Chapitre8

Je venais de retirer mes lunettes de soleil et de me montrer telle qu'elle. J'ouvrais les yeux. Son regard, sa bouche, son teint… Tout me fit tressaillir… J'allais la perdre encore une fois… Puis elle ouvrit la buche pour la refermer et l'ouvrir à nouveau.

_ Mais… Tu es quoi maintenant ?

_ Et bien… je suis…

Un sourire s'étira sur ses lèvres…. Un sourire qui ne valait rien de bon pour nous deux…

Elle s'approcha de moi, trop près…

Je reculais. Encore et encore jusqu'à me retrouver contre une motte de terre qui me dépassait en taille.

_ Tu es un… Un…

_ Un ? dis le…

_ Kyouketsukiiiiii !

Merci mon Dieu, elle connais le terme japonais et elle a pas gueulé le français !

_ Alors ? Que penses-tu de moi maintenant ?

_ Béh, c'est génial ! Nan mais regardes toi, tu es splendide et je paris que tu es hyper puissante ! C'est géant ! Et pour Am' elle est quoi maintenant ? Comme toi ? Un lycan ?

Au mot lycan, je me mis à frissonner…

_ Non, elle est comme moi…

_ Ah… et alors, c'est vrai…

_ Quoi ?

_ Béh tu vis en Italie maintenant ?

_ Nan, je n'y vis plus …. Mais je suis obligée d'y retourner… une fois par an… Et puis, je ne sais pas, je me sens mal à l'aise là bas…

_ Et si on y allait toute les deux, tu serais mieux peut-être et puis, il y aura Am' avec nous…

_ Ouais, pourquoi pas…. Mais je dois te prévenir, réfléchis, tu sis ce que je suis maintenant, et touches ici.

Je lui pris la main et la collais contre ma carotide en appuyant. Aucun pouls…. Chose devenue normale pour moi mais un humain n'y étais pas habitué..

_ Tu..

_ Je suis un mort vivant, plus mort que vivant…. Et saches, que je ne peux pas t'approcher très longtemps…. J'ai un régime que tu n'apprécierais pas… d'essayer…

_ Si j'étais comme vous, j'apprécierai, mais maintenant, c'est sur que…

_ Ouais… Bon… ta mère va s'inquiéter, vas la rejoindre, je reviendrais peut-être de…

Je ne pus finir ma phrase, elle venait de s'accrocher à mon bras comme un petit singe… Son odeur si appétissante me remontait aux narines j'étais à deux doigts de plonger vers sa carotide lorsque, dans un sursaut de conscience, je me retirais… Je la poussais brutalement mais assez doucement pour ne pas l'envoyer voler dans les airs.

Ma peau toucha les siennes et je perçu un flux de sentiments. Deux me frappèrent : les sentiments d'abandon et la tristesse, la douleur… une odeur d'eau salée m'effleura le nez, je me baissais et regardais son visage, elle commençait à pleurer…

Je pris sur moi et me retenais un maximum, je cessais de respirer et tendis mes bras vers elle en m'approchant. Elle s'approcha et chiala sur moi… J'allais être toute mouillée… Je voulais la consoler moi-même… Mais là, la brûlure de ma gorge devint plus présente, je devais m'éloigner. Je sautais en arrière en me tenant la gorge. Elle me regarda un peu perdue…

_ Ex… Excuses moi… C'est trop dur de rester près de toi trop longtemps…

_ Snif, je comprend, mais, tiens.

Elle me tendit le bras en découvrant sa manche… la vision de ses veines pulser me mit dans tous mes états… Je devais me détourner de cette vision divine pour ma partie vampirique et démoniaque pour ma conscience…

_ Non, remets ta manche !

_ Mais je veux être comme vous, emmènes moi avec toi ! Je veux vivre avec vous deux ! N'oublies pas ! On est le Trio Infernal !

_ Oui mais non !

_ Comment ça ? vous ne voulez pas de moi ?

Son regard se voila à nouveau de larme… Pourquoi c'est si dur de lui faire comprendre ce que je veux dire ?

_ Ecoutes, ce n'est pas ça mais j'espérais une autre fin pour toi, une fin heureuse… pas un substitut de vie immortelle où enfant, amour et amitié sont totalement proscrits…

_ De toutes façons, je vous rejoindrai ! je ferais tout pour rester avec vous ! je m'en balance de tout ça !

_ Ne dis pas ça tu…

Elle venait de partir en courant…

Aie… la connaissant comme je la connaissais… Elle allait tout faire pour nous rejoindre, y compris se mettre en danger… Et merde…

Ma faim me remonta à l'esprit… je partis à la chasse….

Volterra.

_ A ton avis… commença le baraqué

_ Hn ? murmura le brun.

_ Qui va gagner des deux ?

_ Tu te poses encore cette question idiote ? Elle évidemment…

_ Mouais pas faux…

Un courant d'air parfumé à la framboise passa devant Félix et Alec. Une autre effluve mais ce coup ci sentant la menthe passa à son tour devant les deux gardes.

_ C'est pour quoi cette fois à ton avis ? demanda le plus âgé.

_ Bof, je paris qu'il a encore une question à lui poser…

_ Mouais… La pauvre… J'avais jamais vu maitre Caïus autant accroché à quelqu'un…

_ C'est pas à elle….

_ Comment ça ? tu lis dans les pensées toi maintenant ?

_ Nan, mais je sais observer… et je peux te dire qu'il est en passe de s'apparenter à une des nôtres… mais je ne pourrais pas dire qui…

_ Hein ? on parle bien de la même personne ?

_ Oui, du maitre de la destruction de Volterra….

_ Oh la pauvre je la plains…

Dans un silence impérieux quelqu'un posa sa main sur celle de Félix, en silence. Celui-ci se retourna et regarda Aro rire à gorge déployée.

_ Hahaha ! Félix, Alec feriez vous un concours ?

_ Et bien…

_ Vous avez une image de Caïus assez, sympathique de lui maintenant… disons qu'il est très collant quand il veut quelque chose….

_ Mais maitre, je voudrais savoir si j'ai raison sur le point que vous avez du voir dans l'esprit de Félix…

_ Alec, ne t'en fais pas tu le sauras bien vite^^

_ Bien… Il n'empêche que je me demande qui sera celle que Maitre Caïus choisira…

_ Tu le sauras avant l'année prochaine si tout vas bien… et surtout si les nerfs de Dolce tiennent jusque là…

_ Dolce ?

_ Oui, Amélie…

_ Oh…

Du côté de mon amie…

Pov Am'

Nan mais ça fait combien que je cours comme ça ? J'en peux plus, je sature et il veut toujours me poser des questions… Je n'aurais jamais dû céder l'autre jour…

_ Amélie, je n'ai qu'une simple question, attends.

_ La dernière fois aussi vous n'aviez qu'une simple question !

_ Oui mais là c'est différent !

C'était toujours pareil depuis douze jours, j'en pouvais plus… Je saturais ! ma colère commença à teinter ma vision de rouge entourant certain objet. Je nourrissais une envie de meurtre face à ce ''chef''. Le vase quo était entouré de rouge se téléporta l'espace d'une seconde et fit connaissance avec le visage fin de Caïus-malus…. Il se stoppa directement.

_ NON MAIS CA VA PAS DE ME BALANCER UN VASE EN PLEINE FACE COMME CA ?

_ ET VOUS VOUS EN AVEZ PAS MARRE DE ME COURSER DEPUIS DOUZE JOURS ?

_ ….

Il fit demi tour et se séquestra dans sa chambre. Ouf, tranquille jusqu'à demain ! J'entendis un cri de rage de Caïus provenant de sa chambre signifiant vaguement un : « Rah ! Mais pourquoi personne ne veut m'expliquer ? »

Qu'allais je faire maintenant ? Tiens ! je sais !

_ Démétri ? Où es-tu ?

Deux bras m'attrapèrent par la taille.

_ Ici ma chérie.

Son adorable odeur de chocolat me faisait fondre.

Fin POV Am'

Ariège.

Le lendemain.

Pov Lou.

J'étais tranquillement installée, debout, sous les immeubles en face du lycée. Je venais de me gorger de sang et j'attendais mon amie pour qu'on discute. J'avais compris qu'elle ferait tout pour rencontrer un des nôtres et que si un la trouvait, il ne lui ferait pas don de l'immortalité… autant la ramener à Volterra avant qu'elle ne se fasse bouffer…

_ Excusez moi, Mademoiselle mais vous attendez quelqu'un ? me demanda un pion avec un style bien a lui en s'approchant de moi… Olivier il s'appelait si ma mémoire brouillon ne me faisait pas défaut.

_ Oui.

Réponse claire nette et précise qui devrait le refroidir.

_ Voulez vous attendre avec moi à la vie scolaire ? Je peux vous offrir un café ?

Ou pas…

_ C'est gentil mais ça ira. Je n'ai pas soif.

_ Bon, est ce que je peux rester avec vous alors le temps que votre…

_ Amie.

_ Amie sorte ?

Il m'avait regardait bizarrement, comme si j'avais lâché une bombe du style, je ne suis pas intéressée par la gente masculine… Alors que pas du tout…. Je me mis à rire. Je réalisais alors qu'on m'avait prise pour une fille en couple avec une de mes meilleures amies ! Haha !

_ Attendez, vous m'avez pris pour… Pour une lesbienne ?

_ Et bien, c'était assez explicite la façon dont vous avez dit amie…

_ Non, enfin, croyez ce que vous voulez…

_ Alors vous êtes…

_ Libre ?

_ C'est ça…

_ Nan, je suis prise.

J'entendis un « Et merde » murmuré… Et ouais, dommage… enfin, non, je mens assez bien, et dommage pour lui pas pour moi…

Mais ils n'ont aucun instinct de survie ici ? l'instinct primaire ça leur dit quelque chose ? La loi universelle de conservation ? Beh non apparemment…

_ Ah, tant mieux pour vous et tant pis pour moi alors….

_ On peut dire ça oui… La cloche sonne au lycée si j'entend bien.

_ Vous arrivez à l'entendre d'ici ? Ouah, vous avez des oreilles à ultra sons ou quoi ?

_ Bonne question mon cher…

Je voulais qu'il parte le plus tôt possible… Et que Kim se remue la popotin ! Soudain une dée germa dans mon esprit. Et si ?

_ Excusez moi mais vous devez être un pion non ?

_ Oui pourquoi ?

_ Vous rappelez vous si Kim Francas était présente en cours aujourd'hui ?

_ Et bien… Il me semble que non…

_ Ah… Bon et bien je ne vais attendre alors…

_ Vous habitez loin d'ici ? Vous avez besoin qu'on vous ramènes ?

_ Ce ne sera pas nécessaire merci. Au revoir Olivier.

Et je partis.

J'étais maintenant devant chez mon amie. Les voitures étaient là et j'entendais les bruits de conversation à l'intérieur de la maisonnée. La mère et la fille se disputaient fortement. Je voulais toquer à la porte lorsque j'entendis Kim menacer sa mère de partir définitivement. Je me dis qu'un coup de pousse au destin ne ferait pas de mal… J'appelais Kim sur son portable. J'entendis le mobile à l'intérieur sonner. Elle se dirigea donc vers son téléphone et décrocha.

_ Oui ?

_ Qu'est ce qui se passe ?

_ Ma mère ne veut pas me laisser partir en voyage avec toi !

_ Ce n'est pas un voyage ! Je te l'ai déjà dit ! Si tu y vas, tu ne reviendras jamais ! On ne va pas là bas en disant Salut je viens voir mes copines découvrir vos secrets et je me tire juste après ! Ca ne marche pas comme ça !

_ JE le sais très bien ! Mais je veux venir quand même… Et puis je…

_ Bon on va quelque chose… Ne bouges pas de là où tu es, tu es dans ta chambre ?

_ Oui.

_ Bon je viens te chercher. Et tu feras exactement ce que je te dis.

_ D'accord.

Je me dirigeais vers la fenêtre de sa chambre. J'entrais discrètement. Elle me regarda et murmura :

_ Qu'est ce que tu vas faire ?

_ Laisses moi faire. Vas fermer la porte à clef.

Je brisais la vitrine d'un coup de poing et délogeais le lit de son sommier. Au bout de quelques secondes la salle était sans dessus dessous.

_ Maintenant tu vas crier et on va partir par la fenêtre. C'est le seul moyen pour briser les liens avec ta famille définitivement. Désolée de devoir t'infliger ça…

_ Non, si c'est le seul moyen…

_ Bon, maintenant, tu ne bouges pas, tu ne me poses pas de question et tu fais exactement ce que je te dis. Et surtout, n'ai pas peur. Je ne te ferais rien. Montes sur mon dos et accroches toi bien.

Elle s'exécuta et grimpa sur mon dos. Une fois là elle cria et je quand j'entendis ses parents débarquer, je partis en courant vers la fenêtre et sautais en brisant la fenêtre.

Je partis en courant et me dirigeais vers la forêt à quelques kilomètres.