mes oreilles sifflent, ce n'est même pas la peine que j'essaie de me concentrer sur quelqu'un d'autre au sujet de la deuxième journée. J'ai presque perdu tous mes sens sous la torture.
Puis après ce qui semble être une éternité mes muscles se tendent. Mes hurlements se transforment en gémissements bien que la douleur soit toujours intense. Je lutte pour respirer. J'aspire autant d'oxygène que je peux mais je me demande s'il atteint mon cerveau. 'Ça y est' - je pense pour moi-même - 'Je ne pourrais pas traverser ça. Je vais mourir'.
Ma respiration devient superficielle et pour la première fois depuis des jours, je suis capable d'entendre le son le plus agréable dans mon monde. Il y a une voix douce qui appelle mon nom. Au début c'est un petit murmure mais il commence à s'amplifier. "Bella, ça va, amour. C'est presque fini. Attends encore un peu."
"J'essaie," dis-je. Mais je ne suis pas sûre que ça dépasse mes lèvres. C'est un ange, je peux le dire grâce à sa douce voix de velours, un son que tu voudrais entendre lorsque tu meurs. Un petit sourire s'étire sur mon visage et je respire la plus intoxicante odeur qui plane au-dessus de moi. C'était ça. Je sens mon cœur ralentir et ma respiration devient plus difficile. Mon esprit commence à s'émousser dans la noirceur. Je laisse mes pensées dériver alors que mon cœur bat à tout rompre.
Je respire profondément une dernière fois avant que mes poumons se vident complètement d'air. C'est une sensation inconfortable au début puis arrive le moment que j'attends. Mon corps pompe pour une dernière fois avant de s'apaiser. Silence.
Mon esprit émerge er je sais que je ne suis plus. Je n'ai aucune mémoire, aucun sentiment, aucune émotion. Est-ce que c'est cela mourir? C'est presque comme tomber dans un sommeil sans rêve.
Puis comme dans un glissement de terrain, mon esprit est tout à coup matraqué par une lumière inattendue. Mes sens reviennent dix fois plus efficients. Je prends un souffle profond et irrégulier. Mes poumons brûlent comme s'ils n'avaient pas été utilisés depuis des années. Mais l'air passe à travers moi comme de la glace emportant ma respiration. Je m'entends respirer clairement. Je sens des parfums qui me sont étrangers, oui des odeurs que je ne peux pas identifier. Je peux sentir les draps trempés par la transpiration de mon corps. Ils sont si chauds et je me délecte de cette chaleur comme je ne l'ai jamais fait auparavant. Je goûte l'air sur ma langue, j'y trouve une douceur que je n'avais jamais remarquée avant.
Puis j'ouvre les yeux. Au début ils piquent alors que la lumière brillante les remplit. Je siffle et les referme aussitôt. J'attends un moment pour les laisser s'ajuster avant d'essayer de les ouvrir à nouveau. Je les ouvre seulement pour une fraction de seconde, la lumière est plus tolérable maintenant. Je peux voir qu'elle est blanche mais mes yeux s'ajustant, la lumière se dissipe et l'espace devant moi est sombre.
Ma vision est floue mais il me semble que tout est agrandi et plus beau. Je suis juste couchée là, regardant tout de ces nouvelles formes et couleurs ; les choses me paraissent différentes maintenant. Mais je me délecte d'elles, mon premier goût de renaissance. C'est différent mais satisfaisant en quelque sorte.
Mon ouïe très développée détecte un petit bruit de mouvement à côté de moi. Mes instincts sont sur la défensive. En une seconde, je suis sur le sol, debout puis accroupie. Comment j'en suis arrivée là, je n'en ai aucune idée. Je grogne à ce danger non identifié.
"Bella?" appelle une voix. Je me fige un instant. Je connais cette voix. Je ne peux pas me rappeler à qui elle appartient exactement. Je ne peux pas le retrouver mais ma tête et mon cœur me disent que c'est quelque chose que je dois connaitre, que j'ai connu dans une vie différente et qui est précieux. Je baisse ma garde légèrement et je prends le temps de regarder vraiment la personne en face de moi.
Il est assis au bord du lit, me regardant avec méfiance, il ne semble pas avoir peur. Il se lève du lit et de nouveau je prends mon temps. J'étudie ses traits. Il a les cheveux couleur bronze, un visage anguleux, des yeux noirs comme la nuit mais remplis de gentillesse. Je regarde dans ses yeux et je sais, quelque chose, ils ont quelque chose … de familier? Je n'arrive pas à me souvenir. Mais tout au fond de mon esprit quelque chose me dit que je désirais voir des yeux couleur topaze tels qu'ils étaient censés être et non pas de cette couleur sombre onyx.
J'abandonne ma position et continue à le regarder, les yeux écarquillés. Quelque chose tire sur mon cœur, essayant de me faire comprendre qui il est. Mais de nouveaux sentiments font leur chemin pendant que je le regarde. Il reste à quelques mètres de moi, étudiant mes actions. Mais je ne mes sens pas menacée par son regard. Je me sens … en toute sécurité. Oui c'est le mot. Je m'en souviens. J'étais sauve et bien avec lui.
Des sentiments frais et nouveaux surgissent en moi que je ne peux reconnaitre mais de bons sentiments. Ce sont des sentiments que j'accepte mais je n'ai pas encore de mots pour eux.
L'homme qui se tient debout devant moi trouve mes yeux. Les siens semblent méfiants et contiennent un avertissement annonciateur, je le vois faire un pas vers moi. Il se rapproche mais garde toujours ses distances, il s'arrête de nouveau. Il tend une main hésitante vers moi. "Bella? Bella est-ce que tu sais qui je suis?"
Ses mots, oui je sais. Et avant que je le réalise je parle. "Oui," dis-je dans un murmure. Il sourit très doucement et fait quelques pas vers moi de nouveau et s'arrête encore avant d'être trop près. Mon instinct me dit que je dois être prudente, mais il me dit aussi qu'il n'y a rien à craindre.
Il rencontre mes yeux à nouveau et très lentement s'avance, réduisant la distance entre nous. Ses bras quittent le long de son corps et très prudemment il les passe autour de ma taille. De nouveau des sensations bizarres montent en moi mais elles me plaisent. Je lève mes mains et les place doucement sur son torse, c'est si naturel. Il se penche et dépose un baiser sur le sommet de ma tête. Je ferme mes yeux et un sourire involontaire se pose sur mon visage.
"Bella," me murmure-t-il. Je le regarde est-ce que j'ai fait quelque chose de mal? Est-ce que je ne communique pas correctement? Est-ce que ça se passe avec tout le monde comme ça où est-ce simplement parce que je suis avec lui? Je suis assaillie par le doute et la confusion. Mais je chasse tous ces doutes. C'est le seul, il est spécial, je le sais profondément à l'intérieur de moi.
"Est-ce que tu te souviens de mon nom?" demande-t-il. Nos yeux se trouvent. Je me sens comme si je n'essayais pas assez fort, je voudrais voir quelque chose que je connais, que je connais réellement dans ses yeux. Puis comme un raz de marée les émotions m'envahissent. Je peux les nommer et les reconnaitre ; confort, soin, confiance, camaraderie, sécurité, connexion, amour. Eh bien, peut-être que je n'avais pas reconnu ces émotions mais je sais qu'elles sont bonnes et je l'ai reconnu, lui.
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"Bella s'il te plait, je ne te ferai pas de mal. Je ne pourrais jamais te faire de mal. Je ne veux pas que tu aies peur, il ne faut pas que tu aies peur."
Je prends une respiration pour assurer ma voix. "Je sais que tu ne le feras pas. Je te l'ai dit, je sais que tu n'es pas mauvais. Peu importe ce que tu es. "
Il cligna des yeux complètement surpris. Puis ses yeux se voilèrent à nouveau et je m'attendais à voir tomber des larmes mais non. Il appuya doucement ses lèvres sur le dessus de ma tête avant de poser son front contre le mien. Je ferme les yeux et respire son souffle doux et froid. J'inspire en frissonnant. "Pourquoi me dis-tu ça?"
Il me regarde droit dans les yeux. "Parce que je t'aime."
Je halète sous le choc. Il jauge ma réaction alors que je le regarde à nouveau. Et je sais que je l'aime réellement et profondément. Je sanglote encore, de joie cette fois. "Je t'aime aussi Edward Cullen." Et dans l'instant nos lèvres se rejoignent. Je halète de nouveau, cette fois dans sa bouche. Il tient toujours mon visage en coupe et mes mains bougent pour aller poser sur ses épaules.
Ce moment semble pouvoir durer éternellement mais ça n'est pas possible. Finalement Edward se penche à mon oreille. "Il est tard. Tu devrais probablement aller au lit." Je gémis en signe de protestation mais dans un mouvement rapide il me prend dans ses bras. "Ferme les yeux," murmure-t-il. Je ris et je le fais.
Je ne sens aucun mouvement. Tout ce que je sens c'est le vent autour de nous. J'entends vaguement le bruit de portes qui s'ouvrent et se ferment. J'ouvre les yeux quand le courant d'air s'arrête et nous sommes de retour dans ma chambre. Je souffle oubliant sa vitesse vampirique et savourant la sensation de ses bras autour de moi. Il me dépose gentiment sur le lit. Peu importe que je n'aie pas passé ma chemise de nuit. Je veux juste me détendre dans mon lit avec mon amour à mes côtés.
Edward rabat les couvertures au-dessus de moi et se couche à côté. Il enroule ses bras autour de ma taille. "Dors mon seul amour," chuchote-t-il amoureusement à mon oreille. "Dors et fais de beaux rêves. Tu es la seule qui a touché mon cœur. Je t'appartiens. Dors maintenant, ma Bella."
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Finalement quand les sanglots s'arrêtent je peux parler. "Edward," je murmure pathétiquement, "J'ai si froid." Son visage est très peiné,je ne l'avais jamais vu ainsi depuis le peu de temps que je le connais. Ça m'a presque brisé le cœur de le voir ainsi.
"Je suis là," dit-il pour la centième fois. "Je ne te laisserai pas."
"Je t'aime," je sanglote. Il attrape mon visage rudement et je halète de surprise. "Non, Bella! Non! Ne dis pas au revoir. Tu vas survivre. Je sais que tu vas survivre. Promets-le-moi, Bella. Peu importe combien tu seras désespérée, tu n'abandonneras pas! Promets-moi, maintenant!
Je sanglote tranquillement. "Je promets." Il ferme les yeux cachant son agonie et ramène mon visage près du sien, respirant mon odeur. Il embrasse mon front, et puis embrasse mes lèvres. Il laisse échapper un sanglot étouffé et s'accroche fortement à moi.
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"Edward," dis-je, je le connais. Ses lèvres forment un sourire." Oui, oui, c'est moi. Et tu es Bella. Et nous sommes ensemble." Je souris et si je pouvais je pleurerais. "Edward," dis-je encore. Et nous nous embrassons. Ce baiser est différent de ceux dont je me souviens ; passionné et contenant tout l'amour du monde mais moins prudent. Il ne lui est plus nécessaire de s'inquiéter de me faire du mal. Je suis devenue comme lui.
Je répète son nom encore et encore, et je ne me suis pas sentie si bien depuis longtemps. Lorsque nous nous séparons, je ne veux pas le quitter d'un centimètre. Il me tire tout de suite dans son étreinte. Il nous berce, son visage enfoui dans mes cheveux, le mien dans le creux de son cou. "Edward," je murmure.
Voilà je vous livre ce dernier chapitre, la fic finit ainsi Bella est devenue vampire.
La version originale de cette fic a été postée en 2008, l'auteur n'a pas fait de suite et je sais que certaines en seront déçues…
Je vous remercie d'avoir suivi cette traduction, je remercie Lex Lina pour sa confiance.
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Je traduis une autre histoire tout à fait différente vous pouvez aller jeter un coup d'œil sur mon profil si le cœur vous en dit.
Portez-vous bien et merci pour tout!
